Mes Univers

21 janvier 2019

Abandon des personnes handicapées

X1Pour une fois, durant les quelques jours ou les quelques semaines à venir, je vais m'occuper un peu de moi-même.

 
Je vais très provisoirement mettre entre parenthèse la poursuite de la rédaction de mon livre sur les origines idéologiques et ésotériques du Nazisme pour écrire un texte me concernant. En effet, comme ceux et celles qui me suivent et me lisent plus ou moins régulièrement le savent, je suis une personne très isolée.
 
Pourtant, je vis à Valognes, qui est une petite cité située en périphérie quasi-immédiate de Cherbourg. Valognes est une municipalité très agréable, verdoyante, tranquille, avec des commerces de proximité, sans délinquance ou presque ; tout ce qu'il faut pour y demeurer paisiblement. Que demander de mieux ?
 
Ça fait presque quinze ans que j'y habite. Quinze ans durant lesquels j'ai tenté par tous les moyens de m'y intégrer socialement. Je l'ai parcourue en tous sens à l'époque où je pouvais encore me déplacer sans soucis hors de chez moi. J'ai initié des dizaines de démarches pour essayer d'y rencontrer des gens d'à peu près de mon âge - entre quarante et cinquante ans - ayant le même genre de passions, de centres d’intérêt, de hobbies, etc. que moi.
 
Seulement, e malheureusement pour moi, du fait de mon handicap qu'est mon hémiplégie partielle du coté droit de mon corps, ainsi que la maladie de Sturge-Weber qui lui est associée, je n'ai pas de moyen de locomotion individuel. Je dois en effet avouer que, même utiliser un vélo m'est impossible. Du fait de mon état, je n'ai pas l'équilibre nécessaire et utile pour me tenir et employer l'un d'eux pour aller d'un point à un autre. En ce qui concerne une moto ou une voiture, les médicaments que je prends matin et soir amoindrissent légèrement l'attention et la vigilance nécessaires à leur usage. En outre, les doigts de ma main droite n'ayant pas la motricité et la force musculaire indispensables au recours de tels véhicules, je suis extrêmement limité dans mes déplacements.
 
Je rajouterai que ma jambe droite étant plus faible que la gauche, lorsqu'il m'arrive de marcher longtemps - au-delà d'une à deux heures -, son contrôle finis par m'échapper : je commence à boiter, au point que de minuscules obstacles - des pavés ou des fissures sur le bitume - deviennent dangereux pour moi. Je peux buter sur eux, et tomber, au risque de me blesser. Je ne parle même pas de la fatigue engendrée susceptible de déclencher de mini crises de convulsions de quelques minutes.
 
Heureusement, dans mon malheur, je sens "venir" ces dernières, et je m'assoit généralement avant qu'elles ne se déclenchent. Mais, à chaque fois, c'est très douloureux, comme si ma jambe était prise dans un étau que l'on serrait de plus en plus fort afin de l'écraser.
 
Enfin, je ne parle pas non plus des autres maux dont mon corps est affligé depuis plusieurs années, et qui sont sources de fatigue physique, psychique, émotionnelle : les crises de gingivite aiguë à répétition dont je suis fréquemment la proie. Elles disparaissent, avant de renaitre quelques semaines plus tard, ou - comme c'est le cas actuellement - quasi-immédiatement à gauche - quand elle était auparavant à droite ; et vice-versa. Les crampes et les tendinites qui meurtrissent mes jambes et mes pieds chaque soir et chaque nuit, m’empêchant de m'endormir - et de me reposer - efficacement. Systématiquement, chaque soir, elles surgissent subitement au moment où mon corps commence à se détendre, au moment où je suis en train de m'assoupir. Elles m'obligent alors, dans un sursaut de douleur, à me lever précipitamment, à faire les cent pas dans le noir, dans le silence et la solitude de mes tourments. Ce n'est, généralement, que vers trois heures du matin qu'elles se dissipent finalement, me laissant totalement épuisé. Exceptionnellement, elles se prolongent jusqu'à quatre ou cinq heures du matin, et je ne dors alors que quatre heures maximum puisque mon réveil sonne à 9h30, mettant ainsi à plus rude épreuve encore mon corps à déjà abominablement accablé.
 
Au début de mon installation à Valognes, une fois par moi environ, j'allais à Cherbourg. Je me promenais dans ses rues piétonnes, y faisais du shopping - surtout dans ses librairies (on ne se refait pas !!) -, toute une journée. Ce sont des membres de ma famille que je côtoyais à l'époque - mais qui ont désormais disparu de ma vie - qui m'y conduisaient en m'en ramenaient.
 
Aujourd'hui, cette ère est révolue. Toutes mes démarches effectuées alors n'ont abouti à rien. Rencontrer des gens avec lesquels devenir ami a été un échec retentissant. Je dois, là aussi, avouer, qu'outre mon handicap et ma maladie, j'ai un désavantage supplémentaire : je suis un intellectuel. Ceux et celles qui me lisent ici plus ou moins régulièrement s'en sont certainement aperçu : ma passion, mon "amour" des livres, de l'Histoire, de la Connaissance sous ses aspects les plus divers et variés, est insatiable. Ma quête perpétuelle en matière de savoir, de réflexion intellectuelle et raisonnée, sur des myriades de thèmes que j'aborde parfois en profondeur dans certains de mes - trop me reprochent-on parfois - longs articles et textes, est incommensurable. Elle est le centre de mon existence quotidienne depuis que je suis adolescent.
 
C'est elle qui m'a, plus d'une fois, sauvé la vie - notamment à partir de l'époque où j'ai travaillé à la Bibliothèque Nationale ; c'est là que j'ai "trouvé ma voie" -, car je crois qu'avec tout ce que ma destinée m'a fait subir comme épreuves de toutes sortes il y a longtemps que j'aurai baissé les bras. Je suis même à peu près convaincu qu'il y a longtemps que la démence se serait emparée de moi. Ou alors, il y a longtemps que j'aurai mis fin à mes jours. Elle a été un vecteur plus puissant que tout le reste, qui m'a permis de survivre à tout ce que j'ai enduré depuis mon enfance.
 
Dans ces conditions, il est vrai que les préoccupations quotidiennes de la grande majorité des gens, que leurs passions, leurs centres d’intérêts, leurs hobbies, me sont viscéralement étrangers. Le football, le sport plus généralement, la valorisation au corps au détriment de l'esprit comme on le constate trop souvent et de plus en plus dans notre société, les petits riens du quotidien autour desquels ils ont l'habitude de se rassembler, me sont étranger. Pire encore, malgré mes efforts de temps en temps - en particulier quand je suis en famille - me sont devenus des vecteurs de souffrance.
 
Dès lors, s'il m'a toujours été difficile de m'intégrer à un groupe, aujourd'hui, à Valognes, mon état fait que c'est devenu totalement impossible. Autrefois, j'y parvenais parfois quand je croisais des personnes qui s'intéressaient aux jeux de rôles autour d'une table, au travers de "soirées philosophie", quand je fréquentais bibliothèques et librairies. Une connaissance dans ces milieux en amenait une autre, et ainsi de suite. Lors de mon séjour à la Bibliothèque Nationale, j'organisais des soirées de jeux de rôles ; des amis en organisaient, et je m'y rendais souvent. Quand je vivais à Laval, par le même biais, j'ai connu nombre de gens. D'autre part, les soirées philosophie m'ont ouvert d'autres portes, vers d'autres sortes d'amis. En confiance, j'osais m'aventurer à mettre en avant d'autres aspects de ma personnalité, de mes passions, comme le cinéma, la musique, les voyages, l'Histoire, la Bande Dessinée, etc.
 
Tout ceci n'existe pas à Valognes. A Cherbourg, peut-être, mais étant dans l'incapacité de m'y déplacer aisément, ces opportunités sont hors de ma portée. D'autant moins que, même si je prenais le train entre Valognes et Cherbourg, un déplacement qui durerait une a deux heures pour le commun des gens, me durerait toute une journée, avec les inconvénient et l'épuisement dus à mon état, que cela engendrerait.
 
Il se trouve, pour en terminer avec ce tour d'horizon, que je vis avec un membre de' ma famille dont je préfère taire le nom - et le reste - afin de le préserver. C'est d'ailleurs pour cette raison que je suis venu habiter Valognes il y a une quinzaine d'années. Cette personne est atteinte de la sclérose en plaques depuis 2012. Son état de santé est assez stable, malgré sa fragilité. Elle fatigue très cite, a des pertes de la mémoire immédiate. Elle se déplace en déambulateur depuis deux ans à peu près. Je suis à ses cotés en permanence afin de la seconder, parce qu'elle est incapable d'être autonome et indépendante. Au contraire de moi qui, malgré tout ce que j'ai décris ci-dessus, parvient tout de même à faire face. Même si je suis continuellement éprouvé par les situations auxquelles je suis confronté quotidiennement.
 
Je suis très vigilant, tout le temps sur le qui-vive, pour que cette personne vive au mieux avec sa maladie. Je prends tout en charge : rendez-vous, administratif, consultations chez son neurologue, renouvellement de médicaments, repas, toilette, cuisine, courses, etc. J'accepte et j'assume, sans remord ni regret, sans me plaindre, ni rechigner, à l'accompagnement permanent de ce membre de ma famille. C'est de ma responsabilité d'être présent à ses cotés en toutes circonstances, même quand je n'en peux plus, même quand je suis usé, même quand je me sens perdu, seul, isolé, abandonné ; le reste de ma famille vit à 300km de Valognes. J'en prends soin parce que je l'aime, parce que je ne veux pas qu'elle soit placée dans un établissement médicalisé où l'on ne s'occuperait d'elle que quand les infirmiers en ont le temps. Où elle serait lavée une fois par semaine, où elle végéterait toute la journée, sauf durant le court moment où on lui ferait faire une séance de kinésithérapie, à l'heure des repas, ou pour changer es protections.
 
Vous le savez aussi bien que moi, les hôpitaux ou les établissements spécialisés, n'ont pas assez de médecins, d'infirmiers, de spécialistes, pour avoir le temps et l'énergie de pendre soin humainement et efficacement, de leurs patients. La course à la rentabilité, les restrictions de budget et de personnel, sont la norme en vigueur. Les patients sont souvent délaissés, quand il n'y a pas maltraitance ou négligence - volontaire ou involontaire -, parce que le personnel doit parer au plus pressé, au plus urgent. Et par-dessus tout, j'aime de tout mon cœur, de toutes mes forces, ce membre de ma famille. Moi qui ai souvent eu le sentiment d'être abandonné, délaissé, trahi, par les gens qui m'entouraient, il m'est insupportable d'envisager de la laisser dans un tel endroit.
 
Pour moi, cette solution est pire que la mort. Je préfère endurer toutes les difficultés liées à sa sclérose en plaques, plutôt que d'envisager cette solution dénuée de la moindre humanité, de la moindre compassion, de la moindre empathie, du moindre amour.
 
Ce serait de l’égoïsme et de l'égocentrisme pur et simple. Or, comme dans tout ce je partage avec les autres - que soit ici ou dans la réalité "matérielle", les souvenirs qui m'ont le plus marqué - qui me marquent le plus - sont le délaissement, l'abandon, la trahison, la mise à l'écart, l'indifférence face aux malheurs que j'ai vécu - que je vis. Trop souvent, j'ai été ignoré parce que je suis différent, autant physiquement qu'intellectuellement. C'est une blessure qui ne s'est jamais refermée, qui est ravivée en de nombreuses occasions, et qui, j'en suis convaincu, ne guérira jamais.
 
Dans cette optique, jamais, jamais, je ne l'infligerai à quiconque, et encore moins à ceux et celles que j'aime. Je préfère mille fois me mettre en retrait pour laisser la place à ces personnes. Je préfère mille fois demeurer dans l'ombre, la solitude, le silence, que l'on me délaisse à leur profit. Je préfère mille fois m'épuiser corps et âme à leur bien-être, à leur sérénité, à leur bien-être, à leur bonheur, etc. Même si c'est moi qui suis confronté aux ouragans, aux effrois, aux épuisements physiques et nerveux de cette situation.
 
D'ailleurs, ma maman, qui veille elle-même sur sa propre mère de plus de quatre-vingt-dix ans en habitant avec elle, n'a t'elle pas également choisi ce chemin de vie. Malgré que ce soit parfois à son détriment, malgré les soucis, malgré les inconvénients, malgré les sacrifices, auxquels elle est quotidiennement confrontée, jamais elle n'enverrait ma grand-mère dans un établissement pour personnes âgées. Elle sait parfaitement qu'elle en mourrait, comme je sais que si j'en faisais de même pour le membre de ma famille dont je m'occupe, ce serait plus néfaste que bénéfique pour lui.
 
Avec moi, il est entouré, il est protégé - surprotégé considèrent certains ou certaines proches -, il a toute mon attention, il a toute ma bienveillance. Toute mon aide lui est acquise. Il même une existence la plus calme, la plus apaisée, la plus sereine, possible.
 
Évidemment, souvent, c'est moi qui en subis les conséquences. Mais cela n'a rien à voir avec la gestion de sa maladie au quotidien. C'est quand quelque chose d'extérieur à ce quotidien vient bouleverser ce fragile équilibre. Là, c'est comme un tsunami me dévastait. Émotionnellement, toutes ces duretés auxquelles je suis capable de faire face au jour le jour, m'accablent et me déchirent au-delà de ce que je suis capable de supporter. Et je n'ai personne vers qui me tourner. Je n'ai personne qui m'aide, moi. Je n'ai personne sur qui m'appuyer. Je n'ai personne qui pose une main apaisante sur mon épaule, et me dis : "je suis là. Laisse moi prendre en charge ce trop plein qui pèse sur tes épaules, et dont tu as besoin de te défaire un moment".
 
Rien à voir avec la maladie de ce membre de ma famille. Le reste. Il n'y a que par le biais de mes textes les plus personnels, de mes écrits, que je peux déverser tout ce que je ressens, tout ce qui est trop lourd, trop dur, trop écrasant. C'est en partageant ici mes "états d'âme", en m'isolant avec mes livres et mes écrits, puisqu'il n'y a personne pour moi dans la réalité, que je parviens à évacuer tout cela. Heureusement, malgré tout, que ma maman me contacte par Skype quotidiennement pour prendre de mes nouvelles. Heureusement que ma sœur de cœur - qui compte tant pour moi -, avec laquelle je suis en contact par mp ou sms chaque soir, est présente.
 
Sinon, je n'existerai pas vraiment. Nul ne saurai si je suis en vie ou si je suis mort. Si je suis en bonne santé ou malade. Nul ne serais là pour moi, comme les médecins ou la curatrice du membre de la famille dont je m'occupe, me l'ont fait comprendre : nous, nous ne sommes là que pour celle-ci. Vous n'êtes pas notre préoccupation. Ou, pour citer son neurologue "soyez fort pour elle, ne baissez pas les bras. Car elle ne pourrait pas se débrouiller sans vous.".
 
Je suis un prisonnier de tous ces aspects de mon existence. Je n'ai pas d'autre choix, d'autre option, que celle de poursuivre sur cette voix. Je ne suis pas là pour me plaindre, je tiens à le souligner avec le maximum de force. Je ne suis pas là pour pleurer sur mon sort, car parmi tout ce que j'ai évoqué, ce sont ces choix pleinement conscients que j'ai fais. Il y a aussi des gens qui sont bien davantage dans la misère, le froid, la faim, la précarité. Il y a aussi des gens confronté à la mort, à la guerre, aux problèmes d'argent, de logement, d'emploi, etc. Des problèmes que je n'ai pas ou juste éphémèrement.
 
Non, ce que je tiens à souligner, c'est que du fait de ma différence, de mes choix, je suis seul. Toute ma vie - et surtout depuis quelques années -, j'ai beau eu chercher partout les moyens pour ne plus être seul, pour tendre la main vers des gens vers lesquels je désirais aller ; j'ai tant de fois laissé la place prépondérante aux autres, et notamment aux autres membres de ma famille, que c'est devenu quelque chose de "normal" de me laisser sur le coté.
 
Oui, c'est normal qu'on m'oublie, qu'on me délaisse, qu'on pense à moi en dernier, qu'on se tourne vers moi uniquement quand on a un peu de temps à perdre, quand on a cinq minutes à combler. Oui, c'est normal que je sois mis dans un coin, en me demandant de faire encore plus d'efforts pour me manifester, alors que c'est non seulement impossible, mais que j'en suis incapable. Et que je n'en n'ai ni la force ou la volonté morale ou physique. Parce que tout ce que j'ai décris précédemment l’empêche. Oui, c'est normal que je doive payer le prix le plus élevé au nom de ce que je suis. Oui, c'est normal de plier devant ce destin que je n'ai pas choisi, et avec lequel je bats en fonction des armes, des capacités, et des possibilités, dont je suis doté. Oui, c'est normal...
 
Voila pourquoi, dans les jours et les semaines qui viennent, je vais écrire une fois de plus, tout seul dans mon coin, un texte qui expliquera au plus proche de cette réalité, ce qu'est mon existence. Voila pourquoi j'écrirai un texte à envoyer aux différents acteurs dont mon handicap, mon état de santé, ma situation personnelle, dépends. Voila pourquoi j'ai écris ce -trop ? - long texte ici afin d'en résumer la teneur. Afin de mettre en avant que j'essaye en vain ici aussi, de nouer des relations humaines dont ceux et celles auxquels je tends la main ici se détournent. Ils n'en veulent pas,
 
ils n'y répondent pas, parce que les relations humaines différentes, les gens différents d'eux, ne les intéressent pas. Aussi, parce que "c'est comme ça que ce genre de "réseau social" fonctionne. Dans ce cas, dans un monde dématérialisé, individualiste, où ses utilisateurs sont aussi automatisés que les machines qu'ils emploient, pourquoi en faire "un instrument plus humain". Pourquoi changer leurs "habitudes" où ce n'est que le divertissement momentané, l'entre-soi, le repli sur ses acquis, qui domine. Alors que pour des gens comme moi, pour les raisons que j'ai abordées, c'est la seule issue à leur état pour "rencontrer" autrui qu'ils ont à leur portée...


19 janvier 2019

Tartare Eternel

X1Certains et certaines me répètent à l'envi que mes mots, que mes phrases, que mes textes, valent de l'or. Ils ou elles me soulignent que mon don pour l'écriture, pour la réflexion intellectuelle ou raisonnée, pour la retranscription et le partage de mes expériences de vie ou mes connaissances, est sans équivalent. Ils ou elles m'abreuvent également de compliments, de félicitations.

 
Ils ou elles me louangent comme si j'étais le roi du monde, alors que ce que je diffuse, ce que je publie ici n'est que très peu lu, répandu, communiqué. Alors que mes articles, pour lesquels je mets tant d'énergie, auxquels je consacre tant de temps - au détriment, parfois, de mes autres activités plus personnelles ou de ma santé -, au cœur desquels je mets tant de moi-même, ne sont que survolés, lus en biais. Alors que rares sont ceux et celles qui prennent le temps, usent de leur attention, pour les appréhender en profondeur, ou de les scruter sous tous leurs aspects ; de compléter leur lecture par les pensées sur le même sujet - ou un sujet annexe ou associé - que j'ai rédigé des semaines, des mois plus tôt, ou peu auparavant.
 
Chaque jour, je me bats, humblement et modestement, mais de toutes mes forces, pour apporter un peu de ce que je suis à la communauté. Pour ciseler cette pierre grâce à laquelle chacun et chacune d'entre nous à sa façon, contribue à bâtir cet édifice monumental qu'est l'Humanité.
 
Cependant, malgré toute ma bonne volonté, malgré mes efforts pour me faire entendre, pour enrichir ceux et celles que je croise ici ou ailleurs, je demeure désespérément seul. Handicapé je suis, différent du commun des mortels je reste. Telle est, depuis toujours, la malédiction que mon existence quotidienne, ainsi que l'attitude des personnes que je sollicite, torture mon âme et mon cœur journellement. Condamné à endurer les affres du Tartare, telle est ma souffrance : je suis et je resterai pour jamais, du fait de ma condition, un écorché vif qui n'a ni répit ni repos combattant continuellement les solitudes et les silences éternels auxquels on l'a jadis destiné...

18 janvier 2019

Solitaire

X1L'hiver, le froid, la neige, le silence et la solitude. Un feu de cheminée et un bon bouquin dans lequel me plonger toute la soirée pour retrouver son calme, sa paix intérieure, et sa sérénité.

 
Oublier le monde extérieur qui m'agresse, qui me blesse, qui me torture l'âme, le cœur, et le corps. Fuir cette prison constituée d'indifférence, d’égoïsme, d'intolérance, qui me meurtrissent depuis si longtemps.
 
Mon "anormalité" physique, intellectuelle, ont fait de moi un étranger sur cette terre. Elles ont fait de moi un animal, une curiosité à garder en cage. Un "Eléphant-Man" dont on se rappelle de l'existence lorsqu'on a un plus rien d'autre pour s'occuper ; quand on a un peu de temps à tuer. Mais dont, au fond, on se moque de savoir s'il est mort ou vivant, s'il va bien ou si sa santé - physique ou mentale - est en danger.
 
Alors, oui, au cours de cet hiver qui n'a pas de fin, oublier ce monde extérieur qui m'a mis en cage, en transformant celle-ci en refuge où nul ne peut m'atteindre, où nul ne peut me faire du mal, où nul ne peut m'insulter. Et je me plonge de mon plein gré, malgré les souffrances qui l'accompagnent, aux fins fonds d'un silence et d'une solitude dont seuls les livres sont susceptibles de me délivrer...

17 janvier 2019

solitude

X1Toute une vie à espérer que chaque jour soit différent du précédent. Toute une vie à constater que, malgré tous mes efforts, que malgré tous mes chemins empruntés pour essayer de l’éviter ou en modifier son cours, celle-ci me ramène inévitablement, irrémédiablement, à cette solitude et à ces tourments qui m'accablent tant...

14 janvier 2019

Modifications du 14/01/2019

Samedi matin, comme chaque mois à peu près à la même période, j'ai reçu les figurines de la gamme "King and country" que j'ai choisies autour du 5 Janvier. C'est le magasin "Figurines et collection" qui me les fournit, après les avoir commandées en ligne sur son site internet. C'est ainsi que je procède habituellement, depuis des années que ce magasin est devenu mon prestataire attitré.
 
Je n'ai jamais rencontré les propriétaires et vendeurs de ce magasin, qui se situe dans le Sud de la France. Mais je les ai de temps en temps au téléphone. Notamment lorsque j'ai besoin de précisions spécifiques concernant telle ou telle figurine que je souhaite acquérir. A force, j'ai appris à les connaitre et à les apprécier. Ils m'invitent chaque année lors de la venue d'Andy C. Neilson en France. Toujours aux alentours du début Décembre. Il vient afin d'annoncer les grandes orientations des nouveautés des collections de figurines qu'il va mettre en vente au cours de l'année future.
 
C'est donc début Décembre 2018 qu'il est venu au magasin "Figurines et collections" dans ce but. J'étais donc invité, comme chaque année. Mais pris par mes écrits et d'autres préoccupations, je n'ai pu m'y rendre. J'aurai aimé pourtant, parce que comme vis-à-vis de tous les autres centres d’intérêts, passions, etc. qui m'animent, ma curiosité à propos de l'univers des figurines de collection est insatiable.
 
Heureusement, les propriétaires et vendeurs du magasin "Figurines et collections" m'en tiennent informés lorsque je les ai au téléphone. Je suis un client régulier, consacrant un budget confortable pour cette passion - parmi les autres qui me spécifient -, et ils sont toujours bienveillants envers moi.
 

fig1Ce mois-ci, donc, comme le montrent les quatre images ci-jointes, je poursuis deux collections que "King and country" met particulièrement en avant depuis trois à quatre mois. La première évoque la Guerre des Gaules et la romanisation de la Gaule Chevelue - 58 - 51 avant J.C. - et la "romanisation" des territoires allant des limites de la Provence à la Belgique et à la Grande-Bretagne. Il faut savoir en effet que la Provence, de même que l'Espagne, était déjà sous domination romaine depuis quelques décennies, Jules César a donc fait de la Provence sa base arrière quand il a entrepris de conquérir le reste des territoires celtes du continent. Pour autant, il ne s'est pas enfoncé dans les territoires germaniques occupés par d'autres tribus celtes, qui étaient alors pour les romain une "terra incognita" qui les inquiétait.

 

fig2Bref, la Guerre des Gaules a été un succès. Au terme de la bataille d'Alésia, Vercingétorix vaincu, la Gaule Chevelue a été soumise. Son prestige à Rome était grand. Beaucoup de sénateurs qui voyaient en lui jadis un danger, et lui étaient jusqu'alors hostiles, ont rejoint ses rangs. Un seul et dernier obstacle demeurait pour qu'il prenne définitivement ce qui était encore la République Romaine : son grand rival Pompée qui était, comme lui, à la tète de Rome au titre de proconsul.

 

fig3Peu après, franchissant le Rubicon - la rivière séparant la péninsule italique du reste de l'Occident Romain, et que les troupes armées de la République avait interdiction d'enjamber -, César s'attaquait directement à son rival. C'était le début de la guerre civile, voyant finalement la défaite de Pompée et la nomination de César seul dirigeant de la totalité de ce qui deviendra après sa mort - les ides de Mars - et l'accession de son successeur au pouvoir : l'Empire Romain.

 
Tout cela pour dire que les trois premières images accompagnant ce texte se réfèrent à cette période de l'Histoire riche en événements. Je suis heureux que King and country poursuive sur sa lancée pour la création de nouvelles évoquant cette époque. Pendant une dizaine d'années, celle-ci avait été délaissée par King and country, afin de se concentrer sur d'autres pages de l'Histoire du monde tout aussi intéressantes et riches. Mais ce retour est le bienvenu. Il me manque encore des figurines de cette période, que je commanderai dans les mois qui viennent. J'aurai donc l'occasion d'y revenir ultérieurement.
 

fig4Enfin, la quatrième image, elle, évoque une autre page de l'Histoire. Il s'agit de l'une des périodes les plus glorieuses et les plus dramatiques de l'Histoire des États-Unis : Alamo. Pareillement, celle-ci avait été délaissée durant plusieurs années par King and country, après s'y être abondement consacrée. Cette série rappelle donc la défense héroïque de cette centaine de combattants - avec parmi eux le fameux Davy Crocket - contre les troues du Généralissime Mexicain Santa Anna. 7000 hommes venant reprendre le Texas revendiquant son indépendance, et dont cette centaine de résistants retranchés dans la mission d'Alamo retardait la progression.

 
Leur espoir : donner du temps, au prix de leur sang, à l'armée texane en train de se former, afin d'ensuite contre-attaquer. Tous sont morts au cours du dernier assaut d'Alamo donné par les soldats de Santa Anna. Mais leur sacrifice n'a pas été vain, puisque le Texas, plus tard, a pu finalement se détacher de la tutelle du Mexique ; puis rejoindre les États-Unis. Les États-Unis n'ont jamais oublié leur héroïque sacrifice...
 
Comme pour la série précédente, il me manque encore un certain nombre de figurines la concernant. Mais, là aussi, je les achèterai au fur et à mesure des mois à venir...


12 janvier 2019

Le sens de l'effort

X1Aujourd'hui, je n'avais pas l'intention de m'exprimer sur ce à quoi nous assistons actuellement dans notre pays. Je suis fatigué nerveusement, moralement, psychologiquement, physiquement, pour un certain nombre de raisons que je n'ai pas besoin de relater ici. Et tout comme moi, ceux et celles qui suivent l'évolution de la situation dans notre pays en ce moment, savent à quel point la tension entre les Gilets Jaunes et le Gouvernement est à son comble.

 
Je crains d'ailleurs que cette dernière ne fasse qu'empirer d'une manière ou d'un autre au cours des prochains jours, des prochaines semaines, et des prochains mois.
 
Il est évident que la "Grande Concertation" lancée par notre Président de la République le 15 Janvier prochain n'est qu'une mascarade initiée dans la précipitation. Celle-ci a pour but de recueillir les doléances des français concernant la crise politique, institutionnelle, économique, que traverse aujourd'hui notre pays ; tout en lui donnant un cap. Un cap évidemment proposé par nos gouvernants afin d'en limiter les effets. Afin, aussi, que les sujets mis sur la table aillent dans le sens de la démarche initiée par Emmanuel Macron et Édouard Philippe.
 
Forcément, dans ces conditions, les revendications et les doléances ainsi recueillies ne peuvent avoir qu'une portée limitée. Et la synthèse qui en sera faite, de même. On peut d'ailleurs se poser la question de savoir à quel résultat cette Grande Concertation doit aboutir : une ou des propositions de lois, des décrets, de nouveaux choix politiques dans l'action menée par nos dirigeants ? Autre chose encore ?
 
Personnellement, je n'en n'attends pas grand choses. Cette Grande Concertation me fait un peu penser aux États Généraux de 1788. A l'époque, le roi Louis XVI avait eu la même idée : dans Chaque paroisse, dans commune, etc., des cahiers de doléances semblables à ceux que les maires de 2019 ouvrent pour que leurs concitoyens s'expriment, avaient été ouverts. Chaque homme y avait écrit ses griefs, ses besoins, ses difficultés, de quelque ordre que ce soit. Ensuite, des représentants pour chaque district avait été nommé. Ces représentants de 95 % du peuple français que l'on nommait alors "le Tiers État" - les 5 % restant se répartissant entre le Clergé et la Noblesse, qui eux, ne payaient pas d’impôts - s'étaient réunis à Versailles. Le roi leur avait demandé de se réunir par "ordre" - Clergé, Noblesse et Tiers État donc, chacun de ses ordres détenant une voix - afin de délibérer sur la levée de nouvelles taxes à soumettre au peuple. Ce qui faisait toujours deux voix contre une - Clergé allié à la Noblesse contre le Tiers État - obligeant ce dernier à accepter les nouveaux prélèvements qu'on lui infligeait.
 
C'était toujours ainsi que le système avait fonctionné depuis l'établissement des États Généraux au Moyen-Age. Or, en 1788, la récolte de blé avait été mauvaise. La disette sévissait dans tout le royaume de France. Des révoltes de la faim avaient éclaté quelques années plus tôt. Elles avaient été réprimées dans le sang. Le bas-clergé assistait au désespoir de la population, à la colère qui grondait, était lui-même victime de la disette. Seul le haut-clergé - évêques, archevêques, cardinaux - y échappait, grâce aux revenus payés par leurs paroissiens à leurs diocèses. Comme la noblesse qui en était exemptée.
 
Parce que bas-clergé, aussi pauvre que le peuple, a rejoint les rangs du Tiers État, les deux voix contre une qui avaient toujours prévalu, n'ont pas abouti. Ce bas-clergé, associé au Tiers État, a créé une "Assemblée Constituante" qui a défié le pouvoir en place. Louis XVI n'a pas pu faire adopter ses lois pour taxer davantage le peuple. En a résulté l'aube de la Révolution Française avec la prise de la Bastille le 14 Juillet suivant, et la Déclaration des Droits de l'Homme durant la nuit du 4 Aout. L'Histoire était en marche ; rien ne viendrait plus l’arrêter.
 
Pourquoi je parle de cet épisode à l'origine des événements révolutionnaires de 1789 et ensuite ? Tout simplement parce que la Concertation Nationale promulguée par notre président de la République, au travers de ses cahiers de doléances sous la tutelle des maires, me fait penser au même processus que celui de 1788 - 1789. Quand on y réfléchit, en outre, beaucoup de Gilets Jaunes se réfèrent à la Révolution Française dans l'ire qu'ils ont à l'encontre de l’État et du Gouvernement.
 
Une différence fondamentale cependant, qui explique pourquoi le mouvement des Gilets Jaunes est incapable de s'étendre. Un : il n'est pas organisé. Dès l'aube de la Révolution Française, des leaders comme Danton, Mirabeau, Robespierre, Desmoulins, Marat, etc. sont apparus. Ils étaient soutenus par différents "clubs" que l'on pourrait comparer aujourd'hui à des syndicats. Ces clubs étaient prompts à se mettre en mouvement pour faire entendre la voix du peuple dont ils étaient issus. Deux : La police et l'armée demeurent fidèles à l’État. Or, en 1789 également, si la police était balbutiante, l'armée, elle s'est bientôt jointe au peuple et à ses revendications. De fait, abandonné de l'organe destiné à protéger le roi, le gouvernement, la noblesse, etc., l'ensemble des institutions monarchiques se sont vite écroulées comme un château de carte.
 
Un changement majeur au sein de nos sociétés, et quelle que soit l'époque, ne peut se faire sans le soutien de l'armée. Chaque révolution a été appuyée, accompagnée, par l'armée. Au minimum, celle-ci est restée neutre face aux événements en cours.
 
Alors, quel rapport avec le titre de cet article et ce BREF résumé d'événements historiques datant d'il y a plus de deux siècles ?
 
Pour citer Emmanuel Macron : "Beaucoup trop de français oublient le sens de l'effort.". Alors, et ce que j'ai précisé n'est alors pas anodin, je lui poserai cette question :
 
En 1788 et 1789, la Noblesse et le Haut Clergé étaient exempté d’impôts. Dans ses intentions, Louis XVI espérait les mettre financièrement à contribution pour participer à l'effort collectif. Il faut se souvenir que la France était alors au bord de la banqueroute.Mais la noblesse et le haut-clergé ont vigoureusement protester, expliquant que ce n'était pas leur rôle. L'ordre établi depuis des siècles était celui-ci : la noblesse était là pour diriger l'armée - capitaines, généraux, etc. - en cas de guerre. Ce qui n'était plus réellement vrai depuis le milieu du XVIIe siècle et sa mise au pas par Louis XIV et la Fronde ; l'ultime révolte nobiliaire contre le pouvoir central et étatique pour préserver ses prérogatives institutionnelles. Quant au clergé, son souci était les âmes, l'instruction - surtout religieuse -, et la cohérence morale de la nation.
 
Bref, la parenté entre ces privilégiés d'hier et ceux d'aujourd'hui - politiques, gros industriels, multinationales, actionnaires, traders, sociétés délocalisant à l'étranger, puissants et exilés fiscaux de tous poils se réfugiant dans des paradis fiscaux pour échapper à l’impôt, etc - est d'une évidence flagrante.
 
Le train de vie de l’État lui-même est dispendieux. Le copinage, les lobbies faisant pression sur nos politiques afin de créer des lois privilégiant leurs intérêts particuliers au détriment des nécessités communes, s'y ajoutent. Le fossé s’agrandissant toujours davantage, et de plus en plus vite, entre ceux qui possèdent tout et ceux qui ne possèdent rien, s'élargissant.
 
La course à la consommation à outrance, la victimisation perpétuelle de celui ou de celle qui ne "réussit pas". La stigmatisation de celui qui ne "trouve pas de travail en traversant la rue" ou qui n'est "pas près à faire 50 ou 100 km en voiture par jour pour travailler" ; que l'on montre du doigt ensuite parce qu'il pollue avec sa voiture diésel qu'il n'a pas les moyens de changer afin de s'acheter un véhicule plus écologique. Alors que les avions, ou les navires de marchandises polluent davantage en un trajet que cinquante millions de voitures, selon les dernières études en date. Eux, ne sont pas taxés pour la pollution qu'ils émettent, par contre. Seuls les véhicules individuels doivent mettre la main à la poche.
 
Ceci pour souligner que les écarts entre privilégiés et ceux qui doivent fournir la quasi-totalité de l'effort, ne date pas d'aujourd'hui. Monsieur Macron qui, je le sais, se targue d'être comme moi un passionné d'Histoire, a, c'est évident, oublié certaines leçons de notre passé. Et si ce n'est pas lui qui est à l'origine de la crise que traverse notre pays depuis une quarantaine d'années - les anciennes Gauche et Droite - y ont fortement contribué, et n'y ont jamais trouvé de solution -, c'est lui qui, depuis 2017 est à la tète de la France.
 
Faut-il d'ailleurs lui rappeler que son élection n'est pas l'approbation de la majorité des français. Que l'abstention record au cours de celles-ci, à Gauche et à Droite, face à une Marine LePen incarnant la colère et le désarroi de ceux et celles qui ne retrouvaient plus dans les partis traditionnels, lui ont ouvert un boulevard. Faut-il lui rappeler que seul un tiers des inscrit a voté en Mai 2017, et que c'est pour cette raison qu'il a remporté l'élection présidentielle.
 
Les Gilets Jaunes, leurs sympathisants, ainsi que la majorité de la population qui les soutient, sont issus de ces deux-tiers qui n'ont pas voté pour notre actuel président de la République. Leur colère et leur violence, verbale - voire physique -, vient qu'il n'est pas, à leurs yeux, le représentant de la totalité des français. Comme ces anarchistes et ces casseurs de l'Ultra-Droite et de l'Ultra-Gauche en marge des manifestations de ces derniers samedis, n'ont rien à voir - à quelques exceptions près - avec le mouvement des Gilets Jaunes.
 
Bien-sûr, parmi ces ultra, il y en a qui se sont radicalisés parce qu'ils ne sont ni entendus ni écoutés. Parce que les mesurettes annoncées et mises en place par le Gouvernement d’Édouard Philippe ne sont pas à la hauteurs des enjeux qui se profilent à l'horizon. Ne nous y trompons pas : les français ne sont pas hostiles à la transition écologique, bien au contraire. Les Français sont profondément conscients que celle-ci est nécessaire, vitale même. Ils la soutiennent, ils l'attendent, ils l'espèrent. Mais que ce ne soient qu'eux qui doivent accomplir cet effort leur est insupportable. Et notamment financièrement.
 
La France ne peut pas changer le monde à elle seule. C'est un effort commun, à l'ensemble des nations de la planète. La Chine, les États-Unis, les pays émergeant, ont leur part d'effort à effectuer. Or, Donald Trump a refusé les accords de Paris. La Chine, dont le taux de croissance est grand, est un marché automobile d'avenir qui fait rêver Renault, Peugeot, etc. Par contre, les lois en matière d'environnement sont moins restrictives qu'en Europe ou en France. Et là, cela ne dérange pas nos dirigeants d'y vendre des automobiles dont on ne veut plus chez nous parce que trop polluantes. Je ne parle même pas de l'Afrique, à qui l'on renvoie nos voitures usagées après avoir incité les français à acheter une voiture de dernière génération.
 
Je parle des automobiles, comme je pourrais parler du pétrole et des autres matières premières essentielles à notre économie. Comme je pourrais parler des engrais chimiques dévastant les rivières et les champs, comme je pourrais parler de la déforestation. Et de leurs conséquences pour la faune et la flore, pour leurs conséquences sur le réchauffement climatique. Comme je pourrais parler des plastiques qui infestent le fond des océans. Ce n'est pas parce que l'Europe interdit désormais l'utilisation de touillettes en plastiques que celles qui gisent déjà dans l'océan vont disparaitre, ou que celles que d'autres pays vont continuer à répandre, ne vont pas continuer de s'éparpiller.
 
Alors, Monsieur Macron demande aux français de faire des efforts. Mais, évidemment, une fois de plus, ce sont les ménages les plus modestes, ce sont les personnes les plus fragiles, les plus vulnérables, les plus exposées aux effets et aux conséquences de la pollution, qui sont mises à contribution. Comme je le disais plus haut, ce ne sont pas ceux qui se déplacent en jet, ce ne sont pas ceux qui font venir des marchandises de l'autre bout du monde à l'aide de supertankers, ce ne sont pas les actionnaires de multinationales aux dividendes records d'année en année, à qui l'on exige de participer à l'effort collectif. Ces privilégiés, cette noblesse des temps actuels qui s'enrichit sur le dos du peuple, et, qui, en plus, lui demande de payer la note.
 
Pour terminer, j'aimerais apporter une précision : je ne suis pas contre le capitalisme. Je ne suis pas contre les riches. Je ne suis pas contre Monsieur Macron ou tout autre représentant de l’État, de parti politique, ou autre. Je suis contre l'injustice sociale. Je suis contre les raccourcis a des fins de propagande, et dans le but d'avaliser une façon de faire fonctionner notre démocratie - et plus largement notre société occidentale - qui nous conduit tous droit dans le mur.
 
J'ai déjà rédigé d'autres articles sur ce genre de sujet. A chaque fois, j'attaque ces thèmes sous différents aspects. Mais tous ces aspects creusent ce que je décris ci-dessus. Il faut avouer qu'il y a tant à en dévoiler, à en décrypter, à en analyser, pour se battre contre la simplification et les raccourcis, la bêtise et l'ignorance. Car ce sont eux qui sont mènent à la violence, à la haine, au ressentiment, auxquels nous assistons ; et qui, désormais, ne font qu'enfler. Ce même processus, pour des raisons différentes, dans un autre contexte, mais qui sont apparentés, qui a conduit à la Révolution Française.
 
Le monde, la France, d'alors, étaient aussi complexes que ceux d'aujourd'hui. Les révolutionnaires de cette époque, comme les Gilets jaunes d'aujourd'hui, espéraient transformer leur société, la rendre meilleure, la faire évoluer. Ils aspiraient au bonheur. Leur préoccupation était leur pouvoir d'achat : pouvoir acheter à manger pour eux pour leur famille. Avoir un toit sur la tête, pouvoir se protéger du froid en hiver, de la chaleur en été. Pouvoir être rémunéré correctement pour le travail fourni. Ne pas avoir peur du lendemain. Plus de deux siècles plus tard, avec la menace écologique en plus, nous en sommes toujours aux mêmes préoccupations.
 
Et pendant ce temps, Monsieur Macron et son Gouvernement, qui n'ont rien compris a tout ce que je viens d'écrire, stigmatisent les français. Ils leur demandent de faire des efforts, alors qu'eux-mêmes ainsi que leur "noblesse", n'en fournissent pas...

10 janvier 2019

Le 10 Janvier 2019

7Aujourd'hui est un jour un peu particulier pour moi. Nous sommes le 10 Janvier, et il y a tout juste trente-neuf ans - le 10 Janvier 1980 - naissait mon petit frère Aymeric. Il décédait le 25 juillet 1998 à l'age de dix-huit ans dans un accident de voiture à moins de cinq kilomètres du domicile de l'époque de mes parents.

 
Aymeric avait accompli l'un de ses rêves les plus chers : le 12 Juillet précédent, il avait vu l'équipe de France gagner la coupe du monde de football face au Brésil. Aymeric débutait à peine sa vie d'adulte. Il venait à peine de commencer à travailler ; son premier job. Il avait une myriade d'amis qui venait fréquemment partager des moments de jeux -vidéos souvent - ; il avait des copines et parfois des petites amies temporaires. Il ne pensait pas encore à l'amour. Il imaginait certainement qu'il avait encore tout le temps pour y songer.
 
Mais, avant tout, Aymeric était mon petit frère. Ma complicité avec lui était très forte, unique, essentielle. Dans ma famille, à l'époque, il était le seul qui me comprenait et qui me voyait réellement. Nous passions de longs moments ensemble à discuter, à regarder des films, à jouer à des jeux vidéos, etc. Il se confiait à moi, comme je me confiait à lui, dans une période de ma vie que j'intitule encore aujourd'hui "mes années noires" - 1990 - 2003. Aymeric me soutenait et m'encourageait dans mes choix de vie.
 
Il m'admirait - le seul, alors, parmi mes proches pour mes talents d'écrivain et de conteur d'histoires. Je rédigeais, en ce temps là, beaucoup de scénarios de jeux de rôles, et il en était fier alors que les autres membres de ma famille voyaient cela comme un simple divertissement qui ne menait à rien. Je suis sûr qu'aujourd'hui, s'il me regarde de là où il est - et même si je ne suis pas croyant -, il est heureux de constater que j'ai réussi à faire mon métier.
 
Aymeric était encore le seul qui discernait déjà mon extrême sensibilité, mes fragilités, quand tout le monde s'indignait devant mes difficultés à faire face aux épreuves liées à mon chemin de vie, à mon état d'handicapé, à ma solitude chronique - notamment vis-à-vis des femmes dont je cherchais à conquérir le cœur -. Il était le seul à me consoler, à être à mes cotés en toutes circonstances, à me défendre contre les mots destinés à me faire réagir, de mon entourage. Il avait compris que j'avais surtout besoin de tendresse, d'écoute, de compassion, de présence.
 
Quand Aymeric est mort dans ce stupide accident de voiture - ils y étaient cinq, et ses compagnons n'ont été que plus ou moins légèrement blessés -, j'ai cru que l'on m'avait arraché le cœur. Il était la seule personne à laquelle je pouvais m'ouvrir entièrement sans être jugé, condamné, malmené, effrayé, blessé, etc.
 
Et il était parti. Il m'avait laissé derrière lui. Dieu, que j'aurai aimé prendre sa place. Que j'aurai aimé lui donner ma vie pour qu'il puisse ressusciter, être heureux, mener une existence riche, diverse, pleine d'amour, d'amis, de rires, de joie, et de bonheur. Que j'aurai aimé le remplacer dans la tombe pour qu'il vive pleinement sa vie, qu'il puisse fonder une famille, avoir des enfants, perpétuer ce qu'il a été ; plutôt que moi, qui suis un handicapé, intellectuel, écrivain, à l’extrême sensibilité et fragilité, le plus souvent seul et écorché vif. Lui aurait eu une vie beaucoup plus intéressante, et entourée de ceux et celles qu'il aurait aimé et qui l'auraient aimé. J'en suis convaincu...
 
J'aurai voulu le veiller au funérarium, les jours précédent son enterrement, quitte à ne pas dormir, à ne pas manger. Mais je n'en n'ai pas eu le droit. Aujourd'hui encore, c'est un moment ancré au fond de ma mémoire que je regrette de ne pas avoir eu le droit de partager avec lui. Sur sa tombe, j'ai ensuite pleure comme je n'ai jamais pleuré auparavant, et comme je n'ai plus jamais pleuré depuis. Chaque seconde de cet épisode est gravé en moi à tout jamais.
 
Il a laissé en moi un vide, une absence, un gouffre, que je n'ai jamais pu véritablement combler depuis. Seules deux personnes - sans compter ma maman, évidemment -, ont réussi à remplir cet espace depuis - Vanessa ; je ne souhaite pas m'étendre à son propos car c'est éminemment personnel et je ne veux rien dévoiler à son sujet ; et ma sœur de cœur, Noucky -. Elles seules me font retrouver un peu d'Aymeric et de la relation que j'avais avec lui.
 
La seule chose que je suis capable d'accomplir, depuis, c'est faire de mon mieux pour mener une existence la plus heureuse, la plus épanouie, possible. Je sais que c'est ce qu'il aurait voulu de toutes ses forces pour moi. Je sais aussi que s'il était vivant, il aurait été, il serait avec moi, à chacune des épreuves que j'ai dû, que je dois affronter. Car, je sais encore qu'il aurait souhaité mon bonheur, qu'il aurait souhaité que je réussisse dans mon itinéraire d'intellectuel, d'écrivain, et d'historien. Je sais qu'il aurait voulu que je sois entouré, aimé, apprécié, par les personnes qui me sont chères, et pour lesquelles je compte.
 
Je sais qu'il aurait voulu que ma voix porte loin, que mes réflexions sur le monde, la civilisation, l'humanité, le religion, l'avenir de notre espèce - dont il a vu les premiers traits se dessiner - soient respectés, honorés. Car, il en avait aperçu les balbutiements, l'éclosion, à une époque où tous autour de moi m'adjuraient de me couler dans le moule de la normalité. Pour ce dernier point, échec complet, brutal, violent, partiellement source de repli sur moi, s'il en est.
 
Oui, Aymeric, s'il avait aussi ses défauts, sa personnalité, ses fêlures, ses détresses parfois, était tout cela pour moi. Et bien davantage encore. Alors en ce jour anniversaire, par ces mots, au travers de ce texte, je lui rend hommage à ma façon. Car il me manque tellement...

09 janvier 2019

Juste un coucou

X1Je ne m'attarde pas. Je souhaite juste rassurer ceux et celles qui me suivent ou me lisent :

 
Je suis extrêmement fatigué, nerveusement, moralement, psychologiquement, physiquement, etc., mais je survis. Vivre est un mot encore trop relatif pour qu'il me définisse correctement. Donc, je survis sans de véritable horizon, sans de véritable regard sur demain, après-demain, ou les jours d'après. Le principal étant que je sois là.
 
Je tente comme je peux, de me reposer, de m'éloigner de tout ce qui m'a meurtri, éprouvé, terrorisé, détruit, ces derniers temps. Ce n'est pas simple ni facile. Je fais ce que je peux en fonction de mes possibilités et de mes capacités. Parce que je me sens vide, bien au-delà de mes limites.
 
Je tenais donc partager avec vous ce petit mot pour dire de ne pas vous inquiéter pour moi. Je suis là. Mème à peu près silencieux et invisible, je ne suis pas très loin. J'ai seulement besoin de recouvrer mes forces, de l'espoir, de l'envie de poursuivre mes projets, qu'ils soient littéraires, historiques, ou autres. J'ai besoin que mon quotidien me laisse "définitivement" en paix pour de nouveau pouvoir répondre présent à ce qui m'attends demain, après-demain, la semaine prochaine, dans un mois, etc...

08 janvier 2019

Je coule

X1Il y a des moments dans la vie où celle-ci ne tient plus que par un fil. Un fil qui se tend à l’extrême, un fil qui, en permanence, est sur le point de se casser. Il y a des moments dans la vie où plus rien n'est supportable, où sa sensibilité et sa fragilité sont malmenés, sont torturés, à l’extrême. Il y a des moments dans la vie où vous avez beau hurler votre solitude, votre peur, votre détresse, personne n'est là, ceux et celles que vous chérissez et qui vous aiment, sont incapables, sont impuissants, face à vos cicatrices mal refermées, vos cauchemardesques terreurs.

 
Alors, vous êtes perdu. Vous êtes brisé. Vous vous aventurez en des lieux qui vous mènent au bord du précipice. Chaque action du quotidien est une épreuve, un pas supplémentaire vers ce gouffre qui vous tend les bras. Chaque mouvement, chaque pensée, est un déchirement. Comme si on vous arrachait l'âme, le cœur, que l'on vous broyait le corps, à chaque fois que vous tentez de vous débattre ; de trouver des solutions qui, elles aussi, vous font du mal.
 
Autour de vous, les gens compatissent, vous répètent "courage", "sois fort", "quand on veut ou peux", etc. Et parce que vous savez qu'ils ont raison mais que vous n'y arrivez pas, que vous n'y arrivez plus, le fait d'en avoir conscience alourdit encore votre fardeau. Car vous en voulez de réagir ainsi pour des choses élémentaires pour l'immense majorité des gens, mais que vous ne parvenez pas - plus - à affronter. Car votre parcours personnel jusqu’à aujourd'hui vous a maintes fois conduit aux portes d'un enfer aux mille facettes qui vous a totalement vampirisé.
 
Vous qui me lisez, poursuivez votre existence. Soyez heureux, entourés des vôtres, de votre famille, de vos amis, de vos collègues, de vos connaissances. Partagez ce que vous avez à partager avec eux ou elles. Préservez votre santé - c'est votre bien le plus précieux -, aimez-vous. Faites tout pour accéder à ce que vous considérez être votre bonheur, votre joie, vos passions, vos rêves, votre sérénité. Vous n'avez qu'une seule, quel que soit votre statut social, culturel, votre emploi, la couleur de votre peau, votre orientation sexuelle, votre handicap, votre maladie, etc., vous en valez la peine. Ne l'oubliez jamais.
 
Quant à moi, je n'ai pas de solution. Personne ne peut m'aider - même pas moi-même. Je continue à vivre, ou plutôt à survivre à cette existence en permanence extrême qui me pousse pas à pas, épreuve après épreuve, souffrance après souffrance, angoisse après angoisse, vers le Néant. Inévitablement, imperceptiblement, je le vois se rapprocher de moi, jusqu'au jour où, sans possibilité ou espoir de retour en arrière, il m'aura, tout entier avalé...

07 janvier 2019

Moi, handicapé, et abandonné

X1Moi qui espérais avoir un Dimanche tranquille, calme, serein, détendu, apaisé, encore une fois la réalité m'a rattrapée. Cette réalité qui ne me laisse aucun répit, aucun repos, qui m'oblige en permanence à dépasser les limites mentales, physiques, nerveuses, de mon âme et de mon corps recule toujours plus loin les frontières de ce que je suis capable d'endurer...

 
Hier soir, j'ai eu une fuite d'eau dans mes WC. La cuvette de toilettes était fissurée - sans que je ne m'en aperçoive, et un goutte à goutte s'écoulait sur le sol. C'est avec surprise que vers 18h, j'ai constaté que le carrelage était inondé.
 
Après les épuisements de cette dernière semaine, c'en était trop. Mon stress a été plus fort que moi. J'ai été la proie de crises d’angoisses à répétition. J'étais perdu, isolé, abandonné, personne sur qui compter. En catastrophe, j'ai appelé au téléphone ma maman. Mais que pouvait-elle faire, alors qu'elle vit à 300km de chez moi. Elle m'a donné quelques conseils que j'ai tant bien que mal, essayé de suivre. Cependant, j'étais dans un tel état de stress, de peur, de désespoir, qu'il lui était impossible de venir concrètement à mon secours.
 
Affolé, j'ai fait le tour des autres appartements de l'immeuble dans lequel j'habite. Personne, ou presque, ne m'a ouvert sa porte. Seul mon voisin du dessous est monté chez moi, et a fermé - du moins je le pensais - le compteur d'eau. Toujours affolé, et bien qu'il soit 18h un Dimanche, je me suis précipité sur le bottin téléphonique pour tenter de contacter un plombier. Or, un Dimanche soir, mission quasiment impossible. Heureusement que j'ai réussi à en joindre un qui m'a promis de m'envoyer un de ses ouvriers à la première heure ce matin.
 
Par contre, toute la nuit, le goutte à goutte lié à la fissure de la cuvette des toilettes a perduré. Car, ce n'est que ce matin que le plombier me l'a expliqué : mon voisin n'avait pas complétement fermé l'arrivée d'eau. Je ne lui en veux pas, c'est une personne âgée, qui n'est pas du métier. Et moi, handicapé, malade, stressé, faisant crise d'angoisse sur crise d'angoisse, comment lui ou moi aurions pu nous apercevoir de cela.
 
De fait, de 19h à 7h du matin, j'ai écopé l'eau qui se déversait de la cuvette de toilettes à intervalles réguliers. Toutes les demi-heures, trempé jusqu'aux os, seul, épuisé de toutes les façons possibles et imaginables, j'ai dû m’empêcher de m'endormir afin que la flaque d'eau ne s'étende pas au-delà du périmètre des WC.
 
Je me suis maudit, moi, ma maladie, mon handicap, d'être incapable de faire face à ce genre d'incident du quotidien. Un incident, que l'immense majorité des gens réglerait facilement, pour lequel ils ne s'inquiéteraient pas outre mesure. Mais qui moi, me détruit, me déchire, m'anéantit, fissure mon âme et mon esprit jusqu’à me conduire aux portes de la folie et du suicide. Des incidents qui, chaque fois, repoussent plus loin les limites de la terreur et du désespoir, de la solitude et de l'impuissance, de la fatigue et des blessures personnelles dont je suis le sujet.
 
Je n'ai pas dormi. Je suis vidé, alors que d'autres taches importantes et nécessaires concernant mon handicap et ma maladie m'attendent dans les jours qui viennent. Des documents à rassembler pour le renouvellement de mon Allocation Adulte Handicapée à fournir en temps et en heure pour qu'elle ne soit pas malencontreusement interrompue ; même provisoirement ; parce que sinon, mes ressources financières fondraient immédiatement comme neige au Soleil. Ma hantise, moi qui ai connu la misère, l'indigence, l'endettement, etc.
 
Or, dans les conditions actuelles, je me sens incapable de faire face à de telles démarches. Demain après-midi, une assistante sociale vient faire le oint à ce propos. Mais je suis terrorisé à l'idée qu'il manque des documents qui retardent la finalisation du dossier de renouvellement AAH. Et j'ai l'impression, avec ce qui m'est advenu, hier soir, cette nuit, ce matin, que mon cerveau va exploser, tellement je suis angoissé.
 
Il n'y a personne pour moi, pour m'aider, pour m'accompagner, sur qui m'appuyer. Je dois me battre constamment seul, oublié de tous et de toutes, même de ceux et de celles vers lesquels je pourrais éventuellement me tourner - comme mes voisins, qui connaissent mon état de santé. Même mes médecins, qui me disent d'être fort, de tenir le coup coute que coute. Même mon assistante sociale, qui n'est présente que pour les formalités administratives.
 
Je suis handicapé et malade, et je suis seul, comme tout le long de mon existence je l'ai été. Et tant pis si cela me détruit, me fait mourir à petits feux. Après tout, je ne suis, du fait de mon état, qu'un citoyen de seconde zone qui n'a pas droit de cité...