Mes Univers

15 août 2022

Je rêve d'un monde :

X1

Je rêve d'un monde dans lequel je n'aurai plus jamais peur, dans lequel je me sentirai en sécurité. Je rêve d'un monde où je ne souffrirai plus de ma différence, et où celle-ci ne serai jamais rejetée ou stigmatisée. Je rêve d'un monde où la culture et les connaissances dont je suis le détenteur seraient respectées, honorées, valorisées. Je rêve d'un monde où l’intelligence et la raison que mon esprit, mon âme, et mon cœur contiennent ne seraient plus l'objet de défiance et de mépris.

Ce monde dont je rêve, les personnes auprès desquelles je le dévoile sont rares à, autant que moi, le désirer véritablement. Alors, je me le suis créé chez moi. Alors, entouré de mes livres, consacrant toutes mes journées à écrire l'histoire de ma vie, consacrant toutes mes soirées se prolongeant jusqu'aux frontières de la nuit, je me plongerai dans ces montagnes de livres qui bordent ma table de chevet. Je jetterai un œil vers les étagères murales où mes milliers de figurines historiques de collection valant pour certaines plusieurs centaines d'euros, seraient rangées. De l’Égypte à la Seconde Guerre Mondiale, je les cataloguerai en fonction de la période historique, des pays et des bataillons auxquelles elles se réfèrent. Je les regrouperai en fonction de la date où elles ont été mises sur le marché ; et dont elles en ont été retirées, évidemment.

Ce monde dont je rêve, rien ne viendrait le perturber. Personne ne viendrait le bouleverser. Aucun traumatisme, aucune souffrance, aucun cauchemar, aucune larme, ne viendrait lé briser. Tous les jours se ressembleraient. Quiétude, calme, sérénité, seraient ce qui y prédominerait. Violence, haine, désespoir, culte de l'argent ou de l'apparence, en seraient chassés. Souci de rentabilité ou de performance à tout prix, nivellement par le bas et compétition en seraient évincés. Futilité, éphémérité, bêtise, ignorance, superficialité, en seraient bannis. Déification du corps parfait, du sport comme objectif de vie - quelle médiocrité ! - en seraient expulsés.

Les trésors, les beautés, les disciplines, les arts, ou les propriétés de l'esprit, de la culture, de la pensée, de la subtilité, et de l'humanisme, y prévaleraient...

Totalement concentré sur mes écrits, mon attention exclusivement focalisée sur les mots, sur les phrases, sur les paragraphes, sur les pages, que je rédigerai. J'userai de mes imaginaires pour relater des histoires et dont mon esprit est constellé depuis que je suis adolescent. Je décrypterai notre passé en tant que civilisation, et plus loin encore, en tant qu'espèce dite "évoluée", pour comprendre comment et pourquoi nous en sommes arrivés là. Je m'appuierai sur mes savoirs pour poursuivre mes investigations intellectuelles en maints domaines afin d'alimenter mes essais sur l'actualité la plus brulante du moment ou sur les myriades de facettes du devenir de l'Humanité ; puisqu'ils me préoccupent tant.

Mes étagères murales crouleraient sous les milliers de livres que j'ai déjà dévorés, les alentours de mon bureau, les sièges et les tables basses environnants disparaitraient sous les dizaines, les centaines peut-être, de titres dans lesquels j'aurai hâte de me plonger. Une atmosphère feutrée, un fauteuil confortable, une fenêtre dévoileraient une miette de cet extérieur où je ne me suis jamais senti chez moi ; arboreraient éphémèrement tous ces gens avec lesquels je ne me suis jamais senti à l'aise...

Oui, ce monde dont je rêve, c'est celui-ci. Beaucoup de ceux et de celles qui lisent ces lignes seraient probablement horrifiés à l'idée que quelqu'un puisse et veuille se contenter de ce qu'il représente. Quelle importance ! Ils n'ont pas souffert autant que j'ai souffert ; ils n'ont pas eu peur autant que j'ai eu peur ; ils n'ont pas été marqué par les affres de l'existence autant que je l'ai été. Et même dans ce dernier cas, nous sommes tous et toutes différents. Ils n'y réagissent pas de la même façon que moi, et vice-versa.

Ils n'ont pas les mêmes besoins ou les mêmes rêves que moi. Je leur laisse les leurs, qu'ils me laissent les miens. Car c'est cet environnement, ce sont ces activités, et seulement eux, qui seraient pour moi l'image même du bonheur. C'est ce monde à l'intérieur duquel je veux me retirer, à l'intérieur duquel je souhaiterai être en paix avec moi-même et avec les autres. C'est dans ce monde feutré, détaché d'un quotidien qui m'ennuie autant qu'il me détruit, que je désirerai m'isoler jusqu'au terme de mon existence.

Et j'y emploierai toute mon énergie et toute ma volonté pour le bâtir, envers et contre tout et contre tou(te)s, je me battrai contre toutes les difficultés, je franchirai tous les obstacles, je me mesurerai à toutes les épreuves, qui s'accumuleront sur ma route, pour le transformer un jour en réalité. J'en fais le serment...

Dominique Capo


14 août 2022

Les Cathares, pages 15-18/60 :

X1

Dans le Midi languedocien, le catharisme est le point de convergence de deux forces : la première fait procéder le catharisme du manichéisme, religion qui oppose deux forces égales dans le monde, la Lumière et les Ténèbres, ou le Bien et le Mal, l'Esprit et la Matière. Le manichéisme, pour sa part, procède largement du culte essénien, dont le Christ était issu par sa mère. On regarde les esséniens comme formant le lien et le point de rencontre entre les platoniciens ou pythagoriciens d'une part, et le bouddhisme d'autre part, ce qui nous amène à parler de la seconde force d'attraction du catharisme. On remarquera que les esséniens comme les bouddhistes professaient le dualisme du monde. Dans son livre « la Croisade contre le Graal », Otto Rhan émet l'opinion suivante : « Je voudrais remercier Maurice Magre des recommandations amicales qu'il m'a données pour son pays natal, dans le Midi, et qu'il a consacré dans son livre « Magiciens et Illuminés » à l'aide de quelques chapitres évoquant le mystère des albigeois. Son hypothèse selon laquelle les cathares auraient été, au Moyen-Age, les bouddhistes de l'Occident, compte nombre de partisans, et elle a été adoptée par des historiens très sérieux, comme Guiraud. ». Mais l'auteur ne partage pas cette opinion…

Les esséniens avaient trois ordres d'adhérents avec trois degrés d'initiation. Ils pratiquaient le bain sacré comme les brahmanes et les bouddhistes. Ils condamnaient les sacrifices sanglants et s'abstenaient de viande et de vin, nous dit l'historien Flavius Josèphe. C'est par le canal des esséniens que les idées indo-persanes passèrent au christianisme. Jésus lui-même, en recevant le baptême des mains de Jean, s'affiliait symboliquement à la secte des esséniens, dont le baptême était un rite essentiel.

N'oublions pas non plus que les pays de la Garonne sont une vieille terre druidique. Or, les druides, hommes très sages, quoi qu'on en ai dit, avaient une philosophie très élevée. Ils croyaient notamment à la migration des âmes et à leur réincarnation après la mort. C'est sur vieux fond païen que vint au VIIe siècle se greffer l'hérésie arianiste à laquelle se convertirent les rois wisigoths. Or, aussi, les comtes de Toulouse, de très ancienne noblesse germanique, étaient les descendants directs de ces familles. Il n'est donc pas étonnant que le catharisme ai trouvé, dans cette terre romane, un lieu privilégié pour s'épanouir.

D'après ce que nous en connaissons, il est certain en tout cas que la doctrine cathare est plus qu'une simple hérésie. Sur bien des points elle se sépare du christianisme traditionnel et rejette la plupart des dogmes de l’Église catholique.

L'inspiration gnostique, qui attribue à l'Homme trois natures : le corps, l'âme et l'esprit, le corps étant la demeure de l'âme et l'âme la demeure de l'esprit, a été reprise par les albigeois. Vis-à-vis de l’Église romaine, les cathares continuent et amplifient la tradition manichéenne, rejetant les sacrements, la croix (symbole de mort) et les cérémonies du culte. En même temps, ils méprisent l'Ancien Testament, œuvre des juifs, et font de Jésus un être purement spirituel. Nous connaissons surtout l'hérésie par ses détracteurs (puisque tous les écrits cathares furent brûlés, comme les écrits manichéens), qui nous donnent un compte rendu altéré, et par les chroniqueurs du temps. Nous pouvons cependant en dégager les grands principes. A la base se trouve le dualisme, prenant pour texte de référence l’Évangile de Jean, considéré comme le seul authentique, qui met l'accent sur l'opposition éternelle entre deux principes, le Bien et le Mal. Ainsi, dans ce monde, y-a-t-il antagonisme entre la matière, qui est du Diable, et l'Esprit, qui est de Dieu. Les albigeois attribuaient à Lucifer, l'archange déchu, le Prince de ce monde,, la possession du royaume terrestre. C'est pourquoi à la fin des temps, ce monde matériel sera détruit, comme il est annoncé dans l'Apocalypse de Saint Jean, et s'instaurera le règne du Saint Esprit ou du Christ cosmique, le Paraclet. Pour les cathares, cette fin du monde devait s'accompagner de catastrophes cosmiques : les océans recouvriraient la Terre, balayant toute vie ; le Soleil exploserait, la Lune serait détruite et les étoiles disparaîtraient, cédant la place au règne des ténèbres : « Le Feu consumera les eaux et les eaux éteindront le Feu ». Ainsi, l’œuvre du Mal sera définitivement anéantie. Tout ce qui est transitoire est l’œuvre du Malin : c'est pourquoi Jean l'avait nommé Antéchrist. En Perse, Zoroastre et Manès disaient que le dieu des Ténèbres avait donné sa loi à Moïse, le mauvais magicien.

« L'initium » cathare est à voir dans Pythagore, adepte de la métempsycose, ou réincarnation des âmes impures dans de nouveaux corps d'hommes, d'animaux, voire dans le règne végétal.

Nous avons déjà dit que les cathares rejetaient les dogmes, à savoir l'eucharistie, la rémission des péchés et les sacrements qui leur semblaient sacrilèges : baptême, communion, mariage. A ce propos, voici le credo « hérétique » de Jacques et Mecasmus, deux dualistes d'Italie ayant « confessé leurs fautes à la sainte Église : « Diable, créateur de la matière ; mépris de la croix des temples, des sacrements de l’Église romaine ; spécialement, nullité de l’eucharistie. Pas de salut pour les adultes et les enfants innocents morts sans le Consolamentum, administré par les dualistes qui, en imposant les mains, confèrent le Saint-Esprit. Le Démon a donné la loi à Moïse… Nullité des pèlerinages, condamnation du mariage ; prohibition des viandes et œufs émis « de adulterio ». Tout consolé qui mangerait de la viande serait damné. ». « Le Diable a fait le Déluge, pour tuer les Géants qui prêchaient aux hommes, lesquels, par leurs fornications, « tollebant hereses Diaboli. ».

Hostiles à la matière impure, ils condamnaient le mariage pour les initiés, institution qui multiplie les corps aux dépens de la continence. « 'L'aversion pour la « Création perverse » amène les dualistes à proscrire de leur alimentation les mets carnés, Dieu ayant maudit la Terre. Issue par la luxure de la sémination « immonde », la viande incite à la concupiscence. ».

Cette croyance a pour corollaire que l'âme, pour atteindre la perfection, doit être purifiée de la souillure matérielle et du contact de la chair. L'idéal est donc la chasteté, qui conduit au salut. Cependant, comme une telle doctrine implique une discipline extrêmement dure, la masse des croyants ne sera pas tenue de la pratiquer strictement. L'ascétisme était le fait des Bonhommes ou Parfaits, petite élite de sages, seuls capables de recevoir l’illumination de la connaissance. S'abstenant de tuer aucun animal, respectant la nature dans toutes ses manifestations, les Parfaits toujours vêtus de noir, « une tiare persane sur la tète, ressemblaient à des brahmanes ou à des acolytes de Zoroastre. Lorsqu'ils avaient fini (leurs cérémonies), ils tiraient d'un rouleau de cuir qu'ils portaient sur la poitrine l’Évangile selon saint Jean et le lisaient à haute voix. ». (Otto Rhan).

 

A suivre, le 21/08/2022 (normalement)...

13 août 2022

Une vérité qui dérange ?

X1

Vous savez, il y aurait une solution toute simple, facile et radicale, pour ne plus subir cet enfer qui est le notre, à ma compagne et moi ! Il y aurait une solution pour que nous ne soyons plus ce "boulet" que ceux et celles qui nous entourent trainent, pour lesquelles les souffrances et les malheurs ne font ni chaud ni froid ; ou qui se contentent du "minimum syndical" lorsqu'il y une urgence absolue et qu'ils ne peuvent pas faire autrement.

Quelqu'un de mon entourage me l'a dit d'ailleurs : "Depuis que tu es arrivé dans la région, tu nous emmerde avec tes problèmes. Nous t'aidons pour emménager, et voila comment tu nous remercies." Cette personne, le jour de notre arrivée, a porté quelques cartons, a discuté le bout de gras avec ceux qui étaient présents à ce moment-là, puis et retournée chez elle en ayant le sentiment d'avoir effectué sa B.A.

Puis, quand j'ai mis ma pancarte d'appel à l'aide devant chez moi, mais dans le périmètre intérieur de mon domicile et donc ne débordant pas sur l'espace public, cette personne m'a incendiée tout d'abord par téléphone. Ensuite, elle est entrée par effraction chez moi en enjambant une des fenêtres de notre habitation et en ouvrant sa porte principale que j'avais fermée à clef, dans le but que sa compagne y entre également. Et elle m'a prise à parti avec une telle virulence que j'ai cru qu'elle allait me taper dessus. J'ai tellement été terrorisé par cette intrusion forcée que j'ai été obligé de me réfugier chez ma voisine et que j'ai craqué nerveusement.

Quelle a été la réponse de cette personne de mon entourage : "Tu nous fais chier, Dominique. Ici, c'est pas comme ça que ça se passe. Et notre réputation ? Qu'est-ce que les gens vont penser de nous ?, etc." Voila quelle a été sa première réaction. Pas "Tu as besoin d'aide ? Qu'est ce que nous pouvons faire pour remédier à tes souffrances ? Qu'attend-tu de nous exactement ?". Non, l'essentiel tournait autour de son image écornée qui pouvait éventuellement résulter de mon initiative désespérée. Ça, c'était vraiment important !

Que ce soit cette personne, que c'en soient d'autres de notre entourage, à ma compagne et à moi, que ce soit vis-à-vis des services sociaux dont nous dépendons, que ce soient les institutions ou les autorités censées nous épauler et nous faciliter notre quotidien, que ce soient les gens qui nous connaissent ou qui ne nous connaissent pas - ou de loin -, tout le monde se fout de savoir ce que nous vivons. Nous vivons en enfer, nous sommes malheureux, nous sommes désespérés, nous sommes seuls. Et nous devons nous en satisfaire.

Mon taux d'invalidité est de 90 %, celui de ma compagne est de 80 %. Chaque geste, chaque action, chaque activité, au quotidien, est source de stress, d'angoisse, de violence psychologique, de fatigue physique et émotionnelle impensables ! Des difficultés que, déjà, des personnes valides auraient du mal à endurer. Or, on exige de personnes invalides plus que ces dernières sont capables de fournir. En plus, on les stigmatise, on les culpabilise, on leur dit qu'on ne peut rien pour eux.

Alors oui, dans ces conditions, il ne reste qu'une solution facile, simple, et efficace. Comprenez-moi bien : j'aime la vie. Viscéralement, je sais que j'ai encore beaucoup à lui donner. Je sais que mon œuvre littéraire est loin d'être terminée. Je sais que j'ai beaucoup à partager, que j'ai beaucoup à offrir aux gens que je connais, que j'estime, que j'aime, que j'apprécie. Ma compagne également. En même temps, nous ne pouvons pas continuer à vivre dans de telles conditions. Ces conditions où nous sommes cantonnés et où toutes les parties prenantes nous laissent seuls face à nos tourments et à nos terreurs...

Cette solution, c'est celle-ci : parmi les médicaments que j'ai en ma possession dans le placard de la minuscule salle de bains qui est la notre - tellement minuscule que ma compagne est dans l'incapacité de prendre une douche ; son aide à la toilette la lave la plupart du temps au gant devant le lavabo comme au début du XXe siècle -s'en trouve un appelé "Imovane". Il s'agit d'un somnifère que je prends exceptionnellement lorsque je ne parviens pas à trouver le sommeil. Or, comme je n'en n'utilise que très rarement, j'en détiens cinq ou six boites peut-être.

Comme c'est tentant, pour ma compagne et moi, de les avaler tous d'un seul coup et de nous laisser emporter par la torpeur, puis par ce qu'il y a au-delà... Plus de reproches ou plus d'isolement. Plus de larmes et plus souffrances. Plus d'handicap et de maladie qui nous font vivre un enfer au quotidien. Plus de sentiment d'abandon et de maltraitances dont nous sommes l'objet de la part de tout le monde. Ne plus être forcé de regarder tout le monde se défiler ou se débarrasser au plus vite le boulet que nous sommes.

Nous pensons aux gens que nous aimons et qui nous aiment. Et nous pensons sincèrement qu'ils seraient plus heureux et plus épanouis, plus sereins et plus tranquilles si nous n'étions pas là. Bien-sûr, au début, ils auraient du chagrin ; ils seraient dévastés, même. Puis, les mois, les années, faisant leur office, ce chagrin et cette affliction s'atténueraient ; ils pourrait pleinement profiter de leur vie de gens valides, de leur travail et de leur famille, en toute tranquillité. Sans avoir ce poids enchainé à leur esprit de savoir que nous sommes continuellement la proie d'épreuves, de difficultés, d'obstacles, qu'il nous est impossible de dépasser.

Oh oui, j'aime la vie. Je n'ai pas envie de disparaitre ; enfin, pas encore. J'aimerai vivre le plus longtemps possible. Mais pas dans ces conditions. Pas sachant que des organismes tels que la Maison de l'Autonomie nous oublie. Pas sachant qu'il n'y a personne pour nous aider à aménager notre logement pour que nous puissions y habiter décemment. Pas sachant que c'est un véritable parcours du combattant pour se faire entendre, pour que l'adaptation de notre environnement est tributaire de dossiers qui prennent des mois, voire des années, avant d'être traités. Pas, alors que j'ai tellement besoin de repos, de répit, moi qui ai tant subi tout le long de mon existence. Pas alors que mon seule rêve, que mon seule ambition, a toujours été de pouvoir consacrer mon temps et mon énergie aux livres et à l'écriture ; et que tout ce que je viens de citer plus haut m'en empêche, et donc me détruit.

Quelle autre option, ma compagne et moi, avons nous ? Vers qui pouvons nous nous tourner pour qu'on nous entende et qu'on nous aide. Je suis démuni ; je n'ai même plus la force ou la volonté de me battre, tellement c'est éprouvant ; tellement tout ceci me conduit peu à peu vers la destruction physique et mentale.

Ma compagne et moi, nous ne sommes rien, nous ne comptons pas. Nous sommes une charge pour les nôtres comme pour la société. Nous coutons de l'argent à la communauté ; qui, elle, n'en tire aucun profit ; dans un monde où la rentabilité, où la performance, où l'image, que-sais-je encore, ont force de loi. Je ne sais qu'écrire. Je ne sais que faire fonctionner mes capacités intellectuelles. Je ne possède que des connaissances de lettré. C'est à dire, rien ou presque rien en vérité. Rien d'utile, rien de financièrement rentable, ou alors à très longue échéance si je réussis finalement à rédiger ces Mémoires sur lesquelles je travaille depuis plus d'un an. Et encore, si j'arrive au bout, quel éditeur voudra les publier et les mettre en avant ?

Bref, nous n'avons aucune valeur. Comme nombre d'autres personnes dans notre cas, nous sommes les oubliés, ceux qu'on ne veut pas voir, ceux dont on n'a pas envie de se soucier. Car, combien d'autres comme nous se taisent et pleurent en silence ? Combien d'autres n'ont d'autre choix que de mettre fin à leurs jours parce que trop désespérés, trop abandonnés, trop seuls, sujets de trop de contraintes ? Combien ? Des centaines, des milliers peut-être. Combien sont-ils, ceux, comme moi et ma compagne, dont on ne parle jamais, qui ne sont pas pris en charge comme ils le devraient, qui ne sont pas entourés comme il faut ? Oui, combien ?

Et nous, serons nous les prochains sur la liste ?...

Dominique Capo

Posté par dominique913 à 12:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

12 août 2022

Les raisons de ma colère :

X1 (2)

Je profite des quelques minutes de tranquillité et de calme que j'ai devant moi afin d'apporter quelques précisions supplémentaires. Tout d'abord, vous devez savoir que si je partage beaucoup de textes sur Facebook, ils ne sont pas la majorité de ceux sur lesquels je travaille. En effet, l'essentiel de mon temps et de mon énergie, je les consacre à la rédaction de mes Mémoires, dont le titre plus ou moins définitif est "Maltraitances".

Depuis que je suis arrivé en Sarthe et que les choses se sont un peu calmées autour de moi - c'est juste une question de point de vue en fonction des circonstances auxquelles je suis confronté, mais celui-ci a son importance -, j'ai entamé la retranscription de la quatrième version de ces dernières. Est-ce mon environnement, est-ce autre chose ? je ne le sais pas ! Malgré les épreuves, malgré les soucis, malgré les peurs, malgré les solitudes, malgré le désespoir, malgré les souffrances, malgré le mal-être qui me mine quotidiennement, je ne sais pas, mais mon esprit se révèle plus véloce. Les mots me viennent plus facilement ; ma concentration et mon attention sont plus développées. Malgré la chaleur étouffante - et qui, habituellement, m'épuisent très rapidement -, celle-ci ne m’empêche pas d'aligner les phrases, les paragraphes, ou les pages. Tout est plus simple et plus facile à écrire ; et ce, quel que soit le sujet que j'aborde. Alors, les mots nécessaires à décrire ce qu'a été ma vie et ses vicissitudes jusqu'à aujourd'hui, ils coulent tout seul de mon âme et de mon cœur.

Car, énumérer les différentes phases de mon existence qui ont laissé une empreinte profonde sur les géhennes qui en ont résulté est certes éprouvant émotionnellement, mais elles remontent aisément à la surface. Malgré les années ou les décennies écoulées, elles s'impriment avec violence et appréhension par le biais de toutes les facettes de ma personnalité. Les relater, les détailler, essayer de les extraire de mon esprit au travers de ces Mémoires est une délivrance pareille à nulle autre.

A quel prix pourtant ? Le plus élevé, le plus pénible, celui qui est le plus source de souffrances et de malheurs, de tristesse et de désespoir. Celui qui exige des sacrifices monstrueux, des sacrifices chaque jour toujours plus dévastateurs ou traumatisants. A quel prix ? Au prix que ma compagne atteinte de sclérose en plaques, que moi, atteint de la maladie de Sturge-Weber et pourvu d'une hémiplégie du coté droit de mon corps, nous sommes seuls face à ce qui nous supplicie et nous torture.

Quand je dois essayer de la relever parce qu'elle a chuté, que j'y mets toute mon énergie et toute ma volonté, et que je n'y parviens pas parce que la portion handicapée de mon corps me rends malhabile, incapable de l'aider. Quand, malgré l'heure d'aide à la toilette dont elle bénéficie chaque jour et la kiné qui vient la visiter deux fois par semaine, je dois la "torcher", la changer de protections souillées. Quand l'air ou les draps sentent régulièrement l'urine parce qu'elle est dans l'impossibilité d'aller aux WC seules puisque ceux-ci et la salle de bains ne sont pas adaptés à sa maladie. Quand je dois la porter pour la mettre au lit ou pour l'en faire sortir pour la mettre sur son fauteuil roulant ! Quand je dois la faire manger, quand je dois m'occuper de tout le coté administratif ou médical. Quand je dois surveiller le moindre de ses gestes parce qu'au sinon, et malgré mes recommandations, et malgré que je lui montre comment se tenir correctement, elle oublie ou s'en moque. Quel sentiment d'impuissance est le mien !

Mon invalidité m'explose à la figure et lacère mon âme ; mon sentiment d'impuissance me propulse en enfer ou aux portes de la folie. Le plaisir que mes incapacités ont à trouver constamment de nouvelles façons de me maltraiter - et ma compagne avec moi, est permanent. Et il n'y personne vers qui je peux me tourner. "Les gens ont leur vie, ont leurs familles, ont leurs préoccupations, ont leurs priorités", m'assène-t-on régulièrement. "Tu es l'aidant, c'est toi qui doit tout endurer, c'est toi qui dois faire tous les efforts...", me rajoute-t-on. "Et puis, de toute manière, tu dois te priver, tu dois abandonner tout ce qui est important ou vital pour toi, tout ce qui peut te procurer un peu de joie ou de plaisir...", me martèle-t-on à l'envi.

Comme si tout ce que la vie est, et ce, depuis très longtemps, ne peut être que douleurs, que peurs, que souffrances, que désespoirs, dont je serai le porteur malgré moi. Moi qui n'ai toujours aspiré qu'à une existence calme, apaisée, sereine, détendue, afin de pouvoir me consacrer à ce que j'ai à écrire, tout est fait pour m'en détourner. Mon combat quotidien, c'est de trouver l'énergie et le temps pour accomplir mon travail d'auteur. Dès que je m'y emploie, au bout d'un moment, il y a toujours une difficulté inédite, un obstacle sorti de nulle part, qui me contraint à le négliger. Je m'épuise constamment physiquement et nerveusement à batailler contre cette fatalité.

Alors oui, j'en veux à ceux et celles qui ne m'aident pas. J'en veux à ces gens qui considèrent que je dois porter tout ça seul sur mes épaules, que c'est mon rôle, et que je ne peux, et que je ne dois pas, y échapper. J'en veux à ceux et celles qui estiment que je n'ai droit ni au repos ni au répit, ni au calme ni à la tranquillité. J'en veux à ceux et celles qui me répètent que je dois me contenter de ce que j'ai, que je dois accepter de subir, que je devrais être heureux de ce que j'ai. J'en veux à ceux qui prétendent que je dois en sacrifier encore plus, que je dois renoncera tout ce que j'ai, à tout ce qui fais de moi la personne que je suis réellement.

Alors, oui, j'en veux à tous ces gens qui estiment savoir mieux que moi ce que sont les tourments de l'âme, du cœur, et du corps. J'en veux à ceux qui sont là, autour de moi, et qui ne bougent pas d'un poil en prétextant que nous devons nous contenter d'attendre le bon vouloir et un trou dans leur emploi du temps, avant qu'ils ne pensent à nous. Pour qu'ils viennent enfin à notre aide. J'en veux à tous ces gens, ici, qui nous plaignent - sincèrement pour la plupart j'en suis certain -, mais qui ne lèveront pas le petit doigt pour se regrouper autour d'une cause juste, qui serait de nous apporter leur concours. Je leur en veux d'autant plus lorsque l'on voit à la télévision les exemples d'entraide et de solidarité, de coopération et de secours vis-à-vis de certains et de certaines, vis-à-vis de mobiles pour lesquels ils se sentent concernés.

Et ça, ne leur en déplaise, à ceux qui sont autour de moi comme à ceux que je croise ici, je ne leur pardonne pas. Et ce n'est parce que d'autres souffrent ailleurs en France ou dans le monde, que notre souffrance, à moi et à ma compagne, a moins de valeur ou d'importance pour autant. Qu'ils doivent détourner le regard et nous marteler que "personne n'y peut rien", parce que ce n'est pas vrai. Je me bats, mais je suis seul. Qui-plus-est, je suis au bout du rouleau, à terre, épuisé comme jamais je ne l'ai été depuis mon burn-out en 2002. Et nul ne réagit. Alors, oui, je leur en veux.

Pourtant, ce n'est pas dans ma nature. Ce sont les circonstances, ce sont ces personnes qui se taisent, me regardent me flétrir, qui regardent ma compagne s'affaiblir sans ne rien faire, qui sont à l'origine de ma colère. Jour après jour, épreuve après épreuve, obstacle après obstacle, ils ont laissé les éléments de notre malheur et de notre désespoir se mettre lentement et irrémédiablement en place. Ces circonstances sur lesquelles ils auraient pu agir, pour lesquelles ils auraient pu me soutenir et m'aider, et qui n'en n'ont rien fait. Car il y a un moment où, à force que les blessures et les peurs s'accumulent, je ne pourrais définitivement plus me relever. Mais qui s'en soucie ?

Comme si ma compagne et moi avions choisi d'être handicapés et malades, et que nous devrions en assumer les conséquences ? Des conséquences que nous ne sommes pas aptes à endurer ou à dépasser. Pourtant, on l'exige quand même de nous. Débrouillez vous tout seul ; ce n'est pas notre problème, notre humanité s’arrête là où vous bousculez ce qu'est notre existence. Nos priorités, nos difficultés, ont plus de valeur ou d'importance que votre vie. Je leur répond alors : "Prenez notre place, juste quelques heures, juste quelques jours, et vous verrez si vous n'aurez pas besoin de toute l'aide que l'on peut, que l'on se doit, de vous apporter ; que ce soit individuellement ou collectivement."

On dirait que tout ce qui nous arrive, en suivant le raisonnement de ces personnes, c'était de notre faute. Comme si c'était de notre responsabilité ; comme si nous en étions coupables. Et qu'alors, nous en devrions en payer le prix fort parce que nous n'entrons pas dans leurs normes. Tout est là, finalement. Parce que nous sommes différents, et ce malgré nous, ce sont avec des larmes de sang et des cris de désespoir que nous devons vivre. On ne nous laisse même pas l'opportunité qu'il en soit autrement.

Alors, oui, dans ces conditions, mon seul bonheur, ce sont les livres. C'est d'écrire. Quand j'écris sur Facebook, c'est pour partager, c'est pour tendre ma main dans la direction de mes éventuels lecteurs. Naïf ou crédule que je suis, je me dis que, peut-être, ces personnes vont diffuser les messages que je cherche à faire passer auprès de leurs proches. Je me dis que les textes historiques ou philosophiques que je leur offre, ils vont assez les apprécier pour les répercuter auprès de leurs contacts, qui, eux-mêmes; vont les répercuter auprès des leurs, et ainsi de suite. Quand j'écris un traité sur l'actualité et questionnant une des innombrables facettes de devenir de notre civilisation ou de l'humanité, j'espère qu'ils vont avoir une étincelle de "jugeote" ; qu'ils vont se reporter à mes textes plus anciens explorant une autre facette de ces thèmes que j'ai approfondi précédemment. Je souhaite qu'ils soient assez intelligents pour ne pas juger et condamner mes idées et mes savoirs.

Mais non, ces gens se plaisent à critiquer, à ne pas lire, ou alors de biais, ou alors, de prendre une phrase qui leur parle, qu'ils sortent de son contexte pour qu'elle alimente leur propre vision des choses. Malgré tout, je continue. Parce que c'est difficile ; comme tout ce que j'ai vécu dans mon existence. On m'a fait rentrer dans le crâne à coups de marteau, en me répétant sans cesse, que tout était difficile, que tout était compliqué, et que je serai toujours seul à devoir colmater les brèches de ma vie lorsque celle-ci s'effrite.

On m'a toujours bousculé. Les traumatismes qui sont les miens, je dois m'asseoir dessus, ou aller voir un psy pour que je me force à accepter l'inacceptable, et que bon nombre de gens n'accepteraient jamais d'endurer si c'étaient eux qui étaient à ma place. Pourquoi tant d'indulgence vis-à-vis de ces personnes "normales', et pas avec moi, avec ma compagne, qui avons besoin d'être soulagés et aidés. Pourquoi tant de mansuétude, de générosité, de tolérance, de compréhension, à leur encontre, et pas avec nous ?

Que j'étais heureux et épanoui lorsque je travaillais à la Bibliothèque Nationale, que j'effectuais mes recherches en histoire, en philosophie, en occultisme, en mythologie, en histoire de la vie, en archéologie, en tout un tas de domaines divers et variés en dérivant. Que j'étais heureux dans cette ambiance feutrée, dans cette quiétude, entouré de livres, passant des heures, des journées, des semaines, à les étudier, à disséquer les trésors littéraires qu'ils contenaient. J'ai essayé de retrouver cette ambiance quand je suis devenu écrivain à plein temps. Je me suis efforcé de recouvrer ce plaisir de l'écrit. De la partager, de l'approfondir, d'en explorer des routes que je n'avais pas encore empruntées.

Mais non, ceux et celles qui m'entourent veulent briser ce rêve, cet espoir, ce destin auquel je m'accroche parce que je sais que je suis né pour ça. Mais non, ici, je suis moqué, je suis montré du doigt, je suis humilié ou rabaissé parfois. Je suis jugé et condamné pour mes états d'âme, pour ce que je ressens, pour mes souffrances ou pour mes joie, pour mes différences surtout. Tout est prétexte à m'écorcher vif. Alors que je ne souhaite uniquement partager ce que mon esprit détient avec ces gens dits "normaux". Voila, pourquoi je vous en veux. Voila ce que je rêve de voir changer. Voila pourquoi j'écris mes Mémoires et que je lis autant que possible...

Allez, maintenant, donnez-en vous à cœur joie...

Dominique Capo

11 août 2022

Je ne suis pas eux, ils ne sont pas moi :

X1

Pourquoi un écrivain tel que moi publie ses textes - souvent très longs et aux raisonnements complexes et multiples - sur Facebook ? Oui ! La question est pertinente, n'est-il pas vrai ? Et je répondrai ceci aux sceptiques, aux épris de simplicité, de facilité, d'éphémérité :

Je ne suis pas un "adepte" des paragraphes extrêmement courts qui n'expliquent rien parce qu'ils ne sont pas argumentés. Je ne suis pas un "camé" des images et des vidéos rectifiées ou modifiées. Je ne me cantonne pas aux apparences ou aux certitudes toutes faites véhiculées par les fakes-news, par l'instrumentalisation des informations à des fins de propagande ou d'orientation des idées de ceux et celles qui s'y fient. Je ne soumets pas la dictature de la bêtise, de la mièvrerie, du nivellement par le bas. Je combats la grossièreté et la vulgarité, l'ignorance, l'inconscience, ou l'inhumanité ; assumés ou pas.

Je n'écris et ne partage pas mes textes ici parce que c'est simple ou c'est facile. Je les publie ici, justement, par ce que ce n'est pas le cas. J'y consacre tant d'heures et tant d'énergie car je refuse l'entre-soi de ceux et celles qui se disent érudits et qui se prétendent au-dessus de la masse des gens qui n'en "savent pas" autant qu'eux ; ou qui ont des connaissances différentes parce que ce sont des savoirs manuels par exemple.

Je n'écris pas ici pour faire comme tout le monde. Non je ne suis pas l'une de ces personnes qui se cantonne à publier des images ou des vidéos humoristiques ou de corps parfaits au point que c'en est risible. Je ne suis l'un de ces individus qui exhibe son quotidien "idéalisé", mais qui reflète surtout la médiocrité et la pauvreté de ses ambitions, de ses espoirs, de ses projets, de ses occupations, de ses relations avec autrui.

J'écris de longs textes, extrêmement développés, aux arguments ciselés, parce que j'ai beaucoup - beaucoup plus que d'aucuns ne se l'imaginent - à partager. Mieux, je me dois de m'y employer, aussi divers et complexe, riche et multiple que soit ce que j'ai à partager. Je pense, donc j'écris, pour paraphraser une maxime célèbre. Je suis intelligent, cultivé, lettré, épris de savoirs ou de beautés, donc, j'use de mes mots - pas ceux d'autres - pour retranscrire les émotions, les idées, les songes... que je porte depuis que je suis né.

Alors, peut-être que pour certains et certaines, ces motifs n'ont aucune valeur. Qu'ils s'en moquent ou qu'ils les méprisent, même. Peut-être ! Mais je m'en fous. Mes textes ne s'adressent pas à eux. De toute manière, ces gens sont irrécupérables ; leur insignifiance - assumée ou non - se dévoile dans ce qu'ils publient. Aussi, pourquoi se pencheraient-ils sur des textes qu'ils sont incapables de comprendre ou d'approfondir.

Pourquoi, puisqu'ils font partie des gens qui cèdent systématiquement à cette facilité, à cette simplicité, à cette bêtise, à cette éphémérité, à ce culte de l'apparence, que je réprouve si vivement. Non, en effet, nous ne faisons pas partie du même monde. Et j'aurai beau leur tendre la main au travers de ce que j'essaye de leur offrir, ils s'y refuseront de toute manière. Sauf que, moi j'ai fais la démarche, j'ai déployé des efforts, pour aller vers eux ; des efforts qu'ils ne feront jamais. Sauf que, mes textes sont là ; ils sont à leur portée si un jour ils ont envie de les lire ou de les partager. C'est ce qui nous différencie.

Je ne suis pas parfait, loin de là, je suis le premier à l'affirmer. J'ai des défauts, mais je n'en n'ai pas honte ; je ne les dissimule pas afin de sublimer l'image que j'ai de moi ; ou l'image que je désire que les autres aient de moi. Je m'en fous, en vérité. L'empreinte que je désire laisser à ces gens, elle se trouve au cœur des idées et des concepts, des réflexions et des raisonnements, dont mes écrits sont constellés. On ne peut pas en dire autant pour tout le monde.

Alors, oui, si j'écris ici, ce n'est pas parce que c'est facile ou parce que c'est simple. Que ce soit mon traité sur les Cathares, que ce soit le précédent sur l'énigme de Rennes-le-Chateau, je prète le flanc aux jugements, à la critique, au mépris, à la haine et à la violence même. Que ce soit mes articles sur une page précise de l'Histoire, sur la mythologie, sur l'actualité le plus chaude du moment, sur ce que m'inspire celle-ci pour certaines facettes du devenir de l'Humanité, chacun(e) y va de son mot, de son commentaire genre "moi, je sais mieux que toi sur ce dont tu parle".

Mais, ce ne sont pas ces détracteurs du dimanche, qui passent quelques minutes vite fait à me pointer du doigt, qui vont m'impressionner. Ce ne sont pas eux qui consacrent des heures ou des journées entières, qui font des recherches poussées, qui s'interrogent ou remettent en permanence en question leurs savoirs, qui sont les auteurs de ces textes élaborés par moi. Pour eux, c'est juste une distraction, c'est un passe-temps facile et simple, comme se nourrir d'émissions débiles à la télé, de vidéos consternantes sur Youtube. Oui, ils ne sont pas à ma place. Ils ne le seront jamais.

Alors, je leur dit ceci : malgré tout ça, jamais je ne céderai à la simplicité et à la facilité parce que ça fait partie des normes en vigueur, que ce soit sur internet ou au sein de la réalité du quotidien. Je ne suis pas eux, ils ne sont pas moi, c'est l'évidence même. J'espère que c'est clair dans tous les esprits ?

Dominique Capo


07 août 2022

Les Cathares, pages 12-15/60 :

X1

L'attachement des cathares au Christ solaire et au docétisme se traduit par cette croyance : « le Christ n'aurait pas réellement vécu ailleurs que dans un monde double du notre, il aurait visité sept terres, d'autres disent sept cieux, pour libérer son peuple. ».


Autre phénomène lié à des pouvoirs secrets : le « consolamentum », ce sacrement unique accordé aux mourants et à ceux qui suivant la voie, c'est-à-dire aux candidats à l'adeptat des Parfaits.


Imposition des mains, le consolamentum mettait en œuvre l'énergie cosmique, selon des techniques liées à « l'éveil » des mains par des procédés aujourd'hui perdus.

Dans le pays occitan, l'arianisme wisigothique avait laissé une empreinte profonde qui facilita l'implantation de la doctrine albigeoise et explique son succès. L'hérésie se répandit grâce aux troubadours qui en furent les ardents propagandistes, et les cours d'amour furent presque toujours des cours hérétiques.

Sous le voile de la poésie et du symbole, on y prêchait l'amour de la dame idéale, l'amour chaste pour la sagesse, la rose parfaite, la « sophia » des gnostiques, union spirituelle entre les deux principes pour une quête de l'immortalité. Et dans cette recherche de l'éternel féminin, Esclarmonde, la princesse cathare qui monta sur le bucher de Montségur et dans les flammes se transforma en colombe, l'oiseau du Saint-Esprit, se trouva ainsi réintégrée dans ses origines, elle dont le prénom gothique signifiait « lune de cristal » (Is-Klar-Mun).

Symboliquement, l'astre de la nuit, la femme, s'unissait au soleil du Graal pour l'accomplissement de ses noces mystiques avec le principe divin. On retrouve la même transposition spirituelle dans le roman de la Table ronde, avec Perceval et Lancelot.
C'est d'ailleurs par l'intermédiaire des troubadours allemands, ou « minnesingers » - qui chantaient, s'accompagnant de leur luth, les poésies cathares et l'amour chaste : la « minne » -, que le catharisme fit son chemin en Europe et sur les bords du Rhin, ce fleuve de légende habité par des ondines.

On trouve des manichéens à Cologne au XIe siècle et, moins de cent ans plus tard, à Goslar en Franconie : Allemagne et Pays-Bas sont sillonnés par des communautés errantes, les « Frères du Libre Esprit ». Bientôt, l'hérésie se répand en Angleterre, où les cathares sont désignés sous le nom de « lollards ».

On retrouve la filiation catharo-lollards dans « l'Ordre des Bonhommes », installé au XIIIe siècle à Eddington, dans le comté de Wiltshire. On retrouve également trace de cette communauté dans la vallée d'Ashirdge.. C'est elle qui donna naissance au mouvement spirituel des lollards, défendus par le célèbre Wyclif, ardent partisan d'une réforme religieuse avant la lettre (il mourut en 1384). A propos de l'Angleterre, on peut se demander à quel point Shakespeare ne pourrait pas être suspecté d'hérésie. Son « Roméo et Juliette » n'est-il pas une tragédie courtoise dans la ligne de la tradition secrète des troubadours ? Vérone, où se déroule l'action du drame, ne fut-elle pas dix-sept ans hérétique, avec cinq-cents Parfaits sans compter les croyants, au dire du moine Ranieri Saccone ?

Dans le même courant spiritualiste et anti-pontifical s'inscrivent les vaudois qui prêchaient la pauvreté et la pureté évangélique. Leur chef était Valdès, riche commerçant lyonnais qui renonça à la fortune pour devenir prédicateur. Comme les albigeois, les vaudois subirent de terribles persécutions et, sous François Ier encore, la population de trois villages du Lubéron fut totalement exterminée par les troupes royales pour cause d'hérésie. Les massacres du Lubéron eurent lieu plus précisément au mois d'avril 1545 et frappèrent les villages de Cabrières, Mérindol, Loumarins, pour ne citer que les plus importants. Il y eut au moins 3000 victimes (chiffre de l’enquête royale). Réfugiés dans le Dauphiné et les vallées alpestres, les vaudois se convertirent au protestantisme au cours du XVIe siècle.

Parmi les autres sectes hétérodoxes, il faut citer, aux Pays-Bas et dans les Flandres, les béghars et les béguines, dont la particularité réside dans le recrutement féminin de ses membres. Ces communautés de femmes pieuses vivant hors des cloîtres échappèrent à la tutelle de l’Église par le mysticisme et les phénomènes extatiques dont elles étaient affectées. En 1321, elles étaient plusieurs centaines de milliers, selon le pape Jean XXII.

« Leur mouvement - explique Denis de Rougement - est né au point de rencontre de deux courants généraux : le catharisme et les hérésies voisines d'une part, le franciscanisme et la mystique au cœur de Saint Bernard de Clairvaux d'autre part. Le nom de « béguine » vient du catharisme : on le fait dériver tantôt de « béguin », le bonnet de laine que portaient les ascètes errants, tantôt « d'albigenses ».

L'influence de la littérature issue des béguinages fut grande sur les johannites et les grands mystiques du Moyen-Age : maître Eckhart, Ruysbroeck l'Admirable ou Joachim de Fiore. Le meilleur exemple de cette floraison et du symbolisme le plus élevé est « la Divine Comédie » de Dante, chef d’œuvre incomparable dont le message ésotérique ne sera jamais épuisé.

Le phénomène cathare apparaît en Occident aux alentours du Xe siècle. A cette époque, les hérétiques sont dénoncés un peu partout en Europe. On les qualifie le plus souvent de « manichéens ». Le terme « cathare » qui signifie « pur », apparaît plus tard. Parlant des cathares de Rhénanie, le bénédictin Eckbert, recteur de la cathédrale de Cologne, nous apprend qu'ils célébraient une fête en l'honneur de Manès : et l’évêque de Chalon, Roger, écrivit à l’évêque de Liège pour lui indiquer que les cathares de son diocèse prétendaient recevoir par l'imposition des mains le Saint-Esprit, qui n'était autre que Manès lui-même.

En 1017, on trouve des cathares à Orléans. Ils sont brûlés vifs après un jugement rendu par un concile d’évêques. En 1022, la chose se répète à Toulouse. En 1030, en Italie, dans la région d'Asti, une colonie d'hérétiques, que l'on désigne déjà sous le nom de cathares, est découverte. On massacre tous les membres de la secte. Pourtant, malgré les bûchers, le mouvement fait tache d'huile, si bien qu'au XIIe siècle on en trouve plus au nord, à Soissons, à Liège, à Reims, et jusque sur les bords du Rhin, à Cologne et à Bonn, où plusieurs hérétiques sont encore livrés aux flammes. L'Italie du Nord fut l'un des pays les plus touchés, et Milan passa longtemps pour un foyer actif de l'hérésie. Le pape Innocent III, agissant avec une particulière brutalité, réussit cependant à grand peine à contenir ce flot montant.

Mais c'est dans le Midi occitan, dans les territoires languedociens et provençaux du comté de Toulouse, que le catharisme devait enregistrer ses plus grands succès. En quelques années, de la fin du XIIe siècle au début du XIIIe siècle, le néo-manichéisme se répandit comme une traînée de poudre et conquit droit de cité sur les terres wisigothiques, de la Garonne à la Méditerranée, si bien que la doctrine des albigeois (nom donné aux cathares dans le Languedoc) semblait devoir triompher, à brève échéance, du catholicisme. Quelle était donc cette doctrine qui séduisait des foules entières aussi bien que les seigneurs du plus haut lignage ?

A suivre, le 14/08/2022 (normalement)...

Dominique Capo

06 août 2022

La bétise humaine dans toute sa splendeur :

X1

Il y a quelque chose qui me surprend, qui me choque, et qui me mets souvent en colère. Et ceci concerne autant la réalité virtuelle et ce qui est publié par beaucoup sur les réseaux sociaux, que la vraie vie et la réalité quotidienne à laquelle sont confrontés l'immense majorité d'entre nous.

Je vais prendre pour exemple mon précédent texte intitulé "Songez-y un instant, si vous êtes capables !". Je ne vais pas revenir sur le fonds de celui-ci, il suffit de le lire pour que chacun(e) puisse se faire sa propre opinion sur c e que j'y décris. Non ! Ce sur quoi je souhaite mettre le doigt aujourd'hui, c'est que, normalement, on pourrait avoir le droit de tout dire, de partager tous ses ressentis, qu'ils soient heureux ou malheureux, bons ou mauvais, sur ce genre de site. Après-tout, Facebook ainsi que ses succédanés ne sont-ils pas des endroits destinés à nous exhiber en toute liberté ? Ne sont-ils pas des lieux où nous avons le droit de partager nos bonheurs et nos malheurs personnels ou collectifs ? Ne sont-ils pas des outils permettant de creuser, par le biais de ce que nous y publions, la personnalité, les passions, les centres d’intérêts, les projets, les rêves, les ambitions, de ceux et celles qui exposent leur vie à tout un chacun ?

Et pourtant, non ! L'immense majorité des gens qui usent des réseaux sociaux n'ont qu'un seul objectif en vérité ! Préserver les apparences ; se mettre en valeur par tous moyens qui sont à leur disposition. Que ce soit à l'aide des textes - souvent des copiés collés empruntés ailleurs -, à l'aide de photos ou de vidéos édulcorées, modifiées, magnifiées, orientées afin qu'elles s'éloignent le plus possible de la réalité de leur médiocre quotidien, ces gens s'acharnent à s'imaginer qu'ils vont tromper leurs admirateurs(trices). Pire encore : parmi ces derniers, il y en a qui sont assez naïfs ou crédules pour croire que ce qu'ils lisent ou voient correspond à l'entière réalité de ce qui est diffusé.

Je pense d'ailleurs que c'est une des raisons qui fait que j'ai si peu de lecteurs, de likes, ou de commentaires. Parce que, comme dans "Songez-y un instant, si vous êtes capables !", je ne me soumets pas à cette dictature de l'apparence ou de la superficialité. Je suis franc, sincère, honnête, avec les personnes qui prennent le temps de lire un récit que j'ai élaboré moi-même. Je suis même parfois cash, brutal, n'ayant pas de scrupule à bousculer cette dictature de la norme et des standards en vigueur.

Le "bien sous tous rapports", les personnalités lisses, les textes ternes dont les formules, les slogans, les arguments, et les desseins, sont répétés par des milliers, des dizaines de milliers - davantage ? - d'individus comme un leitmotiv, m'ennuient profondément. Mieux, ces perroquets se ridiculisent : la pauvreté de leurs raisonnements, de leurs démonstrations, de leurs supputations, sont une honte. Tout homme doté d'un tant soit peu d'intelligence, d'érudition, d'éducation et d'humanité, "normalement", les railleraient. Les images et les vidéos qu'ils partagent ici et ailleurs vont dans le même sens. Si besoin était, elles prouvent que leur vision du monde et de leurs rapports aux autres est d'une bêtise à mourir de rire.

Enfin, c'est mon opinion, et elle n'appartient qu'à moi. Je publie ce texte, comme les précédents, en leur dédiant le maximum de mon attention, en jonglant avec bonheur avec le vocabulaire dont je suis le vecteur. Je les argumente le plus précisément possible en usant d'expressions qui me sont chères. Et j'y décris mon ressenti, mes savoirs, mes expériences personnelles, ou toute autre chose que je souhaite y partager. On ne peut pas en dire autant de tout le monde.

Quand on y songe, d'ailleurs, user d'extraits de textes piochés je ne sais où sur internet, user de photos et de vidéos, montre la fainéantise de ceux et celles qui s'y emploient. On aura beau m'arguer qu'ils ont autre chose à faire, que leur famille ou leurs amis, que d'autres préoccupations, centres d’intérêts, labeurs, loisirs, projets, les accaparent, ça ne tient pas la route. Justement, parce qu'ils trouvent aisément du temps à consacrer à tout cela. Donc, rien ne leur interdit d'en consacrer à détailler avec leurs mots, avec leurs raisonnements, avec les savoirs qui sont les leurs, les arguments qu'ils souhaitent mettre en avant vis-à-vis des sujets qui les interpellent.

En fait, ces gens cherchent la facilité et la simplicité. Et ça se voit. Eux qui désirent ne pas écorner les apparences, leur façon de se comporter sur les réseaux sociaux correspond énormément à ce qu'ils sont dans la réalité. Ils ont beau tenter de magnifier cette image d'eux-mêmes, nul ne devrait se laisser abuser. A moins, évidemment, que ce soit là le but de ceux et celles qui suivent et admirent ces gens. En âme et conscience, tels des camés de l'illusion et de l'imposture, ils se laissent volontairement duper ; en plus, ils en redemandent.

Alors ! Quelqu'un comme moi, quelqu'un qui publie des textes approfondis, pour ces gens, c'est trop "prise de tête". Ils préfèrent admirer les corps de rêve, les images satiriques ironisant sur notre forme de société ou sur l'actualité. Ils préfèrent visionner des vidéos de "chats ou de chiens faisant des bêtises. Ils préfèrent en montrer d'autres dévoilant des aspects de leur quotidien qui "donnent envie". Par contre, ce qui ne les valorisera pas, ce qui mettra en exergue leurs souffrances, leurs blessures, leurs désespoirs, que sais-je encore, ils les dissimuleront.

En fait, il semble que ces gens aient honte de ce qu'ils sont véritablement. Ces aspects de leur personnalité, de leurs expériences, de leur façon d'endurer ce que l'existence leur réserve régulièrement, ils ne l'assument pas. Ils n'acceptent de se montrer tels qu'ils sont véritablement. Alors, forcément, leurs relations aux autres, les échanges ou les dialogues qu'ils avec eux, sont totalement faussés. Non seulement ça, mais de plus, ces fameux autres se font une idée d'eux qui ne correspond pas aux faits.

Certes, la plupart des gens que ces derniers croisent ici, ils ne les rencontrent ou ne les rencontreront jamais. Pourtant, il y en a qu'ils connaissent ou qu'ils fréquentent au quotidien. Or, à ceux-ci, ils leur mentent, ils les mystifient, ils les induisent en erreur. Et les conséquences, alors, peuvent s'avérer incalculables. Pensez à l'une de ces personnes en recherche d'emploi, qui postule dans une entreprise, et dont le patron se renseigne à son propos pour savoir si elle est digne de confiance. Quelle peut être sa réaction si ce qu'il en découvre n'est pas identique à ce qu'elle prétend être. Ou si ce qu'elle lit ou voit ici n'est pas équivalent à ce qu'elle apprend là. Et leurs amis, leur famille, qui suivent ces personnes, qui partent du principe qu'ils la connaissent véritablement ? Ils vont se sentir floués, trahis, frustrés, voire humiliés...

Mais, quelle importance pour ces gens ! Il n'y a que leur ego, que leur image, que leur narcissisme exacerbé qui a de la valeur. Dans un monde où l'image compte davantage que ce chacun est vraiment, ces règles de bienséance, ce respect envers quiconque, cette dignité, est à jeter aux oubliettes. Plutôt dissimuler, renier ou abuser l'autre, que de faire tomber un masque qui se fissurera inévitablement tôt ou tard.

Alors, je ne marche pas ! Je préfère montrer qui je suis réellement ; quand ça va ou quand ça ne va pas. Quand je suis heureux ou quand je suis malheureux. Quand je réussis quelque chose ou quand j'échoue. Quand je bâtis ou quand je détruis. Bref, je préfère divulguer tous les aspects de qui je suis, sans honte ni orgueil. Juste tel que je suis. Là, au moins, ceux et celles qui me suivent ou qui me lisent savent à qui ils ont à faire réellement. Ils ne seront ni trompés ni surpris, ni choqués, ni blessés, qu'ils soient amenés à me rencontrer un jour ou non.

De plus, ça me permet de m'exercer à l'écriture quand j'ai un peu de temps à consacrer à des textes différents de mes Mémoires. Car, je voue l'essentiel de mon énergie et de mes heures chaque jour à ces dernières. Car, ça me permet de dévorer quotidiennement des monceaux de livres m'ouvrant l'esprit à des univers que ces gens dénués d'imagination, pour la plupart, sont incapables de concevoir. Ils me permettent d'en apprendre énormément plus que ce que j'aperçois ici ou ailleurs sur Internet, ou ce que la télévision nous propose assidument. Donc, écrire et lire, je le répète, me rends considérablement plus heureux, me procure un bonheur, que d'aucuns ici n'ont ni le désir ni la possibilité d'atteindre...

Dominique Capo

04 août 2022

Songez-y un instant, si vous en êtes capables ! :

X1

Aujourd'hui, je suis en colère. Ça fait des jours, des semaines, plus de deux mois désormais que je me tais. Mais ça ne peut pas durer, parce que non seulement j'en souffre, que je suis constamment stressé, sous pression, ou angoissé. Vanessa pleure tout le temps, est malheureuse, ne cesse de répéter : "A part les filles de l'aide à la toilette et ma kiné, personne ne nous aide." Et elle a parfaitement et entièrement raison. Et ce, même si dans notre entourage, ses mots ne sont pas pris au sérieux et qu'on lui renvoie qu'avec la mise en place, justement de cette aide à la toilette et de ses séances de kiné, tout est fait pour lui faciliter l'existence - et la mienne. Parce que ce n'est pas vrai, loin de là.

Quand Vanessa chute, évidemment toujours en dehors des où ces aides sont présentes, il n'y a personne pour nous secourir. Sachant qu'avec les grosses vagues de chaleur successives dont tout le monde subit les conséquences, les symptomes de sa sclérose en plaques s'accentuent, l'enfer n'est rien à coté de ce que nous vivons. Elle ne parvient pas à se lever du lit toute seule. Je déploie des efforts inimaginables que mon corps est incapable d'endurer. Pourtant, je m'y efforce jusqu'a ce que je m'effondre, épuisé, avec un sentiment de désespoir et d'abandon me déchirant l'âme et le cœur.

Vanessa pleure toutes les larmes de son corps, répète sans cesse : "on n'est pas aidé, on n'est pas aidé. Des fois, je préférerais mourir. Je ne suis qu'un poids mort.". Alors, je la serre dans mes bras. Je lui redis sans cesse que "Jamais je ne l'abandonnerai, dussé-je y laisser la vie pour cela." Mes proches, eux, alors que certains habitent de l'autre coté du mur du jardin de la maison où nous habitons, ne lèverons pas le petit doigt pour nous épauler. "J'ai fait tout ce que j'ai pu ; à toi de te débrouiller.", me répond-t-on systématiquement. D'autres de mes proches, eux, se soucient de nous comme d'une guigne. On nous explique que "les gens ont leur vie, qu'ils ne sont à notre disposition quand nous en avons besoin, et qu'il nous faut savoir patienter.". Et en attendant, tout seuls dans notre coin, isolés et démunis, cette torture mentale qui nous est imposée se perpétue indéfiniment.

Ça fait plus de deux mois que nous sommes dans notre nouveau logement. On nous avait promis que nous y vivrions moins stressés, moins traumatisés par les aléas de l'existence, de nos maladies ou de nos handicaps, que nous serions davantage entourés et soutenus par nos proches. C'est un mensonge éhonté. Notre habitation est toujours en chantier ; rien n'a avancé pour que nous puissions bénéficier d'un minimum de confort, pour que nous puissions retrouver nos repères et nos habitudes.

Des étagères ne sont toujours pas fixées comme elles devraient l'être. Des objets désormais inutiles que nous aimerions donner et que des gens de notre connaissance s'étaient engagés à convoyer auprès d'associations qui pourraient en avoir besoin, ont disparus. Plus de nouvelles depuis. D'autres gens qui nous avaient promis de nous épauler pour aménager notre logement afin qu'il soit vivable, se sont évanouis dans la nature. Le garage attenant à notre habitation est encombré de bric à brac qui ne cesse de s'y accumuler avec le temps. On nous avait pourtant certifié que des connaissances se manifesteraient pour y remettre de l'ordre. Pour démonter les étagères qui s'y entassent afin de les remplacer par d'autres plus adaptées. Nada. Quant à mes figurines, dont certains colis ont été malmenés - j'ai peur de voir les dégâts que certaines ont subi que je les ouvrirai -, je peux encore attendre des mois, voire des années, avant que je puisse les positionner sur des étagères les mettant en valeur. Et ce ne sont là que quelques exemples qui me viennent immédiatement à l'esprit alors que j'écris ces mots.

M. vient nous voir deux à trois fois par semaine, nous téléphone chaque jour ; je lui téléphone également le soir après diner. Quand elle nous rend visite, c'est juste pour discuter de tout et de rien, de banalités sans consistances qui nous passent au-dessus de la tète, nous qui sommes alors soumis à ces épreuves qui sont autant de déflagrations mentales nous meurtrissant profondément. Mais là encore, nous n'avons pas le droit d'en parler avec M. "Qu'est ce que j'y peux. Ce n'est pas de mon ressort. Je ne peux rien faire pour vous.", nous assène t-elle comme autant d’uppercuts qui nous mettent plus bas que terre. Ce que M. veux avant-tout, c'est profiter de quelques instants de détente et de convivialité que nous ne pouvons pas lui offrir dans de telles circonstances, évidemment.

Et encore, heureusement que les aides à la personne qui s'occupent de Vanessa, que sa kiné, et que les pompiers que j'appelle au secours à peu près tous les trois jours actuellement pour relever Vanessa et la mettre dans son fauteuil roulant, sont gentils, serviables, compréhensifs, à l'écoute de nos tourments et de nos désespoirs. M., elle, n'a aucune empathie et fuit tout ce qui s'apparente à nos soucis liés à notre mal-être dépendant de nos handicaps et de nos maladies. Ce qui alimente ce dernier, bien-entendu ; c'est inévitable.

Enfin, pour tout arranger, administrativement, nous sommes au bord du gouffre. Vanessa a le droit à une aide financière de la part de la "Maison de l'Autonomie (MDA) qui prend en charge les factures liées à sa sclérose en plaques. Protections contre fuites urinaires, aide à la personne quotidienne - normalement, il faudrait que ce soit deux fois par jour -, mais parce que son dossier n'avance pas, nous devons payer de notre poche jusqu'à celui-ci se débloque. Ses droits sont effectifs, il n'y a pas de soucis de ce coté là. Pourtant, comme nous avons déménagé en Sarthe fin Mai, le temps que le lien entre le département de la Manche et celui de la Sarthe soit fait, c'est nous que devons avancer les sommes dues par la MDA. Soit, plus de 900 euros par mois, alors que l'AAH de Vanessa est de 1070 euros environs. Alors que c'est mon AAH qui doit financer le reste de notre quotidien, et que nos maigres économies fondent comme neige au soleil.

Et je passerai rapidement sur la mise aux normes de nos WC et de notre salle de bains pour Vanessa puisse se laver ou faire ses besoins correctement et dignement. Le dossier de financement, les organismes qui l'ont pris en main, vont mettre des mois, davantage peut-être, pour le finaliser. Alors, pendant ce temps, Vanessa est contrainte de se laver comme au Moyen-Age : Incapable de rentrer dans la douche du fait des symptomes de sa sclérose en plaques, son aide à la toilette la place devant le lavabo et la lave au gant. De peur de chuter et qu'il me soit impossible de la relever, elle ne va pratiquement plus aux toilettes. Aussi, fait-elle pipi dans sa protection, défèque-t-elle pareillement, quand ce n'est pas sur la chaise sur laquelle elle est assise quand elle est lavée. Voilà à quoi nous en sommes arrivés.

C'est une honte ; c'est monstrueux, c'est inhumain, de nous imposer de telles conditions. Nous ne sommes pas des animaux. Et pourtant, on nous considère comme tels. Nous sommes de parias de l'Humanité. Délaissés par les pouvoirs publics, quels qu'ils soient - parce que nous les avons tous sollicités depuis plus de deux mois,. Il y en a même qui sont venus chez nous pour constater notre situation, qui ont ouvert des dossiers, qui nous ont dit qu'ils allaient nous apporter leur aide pour faire avancer nos dossiers, pour satisfaire à nos besoins les plus élémentaires.

Mais, que nous répond-t-on une fois de plus : "Il faut patienter. Tout ceci ne se fait pas en un jour. De plus, c'est les vacances. Les administrations, les organismes dont nous dépendons, tournent au ralenti ou sont fermés. Nous ne pouvons rien faire pour vous." Et nous, en attendant, nous continuons à souffrir, nous sommes toujours aussi isolés. Nous nous sentons toujours autant abandonnés, délaissés. La pression, la peur, les traumatismes que nous subissons pour toutes les raisons que j'ai décrites plus haut, elles, ne disparaissent pas pour autant ; ils ne prennent pas de vacances, eux. Au contraire, ils s’aggravent ; ils sont plus virulents, plus violents, plus dévastateurs que jamais.

Et tout le monde autour de nous, ou plus largement, au niveau des autorités ou des institutions, s'en moque. Chacun se renvoie la balle en espérant que ce soit l'autre qui prenne en charge nos difficultés. On nous serine sans cesse qu'il y a des personnes qui sont des situations pires que la notre. Et c'est vrai ! Mais que ce soit pour eux ou pour nous, il n'y a pas de congés. Eux comme nous sont laissés seuls face à leurs épreuves, doivent se débrouiller comme ils peuvent pour affronter les obstacles, les difficultés, les terreurs, les désespoirs, les violences psychologiques qui en découlent, et auxquels ils sont sujets.

Par ailleurs, ce n'est parce que d'autres vivent des situations pires que la notre que nous devons nous en contenter. Ce genre de réflexion est un instrument de culpabilisation. C'est pour nous dire : "restez à votre place. Nous, nous menons une vie normale, avec nos préoccupations normales liées à notre famille, à notre métier, à nos amis, à notre budget pour l'essence, pour nous nourrir, pour partir en vacances. La vie "normale", quoi ! Vous, handicapés, malades, fragiles, démunis, vous êtes à la marge. Demeurez y et épargnez nous vos problèmes. Restez cloitrés chez vous et silencieux. Nous ne voulons pas être confrontés à votre différence et ce qu'elle induit."

Voila pourquoi on nous répète sans cesse de ne pas nous plaindre, qu'il y a toujours pire que soi, qu'on devrait déjà être bien content de bénéficier du minimum qu'on nous octroie "si généreusement". Alors, si cette société dans laquelle nous vivons, si notre entourage, si les membres de ces administrations et de ces institutions, censés nous faciliter la vie, censés nous aider endurer ces handicaps, maladies, fragilités, vulnérabilités... dont nous souffrons, prenaient notre place ? Si, durant quelques semaines ou quelques jours, c'étaient eux qui vivaient tout ce que nous vivons.

Là, ce ne serait plus la même chanson. A quelle vitesse, avec quelle vigueur, avec que colère ou détresse, ces gens s'empresseraient de remuer ciel et terre pour qu'on les aide à sortir de leurs difficultés. Avec quelle indignation ils se heurteraient à ceux et celles qui les entourent et qui ne font rien pour les soulager. Avec quelle colère ils affronteraient administrations et institutions pour qu'elles prennent leurs responsabilités et qu'elles agissent au plus vite et le plus efficacement possible. Les vacances ! Les lenteurs administratives ! La patience ! Si ces gens étaient à notre place, ou à la place de personnes comme nous, ils s'en soucieraient comme d'une guigne. Parce que ce n'est pas l'année prochaine, ou même dans deux mois, qu'ils auraient besoin qu'on les appuie, qu'on aménage leur logement, qu'on adapte ce dernier à leurs nécessités. Ce serait maintenant. Et ils auraient raison.

Car, comme ces personnes comme nous dotées de handicaps, de maladies, de vulnérabilités, etc. sont des gens comme eux. Pire : demain, ce serait eux qui pourraient être à leur place. Un simple accident de la vie susceptible de remettre cette normalité derrière laquelle ils cachent, qui leur sert d'excuse ou de justification pour que rien ne change, et ce serait eux qui en subiraient les conséquences. Et là, ils ne seraient plus d'accord.

C'est sûr que, lorsqu'on est jeune et bien portant, c'est sûr que quand on a de l'argent, on se sent en sécurité. Cependant, ça ne dure ; et l'argent n'achète pas le fait qu'on soit en bonne santé ou non, n'éradique pas les effets de la vieillesse. Ces gens qui baissent le regard pour éviter de croiser la personne qui est en fauteuil roulant et qui a du mal avec son quotidien, ce peut être eux la semaine prochaine. Ces gens qui ne se préoccupent uniquement de leur petite vie bien étriquée peut voler en éclat s'ils sont victimes d'une maladie invalidante, d'un accident de la route, etc.

Nul n'est à l'abri. Et croyez moi, à ce moment-là, ce seront eux qui crieront à la face du monde toute leur souffrance, toutes leurs peurs, toute cette solitude et ce silence où ils auront été bannis. Plus de famille, plus d'amis ; ils auront tous déguerpis. L'argent, peut-être les aidera-t-il à mieux supporter leur situation. Mais les personnes qui seront à leurs cotés n'y seront que pour en profiter. Compassion, empathie, écoute, tendresse, affection, et surtout Humanité, on les en aura dépouillé.

Seules trois choses me rattachent encore à cette existence pourtant, envers et contre tout. Seules trois choses me rendent heureux, font mon bonheur malgré tout : c'est l'amour infini que j'ai pour ma compagne Vanessa. Je sacrifierai tout pour elle. Et si mes proches ou les siens ne sont pas capables, ne désirent pas, faire tous les sacrifices qui sont à leur portée pour ceux qu'ils aiment, moi, je m'y engage. Et quand je m'y engage, je m'y emploie. Et bien plus que mes capacités physiques ou mentales peuvent le supporter. Ce sont aussi mes livre ; la lecture. Ca me rends également heureux et épanoui. Je suis détendu et serein lorsque je suis plongé dans un roman qui me captive et me passionne des heures durant. Enfin, c'est l'écriture. Rédiger mes textes, effectuer mes recherches historiques, analyser et décrypter l'actualité pour qu'en éclose un traité approfondi, poursuivre l'écriture de mes Mémoires, que sais-je encore, me procure une joie et une félicité que ces gens "normaux" ne sont pas capables de comprendre et de ressentir. Justement, parce qu'ils sont "normaux" et qu'ils sont forcément détachés de tout ce qui pourrait leur apporter de façon différente.

Et je les plains d'être "normaux" pour toutes les raisons que je viens de citer précédemment. Parce que le jour où ils seront inévitablement à cette réalité - vieillesse, maladie, handicap, vulnérabilité - quelle que soit la forme qu'elle prendra dans leur cas, les larmes et les souffrances qui sont les miennes ou celles de Vanessa, ne seront que la bagatelle comparées aux leurs...

Dominique Capo

31 juillet 2022

Les Cathares, pages 8-12/60 :

X1

Apparue dès le XIe siècle dans la péninsule italienne, l'hérésie dualiste se répandit grâce aux échanges intellectuels, nombreux entre Venise et le monde byzantin.

Le mouvement, inspiré par les bogomiles, rejetait la tutelle de l’Église et prêchait le retour à la pureté. Il recueillait très vite une large audience, surtout en Italie du Nord, à Milan, en Lombardie et jusqu'à Florence.

Les États pontificaux eux-mêmes n'échappèrent pas aux ravages de l'hérésie puisqu'on trouve des cathares à Viterbe, résidence de Giovanni De Bevevento, surnommé le « pape des hérétiques », près de Rome, au XIIe siècle. Dans les marches latines, le dualisme manichéen, en révolte contre le dogmatisme et la richesse matérielle des évêques romains, s'accompagnait d'un sentiment gibelin très prononcé, qui donnait raison à l'empereur contre le pape.

L'idée d'un Saint Empire romain germanique, réunissant les deux tronçons du Glaive (pouvoir temporel et pouvoir spirituel) et rétablissant la liberté religieuse, faisait partie du « grand dessein » gibelin – analogue à celui des templiers, qui voulaient établir une fédération européenne dirigée par un Imperator et un Conseil secret des grands ordres de chevalerie célestielle – soutenu par les cathares. Au Moyen-Age, l'Italie fut déchirée entre deux factions qui se partageaient la population, la noblesse, les villes et même les foyers. Face aux gibelins se dressaient les guelfes, ardents défenseurs du pape et de la primauté de l’Église sur toute autre autorité.

Comme la guerre des Deux-Roses en Angleterre, ce conflit opposaient deux fleurs et par conséquent deux symboles : la rose blanche des gibelins et le lis rouge des guelfes.

Ainsi Milan fut-il longtemps guelfe, et Florence du parti gibelin. Dans ce climat de violence, les cathares n'éprouvaient pas le besoin de se cacher, sûrs qu'ils étaient de trouver appui auprès de quelque cité ou seigneur. Il y eut même, dans les Dolomites et les Alpes Juliennes, des ermitages, sortes de lamaseries occidentales où se retiraient des communautés de Parfaits.

Au XIIIe siècle, les diacres cathares se comptaient par milliers et les croyants par plusieurs centaines de milliers. Des villes entières, comme Plaisance ou Crémone, passèrent à l'hérésie. A Florence, de puissantes familles se convertirent à la nouvelle croyance. Des séminaires destinés à la formation spirituelle des élus s'ouvrirent à Florence et à Poggibonsi en Toscane.

L'historien Léo rapporte ainsi à propos des progrès du catharisme en Italie : « Quand, en 1209, Othon IV vint à Rome pour se faire couronner, bien qu'Innocent III fut un maître vigilant, les ecclésiastiques qui accompagnaient l'empereur découvrirent à leur grand scandale des écoles où étaient professées ouvertement des doctrines manichéennes.

« A Ferrare, en 1210, Othon fut obligé d'ordonner aux magistrats de mettre au ban de la cité les cathares qui, résistant aux injonctions de l’évêque, refusaient de revenir à la foi de l’Église, ainsi que les personnages qui protégeaient publiquement les rebelles… Étienne de Bourbon rapporte qu'au dire d'un hérétique converti il n'y avait pas à Milan moins de dix-sept sectes hétérodoxes... ».

La répression pontificale fit à la mesure de l'ampleur de l'hérésie : elle commença sur une grande échelle en 1220, et Honorius III en chargea les dominicains, spécialistes en la matière. Le règne de ce pape ne fut que l'histoire d'un long combat contre l'hétérodoxie et le parti gibelin. Les légats du Saint-Siège et leurs enquêteurs rencontrèrent les pires difficultés auprès de nombreuses cités, qui voyaient d'un mauvais œil ces entorses aux libertés traditionnelles des communes.

La lutte fut chaude et ne fut pas exempte de combats armés, les nobles soutenant souvent les hérétiques. Finalement, le catholicisme fut le plus fort. Mais les cathares ne disparurent pas pour autant. Des châteaux furent mis à leur disposition par des familles aristocratiques (ainsi, celui de San Gaggio, construit tout exprès par les Baroni), et après les terribles poursuites dont ils furent victimes, ils fondèrent une organisation secrète unissant toutes les villes d'Italie – elle comprenait des visiteurs et des « filii majores » qui assuraient les liaisons indispensables – qui existait encore à la fin du XIVe siècle.

Cela est tellement vrai que le nouveau pontife Grégoire IX, pourtant âgé de quatre-vingt-huit ans, poursuivit la répression avec acharnement, jetant les bases de la future Inquisition, cette sinistre institution qui durera jusqu'au 19e siècle. Les enquêtes, les procès et les bûchers se multiplièrent. La révolte de l'esprit flamba pourtant jusqu'au 15e siècle, puisqu'en 1486 Alexandre VI Borgia, connu pour ses vices et ses crimes fit brûler vif le moine Savonarole, coupable de prêcher le retour à la pureté évangélique. LA Renaissance devait apporter aux hérétiques une éclatante revanche en faisant souffler sur Rome le vent de la Réforme.

Entre-temps, le catharisme, sous une forme très proche de l'hérésie italienne, s'était répandu jusqu'en Provence et dans le comté de Toulouse, et, plus loin encore, jusque sur le Rhin et sur la Tamise.
En pays d'Oc, on donna aux dualistes les nom d'albigeois par référence à la ville d'Albi, et le souvenir de la résistance qu'ils opposèrent à la croisade menée par Simon de Montfort en 1209 laissa de terribles traces, ou Minerve, Béziers, Carcassonne, Montségur (qui tomba enfin en 1244) sont autant de haltes sanglantes.

Sur le fond, le catharisme occitan diffère peu de la doctrine bogomile et du dualisme italien : il s'agit du même arbre dont chacun est un des rameaux et qui plonge ses racines dans la filiation solaire, laquelle, par l'intermédiaire du manichéisme et de la gnose, traverse les siècles parce qu'elle transcende le temps. Quant à la division traditionnelle en Parfaits, ou Consolés, d'une part, et Croyants d'autre part, elle est trop connue pour que nous insistions davantage.

Les Purs menaient une vie ascétique et prêchaient par l'exemple. Pratiquant la chasteté, nécessaire à la méditation, les Parfaits s'abstenaient de viande et de toute nourriture animale (beurre, lait, fromage), jugée impure. A l'instar de pythagoriciens et des esséniens, ils croyaient à la réincarnation, c'est-à-dire à la migration de l'âme dans un corps physique, avant la libération totale.
Surtout, ils possédaient une doctrine ésotérique à base cosmique, dont on parle peu puisqu'elle gène et qu'elle amène à se poser certaines questions concernant les templiers, le Graal et toute une mythologie que l'on veut ignorer.

Dans ce domaine, l'un des rares textes qui nous soient parvenus fait état d'un monde « hyper-cosmique » parallèle au notre, demeure d'un Dieu bon par opposition à cette Terre, dominée par le Démiurge. Cette croyance, issue d'une tradition très ancienne, était confirmée chez les cathares – croyons-nous – par un phénomène expérimental : au moment du réveil matinal, leur être intérieur restait quelques instants suspendu (pour s'exprimer en termes conventionnels) au-dessus de leur corps physique et du monde sensible, sans contact avec lui, dans une région où le Bien et le Mal s'affrontaient. Rel est du moins l'avis des ésotéristes. Cet état suscitait « bien des questions et des réflexions sur les forces profondes qui déchaînent le Bien et le Mal dans l'âme humaine.

Cette situation de l'âme dans un monde où les puissances du Bien et celles du Mal se combattaient leur posait un problème douloureux et difficile à résoudre. ».

A suivre, le 07/08/2022...

Dominique Capo

30 juillet 2022

Ma lecture du moment :

X1

Oui, j'en suis au quatrième tome, sur six, de l'épopée d'héroic-fantasy intitulée "Le Porteur de Mort". Ce quatrième volume se nomme "Poursuite" et aussi passionnant que les précédents. L'action se déplace et s'enrichit. Et si les trois premiers étaient édités chez "J'ai lu" et étaient en moyenne constitués de 750 pages permettant de développer son univers et ses personnages, celui-ci, et les deux derniers sont publiés "Plume Blanche" et contiennent près de 400 pages.

Attention cependant, les volumes édités par "Plume Blanche" sont de facture plus large. De fait, ces 400 pages, en poche, se transforment aisément en 700 pages vis-à-vis d'un format équivalent aux "J'ai lu" habituels. En tout cas, l'histoire, l'intrigue, les péripéties, ou les personnages qui déambulent entre leurs pages sont toujours aussi passionnants. Je ne m'en lasse pas...

Dominique Capo

Posté par dominique913 à 12:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,