08 novembre 2009
Modifications du 08/11/2009
Aujourd’hui, afin de poursuivre l’inventaire des figurines des collections diverses et variées que j’ai reçues ces derniers jours, je m’arrête un instant sur deux figurines concernant une collection a laquelle je ne m’étais plus intéressée depuis quelques temps. En effet, comme le montre la photo ci-jointe, il s’agit de la série « Remember the Alamo » dont très peu de figurines ont été éditées depuis longtemps ; cinq, en fait. J’en ai déjà reçue une le mois dernier de mon ami Bill de Miami. Et, dans le colis de ce mois-ci que ce dernier m’a envoyé et que j’ai reçu il y a peu de temps, il y en avait deux autres. Sur la photo, il s’agit de l’une des figurines allongée, tout a gauche de la rangée de défenseurs d’Alamo, et la seconde est l’un des deux soldats mexicains, mourants, non loin de la. Pour les deux dernières figurines de cette série, je vais les recevoir au cours du mois qui vient, et j’aurai l’occasion d’en reparler plus longuement d’ici la.
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1626 - 1628
En Avril 1914, le Linguiste et Archéologue Italien Luigi Pio Tessitori est invité à Bombay par G.A. Grierson. En effet, G.A. Grierson sait que Luigi Pio Tessitori est né à Udine en 1883, mais, surtout, qu’il a soutenu une thèse de Lettres en Philosophie en 1910. Il est informé qu’il est ensuite devenu un Spécialiste des Langues Mortes Extrême-Orientales. Et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a invité l’éminent Savant à le rejoindre en Inde.
G.A Grierson donne donc très vite l’occasion à Lui Pio Tessitori de se pencher sur d’innombrables Manuscrits Sanskrits qui semblent avoir été rédigés au Moyen-Age, et dont il est entré en possession l’année précédente. Dès lors, Lui Pio Tessitori commence par compiler les Textes. Puis, il se met à déchiffrer des centaines d’épigraphes lui rappelant ceux qui sont sculptés sur les murs d’une multitude de Temples Hindous. Il effectue peu à peu plusieurs découvertes de première importance. Et, finalement, il parvient à en comprendre le sens, et à écrire dans son journal de bord :
« D’un seul coup, je remontais d’au moins quatre milles ans en arrière. J’apprenais avec surprise que dès le début du IIIème millénaire avant J.C., les Populations installées au Pendjab et dans le Sind, vivaient dans des centres urbains bien organisés. Je saisissais qu’ils étaient en possession de technologies remarquablement évoluées. Je me demandais de quelle manière leurs villes étaient apparemment surgies du Néant du jour au lendemain. Je cherchais à pénétrer leur Mystère, puisqu’elles n’avaient pas été réalisées progressivement par les membres d’une Civilisation Antérieure. Je m’interrogeais d’autant plus à leur sujet que j’apprenais bientôt qu’une agglomération semblable à elles, appelée Mohenjo-Daro, venait d’être mise à jour intacte à quelques centaines de kilomètre de là, par un de mes Confrères. Et j’essayais d’interpréter les Manuscrits que j’avais entre les mains de toutes les façons possibles et imaginables car ce que m’avait confirmé mon ami s’avérait incroyable : aux niveaux les plus anciens des vestiges de la métropole qu’il avait déterrée, cette dernière lui avait paru très évoluée. Mais, il avait également été frappé par le fait qu’elle avait été soudainement abandonnée par ses habitants.
J’échafaudais de fait une hypothèse hallucinante : ces Cités auraient été fondées par un Peuple étranger à la région. Pour étayer ma supposition, je me référais alors aux trouvailles Sumériennes et Elamites effectuées deux mois plus tôt par l’éminent Archéologue J. Deeds, et qui montraient certaines affinités avec elles. Je soulignais leurs caractéristiques les différenciant des agglomérations qui prospéraient à l’Ouest de la péninsule. Et je suggérais le fait que des tribus Sumériennes avaient pu, à un moment ou à un autre, quitté la mésopotamie et l’Iran, avaient émigré jusqu’en Inde, et s’étaient installées aux abords de la vallée du Gange.
J’étais donc à peu près certain que cette nouvelle forme de Société ne s’était plus développée que localement durant les cinq siècles qui avaient suivi. Puis, grâce à l’apparition de Cultures Périphériques – telles que celles de Mehrgarh, de Kot Diji, de Kulli, ou d’Amri -, elle avait réussi à Evoluer Economiquement. Elle avait pu rester Indépendante en aidant le Pakistan à se détacher de l’Influence Perse, et en faisant de ce territoire une sorte de no man’s land. Et, finalement, peu à peu, elle était parvenue à se transformer en passerelle Culturelle entre l’Asie Centrale et l’Asie Occidentale. ».
Et plus loin : « En relisant quelques uns des Manuscrits que m’avait procuré G.A. Grierson, je fus un jour surpris de constater qu’une demi-douzaine d’entre eux évoquaient l’existence de Dolmens, de Menhirs, et de Cromlechs ressemblant à ceux qui existaient dans le Morbihan ou en Grande-Bretagne. Je me renseignais alors à leur sujet. Je découvrais bientôt que des Mégalithes étaient éparpillés un peu partout dans le Sud de l’Inde ; de Madras à Kerala. J’apprenais qu’ils avaient l’apparence d’énormes champignons, et qu’ils étaient autrefois considérés comme des Monuments Funéraires Sacrés. J’étais instruit du fait que des Sarcophages en terre cuite sculptés pour avoir l’aspect d’animaux à quatre pattes, avaient étaient enfouis sous eux. Et, plus surprenant encore, j’étais finalement informé que, non loin de Stonehenge, en Angleterre, un Chercheur avait mis au jour au milieu du XIXème siècle, quatre ou cinq Mégalithes du même genre.
C’est pourquoi je me demandais très vite s’il était possible qu’après les Sumériens, les Hindous avaient pu entrer en contact avec d’autres Civilisations plus éloignées ? Je réfléchissais et tentais de comprendre de quelle manière certains d’entre eux auraient pu traverser l’Asie. Je me disais que ces derniers étaient peut-être passés à pieds par le Détroit de Béring, puis, avaient rencontré des Populations Amérindiennes déjà fixées depuis longtemps dans le Nouveau Monde. Je commençais à supposer que c’étaient peut-être eux qui avaient transmis les techniques de Construction de la grande Pyramide aux Anciens Egyptiens. Je regardais l’Edifice bâti par ces derniers, et songeais qu’il était peut-être Orienté de façon à diriger ses deux angles opposés dans deux directions diamétralement opposées : le premier traversant l’Angleterre de part en part, et le second, pénétrant jusque dans le Sud de l’Inde. J’allais jusqu'à comparer le nom du site où la grande Pyramide avait été élevée, « Karnak », avec celui de « Carnac en Bretagne, ou à d’autres apparaissant à proximité du Gange et du lac Tchad. Et, finalement, je me mettais à délirer en imaginant que ces Hindous avaient été les descendants des Atlantes qui avaient fui l’engloutissement de leur Continent au moment où celui-ci avait disparu sous les flots. ».
07 novembre 2009
Modifications du 07/11/2009
Aujourd’hui, après plusieurs jours de stress intense ayant de nombreuses et différentes causes, et qui ont failli me faire craquer nerveusement, le calme est enfin, et heureusement, revenu. Et parallèlement, malgré cette période enfiévrée, j’ai reçu un certain nombre de colis que j’attendais avec impatience depuis quelques temps ; et je vais prendre de les décrire a partir d’aujourd’hui, et dans les jours qui viennent. De fait, comme le montre l’image ci-contre, la première figurine que j’ai réceptionnée est l’une de celles que m’a envoyé mon ami Bill de Miami, et concernant ma commande auprès de lui pour le mois d’Octobre. Il s’agit du dernier cavalier de la série « cavaliers prussiens » bien que cette dernière soit rattachée en fait a l’ancienne série éditée par King and country il y a au moins trois ans, et intitulée « Scots Grey ». Cette figurine de cavalier vient donc terminer cette série, dont les autres pièces jne sont pratiquement plus éditées.
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1625 - 1626
En 1908, un Archéologue Anglais du nom de G. Handerson parcourt l’Etat Hindou de Mysore de long en large. Un jour, il se met à explorer les alentours d’un village de la région appelé Aihole. Il met au jour les vestiges de onze Temples Antiques. Il réalise progressivement que ceux-ci ont été destinés à honorer le dieu Durga. Et, il comprend que des « Sikhara » - ou, « Tours quadrangulaires vouées au culte d’Arbhagriha » - ont plus tard été accolés à plusieurs d’entre eux.
Egalement en 1908 A Daniels entreprend des fouilles à quelques kilomètres de la petite Cité de Bhubaneswar. Il y découvre très vite, éparpillés sur une dizaine d’hectares, les vestiges de nombreux édifices anciens. Il y excave une multitude de très belles statues. Il y déterre une centaine de parois en torchis ornées de fresques informes. En étudiant le positionnement de celles-ci, il évalue à près de 1200, le nombre de Temples qui y ont été disséminés. Il calcule que ces derniers ont dû être érigés vers l’an 1000 de notre Ere. Et, il se rend compte qu’ils ont été intégrés à l’intérieur d’une Aire Religieuse régulièrement fréquentée.
Dans son journal de voyage, il marque donc : « Tout près de trois représentations évoquant Vishnu, se trouvent les débris d’un Sanctuaire consacré à Rajarani. Une dizaine de marches dominant la plaine environnante, y conduisent. Puis, apparaît un de ses pans de mur à moitié effondré. Des bas reliefs désignant le char du dieu-Soleil s’y distingue. Vingt quatre Symboles ressemblant à des Roues s’y discernent. Un peu plus loin de là, surgit une façade dont les effigies désignent des chevaux lancés au galop. A coté d’elle, se révèle un escalier qui même au « Garbha Griha ». Et, c’est d’ailleurs ses sculptures qui dévoilent Surya parcourant la voûte Céleste. ».
En 1909, un Archéologue Britannique du nom de J. Baxter se trouve sur le site de Taxila. Et c’est après avoir minutieusement étudié celui-ci, qu’il marque :
« A de rares exceptions près, les édifices qui ont été érigés à Taxila, sont entourés d’un conglomérat de murs mal alignés et mal construits. Quant aux bâtiments eux mêmes, ils sont constitués de débris de roches. Et ils ressemblent plus aux baraques d’un faubourg misérable, qu’aux somptueuses résidences d’une Capitale. D’ailleurs, leur développement primitif est, par de nombreux aspects, semblable à celui de Peshawar. ».
En 1912, plusieurs Chercheurs envoyés dans la vallée du Gange par l’Archeological Suvey, se mettent à fouiller les alentours de l’antique Cité de Paliputra. Au bout de quelques semaines, ils parviennent à y dégager les vestiges d’un immense édifice. Ils y remarquent que celui-ci comprend, entre autres, une vaste salle hypostyle. Ils réalisent que cette dernière est ornée de 80 Colonnes soigneusement polies. Et, surtout, ils constatent que les Piliers qui y apparaissent semblent y avoir été érigés il y a plus de 4000 ans.
Puis, entourant la salle hypostyle, ils discernent les restes de nombreuses fortifications. Ils parviennent à déterrer un passage menant au-dessous d’elles. Ils explorent leurs souterrains, y repèrent des dizaines de chambres mortuaires à l’intérieur desquelles sont rangées des statuettes de terre cuite possédant des coiffures extravagantes. Et, c’est en examinant une de leurs galeries que l’un des Archéologues marque :
« Nous savons, grâce à des Récits datant du IVème millénaire avant notre Ere, que Paliputra fut entièrement rasée, au moins une demi-douzaine de fois. Nous devons également remercier notre confrère James Prinsep, qui réussit à déchiffrer un Alphabet Indien inconnu de nous jusqu’alors, qui paraît s’être répandu dans la péninsule longtemps après la chute de l’Empire Achéménide. D’origine Araméenne, c’est donc lui qui nous permit de comprendre les événements qui se déroulèrent ici entre le 1er siècle avant J.C. et le 1er siècle de notre Ere. ».
A la fin de l’année 1912, les Savants envoyés en Inde par l’Archeological Suvey s’installent à une dizaine de kilomètres de Rajagriha. Ils y inspectent les ruines d’un monastère dédié à Jivakamravana. Ils y constatent que celui-ci a sûrement été érigé au VIIème siècle avant J.C. ; c’est à dire, à l’apogée de la dynastie Maurya. A proximité de ses restes, et non loin d’une caverne portant le nom de « Sudama », ils exhument les vestiges du Temple de « Lomasa Risi ». Ils dégagent plusieurs des pans de murs de celui-ci éboulés. Ils pénètrent à l’intérieur de quelques unes de ses cryptes. Ils s’aperçoivent que les structures de ces dernières sont plus complexes qu’il n’y paraît. Ils réussissent à s’avancer jusque dans une de leurs petites pièces hémisphériques. Et, là, par l’intermédiaire d’inscriptions destinées à honorer Asoka, ils se rendent compte que s’y sont déroulé de nombreux Rituels Sacrificiels.
Egalement à la fin de l’année 1912, un Chercheur Hindou nommé Radhakrishna, s’intéresse aux ruines qui se distinguent un peu partout sur le site de Mat. Pendant plusieurs semaines, il y effectue un certain nombre d’investigations. Il y découvre les vestiges d’un ancien Sanctuaire consacré aux Kusana. Et, parmi elles, il exhume des Sphinx de pierre étrangement orientés vers l’Ouest.
En 1913, ouvrant la voie à une industrie prospère, D.G. Phalke réalise « le Roi Harishchandra », premier film de fiction du cinéma Indien. Il s’agit d’un récit Mythologique : les réalisateurs en effet se lancent alors dans l’adaptation de thèmes traditionnels de l’hindouisme.
En 1913 également, faute d’usines dans les villes, et donc d’emplois, l’Inde ne connaît pas d’exode rural. La population des campagnes augmente mais reste sur place. Les paysans Indiens, qui représentent plus de 70 % des actifs, manquent donc cruellement de terres. Contraints à l’endettement, exploités et maltraités par les grands propriétaires, ils sont les premières victimes des grandes famines de cette époque.
Peu à peu cependant, quelques progrès améliorent leur sort. D’importants travaux d’irrigation sont entrepris et l’on ouvre des instituts de recherche agricole. Mais ces avancées ne concernent que les cultures à rendement industriel, le coton et le sucre. L’Inde est, à ce moment là, encore loin de l’autosuffisance alimentaire.
05 novembre 2009
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1623 - 1625
Inde, première moitié du XXème siècle :
En 1901, en dehors des provinces directement administrées par les Britanniques, l’Inde comprend plus de 600 Etats princiers indépendants, mais soumis à l’autorité de la couronne. Si l’Etat d’Hyderabad est dirigé par un prince musulman, les autres principautés sont gouvernées par des maharajas, c’est à dire des princes hindous.
Pourtant, ces derniers sont mal vus des populations, qui n’apprécient pas le luxe outrancier dont ils s’entourent et le peu de cas qu’ils font des principes démocratiques. Les maharajas et leur mode de vie deviennent ainsi le symbole de l’ancien régime : ils sont entourés de leurs familles et de leurs nuées de serviteurs ; ils prennent plaisir à se faire photographier sous des ombrelles ou juchés sur des éléphants caparaçonnés de velours. Le jour de leurs noces, les jeunes épousées disparaissent sous l’or et les perles, les milliers de convives sont accueillis par des pluies de pétales de roses.
En 1902, le mouvement nationaliste Indien est un parti organisé : le Congrès National Indien. Soutenu par l’élite Indienne et par quelques personnalités britanniques, le Congrès cherche d’abord à modifier la place de l’Inde et des Indiens au sein de l’Empire, bien avant de réclamer l’indépendance proprement dite. Certaines de ses revendications concernent le peuple – réduction de la taxe sur le sel, développement de l’enseignement -, mais ses préoccupations reflètent plutôt celles de l’élite du pays. Les membres du Congrès militent ainsi pour une « indianisation » de la haute administration coloniale. Comme les concours de recrutement se déroulent à Londres, ils ne sont ouverts qu’aux Indiens les plus fortunés, ayant pu étudier en Angleterre. Si ces Indiens aisés veulent avoir accès à tous les postes de responsabilité militaires et administratifs offert par la métropole, ils n’envisagent pas encore de rompre avec l’Empire.
Le Congrès est particulièrement attentif au respect dû aux traditions de l’hindouisme et il s’insurge contre les attaques systématiques dont celles-ci sont l’objet de la part des Britanniques. C’est sans doute à juste titre que ces derniers ont supprimé la pratique du « sati », c’est à dire le sacrifice des veuves sur le bûcher de leurs époux décédés, mais il s’agit, selon les nationalistes, d’une tradition ancienne en voie de régression qui ne justifie pas de considérer la civilisation occidentale comme supérieure. Or, le colonisateur n’hésite pas à pratiquer la ségrégation : certains wagons de chemin de fer, restaurants et clubs sont en effet interdits, ainsi que le signalent des pancartes, « aux chiens et aux Indiens ».
Ces humiliations entraînent bientôt des réactions extrêmes au sein du Congrès : une petite minorité opte avec Tilak, pour l’action violente contre les Britanniques. Dans sa majorité, le mouvement nationaliste reste cependant modéré et garde ainsi le soutien des milieux d’affaires pour qui l’essentiel est de supprimer les monopoles commerciaux anglais.
Les intérêts de tous les mécontents indiens sont donc encore contradictoires. Pourtant, en 1904, lord Curzon, vice-roi des Indes, commet l’erreur de partager, pour des raisons administratives, l’immense territoire du Bengale. Les Bengalis pensent qu’il veut ainsi diviser pour mieux régner, tout en les punissant de leur nationalisme trop virulent. Ils lui reprochent également de favoriser les musulmans en leur accordant un territoire propre. Le résultat est catastrophique pour la grande-Bretagne : les actes de terrorisme se multiplient, l’opposition se rassemble, les produits étrangers sont boycottés, les marchandises anglaises brûlées.
Alors, la couronne recule et met fin à la partition. Entre-temps, pour calmer le jeu, elle accorde aux élites indiennes une partie de ce qu’elles réclament : l’accès à la haute administration coloniale et la participation aux gouvernements provinciaux.
En 1903, l’Archéologue J. Marshall est mandaté par le Gouvernement Britannique, pour effectuer un certain nombre de fouilles dans la région de Gandhara. Il se met donc à commencer des investigations non loin du village de Chasardda. Il se rend bientôt compte que deux de ses sites Funéraires semblent être les réceptacles d’une très ancienne Tradition Religieuse nommée « Shah ji ki Dheri ». Et, peu après leur exploration, il marque dans son journal :
« Une Culture aussi profondément marquée par le Sacré, comme l’est la culture Ghandarienne, est forcément fortement imprégnée de Valeurs Spirituelles. ». Et plus loin : « Je crois me souvenir qu’en 1896, un groupe d’Explorateurs Européens a recueilli au Tibet d’étranges informations. Dès lors, celui-ci s’est rendu dans un lieu appelé « Khara Kota ». Arrivé sur place, il s’est mis a creusé avec acharnement. Il a réussi à traverser une couche de roches, de graviers, et de sable, de plus de 15 mètres. Il a exhumé les ruines d’une très ancienne Cité. Parmi elles, il mis a jour d’innombrables Reliques. Il a déterré des Tablettes d’argile. Il est parvenu à traduire certains de leurs Textes. Et, il a pu y lire :
« Lorsque le Grand Déluge s’abattit sur le Monde, il anéantit notre Capitale, noya tous les Citadins, et engloutit la plus importante Bibliothèque de la ville ; celle qui avait été construite par nos Ancêtres arrivés de la mère Patrie avec d’innombrables Ouvrages Extraordinaires.
Puis, après que les Eaux du Grand Déluge se furent retirées, des groupes d’Hommes issus des Plaines de l’Ouest, se rendirent dans les ruines de notre Métropole. Ils y découvrirent des centaines de Tablettes écrites. Ils les transportèrent jusque chez eux. Ils les enfouirent au cœur de ce qu’ils nommaient, leur « Temple de l’Occident ». Longtemps après, ils reçurent parmi eux des descendants de notre Peuple qui avaient survécu au Cataclysme. Ils offrirent à ces derniers les Livres qu’ils avaient sortis de terre. Et, ils les aidèrent à convoyer ces Manuscrits jusqu’au Sanctuaire au cœur duquel ils reposent aujourd’hui. ».
Fin 1904, Alister Crowley, Rose et Solemen Ben Aiffa se rendent en Chine. Ils vont ensuite en Inde, où Alister Crowley étudie le Yoga. Ils remontent vers le Nord du sous-continent, visitent Madone et son temple Secret. Là, Alister Crowley reçoit les ultimes Initiations concernant les Mystères Tantriques. Le trio passe bientôt par Ceylan, puis par la birmanie. Ils y expérimentent des drogues psychédéliques et cherchent à se procurer la substance qui aide l’Ame à se libérer de ses gaines charnelles. Alister Crowley espère ainsi explorer par l’Esprit les Mondes situés au-delà de cette Réalité.
Mais, de fait, lorsqu’ils se trouvent à Ceylan, Alister Crowley y croise son ami Allan Bennet ; il en profite pour échanger avec lui un certain nombre d’Informations Occultes sur ce que chacun a découvert dans ces contrées. Le trio renvient ensuite en Inde du Nord où, en collaboration avec son fidèle Eckenstein, Alister Crowley organise une expédition ayant pour but le « Chigo Ri » ; il s’agit de l’un des pics de l’Himalaya haut de plus de 8000 mètres. Mais, la campagne mal préparée, se solde aussitôt par un demi-échec.
Parallèlement, pendant toute cette période, Aiffa harcèle les deux époux de menaces obscures. Et, finalement, en Juin 1907, Rose meurt au pied du Toit du Monde d’une crise de delirium tremens.
En 1907 également, la firme indienne Tata se lance dans la sidérurgie et se consacre à la production d’électricité. Les industries du coton se multiplient ; le sucre, le papier et le jute deviennent l’apanage de la société Birla.
04 novembre 2009
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1620 - 1623
Le 22 Juin 1941, 153 divisions allemandes, dont 17 blindées, pénètrent en Union Soviétique, bousculent ses défenses, et déferlent vers l’Est sur une ligne de front allant de la mer Baltique à la mer Noire.
En dépit des avertissements britanniques, Staline est surpris par l’attaque. Mal préparée au conflit, désorganisé, privée de ses meilleurs cadres depuis les purges de 1936-1937, l’armée russe est balayée. Le 3 Juillet, Staline rompt le silence et, dans un discours destiné à réveiller le patriotisme, appelle à la guerre totale contre l’envahisseur : « L’ennemi ne doit pas trouver une seule locomotive, pas un seul wagon, pas une livre de pain ni un verre de pétrole. ». Au nom de cette politique de terre brûlée, les Soviétiques dynamitent, le 20 Août, un des fleurons de leur technologie : le grand barrage de Zaporojie, sur le Dniepr.
Le 22 Août, alors que la « Wehrmacht » approche de Leningrad, le maréchal Vorochilov proclame : « Hitler ne mettra jamais les pieds dans notre magnifique cité. Leningrad n’a jamais et ne sera jamais livrée à l’ennemi. ». Le siège débute de 8 Septembre. La ville est presque entièrement encerclée. Un minimum de ravitaillement arrive par le lac Ladoga, par bateau l’été, par camion ou traîneau l’hiver, sur ses eaux gelées, au prix de nombreux accidents. Les souffrances de la population sont terribles. Pendant un seul mois, 100 000 personnes meurent de faim et de froid. Des scènes de cannibalisme ont lieu.
Les atrocités allemandes provoquent la colère des populations conquises : les premiers groupes de partisans perturbent les communications et le ravitaillement, créant un sentiment d’insécurité sur les arrières ennemis. Le climat reste le meilleur atout des Soviétiques ; les pluies d’automne transforment les pistes en fondrières impraticables aux camions comme aux blindés et le mauvais temps interdit à la « Luftwaffe » d’agir. Il neige à partir du 15 Octobre, plus tôt que prévu. Dans la nuit du 6 au 7 Novembre, le thermomètre chute à –30 °C : le froid raffermit le sol, mais les radiateurs des véhicules éclatent, faute d’antigel ; huiles et carburants figés paralysent le fonctionnement de l’armement. Plus grave, l’armée allemande combat encore avec ses tenues d’été ; l’évacuation de nombreux combattants, victimes du grand froid ou de la gangrène, réduit de moitié les effectifs engagés. Le « général Hiver » est le meilleur allié de la résistance russe.
Une avant garde de la « Wehrmacht » atteint la banlieue Sud-ouest de Moscou dans un ultime effort, le 1er Décembre. Le 6, une contre attaque de Joukov desserre l’étreinte et contraint l’ennemi à la retraite. Inquiet, celui-ci découvre que l’Union Soviétique a une réserve presque inépuisable d’hommes et qu’elle met en ligne des matériels nouveaux d’une qualité supérieure aux siens : le char polyvalent T 34 surclasse les panzers tandis que le Yakovlev Yak 3 et l’Illouchine II-2 Sturmovik affrontent sans mal les meilleurs appareils de la « Luftwaffe ». Mécontent, le Führer dirige lui même les opérations militaires à partir du 19 Décembre 1941.
Début 1942, Anglais et Soviétiques se rapprochent pour conclure une alliance contre l’Allemagne. Pourtant, les deux nations restent sur leurs réserves. Staline se méfie de ses nouveaux alliés, et ceux-ci jugent les prétentions soviétiques – la restauration de l’influence russe dans les pays Baltes et la bessarabie et l’obtention du tracé de la frontière polonaise sur la ligne Curzon – incompatibles avec les buts de guerre arrêtés par la charte de l’Atlantique.
Au cours de l’automne 1942, le front de l’Est se stabilise autour de Leningrad. Pourtant, le Caucase est menacé. L’objectif de la « Wehrmacht » est simple : se fixer sur la volga pour couper les Russes de l’indispensable pétrole caucasien et préparer une attaque de revers sur Moscou.
Or, la 6ème armée allemande, sous les ordres du général Paulus, atteint Stalingrad à la mi-septembre 1942. Une terrible bataille s’engage, avec un égal acharnement dans les deux camps, malgré des pertes importantes. Jusqu’à la fin Novembre, on se bat à la grenade, à la baïonnette pour s’emparer d’une rue, d’une maison. La gare centrale change de mains quatre fois en trois jours. Les projectiles incendiaires font des ravages, car la ville est surtout construite en bois.
Joukov commande les soviétiques depuis le mois de Septembre : ils se révèlent les plus habiles dans ces combats de rue. Le 20 Novembre, leurs canons donnent le signal de la contre offensive. L’Armée rouge mène dès lors une double attaque en tenaille, au Nord et au Sud de la volga. Joukov engage dans la bataille des forces impressionnantes : 900 chars T4, 13 500 canons lourds et 1100 avions. Le succès est foudroyant. Le 26 Novembre, l’étau se resserre sur les soldats allemands, auxquels Hitler a interdit de se replier vers l’Ouest. La « Wehrmacht » résiste alors deux mois dans les ruines de la ville. Ses hommes y sont décimés par la faim, le froid et le typhus. Paulus capitule le 31 Janvier 1943 et laisse sur le champ de bataille plus de 300 000 soldats, tués, blessés ou prisonniers.
La victoire de Joukov marque le tournant militaire de la guerre. La « Wehrmacht » a subi un échec cuisant. Près du quart de ses forces du front de l’Est a disparu ; un million et demi de soldats sont morts, blessés, portés disparus ou prisonniers. Le matériel qu’elle a perdu aurait suffi à équiper 80 divisions. Quant à la « Luftwaffe », elle compte 1775 appareils de moins. Mais, surtout, c’est la première défaite allemande. Elle ébranle le mythe de l’invincibilité des armées nazies. Et le Reich a été vaincu par ceux-là même qu’il considère comme des sous hommes. L’Allemagne prend le deuil pour quatre jours : le régime ne peut masquer l’ampleur du désastre.
Pour l’Armée rouge, Stalingrad sonne l’heure de la reconquête. Celle-ci marche sur le Dniepr, libère Kharkov et Smolensk. Fleuve après fleuve, par de puissants mouvements d’enveloppement, elle reprend la crimée, l’Ukraine et la biélorussie. Kiev tombe. Et enfin, le 19 Janvier 1944, l’Armée rouge entre dans Leningrad. Début 1944, les Allemands sont repoussés sur les positions qu’ils occupaient trois ans plus tôt, en 1941.
Fin 1944, la situation militaire a considérablement évolué. Désormais, les Alliés ont tous le pied en Europe et se soupçonnent les uns les autres de vouloir utiliser leur domination militaire à des fins politiques et économiques. Churchill s’inquiète surtout de la progression soviétique dans les Balkans, en particulier en Grèce. Bien plus averti que les Américains de la nature du régime communiste, il se rend à Moscou En Octobre et improvise avec Staline un accord très vague qui délimite les zones d’influence britannique et soviétique dans cette région.
A la veille de la conférence de Yalta, le rapport de forces est nettement favorable à Staline : ses troupes ne sont plus qu’à 70 kilomètres de Berlin, alors que ses alliés occidentaux sont en deçà du Rhin. De plus, les opérations du Pacifique grèvent l’effort de guerre américain et Roosevelt cherche à attirer les Soviétiques sur ce front.
En dépit de ces tensions, l’atmosphère est cordiale ; Staline accueille Roosevelt et Churchill à Yalta, station balnéaire de Crimée, du 4 au 11 Février 1945. « L’esprit de Yalta » permet l’adoption de décisions capitales : le statut de la future Organisation des Nations Unies est précisé, le principe du droit de veto des grandes puissances, adopté ; Staline obtient même trois sièges pour la russie, l’Ukraine et la biélorussie. Le dictateur géorgien promet de s’engager contre le Japon trois mois après la capitulation allemande. Le démembrement du Reich est acquis et l’avenir de la pologne établi : Staline obtient une modification des frontières au profit de l’U.R.S.S. et accepte d’élargir le « comité de Lublin » à des personnalités non communistes.
« Partage du Monde » ? Victoire unilatérale de Staline sur un Roosevelt naïf et affaibli par la maladie ? Peut-être. A Yalta, le Premier Ministre britannique fait figure de parent pauvre et regrette l’absence du Général de Gaulle. La modération de Staline n’est en effet qu’apparente ; elle charme néanmoins Roosevelt. Confiant, le président américain accorde plus de sincérité qu’il ne le devrait à ce froid réaliste en échange d’une « Déclaration sur l’Europe libérée ». : Celle-ci prévoit des élections libres dans tous les pays du Vieux Continent.
Yalta est malgré tout une tentative pragmatique de développer la coopération entre les vainqueurs et d’organiser une Europe nouvelle, déjà dessinée par la répartition des troupes victorieuses. La france est absente, mais elle se voit attribuer une zone d’occupation en Allemagne et le statut de membre permanent du futur Conseil de sécurité de l’O.N.U. Les avantages glanés par Staline ne sont pas sans contrepartie. Ils sont aussi la reconnaissance de l’énorme fardeau supporté par le peuple soviétique depuis 1941.
Malgré cela, les relations entre les trois « Grands » se détériorent assez vite après Yalta ; dès le 27 Février, Staline viole la « Déclaration sur l’Europe libérée » en installant un gouvernement procommuniste en Roumanie. L’influence soviétique est de plus en plus sensible en Bulgarie, en Tchécoslovaquie et en Autriche ; les Soviétiques refusent l’accès de leurs arrières aux missions militaires Alliées chargées de s’occuper des prisonniers libérés, et empêchent le retour en Pologne du gouvernement légal de Londres. Or, si Yalta a entériné l’annexion des Etats baltes par l’U.R.S.S., le sort de l’Est polonais, revendiqué et occupé par les Soviétiques, n’est pas officiellement fixé. Truman, qui succède à Roosevelt, décédé le 12 Avril, est partisan de la fermeté vis à vis de Staline, dont il méconnaît toutes les capacités.
De plus, la situation stratégique a évoluée depuis Yalta : l’Allemagne a capitulé le 8 Mai ; le 16 Juillet, la veille de la conférence de Postdam, la première bombe atomique explose dans le désert du Nouveau Mexique, donnant aux Américains une maîtrise militaire sans égale. Enfin, Staline, confronté à l’ampleur des ruines de son pays, se retrouve cette fois quémandeur.
Le climat est déjà nettement moins cordial qu’à Yalta et les interlocuteurs ne sont plus les mêmes : Churchill, qui perd le pouvoir, est remplacé par le travailliste Attlee. Mais la volonté de négocier reste assez forte pour maintenir une certaine unité. Les discussions achoppent surtout sur les frontières de la pologne, le transfert des industries du Reich défunt au titre de réparations et le statut de l’Italie. Le compromis des l’Américain Byrnes est finalement adopté par les négociateurs : les Etats-Unis acceptent le tracé soviétique des frontières polonaises, mais leurs décisions prévalent pour les deux autres questions. En revanche, un point ne trouve pas de solution : les élections libres dans les territoires occupés par les Soviétiques.
03 novembre 2009
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1618 - 1620
A partir de 1929, donc, la société entière vit au rythme du plan, dont les objectifs très ambitieux – 21 % de croissance annuelle – sont présentés comme une manifestation de l’attachement de chacun au socialisme, qu’il s’agit d’édifier à la pelle, à la pioche, ou à la plume. Tous les Soviétiques sont requises, des ouvriers aux écrivains : les premiers bâtissent, les seconds glorifient les bâtisseurs et le fruit de leurs efforts. L’émulation est de règle avec l’apparition successive des brigades de « travailleurs de choc » - ou « oudarniks », du stakhanovisme et des « héros du travail ». Le plan est achevé avant terme ; les nouveaux complexes industriels de l’Oural et de l’Ukraine, l’augmentation spectaculaire de la production des matières premières attestent les résultats obtenus, que la propagande oppose au marasme des pays capitalistes en crise.
D’un autre coté, le plan quinquennal bouleverse Moscou. Désormais appelée à symboliser le monde nouveau issu de la société socialiste, la ville ne saurait prétendre à ce rôle sans subir de profondes modifications de prestige. Ses baraques de bois, ses rues sinueuses et son Kremlin médiéval lui donnent encore un aspect de « grand village ». Plusieurs projets grandioses occupent dès lors ingénieurs et architectes.
Le premier d’entre eux est le métropolitain, annoncé comme le défi le plus important de la décennie : par leur variété et leur décoration, les stations sont de véritables palais souterrains, que les Moscovites découvrent avec fierté. Non loin du Kremlin, au cœur de la cité, est édifié le « palais des Soviets », « palais du peuple tout entier » : architectes soviétiques et étrangers rivalisent d’imagination pour sa conception. Puis, les immeubles néoclassiques de la rue Gorki, se caractérisent par une architecture stalinienne, assez proche des réalisations occidentales du moment.
Les nombreux travaux attirent ainsi des milliers de paysans qui fuient la collectivisation, mais la ville souffre d’une pénurie chronique de logements et ne peut abriter cette foule anonyme des artisans de sa modernité.
Succès et modèle d’expansion pour l’industrie, le premier plan quinquennal sonne aussi le glas de la paysannerie individuelle. Malgré l’opposition de plusieurs membres du Comité central, comme Boukharine et Rykov, Staline décide, en Janvier 1930, de « liquider » les koulaks, paysans les plus aisés. Fustigés par la propagande, des centaines de milliers de koulaks, qui n’ont parfois pour toute richesse qu’une vache et quelques poules, sont arrêtées avec leurs familles, déportés ou massacrés. La création des kolkhoz et des sovkhoz, fermes coopératives et fermes d’Etat destinées à remplacer les 25 millions de petites exploitations, se heurte à une vive résistance paysanne. La collectivisation s’avère désastreuse pour l’élevage et très décevante pour les cultures de céréales. Les campagnes se vident ; la famine qui s’ensuit tue 6 millions de Russes dans les régions agricoles du Sud, en 1932-1933.
Quelques années suffisent donc pour que la société perde ses points de repères habituels. Les paysans, matés, sont désabusés ; les citadins sont embrigadés dans le corporatisme professionnel : si l’ouvrier bénéficie d’une garantie d’emploi et une protection sociale avancée, il n’a pas le droit de grève et ne peut changer de lieu de travail. Les salaires très faibles subissent une forte érosion monétaire, les prix restent élevés et le niveau de vie baisse.
La « consolidation du socialisme » est l’objet du deuxième plan quinquennal. Elle marque un certain retour aux valeurs bannies par la révolution bolchevique : nivellement des cultures nationales par l’épuration des élites, comme en Ukraine ; réhabilitation partielle du bien fondé de l’Empire des tsars, promotion de l’élitisme professionnel pour former les cadres nécessaires au pays ; large éventail des salaires. L’enseignement traditionnel et la littérature russe d’avant 1917 sont remis à l’honneur : Pouchkine, Gogol, Souvorov, Ivan le Terrible ou Pierre le Grand font désormais parti du panthéon soviétique. La constitution recourt aux idéaux nationalistes russes, proclame l’unité du peuple soviétique de Leningrad à Vladivostok et donne une existence constitutionnelle au Parti Communiste, principal rouage de l’Etat.
Conservateur, le régime stalinien pratique dès lors une « morale socialiste », qui exalte la famille, la stabilité conjugale, restreint le divorce et proscrit l’avortement. Après l’effort surhumain des années précédentes, une légère détente s’amorce dans la vie politique, avec la réintégration des opposants. Mais elle disparaît vite après l’assassinat de Kirov, proche de Staline, le 1er Décembre 1934.
Et ainsi, la terreur réapparaît lors des procès intentés à des industriels, qualifiés de « saboteurs », pratiques qui se généralisent année après année. De même, des Intellectuels tels que Issaak Babel – l’auteur de « Cavalerie Rouge » -, Boris Pilniak ou Ossip Mandelstam, sont visés. Et la liquidation des koulaks montre les visées réelles d’un pouvoir qui cherche à modeler la société par la force. Par ailleurs, une administration principale des camps où ils sont envoyés – ou « Goulag » est créée. Dans un premier temps limités aux abords de la mer Blanche, ces derniers se multiplient vite sur le territoire soviétique : on y purge alors de longues peines dans d’effroyables conditions, mortelles pour beaucoup.
La mort de Kirov fournit à Staline un prétexte pour se débarrasser de la quasi-totalité de la « vieille garde » bolchevique. Des milliers de suspects sont arrêtés par le NKVD – ex Guépéou. Fort de 300 000 hommes, celui-ci cumule les fonctions policières et judiciaires, juge à huis clos et sans appel ; il n’a de compte à rendre à personne. Au cours des grands procès de Moscou que dirige de 1936 à 1938 le procureur Vychinski, les anciens compagnons de Lénine, brisés par les pressions psychologiques et la détention, s’accusent docilement de crimes les plus extravagants. Ces procès reflètent les exécutions et les déportations massives qui frappent la société toute entière. Les excès touchent même ceux qui les ordonnent : ancien chef du NKVD, Iagoda est fusillé en 1938.
Les purges décapitent jusqu'à l’Armée Rouge : 90 % des généraux, 80 % des colonels sont fusillés. Chef militaire brillant, héros de la guerre civile, le maréchal Toukhatchevski est lui aussi accusé de trahison et passé par les armes. La répression s’abat enfin sur les militaires les moins gradés.
Or, parallèlement à cela, en 1937, les Soviétiques sont appelés à prendre part à la liesse qui doit accompagner les manifestations officielles du 20ème anniversaire de la révolution d’Octobre ; sont également fêtés le centenaire de la mort de Pouchkine et le 125ème anniversaire de la bataille de Moskowa. Parades, expositions, conférences, inaugurations de monuments, bals et défilés, animent la capitale et les grandes villes du pays durant des mois. Le goût stalinien du grandiose confère une apparente allégresse à une réalité plus sombre. Pour les jeunes soviétiques épargnés par les purges, l’année 1937 reste une des plus terribles du régime.
Le 18 Septembre 1939, arguant du danger que constitue l’invasion allemande en Pologne, l’U.R.S.S., honorant ainsi les clauses secrètes du pacte germano-soviétique, attaque à son tour sa voisine pour s’emparer des territoires situés en Biélorussie et en Ukraine, jusqu'à la ligne de Curzon. Attaqué sur deux fronts, la pologne succombe. Le 28 Septembre, un nouveau protocole entre les deux envahisseurs fait entrer la lituanie dans la sphère d’influence soviétique.
En Juin et Juillet 1940, Staline impose à la lituanie, puis à la lettonie et à l’Estonie, des traités d’assistance mutuelle. Des élections à liste unique amènent au pouvoir des Parlements prosoviétiques, qui réclament immédiatement l’intégration à l’U.R.S.S., comme républiques socialistes. Le 28 Juin, la bessarabie, roumaine depuis 1920, et la bukovine, sont à leur tour annexées. En moins d’un an donc, Staline réussit à augmenter de 23 millions d’habitants la population de l’Union, à renforcer son glacis défensif et à effacer les conséquences de la première Guerre Mondiale sur les frontières occidentales de l’U.R.S.S.
02 novembre 2009
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1616 - 1618
Début 1921, l’Armée rouge réprime l’insurrection des ouvriers et des marins de Kronchtadt. Au moment même où une partie du peuple russe est confrontée à ce « désenchantement », Lénine énonce la nouvelle politique de l’U.R.S.S. au Xème congrès du parti. Après sept années de conflits ininterrompus, après le « communisme de guerre », le pays est au bord de la ruine. Lénine reconnaît l’état d’épuisement de la société et propose de relever le niveau économique grâce à une « nouvelle politique économique », la « NEP », qui doit renoncer un temps au communisme.
De fait, Lénine présente la « NEP » comme un « recul tactique » destinée à renforcer la position de l’U.R.S.S. dans l’attente de la révolution mondiale. Cette nouvelle politique rompt en effet avec certains des principes les plus affirmés du communisme bolchevique. Si les moyens de production les plus importants restent entre les mains de l’Etat collectiviste, le commerce et la petite industrie privée sont désormais tolérés. Les réquisitions forcées de la production paysanne sont abandonnées au profit de la mise en place d’un impôt en nature. Beaucoup de communistes critiquent cette nouvelle orientation du régime, qui fait renaître dans le droit soviétique les disparités sociales.
Indiscutablement, la « NEP » permet au pays de se relever. En outre, cette pause économique et politique favorise une relative ouverture sur l’étranger. Les échanges économiques s’intensifient avec l’Allemagne, qui devient le partenaire privilégié des soviétiques. L’isolement diplomatique de l’U.R.S.S. est moins affirmé. Et en 1924, la france et la grande-Bretagne reconnaissent le gouvernement soviétique.
Dès lors, la société soviétique se stabilise et se développe ; le jeune Etat trouve enfin ses assises, mais c’est au prix d’une situation paradoxale. Alors qu’il a voulu supprimer les différences de classe, le régime bolchevique favorise l’essor des inégalités. Les nouveaux riches, baptisés « nepmen » parce qu’ils profitent de la libération des échanges, semblent narguer les ouvriers censés être à l’avant garde de la société. Tandis que la spéculation bat son plein et permet aux plus audacieux de s’enrichir contre les règles de la morale communiste, les prolétaires ne voient guère venir le fruit des conquêtes pour lesquelles la révolution à versé tant de sang.
Mais, plus que la naissance des « nepmen », c’est le développement du groupe social des fonctionnaires qui joue un rôle prépondérant. Anciens héros de l’Armée rouge, nouveaux citadins en quête d’assise sociale, fraîches recrues du parti et même anciens fonctionnaires du tsar ils jouissent d’un statut relativement privilégié. Comme ils doivent tout au parti, ils comptent parmi ses plus fidèles sujets. Mais c’est la puissance et la stabilité du nouvel Etat, et non son idéologie, qui leur valent cette promotion sociale : ils sont donc bientôt un facteur d’immobilisme et de conservatisme.
Malgré tout, la « NEP » a également un temps d’innovation et de mise en acte des utopies. Les clubs ouvriers se développent, offrant à leurs membres des cours d’instruction ; bientôt, 51 % de la population – hommes et femmes – sait lire et écrire. Un vaste réseau scolaire de « centres de liquidation de l’analphabétisme » est érigé. Un effort particulier est consacré aux régions reculées de l’Asie qui n’ont jamais connu de système éducatif. Les responsables de la création de ces infrastructures favorisent la fixation des langues locales et leur développement littéraire. Des bibliothèques, des centres de formation et d’activités artistiques se créent. Dans les usines, on débat du statut de la femme et des nouvelles libertés de l’individu. L’avènement du communisme a des partisans actifs qui créent des « communes », ces appartements collectifs où s’applique la règle du « chacun pour tous ». Aux yeux des communards, la disparition de la conscience de propriété constitue une aspiration fondamentale et déjà mise en action.
Or, symbole vivant de la révolution, autorité suprême et incontestée du parti et de l’Etat, mais malade, Lénine ne participe plus au gouvernement à partir de 1922. Son retrait favorise les intrigues et les spéculations sur sa succession. C’est alors que s’amorce, de son vivant, la lutte pour le pouvoir suprême. Trotski et Joseph Staline briguent la direction du parti et de l’Etat soviétique. Trotski a pour lui l’immense prestige que lui a conféré son rôle à la tète de l’Armée rouge. Ses talents de stratège, de politicien et de théoricien font de lui le membre le plus brillant du parti. Mais la prudence et la patience de Staline lui donnent déjà un réel pouvoir. Secrétaire général du parti, il domine l’appareil bureaucratique. Militant obscur, Staline est avant tout un organisateur de génie qui s’est hissé au sommet en se chargeant des tâches qui ont le plus rebutées ses camarades révolutionnaires. En montant les factions les unes contre les autres, avec son out immodéré pour les intrigues, cet homme, qualifié par Trotski de « plus éminente médiocrité de notre parti », s’empare bientôt du pouvoir.
Car, en Janvier 1924, Lénine meurt. Le pays prend le deuil, et Staline orchestre une véritable sanctification du héros disparu. En même temps, il s’affirme comme le premier disciple de Lénine. Fort de cet héritage, il dirige ses attaques contre Trotski, qui veut mettre fin à la « NEP » et reprendre la construction du socialisme : trois ans plus tard, ce dernier est expulsé. Ayant ainsi frappé à gauche, Staline reprend à son compte les thèses de Trotski et fustige ceux qui prônent la poursuite de la « NEP ». La droite est à son tour éliminée. Staline rallie alors la majorité du parti à son programme : industrialisation massive du pays et collectivisation accélérée des terres. C’est pour cette dernière opération que Staline inaugure l’ère des grandes purges : plusieurs millions de paysans, riches et pauvres, récalcitrants ou non, sont tués par les armes et par la famine.
De même, le décret d’expulsion d’un certain nombre d’intellectuels, signé par Staline, témoigne de ce climat. Les personnalités concernées sont, pour la plupart, des progressistes qui, à l’instar de Nicolas Berdiaev, ont combattu le régime tsariste et mis en avant leur sympathie au socialisme. Mais on compte aussi des intellectuels liés à la religion, comme le théologien Serge Boulgakov.
En 1929, l’U.R.S.S. organise des manifestations grandioses en l’honneur du cinquantième anniversaire de Staline, le « Petit Père des Peuples ». Le culte de la personnalité a commencé.
01 novembre 2009
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1615 - 1616
La création de l’Armée rouge par Trotski a permis d’envisager une riposte militaire, grâce au rétablissement de la discipline. Sur le plan politique, la mise en place de la dictature du prolétariat doit aller de pair, estiment désormais les bolcheviks, avec la poursuite des opposants : la police politique, la « Tcheka », succède à l’Okhrana tsariste et devient bientôt aussi tristement célèbre que la précédente. Ses effectifs sont vite augmentés à 31 000. Des tribunaux spéciaux sont également institués pour juger les opposants – S.R., mencheviks, libéraux, « ennemis de classe » divers – qui sont jetés en prison, sommairement jugés et exécutés. Le parti bolchevique devient parti unique, fait le plein d’adhérents pour prendre le contrôle de tous les leviers de la société : il compte alors 600 000 adhérents à cette date.
De fait, l’économie, désorganisée et ruinée passe entièrement sous la coupe de l’Etat : les grandes entreprises industrielles sont nationalisées, les banques, le commerce intérieur et extérieur subissent le même sort. Pour nourrir la population, des pouvoirs extraordinaires sont attribués au Commissariat du peuple au Ravitaillement. Seul producteur et distributeur de la richesse nationale, l’Etat conquiert un tel monopole par la terreur. En effet Lénine veut faire disparaître la monnaie, symbole capitaliste, au profit du troc - des céréales contre des produits industriels -. Il envoie donc des « comités de paysans pauvres » - ou « bedniaks » - réquisitionner les récoltes. Mais la paysannerie s’oppose à ces prélèvements forcés en dissimulant leurs grains, voire le bétail. Les surfaces cultivées diminuent. De plus, l’échange avec des produits industriels est un échec, car l’industrie russe désorganisée n’atteint pas 15 % de son niveau d’avant guerre.
Cette centralisation abusive pèse sur les populations. Le rationnement tient compte du principe de lutte des classes et privilégie les ouvriers aux dépens des bourgeois et des intellectuels, jugés oisifs. A son tour, la classe ouvrière déchante : les « samedis socialistes » - activité bénévole et en principe volontaire – et le travail pendant les jours fériés deviennent vite obligatoires. Le climat politique se durcit : le gouvernement bolchevique ne cache pas sa volonté de « répondre à la terreur blanche par la terreur rouge ».
Or, les mesures prises par les bolcheviks ne sont pas seulement motivées par le souci de sauver le régime. Il s’agit aussi de manifester la rupture avec l’ordre ancien. Le calendrier grégorien est adopté, les dettes et les emprunts – comme « l’emprunt russe » - sont rayés d’un trait de plume, la séparation de l’Eglise et de l’Etat est proclamée ; le code de la famille est promulgué. Il est préparé par Alexandra Kollontaï, première femme à devenir commissaire du peuple. Soucieuse de briser le cadre traditionnel de la famille et de libérer la femme, elle introduit le divorce par consentement mutuel, organise le partage de l’autorité parentale, abolit toute différence entre enfants naturels et légitimes. Si Lénine la soutient sur cette voie- car la femme libérée des obligations domestiques est disponible pour construire l’économie socialiste -, il est en revanche très hostile à la théorie de l’amour libre que prône Alexandra Kollontaï ; celle-ci finit donc par démissionner.
Certes, le prestige du chef bolchevique est renforcé, mais les difficultés s’accumulent : les récoltes tombent à 74 millions de tonnes en 1916 à 18 millions en 1920. Une terrible famine tue 5 millions de personnes. La misère est générale. Et la grande famine de la fin de l’année est à l’origine d’un vaste mouvement de solidarité, d’abord national, puis international.
En effet, le chef de l’Eglise Orthodoxe « oublie » bientôt ses griefs contre le gouvernement pour soutenir, aux cotés de Maxime Gorki, l’appel lancé à tous les « honnêtes gens » du monde entier. Faute de moyens, la commission gouvernementale qui coordonne l’aide aux zones sinistrées décide de s’adresser à la nation américaine. Celle-ci envoie alors des vivres et des médicaments en grand nombre. Puis, c’est au tour de la croix Rouge d’intervenir. Partout, en France en particulier, les campagnes de solidarité se multiplient.
Par ailleurs, en 1920 est fondée l’A.K.H.R.R. – ou « Association des peintres de la russie révolutionnaire » - ; très vite, elle définit ainsi la fonction sociale de l’artiste : « Reproduire d’une façon artistique et documentaire les grands moments de notre histoire dans leur dimension révolutionnaire à la place des abstractions fantaisistes qui discréditent notre révolution devant le prolétariat international. ».
De fait, engagé mais libre, radical et nouveau, l’art issu de la révolution manifeste une rupture et un défi aux règles classiques et normatives. Des metteurs en scène comme Meyerhold, des écrivains et des poètes comme Maïakovski, des peintres comme Chagall, promu commissaire aux Beaux-arts de Vitebsk, s’engagent corps et âme dans l’avènement du monde nouveau.
Les artistes décorent donc les tableaux de propagande et cherchent à représenter les aspirations que l’immense bouleversement a fait naître. Cette période marque donc la poursuite de ce mouvement de régénérescence et d’engagement.
Meyerhold et Foregger cherchent à faire participer les « arts mineurs » au théâtre, en promouvant sur la scène les techniques du cirque et du music-hall. Le cinéma, art neuf destiné à la multitude, fait son apparition avec les premiers films d’Eisenstein et de Dziga Vertov. La production littéraire reste diversifiée et critique. Les architectes et créateurs voient dans leur conception de l’urbanisme le caractère utopique du mouvement : projets de villes vertes, maquettes d’ensembles architecturaux ou de bâtiments – comme la spirale Tatline conçue pour la 3ème Internationale.
31 octobre 2009
Modifications du 31/10/2009
Aujourd’hui, pour une fois depuis longtemps, je m’arrête un instant sur un colis que j’ai reçu hier matin dans ma boite aux lettres, de la part d’un correspondant et ami qui habite actuellement en Guadeloupe ; mais dont j’ai fait la connaissance alors qu’il habitait encore Besançon dans le Doubs. Le Doubs ou ma famille possède une maison depuis plusieurs dizaines d’années, et qui fait partie de mes racines les plus profondes et les plus importantes a mes yeux. En tout cas, en ce qui concerne le colis d’hier, il s’agit d’une figurine de la collection des étains du prince évoquant le bivouac impérial a la veille de la bataille d’Austerlitz. C’est une scénette que j’essaie de reconstituer progressivement, lorsque
l’occasion s’en présente, puisqu’il n’y a plus de généraux qui m’intéressent d’acheter sur EBay, bien que je surveille attentivement ce site tous les jours. De fait, grâce a mes différents contacts et amis comme Hugues, je me concentre sur des scénettes annexes que, de toute façon, je voulais reconstituer a plus ou moins longue échéance. Et la figurine que j’ai reçu de sa part hier est celle qui court, avec un pli urgent sous le bras. J’essaierai donc de poursuivre cette scénette à l’ avenir, lorsque mes contacts m’en proposeront de nouveau pour des prix un peu moins cher qu’en magasin ; bien que ce soit la trentaine de généraux qui me manquent dans cette collection qui me préoccupe davantage. Mais comme j’ai un budget déjà assez conséquent en ce qui concerne les autres collections de figurines – King and country ou autres dont j’attends des figurines pour les jours et les semaines qui viennent -, les collections des étains du prince passent parfois au second plan.






































