Mes Univers

19 octobre 2017

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 926 à 927 / 1803

X1Pendant son règne, Tamerlan veut faire de Samarkand la plus belle ville du Monde. Aussi, lors de ses conquêtes, épargne t’il les meilleurs artisans afin qu’ils viennent embellir sa capitale.

 

La décoration de la ville s’inspire des arts chinois et iranien ; la céramique y tient une grande place. Les peintures murales y sont assez rares ; ce sont surtout les miniatures qui servent à l’ornementation des lieux. Elles servent aussi à l’enrichissement des manuscrits ; ce travail exigeant de longs mois de travail assidu. Les peintres s’inspirent des événements de la vie des princes – batailles, réceptions royales, constructions de palais – ou de Mythes et de Légende, pour les rendre plus vivantes.

 

Samarkand abrite les mausolées des membres de la famille impériale dans la nécropole de Chah-e Zendeh ; capitale d’un souverain musulman, elle renferme également de nombreuses mosquées, dont la plus vaste d’Asie centrale, Bibi Khanum : édifiée en 1404 sur l’ordre de Tamerlan, celle-ci mesure 167 mètres de long sur 109 mètres de large.

 

Durant tout son règne également, Tamerlan est un musulman fanatique. Il combat sous la bannière du Prophète, sans cesser cependant de piller et de massacrer. Il consacre d’ailleurs sa vie aux expéditions guerrières, mais, malheureusement, il ne bâtit pas un Empire stable : il doit intervenir à plusieurs reprises dans les mêmes territoires, car il ne s’occupe pas d’y consolider sa domination. Il cherche rarement en effet à instaurer un nouveau gouvernement et ne s’occupe pas des affaires internes des pays occupés : il agit sans se soucier de l’administration de ses territoires ou du bien-être de ses sujets. Ses expéditions ne sont pas programmées selon un projet d’ensemble.

 

Cependant, il supprime presque toutes les communautés religieuses non musulmanes dans son Empire. Il envoie, par exemple, une expédition en Kachgarie, qui pille Yarkand, Aksou et Koutcha et repart par Khotan et le Ferghana. Disparaît alors ce qui reste du Bouddhisme dans ces régions d’Asie centrale.

 

Mais Tamerlan massacre aussi les musulmans des autres sectes, au nom de sa conception de l’orthodoxie, en réalité pour combler ses ambitions territoriales : la foi des Turco-Mongols est en effet peu profonde. Il s’agit davantage d’opportunisme : chef de guerre avide et cruel, Tamerlan se contente, en fait, de semer la terreur au cours de razzias sanglantes. Son objectif est d’amasser le plus de richesses possibles.

 

Par ailleurs, les Mongols de Tamerlan inaugurent une nouvelle pratique religieuse : en empilant des cranes les uns sur les autres, ils construisent un « minaret ». Tamerlan en fait ériger à l’entrée des villages et des châteaux forts : Ispahan compte ainsi 45 tours, de 1000 à 2000 tètes chacune.

 

Pour ces macabres constructions, les soldats utilisent les tètes des guerriers tués au combat mais aussi celles des civils, mâles pour la plupart : chacun d’eux doit en rapporter un certain nombre aux maçons chargés de l’érection. Ces édifices sont des objets sacrés, symboles de puissance, et servent d’avertissement à l’ennemi.

 

Tamerlan meurt le 19 Janvier 1405, à Ottar, juste avant d’attaquer la Chine, et est enterré dans un somptueux mausolée, le Gur-e Mir, à Samarkand. L’un de ses petit-fils assure un moment l’interrègne. Mais le véritable héritier de Tamerlan, son fils Shah Rokh, monte sur le trône en 1406.

 

 

Inde, XIVème siècle :

 

En 1336, les sultans de Delhi envoient un prince hindou restaurer l’ordre dans le Sud de l’Inde, après l’avoir converti de force à l’Islam. Mais en fait, dès son arrivée, le prince Harihara établit son propre royaume, autour de Vijayanagar – « la Cité de la Victoire » -, une ville royale et une ville sacrée, protégées de plusieurs murailles. Il gouverne alors en prince légitime et prouve sa reconnaissance en construisant des temples.

 

A partir de 1343, elle devient la capitale d’un Etat puissant, étendu à tout le Sud de l‘Inde. Et, pour faire oublier sa conversion forcée, Harihara encourage un renouveau culturel hindou. Malheureusement, les deux royaumes entrent vite en conflit, notamment à propos du contrôle des ports, débouchés d’un fructueux commerce international.

 

En 1345, ce sont les gouverneurs Turcs du Deccan qui se révoltent contre l’autorité du sultanat de Delhi, en fondant la dynastie des Bahmanides.

 

A suivre...


18 octobre 2017

Brèves Philosophiques, pages 347 à 349 ; Juste un grain de sable, seconde partie :

X1Comme pour n'importe quel autre sujet étudié de façon la plus rigoureuse, la plus sérieuse – et en dehors de tout dogme ou idée religieuse préconçue – possible, les réponses existent. Il suffit de les chercher. Il suffit de lire les ouvrages des professionnels ayant travaillé des années durant, et en se basant sur des données fiables, incontestables et incontestées, rigoureuses, etc, leur permettant d'avancer les enseignements qu'ils en ont tiré. Mème sans lire tous leurs ouvrages systématiquement, des résumés de ceux-ci existent sur de nombreux sites internet. A la télévision, à la radio, dans les journaux – peu importe -, il y a des documentaires, des articles, des débats innombrables, apportant des informations très riches, passionnantes, fascinantes. Elles sont à portée de main pour qui veut en apprendre davantage.

C'est mon cas. Ça l'a toujours été, et ce le sera toujours. Je lis énormément. J'ai effectué énormément de recherches à la Bibliothèque Nationale lorsque j'y travaillais. Ensuite, j'ai poursuivi, et aujourd'hui encore, dès que de nouvelles données sont à disposition, je m'y plonge. Je visionne également beaucoup de documentaires, de débats. Bref, je m'informe au jour le jour, continuellement, inlassablement, afin d'affiner mon regard et ma perception de ces sujets. C'est ainsi que je me fais ma propre opinion.

Non pas en me basant sur une unique source de renseignements. Mais en confrontant toutes celles que j'ai lu, visionné, entendu. En réfléchissant par moi-même sur la pertinence des arguments présentés. En me disant « j'ai plus confiance en celle-ci plutôt que l'autre. » par exemple. En les remettant régulièrement à jour au gré des nouvelles connaissances auxquelles j'ai accès par la suite. Puis, finalement, et temporairement – puisqu'il y a toujours des informations supplémentaires qui viennent étayer les précédentes -, je me forge mes propres conclusions. Et ce, je le répète, dans n'importe quel domaine du Savoir que je suis avec attention, passion, intérêt, fascination.

Evidemment, malgré la curiosité insatiable dans maints aspects de la Connaissance, qui m'anime, je ne sais et ne saurai jamais tout ce qu'il est concevable de savoir. Je demeure humble face à l'étendue de mon ignorance pour une multitude de thèmes. Je suis conscient de n’être qu'un grain de sable perdu parmi la multitude d'autres que comptent les membres de l'Humanité. Cependant, j'ai remarqué, depuis que j'ai commencé à publier des textes sur des sujets tels que celui-ci qui me sont particulièrement chers, que de nombreuses personnes me lisaient, me demandaient mon avis, m'interrogeaient sur ma vision des choses.

Je n'en tire ni gloire, ni honneur, que vous me croyiez ou non n'a aucune importance – je m'adresse à mes détracteurs. J'ai toujours eu pour habitude – pour des raisons qui me sont personnelles, et que seuls ceux et celles qui ont lu mon autobiographie partielle, peuvent éventuellement un peu comprendre – de demeurer dans l'ombre.

Je suis quelqu'un qui ne me mets jamais en avant. Cela me révulse, parce que mon intention n'est pas de tirer orgueil ni gloire de l'homme que je suis, de ce que je sais – ou pas -, de ce qui m'anime au fond de mon cœur, de mon esprit, de mon âme.

 

A suivre...

17 octobre 2017

Mémoires, pages 52 à 54 / 311

X1D'autant que mes arrière grands-parents ou mes grands-parents ont eu une nette tendance à s'isoler. Quand ils demeuraient au sein de notre propriété familiale, si ce n'est pour aller faire leurs courses, ils ne se mêlaient pas aux affaires du pays. Que ce soient les fêtes du 14 Juillet, les commémorations du 11 Novembre, les agapes rassemblant tout le monde à la salle de réception de la mairie, ils n'y participaient pas. Chacun savait qui ils étaient, quelle était leur profession, de quelle famille était issu mon grand-père, où il était né, etc. Quand on les croisait, on les saluait. Mais personne, sauf en cas d'urgence, ne se serait aventuré à venir les importuner. Et rares sont ceux, à part nos arrières petits-cousin ayant eu le privilège de partager nos réunions dynastiques ; j'y reviendrai un peu plus tard.

Il n'y a qu'en 2007, que les choses ont été différentes. Lors de l'enterrement de mon grand-père ? pratiquement l'ensemble des résidents ont défilé devant le cadavre de celui-ci . Tous se sont incliné devant lui sur son lit de mort, comme c'est la coutume. D'innombrables personnes que je n'avais jamais vu se sont déplacé. Elles ont souhaité leurs condoléances à ma grand-mère et ma mère. Elles les ont épaulé moralement au cours de la messe et de la mise en terre. Beaucoup sont revenues à la maison pour y boire un verre et se remémorer les instants les plus marquants de l'existence de mon grand-père. Et elles leur ont renouvelé leur sympathie pour les heures tragiques qu'elles traversaient.

 

Mais je n'en suis pas encore à relater les événements survenus au cours des années 2000. Certes, ils sont remplis de surprises, de tragédies, de moments heureux ou d'expériences riches en émotion. Un long chemin reste pourtant à parcourir avant de pouvoir les aborder en toute sérénité. Revenons donc brièvement à ces périodes de bonheur et d'ignorance qui m'ont animé entre la fin des années soixante-dix et le début des années quatre-vingt.

De fait, le coin à champignons de mon arrière grand-père n'était pas très éloigné du village. Il nous a suffit d'emprunter l'un des nombreux chemins de la forêt le surplombant pour y arriver. Après avoir arpenté un sentier boueux, contourné des dizaines d'arbres ou d’arbustes, évité des broussailles aux ronces piquantes, des frondaisons particulièrement basses, nous l'avons deviné. Quelques pas supplémentaires au cours desquels nous avons contourné des blocs rocheux constellés de moisissures multicolores, où nous avons manqué de glisser sur des flaques boueuses apparues avec les dernières pluies, où nous nous sommes hasardé dans des herbes hautes nous montant jusqu'à la taille – ce qui n'était pas difficile vu mon age et celui de ma sœur. Puis, nous avons découvert une clairière éventrant l'obscurité ambiante.

Mon arrière grand-père, lors de l'une de ces promenades, m'a avoué que les rainures que nous discernions de temps en temps au sol avaient une particularité.

Au-dessus de la voie pavée bousculant la montagne boisée, des centaines de pavés volumineux s'encastraient dans le sol. D'ordinaire, ils étaient dissimulés par l'humus ou les épineux mélangés aux plants de fraises et de framboises sauvages. Pourtant, en divers lieux, ils en surgissaient, tels les sommets visibles d'icebergs perforant profondément la glaise. Ils en jaillissaient entre les aspérités du bitume. Ils s'y étalaient par grappes entières. Or, m'avait appris mon arrière grand-père, une quantité d'entre eux étaient des résidus d'une allée datant de l'époque romaine. C'était pour cela que des sillons plus ou moins visibles les éventraient. Ils étaient les ultimes témoignages laissés par les roues des chariots de cette époque. Car, en ce temps là, a-t-il insisté, il s'agissait d'un itinéraire très fréquenté entre l'Italie et la Gaule.

De la même façon que, des années plus tard, j'ai été amené à apprendre qu'un château médiéval en ruines existait non loin de là. La rumeur prétendait qu'il était absorbé par des amas pierreux recouverts de futaies.

Ainsi, la route désertant la localité où nous allions chercher le pain frôlait ses vestiges. D'un coté, se trouvait un calvaire religieux. Composé de douze stations relatant les épisodes de la montée du Christ jusqu'au Golgotha, il aboutissait aux premières hautes ramures rocheuses des bois. De l'autre coté, le décor était le même, sauf que la muraille était à nue. Ce n'était que lorsqu'on s'engageait à l'intérieur des bois perchés sur leurs promontoires, que l'on suivait des rocades brouillonnes et infestées de fourrés, qu'on était censé y accéder. Malgré tout, je peux assurer, pour m’être rendu sur le lieu précis où les on-dit situent les fondations de cette fortification, qu'on n'en distingue aucune trace. Peut-être, y saisit-on les vagues contours d'une clairière délimitant son espace. Mais c'est tout !

A suivre...

16 octobre 2017

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 923 à 925 / 1803

X1Asie Centrale, XIVème siècle :

 

Au début de ce siècle, Hulagu établit l’Empire Mongol des Ilkhans – ou khanat de Perse -, en Iran. Sa dynastie abandonne le mode de vie des nomades de la steppe pour des cultures sédentaires. Elle se convertit au Bouddhisme et au Nestorisme – doctrine répandue dans le christianisme oriental -.

 

Les Mongols de la Horde d’Or, fondée par Batou Khan, un autre petit-fils de Gengis Khan, eux, se rallient à l’Islam tout en conservant les traditions des peuples de la steppe.

Cet éclatement favorise les dissensions entre les différents héritiers de l’Empire Mongol. A partir de 1350, le khanat de Djaghataï, qui s’étend sur une partie du Turkestan et de l’Afghanistan et où les Mongols sont fortement assimilés au milieu turc musulman, perd un de ses territoires, qui devient indépendant. C’est à partir de ce royaume, qui porte le nom de Transoxiane, que s’affirme, dès 1370, l’autorité de Tamerlan.

 

La famille de Tamerlan appartient au clan turc des Barlas ; elle est apparentée à Gengis Khan. Par un mariage tardif ? Timur se rattache aux Gengis Khanides, en épousant la fille du dernier khan de Djaghataï, Khizir Khodja. Blessé dans une bataille à la jambe droite, Timur en reste boiteux. Ses ennemis turcs le surnomment alors « Aksak Timur » et les Perses « Timur-i-lang » - c’est à dire « Timur le Boiteux » -. Ce sobriquet, déformé par les Européens, donne Tamerlan.

 

Le père de ce dernier, Amir Taraghaï, gouverne la petite principauté de Kech. A sa mort, le jeune Tamerlan lui succède mais doit prêter hommage au khan de Djaghataï, maître de la Transoxiane dont la ville principale est Samarkand. Insatisfait de cette situation de vassal, il part chercher fortune en Perse et, après quelques combats, rentre à Kech. Il s’allie à son beau-frère Mir Husayn, dans le but d’éliminer le gouverneur djaghataïde. Les deux complices y parviennent en 1364 – 1365 et, dès 1370, après avoir tué Mir Husayn, Tamerlan devient roi de la Transoxiane. Il se proclame alors khan de Djaghataï et successeur de Gengis Khan.

 

Pour perpétuer une continuité fictive avec le fondateur de l’Empire Mongol, Tamerlan installe au-dessus de lui un khan fantoche, de la lignée des Gengis-Khanides. Ce dernier n’a aucune autorité. Il entretient l’illusion d’une souveraineté mongole, alors que le Turc est le véritable maître de l’Asie centrale. Dès 1363, l’Empire Mongol périclite. Miné par les luttes pour le pouvoir, il se désagrège en de multiples principautés, annexées une à une. Fin diplomate et grand chef militaire, Tamerlan profite du vide politique, en s’attaquant d’abord aux Etats situés aux frontières de la Transoxiane et du Djaghataï. Entre 1370 et 1405, il lance ses soldats dans toutes les directions : en 1387, la population d’Ispahan est massacrée ; il envahit la Russie du Sud entre 1391 et 1395 ; Bagdad est saccagée à deux reprises, en 1394 et en 1401. Des dizaines de milliers d’habitants de Damas sont assassinés en 1400. Tamerlan parvient ainsi à contrôler la Perse, la Syrie, l’Irak, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, l’Arménie et la plus grande partie de l’Asie mineure, et enfin se tourne vers l’Inde dès 1398.

 

 

Car, à cette date, le petit-fils de Tamerlan, Pir Muhammad, gouverneur de Kaboul en Afghanistan, envoie une expédition en Inde. Ses troupes prennent Uch et assiègent Multân. Tamerlan quitte Samarkand au printemps 1398. Il traverse la rivière Sindhu en Septembre et entre dans la province du Pendjab. Pir Muhammad le rejoint ; ensemble, ils attaquent Bhatnir et la détruisent. Tamerlan veut châtier les sultans musulmans turhluq de Delhi, qui n’ont pas adopté la même version de l’Islam que lui : en Décembre, son armée est à Delhi. Le sultan Nasir al-Din, aidé de son vizir Mallu Iqbal, tente en vain, à deux reprises, de le repousser : le 18 Décembre 1398, Tamerlan entre dans la ville et la pille. Sultan et vizir s’enfuient.

 

Les habitants de Delhi, menés par leurs chefs religieux, les oulémas, demandent à être épargnés. Mais, devant leur refus de satisfaire ses trop grandes exigences, Tamerlan ordonne des massacres qui durent plusieurs jours et font des milliers de morts et d’esclaves. Puis il installe à Delhi un gouverneur pour toute la province du Pendjab et retourne en Asie centrale. Delhi reste ruinée pendant des mois et soumise aux épidémies à cause des nombreux cadavres qui jonchent les rues. Les provinces voisines du Gujerat, du Malwa et de Jaunpur profitent de ces désordres pour proclamer leur indépendance vis à vis du sultanat. La faiblesse de celui-ci, après l’invasion de Tamerlan, favorise l’éclosion des Etats princiers des Rajputs – peuple guerrier dominant dans l’Inde du Nord-Ouest -. Enfin, peu après ces événements, les Turhluq cessent de régner : un lieutenant de Tamerlan, Khizr Khan, se fait bientôt proclamer nouveau sultan de Delhi, fondant la dynastie Sayyid.

 

En 1402, Tamerlan ordonne au sultan ottoman Bayezid Ier de lui livrer ses forteresses et l’un de ses fils en otage. Mais celui-ci ne daigne pas répondre, et la confrontation a lieu devant Ankara. D’abord, Tamerlan occupe la ville et fait empoisonner toutes les sources qu’il ne contrôle pas. Puis, la bataille s’engage le 28 Juillet, à 9 heures du matin.

 

L’armée du sultan ottoman est inférieure en nombre, mais comporte de très bons éléments : les janissaires, des cavaliers turkmènes et serbes, reconnaissables à leurs armures noires. Tamerlan parvient cependant à provoquer la défection d’une partie de ces redoutables combattants en envoyant contre eux leurs anciens seigneurs, dépossédés par le sultan. Celui-ci est bientôt pris et emprisonné dans une cage de fer. Et les Européens, inquiets devant cette victoire de Tamerlan, lui envoient des ambassadeurs afin de le dissuader de continuer ses conquêtes sur le Continent.

 

Hommes et femmes de cette époque portent une robe croisée à droite, à l’inverse des Turcs. La robe d’été, en tissu, est ouatée ou doublée pour les plus fortunées. Les Mongols ne pratiquent pas le tissage, aussi les étoffes sont t’elles importées de Chine ou des territoires turcs.

 

Le vêtement d’hiver, quant à lui, est une pelisse en peau de loup ou de renard, pour les plus riches ; et de chien ou de chèvre pour les plus pauvres. S’y ajoute un manteau de mouton ou de zibeline. Une ceinture de tissu ou de cuir et des bottes complètent le costume.

 

Par respect pour l’esprit de l’Eau, les Mongols répugnent à se baigner ou à laver leurs vêtements ; ils les laissent plutôt se dégrader jusqu'à ce qu’ils tombent en loques.

 

A suivre...

15 octobre 2017

Repos dominical :

Z1Aujourd'hui, comme chaque Dimanche, je me repose. Comme vous l'avez peut-être constaté du fait de mon manque de régularité dans mes apparitions sur Facebook dernièrement, la semaine qui vient de s'écouler a encore été particulièrement éprouvante. Y compris ce matin puisque la personne ayant la sclérose en plaques dont j'ai la charge est tombée. L'une de ses jambes ne l'a pas porté durant un instant – un symptôme exceptionnel de sa maladie -, et elle s'est écroulée sur le sol.

 

Z2J'ai eu très peur parce qu'elle s'est cogné le crane sur le carrelage, et a abondamment saigné de la tète. Il lui a fallu une dizaine de minutes afin de recouvrer ses forces. Sa blessure au crane était impressionnante mais sans conséquences. Je lui ai posé les questions d'usage : qui elle était, son age, qui j'étais, où elle se trouvait, etc. Elle y a répondu correctement, et a pu reprendre ses activités normalement après quelques minutes de repos. Et moi-même j'ai dû retrouver mon calme, ma sérénité, déstresser. Car j'ai eu une sacrée peur, j'étais en nage. Ça m'a donné des émotions pour toute la journée, alors que la semaine qui vient de se conclure a été particulièrement éprouvante pour moi.

 

Z3Peut-être, ou peut-être pas, avez vous lu le long texte d'une douzaine de pages destiné à ma mère, et intitulé « Droit de réponse à ma maman » !!! Il est l'épilogue – je l'espère en tout cas – de semaines, et plus largement de mois et d'années. Je l'ai écris en un après-midi sans interruption. J'y ai mis tout ce que j'avais en moi, j'y ai mis toute mon âme, tout mon cœur, toute mon énergie, tout mon ressenti, etc. Car ce sont des aspects de ma vie qui me blessent profondément dans les relations que je partage avec les membres de ma famille. Et encore, je n'y ai pas tout mis. Ce n'en n'est qu'une fraction ; la plus visible et la plus récente. Il y en a d'autres plus anciennes, révélant d'autres aspects de ma famille, que je ne pouvais développer. Il me faudrait, dans ce but, rédiger un livre entier. D'ailleurs, j'en ai déjà plus de 300 pages de brouillon. Mais comme je travaille depuis des mois sur mon ouvrage historique – d'après mers recherches de plusieurs années - portant le titre « les Origines idéologiques et ésotériques du Nazisme », je l'ai laissé de coté. Je souhaiterai tout d'abord achever cette œuvre monumentale exigeant concentration, investigations poussées, réflexion, relectures, corrections. C'est un travail extrêmement chronophage, que j'effectue en plus des articles habituels de « De Deiteus Mythica » ou de « mes Brèves Philosophiques » publiées quotidiennement ici et ailleurs. Donc, il progresse lentement, en gardant mon intellect extrêmement vigilant. Et de fait, à chaque fois que je ressors d'une session, je suis vidé, presque comme si un rouleau-compresseur m'était passé dessus.

 

Z4Bref, tout ceci pour expliquer que ce manque de reconnaissance, ce manque de compassion, ce manque d'attention, etc., dont je fais l'objet lorsque je suis en contact avec les miens, ou que je les côtoie durant quelques jours ou quelques semaines, est une véritable torture pour moi. C'est une source de désespoir, de terreur. Leur indifférence, leur manque d'indulgence pour les contraintes qui sont les miennes, me vide, me détruit. Alors, quand on rajoute la pression qu'ils exercent – consciemment ou inconsciemment – sur moi quant aux contraintes de cette personne ayant la sclérose en plaques dont je m'occupe quotidiennement… Il y a de quoi être encore plus fragilisé, isolé, perdu, blessé, encore.

 

Z5C'est pour cela que j'ai rédigé ce long droit de réponse à ma maman, et que j'ai désiré le rendre public. Je ne sais pas si les gens qui ne sont pas confrontés à de telles attitudes de la part de leur proches, les abandonnant presque du fait de leurs épreuves, ont conscience des dégâts que cela peut provoquer. Evidemment, chacun et chacune a ses difficultés, a ses soucis à gérer journellement.

 

Ainsi, j'ai ma meilleure amie qui a perdu sa belle-sœur des suites d'une tumeur au cerveau mercredi dernier. Elle était bouleversée, sa famille également. J'ai été profondément affligé par le malheur qui la frappait, elle et les siens ; par sa détresse et ses larmes. Et malgré ce que je vivais au même moment, j'ai oublié mes propres tourments pour me consacrer au maximum à la soutenir, à l'écouter, à être présent à ses cotés autant que je le pouvais, qu'elle le désirais, et qu'elle en avait besoin. Parce que je suis un être humain, et qu'en tant que tel, j'ai de l'empathie, j'ai de la compassion, je souhaite être avec ceux et celles qui sont importants pour moi lorsqu'ils traversent un drame ou des instants très éprouvants.

 

C'est dans ma nature de réagir de cette manière, mème si tout le monde ne réagit pas de cette façon. Chacun réagit en fonction de sa personnalité, de son parcours, de son éducation, etc. Mais, en ce qui me concerne, c'est comme ça que je réagis. Bien que ce ne soit pas dans les habitudes et lié à l'éducation des miens. Même si, au contraire, depuis que je suis enfant, on m'a constamment bridé, reproché, muselé, cette émotivité et cette hyper-sensibilité. Comme une honte, comme un tabou, comme une faiblesse à dissimuler, à réduire au silence.

 

Finalement, c'est pour ça que je tenais à y revenir un instant. Cette semaine a été épuisante. D'autant que Facebook a bloqué mon accès aux groupes auxquels je contribue souvent, parce que vendredi 6 Octobre, quelqu'un a dénoncé l'un de mes textes sur mes réflexions historiques quant à l'origine des écrits fondateurs des trois religions monothéistes actuels. Je démontrais, dans cet article vieux de quelques mois, que leur origine était beaucoup plus complexe et beaucoup plus riche que les croyants fermement convaincu de leur Vérité, le supposent. Et qu'il est nécessaire d'avoir un regard critique, réfléchi, raisonné, pour ne pas se transformer en intolérants, en « fous de Dieu », avec les conséquences que l'on connaît, et dont l'actualité nous rappelle quotidiennement les méfaits.

 

Je profite de ce message dominical pour diffuser les photos des dernières figurines historiques que j'ai reçues hier de mon fournisseur habituel qu'est le magasin « Figurines et collections ». J'espère qu'elles vous plairont. Elles évoquent différentes périodes de l'Histoire de l'Humanité. Elles viennent enrichir les plus de 3000 autres, décomposées en une quinzaine de séries différentes s'étendant de l'Egypte antique à la Seconde Guerre Mondiale.

 

Sur ce, je vous laisse en vous souhaitant un excellent Dimanche après-midi. Je vais aller visionner un certain nombre d'émissions, de documentaires, de débats, divers et variés, que j'ai enregistrés au cours du mois de Septembre. Vu que j'ai été assez bousculé, je n'ai pas encore eu le temps de me pencher dessus. Donc, je vais profiter de ce Dimanche après-midi pour m'y plonger avec délice. Je vais enrichir mon intellect et mon insatiable curiosité en matière de connaissances hétéroclites sur la multiplicité de notre civilisation, de notre société, de notre époque – ou d'autres -, etc. Je reviendrai ici vers 19h30 pour y lire les derniers messages ou commentaires qui m'ont été adressé. Et ce soir, de 21 à 1h du matin, je vais débuter la lecture du dernier roman de Dan Brown, « Origine », que j'ai reçu mardi ou mercredi il me semble.

 

Je vous souhaite donc, à tous et à toutes, un bon Dimanche après-midi, et une bonne soirée. Reposez vous bien. Changez vous les idées. Détendez vous. Profitez bien des vôtres, de votre famille, de vos amis, de vos proches, de tous ceux et de toutes celles que vous appréciez et qui vous apprécient. Quant à moi, mes pensées les plus amicales et les plus chaleureuses vous accompagnent en permanence.

 

Dominique Capo


14 octobre 2017

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 923 à 923 / 1803

X1Pologne, XIVème siècle :

 

Le royaume de Pologne s’agrandit considérablement sous le règne de Casimir III le Grand, de 1333 à 1370. Il ne peut alors qu’affronter la puissance régionale que représente l’Ordre des Chevaliers Teutoniques.

 

Pendant cette période, malgré sa situation entre la Russie orthodoxe et la Prusse aux multiples orientations religieuses, la Pologne reste farouchement catholique. La vie intellectuelle y est dominée par des clercs, souvent venus de l’Ouest. C’est à eux que l’on doit les principales œuvres de la littérature polonaise de cette période, dont de nombreux cantiques traduits du latin dans la langue populaire pour supprimer toute trace de paganisme et rallier la masse du peuple au catholicisme.

 

D’ailleurs, les Paulins fondent le monastère de Czestochowa, où les pèlerins affluent pour vénérer l’icône de la Vierge noire, qui suscite pour longtemps l’enthousiasme des foules.

 

Mais, à la mort de Casimir le Grand, la couronne passe à son neveu Louis d’Anjou, roi de Hongrie. Celui-ci s’intéresse peu à son nouveau royaume, mais il s’assure cependant de la transmission du trône à ses enfants et s’attire les bonnes grâces des nobles polonais par le privilège de Kaszyce – 1374 -, qui, en diminuant les impôts payés par ceux-ci, affaiblit le pouvoir central. La noblesse peut ainsi refuser le projet de succession imaginé par Louis. Le roi n’a en effet que deux filles. L’une, Marie, est mariée à Sigismond de Luxembourg, et l’autre, Hedwige, est fiancée à un Hasbourg. Mais les nobles, qui ne veulent pas d’un prince allemand pour roi, imposent la rupture de ces fiançailles. En 1384, à l’age de dix ans, Hedwige monte sur le trône de Cracovie, tandis que Maris doit limiter ses ambitions à la Hongrie et renoncer à ses droits sur la Pologne. Enfin, pour mieux marquer la rupture avec les Allemands, elle est obligée d’épouser le grand duc Jagellon de Lituanie. Celui-ci devient ainsi le roi de Pologne sous le nom de Ladislas II Jagellon après avoir reçu le baptême, en 1386. Une union politique entre la Lituanie et la Pologne, est, d’autre part, conclue à Krewo en 1385. Ce choix est capital : la Lituanie, jusque là païenne, se convertit en même temps que son chef, et l’Ordre Teutonique ne peut plus prétendre mener des croisades contre des lituaniens devenus catholiques.

 

Mariée à douze ans avec Jagellon, Hedwige est une grande reine et joue un rôle politique capital jusqu'à sa mort, en 1399. La souveraine fonde un collège polonais à l’université de Prague, puis à l’université de Cracovie, et fait rédiger en langue populaire le « Psautier de Florian », un des plus célèbres textes littéraires polonais. Elle prend aussi part à toutes les grandes décisions royales jusqu'à jeter, sur son lit de mort, les bases mêmes du second mariage de son propre mari, qui accepte ce partage du pouvoir, pour renforcer le lien des Jagellons et de la Pologne.

 

Il doit également accepter de le partager, malgré lui, en Lituanie avec son cousin Witold. Celui-ci a d’abord commencé par s’opposer à l’union de la Lituanie et de la Pologne, puis a fait alliance avec les chevaliers Teutoniques. Jagellon, pour faire taire cette opposition, l’a associé au gouvernement en 1392. Un peu plus tard, en 1401, il doit même lui céder le titre de grand duc de Lituanie. Entre-temps, Witold s’est engagé dans une grandiose politique de conquête des principautés russes. En effet, la conversion de la Lituanie au Catholicisme, si elle a éteint l’hostilité des chevaliers Teutoniques, lui a créé, en revanche, de nouveaux adversaires : les principautés russes orthodoxes. Cette hostilité permet à Witold de mener sa propre politique, tout à fait indépendante de celle de Jagellon, en envisageant l’extension de la Lituanie vers l’Est. Mais les Mongols brisent cet élan en 1399, en écrasant Witold lors de la sanglante bataille de Worskla.

 

A suivre...

12 octobre 2017

Droit de réponse à ma maman :

X1Si je me permets, aujourd'hui, de compléter mes textes précédents concernant les relations difficiles que j'entretiens depuis un certain temps avec ma famille, c'est pour faire suite au commentaire de ma maman de ce matin. En effet, elle a rédigé une petite phrase au bas de mon dernier récit évoquant ce sujet.

Je cite : « Comment pouvez-vous me juger sans me connaître si ce n'est par les écrits de mon fils ??? ».

Ma maman a tout à fait raison. J'abonde entièrement dans son sens vis-à-vis de ce propos. Et je l’entérine. Je le souligne mille fois, dix-milles fois, davantage si nécessaire. Je ne peux qu'approuver et qu'applaudir cette phrase pleine de justesse et de bon sens.

Qui de nous ne possède pas autant de qualités que de défauts, de forces autant que de faiblesses, de victoires autant que de défaites, de bon cotés comme de mauvais cotés de sa personnalités ? Qui n'a pas fauté, qui n'a jamais été à la hauteur, qui ne s'est jamais trompé ? C'est autant vrai pour ma mère, que pour moi, ou pour n'importe qui d'entre nous. Nul n'est parfait et ne le sera jamais. Croire cela est une illusion.

Moi-même, je ne suis pas dénué d'aspects sombres, d'erreurs. J'ai fait des bêtises, je continue d'en faire régulièrement. Je n'ai pas à en rougir. Je n'ai pas honte de l'avouer, de le dévoiler au grand jour lorsque cela advient. Jadis, j'ai été très dépensier. J'ai dilapidé des milliers d'euros en pure perte. J'ai accumulé des crédits qui ont failli me conduire au surendettement auprès de la banque de France. Aujourd'hui, je ne sors pratiquement jamais de chez moi, sauf lorsque c'est vraiment nécessaire ; que je n'ai pas le choix. Comme je l'ai expliqué dernièrement, je ne me joins presque jamais aux conversations lorsque je suis en famille. J'ai quelques kilos en trop et je devrai faire plus attention à ma nourriture pour que ma santé, déjà fragile, soit plus saine.

Tout cela est vrai, mille fois vrai. Ma mère, quant à elle, n'a pas que des défauts, loin de là. Ma grand-mère non plus, ma sœur non plus. Ce serait un mensonge d'affirmer de tels propos. Chacun fait ce qu'il peut avec les moyens qu'il a, en fonction de sa personnalité, de son parcours, de son éducation, des épreuves qu'il a remporté – ou pas. En fonction aussi de ses valeurs, de sa culture, de sa nationalité, et bien d'autres aspects encore. Tout cela est vrai.

Je ne suis pas l'homme le plus malheureux du monde. Je me sens contraint de le répéter régulièrement afin que ce soit bien compris. J'ai un niveau de vie décent. J'habite un appartement agréable. Mon handicap, s'il est difficile à endurer parfois à cause des crises de convulsions épisodiques qui se manifestent, m'autorise à être indépendant et autonome. La sclérose en plaques de la personne de ma famille dont j'ai la charge, si elle est lourde à porter, avec du temps et des efforts, j'ai réussi à l'accepter et à m'organiser pour qu'elle soit la plus facile à gérer possible. Parfois certes, il y a des épisodes exténuants, stressants, sources d'angoisse et de peur. Je suis conscient qu'à long terme, l'état de santé de cette personne ne peut que se dégrader. Et il y a de fortes probabilités qu'elle finisse son existence dans un fauteuil roulant. Je m'y prépare. Pas un jour ne s'écoule sans que j'en sois conscient et que je m'en inquiète.

De son coté, ma maman, comme ma sœur et ma grand-mère du reste, n'ont pas eu une vie des plus faciles. Je le sais parce que j'ai moi-même vécu à leurs cotés tous ces épisodes déflagrateurs. D'une façon ou d'une autre, j'y ai assisté, et je les ai moi aussi enduré : la mort de mon petit frère Aymeric, et la souffrance extrême qui en a résulté. Les déchirements intra-familiaux qui ont parsemé le parcours de notre famille depuis près de cinquante ans maintenant. Le fait d'avoir un enfant handicapé – moi – compliquant davantage encore les relations des uns avec les autres. Les rapports de soumission-domination à tous les niveaux de l'échelle familiale. Les soucis d'argent parce que mon père, en bon pied-noir qui se respectait, avait la mainmise pleine et entière sur les revenus du ménage. La découverte accidentelle en 2004, que celui-ci a toujours été un homosexuel refoulé et qu'il a mené durant quarante ans une double-vie. Cette mise au jour a fait exploser l'ensemble de la cellule familiale, et ma maman en a été la première a en être blessé au plus profond de son âme et de son cœur.

Tout cela, je le répète, je l'ai moi-même vécu et subi aux cotés de ma maman, de ma grand-mère, de ma sœur. Et ce ne sont que quelques exemples très brièvement rédigés ici. Vous n'imaginez pas les dévastations que l'ensemble de ces événements ont entraîné chez les uns et chez les autres. Je ne parle même pas de ceux que chacun, de son coté, a enduré en parallèle.

Chacun réagit à ce genre de situation en fonction de la personne qu'il est. En fonction de son caractère, de ses forces et de ses faiblesses, de ses failles, de ses blessures, de ses valeurs, de ce en quoi il croit, de son parcours, des gens qu'il ou elle a croisé sur sa route. Chacun, dans chaque famille, est confronté a des événements éprouvants, marquants, traumatisants, etc. C'est la vie. Et la vie n'est pas « un long fleuve tranquille ». Ce n'est pas une question de personnalité, de capacité à encaisser les coups qu'elle nous inflige. Bien portant, malade, âgé, jeune, riche, pauvre, à ce niveau-là, nous sommes tous logés à la même enseigne.

C'est le principal enseignement que je retire de ce que j'ai vécu tout le long de mon existence. Et celle-ci – je l'espère du moins – est loin d'être terminée. J'espère que j'ai encore quelques dizaines d'années devant moi.

Le second enseignement que j'en retire, et qui est, à mes yeux, tout aussi essentiel que le précédent, c'est que ce n'est pas en taisant, en cachant, en mettant des non-dits, qu'en transformant en tabous ce qui est le plus douloureux, le plus dur, que ça va les faire disparaître. Ça ne va pas nous permettre de les surmonter, de les oublier, ou d'en guérir – si c'est un minimum faisable ; ce qui est, là encore, une utopie. J'ai assez vécu entouré de mensonge durant mon enfance ; mon adolescence, et la première partie de ma vie d'adulte, pour avoir appris cette leçon. J'ai assez vécu entouré de tabous, de non-dits, de soumissions-dominations, etc. pour avoir réalisé qu'il n'y a rien de plus terrible, de plus destructeur au sein d'une famille.

C'est pour cette raison que, dans un sens, je comprends ma maman lorsqu'elle dit « Comment pouvez-vous me juger sur les seuls écrits de mon fils ? ». C'est pour cela que je la comprends quand elle répète à l'envi qu'elle ne souhaite qu'une seule chose : sa tranquillité, son calme, son petit quotidien que nul ne vient perturber, ébranler, bousculer. Qui n'est pas en quête de ça ? En permanence ? Quoiqu'il advienne ? Qui n'a pas le désir d'être entouré de gens qui ne sont pas des obstacles à cet idéal ? Qui ne souhaite pas partager le meilleur avec ceux et celles qu'on aime ? Qui ne souhaite pas qu'on ait la meilleure image de vous possible ? C'est légitime, naturel.

Sauf que dans la vraie vie, cet idéal n'existe pas. Ce n'est pas une question d'age, comme ma maman me l'exprime tel un leitmotiv ? D'ailleurs, plus elle met cet argument en avant, plus il perd de sa substance. Par ailleurs, ma maman m'a régulièrement expliqué qu'on ne pouvait pas se protéger de tous les aléas de la vie ; qu'il y avait toujours des impondérables qui venaient la perturber, qui venaient la remettre en question. Généralement, au moment où l'on s'y attendait le moins, et d'une façon totalement inattendue. Elle me le souligne toujours épisodiquement du reste.

Cependant, là où je ne la suis plus, c'est quand elle me demande d'appliquer des règles qu'elle ne s'impose pas à elle-même. Elle est fatiguée, a envie de calme et de tranquillité certes. Sauf qu'elle a toujours un chronomètre dans la tète parce qu'elle s'investit dans une myriade d'activités diverses et variées. Elle me reproche d’être stressé, sous pression quand je suis en sa présence, en présence de ma grand-mère. Mais elle fait en sorte que je le sois parce que je dois impérativement, dans l'instant, répondre à ses exigences, ou aux exigences de ma grand-mère en matière d'horaires. Il y a tout de même là quelque chose de contradictoire, vous en conviendrez. Elle sait que je suis fragile, que j'ai vécu les mêmes expériences traumatisantes, blessantes, chaotiques, qu'elle, plus d'autres auxquelles elle n'a pas assisté, mais elle estime que je dois me montrer fort, que je dois apprendre à les dépasser pour aller de l'avant. Elle sait que je suis hyper-sensible, que j'ai besoin d'écoute, que j'ai besoin d'attention, que j'ai besoin de compassion. Mais elle n'en montre aucune. Pire encore, elle me reproche selon son mot « mon moi je » pour susciter un minimum d’intérêt à mon égard de sa part.

Par contre, lorsque ma grand-mère ou ma sœur parlent d'elles ou des sujets qui le préoccupent, là il n'y a pas de « moi je ». Sauf que ma grand-mère tient les cordons de la bourse de sa maisonnée. C'est elle qui finance tout parce que ma maman n'en n'a malheureusement pas les moyens. Dès lors, elle se soumet à ses diktats du fait que ma grand-mère à 92 ans. Dès lors, elle la laisse monopoliser l'attention, les discussions pour ne pas la contrarier. Pour ne pas la bousculer ou la heurter. Une question de respect de l'âge qu'elle me rappelle. Alors que nous savons très bien elle et moi que là n'est pas le véritable enjeu. Le véritable enjeu est que sans la pension de retraite extrêmement confortable de ma grand-mère, sa vie matérielle serait beaucoup plus difficile.

Ce qui est insupportable à mes yeux c'est que, bien qu'ayant 92 ans et étant partiellement diminuée, pour ce genre de choses ma grand-mère est tout à fait lucide. Elle est parfaitement consciente que ma mère est enchainée à son autoritarisme par les cordons de la bourse. Elle est consciente que nul ne viendra remettre en cause sa prééminence – sauf moi quand je n'en peut plus et que je craque. Evidemment, dans ces instants, même si sur le fond ma maman est d'accord avec moi, elle me reprochera d'être intervenu pour lui dire que je me soumets, mais uniquement jusqu’à un certain point.

Ce qui est incroyable, c'est que ma maman et ma grand-mère mettent en avant leur âge, mais quand elles partent en voyage à l'autre bout du monde, là, leur âge n'est plus un obstacle. Quand ma maman s'adonne à ses activités au club hippique de ma sœur, ou aux associations auxquelles elle contribue dans son village, son âge n'est plus une difficulté. Quand ma grand-mère prend le volant alors qu'elle conduit sans faire attention aux véhicules qu'elle croise, parce que son grand plaisir est d'aller faire des courses au supermarché, elle n'y voit pas d'inconvénient. Et tant pis si celle-ci est un véritable danger public sur la route. Tant pis si ma grand-mère – et ma mère – n'ont aucune conscience du privilège qu'elle a de pouvoir vivre à peu près autonome, indépendante. Alors que bien des gens à son âge seraient envoyés en maison de retraite sans lui demander son avis. Et que ses proches n'iraient alors la voir qu'une fois « tous les trente-six du mois ». Ma mère, et ma grand-mère sont des privilégiées à ce propos. Mais c'est tout à fait normal, naturel. Et nul n'a à remettre en cause leur prééminence, leur sentiment de supériorité, leur autoritarisme outrancier.

Par contre, moi qui suis malade, handicapé, la personne ayant la sclérose en plaques qui vit avec moi, ayant davantage de soucis de santé qu'elle(s) est trop contraignant à supporter durant les quelques jours ou les quelques semaines où nous nous côtoyons du fait de leur « grand âge ». Il y a là un paradoxe dans leur discours et leurs actions que je ne m'explique pas...

Le fait est que ma grand-mère s'est toujours sentie supérieure aux autres. Sa réussite sociale est indéniable. Elle a été assistante de direction dans une multinationale de forage gazier, aqueux, et pétrolier, en Afrique Noire notamment. Mes grands-parents ont longtemps vécu au Sénégal dans le cadre de leurs fonctions. Ils ont beaucoup voyagé dans ces contrées, et à travers le monde par la suite. Quand ils ont vécu au Sénégal, leur maison était payée par leur société. Leurs frais étaient totalement pris en charge par celle-ci également. Leur demeure était entretenue par ce qu'ils nommaient alors par « Boy ». C'est à dire un serviteur noir qui entretenait leur maison, faisait les courses, etc. Ma mère a aussi baigné dans ce climat de fin de colonialisme jusqu’à ce qu'elle d'abord, puis mes grands-parents, rentrent en France à l'issue de la décolonisation de cette région du monde.

Toutefois, ma grand-mère, et ma mère dans une moindre mesure – mais de plus en plus depuis un certain temps – en ont gardé la nostalgie. Ça, ça peut se comprendre. C'était leur jeunesse, l'enfance de ma maman. Une jeunesse dorée, privilégiée, d'entre-soi, où elles côtoyaient la notabilité française locale. Mais, surtout, et c'est là source de frictions, c'est qu'elles en ont gardé les habitudes et les réflexes. Je dirais même que, plus les années s'écoulent – disons depuis une demi-douzaine d'années -, plus cet aspect de leur personnalité est criant. Il se reflète dans leur comportement avec leur entourage plus ou moins proche.

C'est d'autant plus vrai que le timbre de la voix de ma maman se modifie légèrement quand elle agit ainsi. Elle parle plus fort, avec davantage de sévérité ; voire de despotisme. Perce derrière la femme qui n'a aucun scrupule à donner des ordres à qui que ce soit, qu'il soit de notre famille ou non. Et qui ne tolère pas que l'on ne lui obéisse pas au doigt et l’œil dans l'instant. Ainsi, par exemple, ma maman laisse tomber sa serviette par mégarde quand on est en train de manger. Systématiquement, elle me demande de la lui ramasser. Quand je suis debout pour aller chercher quelque chose, elle me dit : « Ah, Dominique, puisque tu es debout, veux tu faire ceci ou cela. Veux tu aller me chercher ceci ou cela; ». C'est régulier. Elle voit en cette façon de procéder quelque chose de normal, de naturel, auquel chacun doit se soumettre sans rechigner.

Bien entendu, je lui obéis. Je suis toujours prêt à l'aider quand elle a besoin de moi. J'estime que c'est de mon devoir. De mème que pour ma grand-mère lorsqu'elle est dans cette situation. Ce qui n'est pas normal, par contre, c'est quand elle se comporte pareillement avec des gens extérieurs à notre famille. Ainsi, lorsqu'elle va au club hippique de ma sœur ou au club canin auxquels elle participe, elle prend un ton équivalent avec les personnes qu'elle y côtoie. Elle leur demande de tenir son sac pendant qu'elle sort les chiens. Comme ma sœur, elle invective les gens qui ne font pas « comme il faut » ; c'est à dire comme elle le veut. Depuis plusieurs années, ma mère – et ma grand-mère – s'est liée d'amitié avec une jeune homme d'une trentaine d'années qui habite quelques maisons plus que la sienne. C'est un individu très doux, gentil, serviable, amical. S'il ne vient pas la voir quatre à cinq fois dans la semaine, c'est que son emploi lui demande plus de temps que d'habitude. Sinon, il vient prendre le café le matin. Il vient prendre l'apéritif le soir. Presque quotidiennement. Il s'est attaché à elles autant qu'elles sont attaché à lui. Car il leur raconte ses déboires amoureux quand il en a, ses soucis avec son ex-femme, etc. Ce que, par ailleurs, ma grand-mère trouve très distrayant, amusant, et dont elle se moque dans son dos.

Mais, qui plus est, au fil du temps, ce jeune homme s'est transformé en leur homme à tout faire. Que ce soit dans son domaine d'activité qu'est l'électricité, comme dans des travaux de jardinage, de transport d'encombrants, etc., il se dévoue volontiers à tout ce qu'elles leur demande. Bien-sûr, elle contribue financièrement quand il s'agit de charges particulièrement pénibles. C'est normal là aussi du reste. Mais c'est devenu systématique, quel que soit l'objet de leur demande.

Je mentionne ce jeune homme. Mais il n'est pas le seul. Par le passé, ou même actuellement, d'autres sont mis à contribution. Ma mère donne les ordres, et les autres s’exécutent. Et il ne faut surtout pas que ce soit à un moment qui conviendra à la personnes concernée. Il faut que ce soit à ses conditions, quand ça l'arrange, quand, elle, est disponible.

Qu'en est-il de moi, qui demeure le seul homme de la fratrie ; et donc le symbole de cette masculinité incarnée par mon père, et qui les ont tant fait souffrir. Sur lequel tant de mensonges, de non-dits, de tabous, se sont forgés au fil des décennies. Forcément, consciemment ou inconsciemment – je ne le sais pas et je ne le saurais peut-être jamais -, elle me le font payer. Elles ne le peuvent pas sur mon père puisque ce dernier est mort il y a quelques années. Donc, c'est moi qui doit expier.

D'ailleurs, en écrivant ces mots, un fait vient de me sauter aux yeux. L'attitude de ma maman a réellement commencé à évolué dans ce sens à partir de son décès. Ce n'est peut-être pas anodin.

Quoiqu'il en soit, ma grand-mère a de beaux sourires devant les gens qui viennent rendre visite à ma mère chez elle. Elle leur offre volontiers le café, des petits gâteaux. Elle converse avec eux – des sujets où elle se trouve au premier plan évidemment. Elle est aimable, heureuse qu'on l'entoure, qu'on lui prête de l'attention. Pour les repas où il y a des invités, elle « met les petits plats dans les grands », prépare des festins pantagruéliques jusqu’à l'overdose. Jusqu'au ridicule. Alors que la plupart des convives préféreraient généralement un repas « à la bonne franquette », sans ostentation. Mais là encore, elle s'accapare, sans demander son avis à ma maman, les menus, les courses à acheter au supermarché, etc. Au point que nul, si ce n'est elle, n'a le droit de toucher au réfrigérateur. Au point que le plus souvent, des monceaux de nourriture se perdent parce qu'il ne faut surtout pas qu'il y ait des plats équivalents le midi et le soir, voire le ou les jours suivants.

Bien entendu, cette nourriture finit par se perdre. Elle oublie fréquemment qu'elle encombre le frigidaire qui plus est. Et si ce n'est pas les chiens – c'est nocif pour leur santé mais peu importe – qui l'en débarrassent, ça finit à la poubelle. Il fait vite faire de la place pour rapidement retourner effectuer des achats de nourriture au supermarché, comprenez-vous !!!

Et ma mère laisse faire parce que ma grand-mère tient les cordons de la bourse. Et que, parce qu'il faut respecter le fait qu'elle nourrit la maisonnée, qu'elle dépense sans compter pour aider ma mère dans son quotidien, cette dernière se soumet.

Et, par la mème occasion, quand je m'y rends, il m'est expressément ordonné – pas besoin de le verbaliser, c'est de notoriété publique depuis que je suis enfant – de ne pas interférer dans ce mode de fonctionnement. Tant pis si des obligations autres monopolisent mon attention – par exemple quand je suis en pleine rédaction de texte nécessitant concentration, attention, réflexion, investigations, un minimum de temps pour stopper mon écrit à un endroit où je pourrais le reprendre l'esprit tranquille ultérieurement -, je dois être présent, aux ordres de ma mère et de ma grand-mère, sur un claquement de doigts. Et bien-entendu, je ne dois pas rechigner.

Ce qui est important, c'est ce qui les préoccupe, c'est ce qui les intéresse, c'est leurs impératifs. Ceux des autres – et les miens en l’occurrence – sont négligeables. Ainsi, ma mère lis volontiers mes textes. Elle est la seule qui a lu, jusqu’à aujourd'hui, la version primitive des 175 pages déjà rédigées de mon ouvrage sur les origines idéologiques et ésotériques du Nazisme. J'ai oui dire qu'elle est fière et heureuse de l'investissement que j'y mets, du travail qui est le mien dans ce domaine. Par contre, elle n'en fera jamais mention dans les conversations du quotidien. Ni en présence des autres membres de ma famille, ni devant des amis ou des connaissances. Ma grand-mère n'a mème aucune conscience des efforts phénoménaux que je déploie chaque jour, en énergie, en investigations, en écrits, pour mener ce projet considérable à terme.

Ma sœur, n'en parlons mème pas. Pour ma sœur, si ce n'est son club équestre et tout ce qui tourne autour de ce thème, elle ne sait mème pas à quoi j'emploie mon temps. Quand elle est chez ma maman, avec son compagnon ou ses enfants, cette fois, c'est elle qui monopolise l'attention et les discussion – ainsi que son compagnon qui est éleveur de poulets de Loué. Je dois m'intéresser à ce qui est leur vie, à leurs soucis, à ce qui leur plaît, à leur vision de l'actualité, etc. Mais je n'ai pas à dévoiler mon opinion, à détailler des réflexions sur cette dernière, telles que je les développe dans des articles la concernant que je vous propose ici.

Pour ma sœur, parce que je passe mes journées derrière un ordinateur – à faire quoi, elle n'en sait rien, et après tout ce n'est pas son problème -, je me « tourne les pouces ». Pour elle, « je ferais mieux de me lever à l'aube, comme elle, pour entretenir son club équestre. Je ferais mieux de venir l'aider à nettoyer le fumier. Car ça, c'est un vrai travail. ».

Savez-vous que ma sœur n'est jamais venu me rendre visite à mon domicile dans la Manche depuis treize ans que j'y suis installé ? Par contre, partir régulièrement en vacances dans notre maison familiale du Doubs n'est pas un souci !!! Savez-vous que je ne suis pas retourné dans cette même maison du Doubs qui est si importante à mes yeux parce que c'est là que se situent mes racines, depuis la mort de mon grand-père maternel en 2007 ? Ma mère et ma grand-mère s'y rendent deux fois l'an environ. Mais comme il y a la cage pour les chiens qui prend tout le coffre de la voiture, moi, la personne de ma famille ayant la sclérose en plaques dont je m'occupe, et nos bagages, nous sommes trop volumineux pour qu'on puisse nous faire de la place !!! Il faudrait que cette personne ayant la sclérose en plaques ne pouvant se déplacer qu'à l'aide d'un déambulateur, et moi, prenions le train pour les y rejoindre.

Ce qui est évidemment impossible vu l'état de santé de cette personne. Comme ce n'est pas important que cette personne soit lente pour se laver, pour s'habiller, pour manger. Le plus important est que nous soyons à table à 12h00 ; pas 12h05 ou 12h02 le midi, ou à 19h15 et pas à 19h18 le soir. Parce qu'il faut absolument avoir fini de manger, avoir débarrassé les couverts, et être dans le salon à regarder le journal de 13h ou de 20h à temps. Alors, on bouscule cette personne malade sans état d'âme pour la presser. Et on ne l'attend pas pour faire défiler les plats, mème si elle n'a pas terminé son assiette. Tant pis, elle nous rejoindra au salon quand elle aura fini.

De mon coté, je suis son rythme, c'est évident. J'ai appris à aller plus lentement. Je l'attends entre chaque plat. Ce n'est mème pas une question qu'elle soit distraite parce que la télévision est allumée. Le moindre petit bruit, le moindre échange de parole, n'importe quoi, détourne son attention de son assiette. Ce manque d'attention chronique appartient pleinement aux symptômes de sa maladie ; elle ne peut le surmonter ou s'en défaire. Pire encore, lorsqu'on appuie sur les défaillances dont elle est victime malgré elle, c'est une source d'humiliation, de honte, de souffrance, pour elle. Elle se sent incapable, inutile, incompétente. Et ça, c'est quelque chose qui me blesse au plus haut point. Non pas pour moi, mais pour cette personne qui n'a pas demandée à être affligée d'une sclérose en plaques ; et des contraintes qui découlent de son état.

Mais ça, comme me le répète souvent ma mère « ce n'est pas mon problème. C'est toi qui vis avec. C'est à toi de t'en débrouiller. Le tout c'est que moi – ma maman – et ta grand-mère ne soyons pas incommodées par ses défaillances. ».

Par contre, dans ce même registre, ce qui est à spécifier, c'est que lorsque des invités impromptus sonnent à la porte de chez ma maman quelques minutes avant qu'il ne soit l'heure de manger, elle n'y voit pas d'inconvénient. Elle les accueille avec joie, leur offre l'apéritif, discute des sujets qu'ils ont à développer en commun. Elle prend son temps, mème si souvent ça agace ma grand-mère qui n'y est pas le centre de l'attention. Même si cette dernière montre des signes d'impatience parce qu'elle a faim et que ce dont discute ma mère avec ses invités l'ennuie. Mais il est vrai que comme sa cour n'a d'yeux que pour elle, que ce sont des activités où elle est parti prenante, ça ne lui pose aucun souci.

Ma grand-mère agit d'ailleurs exactement de la même façon quand elle même est celle qui mène les conversations. Cet horaire si primordial lorsque moi à la personne ayant la sclérose en plaques le bousculons de quelques minutes, n'est plus si vital. En fait, il n'y a parce que c'est moi ou cette personne, qui ne parvenons à tenir leur délais, que c'est un problème.

C'est autant vrai lorsque nous sommes plusieurs semaines en villégiature chez ma mère, que lorsqu'elle et ma grand-mère viennent nous rendre visite à mon domicile.

Car lorsqu'elles séjournent chez moi, là aussi, il faut suivre leur rythme de vie. Cette personne affublée d'une sclérose en plaques, moi, essayons tant bien que mal de répondre au chronomètre, quitte à nous épuiser physiquement et moralement. Il faut avouer que notre appartement est un pied à terre formidable. Il leur permet d'aller se promener dans les endroits qu'elles affectionnent particulièrement, comme Saint-Vaast la Hougue par exemple. Il leur permet d'acheter des produits régionaux qu'elles apprécient. J'avoue que je suis toujours très heureux de les accueillir. Ça me fait toujours plaisir de savoir qu'elles sont heureuses dans l'environnement qui m'est familier, mème si c'est loin d’être celui auquel elles sont habituées. A chaque fois, j'essaye de leur trouver des films qui les intéresseront, elles qui aiment les films d'action. J'essaye de leur faire découvrir des films inédits, qui n'ont pas encore été diffusés à la télévision. Maman, ça ne lui pose pas de difficultés. Mais une fois sur deux, ma grand-mère va se coucher au bout d'un quart d'heure ou d'une demi-heure parce qu'elle préférerait une série comme « les Experts », « Profilage », ou autre, dont elle a vu et revu les épisodes une bonne demi-douzaine de fois chacun. Or, comme elle ne s'en souvient pas, ça ne la dérange pas.

A chaque fois, j'en suis triste. Parce que j'y mets de la bonne volonté, de l'enthousiasme. A chaque fois, j'espère que ce sera différent. Mais non. Et j'en suis meurtri.

Par ailleurs, quand c'est l'heure de manger, on me dit d'arriver tout de suite. Je tente désespérément de trouver une coupure aisément récupérable par la suite. Mais plus on me presse, plus je perds de ma concentration, et plus ça me retarde. Ma maman me dit : « mais pourquoi, l'heure de déjeuner ou de dîner approchant, tu ne te prépare pas à stopper ton texte préventivement ? ». Sauf que quand j'écris, quand je suis aspiré par mon récit, je n'ai pas l’œil fixé sur l'horloge. Sinon, autant ne rien écrire du tout.

Or, quand on est écrivain, arrêter un article, une nouvelle, un texte, dans la précipitation, est le meilleur moyen de lui en faire perdre le fil. Non seulement cela, mais tout le travail exécuté les heures, les jours, les semaines, ou les mois précédents, peut s'en retrouver détruit. Car quand on écrit, il est vital de ne pas perdre le fil de ce qu'on inscrit sur le papier. Il est essentiel de ne pas perdre le fil de sa pensée. Il est important que le rythme qu'on lui insuffle ne soit pas perturbé.

Hélas, ma mère et ma grand-mère, non seulement ne comprennent pas cette contrainte. Mais elles ne tolèrent pas qu'elle les oblige à modifier légèrement leur tacon de fonctionner le temps où nous sommes ensemble. Je rajouterai d'ailleurs que je fais des efforts considérables quand je suis chez ma maman afin d'alléger mon travail. Je réduis au maximum ce sur quoi je me penche. Ce n'est cependant jamais suffisant. Et puis, évidemment, il y a les impondérables. Et ça, je ne le prévois pas. Mais elles ne le voient pas, ça ne les concerne pas.

Ma maman me dit aussi souvent que je ne me rends pas compte qu'elle et ma grand-mère font des efforts pour s'adapter à ma façon de fonctionner quand je suis chez elle. Qu'elle font des efforts vis-à-vis de la personne ayant la sclérose en plaques avec laquelle je vis. Je n'en doute pas. Je n'en n'ai jamais douté. Et je n'ai jamais remis leurs efforts en question. Je tiens à le souligner et à le surligner autant de fois qu'il sera nécessaire pour que ce soit assimilé. Chacun fait des efforts. Qui à affirmé le contraire ? Comment aurai-je l'outrecuidance, l'égocentrisme, de ne pas m'en rendre compte ? Ce serait présomptueux de ma part. Et pour ceux et celles qui me connaissent un tant soi-peu, ils savent que ce n'est pas dans ma nature. Je préférerai mille fois faire passer l’intérêt des gens que j'aime avant le mien. Je l'ai déjà fais à de nombreuses reprises, et je le referais volontiers si c'est nécessaire. Et sans en attendre de retour.

Sinon, je ne vivrai pas avec une personne atteinte de sclérose en plaques ; malgré toutes les difficultés au quotidien que cela implique. Sinon, je n'aurai pas été aux cotés de ma mère à chaque fois qu'elle a vécu une des épreuves que j'ai décrites au début de ce texte. Je n'en n'attends aucun remerciement. Je le fais parce que ce sont les membres de ma famille. Et qu'il est naturel que je sois présent quand ils ont besoin de moi. J'abandonnerai sur le champs toutes mes activités si c'est utile.

C'est pareil en ce qui concerne cette personne qui a la sclérose en plaques. Quand, il y a cinq ans, elle a été hospitalisée à la suite de la découverte de sa maladie. Chaque jour, pendant deux mois, j'ai consacré mes journées à être à ses cotés. Parallèlement, on m'a insulté, on m'a dit que je ne l'aimais pas, que si je n'étais pas handicapé, on me casserait la figure ; et bien d'autres choses encore. Je me suis battu de toutes mes forces pour qu'elle puisse avoir une vie à elle. Pour que la famille n'exerce pas son emprise sur elle afin de la soumettre à leur diktat ; souhaitant ainsi m'écarter comme un gêneur, un importun. J'ai été traumatisé au point d'en faire des crises d'angoisses ensuite pendant des mois. Dès que je me levais de mon lit le matin, j'étais tellement terrorisé par les menaces physiques qu'on avait proféré à mon encontre, que je courais aux toilettes pour vomir toute ma bile.

Ça s'est progressivement calmé, et heureusement. Mais pendant longtemps par la suite, au moindre petit incident, cette angoisse ressurgissait. Et ces vomissements reprenaient. Je n'arrivais pas à les contrôler, alors que ma maman ne comprenait pas comment et pourquoi je me mettais dans des états pareils. Alors qu'elle me disait qu'avec de la volonté, j'étais capable de le surmonter.

Tout ceci est loin, maintenant ; c'est heureux. Mais si ma maman et ma grand-mère sont vieilles et qu'elles aspirent à la paix, au calme, à la tranquillité, à la sérénité, que devrais-je dire ?

Ce n'est pas une question d'âge. Je ne leur demande pas de changer. Elles sont comme elles sont. Elles ont leur personnalité, leur vécu, tout ce qui a fait qu'elles sont construites ainsi. Je n'ai pas à les juger ou à les condamner pour cela. Jamais. Et je m'y emploierai jamais. Je sais trop bien par tout ce par quoi elles sont passé. J'en suis peut-être même trop conscient. Et c'est pour cette raison que je me tais la plupart du temps, alors qu'intérieurement je hurle de douleur, de désespoir, de tristesse, quand elles sont si autoritaires, si dénuées de compassion, si inattentives à ma détresse.

Quand ma maman me dis que « je rabâche », que « je la saoule avec mes états d'âme ». Quand je vois ma mère, ma grand-mère, et ma sœur prendre toute la place dans la maisonnée à mes dépends et aux dépends de cette personne qui a la sclérose en plaques. Quand je les laisse palabrer à longueur d'heures avec les gens autour de la tablée. Quand je me réfugie dans le bureau sur mon ordinateur, afin d'avoir des échanges avec des gens qui ont de la considération et du respect pour la personne que je suis réellement. Avec des gens qui sont heureux de discuter avec moi de ce que je partage au travers de mes textes et articles. Avec des gens qui louent ma curiosité intellectuelle, ma culture, et qui ne les voient pas comme quelque chose de tabou. Je me tais le plus souvent parce que je suis en permanence conscient des épreuves qu'elles ont vécu.

C'est difficile pour moi, à chaque fois, d'aborder le thème de ma famille. J'en souffre éminemment parce que je ne désire pas la stigmatiser. Je ne souhaite pas la montrer du doigt comme une famille indigne, qui m'abandonne sur le bord de la route du fait que je suis fragile, hyper-sensible. Ce n'est pas mon but, ce ne l'a jamais été, ce ne le sera jamais. Je ne souhaite pas, non plus, les voir changer – combien de fois devrai-je le répéter -, je suis conscient de l'âge que ma mère et ma grand-mère ont. Ça me fait du mal de devoir régulièrement revenir sur tout ça. Je préférerais que ce ne soit pas le cas. Je préférerais me plonger dans mes recherches sur le Nazisme, et avancer mon livre.

Dois-je me taire pour autant sur ce que j'endure – et la personne atteinte de la sclérose en plaques qui vis avec moi ? Dois-je éternellement subir tout ceci ? Ainsi que tout ce que je n'ai pas révélé dans ce récit ou les précédents ? Parce que j'en oublie en cours de route, ou qu'il me faudrait 400 ou 500 pages pour venir à bout de tout ce que j'aurai à dévoiler sur ce qu'a été, ce qu'est, ma vie personnelle ou familiale.

Je ne le pense pas, et je ne le veux pas. Autant pour moi, que pour cette personne atteinte de la sclérose en plaques, ou que chacun de membres de ma famille. Cette façon de fonctionner n'est pas saine. Elle est destructrice, dévastatrice. Les mensonges, les secrets, les non-dits qui ont parsemé mon existence, et celle de ma mère, démontrent bien cela. A vouloir cacher, à vouloir faire semblant, à vouloir montrer une image bien lisse, sans accrocs, ça finit par nous exploser à la figure. Ça a des effets dévastateurs au-delà de ce qu'on peut imaginer. L'épisode de mon père et de son homosexualité refoulée pendant quarante ans auraient dû le leur enseigner.

Moi, il m'a servi d'exemple à ne pas suivre. L’égoïsme de mon père, pour avoir une image correcte, respectable, honorable, le faisant briller aux yeux de tous, s'est trouvée réduite à néant du jour au lendemain. Et il nous a tous entraîné dans un puits sans fonds duquel nous ne sommes jamais véritablement sortis indemnes. Les événements antérieurs et ultérieurs y ont participé aussi. Pour ma part, il y a un Dominique d'avant, et un Dominique d'après. Celui d'avant était différent de celui d'aujourd'hui. Je l'accepte, je n'en n'ai pas honte, je n'en tire pas orgueil non plus. Mais je ne veux pas, je ne peux pas, taire tout cela. Ça fait parti de mon existence, avec ses bons et ses mauvais cotés, avec ses forces et ses faiblesses, avec ses victoires et ses défaites, avec ses fiertés et ses indignités.

Ce que me montrent ma mère et ma grand-mère aujourd'hui par leur comportement, ce n'est pas un exemple que je veux suivre. Le monde auquel elles se réfèrent est mort depuis longtemps. Le respect n'est pas synonyme de soumission. Le respect n'a rien à voir avec le pouvoir de l'argent. Ce sont des concepts d'un autre âge. Ce n'est pas en les imposant coûte que coûte pour avoir le sentiment d'exister aux yeux des autres, que ça les rendra plus réels. Ce n'est pas en dissimulant certains aspects de qui on est – et en obligeant ceux et celles qui n'entrent pas dans ces critères – que ça les effacera. Au contraire, ils n'en seront qu'exacerbés, et se déverseront par flots incontrôlables dès que l'occasion leur en est donnée. Avec les déflagrations inévitables qui s'ensuivent.

Ma mère et ma grand-mère ne réalisent pas – en sont-elles capables ? - que plus elles s'arc-bouteront sur leurs certitudes, sur le sentiments que ce qu'elles pensent, que ce qu'elles veulent, que ce qu'elles croient, sont des vérités inaliénables gravées dans le marbre, plus elles dévoilent d'elles ce qu'elles reprochent tant aux autres. Elles ne voient pas que les gens qu'elles côtoient ne sont pas dupes. Elles ne saisissent pas qu'elles n'ont pas besoin de briller, d'avoir l'impression de se sentir supérieures, de se montrer autoritaires et intransigeantes, pour qu'on les apprécie ou qu'on les aime. Elles ne se rendent pas compte que le respect n'est pas une question d'age ou de statut social, de profession ou de centre d’intérêt. Le plus humble des hommes – ou femme – a autant de valeur que celui ou celle qui est richissime. Que l'intellectuel a autant à apporter, à partager, à offrir, que l'individu qui travaille la terre de ses mains.

Je les aime, je les admire. Je suis heureux qu'elles soient ma mère et ma grand-mère. Et, quelle que soit la situation, jour comme nuit, elles me trouveront toujours à leurs cotés. Ces différends qui nous opposent ne sont rien comparé à ce qui nous lie. Le tout, c'est qu'elles prennent en compte mes spécificités, ma fragilité, mon hyper-sensibilité, et la façon dont je les exprime. Qui sont, forcément, totalement différentes de la façon dont, elles, les expriment.

J'espère de tout cœur que ce texte éclairera ma maman sur ce qui est muselé en moi depuis tant d'années. J'espère de tout cœur qu'elle adaptera légèrement son comportement, et qu'elle incitera ma grand-mère à en faire de mème, pour que nous puissions tous vivre en bonne harmonie lorsque nous sommes ensemble. Il ne faudrait pas grand-chose, sincèrement, pour cela. Vraiment…

Vœu pieux ?...

 

 

 

 

 

 

 

11 octobre 2017

Brèves Philosophiques, pages 346 à 347 ; Juste un grain de sable, première partie :

X2Ma matinée a été assez agitée. En effet, j'ai eu beaucoup de choses à faire en peu de temps. Et j'avoue que celles-ci m'ont un peu épuisées. Par ailleurs, normalement, je devrai me remettre à la rédaction de mon livre sur les « Origines idéologiques et ésotériques du Nazisme ». Ces derniers jours, pris par ce débat qui bouscule les esprits et les consciences, il progresse peu. Il avance tout de même, rassurez-vous. Cependant, comme les questions qu'il évoque sont fondamentales – du moins, à mes yeux -, je ne peux les laisser de coté. Et je vais y ajouter juste un grain de sable

Les réactions à mes textes sur Dieu et la Religion sont nombreuses, diverses, et variées. Elles viennent de tous les horizons, de personnes de toutes origines, de tous milieux, de toutes confessions – ou pas -, de philosophies et de cultures hétéroclites.

J'avoue que c'est, dès lors, très enrichissant, passionnant, exaltant, fascinant, d'y prendre part. Certes, quelques individus tentent, en vain, de me bousculer. D'autres m'insultent, me vilipendent, me vouent aux flammes de l'Enfer, etc. Je leur répond, lorsque c'est le cas ; comme je réponds à n'importe quel commentaire pour lequel il me paraît important d'y apporter un argument qui me semble nécessaire. Pour autant, malgré leurs vociférations parfois, malgré leurs invectives, je demeure un homme sensé, doué d’un minimum d'intelligence et de raison. Et si je leur répond par mon argumentation – qu'elles n'entendent pas, ou ne veulent pas entendre, le plus souvent -, je le fais dans cet état d'esprit.

En fait, il n'y a que ceux et celles qui insistent dans leur désir de me faire adhérer à leurs idées coûte que coûte, de gré ou de force, qui m'exaspèrent et m'irritent. Car, dans ce cas, aucun échange n'est possible, aucune réflexion raisonnée, intelligente, sensée, n'est viable. De plus, généralement, ils interviennent alors que je suis concentré sur la rédaction de mon ouvrage sur le Nazisme. Et quand je leur répond par mes arguments, ils reviennent à la charge sans cesse. Et après, j'ai beaucoup de mal à reprendre le fil de mes idées, alors qu'il s'agit d'un sujet complexe, difficile, nécessitant concentration et réflexion, sur lequel je me penche. Mais ils n'en n'ont cure. Leur but est de me faire plier à tout prix à leur vision des choses.

Ils n'y parviennent jamais. Parce que les arguments qu'ils m'avancent sont aisément réfutables. Quel que soit l'angle d'attaque de leur argumentation, les réponses que je peux leur fournir sont nombreuses et diverses. Que l'on me croit ou non, peu importe.

Mais j'ai étudié, disséqué, exploré, approfondi le thème de Dieu, et de la Religion , durant près de deux décennies. Et quelle que soit la religion monothéiste évoquée. Au fil de ces recherches, et là encore peu importe ce qu'en pensent mes détracteurs, j'ai analysé, creusé, décodé, les mécanismes qui ont permis à ces religions d’apparaître, à l'époque où elles sont nées. Les causes historiques, philosophiques, intellectuelles, sociales, traditionnelles, etc. qui ont fait qu'elles ont pu émerger, puis s'étendre. J'ai suivi le fil de l'élaboration de leurs textes fondateurs, qu'est ce qui a motivé leur rédaction, pourquoi tel texte a été privilégié au profit de tel autre ; telle idée, telle formulation, telle idéologie, telle parabole ou symbolique, telle vision de la morale, etc., plutôt qu'une autre. Sur quelle mythologie locale ou intégrée au fur et à mesure de leur extension, elles se sont appuyées. Bref, tout cela est, non seulement connu par moi du fait de mes recherches dans ce domaine ; mais également de nombreux autres chercheurs spécialisés.

 

A suivre...

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 922 à 923 / 1803

X1Sans enthousiasme...

 

En 1348 également, Edouard III fonde le prestigieux Ordre de la Jarretière. Il lui donne pour but de restaurer l’idéal incarné par la Table Ronde du Roi Arthur. Il la divise donc en deux Sociétés Secrètes ; l’une devant être dirigée par le souverain lui même ; et l’autre par le prince des Galles. Il identifie ensuite chaque Société grâce à treize Membres Majeurs : Douze Disciples et un Grand Maitre.

 

Car Edouard III sait très bien, pour l’avoir lu dans les ouvrages de Chrétien de Troyes, que le symbolisme de la Jarretière est profondément ancré dans le Mythe Arthurien ; et il veut se servir de celui-ci pour faire rayonner sa propre dynastie. Un des récits raconte en effet comment le Roi Arthur et la Reine Guenièvre ont un jour dormi dans une grotte située sous le château de Northumberland ; comment, ce jour là, un paysan a, par hasard, découvert l’entrée de leur refuge ; comment, ce dernier y a mis au jour une épée en pierre et un cor. Le paysan s’est alors emparé de l’épée et a tranché la jarretière de Guenièvre. Puis, au moment où il a voulu se saisir du cor, les deux dormeurs se sont éveillés. Il a alors pris peur et s’est enfui.

 

Parmi les premiers membres de l’Ordre de la Jarretière se retrouvent plusieurs Chevaliers du Temple emprisonnés pour hérésie par l’Inquisition une cinquantaine d’années plus tôt. Dès lors, grâce à eux, l’Ordre se développe de la même manière que les Confréries Françaises. C’est, entre autres, par son intermédiaire que l’union entre la Couronne et les Grands du royaume, se renforce.

 

Mais, après 1360, l’atmosphère change. Si la France panse ses plaies, Edouard dépense beaucoup d’argent pour la cour. La guerre, qui reprend en 1369, tourne mal : le roi Charles V et Du Guesclin reconquièrent petit à petit les territoires concédés. A la mort d’Edouard, en 1377, l’Angleterre ne possède plus en France que Calais et l’Aquitaine. Le nouveau roi, Richard II, doit affronter le mécontentement du peuple, qui se soulève en 1381, puis celui des nobles, qui se rebellent en 1387. Moins heureux qu’Edouard III, Richard ne sait pas redresser la situation : en 1399, il est déposé par son cousin Henri de Lancastre.

 

 

Allemagne, XIVème siècle :

 

A partir de 1305, les Allemands jouent un rôle prépondérant, à la fois en Europe centrale et en Europe orientale. Convertis au Christianisme sous le contrôle de l’Empire Germanique, les Etats embryonnaires qui se développent dans la région restent sous influence économique et politique. Cette germanisation de l’Est se fait essentiellement grâce à la colonisation de terres neuves par de nombreux paysans allemands qui défrichent d’immenses territoires. Des villes allemandes sont fondées, et beaucoup de nobles sont d’origine germanique.

 

Outre cette forte présence allemande, la région doit compter avec l’Ordre Teutonique, qui possède le long de la Mer Baltique, un immense territoire dans lequel il jouit des mêmes droits de souveraineté que les princes allemands. Ce royaume s’étend de la Prusse à la Livonie. Non seulement il constitue un pole avancé du Catholicisme face aux orthodoxes russes et païens de Lituanie, mais il est aussi une forme de domination germanique qui empêche l’affirmation autonome des puissances régionales naissantes.

 

Car l’Ordre Teutonique se consacre exclusivement à la conquête des territoires païens de l’Europe du Nord : doté de privilèges étendus par l’Empereur, il acquiert vite d’immenses régions en Livonie et en Prusse, où il installe sa capitale en 1309, à Marienburg. Là, le grand maître règne en véritable souverain. Il gouverne, assisté par un conseil où siègent les évêques prussiens et les dignitaires, tous allemands, de l’Ordre. Chaque année, il invite des membres de la noblesse européenne à accompagner ses chevaliers en « croisade » contre les « infidèles », les Lituaniens surtout.

 

Vers 1350, les membres de la secte des « Flagellants » sont poursuivis par l’Inquisition allemande. En effet, à cette époque, leurs hordes fanatiques partent d’Autriche, traversent le Saint-Empire Romain-Germanique et gagnent les Flandres, en rasant tout sur leur passage. Par ailleurs, grâce à des conjurations et à des invocations, ils détruisent les récoltes, les champs, les jardins, et provoquent des épidémies parmi les hommes et parmi les bêtes.

 

Enfin, une rumeur les accompagne : on dit partout que les Flagellants sont des amis de Lucifer, qu’ils se livrent à la débauche en compagnie de Démons. En effet, certains de ceux-ci leur apparaîtraient sous forme féminine – ou « Succubes » -, d’autres prendraient un aspect masculin – ou « Incubes ».

 

A suivre...

10 octobre 2017

Brèves Philosophiques, pages 344 à 345 ; Pourquoi je ne "crois" pas, dernière partie :

X1Je publie, mais sans enthousiasme...

 

Bref, tout cela pour dire qu'il est certain, à plus ou moins brève échéance, que l'Homme découvrira que la Vie existe ailleurs dans l'Univers. Il découvrira aussi que celle-ci, comme sur la Terre d'ailleurs, peut prendre des formes extrêmement diverses. Il est encore évident qu'il découvrira que l'Intelligence existe ailleurs. Et que là aussi, elle prendra des formes si différentes, si éloignées des concepts qui nous sont familiers, qu'elle remettra en cause tout ce que nous avons toujours cru sur nous mème. Et forcément, cela aura des répercussions sur les dogmes religieux, sur notre vision de Dieu, extraordinaires.

Je suis convaincu que le jour où un prêcheur humain tentera d'expliquer à une créature autre, mais intelligente, sa croyance en Dieu, celle-ci ne comprendra pas ce que notre homme aura tenté de lui enseigner. Dieu, il est probable que ce concept limité, puisqu'humain, et issu de l'intelligence humaine, sera inconnu de cette créature. Ou alors, éventuellement, elle le prendra pour notre dirigeant suprême, une sorte de roi.

Mieux encore : si notre Homme lui demandera si elle croit en une sorte de Seigneur, cela lui sera aussi étranger que le feu est conciliable à l'eau. Ou, encore, si elle croit en un Dieu – ou plusieurs -, ses dogmes, ses certitudes, ses valeurs, n'auront rien à voir avec les nôtres, puisque sa civilisation ne se sera pas construite sur les mêmes bases, en suivant la même histoire, en suivant les mêmes codes sociaux ou culturels, que ceux de l'Humanité.

Comme vous le voyez, je pourrais disserter longuement sur ce thème qui est passionnant, fascinant, intéressant à bien des égards. C'est un sujet sur lequel j'ai longuement et profondément étudié, ausculté, disséqué. J'ai énormément lu, réfléchi, écrit. Je me suis questionné, j'ai cherché des réponses. Et, au final, parce que j'ai fait tout ce chemin spirituel, intellectuel, raisonné, parce que j'ai appris, acquis des connaissances et des savoirs m'ayant ouvert des portes sur des myriades d'aspects liés à cette perspective, j'en ai tiré une conclusion : il y a plus de raisons, de mon point de vue, de se fier au savoir, à l'intelligence, à la raison, etc. que de se fier à la croyance ou en un Dieu.

Ce n'est que mon cheminement personnel, évidemment. Nul n'est obligé de le suivre. Néanmoins, par mes écrits, je le diffuse et le partage avec ceux et celles qui ont la même démarche que moi : une curiosité intellectuelle, une soif de connaissance, insatiables. Non pas dans le but de prêcher la bonne parole. Mais juste afin d'apporter modestement, humblement, ma petite pierre à la réflexion générale sur le fait de « croire » ou de « ne pas croire »…