Mes Univers

21 août 2017

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 869 à 871 / 1803

 

X1En 1226, Louis VIII, fils de Philippe Auguste, s’intéresse lui aussi aux affaires du Languedoc. Et, contrairement à son père, il prend personnellement la tète de la croisade qui doit éradiquer l’hérésie qui y couve toujours. Après l’excommunication de Raymond VII par le concile de Bourges, le roi conquiert le Languedoc, renonce à attaquer Toulouse, et meurt sur le chemin du retour, en Novembre de la même année. Malgré cela, Raymond VII cesse la lutte en 1228. L’année suivante, le traité de Paris met fin à la guerre entre le comte de Toulouse et le roi de France Louis IX, représenté par la régente Blanche de Castille. Celui-ci acquiert le Languedoc, le comte garde Toulouse, mais marie sa fille unique, Jeanne, à Alphonse de Poitiers, frère du futur Saint Louis. Une université est fondée à Toulouse, pour diffuser la doctrine catholique en pays cathare.

 

A partir de 1229, le but principal de la papauté est d’extirper l’hérésie. Cette mission, l’Inquisition, organisée par Grégoire IX, est confiée aux Dominicains.

 

En 1235, les Disciples de Nahmanide le Kabbaliste commencent à s’appuyer sur d’autres thèses que celles de leur Maitre pour développer leur Initiation. Ils se réfèrent désormais également aux écrits des frères Isaac et Jacob Ha Cohen pour approfondir leurs Connaissances. Ils lisent leurs ouvrages – peu publiés – sur l’Intermonde et les Créatures Démoniaques ou Mythiques qui les peuplent, avec avidité. Ils se confrontent ensuite au thème Gnostique contrant la Kabbale néo-platonicienne. L’un d’eux – Abraham de Cologne -, mentionne même dans l’un de ses textes une méthode de contemplation intéressante ; elle vise en effet à s’approcher au plus près des Sephiroth habitant le Monde Divin. Il prétend même qu’elle mène à l’Illumination Prophétique. Puis, dans son « Guide des Egarés », il raconte à un Adepte de Baruch – Abraham Abulaffia -, ce qu’il a découvert à leur sujet.

 

Mais, deux ans plus tard – en 1237 – un autre des élèves de Nahmanide le Kabbaliste, élabore à son tour un document fondamental pour la Science Esotérique : le « Livre des Splendeurs » - ou « Sefer ha Zohar ». Il le diffuse dès lors sous la forme d’un assemblage épigraphique d’homélies Mystiques qu’il attribue au Kabbaliste Joseph ibn Giqatilia. Il le complète grâce aux écrits de Moïse de Léon ; qui a effectué une comparaison philologique et idéologique d’ouvrages tels que « l’Ame Intelligente », « l’Arche du Témoignage » ou « le Sicle Consacré ». Il lui adjoint trois opuscules annexes du « Middrash ha ne’elam ». Il explique un peu plus loin que, de ces trois opuscules, le premier est rédigé en hébreu et a un aspect philosophique allégorisant ; le second est un recueils de poésies Mystiques inscrites en araméen archaïque, et issu de « l’Idra Rabba Idra Zuta » ; et le troisième se présente sous la forme de paragraphes symboliques influencés par le « Ra’ya mehemna ».

 

De fait, du point de vue doctrinal, le Sefer ha Zohar marque un retour à la Mythologie apparue en même temps que la Science Kabbalistique. Les spéculations sur les Sephiroth y sont enrichie d’inépuisables variations exégèses ; elles sont centrées sur les thèmes Gnostiques touchant au Mal. Elles insistent sur ses racines introduites à l’intérieur du Monde Divin. Elles soulignent la « Présence », cet élément féminin du Monde Sephirothique, ainsi que sur l’union avec « l’Epoux ». Elles soutiennent encore sur l’assurance que l’unité du Monde Divin, exige la participation des énergies Spirituelles. Et elles recommandent l’accomplissement quotidien – dans ce but – des Commandements Divins.

 

Le Sefer ha Zohar reflète ainsi cette période d’intense activité littéraire que sont les années 1235 – 1237. Car, outre leur travail sur ce Livre, les autres membres de ce qui est devenue « l’Ecole Nahmanide » se consacrent également à l’étude des nouveaux courants Kabbalistiques qui sont en train de se propager en Occident. Et Baya ben Ashter, Isaac d’Acco, Joseph ibn Waqar, Juda ben Nissim ibn Malka ou Menahem de Recanati, tentent dès lors de concilier thèses aristotéliciennes et thèses théosophiques.

 

En 1238, les Hermétistes en contact avec les Kabbalistes du Languedoc donnent le nom de « Rebis » - ou, « Chose Double » - à la Pierre Philosophale. En effet, ils adjoignent vite à celle-ci de nombreux aspects Alchimiques. Ils insistent sur le fait qu’elle a des racines très anciennes. Et ils se mettent peu à peu à croire que la « Tabula Smaragdina » - la célèbre « Table d’Emeraude » - est une sorte de Bible, de Livre d’Initiation et de Sagesse, qui cache beaucoup de ses Secrets.

 

Ils expliquent ainsi une hypothèse selon laquelle, au début du Ier millénaire avant J.C., les Sabéens se sont établis à Harran ; en Haute Mésopotamie ; qu’ils ont été des Philosophes Hermétistes héritiers de l’Ecole Esotérique Egyptienne ; et qu’à un moment donné, ils ont protégé la Table d’Emeraude. Ils révèlent qu’entre le VIème et le XIIème siècle, des sectes Arabes, telles que celle des Soufis, ont tenus entre leurs mains un certain nombre de ses Secrets. Et ils disent que ce n’est qu’à partir de la fin du XIIème siècle que l’Occident a compris que la Table d’Emeraude et la Pierre Philosophale ont été les détentrices d’une Sagesse Préchrétienne incommensurable. C’est d’ailleurs pour cette raison que les Hermétistes du Languedoc se réfèrent désormais aux Textes rattachés à la Table d’Emeraude entre le IIème et le Vème siècle, à Alexandrie et à Byzance, pour en comprendre le sens.

 

En 1239, les « Fidèles d’Amour » - membres d’une secte pyrénéenne – se prétendent intimement liés aux Cathares et à l’Ordre du Temple. Car, comme ces derniers, ils se rassemblent assez régulièrement dans les salles de la forteresse de Puivert. Et comme eux, ils considèrent que la montagne au sommet de laquelle le château est bâti, est la « Montagne d’Emeraude », aussi nommée « Montagne Polaire ».

 

A suivre, si ce texte vous intéresse...


20 août 2017

Brèves Philosophiques, pages 194 à 195 ; Dieu quelle hypocrisie, seconde partie :

X3J'estime cependant m'en être bien sorti. La lecture et l'écriture ont été des passions qui, très vite, m'ont aidé à m'échapper à cet Enfer. La Bibliothèque Nationale et mes recherches dans les domaines du savoir et de la connaissance qui me sont chers, m'ont considérablement apporté. J'ai reporté sur « l'intellect » ce qui me faisait défaut « physiquement ». J'ai réalisé que c'est par ma raison, mon esprit, ma curiosité cérébrale vorace, sans limites, et permanente, que j'ai réussi à m'en libérer… du moins, en grande partie.

Tout le monde, au cours de ces années-là, n'a pas eu cette chance, j'en suis éminemment conscient. Cela m'a sauvé la vie plus d'une fois, j'en suis intimement convaincu. Et là aussi, malheureusement, tout le monde n'a pas eu cette chance.

De nos jours – alors que nous sommes au milieu des années 2010 -, la société, les médias, les parents, les associations, etc., sont beaucoup plus vigilants que jadis, concernant cette problématique. Tant mieux. C'est une excellente chose. Cependant, cela n’empêche pas ce genre de phénomène de se reproduire épisodiquement. Les journaux, les débats, les documentaires, évoquant des affaires ressemblant à la mienne sont légion. Quand ils n'en décèlent pas des pires.

Et c'est là où je veux en venir : il y a deux ou trois jours, j'ai visionné une série de reportages sur la pédophilie dans le milieu scolaire ou dans le milieu religieux. Il est vrai que les « affaires » de ce type sont souvent mises sur le devant de la scène en ce moment. Sans doute que ceux et celles qui en ont été victimes à une époque de leur existence ont plus de facilité à en parler. Puisqu'elles sont davantage réprimées, puisque les mécanismes qui conduisent à ce genre de comportement sont davantage décryptés, les enfants ou adolescents en sont davantage informés que jadis.

Les parents sont aussi certainement plus vigilants, les institutions qui les accueillent – écoles, lycées, camps de vacances, scouts, etc. - aussi. Ce qui n'enlève rien, je tiens à le souligner avec force, à la monstruosité des actes commis. Qu'il s'agisse de persécution scolaire, de pédophilie, de violences verbales, physique ou psychologiques, j'en passe, ce sont des agissements intolérables. Il est nécessaire de les réprimer avec la plus grande vigueur. J'estime, pour ma part, qu'il n'y a aucune indulgence à avoir envers des adultes qui ont des telles conduites.

Ce n'est pas parce qu'un père a des difficultés avec son épouse, qu'il doit martyriser ses enfants ; ou abuser d'eux sexuellement, si son épouse ne le satisfait pas. Ce n'est pas parce qu'un père ou une mère est alcoolique, drogué, sans emploi, etc. qu'il ou qu'elle doit s'en prendre à ses enfants. Ce n'est pas parce qu'un homme ou une femme a été tyrannisé, prostitué contre son gré, gamin, qu'il doit reproduire ces gestes envers ses gamins ; ou d'autres.

Je suis quelqu'un de compréhensif. Et je peut comprendre le processus qui conduit tel ou tel adulte à avoir des penchants « déviants ». Néanmoins, ce n'est pas parce que je peux comprendre ou expliquer, que je l'accepte ou le pardonne.

 

A suivre...

Mémoires, pages 31 à 32 / 311

X1L'enfant que j'étais a été terriblement frustré. Il était exceptionnel que je ne revienne sans rien chez nous. Cela peux ressembler à un caprice de gamin. C'en était effectivement un ; je ne le nie pas. Mais en rédigeant cette Chronique, mon intention est de montrer la réalité telle que je la vivais tout le long de ces événements fondateurs. Il y a eu des instants dont je suis fier ; il y en a dont je suis moins fier ; il y en a dont je ne le suis pas du tout. Qui peux se targuer d'avoir eu une existence sans tâche ? Celui qui l'affirme est non seulement un menteur, mais un orgueilleux irrécupérable.

C'est donc dépité, la mine défaite que je m'en suis éloigné et que je me suis dirigé vers la travée suivante. En effet, je n'ai pas besoin de m’appesantir sur la manière dont sont organisées les grandes surfaces.

Mais en général, quelle que soit la région de France, elles sont disposées à peu près de façon semblable. Ce qui est de l'ordre de l'alimentaire s'étend sur la plus grande partie du magasin. Ce qui est de l'ordre du ménager est dans son prolongement. Ce qui est de l'ordre du divertissement – jouet, jeux, etc – est généralement séparé des précédents segments de celui-ci par une immense allée centrale qui le coupe en deux. Il y est rattaché à ce qui est aujourd'hui lié aux DVD, aux Blu-ray, aux CD musicaux, à l'informatique – ordinateurs, consoles, logiciels et jeux vidéos – et qui, au tournant des années quatre-vingts, ne touchait que les cassettes audio ou vidéo, ou les Vinyles. Et, enfin, se discernaient – se discernent - les rayonnages de livres ou de Bandes dessinées.

Je n'étais pas friand de musique. Je n'y entendais rien. Lorsqu'un groupe ou un chanteur sortait un album, je ne me sentais pas concerné. A la radio, je ne connaissais ni le nom de la chanson qui y était diffusée, ni son auteur, ni si elle avait du succès ou pas. Parfois, certains morceaux m'enchantaient. Mais je les oubliais très vite. Contre le mur, sur ma table de chevet, je détenais bien un radio-cassette assez volumineux dont je ne me servais que très rarement. Si j'avais cinq ou six cassettes audio, c'était le maximum. Je n'étais le détenteur d'aucun disque.

Ce n'est qu'à partir des années 1987 – 1989 que j'allais me retrouver propulsé dans cet univers par l'intermédiaire de l'un de mes meilleurs amis – l'un des seuls véritables aussi – de cette période. Quant aux cassettes vidéos, il était rare que nous en achetions. Déjà parce que c'était alors relativement cher pour ceux et celles qui en ont été témoins. Puis, parce que mon père enregistrait beaucoup de films qui étaient projetés à la télévision. Encore, parce que, étant donné mon jeune age, je n'avais pas l'autorisation de m'en payer. Mon argent de poche n'y aurait d'ailleurs pas suffit. Qui plus est, les seules que j'avais le droit de toucher dépendaient de la vidéothèque murale de mon père dans le couloir du bas de notre habitation. Et enfin, parce que mon père s'en procurait gratuitement par son réseau de pirates cinéphiles qui les lui copiait avant qu'elles ne soient accessibles à la vente. Je me remémore, entre autres, avoir vu « le Retour du Jedi » en version originale sur son magnétoscope, tandis qu'il venait tout juste de sortir au cinéma !

A suivre..

19 août 2017

Brèves Philosophiques, pages 192 à 194 ; Dieu quelle hypocrisie, première partie :

X3S'il y a quelque chose qui me révolte particulièrement, c'est que l'on s'en prenne aux enfants. Cela me met notablement en colère. Je n'ai pas de mot assez dur, de terme assez virulent, quand c'est le cas.

Je n'ai jamais été un enfant battu. Cependant, pour ceux et celles qui connaissent un peu mon parcours pour en avoir lu des bribes dans certains de mes textes les plus personnels, vous savez à quel point celui-ci a été difficile. Il a été parsemé d'épreuves, de souffrances, de blessures – parfois irréparables -, de mort, d'humiliation, de solitude, etc.

Mes parents n'ont jamais été violents à mon encontre. Certes, ils m'ont de temps en temps un peu secoué. Certes, les colères de mon père étaient monumentales et m'impressionnaient toujours. Elles me tétanisaient presque, le plus souvent. Certes, j'ai reçu de lui des réprimandes verbales ou physiques épisodiquement. Ma mère, elle, c'était davantage en me punissant – interdiction de regarder la télévision durant plusieurs jours, généralement - ; mais quand j'y songe aujourd'hui, je me rends compte que c'était toujours justifié. Il faut avouer que, quelquefois, je n'étais pas très obéissant. Respectueux, toujours. Mais il m'arrivait de mentir, de dissimuler des bêtises ou des mauvaises notes, etc. Et, forcément, comme un jour ou l'autre, mes parents découvraient forcément ce que je leur cachais, leur colère était proportionnelle aux retombées des erreurs que j'avais commises.

Néanmoins, comme je l'ai déjà indiqué également, c'est à l'école – collège ou lycée – que j'ai été le sujet de ces tortures psychologiques quotidiennes qui m'ont tant marqué. Mon handicap, ma tâche de naissance, ont été les vecteurs de méchanceté, de railleries, de mises à l'écart, de racket, de honte, de dévalorisation, de désespoir, de repli sur soi. Je ne souhaite à nul – y compris à mon pire ennemi, si j'en avais un – de subir cet Enfer qui a été le mien pendant toutes ces années.

Evidemment, nul n'a été mis au courant de ce que je vivais. Ni mes professeurs, ni mon proviseur, ni les rares amis que j'avais, ni mes parents. Mon entourage, d'où qu'il soit issu, n'a jamais assisté à ces scènes qui peuplent encore parfois ma mémoire aujourd'hui. Ce n'est que très tard, et encore une fois, grâce à l'écriture, que j'ai pu comprendre pourquoi j'étais le souffre-douleur de mes camarades ; pourquoi ils me persécutaient chaque jour ; pourquoi ils inventaient régulièrement de nouveaux moyens de m'affliger. Ma tâche de naissance, ainsi que mon hémiplégie du coté droit en étaient l'origine. J'étais un coupable tout désigné à leurs yeux. J'étais seul, j'étais timide, d'une extrême sensibilité ; j'étais la victime toute désignée à leur vindicte.

Nous étions alors dans les années quatre-vingts, et ce genre de persécutions n'était pas mise en lumière à l'époque. La société, les médias, ne s'en préoccupait pas. Il n'existait ni de numéro d'appel ni d'association d'aide aux enfants et adolescents qui subissaient ces outrages. J'étais seul face à mes persécuteurs – toujours la même dizaine ou quinzaine d'individus - ; j'étais impuissant à leur résister. J'étais effrayé, perdu. Souvent, je pleurais et je m'isolais instinctivement. Parce que j'étais inquiet dès que j'étais confronté à un groupe ; y compris dans le milieu familial. J'en ai gardé quelques traces puisqu'à l'heure actuelle encore, inconsciemment, la foule m'intimide.

 

A suivre...

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 868 à 869 / 1803

 

X1En 1206, un prédicateur castillan d’une trentaine d’années, Domingo de Guzman – Saint Dominique – entreprend de convertir les hérétiques du Languedoc. Pour se démarquer du clergé ordinaire, riche et fastueux, le prédicateur se déplace pieds nus, vêtu d’une simple robe blanche, et mendie sa nourriture.

 

Il rencontre cependant assez peu de sympathies dans un Midi volontiers frondeur, dont la noblesse est somme toute satisfaite de voir croître une doctrine hostile à la hiérarchie catholique romaine. Le clergé local lui même, de l’aveu du comte de Toulouse, est atteint par la contagion hérétique.

 

En 1208, Pierre de Castelnau, légat du pape, est assassiné dans des circonstances obscures, à l’issue d’une discussion avec le comte de Toulouse Raymond VI, dont la famille est favorable à l’hérésie depuis longtemps. Le pape l’excommunie et prêche la croisade en 1209. Philippe Auguste n’y participe pas, mais les petits seigneurs de France du Nord, menés par Simon de Montfort, saisissent avec empressement cette occasion de combattre pour la foi. Raymond VI se hâte de faire une pénitence solennelle, mais c’est trop tard. Par la vallée du Rhône, l’armée des croisés déferle sur ses Etats, accumulant violences, pillages et atrocités. Béziers est mise à sac et ses habitants massacrés. « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens », clame le légat du pape ; à Lavaur, les défenseurs de la place sont pendus ; tous les hommes de Bram ont les yeux crevés et le nez coupé ; partout les villes s’embrasent à la flamme des bûchers.

 

Roger-Raymond Trencavel, vicomte de Béziers, capitule à Carcassonne, ses terres sont données à Simon de Montfort. Le comte de Toulouse, conscient du risque, reprend la lutte en 1211, avec l’aide du seigneur du Languedoc, Pierre II d’Aragon, vaincu à Muret en 1213. Les croisés assiègent Toulouse jusqu’en 1215. Raymond VI abandonne ses Etats à Simon de Montfort, mais Raymond VII, héritier du comte de Toulouse, conserve Nîmes, Beaucaire et ses terres de Provence.

 

Toujours en 1215, l’ordre des frères prêcheurs, fondé à Toulouse par Saint Dominique, est reconnu par le IVème concile de Latran, qui, tout en prêchant la croisade, définit les modalités de conversion des hérétiques Albigeois.

 

Deux ans plus tard, pourtant, Raymond VI rentre à Toulouse. En tentant de la reprendre en 1218, Simon de Montfort est tué. Les croisés cessent alors la lutte ; après la mort de Raymond VI, son fils reprend toutes ses possessions à Amaury, le fils de Simon de Montfort. Mais l’hérésie continue de se développer.

 

En 1220, les Dominicains – spécialistes en la matière – sont donc chargés par le pape Honorius III, de l’éradiquer ; ce dernier poursuivant en cela le long combat contre l’hétérodoxie religieuse et les hérésies depuis le début de son règne.

 

Ses légats rencontrent les pires difficultés. Lorsqu’ils enquêtent dans les nombreuses cités du Languedoc, leurs habitants les voient arriver d’un mauvais œil ; ceux-ci ne veulent pas que l’on touche à leurs libertés traditionnelles. La lutte des Dominicains est de ce fait rude et non exemptes de combats armés.

 

Souvent en effet, les nobles mettent leurs châteaux et leurs forteresses à la disposition des Cathares persécutés. Les Parfaits en profitent pour fonder de nouvelles organisations secrètes se donnant pour but de préserver leurs Mystères Ancestraux. L’un de ces Ordres inédits, par exemple, réunit rapidement tous les Savoirs qu’il préserve à l’abri, dans les villes d’Italie où il est installé.

 

Parallèlement, en 1223, certains habitants de la région se tournent vers des pratiques Religieuses totalement différentes. Ils en appellent aux Pouvoirs du dieu Cornu. D’autres perpétuent des Rites Ancestraux à l’intérieur de Sanctuaires Secrets : Ils y font brûler un feu perpétuel. Mais, surtout, ils désignent des Vierges pour l’entretenir. Et ils commencent à désigner ces dernières par le terme : « les Filles du Feu ».

 

A suivre, si ce texte vous intéresse...

 

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18 août 2017

Brèves Philosophiques, pages 177 à 179 ; La Fin des Illusions, dernière partie :

X3Je sais ce que pensent certains d'entre vous : tout ceci n'est que de la Science-Fiction. Ou si tout cela doit advenir, ce ne sera pas avant plusieurs centaines d'années… Vraiment ?

Eh bien, c'est que les informations que vous suivez régulièrement dans vos journaux, ou sur Internet – peu importe – ne captent pas assez votre attention.

Il y a quelques jours, j'ai fait une expérience : quels ont été les principaux sujets des actualités : la crise des migrants. Je vous en ai expliqué les causes les plus flagrantes plus haut. Il y avait aussi le salon de l'agriculture ; ou le salon de l'automobile, plus récemment. La grève des lycées parce que les étudiants ont peur d'une précarisation e plus en plus grande et de plus en plus forte. Les championnats de jeux vidéos ou le fait que, désormais, même les personnes du troisième age jouent. Ou ont peuvent avoir des animaux de compagnie robotisés. Les expériences afin de faire pousser des légumes avec un minimum d'eau. Les fermetures d'entreprises, encore et toujours. Tout cela, et tant d'autres thèmes, sont les pièces d'un gigantesque puzzle qui se mettent en place les unes après les autres, et qui nous conduisent inexorablement vers cette « civilisation d'après ».

Depuis le début de cet exposé, je n'ai cité que quelques exemples. Je pense qu'ils sont les plus parlants et les plus visibles de cet aujourd'hui et de ce demain qui se construisent sous nos yeux. Cependant, je ne suis pas devin.

Nul ne sait de quoi sera véritablement et entièrement fait l'avenir. Il est néanmoins plus que vraisemblable que tous les facteurs que je viens d'évoquer sont à y prendre en compte. Les négliger – que ce soit au niveau de nos gouvernements, comme au niveau des simples quidams que nous sommes – serait de l'inconscience pure. Ce serait extrêmement dangereux. Qui plus est, quoiqu'en disent les partis extrêmes qui prônent un repli sur soi afin de ne pas à devoir à affronter cette réalité brutale et sans états d'âme, cela ne servirait à rien. Au contraire, nous serions encore plus férocement emportés par la tourmente qui croit derrière l'horizon.

Nous lamenter sur le temps passé, sur ce « bon vieux temps où tout était plus simple », ne servira à rien non plus. Déjà, parce que ce bon vieux temps n'était pas si bon que cela. On s'en souvient avec nostalgie parce qu'il s'agissait de notre jeunesse ; une époque où nous étions insouciants, où c'étaient nos parents qui géraient les difficultés du quotidien. Or, tout n'y était pas rose : pas de commodités, pas d'électricité, de chauffage, de frigo, de congélateur, etc. C'était il y a cinquante à peine. Les trajets étaient plus longs, le travail plus dur. La médecine n'était pas aussi performante qu'aujourd'hui ; on mourrait plus tôt.

Il faut juste s'y préparer. Une étape de l'Histoire de l'Humanité vit ses derniers instants. Comme celles qui l'ont précédé, elle ne pouvait être éternelle. Les religions ont beau nous seriner à longueur de temps que l’Éternité existe, que le bonheur ici-bas, ou dans un autre Monde, nous attend, que l'Amour va triompher du Mal, j'en passe, vont advenir. Ce n'est pas la réalité. Depuis toujours, l'Homme a tendu vers cet idéal. C'est quelque chose de profondément ancré en lui ; un espoir fou, indéracinable, inaliénable, auquel il lui est impossible de renoncer. Toutes les religions qui ont précédé les monothéismes actuels, y ont également aspiré. Tous les Textes Théologiques tendent vers ce but. Depuis Gilgamesh et le Livre des Morts Égyptien, jusqu'aux Philosophes des Lumières et après, tous insistent sur le fait que chacun de nous est empreint de cet espoir.

Personnellement, je ne raisonne pas ainsi. S'il y a un bonheur, un espoir, quelque chose d'autre – je ne dis pas « mieux », juste « autre » -, c'est l'Humanité qui le vivra. L'individu, en tant qu'entité appartenant à cette Humanité, y participe, ou y participera. Mais en tant qu'individu, il aura certainement des moments de joie, de bonheur, de félicité, d'amour, etc. Mais atteindre cet idéal pour l’Éternité, non seulement ce n'est pas possible. Et , de plus, ce n'est pas souhaitable.

Pourquoi ? Tout simplement parce que dans ce cas, sans épreuves, sans difficultés, sans blessures, sans souffrances, il n'aurait plus de raison de vivre. Il n'aurait plus cet élan qui le pousse sans cesse à repousser ses propres limites, qui le force à aller de l'avant quoiqu'il arrive. Il n'aurait plus le désir de créer, de découvrir, d'apprendre, d'expérimenter. S'il atteignait cet ultime degré auquel les Religions se réfèrent au nom de leur « Créateur », l'Humanité serait inévitablement condamnée. Car une espèce qui arrête de croître, de se modeler, d'évoluer, de s'adapter, meurt. Les exemples de ce genre se comptent par myriades depuis la nuit des temps.

Alors, au lieu de chercher à toucher à un sublime que nous n'atteindrons jamais, je préfère « vouloir apporter ma petite pierre à ce gigantesque édifice qu'est l'Humanité ». Humblement, modestement, par ce que je suis, par ce que j'ai en moi. Par mes connaissances, par mon parcours. Je préfère explorer le passé pour accepter le présent, et envisager l'avenir. Quel que soit cet avenir, parce que, de toute façon, il ne dépend pas de moi en tant qu'individu. Il dépend de ce que mon espèce – l'Espèce Humaine – en fera…

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 867 à 868 / 1803

 

X1En 1201, Raymond VI de Toulouse désire offrir une place forte aux Albigeois ; il ne veut plus que ceux-ci soient d’éternels itinérants. Il convoque donc certains de leurs plus hauts dignitaires pour leur expliquer son point de vue.

 

Au terme de longs débats contradictoires, les Cathares finissent par accepter sa proposition. Mais ils demandent un délai de réflexion : ils souhaitent trouver par eux-mêmes l’emplacement de leur futur Temple Majeur. Ils arpentent donc le Languedoc pendant plusieurs mois afin de le découvrir. Ils prennent aussi conseil auprès des grandes familles du pays acquises à leur foi. Et évidemment, ils vont voir le Clan Vaudieu, qui habite l’Hôtel d’Assezat, à Toulouse. Il s’agit en effet d’une fratrie d’hommes et de femmes protégeant un de leurs plus importants lieux de réunions secrètes ; car l’Hôtel d’Assezat dissimule – à l’intérieur de ses Bibliothèques – des Connaissances et des Mystères ancestraux depuis que les Parfaits se sont implantés dans la province.

 

C’est finalement le Patriarche de la Famille Vaudieu qui leur donne la solution : pourquoi ne réclament t’ils pas auprès de Raymond VI le vieux château à moitié en ruines de Montségur ? ; Lequel est situé au sommet d’une montagne isolée au Sud de son comté ? Le Patriarche est d’autant plus favorable à l’édification du Temple Majeur en ce lieu que celui-ci est un endroit où, au cours des siècles et des millénaires précédents, la Religion – quelle qu’ait été sa forme – a jouée un grand rôle. Avant l’arrivée des Albigeois en Languedoc, des Rites et des Sacrements païens s’y perpétraient encore plus ou moins régulièrement ; c’est d’ailleurs pour cette raison que la citadelle a été abandonnée à une époque indéterminée. Et d’ailleurs, encore auparavant, les Druides Celtes y pratiquaient des cérémonies liées au culte du Soleil et pensaient que le lieu était un point d’équilibre essentiel aux Forces Cosmiques et aux Puissances Telluriques parcourant la contrée. Les ouvrages que le Patriarche cache dans les sous-sols de sa demeure y font souvent référence. De même qu’ils expliquent de quelle manière les Druides utilisaient le site de Montségur pour intensifier ses pouvoirs Divins. Et comme les liturgies que les Frères enseignent se réfèrent en partie à ce genre de Savoirs, autant les commémorer sur une terre rattachée à la Tradition à laquelle ils se réfèrent.

 

Les Parfaits venus demander conseil au Patriarche de la Famille Vaudieu pensent qu’il s’agit en effet de la meilleure démarche à suivre. Ils retournent donc auprès du comte de Toulouse pour lui faire part de leur choix. Le Seigneur est surpris quand ils lui désignent Montségur comme emplacement de leur futur Sanctuaire. Mais il accepte. Il leur dit même qu’il va financer pour eux les travaux de rénovation de la forteresse en y envoyant sous peu ses meilleurs ouvriers et maçons afin de les aider à la réhabiliter correctement.

 

Au bout de quelques mois à la rénover, les Cathares font de la citadelle de Montségur un de leurs Sanctuaires Majeurs ; une sorte de lieu de pèlerinage consacré exclusivement à la recherche Spirituelle. Et elle devient en peu de temps un de leurs temples les plus Symboliques de la Région ; celui où ils administrent la quasi-totalité des Cérémonies et des Rituels consacrés aux nouveaux Convertis.

 

En même temps, les Cathares reprennent le flambeau de la Connaissance grâce aux textes qu’ils apportent avec eux ; et surtout grâce aux Secrets ancestraux que ceux-ci renferment. Ils peuvent donc désormais renouer avec la Croyance dans le Continent Primordial englouti au-delà de l’océan. Ils sculptent dans ce but les figures énigmatiques de ce dernier dans les murs de la forteresse ; car ses insignes, se rapportant au Soleil, en les associant à des Mots étranges, ont des pouvoirs régénérateurs puissants. Ils dissimulent par ailleurs l’Objet Mythique – le Graal – autrefois perdu par les Aryens, puis finalement retrouvé par leurs ancêtres, dans les cryptes de leur citadelle. Mais, malgré leurs efforts et les vagues indices à leur sujet écrits dans leurs ouvrages Mystiques, ils sont toujours incapables de déchiffrer les inscriptions qui y sont ancrées.

 

C’est aussi à partir de ce moment là qu’ils développent de plus en plus efficacement leur action évangélisatrice. Dans tout le sud de la France, ils commencent à murmurer d’étranges paroles en assurant que les Forces du Bien et du Mal se disputent le Monde présent. En effet, disent t’ils depuis longtemps, les deux Entités s’affrontent à l’intérieur même de chaque Etre Humain : car d’un coté, il y a l’Ange des Ténèbres et sa troupe d’Esprits Mauvais ; et de l’autre, le Fils de la Lumière et ses Esprits de Vérité.

 

Et, renchérissent t’ils, inévitablement, la fin du Cycle actuel de l’Homme s’accompagnera de Catastrophes Cosmiques ; et celles-ci déboucheront par un Ultime Apocalypse : les eaux recouvriront la Terre, balayant toute Vie de sa surface. Le feu consumera les eaux tandis que les eaux éteindront le feu. Le Soleil explosera, la Lune se détruira et les Etoiles disparaîtront du Ciel. Mais, à l’issue de cet affrontement titanesque, ce seront les Fils de la Lumière qui remporteront la victoire ; l’œuvre du Mal sera définitivement anéantie.

 

En 1202, les Parfaits érigent non loin de Montségur, le château de Puivert, ainsi que celui de Mirepoix. Et ils savent qu’à elles trois, ces forteresses forment désormais un triangle symbolique à l’intérieur duquel ils peuvent protéger la Tradition dont ils sont les détenteurs.

 

Puis, en 1204, avec l’aide des populations de la région nouvellement acquises à leur foi, ils bâtissent trois autres bastilles : une à Builh, une autre à Jonzac, et la dernière à Chalais ; celles-ci dessinent non seulement un nouveau triangle mystique, mais rattachent ce dernier à celui tracé par les donjons de Puivert, de Montségur et de Mirepoix. La position du nouveau triangle accentue en effet la Force Spirituelle déjà dégagée par son voisin. De plus, elle poursuit la trajectoire de la ligne-ley sur laquelle il a été implanté. Et elle permet aux Initiés Albigeois de matérialiser encore plus facilement les Rites et les Sacrements des Enseignements qu’ils véhiculent.

 

A suivre, si ce texte vous intéresse...

17 août 2017

Brèves Philosophiques, pages 175 à 177 ; La Fin des Illusions, quatrième partie :

X3Autre conséquence, évidemment, c'est que les entreprises qui s'y sont délocalisées, ont mis au chômage des millions de personnes chez nous. Avec la globalisation et l'échange si simple et si aisé des marchandises entre les différentes parties du monde, pourquoi faire ici ce que l'on peut faire là-bas. C'est donc le moteur de leur croissance ; mais aussi le moteur de notre « décroissance ». Quand on y rajoute la fin de l’Ère industrielle telle qu'elle a existé durant près de 150 ans ; le monde ouvrier n'en finit pas d'agoniser.

Le monde agricole prend le même chemin, parce que subissant la concurrence des pays à bas coûts, le regroupement au sein de multinationales de l'agro-alimentaire. Les perspectives ne peuvent donc qu’être des plus sombres.

Il ne faut donc pas se leurrer. Les seules industries qui ont encore un avenir relativement serein devant elles, sont les industries innovantes. Ce sont aussi les industries du « loisir », sous toutes ses formes. En Occident en tout cas. Et jusqu’à ce que notre civilisation à bout de souffle finisse par péricliter dans son ensemble au terme de l’ère « tout pétrole ». Durant ce laps de temps, de quelques dizaines d'années tout au plus, non seulement l'immigration de masse telle qu'elle est matérialisée par le conflit avec Daesh, va se poursuivre. Mais, il va augmenter.

Jadis, le mur de Berlin n'a pas empêché réfugiés nés de l'autre coté du « Rideau de Fer » d'essayer de fuir vers cet idéal que symbolisait l'Europe occidentale. Les barrières sont tombé en 1989. En ériger d'autres, pour des raisons climatiques ou religieuses, ne les empêcheront pas de s'écrouler à leur tour tôt ou tard. C'est inévitable.

D'autre part, en ce qui concerne plus spécifiquement l'emploi, il est évident que le temps partiel et les contrats à durée déterminée vont devenir la norme à plus ou moins brève échéance. Un : parce que tous les emplois « industriels » n'existent pratiquement plus, à quelques exceptions près. Deux : parce que, même s'ils revenaient, la main d’œuvre nécessaire pour les exécuter, n'a pas besoin d'être abondante. Deux ou trois ouvriers, accompagnés de robots automatisés et travaillant 24h/24h et 7j/7j accomplissent davantage de taches que 1000 ou 2000 ouvriers d'autrefois. Et trois, parce qu'avec les modifications en profondeur de notre mode de vie, les métiers vont de plus en plus se spécialiser.

Enfin, il ne faut surtout pas sous-estimer ce que la robotique et l'informatique ont modifié de manière considérable. Et ce qu'ils vont continuer à transformer dans les années et les décennies à venir. Les gens vont bientôt pouvoir travailler en permanence de chez eux, faire leurs courses de chez eux. Les automobiles de demain n'auront pas besoin de conducteur, puisqu'elles se conduiront toutes seules. Les taches les moins valorisantes ou les plus répétitives vont être prises en charge par des robots de plus en plus perfectionnés. Communiquer via Internet va faire disparaître le téléphone ; les mails, les envois postaux. Les téléphones et les ordinateurs de plus en plus miniaturisés vont devenir des parties intégrantes de notre corps. Un peu comme les cœur artificiels que l'on peut remplacer ou améliorer en cas de défaillance du tissu humain. La biotechnologie va autoriser la réparation , la valorisation, l'augmentation des capacités des bras, des jambes, etc.

Nous sommes donc à l'aube d'une nouvelle évolution, ainsi que d'une révolution sans commune mesure avec celles que l'Homme a connu jusqu’à présent.

 

A suivre...

Mémoires, pages 29 à 31 / 311

X1Le meilleur moyen d'échapper à mes obligations a été de demander à pouvoir rejoindre le rayon des jouets ou des livres. Il était fréquent que mes grands-parents – mon grand-père surtout – me concédait l'achat d'un Lego, d'un Playmobil ou d'un roman de mon age. Ils m'allouaient une somme à ne pas dépasser. Je courais vers linéaire consacré à ces divertissements. J'y restais jusqu’à ce qu'ils aient terminé d'en faire le tour et d'avoir rempli leurs caddies. Puis, ils venaient m'y chercher avant de se rendre à la caisse afin de payer leurs marchandises ; en y intégrant ce que j'avais choisi.

Souvent, ma mère n'approuvait pas cette méthode pour que je ne rechigne pas à participer à ce raid alimentaire. Mais elle n'avait pas trop le choix puisque c'était eux qui en payaient habituellement une fraction non négligeable. Elle s'inclinait et les laissait me gâter. Je tiens tout de même à dire que ma sœur et mon frère ont profité autant que moi des largesses de mes grands-parents. C'était une tradition que nous avons connu jusqu’à ce que nous soyons jeunes adultes et que nous puissions nous payer ce que nous voulions avec notre propre argent. Je conviens que certaines personnes trouveront cette démarche peu raisonnable. Mais c'est ainsi !

Normalement, je me précipitais immédiatement devant l'alignement de boites de Legos et de Playmobils. Je les inspectais longuement. J'hésitais entre tel ou tel emballage. Je ne réussissais pas à me décider entre telle et telle nouveauté. Parfois, au terme du séjour en ce lieu d’hyper-consommation, quand ils venaient me chercher, voyant mon embarras, mon grand-père acceptait que deux boites rejoignent le caddie au lieu d'une ; même si leur prix dépassait plus ou moins largement le budget qu'il m'avait octroyé. Ma mère et ma grand-mère étaient mécontentes de sa décision. Mais il n'en n'avait que faire. Je crois surtout que cela lui était aussi agréable de me les offrir, que moi de les recevoir. Mon grand-père était comme ça.

Il était d'une immense générosité avec ses petits-enfants. Ceux-ci – et surtout mon puîné – auraient pu lui demander la Lune, qu'il l'aurait décroché pour eux. J'imagine que celui-ci ayant été extrêmement pauvre tout le long de son enfance, dans une région de France au climat rude et sauvage, puis ayant réussi à gravir les échelons de la société à la force du poignet jusqu’à l'aisance financière, il ne souhaitait pas que nous connaissions la dureté de l'existence à laquelle il a été confronté gamin. Je crois aussi que c'était sa façon de compenser, d’être fier de sa réussite. Je suppose enfin que c'était pour lui son moyen de nous montrer son amour et sa tendresse qu'il ne parvenait pas à exprimer par des mots ou des gestes.

Et ce jour là, je m'y suis élancé avec le même enthousiasme qu'à l'accoutumée. J'ai fouillé les étalages qui s'offraient à moi. J'ai étudié leurs rangées de linéaires jusque dans leurs moindres recoins durant de longues minutes. Fouillant , refouillant, soulevant, déplaçant, entassant boites de Legos et de Playmobil frénétiquement, je me suis acharné à essayer d'en découvrir des inédites.. En vain, puisqu'au bout de ce qui m'a semblé être des heures, je n'en n'ai trouvé aucune qui me satisfasse.

A suivre...

16 août 2017

Brèves Philosophiques, pages 174 à 175 ; La Fin des Illusions, troisième partie :

X3Un petit aparté à ce propos : comme je l'ai déjà mentionné dans un texte antérieur, le fait d'ériger des barrières, ou des « murs », entre ces contrées défavorisées, et l'Occident encore relativement préservé de ces dérèglements, ne va pas régler ce problème. Je dirai même qu'au contraire, il va l'accentuer.

Ces barricades ne vont faire qu'accentuer les dissensions entre les peuples victimes de ces transformations du climat. Elles vont faire naître des tensions supplémentaires entre le Nord et le Sud du globe. Elles vont être à l'origine de guerres « pour la survie ». Que ce soit ce qui se passe au Mali, au Proche et au Moyen-Orient, n'en sont que les fragments pour l'instant les plus visibles. Ce n'en sont, hélas, que les premiers d'une longue série pour les décennies et les siècles à venir.

En rajoutant sur ce terreau fertile à toutes les haines, les violences, et les rancœurs, les effets de la Religion, de la pauvreté, et de l'exclusion, cela ne peut qu'aboutir a des catastrophes humanitaires aux conséquences incalculables.

Refermons la parenthèse. Néanmoins, un effet peut-être moins distinct – et pourtant tout aussi implacablement logique et dévastateur – surgit plus spécifiquement en Occident. Plus haut, j'ai souligné que les pays émergeants désiraient désormais pleinement profiter de cette consommation à outrance qui vit ses ultimes années. S'ils veulent « leur part du gâteau », c'est parce que nombre des emplois qui ont été détruits chez nous, ont été créés à moindre coût là-bas. Nos grandes et moyennes entreprises ayant délocalisé en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud, y ont exploité leurs ressortissants parce que les salaires y étaient beaucoup moins élevés.

Mais, en contrepartie, elles ont laissé entrevoir tout ce que le capitalisme tel qu'il se pratique chez nous, pouvait leur donner. Progressivement, les salaires y ont été revu à la hausse. Les technologies que nous avons élaboré ont été copiées, améliorées, transformées, etc. Il y a encore trente ans, la Chine était un pays entièrement communiste ; la Russie également. Les coups de butoir économiques de l'Europe et des États-Unis, ont fait effondrer leur système ; mème s'il reste encore officiellement en vigueur en Chine, notamment.

A contrario, ils ont retourné le système dont nous étions les détenteurs exclusifs jusqu'alors à leur profit. Et aujourd'hui, c'est là-bas que le moteur de l'industrie et de l'économie mondiale se situe. Tout simplement parce que, comme leurs peuples s'y enrichissent et y consomment, la croissance y est celle que nous avons connu au cours des Trente Glorieuses.

 

A suivre...