Mes Univers

08 avril 2020

Réflexion personnelle :

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Ce matin, je souhaiterai partager cette petite réflexion personnelle ; à l'intérieur de laquelle je m'inclus évidemment :

 
Quand on lit ce qui se publie sur les réseaux sociaux - images, textes ou vidéos -, chaque personne qui en est à l'origine part du principe que ce qu'il a à partager est intéressant. Elle s'imagine que ce qu'elle diffuse est susceptible de susciter la curiosité, la sympathie ou la colère. Chaque individu pense que ça a une certaine valeur ; qui n'est pas forcément financière, cela va s'en dire. Quand on se penche sur ce qui est divulgué, on se rend compte que chacun ou chacune est persuadé d'être original, différent, et donc méritant l'attention du plus grand nombre, méritant louanges ou vindicte puisque l'un ne va pas sans l'autre.
 
Puis, quand on y regarde de plus près, on s'aperçoit que tout ce qui est propagé n'est que banalité, insignifiance, platitude, quotidienneté. Rares en effet sont les personnes qui écrivent, montrent des images ou des vidéos sur lesquelles elles ont travaillé des heures, des jours, des semaines, davantage peut-être, durant, requièrent éloges ou condamnations. Rares sont les idées, les imaginaires, les réflexions, les raisonnements, les points de vue religieux, philosophiques, sociaux, humains, écologiques, économiques, etc. qui méritent d'être mis en avant. Tout le reste est à oublier aussitôt colporté. Et je ne parle même pas des fausses nouvelles, des rumeurs, des fake-news, de la désinformation, ou de la propagande qui y est propagée.
 
Le pire est que tellement de gens ont besoin, ont envie, de croire à ces dernières. Comme s'il is s'y accrochaient viscéralement, désespérément, afin de donner un sens à leur existence. Comme si leur avis, comme si leur façon de considérer le monde, les autres, avaient plus d'importance que ceux de leur voisin, ou de l'inconnu qui poste quelque chose juste après eux. Comme si leurs commentaires, comme si leurs remarques, comme si leurs ajouts, comme si leurs explications, comme si leurs observations, avaient un quelconque poids ; une quelconque portée.
 
Car il ne faut pas se leurrer, ceux et celles qui publient sur les réseaux sociaux ne sont là que pour flatter leur ego. Ce qu'ils diffusent n'a de signification que pour eux ; et éventuellement que pour leur entourage proche ; voire leurs connaissances. L'immense majorité de ses utilisateurs(trices) s'en moquent, s'en détournent, survolent ce qu'ils y ont mis parfois. Ce qu'ils y partagent, en fait, alimente leur désir de reconnaissance, de légitimation, de gloire. Ils ont l'impression que si le plus grand nombre se penche sur leurs textes, illustrations, court-métrages, leur vie n'en n'a que plus de prix. Leur réalité se transforme en vérité absolue. Leurs certitudes deviennent infaillibles, impossibles à remettre en cause.
 
En fait, ils se croient devenir le centre du monde... Alors qu'ils sont isolés. En permanence penchés sur l'écran de leur téléphone portable, de leur tablette, ou le clavier de leur ordinateur - j'en fais parti car je ne suis ni meilleur ni pire que quiconque -, ils sont seuls face à eux-mêmes. Ils sont convaincus de partager des aspects remarquables de qui ils sont, de ce qu'ils font, de ce qu'ils pensent, au quotidien.
 
Pourtant, non seulement, ça ressemble le plus souvent à des millions d'autres fractions de destinées, mais également ça se perd immédiatement parmi les monceaux d'éphémérités et de superficialités qui s'y croisent continuellement. Pourtant, ils s'acharnent jusqu'au ridicule, jusqu'au grotesque, à s'en démarquer. Déterminés, coute que coute, à se hisser au-dessus de cette masse d'individualités aux ardeurs exacerbées, ils contribuent à magnifier leur médiocrité. Ils se laissent bercer par la simplicité et la facilité teintée de trivialité. Ils se rendent complices de la marchandisation de leur existence ; transformés en consommateurs autant qu'en consommables à outrance. Tout en jurant leurs grands dieux qu'ils n'ont rien de commun avec ceux-ci. Et finalement, ils participent de leur plein gré à la déshumanisation de notre société, de notre civilisation.
 
Oh, je suis convaincu que bien peu de gens prendront le temps de lire ce que j'ai rédigé ci-dessus. Ils ne trouveront pas d’intérêt à ce texte. Certains estimeront qu'il est trop long. D'autres penseront qu'il n'a pas sa place sur les réseaux sociaux. D'autres encore estimeront qu'ils n'ont pas de temps à perdre avec de telles futilités ; qu'ils ne sont là que pour se distraire ou publier leurs propres sujets. Tous et toute en tout cas, se précipiteront pour le remplacer par leurs propres publications qu'ils jugeront plus importantes, plus captivantes, plus drôles, ou plus portée sur l'actualité du moment...
 
Je ne les blâme pas. J'ai écrit ce texte, je l'ai partagé ici. J'appartiens donc à cette masse qui essaye de susciter la curiosité, l'empathie, l'attention. Je ne suis qu'un homme du commun, comme tout un chacun. Je ne prétends pas me singulariser. Je n'en tire aucune fierté ou aucune honte. Je n'ai pas l'outrecuidance de croire que je suis supérieur à ceux et celles qui en font autant. D'ailleurs, peu importe s'ils me jugent et me condamnent, m'encensent ou fustigent mes propos. Car, je le répète, leur avis a autant d'efficience que le leur ; ni plus ni moins. La seule différence peut-être, est que j'en ai pleinement conscience, et que j'ose le revendiquer ouvertement.
 
Combien ici se considèrent plus importants, ayant plus d'autorité, ayant plus de prestige ou de prépondérance, s'estiment être une plus grande source d'inspiration, que les autres ; mais qui ne se remettent pas en perspective vis-à-vis de leur petitesse ou de leur médiocrité ? Ah, vanité, quand tu nous tiens...
 
 
Dominique Capo

 

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07 avril 2020

Mardi 07/04/2020 :

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Je fuis ce monde égoïste, individualiste, indifférent au sort des plus faibles et des plus fragiles. Je fuis cette violence indicible, cette peur qu'ont ceux et celles des gens qui ne sont pas comme eux. Je fuis ces hommes et ces femmes qui, sans regrets ni remords, me meurtrissent mentalement. Je fuis ces individus qui me tourmentent moralement parce que je ne leur ressemble pas, parce que je ne suis pas comme eux ni physiquement ni psychiquement.
 
Ils me blessent outrageusement. Ils m'épuisent dans tous les sens du terme. Ils me mettent à genoux ; ils me supplicient continuellement ; ils me font pleurer des larmes de sang. Ils s'acharnent sur moi. Ils me dépècent. Ils se rient de moi. Puis, plutôt que de m'achever, ils se détournent, ils m'abandonnent, à mon désespoir, à ma géhenne.
 
Alors, la silence et l'obscurité me dévorent lentement, mais méthodiquement. Alors, je réalise que je ne suis rien ; rien d'autre qu'un homme condamné à mort de puis longtemps. Un condamné qui, comme Sisyphe en d'autres Temps, est châtié quotidiennement. Comme lui, je ne peux vivre normalement ; je ne peux pas mourir et être en paix définitivement. Je ne peux qu'endurer encore et encore cette malédiction.
 
C'est pour ça que je fuis ce monde où je n'ai pas ma place. C'est pour ça que je préfère le Savoir, la Connaissance, l'élévation spirituelle, la sagesse des Anciens, les questions sur demain qui me hantent. C'est pour ça que je me détache de ce que je ressens humainement pour ces Frères et ces Sœurs qui ne me considèrent pas comme l'un des leurs. Oui, c'est pour ça que je n'ai que pour réconfort, que soutien, que secours, que parmi les livres et les écrits ; même si rares sont les gens qui les suivent, qui les partagent, qui les transmettent, ou qui les apprécient...
 
Dominique Capo

04 avril 2020

Réflexion hebdimadaire générale du 05/04/2020 :

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Aujourd'hui, c'est dimanche. Et comme chaque dimanche après-midi, je me repose, je me détends, je me change les idées autant que faire se peut. Ce soir également d'ailleurs, car ce sont les seuls moments de la semaine où j'ai la capacité et la possibilité d'oublier éphémèrement les épreuves dont mon quotidien est constitué.
 
Je ne sais pas si certain(e)s d'entre vous ont lu mon témoignage du 31 Mars 2020. Je gage que rares sont les personnes qui se sont attelées à ses quatre pages. Il est vrai que la manière dont sont utilisés les réseaux sociaux et autres sites de partages, d'échanges, de dialogues, et de convivialité - enfin, c'est la définition qu'on leur donne même si celle-ci a depuis longtemps été vidée de tout son sens - n'a rien à voir avec ce que leurs concepteurs avaient tenté d'initier. Aujourd'hui, ces outils magnifiques où l'humain, la réflexion, la raison, la sagesse, le savoir, l'intelligence, la mise en commun de ce que nous avons de meilleur en nous a été galvaudé. Quand je songe aux étudiants d’ Harvard, de Cambridge, d'Oxford... qui s'imaginaient rapprocher les gens, les inciter à mutualiser leurs expériences, leurs valeurs, leurs moyens, leur ingéniosité... pour aboutir à ce résultat, c'est pathétique !!!
 
Actuellement, le monde traverse une crise sanitaire sans précédent depuis la fin de la Grande Guerre. Les gens sont confinés chez eux. Ils n'ont pas le droit d'en sortir sous peine d'amende depuis trois semaines. Car le coronavirus qui sévit partout aux quatre coins de la planète fait des milliers de victimes quotidiennement. Que ce soit en Europe, en Afrique, en Amérique, et précédemment en Asie, il se répand sournoisement. Et ceux et celles qui ne limitent pas strictement leurs déplacements, qui se croient au-dessus des autres ou inatteignables par ce fléau sont des criminels en puissance. Sans le savoir, ils sont peut-être porteurs du coronavirus, et ils le diffusent sans s'en rendre compte. Ou pire, le sachant, mais s'en moquant, du moment que leur liberté de se déplacer, de vivre normalement, n'est pas altérée.
 
Évidemment, et heureusement, que ce soit par le biais des réseaux sociaux ou au sein de la réalité, on voit de beux élans de solidarité, de compassion, d'entraide. Ceux et celles qui risquent leur santé, leur vie probablement, sont remerciés chaque soit à vingt heure par des applaudissements. Des tas d'initiatives personnelles ou collectives se mettent en place pour les soutenir, pour leur apporter leur aide. A eux et à tous ces invisibles qui permettent aux artères essentielles de notre pays, à son ravitaillement en nourriture, en médicaments, etc. de fonctionner le plus aisément possible.
 
J'admire profondément toutes ces personnes qui contribuent à cet élan. Ils ont de la générosité, de l'abnégation, du dévouement à revendre. Leur empathie, leur prévenance, leur sensibilité envers ceux et celles qui ont besoin d'eux, est sans égal. Et il est bien, nécessaire même, de les mettre en avant. Cela remonte le moral, permet d'être optimiste, de croire en la nature humaine ; comme chaque jour cela nous est montré dans les journaux télévisés, dans les émissions spéciales qui leur sont consacrés...
 

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Parallèlement, évidemment, ce regard attendri, bienfaisant, ému, sur leurs initiatives, permet de détourner l'attention du public, ou de l'immense majorité des gens plus généralement, des défaillances d'un système à bout de souffle. Et je ne parle pas que de la France. Car, à coté de cela, combien de personnes sont abandonnées à elles-mêmes ? Combien sont oubliées, perdues, terrifiées, délaissées ? Combien ne sont que fugacement interrogées sur leur situation ? Sur ce qui leur serait nécessaire pour surmonter cette épreuve hautement traumatisante ? Et qui, à n'en pas douter, laissera des traces dans une multitude de domaines de l'activité humaine telle que nous les avons connu jusqu'à présent ?
 
Puisqu'en effet, si cette crise montre parfois le meilleur de certaines personnes, elle montre aussi le pire d'autres individus. Cet égoïsme, cette indifférence, ce mépris, cette apathie, cette insouciance, de tant de gens qui estiment que leur vie a plus d'importance que celle de autres. Ces gens qui pensent que les aider, les secourir, est normal, mais que quand il faut aider ou secourir les autres, ils fuient à toutes jambes. Alors, quand il s'agit d'assister, de réconforter, de tendre la main à des personnes qui sont fragiles, isolées, sans quiconque vers qui se tourner, c'est encore pire. J'en ai fais les frais ; je l'ai détaillé dans mon témoignage du 31/03/2020. Mais là, une fois de plus, qui s'en soucie !!!
 
Cette semaine, je n'ai reçu que trois coups de téléphone - outre ma mère que j'ai quotidiennement par skype durant quelques minutes - : le kinési de Vanessa. La maman d'une personne handicapée qui habite dans le même immeuble que moi, et qui a entièrement lu mon témoignage ; qui m'a témoigné son soutien face aux soucis que j'ai actuellement. Une personne du réseau de l'Association des Paralysés de France, association que j'ai sollicitée il y a des mois à cause d'un problème médical de Vanessa. La semaine précédente, c'est une amie de Cherbourg, et un ami de Paris, qui se sont enquis de mon confinement. Ce qui est déjà remarquable !!!
 
Et je tiens à les en remercier vivement, du fond du cœur, ici. Car c'est dans ce genre de difficulté que l'on s'aperçoit sur qui on peut véritablement compter. Par contre, rien de la part de ceux et celles à qui j'ai moi-même porté secours - je l'ai dévoilé dans mon témoignage - le week-end dernier. Et j'avoue que ça me meurtrit profondément. Ça m'a violemment secoué, déchiré. Je me suis senti rejeté, abandonné, trahi. Et parce que ce sont des sentiments, des situations, que j'ai souvent vécues, ils m'ont d'autant plus brutalisés, terrifiés, tourmenté.
 
Alors, quand je songe à toutes ces personnes qui en sont autant - voire plus encore - victimes que moi !!! Quand je constate cette indifférence, cette apathie, ce désintérêt endémiques sur les réseaux sociaux. Sauf lorsque cela concerne directement leurs utilisateurs(trices). Alors, quand je vois ces gens continuer à diffuser des images, textes, vidéos si nihilistes, si égoïstes, si éphémères, si superficiels, si abêtissants !!! Ils sont tout aussi criminels que ceux et celles qui ne se préoccupent pas des conséquences de leurs actes lorsqu'ils se promènent dans la rue comme si de rien n'était. Ils contribuent tous, chacun à leur façon, à cet état de déliquescence généralisée du modèle de société auquel ils s'accrochent désespérément. Finalement, à la première tempête de grande ampleur, se modèle se délite cependant si facilement.
 
Alors, la prochaine ? Lorsque les bouleversements climatiques en cours bousculeront de plus en plus violemment notre modèle de société, notre civilisation ultra-libérale, où l'argent-roi est la seule perspective de tant de gens !!! Cette civilisation où ils sont considérés autant comme des consommateurs que des consommables. Ce modèle à l'intérieur duquel ils se croient importants - plus importants que les autres. Or, en fait, ils n'y sont que des moutons semblables aux autres perdus dans la masse !!! Oui, le jour où ce ne sera pas un virus tuant éventuellement 2 ou 3 % des gens gens contaminés, et les plus fragiles ou les plus âgés d'entre nous, ce jour-là, la Nature leur rappellera définitivement qu'ils ne sont que des insectes face à elle. Elle les remettra à leur place avec autant de véhémence que la manière avec laquelle ils l'ont maltraitée.
 
Ne nous y trompons pas, les bouleversements climatiques dont nous observons les prémisses actuellement auront des effets beaucoup plus dévastateurs que cette épidémie de coronavirus, c'est certain... Nous accélérons fatalement ce processus par notre comportement tel que je l'ai brièvement détaillé au début de ce texte.
 
Sur ce, je vous laisse méditer sur tout cela !!! Moi, de mon coté, cet après-midi, je vais visionner le deuxième épisode d'une série de documentaires sur la Guerre de Sécession - 1861 - 1865. Je vais visionner un ou deux films, parmi les dizaines que j'ai en stock sur le disque dur de mon lecteur-enregistreur de DVD, en DVD, ou sur la clé USB qui les accompagne. Ce soir, je vais lire de 21h à 1h du matin un roman du terroir de Michel Lacombe - un auteur que j'aime beaucoup - que j'ai débuté hier soir. Et avant la quarantaine d'autres ouvrages de divers auteurs et de divers genres qui m'attendent à coté de ma table de chevet. Et demain, bien entendu, en plus de tout ça, je reprends la rédaction de mon livre sur les origines de la Civilisation. *
 
Comme quoi, lorsqu'on est confiné, avec un peu de curiosité intellectuelle, d'envie d'apprendre par d'autres moyens, il y a toujours moyens de profiter de cette sorte de circonstances pour s'enrichir spirituellement. C'est d'ailleurs là on l'on se rend compte de la différence entre ceux et celles qui se comportent comme des "moutons" institutionnalisés, lobotomisés par leur quotidien teinté de médiocrité, et ceux qui ont les ressources nécessaires pour ne pas se laisser vampiriser par cette passivité, par cette résignation chronique.
 
Sur ce, je vous laisse. Profitez de votre dimanche pour vous reposer, pour vous détendre, pour vous changer les idées. Profitez des vôtres, de ceux et celles que vous aimez et qui tiennent à vous. Préservez vous, car il n'y a rien de plus précieux que la santé. Essayez de mettre à profit cette période pour vous ouvrir aux autres, ou à des savoirs auxquels vous n'auriez pas songé auparavant. Sur ce dernier point, je doute malheureusement de la grande majorité d'entre vous !!! Quant à moi, mes pensées les plus amicales et les plus affectueuses vont vers les personnes qui me témoignent de leur sympathie et de leur amitié...
 
Dominique Capo

 

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31 mars 2020

Témoignage du 31/03/2020 :

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Madame, Monsieur,
 
C'est avec beaucoup de réticence que je vous écris cette lettre. Mais, malgré la fatigue morale et émotionnelle qui est la mienne, il me semble justifié de partager les faits qu'elle contient avec vous.
 
Samedi 28 Mars dernier, alors que j'allais au courrier, je me suis aperçu d'une défaillance de l'ascenseur de l'immeuble. Tout d'abord, je n'ai rien fait, supposant que tout rentrerait dans l'ordre dans la journée. Toutefois, plus les heures se sont écoulées, plus cette défaillance s'est accentuée : quand ses portes devaient se refermer, selles s’arrêtaient à mi-chemin. Elles repartaient en arrière, se réenclenchaient en avant, et ainsi indéfiniment. J'ai téléphoné au numéro vert de l'ascensoriste qui s'occupe régulièrement de son entretien, et dont le numéro de téléphone et le numéro de référence de l’ascenseur sont inscrits au-dessus de la porte de celui-ci. La personne qui m'a répondu m'a dit qu'elle enverrait quelqu'un voir ce qui n'allait pas dans les plus brefs délais.
 
Avant de poursuivre, je tiens à spécifier ceci : ma compagne et moi habitons cet immeuble depuis plus de quinze ans maintenant. Elle, est atteinte de la sclérose en plaques depuis 2012. Elle a également une légère atrophie du cervelet. Et progressivement, son état de santé, s'il est stabilisé depuis des années, a tendance à lentement se dégrader. Elle ne se déplace plus dans l'appartement qu'avec un déambulateur. Quand elle doit en sortir – avant le confinement, une fois par semaine, elle effectuait une promenade d'une heure avec une accompagnatrice -, c'est avec un fauteuil roulant. De plus, ses facultés intellectuelles sont détériorées du fait de sa sclérose en plaques, et je prends en charge tout le quotidien, l'administratif, le financier, l'alimentaire, le médical, etc. parce qu'elle en est incapable. Si ce n'est deux ou trois tâches très aisées, sa seule distraction est essentiellement la télévision. Quant au reste, c'est une aide-ménagère qui y pourvoit deux fois par semaine – c'est elle qui va chercher nos courses alimentaires au Drive -, un kinési lui fait faire des exercices deux fois par semaines, et chaque jour, elle effectue une demi-heure de vélo d'appartement.
 
Pour ma part, je suis atteint de la maladie de Sturge-Weber. Doté d'une hémiplégie partielle du coté droit de mon corps, je fatigue physiquement très vite. Parfois, j'ai des crises de convulsions qui durent une dizaine de minutes, avant que tout revienne à la normale. Elles se manifestent notamment lorsque je suis fatigué, stressé, angoissé, moralement et mentalement anéanti. Je dois avouer que m'occuper de Vanessa dans ces conditions si particulières est de temps en temps extrêmement difficile. Et il m'arrive de m'effondrer psychiquement sous le poids de sa maladie. De fait, étant historien des civilisations – quand j'ai le temps, je rédige en ce moment, et depuis plusieurs mois, un livre sur l'origine des civilisations entre 12 000 avant J.C. et 3500 avant notre Ère - ; j'écris aussi des articles sur l'actualité la plus chaude du moment, - Gilets Jaunes, montée des populismes, Daesh, crise économique, etc. que je publie sur des sites spécialisés et sur les réseaux sociaux. Je m'intéresse encore à la philosophie, à la religion, au devenir de l'Humanité… par des essais sur lesquels je travaille parfois.
 
Outre la lecture et la télévision, c'est ma seule façon de décompresser. Et ce n'est pas toujours évident. La maladie de Vanessa, les tracas du quotidien, m'écrasent souvent. Je me sens perdu, isolé, abandonné, face à eux. Je n'ai l'appui ou le concours de personne dans mon entourage – ma mère vit à 300km de Valognes, et ne vient nous rendre visite quelques jours que deux à trois fois par an - ; quant à la famille de Vanessa, pour d'autres raisons trop longues et inutiles à relater ici, nous n'avons plus aucun contact avec elle depuis des années.
 
Nous ne sortons pratiquement jamais de chez nous. Toute la journée, nous sommes « confinés » - le mot est à la mode - ; et ça n'a rien à voir avec la dramatique crise actuelle du coronavirus. Cependant, celle-ci a accentué cette situation, c'est évident. C'est pour cette raison que la réparation de l’ascenseur de l'immeuble était d'une urgence vitale pour nous. Pour nous, comme pour la plupart des autres habitants de celui-ci, qui sont, soit des personnes âgées, soit des personnes en situation de handicap ou malades.
 
Normalement, c'est un autre habitant de la Résidence qui est l'intermédiaire entre le notaire et les résidents. Or, il y avait urgence. Et en ce qui nous concerne, d'autant plus urgent que mercredi 1er Avril, notre aide-ménagère devait nous amener nos courses alimentaires, notre frigidaire étant presque vide. De fait, l'accès à l'ascenseur était essentiel pour qu'elle puisse les monter jusqu'à notre appartement.
 
Dès lors, dimanche 29 mars 2020, en allumant notre télévision, je me suis rendu compte qu'elle ne recevait plus aucun réseau. J'ai toqué à la porte de notre voisine immédiate, qui a, à son tour, allumé sa télévision, et qui ne recevait elle non plus plus aucune image. Au passage, j'ai constaté que ni l'ascenseur ni la lumière des parties communes de l'immeuble ne fonctionnait. J'ai frappé à la porte de la personne qui se soucie des petits incidents qui lui sont liés, quand il y en a. Elle n'était pas chez elle.
 
Je n'ai pas su vers qui me tourner. J'ai retéléphoné à l'ascensoriste, qui m'a dit que la panne de l'ascenseur était liée à un problème d'électricité. J'ai téléphoné aux urgences EDF, qui m'ont renvoyé sur un électricien local. Par chance, malgré que nous soyons dimanche, j'ai réussi à en contacter un par téléphone, que j'ai supplié d'intervenir. Il m'a souligné que d'après ce que je décrivais de cette panne, ce n'était pas de son ressort. Je devais en référer à EDF. En désespoir de cause, grâce aux Pages Blanches, j'ai même appelé les parents d'Anthony. J'étais gêne de les déranger. Je leur ai tout de même expliqué ce qui se passait. Ce sont eux qui m'ont avisé qu'un habitant avait été désigné par la copropriété pour ce genre de soucis. Il s'agissait de la personne momentanément absente de chez elle. Bien-sûr, parallèlement, je devais m'occuper de Vanessa.
 
Ce n'est que le soir venu que j'ai retoqué à la porte de cette personne. Enfin, elle était chez elle. Je lui ai expliqué les démarches téléphoniques tous azimuts que j'avais effectué les heures précédentes. Elle m'a dit qu'en effet, la panne de l'ascenseur était rattachée à une panne électrique plus générale des communs de l'immeuble. Elle avait tenté, sans succès, de joindre EDF. J'ai de nouveau tenté ma chance, et ai réussi à les atteindre malgré qu'il soit aux environs de 20h. Aussitôt, je suis retourné voir cette personne s'occupant des incidents liés à l'immeuble. Je lui ai donné mon téléphone et l'interlocuteur EDF à l'autre bout du fil. Ils ont échangé quelques mots. Et celle-ci m'a souligné qu'un dépanneur EDF allait arriver dans peu de temps.
 
Cette personne m'a également spécifié qu'une fois cette panne EDF réparée, elle ne manquerait pas de téléphoner à l'ascensoriste le lendemain matin afin qu'il intervienne sur cette seconde panne.
 
Le dépanneur EDF est arrivé vers 20h30 en ce dimanche soir. Et son intervention s'est prolongée une heure environ. L'électricité est revenue dans les partie communes. La réception du téléviseur a partiellement été rétablie. En effet, la réception de certaines chaînes s'était évanouie, et d'autres captaient très mal – des brouillages plus ou moins intermittents se manifestaient - ; ils se manifestent toujours à l'heure actuelle.
 
Le lendemain matin, lundi 30 mars, l'ascensoriste a, à son tour, réparé l'ascenseur. Je n'étais pas sur place à ce moment-là. Malheureusement, les chaînes de télévisions disparues n'étaient toujours pas rétablies. Et les brouillage des autres étaient toujours présent.
 
J'ai téléphoné à un antenniste qui ma avoué qu'il ne pourrait pas intervenir immédiatement. Mais, d'après lui, il était possible que la panne EDF de l'immeuble ait endommagé l'amplificateur de réception des chaînes TV qui y est accolé. Dépité, malheureux, gêné d'en appeler une fois encore à cet habitant qui s'occupe des soucis liés à l'immeuble, j'ai encore une fois toqué à sa porte.
 
Je passerai sur les détails trop pénibles à relater, mais qui m'ont énormément secoué, blessé. Car ses mots à mon égard m'ont profondément heurté, fait de mal. Je spécifierai juste que je lui expliqué que j'avais contacté un antenniste qui pourrait éventuellement intervenir prochainement. Mème si ce prochainement était une date indéterminée, c'était toujours quelque chose, selon moi !!! Il m'a répondu qu'il ne pouvait pas prendre ce genre de décision sans l'aval du syndic de l'immeuble. Et qu'il verrait ça plus tard !!! Parce que ça entraînerait des frais éventuels qu'il n'était pas apte à cautionner. J'avoue que si on m'avait donné un coup poing dans le ventre, le résultat aurait été équivalent.
 
Sincèrement, je pensais agir de la meilleure des manières. Je pensais agir dans l’intérêt de tous les habitants de l'immeuble. Je pensais que c'était de mon devoir de me préoccuper des causes et des conséquences que ces pannes engendrait pour la vie quotidienne de chacun ou chacune d'eux. Alors, sa réaction m'a non seulement surpris puisque nous avions œuvré ensemble le soir précédent dans ce sens. Mais elle m'a anéanti, humilié, mortifié. Je n'ai pas reconnu cette personne.
 
Je me suis retiré, avec un sentiment d'abandon au fond du cœur et au fond de l'âme. Je sais qu'une panne de téléviseur peut paraître anodin, non-urgente, non essentielle. Surtout lorsqu'on est actif, que l'on peut sortir de chez soi, même en période de confinement. Que ce soit pour son travail, pour aller faire quelques courses, pour se dégourdir un peu les jambes ou s'aérer la tète. Oui, ça peut paraître futile, insignifiant. Mais quand il s'agit de personnes comme Vanessa ou moi, qui, même hors période de confinement, ne pouvons presque jamais sortir de notre domicile à cause des maladies et des handicaps qui sont les nôtres, c'est important, essentiel même.
 
 
Je tiens à spécifier ici que ce n'est pas parce que nous sommes dans cette situation d'isolement presque total que le sort des milliers de gens atteintes par le coronavirus, et qui en meurent parfois, nous laisse froids, que nous en sommes détachés. Nous sommes en empathie totale avec ces victimes. Nous suivons l'évolution des événements quotidiennement. Par ailleurs pour ma part, ma compassion, ma sensibilité face à leur détresse, est à ce point exacerbée que mes articles actuels n'évoquent que cette crise. Souvent ces temps-ci, je commente, j'analyse, je réfléchis, j'approfondis les causes et les conséquences dans bien des domaines, de cette crise sans précédent. C'est ma façon de participer à cet élan de solidarité, de soutien, et d'humanité à l'égard de tous ceux et de toutes celles qui œuvrent sans repos ni répit pour endiguer ce fléau.
 
Mon apport semblera peut-être inutile, négligeable, superflu, à certains et certaines. Je ne sais pas. Mais je m'y emploie de tout mon cœur, de toute mon âme, en usant de mes modestes possibilités et capacités. J'y consacre beaucoup d'énergie et de temps, même si cela ne se voit pas. En parallèle, je m'occupe de Vanessa. Je témoigne, et à cette époque, témoigner de ce qui se déroule sous nos yeux est nécessaire, parce que c'est une page d'Histoire que nous vivons en direct.
 
Étant historien et écrivain, tel est l'hommage que je peux rendre à tous ces gens qui se battent contre ce virus. Pour autant, ce n'est pas parce que mon action n'est pas palpable matériellement, ce n'est parce que les soucis que ma compagne et moi avons sont moins « importants », qu'ils sont à laisser de coté. Ce n'est pas pour ça que nous devons être oubliés, négligés, abandonnés. Et cette histoire de réception TV, si elle semble secondaire, ne l'est pas pour nous. Au contraire, nous avons encore plus l'impression d'être sacrifiés, délaissés, répudiés.
 
C'est pour cela que j'écris cette lettre. Je ne sais pas si elle aura des effets. Peu importe, après-tout ; il semble que nous ne comptions pas. Je ne sais pas elle suscitera une intervention pour y remédier. Je tenais juste à expliquer de quoi il retournait, et le chagrin, la souffrance, que tout ce qui est advenu ces derniers jours au sein de l'immeuble – en me battant pour ses occupants -, m'ont infligé. Je ne demande aucun merci. Je ne cherche aucune gratification. Je désirais juste vous relater ces événements tels que je les ai vécu, tels que je les ai ressenti, et tels que les ressens toujours aujourd'hui encore.
 
Sincèrement votre.

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28 mars 2020

Dimanche 29/03/2020 :

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Comme chaque Dimanche, aujourd'hui, je me repose. Après une semaine inouïe, que je n'aurai jamais cru connaitre un jour, je termine celle-ci par ces mots :
 
Oui, le monde s'est statufié. Le temps s'est arrêté. Un peu partout, l'activité humaine s'est interrompue. L'économie, l'industrie, les voyages, les liens sociaux au sein de la "vraie vie", que sais-je, se sont assoupis. Dans les villes, sur les routes, dans les campagnes, il n'y a plus âme qui vive. Si ce n'est pour effectuer des courses alimentaires essentielles, si ce n'est pour se rendre chez le médecin ou à l’hôpital lorsqu'il s'agit d'une urgence vitale liée à la pandémie actuelle, les gens ne sortent pratiquement plus de chez eux.
 
Ceux qui le peuvent, poursuivent leur travail de chez eux ; par le biais du télétravail. Ceux qui ne le peuvent pas sont au chômage technique. Il n'y a que les personnels hospitaliers, que les médecins de ville, que les infirmie(re)s, que les routiers continuant à ravitailler les supermarchés en produits de première nécessité - ou autres emplois tournant autour des artères essentielles de la survie d'une nation et de sa population qui continuent bravement leurs métiers. Et parfois, au péril de leur santé ou de leur vie. Je les admire et les salue humblement. Ils ont du mérite. Ils ont un courage incroyable, à l'heure où le monde traverse l'une des plus graves crises de son histoire.
 
C'est dans ces circonstances que l'on se rend compte du vrai courage des gens. Il y en a qui sont prêts à sacrifier leur existence pour sauver à tout prix celle des autres. Peu importe la façon dont ils le font. Peu importe le temps, l'énergie, qu'ils y mettent. Peu importe si c'est en étant en première ligne, en deuxième ligne, ou en troisième ligne du front de cette guerre sans merci qui ravage le monde. Ils pensent aux autres avant eux jusqu'à l’abnégation. C'est ça, le véritable courage. Et j'espère qu'un jour le peuple, nos élites, nos politiques, ceux qui tiennent les cordons de la bourse, s'en souviendront. Qu'ils se souviendront de tout ce qu'ils leurs doivent...
 
Je pense à ces hospitaliers qui voient des personnes mourir par dizaines, par centaines, chaque jour. Ces médecins, ces infirmières, ces aide-soignants, professionnels ou bénévoles, qui se battent avec les moyens du bord pour juguler cette hécatombe. Je pense à ces personnes âgées, dans les Ehpads, que les pouvoirs publics ont oubliés - comme les précédents d'ailleurs - pour des questions de contrainte budgétaire, au nom de la sacro-sainte rentabilité. Aujourd'hui, s'aperçoivent-ils des conséquences criminelles de leurs décisions politiques. Car oui, lorsqu'on sacrifie des vies au nom de politiques économiques toujours plus restrictives, c'est un crime monstrueux aux répercussions considérables.
 
Il y a longtemps que l'humain n'est plus qu'une variable ajustable pour ces dirigeants politiques, économiques, industriels, financiers qui, du haut de leurs buildings de Wall-Street, de Tokyo, de Bruxelles, de Londres, et d'ailleurs, dominent la planète. Aujourd'hui, ils sont autant victimes de cette crise que le sans domicile fixe qui hante les trottoirs de Paris, de San-Francisco, de Brasília, ou de Koweït city. La Nature qu'ils pensaient contraindre, qu'ils abimaient, qu'ils détruisaient, leur rappelle qu'ils ne sont que des insectes face à elle. Comprendront-ils la leçon, une fois que ce pic de cette épidémie se sera réduit. Que ce fléau aura été endigué, qu'on y aura trouvé un médicament ou un vaccin ? Rien n'est moins sûr !!!
 
Je vois déjà se profiler à l'horizon maints sujets de discordes, maintes conséquences à plus long terme de cet épisode tragique. Je vois les clivages et les médiocrités individualistes, les préjugés et les partialités, les peurs et les étroitesses d'esprit, qui se manifestent déjà. Je vois l'éphémérité et la superficialité, l’égoïsme et et l'indifférence de tant de gens qui ne se sentent pas concernés, ou qui minimisent cette situation. Ils n'ont pas réalisé que le réchauffement climatique, les bouleversements écologiques que notre espèce à mis en mouvement depuis les débuts de l’Ère Industrielle - et surtout à partir de la seconde moitié du XXe siècle - ont engendré ce monstre qui fauche quotidiennement des milliers d'individus actuellement. Car même si le lien de cause à effet est ténu, il est à n'en pas douter véridique.
 
De fait, cette crise du coronavirus n'est que la première vague d'une tempête en train de grossir. Derrière l'horizon, elle enfle, elle mugit. Elle engendre des effets qui nous paraissent effroyables. Et pourtant, ils ne sont tien comparés à ce qui nous attends au cours des prochaines années, des prochaines décennies. Songez à ces milliers de morts liées au coronavirus. Puis, imaginez les catastrophes humanitaires qui se profilent à l'horizon. Quand l'heure viendra de pleurer parce qu'elles nous submergeront, repensez aux multiples avertissements que la Nature nous a donné, et dont nous n'avons tenu aucun compte. Tout ça pour conserver coute que coute ce modèle de société, ce modèle de civilisation destiné à péricliter de toute façon.
 
Voyez ces villes aujourd'hui désertes. Ces entreprises à l’arrêt, ces bouses qui plongent, ces morts invisibles parce que non décomptés. Voyez les dévastations diverses et variées qu'un fléau entrainant 2 à 3 % de mortalité de la part de ceux qui en sont atteints. Et imaginez la prochaine catastrophe qui se dissimule encore à nos regards ; et qui sera bien plus dévastatrice que celle-ci. Tandis que certains déjà, pensent à relever l'économie, à relancer l'industrie, aux profits dont ils pourraient tirer des événements, ils se comportent comme des inconscients qui ne réalisent pas que cette manière de réagir est vouée à l'échec. Pire, elle accélère le déclin de ce à quoi ils s'accrochent désespérément.
 
Pauvres hères !!! Comment pouvaient-ils supposer que cette Ère de surabondance, d'ultra-capitalisme, de consommation à outrance, n'allait pas durer éternellement. Qu'elle n'était qu'un Age destiné à disparaitre. Que, comme toute les civilisations qui se croyaient immuables, inamovibles, elle ne pouvait qu'être emportée par le cent de l'Histoire. Et voila que celui-ci apparait. Voila que les prémisses du cataclysme à venir - celui qu'ils pensaient ne jamais connaitre, ne jamais subir - se discerne devant eux. Et même à ce moment-là, ils sont incapables d'ouvrir les yeux. Il leur est impossible d'imaginer qu'il va bientôt s'éteindre. Et que ces villes désertes, que ces campagnes vides, que ces gens cloitrés chez eux, dont la seule préoccupation est la survie de leurs proches et d'eux-mêmes, sera la norme demain.
 
L'élévation des températures, le manque d'eau, la pollution, les catastrophes écologiques à répétition, l'extinction des espèces animales et végétales, tour ceci n'en n'est qu'à ses débuts. Si nous avions une seule leçon à retenir de la crise qu'il a provoqué, c'est qu'il nous montre une fraction de ce que notre espèce va vivre dans cinquante, cent ans..., et de plus en plus souvent, partout sur la planète. C'est évident.
 
Songez-y, durant cette période de confinement. Songez-y en ce dimanche après-midi. Alors que vous vous détendez, que vous vous reposez, que vous essayez plus ou moins vainement de vous changer les idées. Songez-y alors que vous êtes entourés de vos parents ou de vos enfants, de vos proches ou de ceux et celles qui comptent pour vous et pour lesquels vous comptez !!!
 
Quant à moi, ces réflexions ne me quittent jamais. Ce futur probable - parmi d'autres tout aussi sombres - voguent régulièrement dans mes pensées. J'en suis triste et malheureux. Parce que je constate que l'Humanité n'apprend souvent pas grand chose de ses erreurs passées. Le seul élément qui me fait - un petit peu - espérer, c'est lorsque je vois cette entraide, ce soutien, ce réconfort, cette écoute, cette assistance populaire qui se diffuse malgré tout. Cependant, je constate également qu'elle est la plupart du temps issue des plus humbles, des plus modestes, de ceux et de celles qui, en d'autres temps, auraient été raillés, malmenés, hués, du fait de leur situation personnelle, de leur condition, de leur niveau social, ou de la modicité de leurs revenus.
 
Il y aurait tant à dire sur toutes ces facettes. Mais, pour aujourd'hui, je m’arrête là. Cet après-midi, je vais me reposer un peu de toute cette folie. Je vais visionner un documentaire sur la Guerre de Sécession. J'en ai vu le premier des huit épisodes jeudi dernier. Il est très intéressant, très détaillé, passionnant. Après la Guerre Froide, une autre période de l'Histoire digne d'être scrutée.
 
Ensuite, je vais regarder quelques émissions enregistrées sur le disque dur de mon lecteur-enregistreur de DVD ces deux dernières semaines. Là aussi, j'ai le choix. Zone Interdite, Faites entrer l'accusé, Capital, Infrarouge, etc. Ces émissions alimentent en permanence ma réflexion sur tous les sujets d'actualité - du moment ou pas - qui rythment notre société dans le bon sens ou non. Ce soir, ce sera un film ; l'un des dizaines qui patientent en DVD, sur ma clé USB, ailleurs depuis des lustres ou plus récemment. Et enfin, la poursuite de la lecture du dernier roman - thriller juridique - de John Grisham que j'ai à portée de la main.
 
Comme quoi, même confiné, il y a de quoi s'occuper en permanence pour les esprits assez curieux et imaginatifs. Des esprits capables de trouver des distractions, des tâches, qui leur enrichissent autant le corps que l'esprit. Malheureusement, il y en a tant qui sont dénués de telles capacités.
 
Sur ce, je vous laisse. J'y vais de ce pas. Méditez ou non sur tout ce que je viens de spécifier. J'ai ma conscience pour moi. En tout cas, je vous souhaite tout le meilleur. Soyez heureux, épanouis. Profitez de ce que a vie vous apporte. Et la santé en premier lieu, parce qu'il n'y a rien de plus précieux ; croyez moi d'expérience. Mes pensées les plus amicales sont en permanence dirigées dans votre direction. A très bientôt...
 
Dominique Capo

 

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26 mars 2020

Le Jour d'Après... :

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Depuis des années, je suis plus ou moins volontairement confiné chez moi du fait de la maladie de Sturge-Weber dont je suis atteint. D'autres éléments personnels ou non me contraignent à l'isolement. Ceux et celles qui lisent mes articles dans lesquels je décris qui je suis, mon parcours, etc. savent de quoi je parle ; même si je n'ai jamais tout évoqué par écrit, c'est évident. Donc, cette quarantaine de six semaines n'a presque aucune incidence sur mon mode de vie.

Je laisse derrière moi cette peur dont la plupart des gens sont victimes. Je laisse derrière moi les idiots et les moutons qui sous-estiment l'impact dans d'innombrables domaines de ce que nous vivons. Car le monde d'après ne sera plus le même que celui qui s'est éteint il y a à peine quelques semaines.

Je me retire dans mon antre, parmi mes livres, mes notes rattachées à mes recherches sur l’émergence de la Civilisation. Elles se concentrent en effet entre la dernière Glaciation de Würm 12 000 ans avant notre Ère, et l'apparition des premières Cités-Etats d'Ur, de Sumer, d'Akkad, etc.

J'observe parallèlement la planète et l'Humanité toute entière changer de période civilisationnelle. Puisque le crépuscule de l'ultra-libéralisme, du capitalisme outrancier, et de leurs perversions, est selon moi, enfin arrivé. Et même si nous en ressentirons les effets véritables qu'à longue échéance, cette pandémie n'a fait qu'accélérer leur déclin. Les priorités ne sont plus - ne seront plus jamais - les mêmes qu'avant ce mois de janvier 2020.

Que vous en ayez conscience ou pas, que vous l'acceptiez ou pas, que vous vous sentiez concernés ou pas, n'a aucune importance. Nous sommes tous dévorés par cette tempête qui s'annonce. D'autant qu'il ne faut pas oublier, ne pas négliger, que cette crise du coronavirus n'est que la première vague liée à celle-ci. Le changement climatique, la pollution, la sixième extinction, l'hyper-consommation qui vit ses derniers feux, vont prochainement en engendrer d'autres, et bien plus dévastatrices. Nous sommes à l'aube du Jour d'Après, telle est la réalité, souvenons-nous en...

Donc, je vous laisse vous lamenter sur cette quarantaine aux conséquences dévastatrices ; mais qui ne sont rien comparé à ce qui s’apprête à surgir. Moi, je suis confiné chez moi depuis des années. Dans un sens, cet isolement que je vis depuis longtemps s'avère être finalement un bienfait ; et non une malédiction comme je l'imaginais jusqu'à présent. Et je vous laisse pleurer la disparition d'une époque où l'Homme s'est cru plus puissant que la Nature, et que cette dernière a brutalement remis à sa place.

Dominique Capo

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24 mars 2020

Humain ou économique ?

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A ceux et celles qui se désolent des conséquences économiques de cette crise sans précédent liée à la pandémie du coronavirus, je n'ai qu'une seule question à leur poser :

Qu'est-ce qui à le plus d'importance, le plus de valeur à leur yeux : la vie humaine - des employeurs, des employés, de tout un chacun - ou la "bonne santé" économique des entreprises qui dépendent de ces derniers ? Que préfèrent-ils : la rentabilité économique, leurs bénéfices, les emplois gagnés ou perdus, ou la vie ou la mort des personnes qui sont touchées par ce fléau ?

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L'urgence est-elle économique ou humaine ? Une fois cette crise terminée, seront-ils plus satisfaits de constater que leurs familles, que leurs proches, que leurs amis, que leur entourage, que la population de notre pays, l'ont relativement bien traversée, ou de se rendre compte que leur commerce ou leur entreprise est ou sera plus ou moins détériorée économiquement ?

Car dans une situation où c'est soit l'un soit l'autre, la question se pose. Le choix entre les deux est le seul qui vaille. Et en fonction de la réponse, les masques tombent. La conscience de chacun est à l'épreuve. La réalité de qui nous sommes véritablement se dévoile au grand jour...

L'humain ou l’économique, tel est le choix de société auquel nous devons faire face actuellement, puis, après que cette crise sera passée...

Dominique Capo

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22 mars 2020

Dimanche 22/03/2020 :

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Je suis curieux. De fait, ce matin, avant de me lancer dans la rédaction du texte dominical que je publie hebdomadairement en marge de mes travaux personnels - durant la semaine qui vient de s'écouler, ceux-ci ont très largement été consacrés à la crise du Coronavirus, et j'ai momentanément un peu délaissé ceux sur les origines de la Civilisation -, j'ai un peu surfé sur Facebook. J'ai examiné les réactions de celui d'hier intitulé "Quels inconscients que ces gens !!!". Et une fois de plus, je suis obligé de constater un certain nombre de faits :
 
Ceux et celles qui me jugent et me condamnent le font sur la forme et non sur le fond. Ils condamnent la longueur de mon texte. Il est vrai que j'y ai consacré tout mon samedi. Ils s'insurgent sur la provenance, la date à laquelle a été prise la photo. Comme si celle-ci était plus importante que les paragraphes qui lui sont adjoints. Au passage, ils oublient qu'elle n'est là que pour illustrer les propos que j'y tiens. Si besoin était, cette réaction montre bien la pauvreté et l'insuffisance de leurs arguments. Cela souligne bien la médiocrité, l'aridité, ou l'étroitesse d'esprit dont ils sont les sujets.
 
Oui, mes textes sont longs. Oui, ils sont parfois difficiles à lire. Souvent, ils nécessitent beaucoup de concentration, une attention soutenue. Ils invitent régulièrement à la réflexion et à user de raisonnements qui sortent des sentiers battus. Est-ce un crime ? Est-ce condamnable ? Est-ce opportun de partager ce genre de texte sur les réseaux sociaux ? Je ne le pense pas. Mieux encore, je m'élève avec la plus grande véhémence et avec une détermination sans faille contre cette dictature de l'à peu près, de la simplification et de la facilité à outrance.
 
Mais qui sont ces gens qui n'acceptent pas la profondeur et les développements de mes textes ? Sont-ce des légumes incapables d'utiliser leur cerveau, leur intelligence ? Sont-ils incapables d'user d'application, d'effort intellectuel ? Sont-ils aptes à explorer, à analyser, à prendre en compte l'ensemble des aspects du texte qui leur est soumis ? A priori, d'après ce que je constate, non !!! Ces gens se contentent de l'éphémère et du superficiel. Ils se contentent d'être des moutons dont l'individualisme assumé est noyé au sein de la masse. Cette masse qui courbe l'échine, institutionnalisée, dépendante de ses certitudes et de ses habitudes. Cette masse de consommateurs pressés - au point qu'à tout faire rapidement, ils ne font plus rien du tout -, brutaux. Une masse qui se contente de ce qui est excessivement sommaire, d’immédiat, de léger, de succinct.
De plus, c'est facile de critiquer mes textes lorsque ceux et celles qui s'adonnent à ce persiflage n'en font pas autant. Quand ils se contentent de survoler, de se fixer sur un ou des détails aisés à stigmatiser, en ignorant délibérément le reste. C'est simple de démolir les efforts, le temps, l'énergie, de celui qui l'a matérialiser, alors qu'eux-mêmes n'en font pas autant, qu'ils comblent le plus souvent le vide de leurs existences à tancer les personnes comme moi qui se donnent corps et âme à leur ouvrage !!! J'aimerai savoir si, de la même manière que je m'y emploie, ils passent des heures, des journées parfois, ils s'épuisent mentalement, ils usent de leurs connaissances et de leurs réflexions, à retranscrire leurs pensées, sur papier !!! J'ai maintes fois remarqué que ce sont ceux qui en font le moins qui sont les plus aptes à critiquer le travail des autres.
 
Rendez-vous compte !!! Les pauvres : faire travailler leurs méninges !!! Mais quelle perte d'énergie et de temps !!! Car vite, vite, réfugions nous devant la télé et les émissions abrutissantes nous transformant en sujets uniformisés, en êtres uniquement destinés à acheter les produits souvent périmés dès qu'ils ont été achetés. Des créatures enchainées à leurs instincts les plus primitifs et les plus primaires. Des barbares des temps modernes qui râlent à propos de tout et de n'importe quoi dès que leur petit confort, dès que leur liberté de se comporter égoïstement, est mise en danger. Des quidams qui ne sont que des consommables faciles à éjectés dès lors qu'ils ne sont plus aussi performants qu'exigé par les "négriers" qui les emploient.
 
Les pauvres !!! Dominés par la peur, par cette vague déferlante symbolisée par ce monde en constante mutation. Le coronavirus à l'Humanité toute entière est confrontée depuis deux mois en est l'exemple flagrant. Terrorisés en permanence à l'idée que leurs privilèges d'occidentaux habitués à être à l'abri des colères de la Nature, leurs soient ôtés. Affolés lorsqu'ils se rendent compte que la mort est susceptible de les faucher également ; où qu'ils soient, de manière inédite, n'importe quand, et quelle que soit la personne avec laquelle ils se trouvent ou qu'ils croisent.
 
Les pauvres !!! S'apercevoir qu'ils ne sont pas des nantis. S'apercevoir que tout ce à quoi ils tiennent peut s'effondrer du jour au lendemain. S'apercevoir qu'ils doivent se comporter autrement, qu'ils doivent remettre en cause leurs certitudes, leurs priorités. S'apercevoir, qui plus est, que les réseaux sociaux et que ce qui y est propagé, ne sont pas uniquement utilisés que pour des images, des brèves, ou des vidéos simplistes, grossières, ordinaires, complaisantes, ou aisément abordables. Seigneur !!! Quelle infamie, quelle insulte à leur médiocrité !!!
 
Eh bien, moi, Dominique Capo, je ne me soumet pas à ces diktats : Je ne me soumet pas à la facilité. Je ne me soumet pas à la simplification. Je ne ne soumet pas au despotisme des ces gens-là. Je n'ai jamais été, je ne suis pas, et je ne serai jamais une victime du totalitarisme. J’exècre ce stakhanovisme. Je n'ai rien à voir avec ces victimes volontaires de la pensée unique, de la condescendance, de l'abrutissement. Et je continuerai à rédiger des textes nécessitant attention, concentration, lecture approfondie, réflexion.
 
Je continuerai également à les publier ici ou ailleurs. Comme je l'ai toujours, je décortiquerai toujours les multiples et nombreux aspects d'un événement, d'un sujet d'actualité, d'une idéologie, d'une philosophie. Je détaillerai toujours les maintes configurations du sujets auquel je m'attaque ; leurs causes et leurs conséquences. Que ce sujet soit historique, religieux, social, civilisationnel, environnemental, peu importe. Qu'il s'interroge sur les bouleversements climatiques en cours, sur le devenir de l'espèce humaine, sur la science, etc., mon approche sera toujours appuyée sur les savoirs que j'ai acquis les concernant. Mon approche sera toujours raisonnée. Elle sera toujours dotée de toute la rigueur intellectuelle dont je suis pourvu. Intègre, indépendant, sincère, honnête, me moquant des foudres éventuelles dont je suis l'objet, des jugements et des condamnations que certains et certaines me destinent, je ne m'en écarterai jamais.
 
Au contraire, plus ces médiocres me prendront pour cible, plus ils renforceront ma détermination à les contrer. Plus ils me montreront leur arrogance, leur égocentrisme, leur désir de me faire taire, plus ma seule réaction à leur encontre sera le mépris, la pitié, le dédain. Car, bien entendu, malgré toutes leurs tentatives en ce sens, jamais ils ne me musèleront. Et si ce n'est pas ici que je peux m'exprimer, Internet recèle d'innombrables ressources grâce auxquelles je peux faire entendre ma voix. Et aussi infime que soit sa portée - car je suis pleinement conscient que je ne suis grain de sable égaré au milieu de milliards d'autres grains de sable dont ils sont, elle a autant de valeur que la leur. Ils ne méritent rien d'autre de ma part. Je les plains énormément ; réellement !!!
 
D'autant plus que beaucoup de personnes me soutiennent dans ma démarche. Beaucoup de personnes me lisent. Beaucoup de personnes prennent du temps pour aller au bout de mes textes. Beaucoup de personnes se servent de leur intelligence et de leur raison pour les scruter, pour se référer à d'autres textes anciens ou récents dont ils sont parfois le complément. Ils les apprécient pour cela, justement. Et ils en redemandent. Quand je me tais durant plusieurs jours ou plusieurs semaines d'affilée, ces personnes me sollicitent, me demandent d'en publier des inédits. J'ai beau leur expliquer que je ne peux pas, que je suis en pleine rédaction d'un ouvrage sur les origines de la Civilisation - la période allant de la dernière Glaciation de Würm aux premières Cités-Etats d'Ur ou de Sumer en ce moment -, elles insistent. Alors, ces quelques voix médisantes, puériles, fielleuses, malveillantes, elles me laissent de glace...
 
Voilà ce que je tenais à dire aujourd'hui, en complément de mes trois textes évoquant ce thème brulant qu'est la crise du Coronavirus. Voilà la conclusion - provisoire peut-être, je ne sais pas - de ces intitulés : "Mardi 17/03/2020", "A propos du Coronavirus...", et "Quels inconscients que ces gens !!!".
 
Quant au reste, comme je l'ai brièvement mentionné en préambule, aujourd'hui c'est dimanche. Et si ce n'est ce texte, aujourd'hui, je me repose. Une fois ce dernier terminé, je vais rejoindre mon canapé. Des tas de documentaires, de reportages, de débats télévisés, m'attendent car enregistrés sur le disque dur du lecteur-enregistreur rattaché à mon téléviseur de salon. Envoyé Spécial, Complément d’enquête, Zone Interdite, Faites entrer l'accusé, un documentaire sur le Big-Bang et les théories de Stephen Hawking et d'Albert Einstein, ou sur les dernières années de la Guerre Froide. J'ai un large choix. Dehors, le temps est gris, voire pluvieux. Il y a du vent, et les températures ont baissé. Donc, mon après-midi va être consacré à rattraper le visionnage de tout ceci qui s'y est accumulé depuis près de deux semaines.
 
Je reviendrai brièvement ici vers 19h. Mes derniers mails, une observation fugitive des commentaires liés à ce texte. Puis, j'éteindrai mon ordinateur. Ce soir, un film : j'en ai des dizaines à visionner en retard également. Peut-être le "J'accuse", de Polanski. D'autant que j'ai un ouvrage sur l'Affaire Dreyfus à lire, qui trône en bonne place parmi la quarantaine de titres - beaucoup de romans, mais pas seulement - entassés dans ma chambre. Et enfin, de 23h à 1h ou 2h du matin, lecture. Après avoir terminé hier soir les 1600 pages de "Dominium Mundi", un diptyque de science fiction que je recommande chaudement parce qu'il m'a époustouflé, j'ai entamé la lecture du dernier numéro de "l'Histoire". Son dossier se penche sur l'année 1870 ; et la guerre franco-prussienne. Passionnant s'il en est. Car ayant longuement étudié cette période il y a plus d'un an, par expérience, je sais qu'il y a énormément à en dire.
 
Sur ce, chers lecteurs et chères lectrices, je vous laisse. Il est temps pour moi de m'éclipser. Je vous souhaite tout le meilleur possible. Profitez pleinement de votre dimanche. Prenez soin de ceux et de celles que vous aimez et qui vous chérissent. Faites attention à vous. Reposez-vous, détendez-vous, changez-vous les idées, divertissez-vous, cultivez-vous !!! Ce ne sont pas les activités intérieures qui manquent pour qui sait les discerner. Et surtout, ne sortez-pas, il en va de votre santé et de la santé des autres. Quant à moi, mes pensées les plus amicales sont en permanence tournées vers vous...
 
Dominique Capo

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21 mars 2020

Quels inconscients :

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Oui, vraiment !!! Quels inconscients !!! Quand je constate au travers de reportages récents, à quel point certaines personnes - mais heureusement pas toutes, loin de là - négligent les plus élémentaires des précautions, ça me révolte. Des gens qui, parce qu'ils ne peuvent se rendre à leur travail parce que "confinés" - enfin, normalement - ont le sentiment d'être en vacances.
 
Ils se promènent dans la rue, déambulent dans les parcs, font du jogging loin de leur domicile, se regroupent et discutent comme si de rien n'était sur les trottoirs ou dans les squares entourés de gazon. Quelques-uns y organisent des piques-niques ; d'autres "s'aèrent" - quel prétexte tout trouvé !!! - avec leurs enfants ou, et, leurs conjoints, dans les allées des esplanades alentours. Il fait beau, le soleil brille, la température de ce début de printemps est agréable. Après-tout, pourquoi ne pas profiter de cette opportunité, de cette aubaine, pour tirer parti des mesures de confinement prises par le gouvernement...
 
Quels imbéciles !!! Quels crétins !!! Que ces gens sont stupides et imprudents, déraisonnables et égoïstes !!! Leur insouciance risque de leur couter cher. Leur inconséquence est le meilleur moyen qu'eux-mêmes, leur famille, leurs proches, leurs amis, etc. soient les victimes du coronavirus qui se propage de façon exponentielle à travers la France actuellement. Ils se mettent en danger - de mort éventuellement - parce qu'ils s'imaginent que ce fléau n'est pas susceptible de les atteindre, eux, ceux et celles qu'ils aiment, et qui tiennent à eux. Comme si ses effets ne les concernaient pas. Comme si les directives imposées par les autorités devaient être appliquées par tout le monde ; sauf par eux ou elles, évidemment. Puisqu'ils ou elles sont meilleurs, plus avisés, plus expérimentés, ou plus circonspects que tout un chacun.
 
Les médecins ont beau pousser des cris d'alarme : "Surtout, ne sortez pas de chez vous. Sous aucun prétexte, si ce n'est pour effectuer vos courses alimentaires, si ce n'est pour vous rendre en pharmacie ou chez le médecin si vous en avez besoin. Surtout, n'encombre pas les urgences des hôpitaux pour une blessure ou une affection que votre praticien peut soigner, si ce n'est pour vous aérer un quart d'heure en faisant le tour du pâté de maison. Pour les joggeurs ou les sportifs du dimanche, en vous adonnant à vos exercices dans un périmètre proche - moins d'un kilomètre - de votre domicile.". Ces consignes sont martelées en permanence, mais c'est chacun pour soi !!!
 
Les médecins ce cessent pourtant de prévenir : "Même si vous n'êtes pas atteint par le coronavirus, sans le vouloir, sans le voir, par mégarde, une ou des personnes que vous croisez dehors sont susceptible de le porter ; de vous le transmettre. Et si ensuite vous n'en n'avez pas les symptômes, vous êtes à même de le diffuser auprès de tous ceux et toutes celles qui vous entourent, qui eux, sont peut-être plus fragiles que vous. Qui, eux, peuvent en subir de graves effets, voire en mourir...". Mais rien n'y fait !!!
 
En outre, lorsque je songe à tous les professionnels de santé, médecins de ville, urgentistes, infirmier(e)s, hospitaliers, qui s'épuisent, qui poussent leur état physique ou émotionnel au-delà du raisonnable, au-delà de leurs capacités, afin de préserver la vie, je ne peux être qu'en colère vis-à-vis des gens qui ne songent qu'à eux-mêmes. Ces gens qui sont outrés parce qu'on leur restreint momentanément leurs libertés au nom de la santé publique. Quand je pense à ces aides à domicile, à ces soignants de toutes sortes, qui se préoccupent des personnes âgées, fragiles, isolées, particulièrement vulnérables au coronavirus, et qu'ils protestent parce que leur sont momentanément limités les droits auxquels ils sont habitués, je crie au scandale. C'est indigne !!! Quand je constate leur manque de masques, de moyens humains ou matériels, de gel hydroalcooliques, et que ces gens font fi des avertissements qui leur sont donnés, à mes yeux, ça démontre combien ils sont sourds et aveugles !!!
 
Voulez-vous être responsable de la propagation du coronavirus parce que vous n'aurez pensé qu'à votre petite personne ? En insensé, en téméraire, en indifférent aux autres, en égocentrique, en présomptueux, que vous êtes !!! D'un coté, vous vous précipitez dans les supermarchés, vous les dévalisez. Vous vagabondez dans les marché en plein air, alors que la promiscuité y est plus importante qu'ailleurs. Vous faites des provisions d'aliments de première nécessité par peur de manquer ; mus par une terreur sans fondements. Affolés, vous cherchez par tous les moyens de masques de protection, des gants, des flacon de gel hydroalcooliques, alors que les professionnels de santé, les médecins hospitaliers, les malades à un stade avancé des effets de ce fléau, en ont davantage besoin que vous.
 
Vous n'acceptez pas que l'on vous interdise les voyages inter-urbains, que l'on vous interdise de vous rendre dans votre maison de campagne, que vous empruntiez le train, l'autoroute, sans un motif rigoureusement impérieux. Vous râlez parce qu'à chacune de vos sortie impérativement nécessaire, vous devez vous munir de votre attestation de déplacement dérogatoire. Vous vous insurgez quand vous êtes pris la main dans le sac de ne pas l'avoir emportée avec vous, parce que votre trajet n'est pas évalué comme impératif par les forces de l'ordre qui vous verbalisent. Inouï !!!
 
Et parallèlement, vous flânez sur les plages, vous profitez du soleil en vous baladant tranquillement, paisiblement, sereinement, comme si tout allait bien. Vraiment !!! Comme si les gens souhaitaient que la situation s'aggrave !!! Comme si leurs petites misères personnelles étaient plus importantes que la tentative d'enrayement de cette épidémie !!! Comme si leurs intérêts partisans avaient plus de valeur que leur santé, la protection sanitaire de l'ensemble de la population. Pauvres fous !!!
 
Il sera bien temps, une fois que les ravages de ce virus se seront évanouis, une fois que des parades médicamenteuses, puis à plus long terme un vaccin, sur lesquels les infectiologues travaillent d'arrache-pied - et qui ne seront pas prêts avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois - de de faire valoir ses requêtes individuelles. Ces difficultés de toutes sortes engendrées par cette crise sanitaire hors-normes !!! Le moment pour cela n'est pas encore venu. Pour l'instant, c'est la vie, conserver la sienne et celle des siens, des autres plus généralement, qui prime. Les considérations personnelles, économiques, industrielles, sociales, le manque de liberté de mouvement, viennent après.
 
Ce que je vais dire va peut-être faire grincer des dents - une fois de plus - certains ou certaines !!! Mais tant pis. Je pense que les gens qui se comportent de cette manière mériteraient d'attraper le coronavirus. Bien-sûr, je ne souhaite par leur mort. Mais plutôt une grosse frayeur en développant quelques-uns de ses symptômes plus ou moins virulents. Ainsi, peut-être cela leur ferait-il comprendre la gravité de la situation.
 
Par ailleurs, je commence à observer des personnes qui se plaignent d'être enfermés chez elles toute la journée. Préfèrent-elles être à l’hôpital, en train de succomber au coronavirus ? Préfèrent-elles contaminer ou être contaminées parce qu'elles ont été inconscientes ? Comme si demeurer chez soi était une monstruosité. Comme si parce qu'il étaient chez eux, ils étaient obligés de tourner en rond. Comme si le fait d'être entre quatre murs pour une longue période les condamnait forcément à l'immobilisme, à l'inactivité, à l'ennui.
 
Vraiment, c'est là où je me rends compte que les gens sont tellement soumis à leur train-train quotidien, à leur "métro-boulot-dodo" qu'ils n'ont aucun autre horizon. Ils n'ont aucune autre perspective que le conditionnement au travail, à la consommation à outrance, à la rentabilité et à la performance institutionnalisées. Ils se disent individualistes, et leurs comportement le prouvent. Mais, parallèlement, ils sont dépendants de que aujourd'hui semble superflu, non vital à la sortie de cette crise. Plutôt que de se recentrer sur l'essentiel, ils se plaignent. Ils se précipitent sur les réseaux sociaux afin de propager les rumeurs, les fake-news. Ils s'imaginent des complots contre leur mode de vie parce que leur modèle de société est à l’arrêt.
 
Je dirai même plus : comme ils sont enchainés à tout ceci, pour combler le vide qu'il y a en eux, ils ont besoin de trouver des boucs émissaires, des coupables à leur situation. Il faut nécessairement qu'il y ait des intervenants qui aient organisé la diffusion de cette pandémie. Et quand ils n'en trouvent pas, ils les inventent. Parce qu'ils sont incapables de concevoir que ce virus est - pour le moment - incontrôlable. Leur peur leur faire croire tout et n'importe quoi. Ils préfèrent se fier à l’irraisonnable plutôt que d'user de leur intelligence et de leur réflexion pour réaliser la portée des événements auxquels ils sont confrontés.
 
Personnellement, je n'ai pas peur de cette situation de confinement. Après tout, je suis écrivain. Je passe la majorité de mon temps derrière mon ordinateur. Des heures durant, je me plonge dans mes recherches historiques, philosophiques, religieuses, mythologiques. J'écris parfois des articles relatant ma vision de certains aspects de l'actualité la plus chaude du moment. Mes propos n'engagent que moi. On peut ne pas être d'accord avec ce que je relate, avec mes pensées. Normal, chacun est différent, chacun à sa manière de considérer les choses. Mais, comme je ne sors jamais de chez moi - ou quasiment jamais - et que de nombreuses personnes ici ou ailleurs sont intéressés par ce que je publie, je m'emploie à partager avec elles ce que je discerne de celles-ci.
 
Quant à ceux et celles à qui ça ne plait pas, qu'ils aillent se faire voir ailleurs. Il y a assez de place sur le Net et sur les réseaux sociaux pour que chacun s'y exprime librement. Et puis, s'ils ne sont pas satisfaits de mes propos, qu'ils consacrent des heures à rédiger ce qu'ils en pensent. Au moins, ça les occupera !!!
 
De plus, le fait que je ne puisse pas sortir de chez moi depuis des années m'a enseigné un élément fondamental. Même quand on est en permanence chez soi, il y a toujours de quoi remplir ses journées. Pour ma part, il y a même des fois où vingt-quatre heures n'y suffisent pas. C'est souvent, d'ailleurs.
 
Entre mes écrits, mes myriades de lectures, mes DVD, émissions télévisées en retard, mon quotidien concernant la prise en charge de la sclérose en plaques de Vanessa, je ne m'ennuie jamais. Et mème lorsque tout ça est terminé, avec un peu d'imagination et de curiosité, mon esprit est toujours à l'affut de nouveaux objectifs, de nouveaux défis à relever. Ainsi, par exemple, quand j'étais consigné chez moi à la suite de mes opérations de chirurgie esthétiques destinées à effacer une fraction de la tâche de vin que j'avais sur le visage, deux mois durant il m'a été interdit de sortir de mon domicile. En plus, je me souviens, c'était lors d'un Été particulièrement chaud. Eh bien, je me suis armé de feuilles de papier canson, de crayon de papier, de stylos feutre à pointe fine, de crayons de couleur. Et pendant cette période, j'ai dessiné sur papier la carte d'un monde d'héroic fantasy issu de mes textes littéraires personnels d'alors. Il m'a fallu deux mois, matin et après-midi, à concevoir cette carte de deux mètres sur deux mètres.
 
Autre exemple plus récent, et qui parlera à ceux et celles qui ont déjà visionné des photos de l'appartement dans lequel je vis depuis plus de quinze ans : sur l'une d'elles, on voit une gigantesque mappemonde du XVIe siècle accrochée au mur surplombant mon lit ; dans ma chambre. En fait, il s'agit là d'un puzzle de 24 000 pièces, auquel je me suis attelé il y a une dizaine d'années maintenant. Il m'a fallu près de six mois pour le terminer. Parfois, en y consacrant juste quelques minutes quotidiennement. Parfois, plusieurs heures d'affilée, à un poursuivre l'élaboration.
 
Évidemment, pour ce genre de projet, comme pour bien d'autres équivalents, il est nécessaire d'être concentré, d'avoir de ma patience, d'être persévérant, que sais-je encore. Or, dans une société comme la notre, où tout va vite, où tout n'est qu'éphémère et superficiel, ce ne sont pas des qualités qui sont mises à l'honneur. De la même façon, lorsque j'écris - notamment ce genre d'article, mais pas seulement -, ces qualités sont impératives. Il faut être minutieux, attentif, user de toute son énergie mentale. Il faut lire, énormément. Il faut décortiquer les informations que l'on accumule, les synthétiser, en modifier l'ordre éventuellement. Il faut approfondir certains paragraphes, en couper d'autres. Il faut corriger les fautes de grammaire et d'orthographes, ôter les lourdeurs, les répétitions, les coquilles lexicales.
 
Pour tout cela, il faut du temps. Ce temps dont la plupart des gens conditionnés par leur métro-boulot-dodo ont oublié la valeur - pas financière !!! -, auquel ils sont inévitablement enchainés. A mes yeux, cette façon d'être, de se comporter, de se soumettre aux diktats d'un modèle de société dont ont voit aujourd'hui les limites et la fragilité, est l'un des éléments qui pousse notre civilisation vers l'abime à plus ou moins brève échéance. Ce n'est pas le seul élément, loin de là. Il y en a des myriades d'autres - économiques, industriels, sociaux, sanitaires, environnementaux, climatiques, à prendre en compte, c'est évident. Néanmoins, anthropologiquement parlant, il est fascinant de constater à quel point ils en sont dépendants. A quel point leurs ressources personnelles, leur inventivité, leur adaptabilité est sclérosée par leur conditionnement.
 
Il n'y a que lors de crises telle que celle que nous traversons actuellement, et qui n'est que le prélude à minima - après tout, même si chaque décès est dramatique et que je salue l'abnégation et le courage des soignants qui s'investissent avec force dans leur mission, la mort est de toute façon inéluctable - des celles qui se profilent à l'horizon, que ces grandes questions civilisationnelles se posent. Elles nous contraignent, que nous le voulions ou non, que nous le puissions on nous, que nous y soyons préparés ou non, à voir la réalité en face : rien en ce monde n'est figé. Notre modèle, économique, social, médical, industriel, nos interactions, nos façons de nous déplacer, nos priorités, fluctuent en permanence au cours des siècles, des décennies, des années. Ce que nous croyions pérenne peut être balayé du jour au lendemain. C'est ainsi, il en a toujours été ainsi, il en sera toujours ainsi.
 
Ceux et celles qui sont dominés par leurs conditionnements se condamnent eux-mêmes à la vulnérabilité. Face à des catastrophes de cet ordre, ceux et celles qui négligent ou méconnaissent les enjeux planétaires de tels épisodes, sont les premiers à en être victimes. Et encore, le coronavirus à un taux de mortalité de 2 à 3 % de mortalité concernant ceux qui en sont atteints. 15 à 20 % en auront des symptômes relativement importants, mais qui finiront par s'effacer. Le reste n'en n'aura pratiquement pas de séquelles. Et si un décès lié à ce fléau est déjà un décès de trop, 2 ou 3 % de décès dans un tel contexte n'est pas si élevé. Imaginez qu'un jour prochain - ce qui est une certitude, bien que nous ne sachions ni quand, ni comment, ni où cela se produira - une catastrophe de plus grande ampleur advienne. Ce que nous parvenons en ce moment à conserver tant bien que mal malgré les restrictions auxquelles nous sommes soumis, s'effondrera définitivement, inévitablement.
 
Il est évident qu'il y aura forcément un "avant" cette crise, et un "après" cette crise. D'une manière ou d'une autre, elle marquera en profondeur notre nation. Et je ne parle même pas du reste du monde. Il est plus que certain que ses retombées seront immanquablement incalculables dans bien des domaines, une fois terminée. Nous serons entrés dans une ère nouvelle. Ceux et celles qui mésestiment, se moquent, atténuent ses impacts, vont très vite comprendre leur erreur. C'est pour cette raison que dépendre le moins possible de ces automatismes institutionnalisés est vital. C'est pour ça que savoir s'en affranchir et chercher individuellement à agir autrement dans le but de préserver la communauté à laquelle nous appartenons, est nécessaire. Mieux, c'est indispensable.
 
Je n'en n'ai jamais été aussi conscient qu'à l'heure actuelle. Au vu des événements, des comportements de certains et certaines qui minimisent tout ça, je me devais de le souligner. Il s'agit pour autant là que de très peu d'aspects liés à cette crise que j'ai mis en avant. Il faudrait des dizaines, des centaines de pages, des livres entiers, pour en analyser tous les aspects. Qui plus est, je gage que rares sont les personnes qui vont prendre le temps de lire ce texte, de réfléchir au message qu'il tente de véhiculer. Toujours cette éphémérité et celle superficialité qui est à l’œuvre. Toujours ce "moi, de toute façon, je serai épargné quoi qu'il advienne". Cependant, je me devais, en tant qu'être humain lié cette communauté tout simplement, de l'évoquer...
 
"Alea Jacta est"...
 
Dominique Capo

 

Posté par dominique913 à 16:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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20 mars 2020

Un de' ces impondérables que je déteste tant :

W1

Normalement, ce matin, j'avais fait en sorte de m'organiser afin d'avoir le maximum de temps à consacrer à la poursuite de la rédaction de mon ouvrage sur les origines de la Civilisation. Car hier, enfin, après près de deux semaines d'aléas personnelles qui m'avaient contraint à le laisser de coté, j'avais pu m'y replonger quelques minutes. Avec pour but, cet après-midi, de retrouver mon rythme de travail habituel. D'autant plus que ça me manquait : j'étais très affligé de ne pas en avoir écrit une ligne depuis quinze jours.
 
Aujourd'hui, j'avais même un peu de temps pour évoquer certaines de mes pensées relatives aux conséquences humaines de l'épidémie de coronavirus qui touche actuellement la France. Je pensais pouvoir retranscrire un article à son propos entre 14h et 15h. Puis, je me serai replongé dans mes notes et les paragraphes du chapitre détaillant le premier tâtonnements de l'espèce humaine en matière de civilisation- entre la dernière Glaciation de Würn vers 12 000 avant J.C. et l'émergence des premières Cités-Etats sumériennes au début du IVe millénaire avant notre Ère.
 
Or, ce programme si bien établi a soudainement été bouleversé ; encore une fois à partir d'un événement auquel je n'étais pas préparé. J'avoue que celui-ci m'a affecté, et que c'est le genre d'incident qui, peut-être peut paraitre anodin, voire facilement gérable pour la plupart des gens. Cependant, pour moi, cette sorte d'impondérable me heurte, me meurtrit, m'anéantit, à chaque fois avec une violence que j'ai une grande difficulté à relater au travers de simples mots. Une forme de sidération m’empêchant de penser, de réfléchir lucidement. Car mes émotions me submergent, tandis qu'une angoisse impossible à juguler s'empare de moi.
 
Heureusement, cette fois-ci, je n'ai pas fait de crise de nerfs, comme c'est le cas d'habitude. Je n'ai pas paniqué, du moins extérieurement. Intérieurement par contre, c'est comme si le ciel s'effondrait sur ma tète. Et je n'en ressors jamais indemne. Ma fragilité émotionnelle s'accentue. Et je ressors d'une telle expérience blessé, humilié, détruit.
 
En début d'après-midi, avec mon caméscope, j'avais l'intention de faire une petite vidéo destinée à accompagner le texte soulignant mon opinion sur l'inconscience de certaines personnes en ce moment. Celles-ci ne suivent pas les consignes de confinement afin d'éviter par le coronavirus, et à mes yeux c'est incompréhensible. Mais j'y reviendrai demain...
 
En tout état de cause, j'avais déjà enregistré quelques images sur mon caméscope, et je m’apprêtais à poursuivre. J'étais devant mon téléviseur de salon, ainsi que le lecteur-enregistreur qui lui est accouplé. J'étais en train de positionner mon caméscope pour commencer à filmer. Or, ma jambe handicapée m'a déstabilisée. J'ai vainement et désespérément tenté de garder mon équilibre. Sans succès. Je suis tombe de tout mon long, et j'ai percuté la baie vitrée qui longe l'ouverture menant au balcon de mon appartement. Une portion de cette dernière s'est fissurée. Son encadrement est sorti de son support. Et ce n'est qu'en me relevant que je me suis aperçu de l'ampleur des dégâts.
 
Ça fait quinze ans que j'habite cet appartement, et jamais je n'ai eu d'incident de cet ordre. Oh, bien sûr, j'ai subi d'autres incidents. Notamment le jour où mes toilettes ont fui et que j'ai dû les écoper toute la nuit parce que, malgré l'aide d'un voisin pour en stopper l'arrivée d'eau, elles ont continué leur goutte à goutte. Une nuit en enfer. Heureusement que le plombier est venu pour les réparer le lendemain matin. Mais je n'ai pas dormi de toute la nuit.
 
Cette fois-ci, c'était au tour de la baie vitrée. Des impondérables, me direz-vous !!! Je les abhorre, je les déteste, je les maudit. Ils me mettent dans un état de nerfs à la limite du supportable. Ma tension monte en flèche. J'en ressors épuisé autant nerveusement que moralement ou physiquement. C'est conne une séance de torture : ce goutte à goutte qu'on fait glisser peu à peu sur le prisonnier jusqu'à ce que cela devienne intolérable pour lui ; le conduise aux portes de la folie.
 
J'ai immédiatement appelé un vitrier, après en avoir cherché le numéro de téléphone sur Internet. Évidemment, avec l'épidémie du coronavirus et le confinement généralisé, ils étaient tous fermés. J'ai appelé les services de la mairie, qui m'ont timidement conseillé. J'ai appelé ma mère, qui habite à 300 km de mon domicile. Dans un sens, avoir cette dernière au téléphone m'a fait du bien. J'ai réussi à surmonter cette terreur qui s'insinuait en moi. Elle m'a apaisé. Ensuite, j'ai appelé mon assurance, pour lui expliquait ce qui venait de se dérouler. Auparavant, j'avais tout de même fini par joindre un "réparateur d'astreinte" qui, heureusement, m'a dit qu'il viendrait colmater les dégâts une heure plus tard. Mon assureur - ma banque, en fait -, m'a dit que ce genre de problème était pris en charge. Une fois le réparateur d'astreinte parti, j'ai scanné sa facture, je l'ai envoyé par mail à mon assureur. La suite devrait s'effectuer tout seul, sans que j'ai nécessité d'intervenir.
 
Quand le réparateur a sonné à ma porte, et après que je l'ai fait entrer, il a tout de suite constaté la situation. Un homme très gentil, au demeurant. A l'aide d'adhésif professionnel, il a colmaté les ouvertures, afin que le tout soit rendu hermétique. Il est resté sur place environ une heure. Et au lieu des 500 euros que j'avais craint, comme il me l'avait suggéré pour ce genre d'intervention par téléphone, ce n'est que près de 200 euros que j'ai dû lui payer. Toutefois, pour changer cette portion de la baie vitrée grandement endommagée, il faudra attendre la fin du confinement. Et que les entreprises spécialisées dans ce genre de réhabilitation soit à nouveau actives. Or, à mon humble avis, il faudra au minimum un à deux mois pour que ça revienne à la normale.
 
Franchement, comme si on avait besoin de cette sorte de problèmes dans les conditions actuelles. Je sais, je suis conscient, qu'il y a des situations amplement pires que la mienne. Je sais, je suis conscient que je ne suis pas le plus à plaindre. D'autant que j'aurai pu me blesser lors de ma chute, si la vitre s'était brisée, et non fissurée. Mais quand même, pour moi, c'est générateur de stress, d'angoisse, de peur. C'est une violence intérieure qui me fragilise émotionnellement. Qui m'épuise, alors que j'ai tellement besoin de calme et de tranquillité. Alors qu'en parallèle, m'occuper de Vanessa et des symptômes quotidiens de sa sclérose en plaques n'est pas de tout repos.
 
J'espère que le week-end sera plus paisible, plus serein. Et demain, j'espère que je pourrais enfin reprendre un rythme de vie normal, habituel, tel que je n'en n'ai pas connu depuis deux ou trois semaines. C'est à dire, consacrer ma matinée à rédiger l'article sur le confinement lié au coronavirus le matin. Et l'après-midi, reprendre la rédaction de mon livre sur les origines de la civilisation. Le pire, c'est que depuis deux jours, j'étais parvenu à retrouver un certain équilibre - pas entièrement, loin de là - dans mes activités journalières...
 
Dominique Capo