Mes Univers

26 juillet 2017

Brèves Philosophiques, pages 144 à 146 ; Mardi 22 Mars 2016, cinquième partie :

X3Non seulement ça, mais avec la mondialisation et l’hyper-information due à l'apparition d'Internet, ce ressentiment a commencé à s'exporter en dehors des banlieues dites « chaudes ». Des jeunes en perte de repères, sans emploi, sans rêves, sans espoir, ont trouvé dans cette radicalisation religieuse quelque chose que ce qu'ils vivaient au quotidien ne leur apportait pas. Y compris au sein de milieux sociaux, au niveau d'éducation et de culture sans commune mesure avec cet univers. Et finalement, a été engendré une catégorie de djihadistes formés sur Internet, prêts à aller en Syrie pour y défendre leur vision de la « vraie foi ». Ainsi que de futurs kamikazes de cette région du monde en permanence en pleine ébullition, capables de se faire exploser à Paris, à Londres, à Madrid… ou à Bruxelles.

Parallèlement, comme je l'exprimais plus haut, le 11 Septembre a dévoilé la rancœur d'une certaine frange – minime certes, mais très bruyante – du monde musulman à l'encontre de l'Occident. Rancœur d'autant plus exacerbée que, malgré la fin du colonialisme, la civilisation occidentale n'en n'a pas moins continué à s'enrichir et à détenir un niveau de vie élevé à leurs dépends : pétrole, ressources minières, gazières, bois, industrie, etc. De nombreuses multinationales ont bâti leurs fortunes sur l'exploitation de ces richesses. Et le plus souvent, sans que les peuples habitant sur les territoires où elles étaient extraites n'en tirent un quelconque avantage.

Le dernier exemple en date venant démontrer mon propos est la guerre d'Irak de 2004 : certes, Bush a renversé Saddam Hussein et envahi ce pays afin de terminer le travail de son cher « papa ». On sait parfaitement aujourd'hui que les armes nucléaires ou bactériologiques que le dictateur était censé détenir, n'était qu'une vaste fumisterie. Une campagne de désinformation et de propagande que la population américaine a gobée ; d'autant plus aisément du fait de son désir de revanche après le 11 Septembre 2001.

La guerre d'Afghanistan déclenchée juste après le 11 Septembre s'éternisant, il était vital de trouver un autre coupable, plus accessible, et plus rapidement éliminable. D'un autre coté, dans la perspective de raréfaction des ressources pétrolières au cours des prochaines décennies – il ne faut pas se leurrer, le baril de pétrole bon marché comme ça l'est actuellement, ne va pas durer -, était un objectif majeur. La civilisation occidentale, et encore plus américaine, est essentiellement basée sur l'automobile, ou sur l'avion. Encore plus qu'en Europe, ce moyen de locomotion est un mode vie, de penser, de civilisation à part entière. Et la hantise des États-Unis est de ne plus pouvoir accéder à cet or noir sur lequel repose toute leur économie, ce rêve américain qui est ancré dans le cœur et dans l'âme de chacun de ses citoyens. Et tant pis s'il subsiste au détriment de nations lointaines dont les préoccupations essentielles lui sont étrangers.

En outre, l'Irak était un enjeu stratégique, parce qu'il a une frontière commune avec l'Arabie Saoudite, un allié de longue date des USA dans cette région du monde. L'Irak n'est pas très éloigné d’Israël et de la Palestine. Et on sait que les États-Unis tiennent à leurs liens avec Israël ; tout en gardant un œil vigilant sur lui pour qu'il n'empiète pas trop sur les territoires autonomes de Palestine et le Bande de Gaza. L'Irak qui a une frontière commune avec l'Iran des Ayatollah, ennemis jurés depuis la Révolution Islamique de 1979 et la chute du Schah de Perse ; bien que les relations se soient un peu réchauffées depuis peu. L'Irak n'est pas non plus très éloigné du canal de Suez, artère essentielle du commerce international entre l'Afrique et l'Asie. Éventuellement, c'est une base arrière en direction de la Corée du Nord, en cas de conflit.

A suivre...

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Mémoires, pages 15 à 17 / 311 :

74D'un autre coté, si un amoncellement de Playmobils étaient installés au fond de notre jardin, le sol de ma chambre, lui, était envahi de Lego.

En effet, bien que je n'écrive ou ne dessine pas encore, je possédais déjà une imagination très fertile. Durant les vacances ou les week-ends, puisque je n'étais que très rarement invité chez des camarades de mon age, et que je n'avais que très peu l'occasion d'en inviter chez moi, j'ai passé la plus grande partie de mon temps libre dans ma chambre.

Certes, je me suis souvent amusé avec mon petit-frère, que ce soit dans sa propre chambre avec des jouets de son age, ou dans la mienne. Il est vrai que, malgré qu'il ait une bonne dizaine d'années de moins que moi, je le rejoignais régulièrement dans son antre. Je me distrayais en sa compagnie : nous élaborions ensemble des sortes de châteaux forts à l'aide de ses plus ou moins grosses peluches. Comme mon benjamin ne rangeais jamais sa chambre – tout comme moi d'ailleurs, je l'avoue volontiers -, je demeurais des heures entières avec lui, à répartir dans les caisses en plastique vouées à cet effet, les innombrables modèles réduits, ou autres, qu'il détenait.

Je me souviens en particulier des figurines en plastique rattachées à la saga de la « Guerre des Étoiles » que mes grands-parents m'avaient offert bien des années plus tôt et dont il avait hérité. Il en a enrichi la collection de vaisseaux spatiaux et autres personnages de cette série de films ; cadeaux de ces mêmes grands-parents au gré des anniversaires et des Noëls. Il me semble que ces accessoires sont toujours rangés dans le grenier de la résidence que ma mère possède actuellement.

Mais, ce sont les Legos qui ont le plus développé mon imagination tout le long de ma préadolescence. Comme mon frère pour ses figurines des « Chevaliers du Zodiaque », ou ma sœur avec ses Barbies, par exemple, je possédais des caisses entières de Legos. Et ces ustensiles de construction pour gamin étaient pratiquement en permanence éparpillés sur le sol de ma chambre.

Il y en avait de toutes sortes : de science-fiction, d'immeubles pour la ville, de trains, de forteresse du Moyen-Age. Il faut avouer que la gamme Lego est d'une diversité incroyable ; et pour l'avoir constaté avec mes neveux de nos jours, elle l'est de plus en plus.

En tout cas, j'ai passé des journées entières au milieu de mes montagnes de Legos ; sans exagérer. Et le plus souvent, j'ai bâti toutes sortes d'engins interstellaires à l'allure délirante. Une fois, je me rappelle, j'ai légèrement déplacé mon lit. Et j'ai dessiné un réseau de chemin de fer le longeant de part et d'autre, accompagné d'une ville.

Il m'a fallu de longues semaines pour l'élaborer. Je revois encore le visage sidéré et mécontent de ma mère que cette énorme composition gênait. Elle prenait tant de place qu'elle l’empêchait d'accéder à mon lit. Une autre fois, j'ai édifié un vaisseau spatial jaune – oui, je me remémore encore parfaitement de sa couleur ! - que j'ai suspendu à l'aide de ficelles au velux encastré dans le plafond de ma chambre. Il y est resté accroché un mois peut-être. Jusqu'au jour où, du fait d'un malencontreux mouvement de ma part en me levant de mon lit, je l'ai bousculé. Et il a explosé en mille morceaux.

Mais l’œuvre dont je suis le plus fier, c'est le titanesque engin spatial que j'ai bâti un peu plus tard. Usant de la totalité des caisses de Legos que j'avais à ma disposition, j'ai fabriqué un gigantesque vaisseau d'environ deux mètres de long sur un mètre de large. Des journées entières assis par terre, avec des milliers de pièces détachées autour de moi, je l'ai progressivement structuré. Faisant fonctionner à plein mon esprit afin qu'il soit le plus beau possible, je lui ai donné corps au bout de plusieurs week-ends d'intense activité. Et j'ai fini par l'installer devant la grande armoire de ma chambre, et juste à coté de la fenêtre ouvrant sur le jardin. Hélas, une fois de plus, au grand dam de ma mère, contrariée que celui-ci ne bloque l'accès des portes du bas de cette armoire.

Au final, après un Été de résistance de ma part pour éviter qu'il ne soit déplacé – où allais-je le mettre ? -, il a fallu que je me résigne à le prendre dans mes bras. J'ai voulu le porter jusqu'à un coin de ma chambre où je pensais qu'il serait à l'abri. Mais il était particulièrement lourd et volumineux. Et du haut de ma douzaine d'années bien tassée, trop encombrant. De fait, au bout de deux ou trois pas, il s'est scindé en deux, puis est parti en morceaux.

A suivre...

25 juillet 2017

Brèves Philosophiques, pages 143 à 144 ; Mardi 22 Mars 2016, quatrième partie :

X3C'était en germe depuis la fin de l'URSS et l'éclatement du bloc Communiste, nous devons désormais faire face à une nouvelle sorte de guerre. La première Guerre du Golfe l'a annoncée ; la guerre civile algérienne et les attentats du GIA sur le sol français en 1995, puis la guerre d'ex-Yougoslavie, l'ont dévoilé. Le 11 Septembre 2001 l'a définitivement exposé à la face du monde : nous sommes, depuis cette époque, au cœur d'un Troisième conflit planétaire qui ne dit pas son nom.

La confrontation Est-Ouest l'a largement occulté. Cependant, depuis la fin de la décolonisation, tout ce que nous vivons actuellement avec la radicalisation religieuse – qu'elle soit islamiste, chrétienne, ou juive – est l'aboutissement de rancœurs, de haines, de violences, de fanatismes, ou d'antagonismes nés à l'issue de cette période.

D'aucuns souligneront qu'il y a longtemps que tout cela est terminé, que la page est maintenant tournée depuis des dizaines d'années. En apparence, ils ont raison. Mais en apparence seulement… Car les peuples du Proche et du Moyen-Orient soumis pendant des siècles, parfois, à l'Europe, n'ont pas oublié les horreurs que l'Occident leur a infligé. L'esclavage, les humiliations, les déportations en Amérique, les richesses de leurs territoires spoliées. Pire encore, lorsque nous avons eu besoin d'eux, au cours de la Première et de la Seconde Guerre Mondiale, ils ont versé leur sang pour nous libérer. Durant les Trente Glorieuse, alors que tout y était à reconstruire, nous les avons encouragé à venir s'établir chez nous pour nous aider à nous relever des décombres.

Pour remercier ceux et celles qui ont traversé la Méditerranée dans ce but, nous les avons parqué dans des barres d'immeubles, dans des cités aux marges de nos grandes mégalopoles. Eux qui pensaient pouvoir s'intégrer, nous leur avons fait comprendre qu'ils n'étaient considéré que comme des bêtes de somme, tout juste bonnes utiles aux basses besognes.

Deux ou trois générations se sont succédés depuis. On aurait pu imaginer qu'avec le temps, les descendants de ces populations auraient pu profiter des bienfaits de la civilisation occidentale. Au contraire, le fossé n'a fait que se creuser. Après l'indépendance de leurs pays d'origine, alors que leurs enfants étaient devenus des français à part entière, cette ségrégation ne s'est pas éteinte.

La crise s'est manifestée à partir du milieu des années soixante-dix. Depuis, elle n'a fait qu'empirer. Elle a touché des populations de plus en plus nombreuses, de plus en plus diverses. Mème ceux et celles qui se croyaient à l'abri – les personnes détenant des diplômes -, ont été pris dans cette spirale infernale. Le monde ouvrier a décliné. Le Communisme auquel celui-ci était viscéralement attaché depuis la Libération, s'est effondré avec la chute du Mur de Berlin. L'industrie s'est expatrié dans des pays où le coût de la main d’œuvre est dérisoire.

Avec une civilisation où la consommation à outrance est le moteur de la croissance, les autres principaux secteurs de l'économie ont suivi un chemin semblable. Les cités se sont ghettoïsées. Le communautarisme emprunt de religion – ultime refuge que leurs parents ou grands-parents ont emporté avec eux de leur patrie de jadis -, s'est accentué. Jusqu’à en rejeter aujourd'hui la France et ses valeurs.

 

A suivre...

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 845 à 847 / 1803

X1Sous Louis VII, la dynastie connaît un échec patent, en Aquitaine. En 1137, Louis VI a marié son fils à Aliénor, seule héritière de Guillaume IX d’Aquitaine. Cette union avantageuse repousse alors les frontières du domaine capétien jusqu’aux Pyrénées, y ajoutant des villes aussi prestigieuses que Limoges, Poitiers, Bordeaux, Angoulême. Mais, en Palestine, la conduite frivole d’Aliénor humilie Louis VII. En dépit des conseils de Suger, celui-ci se sépare de la reine ; le 18 Mars 1152, le divorce est prononcé sous le commode prétexte de consanguinité. Deux mois plus tard, Aliénor épouse Henri II Plantagenêt, qui hérite de l’Angleterre et de la Normandie en 1154.

 

C’est dans ces circonstances que Philippe II Auguste monte sur le trône. Il n’a pas quinze ans. Mais il est actif, opportuniste, dénué de scrupules. Surtout, il a retenu la leçon de Suger. Dans sa « Vie de Louis VI », l’abbé de Saint Denis a en effet développé une théorie de la monarchie féodale. Le roi, suzerain suprême, est au sommet de la pyramide féodale. Il ne rend hommage à personne et exerce des droits de suzeraineté. De plus, sacré, il ne tient son pouvoir et sa légitimité que de Dieu.

 

Une fois cette idéologie construite, Philippe Auguste se fait reconnaître comme le souverain de tout le royaume. Sans jamais s’écarter du droit, ilutilise toutes les occasions qui se présentent d’agrandir son domaine : mariage, achat, saisie d’un fief tombé en déshérence, confiscation des biens d’un vassal félon… Fin politique, il intervient dans les querelles qui opposent les princes entre eux, rendant indispensable l’arbitrage de la royauté.

 

Très rapidement, il écarte ses proches, sa mère, Adèle de Champagne, et son oncle, l’archevêque de Reims, Guillaume aux Blanches Mains. Puis il épouse Isabelle de Hainaut, descendante de Charlemagne, nièce du comte Philippe d’Alsace.

 

Dès lors, Philippe Auguste utilise sa position au sommet de la hiérarchie vassalique pour édifier une monarchie féodale. Il intervient dans la succession des fiefs, oblige les vassaux au respect de leurs obligations, généralise la pratique de l’hommage lige. Surtout, il promulgue, avec le consentement des vassaux, des ordonnances pour tout le royaume. Et, peu à peu se répand l’idée que le pouvoir royal dépasse la notion de suzeraineté, que le roi a, en vertu des engagements du sacre, le droit d’intervenir dans tout le royaume, sans autres limites que l’intérêt commun et la justice qu’il doit servir. La suzeraineté se mue en souveraineté.

 

Le développement de la puissance royale entraîne une transformation des méthodes gouvernementales. Le souverain se préoccupe de ses ressources, recrute vassaux, clercs et juristes pour se constituer une administration permanente et dispose d’une armée forte de 2000 à 3000 hommes, les « chevaliers de l’Hôtel », des professionnels de la guerre.

 

Et, après avoir perdu toutes les archives royales, le roi décide de fixer à Paris, au palais du Louvre, les principaux organes de gouvernement : archives et Trésor. La Cour royale commence à siéger en sessions séparées, selon qu’elle traite de finances ou de justice.

 

Au niveau local, le roi veut faire surveiller la gestion des prévôts domaniaux. Il confie à des familiers une mission d’enquête temporaire, ou baillie. Ces administrateurs, ou baillis, se voient confier une circonscription à l’intérieur de laquelle ils représentent le roi. L’institution s’étend peu à peu aux territoires incorporés au domaine royal. Dans l’Ouest et le Midi, les sénéchaux ont des attributions semblables.

 

La féodalité favorise le développement des villes, mais n’offre pas de structures adéquates pour les gouverner. Les marchands, entrepreneurs et artisans, qui dominent la vie économique, reprennent en main le destin de leurs cités.

 

Ainsi naissent les « communes ». Leurs membres, associés par serment, désignent des magistrats. Face aux châtelains et aux évêques, ils imposent leur pouvoir ; au prix de luttes parfois violentes, ils obtiennent des chartes de privilèges. Le mouvement est général, même s’il ne conduit à une complète autonomie urbaine qu’en France transalpine. Du reste, les conflits subsistent. Les habitants aussi se structurent en guildes, en métiers ou en arts. Des rivalités opposent, dans des luttes sociales, le petit peuple aux bourgeois.

 

De son coté, Paris, où Philippe Auguste fait de fréquents séjours, amorce son destin de capitale. La cité atteint 50000 habitants. Le souverain fait enclore la ville, construit à l’Ouest la forteresse du Louvre- bastion défensif mais aussi affirmation symbolique de la prééminence royale -, fait paver les rues, transforme les halles en marché permanent.

 

A cette époque, la croissance agricole est à son apogée. Les défrichements sont les plus importants. Les grands établissements religieux d’Ile de France font défricher et lotissent leurs terres à des conditions très favorables, attirant autant de « colons ». Les territoires anciens sont menacés d’abandon, et les paysans possèdent un moyen de pression face à l’arbitraire seigneurial. Les seigneurs finissent par vendre des « chartes de franchises » - ou libertés – qui fixent et codifient charges et coutumes. D’un village à l’autre, d’une seigneurie à l’autre, les conditions varient. Les affranchissements individuels entraînent la quasi-disparition du servage.

 

Dans les villes, les bourgeois, conscients de leurs intérêts communs et de l’obstacle que constitue la contrainte seigneuriale à leurs activités, s’organisent en guildes professionnelles, ou en confréries religieuses, pour aménager les conditions d’exercice de leurs professions. Puis ils se coalisent pour réclamer au seigneur des franchises, que celui-ci leur vend très cher.

 

Parfois, la revendication prend un tour révolutionnaire. Les bourgeois s’unissent alors par un serment collectif, et forment une « commune ». L’expression « insurrectionnelle » de cette solidarité contre l’autorité seigneuriale choque les clercs. Le mouvement communal, limité au Nord du royaume, entre Loire et Rhin, est parfois sanglant. Mais, le plus souvent, l’autorité seigneuriale reconnaît la commune, et lui concède des franchises qui suppriment les entraves au commerce.

 

D’ailleurs, dans la société féodale, la ville apparaît comme un espace de liberté. Mais à l’unanimité première succèdent bientôt de vifs antagonismes entre le commun et les « meilleurs », l’oligarchie marchande. Le roi tolère ce mouvement d’émancipation urbaine. Il accorde des franchises aux villes du domaine et encourage les communes à l’extérieur. En fait, l’autonomie urbaine va à l’encontre des progrès de la monarchie. Quelques années plus tard, le souverain reprend en main les villes du royaume, leur imposant de lourdes charges financières et militaires.

 

A suivre, si ce texte vous intéresse...

24 juillet 2017

Brèves Philosophiques, pages 141 à 143 ; Mardi 22 Mars 2016, troisième partie :

X3La Gauche n'est pas en reste d'ailleurs. Ces attentats sont une aubaine pour essayer de redorer son blason à l'orée d'un quinquennat désastreux. Malgré toutes ses promesses, François Hollande n'a pas réussi à résorber le chômage.

Au contraire, la situation s'est aggravée. Les affaires se sont succédé aux affaires. Les différents courants socialistes – comme républicains – se déchirent pour évincer le « chef » aux prochaines primaires. La crise boursière et financière de 2008 n'en finit pas d'avoir des répercussions dans toutes les couches de la société. Les agriculteurs agonisent sous les yeux d'un pouvoir pieds et poings liés aux directives européennes, à la concurrence mondialisée. La primauté de la puissance de l'argent sur celui du travail s'est accentuée. Ce qui reste du monde ouvrier voit ses derniers feux s'éteindre définitivement ; ou, par désespoir, rejoindre les rangs des franges extrêmes de l'échiquier politique. La précarité devient la norme ; n'est-ce pas avec cette inquiétude que les étudiants ont manifesté dans les rues il n'y a pas si longtemps.

Bref, que ce soit la Droite, comme la Gauche, chacun a un intérêt à surfer sur la vague des attentats dans le but d'en tirer profit à l'horizon 2017. Les préoccupations majeures de la population – française ou européenne – ne sont qu'accessoires… hélas. Éventuellement, et ça a déjà débuté pour les attentats d'aujourd'hui -, les grands leaders politiques, le Premier ministre, le Président de la République, le ministre de l'Intérieur, vont se manifester. Les uns vont jurer leurs grands Dieux qu'une fois aux commandes de l’État, ils vont faire le nécessaire pour arranger les choses… alors qu'ils étaient eux-mêmes aux leviers cinq ans plus tôt. Les autres vont annoncer qu'ils sont sur le point de prendre des décisions afin de renforcer la protection des français. De la même façon que chaque gouvernement de l'ensemble des pays européens.

L'extrême droite, elle, va attiser les amalgames entre immigration, musulmans, intégristes, et bon français bien blancs, catholiques, et bien de chez nous, afin de démontrer qu'elle est l'unique voie de recours. Or, quand on y regarde de plus près dans les communes où elle a des élus, on se rend compte qu'elle ne fait pas mieux que ceux qu'elle critique. Ce serait plutôt pire en fait, en excluant des pans entiers de leur collectivité parce qu'ils ne correspondent pas à sa vision de ce que doit être la France.

Il ne faut donc pas être naïf ou crédule. Si vous croyez que ces attentats vont engendrer un sursaut de la part des uns et des autres pour le bien de la collectivité toute entière, ce n'est pas vrai. D'énormes enjeux qui n'ont aucun rapport avec la stupéfaction et la répulsion qu'ils ont suscité, sont à l’œuvre.

En outre, et plus important peut-être que tout ce que je viens de mentionner depuis le début, il y a un aspect essentiel, pour ne pas dire vital, à prendre en compte. Le négliger ou l'oublier fausse la compréhension et l'analyse des événements survenus ce jour ; comme ceux survenus en France le 13 Novembre dernier.

 

A suivre...


Mémoires, pages 13 à 15 / 312 :

2Bref, le jour où mon père est entré dans ma chambre les bras chargés des dizaines de titres qu'il avait récupéré au Ministère de l'Intérieur, j'ai été foudroyé de surprise. Sur mes étagères s'étalaient tous les ouvrages de la Bibliothèque Verte, de la Bibliothèque Rose, de la collection Rouge et Or que j'avais lu. Il y en avait d'autres issus de séries disparates. Mais je n'en possédais tout au plus qu'une petite centaine. Ce qui, j'en conviens, pour un pré-adolescent de douze ou treize ans, était déjà beaucoup. Comment aurai-je pu imaginer, ce jour-là, que vingt ou trente ans plus tard, mes étagères crouleraient sous les milliers de volumes ; au point que je serai obligé d'en transférer un certain nombre dans un lieu inoccupé de la grande maison de ma mère – un ancien presbytère d'une vingtaine de pièces – par manque de place ?

Je revois encore mon père pénétrant dans ma chambre, les bras chargés de livres, me demandant d'évacuer les étagères juste à coté de la porte d'entrée de celle-ci. Tandis que j'écris ces mots, la première chose qui me reviens à l'esprit, c'est la tapisserie verte qui en recouvrait les murs. Ce sont aussi les grandes étagères longeant le mur en face de mon lit. C'est ma table de chevet de l'autre coté de mon lit ; et dans le prolongement de cette dernière, mais perpendiculairement à elle, l'autre table sur laquelle était disposée la télévision – sans antenne car interdit de regarder la télévision dans sa chambre ! - me servant d'écran pour 'un des premiers ordinateurs que j'ai possédé. Aujourd'hui, il serait considéré comme une antiquité. Mais à cette date, c'était une véritable révolution. Et il m'a ouvert la porte sur un univers informatique insoupçonné auquel je suis toujours profondément attaché.

C'est la grande armoire près de la fenêtre qui ouvrait sur le jardin potager de mes parents. Celle-ci possédait un petit parapet de fer forgé sur lequel je m'asseyais parfois afin d'observer l’extérieur. Je m'y installais de tout mon long et j'y rêvassais, tentant d'oublier les moqueries et les harcèlements de mes camarades de classe ; essayant aussi de chasser aussi les difficultés familiales que je voyais poindre à cause des nombreux différends s'accumulant entre mon père et ma mère. J'y observais enfin la ville de Playmobils que j'avais édifié dans le fond du jardin. Elle était situé le long du mur séparant notre propriété de la suivante. Elle débordait un peu sur l'amas de plantes – il me semble que c'étaient des fraisiers – installés là par mon père. Cet été-là, j'avais passé des après-midi entiers à la construire, à l'étendre, à fabriquer ses remparts, et aménager ses rues, à installer les différents personnages qui l'animaient.

Je me souviens toujours des reproches de mon père parce que j'avais bâti cette cité enfantine à cet endroit précis, et que cette dernière encombrait en partie le passage. Moi qui rêvait d’être félicité pour mon labeur, pour l’œuvre qui en résultait, j'ai été très déçu. Pour une fois que je sortais de ma chambre pour être dehors, les mains dans la terre, à amonceler des cailloux, des morceaux de bois, etc., je n'en n'ai retiré qu'indifférence ou reproches.

A suivre...

23 juillet 2017

Brèves Philosophiques, pages 140 à 141 ; Mardi 22 Mars 2016, seconde partie :

X3Ces terroristes n'ont qu'une idée en tête en commettant ces attentats : faire peur aux habitants européens, et plus largement, occidentaux. Ils utilisent la terreur engendrées par leurs « actes de guerre » - puisqu'il s'agit là du terme le plus approprié pour ce style d'intervention - afin de nous affaiblir. Ils souhaitent aussi nous faire passer ce message : « Tremblez, fuyez, parce que nous sommes partout. Vous n’êtes à l'abri, protégés, nulle part. Nous vous atteindront où que vous vous trouviez. ».

Se plier à cette épouvante naturelle et instinctive qui nous étreint alors est ce qu'ils attendent de nous. Nous faisons leur jeu ; même si cette angoisse et cette confusion sont légitimes. Mais, en même temps, en réagissons ainsi, nous leur donnons raison. Nous les convainquons qu'ils peuvent recommencer ; puisque cela fonctionne. Nous les renforçons dans la vision qu'ils ont de nous : que nous – et notre modèle de société et de civilisation – sommes décadents, corrompus, dégénérés. Et que seule leur représentation du monde, de l'Homme, et de sa place, est la bonne. Cela les renforce à croire que l'Islamisme, tels qu'ils le conçoivent, est la seule alternative envisageable. Qu'ils ont pour devoir sacré de nous convertir de gré ou de force ; et que leur objectif de transformer l'Occident en territoires soumis à la charia, est possible ; après, bien entendu, avoir définitivement étendu leur emprise sur le Proche, le Moyen-Orient, et les contrées africaines où ils possèdent déjà des bases arrières – Mali, Libye, Tunisie, Égypte, etc.

Je ne sais pas pour vous, mais moi je n'ai pas envie de subir leur « diktat ». Ce n'est parce qu'ils tentent de mettre l'Europe à feu et à sang à coups d'attentats, que je vais céder à la panique. Ce n'est parce qu'ils essayent de monter les communautés musulmanes contres les communautés judéo-chrétiennes ou athées, que je vais répondre à leur violence par la haine, l'intolérance, la violence, ou le désir de vengeance.

Je ne vais pas non plus chercher de bouc émissaire chez les musulmans, parce qu'ils en sont autant – voire davantage – les victimes que les soi-disant européens de souche pure. Là aussi, le danger est grand : celui de tendre les bras en direction de l'Extrème-Droite ; celui de lui donner des arguments pour démontrer que les « étrangers » sont tous des djihadistes en puissance ; celui d'affirmer que les communautés musulmanes n'ont pas leur place en Europe ; que ce continent a pour vocation d'être chrétien.

Car il ne faut pas se leurrer, que ce soit Nicolas Sarkozy et ses visées présidentielles de 2017, ou Marine Le Pen et son ambition de renforcer ses positions électorales pour les mêmes échéances, la Droite est à l’affût de n'importe quel prétexte afin de rallier les apeurés, les hommes et les femmes perdus face à ces flambées extrémistes. A chaque fois, au terme de plusieurs quinquennats, elle a usé des mêmes armes pour essayer de s'emparer de l’Élysée : le radicalisme outrancier en matière d'insécurité, en matière de menaces de toutes sortes – intérieures ou extérieures. On l'a encore constaté avec la crise des migrants, pour la plus récente.

A suivre...

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 844 à 845 / 1803

X1Les Maîtres Initiés et les maçons de l’Ecole de Chartres sont désormais sollicités pour toutes sortes de chantiers : ils édifient l’église Sainte-Hildevert, à Gournay en Bray. Mais, contrairement à d’autres paroisses qu’ils ont déjà mis en chantier, ils lui ajoutent des arcades romanes et gothiques présentant des créneaux géométriques et des masques grimaçants. Ils sont à Noyon, et étendent sa voûte d’ogives sur sa nef, et la posent à 23 mètres de haut. A Laon, ils la montent à 24 mètres, et enchâssent dans ses façades les premières « roses ». A Bourges, ils l’érigent à 37,15 mètres ; à Reims, dont la façade est ajourée à l’extrême, 37,97 mètres. A Amiens, enfin, ils atteignent 42,50 mètres. Il ne reste plus, dans le chœur, que 20 mètres carrés de murs pour 800 mètres carrés de verrières.

 

Bientôt, les Initiés de l’Ecole de Chartres choisissent un endroit au Sud de l’Ile de la Cité, près du bras le plus étroit de la Seine, pour fonder Notre-Dame de Paris. Ils commencent donc à creuser pour établir ses fondations. Mais, un jour, ils déterrent un mégalithe très ancien, qu’ils examinent aussitôt. Ils reconnaissent ainsi rapidement les symboles qui y sont sculptés ; ce sont en effet les caractéristiques sacrées de la Déesse Noire et Sacrificatoire Cernunnos. C’est pour cette raison qu’ils décident de laisser la roche taillée à l’endroit où ils l’ont trouvé.

 

Dès lors, ils se mettent à bâtir l’édifice sacré en prenant bien garde de ne pas toucher au mégalithe. Au cours de son érection, ils déplacent même plusieurs fois son autel pour cette raisons. Dans un premier temps, ils le fixent – comme cela se fait traditionnellement – sur le point central de l’église. Puis, au bout de quelques mois, ils l’ancrent face à sa nef christique.

 

A quelques temps de là, ils édifient sa façade Ouest. C’est aussi à cette date qu’ils ancrent sur son fronton une rosace constellée de vitraux. Pour les architectes, la rosace symbolise en effet le Soleil Divin ; ses douze pétales représentent autant les douze Apôtres du Christ que les douze signes du Zodiaque.Puis, ils sculptent deux représentations des Mystères dont ils sont les détenteurs : Saint-Michel terrassant de sa longue épée le dragon et la Vierge foulant de ses pieds les serpents. Ces dernières rappellent aux Initiés que les Forces terrestres et cosmiques se rejoignent en ce lieu ; elles disent aussi qu’elles permettent, à celui qui sait les utiliser, d’accéder à des états de Conscience supérieurs. Enfin, ils taillent d’innombrables démons grimaçants un peu partout sur ses parois et à l’angle de ses toits.

 

Plus tard, lorsque ces mêmes Architectes entament la construction de la Cathédrale de Strasbourg, ils calculent les proportions du bâtiment à l’aide du Nombre d’Or. Ils les élaborent en fonction de celles de la Grande Pyramide de Guizèh, mais aussi, de celles du Temple de Karnak ou du Parthénon. Ils s’inspirent également de celles du propriatoire placé par Moïse sur l’Arche d’Alliance. Ils veulent ainsi faire comprendre à l’Initié, que l’Occident est toujours à la recherche de cette Relique censée être dissimulée au cœur du Royaume du Prêtre Jean. Puis, au centre de l’édifice, ils déposent une Table, sur laquelle ils marquent : « Celui qui voudra arriver aux endroits où les rythmes spatiaux protègent la Clef des Temps, celui là devra trouver la Troisième Mesure ; car les deux premières ont été perdues avec les Pyramides et le Temple de Salomon. ». Tandis que l’un d’eux écrit dans ses mémoires :

 

« La haute doctrine Mathématique issue du Nombre d’Or que nous avons utilisée, n’est pas d’origine Arabe, bien que cette Civilisation l’ait connue très tôt. Elle nous a été transmise depuis l’Antiquité au travers des Mystères Pythagoriciens. Or, ce Grand Initié la découvrit lui même par l’intermédiaire des Sciences Sacrées Egyptiennes. En outre, c’est lui qui se demanda si Thot – l’inventeur supposé du Nombre d’Or – n’était pas un des multiples aspects de l’Hermès Trimegiste Grec. Car c’est ce dernier qui donna le nom « d’Hermétisme » à cette Science convoitée par les Alchimistes et les Philosophes actuels qui sont à la recherche de la fameuse Pierre. ».

 

Et enfin, ils terminent la construction de l’abbaye de Plaimpied, au Sud de Bourges, qui a débutée près d’un siècle plus tôt. Et, comme pour la cathédrale de Chartres ou Notre Dame de Paris, ils placent à tous ses points stratégiques – et notamment à l’intérieur de son chœur – des chapiteaux figurant des monstres et des démons ; ceux-ci étant les attributs les plus représentatifs des forces telluriques souterraines sillonnant la France, puis l’Europe, de part en part.

 

Cette concentration d’édifices exprime la primauté des Capétiens et la richesse des villes. Car, cet essor de l’art gothique est, en effet, lié à celui des villes ; celles-ci connaissent une prospérité nouvelle. Et, dans une société profondément chrétienne, les cathédrales forment le centre de la vie urbaine. Des bourgeois aux artisans, les citadins ne viennent pas seulement y prier. Ils s’y rencontrent, organisent des réunions professionnelles, y font la fête. C’est aussi là que sont représentés les premiers « mystères », sortes de pièces de théâtre à caractère religieux. Responsables du dynamisme de leur temps, les bâtisseurs de Cathédrales multiplient donc les performances. Leurs chefs d’œuvres, toujours plus grands, témoignent de la piété de leur ville et de sa richesse. Malgré tout, la cathédrale reste entourée de tout un ensemble de constructions serrées les unes contre les autres dans un lacis de ruelles, et il est rare qu’on ait un recul suffisant pour en admirer la beauté.

 

C’est qu’édifier une cathédrale coûte très cher. Il faut des spécialistes expérimentés, qui sachent découper les pierres dans les carrières à la forme de l’arc ou du portail. Il faut des ingénieurs pour les appareils de levage ; des charpentiers pour échafauder les chemins de ronde, de plus en plus élevés ; des maçons pour appareiller les voûtes ; des peintres pour les vitraux ; des sculpteurs pour les statues…

 

L’évêque qui décide de faire bâtir, ou d’agrandir, une cathédrale sait qu’il faut faire venir toute une armée de bâtisseurs et surtout, s’assurer les services d’un maître d’œuvre éprouvé. Leurs architectes dessinent dès lors les plans d’ensemble et le détail des cathédrales. Inscrits sur le pavement de l’édifice, leurs noms y demeurent pour l’éternité. Le mouvement de construction atteint une telle intensité à la fin du siècle que, pour un chantier qui se ferme faute d’argent, un autre s’ouvre ailleurs.

 

L’exemple donné par les cathédrales du domaine royal, répandu dans le royaume, rayonne bientôt bien au-delà de ses frontières. La cathédrale de Trondheim, en Norvège, celle de Nicosie, dans l’île de Chypre, s’inspirent de celle de Sens. La cathédrale d’Uppsala et celle de Visby, en Suède, se réclament de Notre Dame de Paris. Dantzig, Cracovie, la Hongrie, adoptent très vite la « manière française ». Et si, dans le Nord de l’Italie, les cathédrales gardent une facture byzantine, Tolède en Espagne ou Cologne en Allemagne, s’inspirent de Bourges et d’Amiens.

 

De leur coté, les Templiers eux aussi érigent un certain nombre d’édifices religieux. Par exemple, en 1136, ceux établis à Provins décident d’élever une église dédiée à Saint-Quiriac. Ils commencent donc par raser au centre de la cité tout ce qui reste d’un ancien temple consacré au culte d’Isis ; ils ne gardent de lui qu’un souterrain s’étendant sous la ville sur plusieurs centaines de mètres. C’est d’ailleurs là que, peu après la fin de sa construction, ils entreposent des documents confidentiels que leurs Frères ont ramené de Jérusalem une cinquantaine d’années plus tôt.

 

22 juillet 2017

Brèves Philosophiques, pages 138 à 140 ; Mardi 22 Mars 2016, première partie :

X3Comme je l'ai indiqué hier à la fin de ma "Brève Philosophique" précédente intitulée "le statut de la femme en religion", je republie aujourd'hui un texte que j'ai rédigé d'une traite dans la foulée des attentats de Bruxelles. La situation a évidemment évoluée depuis. Daesh et consort reculent, sont sur la défensive, et leur califat agonise. Mais la victoire sur ces extrémistes religieux est loin d'être acquise. Ils peuvent encore réserver nombre de suprises. Telle une hydre dont les tètes renaissent sans cesse, la menace est toujours aussi vivace, et peut prochainement renaitre ailleurs, sous une autre forme, et aussi dangereuse qu'actuellement - voire plus encore. Donc, cet article me semble toujours pertinent si on lui ote ce qui lui éait spécifique il y a un an... :

 

Aujourd'hui, j'avais l'intention d'évoquer un tout autre sujet que l'actualité du moment au sein du texte que je publie chaque soir ici et ailleurs. Mais, comme tout le monde, me sentant concerné par celle-ci, ainsi que par ses innombrables implications, je me devais de réagir. Comme je l'ai déjà fait à la suite des attentats de « Charlie Hebdo » ou de ceux du « 13 Novembre ». Pour ceux qui sont intéressés des les lire, celui évoquant le 13 Novembre est toujours en première ligne sur ma page personnelle Facebook.

Il est bien évidemment inutile de préciser que ces attentats sont terribles, monstrueux, ignobles. Encore une fois, les victimes ne sont que des innocents – trente-quatre morts et plusieurs dizaines de blessé, au dernier recensement du milieu de la journée – qui se rendaient certainement à leur travail, ou qui débutaient leurs activités habituelles comme d'habitude.

Malheureusement, dans ce genre de circonstances, ce sont toujours les gens du commun qui paient le prix le plus fort. Ce ne sont ni les forces militaires tentant de réprimer les kamikazes, ni les combattants djihadistes, qui se retrouvent en première ligne. A chaque fois qu'un attentat à lieu – où que ce soit sur la planète -, ce sont toujours les mêmes qui meurent, qui sont mutilés, estropiés, ensanglantés. Ces fanatiques n'ont aucun état d'âme. Ils tuent sans se soucier de savoir qui ils assassinent ; du moment qu'ils font le maximum de morts. Tant pis si parmi eux il y a des enfants, des femmes, des vieillards, etc. A leurs yeux, ce n'est pas le plus important. Le plus important, c'est de porter leur message au cœur des pays visés par leur haine et leur violence. C'est intolérable, c'est insupportable, c'est détestable. Il n'y a pas de mots assez virulents pour exprimer la douleur et l'inquiétude suscitées par ces événements. D'ailleurs, je profite de cette tribune afin de m'associer à la détresse des proches des victimes de cette barbarie ; pour leur dire tout mon soutien, toute mon amitié, toute ma douleur, toute mon indignation, et toute ma solidarité.

Ceci étant dit, ces attentats de Bruxelles étaient à prévoir. Les autorités françaises et européennes étaient en état d'alerte maximum depuis plusieurs semaines. Les perquisitions, les arrestations, les investigations menées depuis le 13 Novembre, les envisageaient. L'arrestation de Salah Abdeslam il y a quelques jours, le démantèlement – relatif - de ses réseaux, ont renforcé cette terrible hypothèse ; qui s'est concrétisée ce matin. Les attentats qui ont eu lieu en Tunisie, en Turquie… le recul de l’État Islamique, puis son redéploiement sur d'autres fronts, notamment en Libye, en ont été également des signes avant-coureurs particulièrement visibles.

Néanmoins, je souhaiterais souligner plusieurs points qui me semblent essentiels. Parce qu'au vu des circonstances, et de la psychose ambiante qui est en train de se développer, il est justifié de les rappeler. Ils sont d'autant plus nécessaires de les évoquer de nouveau au vu des réactions quasi-hystériques, de la peur contagieuse, des rumeurs et des contre-vérités qui se diffusent à la vitesse de l'éclair sur Internet ; et plus spécifiquement sur les réseaux sociaux. Il a en effet fallu quelques heures à peine pour qu'une panique générale se répande, grossisse, soit enrichie de faits déformés, transformés, avant d’inonder l'ensemble du web ; puis soit relayée par les médias conventionnels que sont la télévision, la radio, ou les journaux papier entre autres.

A suivre...

Mémoires, pages 11 à 13 / 312 :

76Pour en terminer avec la personnalité et le comportement de mon père au tournant des années quatre-vingt, celui-ci était une personne très intelligente. D'une grande culture, c'était un manipulateur né. Il possédait un grand charisme. Il était amical, ouvert, chaleureux. Il était capable de se faire partout énormément de contacts ; bien qu'il préférât entretenir des relations avec des individus issus de milieux sociaux inférieurs au sien – il n'y a rien de péjoratif dans le terme que j'emploie ici. Mais il avait dès lors l'impression d’être supérieur aux autres.

Il aimait lire l'admiration dans le regard de ses interlocuteurs. Il est même arrivé que les gens qu'il côtoyait le prennent pratiquement pour un demi-dieu du fait de son aisance, de son immense culture, de sa facilité pour manier les mots. J'ai hérité de ces gènes en ce qui concerne cette aisance pour jongler avec les mots. Il avait – tout comme moi encore une fois – la passion de l'Histoire, de l'Art, de la Littérature.

Mais cette attitude outrancière envers son entourage plus ou moins proche était dû à son éducation. Si mon père voulait imposer à ma mère le fait d’être une femme au foyer alors qu'elle ne le désirait pas, au point que leurs relations se détériorent franchement, c'est en partie parce que mon père était considéré comme un véritable demi-dieu par sa mère et les sœurs de celle-ci. Il est vrai que mon grand-père paternel était une personne relativement effacée face à la forte personnalité de ma grand-mère. Et il est exact que cette dernière a toujours élevé son fils sur un piédestal. Dès lors, il s'est toujours vu comme quelqu'un dont on n'avait pas à remettre en cause les paroles ou les actes. A tel point que ma mère n'avait aucun accès aux compte bancaires du ménage. C'était mon lui qui lui fournissait une certaine somme pour le mois. Elle devait s'en contenter pour les courses, l'entretien du pavillon, etc. Lui profitait du reste de cette somme pour son plaisir personnel, sans qu'elle ne soit au courant où tout cet argent disparaissait. Et tant pis si cela ne satisfaisait pas les autres, du moment que lui l'était.

Mon père se considérait donc toujours en représentation. Devant les autres, il faisait toujours bonne figure. Mais ce qu'il appréciait par dessus tout, c'est qu'on l'admire, qu'on l'adule, qu'on se soumette à lui. Combien de fois l'ai-je vu, au cours de réunions de famille ou de réunions pour ses associations de parents d'élèves, mettre en avant les filles et les fils des participants à celles-ci ? Des dizaines, des centaines de fois, peut-être ! Combien de fois a-t-il évoqué le fait que je possédais de remarquables aptitudes pour des centres d’intérêts que nous avions en commun ? Jamais ! Pas une seule fois, je ne me souviens qu'il ait valorisé mes efforts littéraires ou mes compétences en Histoire.

Ce n'est d'ailleurs pas anodin si aujourd'hui, ma mère à la même attitude à mon égard devant les personnes auxquelles elle me présente et avec lesquelles je pourrais converser. Du fait que j'ai toute ma vie été contraint de rester en retrait, par automatisme désormais, je m'éclipse de ce style de réunion. Puisque ce que je représente – comme ce que je représentais aux yeux de mon père jadis – n'a aucune valeur, je disparais. Puisqu'il est beaucoup plus important de parler du club hippique de ma sœur, du club canin de ma mère, des voyages passés de ma grand-mère, des repas gargantuesques auxquels nous sommes soumis, les centres d’intérêts, les travaux littéraires qui sont les miens et sur lesquels je pourrais m'étendre pour exister, s'effacent. Et je m'efface avec eux. Il ne s'agit que de la continuité de l'état d'infériorité que mon père m'a attribué jadis.

Car, mon père aimait par-dessus tout inférioriser les autres, et moi en particulier. A partir du jour où j'ai commencé à écrire, à laisser mon imagination dériver afin d'en tirer des textes plus ou moins long – c'est à dire à partir de 1987 à peu près -, mon père n'a eu de cesse de me répéter que ce que j'écrivais ne valait rien. Que lui aurait fait autrement, que je devrais changer tel paragraphe, qu'ici, tout était à recommencer, que les sujets que j'abordais – le Fantastique, l'Héroïc-Fantasy, etc. étaient inintéressantes.

Même à partir de 1992, lorsque j'ai commencé à travailler à la Bibliothèque Nationale et qu'en parallèle j'ai débuté mes recherches historiques, il a estimé que je perdais mon temps. J'ai beau eu devenir un spécialiste, un érudit de ces thèmes avec les années, faisant l'admiration de mes camarades de soirées de jeux de rôles – j'y reviendrais plus tard -, à chaque fois qu'il en avait la possibilité, il déclarait à tout va que ce que j'écrivais n'avait aucun avenir. Lui qui était féru d'Histoire et de Littérature, comme je le suis moi même aujourd'hui, il n'en tirait aucune fierté. Et le jour où je suis devenu aussi compétent que lui dans l'Art d'écrire, en Histoire, il a malgré tout poursuivi son travail de démolition moral à mon encontre. Et si je suis aujourd'hui encore aussi peu sûr de moi, c'est aussi en partie du fait de son attitude à mon égard.

Je tenais à souligner ces éléments parce qu'ils ont, en plus de tout le reste énormément influencé mon état d'esprit ultérieur. Ils ont beaucoup pesé sur le fait que ce n'est que très tard que je me suis senti assez apaisé, assez fort moralement, ayant assez de confiance en moi, pour envisager de publier mes récits. C'est après avoir posé ce fardeau qu'il avait fait peser sur mes épaules que j'ai enfin pu entamer une carrière d'écrivain à part entière.

A suivre...