Mes Univers

17 novembre 2018

Mondifications du 17/11/2018

Aujourd'hui, avant de reprendre la rédaction de mon article "Paix et illusions" faisant suite à celui sur "le 11 Novembre 1918", et avant, ensuite, de poursuivre la rédaction de mon ouvrage sur "les Origines idéologiques et ésotériques du Nazisme", je m’arrête un instant sur les figurines que j'ai reçues hier.
 
Comme chaque mois, je commande ces figurines King and Country auprès du magasin "Figurines et collections", auprès duquel je me fournis habituellement. Il est situé dans le Sud de la France - je ne me souviens plus du lieu exact -, et je communique avec ses vendeurs, qui me connaissent bien depuis le temps, via son site internet ou via le téléphone. Nos contacts sont toujours bienveillants, ce qui me fait toujours plaisir.
 

A1Bref, ce mois-ci, deux séries sont particulièrement à l'honneur. Comme le montre la première image ci-jointe, l'une d'elles concerne "la période napoléonienne". Il s'agit de Napoléon à cheval, aux alentours de 1812 à mon avis ; au moment où l'Empire était dans sa phase déclinante, empêtré qu'il était dans la énième coalition européenne qui s'était liguée contre lui, la retraite de Russie, la guerre civile espagnole qui n'en finissait pas, la lassitude du peuple face au cortège de centaines de milliers de mots consécutifs aux différentes guerres menées par l'Empereur aux quatre coins du continent. Si la gloire de celui-ci était intacte, si le code civil, si nombre de lois et de décrets avaient stabilisé une France à bout de souffle au sortir de la Révolution Française, les conflits perpétuels avec les voisins de notre nation l'épuisaient, et favorisaient les mécontents ou les nostalgiques de l'Ancien Régime qui fomentaient complots sur complots dans l'ombre.

 
Bref, les dernières années de l'Empire, ses fastes aussi resplendissant soient-ils, ses avancées si importantes soient-elles, ne cachaient pas ses failles de plus en plus béantes. On se souvient de l'époque Napoléonienne surtout par ses victoires militaires prestigieuses - c'est un fait qui ne peut être remis en question - ; elles font partie de la gloire de la France. Mais d'autres aspects moins honorables ne sont pas à négliger. Aujourd'hui, tout historien digne de ce nom doit en tenir compte.
 
La seconde et la dernière photos, elles, se concentrent sur une autre période de l'histoire de l'Occident. Il s'agit d'une série consacrée à l'Empire Romain, et aux tribus celtes - le terme "gaulois" est né au XIXe siècle si mes souvenirs sont exacts - combattues par Jules César durant la "Guerre des Gaules".
 

A2De 58 a 51 avant JC en effet, afin de rehausser son prestige face à Pompée - son principal rival dans le gouvernement de la République Romaine - c'est Auguste, le successeur de César qui inaugure l'Empire -, Jules César a besoin d'une victoire prestigieuse. Pompée ayant remis de l'ordre au sein de la péninsule Ibérique, elle lui est vitale. Or, ce qu'on nomme aujourd'hui "la Provence" étant déjà sous tutelle romaine depuis plusieurs décennies, la conquête du reste des "Gaules", dont la capitale est Lugdunum - Lyon - est une bonne opportunité. La révolte de quelques tribus celtes en Gaule Belgique, lui offre l'occasion qu'il attendait. En effet, les populations subissant ces razzias demandent l'aide de César pour ramener l'ordre.

 
C'est dès lors le début de la conquête. Une précision : si la majorité des tribus celtes se sont alors rangées derrière Vercingétorix avec plus ou moins de bonne volonté - des réticences subsistaient, du fait que ces différentes tribus étaient, à l'origine indépendantes les unes des autres ; il arrivaient même que certaines d'elles s'affrontaient -, d'autres tribus se sont alliées à César.
 

A3On connait la suite : Gergovie, Alésia, sont les principales batailles dont le souvenir demeure dans toutes les mémoires. Vercingétorix jetant ses armes aux pieds de César en signe de soumission, puis, emmené enchainé jusqu'à Rome lors du "triomphe" de celui-ci. César, suivi de ses troupes, franchissant le Rubicon - frontière au-delà de laquelle les troupes romaines n'avaient pas le droit d'aller, afin d'éviter des guerres romaines intestines comme il y en avait eu plusieurs décennies auparavant. -, et s'emparant de la totalité de l'Empire. César nommé "dictateur" pour un an - dictateur n'a pas le sens que nous lui donnant aujourd'hui. C’était le Sénat romain qui accordait à l'un des siens les pleins pouvoirs pour rétablir l'ordre, mais sous le contrôle et la tutelle de celui-ci -, puis nommé à vie. Etc.

 
Bref, les figurines dévoilées sur ces deux images suivantes dévoilent cette période - extrêmement condensée, avec des oublis et des approximations certainement ; je m'en excuse d'avance var je n'ai fait appel qu'à mes souvenirs sur l'instant - riche en événements. Il me manque encore une bonne douzaine de figurines relatives à cette période; Car actuellement, c'est la série qui est le plus mise en avant par King and Country, et je ne doute pas que d'autres seront éditées dans les mois qui viennent.
 
Je les achèterai donc au fur et à mesure, progressivement, en parallèle à une autre qui avait été oubliée depuis deux à trois ans : "Remember the Alamo", dont de nouvelles séries viennent d'être 'éditées par King and country ces deux derniers mois. Du 23 Février au 6 Mars 1836, l'une des pages les plus glorieuses de l'histoire des États-Unis. J'y reviendrai donc ultérieurement. A suivre, donc...


16 novembre 2018

Chronique du 11 Novembre 1918 /

X1Chapitre Un :

 

Ce 8 Novembre 1918, le maréchal Foch annonçait qu'il allait recevoir la délégation allemande à neuf heures du matin. En effet, deux heures plus tôt, le train amenant les plénipotentiaires était arrivé dans la clairière de Rethondes, près de Compiègne. A 8h55, ils étaient sortis de leur wagon, avaient longé sous la pluie un petit chemin de traverse, avant de se trouver devant le wagon du maréchal, où les attendait le général Weygand.

 

En tète, monte le secrétaire d’État Matthias Erzberger, au visage rond, portant lorgnon, vêtu d'un vieux manteau de voyage, et coiffé d'un melon. L'ancien ministre à Sofia von Oberndorff le suit, dans une pelisse à col de loutre. Puis, viennent le général von Winterfeld et le capitaine de vaisseau Vanselow, en tenues d'officiers supérieurs de terre et de mer.

 

Le wagon-salon où ils sont conduits comporte une table allongée§. Quatre chaises leurs sont réservées sur l'un des cotés. En face s'installe le maréchal Foch : il a pris à sa gauche le général Weygand, à sa droite les deux amiraux anglais Wemyss – premier lord de l'Amirauté – et Hope. Aux deux extrémités de la table s'asseyent les interprètes et plus loin, devant de petites tablettes, des officiers d’état-major – pour la France le commandant Riedinger et le capitaine de Mierry – ainsi que des experts et des secrétaires. L'atmosphère est glaciale.

 

Après un bref échange de saluts, Erzberger se présente à Foch, nomme ses collaborateurs, puis tend au maréchal les papiers l'accréditant auprès du chef des armées alliées. Ces documents une fois examinés, Foch prend la parole :

 

- « Quel est l'objet de votre visite ? » Demande-t-il à Erzberger. « Nous venons, répond celui-ci, recevoir les propositions des puissances alliées pour arriver à un armistice sur terre, sur mer, et dans les airs. ». « Je n'ai pas de propositions à présenter. », réplique sèchement le maréchal.

 

Erzberger semble interloqué. Mais le diplomate Oberndorff, plus fin, comprend qu'il faut trouver une autre formule. « Que Monsieur le Maréchal veuille bien indiquer comment il désire que nous nous exprimions. Nous pourrions dire que nous venons demander les conditions auxquelles les Alliés consentiraient à un armistice... ». « Je n'ai pas de conditions à consentir. », répète Foch plus sèchement encore. Erzberger sort alors de sa poche la dernière note du président Wilson autorisant le maréchal à communiquer à l'Allemagne les conditions d'armistice des Alliés et s’apprête à lire à haute voix le texte, lorsque le Foch l’arrête :

 

- « Je suis autorisé à vous transmettre ces propositions si vous demandez l'armistice », explique le chef des armées Alliées. « Demandez-vous l'armistice ? ». « Nous demandons l'armistice. », articulent d'une seule voix Erzberger et Oberndorff.

 

C'est bien. Foch a obtenu ce qu'il voulait. Il fallait que les représentants du pays ayant déclenché la guerre – et quelle guerre !!! - sollicitent d'eux-mêmes et officiellement l’arrêt des combats. Nul ne pourra jamais douter que l'armistice ainsi quémandé ne corresponde pas à une capitulation. Cet important détail précisé, Foch va faire connaître aux délégués les conditions arrêtées par les Alliés.

 

 

 

 

Chapitre Deux :

 

La délégation allemande n'ignore pas qu'elle doit à tout prix obtenir la cessation du feu. Le moral des combattants baisse chaque jour, l'agitation politique grandit à travers le pays. En outre, si le front est crevé et l'Allemagne envahie, qui sait si les Français ne se vengeront pas des dévastations opérées sur leur territoire par des représailles massives au-delà du Rhin.

 

Le 4 Octobre, le nouveau chancelier Max de Bade a envoyé, par l'intermédiaire de la Suisse, au président Wilson, une lettre pour le prier de prendre en main le rétablissement de la paix. Plusieurs notes se sont échangées. Il apparut bientôt que les Alliés refusaient de traiter avec le gouvernement impérial§. Or Guillaume II, installé à Spa dans une riche maison du faubourg de la ville, ne songeait pas encore à abdiquer. Il envisageait à la rigueur la possibilité de perdre son titre d'empereur d'Allemagne mais tenait à demeurer roi de Prusse. Max de Bade dut lui forcer la main.

 

Cependant, la situation se détériorait chaque jour un peu plus, aussi bien sur le front qu'à l'intérieur. En dépit des partisans de la guerre à outrance, les populations affamées ne cachaient plus leur désir d'une paix à tout prix. Le gouvernement impérial était honni. Le socialiste Karl Liebknecht arpentant en camion les rues de Berlin ameutait les passants au cri de « Vive la République allemande !!! ». Le représentant de l'URSS en Allemagne, Adolf Joffe, annonçait du reste prophétiquement que le grand soir était proche : « Dans une semaine, annonçait le Bolchevik, le drapeau rouge flottera sur le Berliner Schloss. ».

 

A cette date, les marins de Kiel, mutinés, chantaient l'Internationale, arrachaient les épaulettes des officiers et tiraient même sur ceux tentant de leur résister. L'agitation révolutionnaire gagnait les grandes villes : Hambourg, Brême, Cologne, Francfort, Leipzig, etc. A Munich, le vieux roi Louis devait quitter clandestinement sa capitale, où la République était proclamée. D'autres princes allemands allaient suivre cet exemple. En Autriche, l'empereur Charles demandait l'armistice – 29 Octobre – avant d'être contraint à abdiquer.

Pendant ce temps, le prince Max de Bade continuait ses négociations avec les Alliés. Après l'échange de plusieurs notes, le gouvernement de Berlin prit sa décision. Le 5 Novembre, le Grand Quartier Général allemand annonça à la radio à Foch qu'il demandait à lui envoyer au plus tôt des parlementaires. La maréchal fit répondre que ceux-ci devraient se présenter le 7 Novembre au matin aux avants-postes français sur la route de Chimay, Fourmies, La Capelle, Guise ; ordre serait donné de cesser momentanément le feu dans la région.

 

Tandis que Matthias Erzberger quittait Berlin avec les autres plénipotentiaires, la plupart des journalistes allemands se montraient soucieux de remonter le moral de leurs compatriotes. Malgré tout, les gens demeuraient sceptiques. Pouvaient-ils oublier le « diktat » imposé jadis par Bismarck au malheureux Jules Favre.

 

Le 7 Novembre, la journée parut longue aux soldats français cantonnés dans le secteur où devaient passer les Allemands. Au milieu de l'après-midi, une estafette vint prévenir que le retard des délégués était dû uniquement au mauvais état des routes. Enfin, vers vingt heures, les sentinelles en station près de la ferme Robart dressèrent l'oreille : un bruit de clairon se faisait entendre dans le lointain. On vit ensuite s'avancer sous la pluie une première voiture, phares allumés et arborant un grand drapeau blanc. D'autres véhicules suivaient. Le capitaine Lhuillier, commandant le 1er bataillon du 171e R.I. s'avança sur la route et fit stopper les moteurs.

 

Monté dans une voiture française, il plaça à ses cotés sur le marchepied son caporal-clairon Sellier, chargé de sonner le cessez-le-feu pour ouvrir le passage. Lentement, le convoi repartit en direction de La Capelle. Dans ce gros bourg, la villa Pasques – grande maison en briques de style 1900 – portait encore sur le fronton l'inscription redoutée : « Kommandantur ». Mais la roue avait tourné et, en ce 7 Novembre, le commandant de Bourbon-Busset, chef du 2e Bureau de la 1ere armée avait été envoyé par le général Debeney pour accueillir les délégués. Et l'homme attendait dans le salon, qu'ornait un immense portrait de Napoléon III.

 

Une courte conversation s'engagea, sous l’œil placide du vaincu de Sedan. Oberndorff et Winterfeld, qui parlaient un français impeccable – le second avait été longtemps attaché militaire à Paris -, apprirent qu'ils allaient être conduits à leurs camarades, dans des voitures françaises, auprès du maréchal Foch. Quatre véhicules attendaient effectivement le signal du départ. Les délégués s'y installèrent, encadrés par des officiers français. En route ! Autour de la villa Pasques, les curieux se pressaient.

 

Les Allemands ignoraient où ils étaient emmenés. Le convoi avançait en direction de Saint-Quentin. Après avoir traversé Buironfosse, on atteignit Homblières où se trouvait le G.Q.G. du général Debeney. La seule maison intacte était le presbytère, devant lequel les véhicules stoppèrent.

 

En dîner avait été préparé pour les plénipotentiaires. Le général Debeney arriva dans la salle alors que le repas s'achevait. Tous se levèrent : « Messieurs, dit-il aux Allemands, j'ai reçu du maréchal Foch l'ordre de vous conduire à son État-major. ». Quelques instants plus tard, la délégation repartait. Cette fois, le bit était Tergnier, où l'on arriva vers quatre heures du matin. Dans la ville totalement en ruines, seule la gare subsistait. Les Allemands semblèrent s'étonner de ces monceaux de gravats.

 

« Où sommes-nous ? » demanda Erzberger. « A Tergnier », répondit Bourbon-Busset. « Mais il n'y a pas de maisons... ». « En effet, il y avait ici une ville. Elle a été détruite scientifiquement par vos troupes au moment du recul de 1917 ». Devant la gare s'ouvrait un vaste entonnoir. M. de Bourbon-Musset expliqua : « C'est un obis à retardement qui a éclaté trois semaines après le départ des soldats allemands. J'espère qu'il n'y en a pas sous notre train : je ne voudrais pas vous voir sauter, ni sauter avec vous. ». Le général von Winterfeld parut ému de la remarque : « Le haut commandement n'a jamais donné des ordres pour exécuter de pareilles destructions qui sont très regrettables et ne peuvent être attribuées qu'à des isolés. », remarqua-t-il.

 

Le train destiné aux parlementaires comportait un sleeping, un wagon-restaurant, et un wagon-salon ayant, par un curieux hasard, appartenu à Napoléon III : on pouvait encore y voir in N majuscule orné d'une couronne. L'ombre du vaincu impérial poursuivait les vaincus de 1918… Fatigués par les cahots et les émotions, les délégués s'assoupirent. Ils allaient se réveiller dans la clairière de Rhetondes.

 

 

 

 

Chapitre Trois :

 

Dès le début de la réunion dans le wagon-salon du maréchal Foch, les délégués allemands entendent donc la lecture des conditions d'armistice exigées par les Alliés.

 

A vrai dire, ces conditions n'avaient pas été élaborées sans peine. Beaucoup de points avaient provoqué des discussions. Ainsi, Foch jugeait-il – et à juste titre – indispensable de tenir de larges tètes de pont sur la rive droite du Rhin. Or, le président Wilson et Lloyd George jugeaient cette cause « superflue » et « vexatoire ». Les Anglais s’intéressaient surtout à la livraison de tous les sous-marins allemands et de la plus grande partie de la flotte de surface. Et Foch se demandait si ce point n'allait pas pousser l'ennemi à continuer la guerre. Certes, il était prêt à reprendre ses offensives, mais il considérait que si certaines conditions étaient acceptées, son devoir était d’arrêter les effusions de sang.

 

A ces divergences de vues entre Alliés, s'ajoutaient certaines difficultés entre Français. Les rapports entre Clemenceau et Foch étaient souvent assez raides. On sait d'autre part, l'antipathie régnant entre le « Tigre » et Poincaré, le premier affectant de tenir le second pour quantité négligeable.

 

Naturellement, mes délégués allemands ignorent tout de ces divergences lorsque le 8 Novembre au matin, le général Weygand leur lit les conditions d'armistice. Celles-ci peuvent être ainsi résumées : évacuation des territoires envahis et de l'Alsace-Lorraine, rapatriement des habitants déportés ainsi que des prisonniers de guerre – sans réciprocité -, abandon par les armées allemandes de 500 000 canons, 30 000 mitrailleuses, 3000 minenwerfers, 2000 avions ; livraison de 10 000 camions, 5000 locomotives, 150 000 wagons ; réparation des dommages de guerre ; occupation par les Alliés de la rive gauche du Rhin et, sur la rive droite, de trois tètes de pont autour de Mayence, Coblence, et Cologne ; entretien des troupes d'occupation aux frais des Allemands ; livraison de tous les sous-marins et d'un certain nombre de bateaux de guerre.

 

Trois jours seulement sont accordés au gouvernement allemand pour accepter ces clauses. Arrêt des combats six heures après l'échange des signatures.

 

Les délégués ont écouté sans mot dire la lecture de cet ultimatum. Erzberger est devenu blême. Le général von Winterfeld semble bouleversé. De jeunes officiers sont au bord des larmes. Dominant son émotion, Erzberger prend la parole. Au nom de son gouvernement, il demande la cessation immédiate du feu. Il invoque deux arguments : la difficulté pour des messages de passer les lignes si les tirs continuent, le défaitisme des troupes allemandes et le risque de voir contaminées par la propagande communiste au cas où la guerre se prolongerait : « Continuer la lutte, c'est à coup sûr la progression du bolchevisme », s'écrie-t-il. « Seul l’arrêt immédiat des attaques alliées permettrait de rétablir la discipline dans les armées allemandes et, avec l'ordre retrouvé, de sauver le pays. ».

 

Mais Foch demeure inflexible. Les Alliés se sont mis d'accord et il ne peut être changé la décision prise en commun. Le feu cessera six heures après la signature de l'armistice : « Il est impossible d’arrêter les opérations militaires tant que a délégation allemande n'a pas accepté les conditions qui sont la conséquence mème de ces opérations. », explique-t-il. « Quant à l'état révolutionnaire que vous signalez, au bolchevisme et à la situation des troupes, c'est une maladie de vaincus que vous avez là. Ce n'est pas une maladie de vainqueurs. ».

 

Sur la demande d'Erzberger, il permet cependant aux Allemands de discuter de certains points de détail, avec le général Weygand pour les problèmes d'ordre militaire et avec le contre-amiral Hope pour les questions relatives aux affaires maritimes.

 

Les délégués ayant discuté entre eux, ont demandé deux autorisations : télégraphier par radio à Berlin et, d'autre part, envoyer un message à Spa pour faire connaître au G.Q.G. les conditions d'armistice. Les deux propositions sont acceptées. Le télégramme est aussitôt expédié au gouvernement allemand. Pendant ce temps, ordres sont donnés dans les lignes de laisser passer l'envoyé de la délégation, le capitaine von Helldorff. Celui-ci va prendre aussitôt la route. Il passera par la Capelle-Fourmies-Trelon. M. Moracchini, l'officier chargé des petits problèmes matériels concernant la présence des délégués à Rethondes, a préparé pour von Helldorff un déjeuner froid à emporter dans un panier. Mais les voitures qui devaient l'emmener ont du retard : il va lui falloir attendre une heure. M. Moracchini propose donc au capitaine un déjeuner chaud dans son wagon-restaurant.

 

 

 

 

Chapitre Quatre :

 

Vers treize heures, les voitures arrivent enfin, avec M. de Bourbon-Busset, chargé de conduire à travers les lignes françaises l'émissaire allemand. Après la Capelle, Bourbon-Busset est averti que malgré la suspension d'armes demandée dans le secteur, les Allemands continuent de tirer. Les ordres ont dû être mal transmis. Les carrefours sont particulièrement dangereux. Ni la sonnerie des clairons du chasseur Roux ni les drapeaux blancs agités en l'air ne font cesser le feu. Après plusieurs vains essais, les voyageurs retournent à Buironfosse.

 

De nouveau, un message par radio est envoyé à Spa pour obtenir la cessation du tir. Vers minuit, le petit groupe repart. Il arrive sans encombre à Rocquigny, mais à la sortie du bourg on s'aperçoit que le pont sur la petite Helpe est rompu. Il faut prendre une autre route. Une autre tentative de passage par Wignehies aboutit à une constatation analogue. Impossible de trouver un pont intact. On n'a plus qu'à regagner Buironfosse, d'où Bourbon-Busset doit repartir tandis que Helldorff essaie sur une banquette de trouver un peu de repos.

 

Pour les Allemands, chaque heure perdue aggrave la situation. Foch, prévenu des incidents, alerte le général Debeney. Celui-ci charge le capitaine Le Lay de piloter Helldorff à travers les lignes. De nouveau, on repart en direction de Wignehies, mais aucun pont n'a pu être rétabli. Une autre solution dès lors : l'avion. De Rhetondes, Winterfeld fait télégraphier à Spa pour qu'un appareil puisse passer sans être abattu ; un accord est établi. L'avion décollera du terrain de Crépilly. Il s'agit maintenant de prévenir les intéressés. Mais c'est trop tard, les deux voitures ont réussi à passer la petite Helpe, portées à bout de bras par des militaires de bonne volonté, à un endroit où la rivière semble moins profonde. Quelques heures plus tard, exactement à 14h20, le capitaine von Helldorff atteint enfin les lignes allemandes. Il arrivera à Spa à la fin mème de ce 9 Novembre.

 

 

 

 

Chapitre Cinq :

 

Tandis que ces péripéties se déroulent sur le front, à Rethondes, les délégués tentent vainement d'obtenir du général Weygand et de l'amiral Hope quelques améliorations des conditions d'armistice. Leurs grands arguments sont la menace de la contagion bolchevique gagnant l'Occident, et le besoin urgent de ravitailler la population allemande affamée. Mais Weygand et Hope ont pour mission non de discuter mais d'élucider, le cas échéant, les points qui pourraient demeurer obscurs.

 

Pour se détendre, les délégués vont de temps à autre faire quelques pas dans la clairière, sous l’œil discret des sentinelles. L'heure des repas annonce également pour eux des moments de repos. Les menus qu'on leur offre sont du reste soignés.

 

Naturellement, les délégués transmettent des nouvelles venues d'Allemagne. Celles-ci arrivent par bribes. ¨Partout, la révolution gronde. Hindenburg et Groener – successeur de Ludendorff – ont annoncé à Guillaume II qu'aucun espoir ne pouvait être conservé, ni sur le plan militaire ni sur le plan politique. La dynastie ne peut être sauvée. Le 9 Novembre, le « Seigneur de la Guerre » décide en effet de s'effacer. Il n'est plus, désormais, empereur d'Allemagne, ni mème roi de Prusse. Il n'est qu'un fugitif qui, le lendemain, réussit à passer la frontière de Hollande, où la reine accepte de lui donner asile, ainsi qu'au Kronprinz. A Berlin, la République est proclamée. Max de Bade cède le pouvoir au chef des socialistes indépendants, Ebert, qui va gouverner avec un conseil des « commissaires du peuple ».

 

Les Alliés s'inquiètent, eux aussi, de la situation. Le nouveau gouvernement allemand est-il stable ? Les délégués de Rhetondes seront-ils habilités à signer ? Pour parer à toute éventualité, Foch et Pétain ont mis sur pied une grande offensive pour le 14 Novembre sur la Lorraine. Mangin, toujours bouillonnant, est prêt à partir à l'assaut. Le maréchal est, du reste, sans cesse en relation avec Clemenceau qui partage toutes se préoccupations.

 

Le dimanche 10 Novembre s'annonce comme une journée lugubre pour les plénipotentiaires. Ils ignorent si les partisans de l'ordre ont réussi à l'emporter en Allemagne, et si le régime en gestation pourra échapper à l'emprise bolchevique. Ils voient d'autre part les heures tourner sans savoir s'ils pourront signer le « diktat » allié.

 

Le maréchal Foch et le général Weygand ont été assister à la messe en l'église de Rhetondes. Erzberger, catholique lui aussi, formule également le vœu de se rendre à l'office dominical. Mais sa demande arrive trop tard, l'heure est passée. L'après-midi se traîne, désespérément lent pour les Allemands. A Spa, on voudrait envoyer une seconde délégation en renfort de la première. Mais à quoi bon ? Ces nouveaux émissaires arriveraient trop tard. Vers 18h30, une note du général Weygand rappelle en effet, de la part de Foch, aux plénipotentiaires de Rhetondes que les délais accordés pour la conclusion de l'armistice seront révolus le lendemain à onze heures.

 

A la fin de l'après-midi, deux messages par radio parviennent enfin au G.Q.G. allemand. Les délégués ont besoin de quelques heures pour les étudier. Une fois de plus, ils sont priés d'obtenir de Foch un certain nombre de concessions. Cependant, mème en cas d'échec, ils sont autorisés à signer. Les textes portent le numéro 3084. Il a été entendu d'avance que ce chiffre servirait à authentifier la dépêche. En revanche, un des télégrammes se termine par les mots « Reichskanzler Schluss », ce qui intrigue l'interprète Laperche.

 

« Schluss serait-il le nom du nouveau chancelier ? », demande t-il. « Ni l'état-major allié ni le gouvernement français ne connaissent ce monsieur ». « Schluss n'est nullement un patronyme. », explique Erzberger. « Ce mot signifie simplement « point final ». Il est probable que ce sera, en effet, le point final pour le chancelier. », ajoute-t-il avec un sourire amer.

 

Les Allemands sont retournés dans leur wagon-restaurant Napoléon III. Tandis qu'ils continuent à discuter de leurs problèmes, une nouvelle dépêche arrive, en clair, signée Hindenburg. Elle n'influera pas sur les destinées allemandes. A deux heures du matin, Erzberger fait dire à Foch qu'il est prèt à le rejoindre dans son wagon-salon.

 

 

 

 

Chapitre Six :

 

La dernière séance historique va commencer. Elle durera trois heures. Les Allemands vont discuter encore phrase par phrase chaque paragraphe, et recevront parfois des réponses pénibles. Ainsi, Erzberger se plaint de ce que les Alliés veulent maintenir le blocus et affamer les femmes et les enfants allemands : « Ce n'est, dit-il « point fair » ». « Comment, point fair, s'écrie l'amiral Wemyss. Souvenez-vous que vous avez coulé nos bateaux sans distinction. ».

 

Finalement, les Allemands obtiendront quelques petites concessions, en particulier une diminution du nombre des mitrailleuses, des avions, et des camions à livrer. En outre, il est stipulé que les Alliés envisageront de ravitailler la population pendant l'armistice dont la durée est fixée à trente-six jours, avec possibilité de prolongation.

 

Quand tout est terminé, il est 5h05. Le maréchal Foch décide de reculer l'heure conventionnelle de cinq minutes, de façon que le cessez-le feu soit effectif à 11 heures juste, soit six heures après l'échange des signatures. Foch signe en premier, suivi par l'amiral Wemyss. Les quatre Allemands paraissent terriblement émus. Lorsque l'encre est sèche, Erzberger demande à prendre encore une fois la parole. Debout devant la table, il lit à haute voix en allemand un texte préparé à l'avance protestant contre les clauses de l'armistice :

 

« Les plénipotentiaires considèrent comme leur devoir d'insister sur ce point que l’exécution de ce traité peut précipiter le peuple allemand dans l'anarchie et la famine. », dit-il notamment. « D'après les discussions qui ont amené l'armistice, nous pouvions espérer des conditions qui, tout en assurant à notre adversaire pleine et entière sécurité militaire, auraient mis fin aux souffrances des non-combattants... ». Et en conclusion, il ajoute : « Le peuple allemand qui, pendant cinquante mois a venu tète à un monde d'ennemis, gardera, en dépit de toute violence, sa liberté et son unité. Un peuple de soixante-dix millions d'hommes souffre, mais il ne meurt pas. ».

 

Foch a écouté en silence. « Fort bien. », dit-il brièvement. Puis, il se lève et s'en va. Les deux délégations se quittent sans se serrer la main.

 

Foch part aussitôt pour Paris porter le texte à Clemenceau. Quant aux plénipotentiaires, ils quitteront Rhetondes à 11h30. A cette heure, le cessez-le-feu sera un fait accompli. Avant de partir, le comte Oberndorff demandera à Weygand, en raison de sa courtoisie, de faire son possible pour obtenir des Alliés une amélioration du ravitaillement de l'Allemagne :

 

« La courtoisie est un devoir, mais je me refuse à transmettre votre demande. », répond Weygand. « Les conditions dans lesquelles l'Allemagne a déclaré la guerre, la façon trop inhumaine dont elle l'a conduite, ne permettent pas qu'il y soit donné suite. ».

 

En Allemagne, les populations vont réagir, de façon souvent très variée devant l'annonce des événements. Selon les tempéraments, les uns seront soulagés de voir la tuerie terminée ; les autres indignés de la capitulation. A l’hôpital de Pasewalk, les blessés allemands apprennent avec une émotion profonde, par l’aumônier du lieu, la nouvelle de la défaite. L'un d'eux, gazé près d'Ypres, serre les dents et s'enfonce dans son désespoir. Ce jeune caporal du 16e régiment d'infanterie bavaroise n'oubliera pas cette journée. Il s'appelle Adolf Hitler...

 

 

Dominique Capo

11 novembre 2018

Préambule à mon hommage personnel au 11 Novembre 1918

W2Aujourd'hui, comme chaque Dimanche, je me repose. Par contre, dès demain, et durant plusieurs jours, je vais écrire un long article sur le 11 Novembre 1918. Ma manière de commémorer cet événement aux conséquences incalculables - et pas seulement sur le plan militaire ou géostratégique - dont les effets se font ressentir jusqu'à aujourd'hui encore...

 
Évidemment, je publierai cet article ici et sur d'autres sites, une fois que je l'aurai terminé. En attendant, je vous souhaite, à tous et à toutes, un bon repos dominical ; et un jour férié teinté du souvenir de ceux et celles qui se sont sacrifiés - en d'autres lieux et en d'autres temps - pour que nous vivions aujourd'hui dans un pays libre et fier de son Histoire...

06 novembre 2018

Pensée du jour

X1Loin du tumulte de ce monde, loin de sa violence, de sa haine, de son hypocrisie, de son intolérance, je me retire en moi-même. Je me retire en ce lieu où nul ne peut m'atteindre, ne peut me mutiler. Je me dissimule dans les sombres recoins de mon âme, là où nul ne peut me blesser, me torturer, me briser.
Et je me plonge dans cet univers littéraire, onirique, dans lequel je m'épanouis, je grandis, j'évolue ; cet univers où je suis totalement moi-même puisqu'il ne me juge pas, ne me condamne pas, ne me détruis parce que je suis l'homme que je suis...

12 octobre 2018

Modifications du 12/10/2018

Ce matin, comme chaque mois à peu près à la même période, j'ai reçu le colis de figurines King and Country que j'avais commandé il y a une semaine à mon fournisseur habituel qu'est le magasin "Figurines et collections". Et comme chaque mois, je suis heureux de positionner ces nouvelles figurines parmi celles des mêmes collections - quelques-unes d'entre elles que je suis parfois depuis des années - que je possède, et qui sont installées sur nombre d'étagères de mon appartement. Le plus souvent, devant les livres, DVD, ou Bandes Dessinées que j'accumule depuis des années, et dans lesquels je me plonge régulièrement avec un plaisir sans partage.
 

Z3La première et la seconde photo montrent les figurines d'une série assez récente. Cette série s'intitule "les Ennemis de Rome". Elle a débuté il y a près de deux ans, et se concentre sur les "barbares germaniques" qui ont envahi l'Empire Romain d'Occident au IV et Ve siècle de notre Ère.

Il faut d'ailleurs savoir que selon les dernières recherches sur le sujet, ces invasions barbares n'ont pas provoqué la chute de l'Empire Romain. Elles en ont été un des éléments, mais pas celui qui a été le plus déterminant.
 
Si le dernier Empereur Romain d'Occident - Romulus Augustule - a été déposé par Odoacre en 476, c'est à la suite d'un long processus de décomposition généralisé de l'Empire. C'est sur les ruines de celui-ci que se sont dès lors constitués les bases des royaumes francs, germaniques, britanniques, à l'origine de nos nations actuelles. Je ne parle pas de l'Espagne, de l'Italie, ou des pays scandinaves, etc., dont l'histoire sont est lié à ce contexte, mais aussi à d'autres spécificités.
 

Z4Cette période est beaucoup plus riche et passionnante qu'elle n'y parait. On la considère - à tort - aux ages les plus sombres de notre histoire, alors qu'à l'époque sont déjà en gestation un certain nombre de piliers de société occidentale. Ces ages sombres, qui représentent la fin officielle de l'Antiquité, et l'Aube du Moyen-Age, sont uniquement un moment de transition entre l'un et l'autre. Les gens qui ont vécu à cette époque n'y ont pas vu la fin d'une Ère, comme nous, nous l’envisageons près de 1500 ans plus tard. Il n'y a pas eu de coupure nette à proprement parler.

 
D'autant moins que l'immense majorité des "peuples barbares" ayant déferlé sur l'Europe s'y sont vite implantés, intégrés. Ils s'y sont romanisés de la même manière que les celtes l'ont fait après la fin de la Guerre des Gaules et la victoire de César sur Vercingétorix en 52 avant J.C.
 
Le Christianisme, officialisé comme religion d’État par Constantin aux alentours de 320, a engendré davantage de bouleversements, dans la société d'alors, dans la façon de voir l'Empire comme une entité étatique distincte. Alors que, jusqu'alors, l'Empire assimilait les nouveaux dieux des régions conquises en les romanisant, cette fois-ci, c'est le Christianisme qui a imposé ses dogmes à l'Empire. Fait inédit jusqu'alors.
 
Et ce bouleversement extraordinaire a engendré des transformations en profondeur à tous les niveaux de la société. Le fondement essentiel n'était plus l'Empire, mais la religion Chrétienne qui s'y est substituée au moment ou celui-ci s'est peu a peu effacé au profit des royaumes qui lui ont succédé.
 
Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que ce sont les monastères chrétiens, les théologiens chrétiens qui, dès le VIème, ont sauvegardé une partie des connaissances, des textes, de la philosophie, etc, de l'Antiquité, en les recopiant dans les monastères qui leur été rattachés.
 
Bref, je pourrais disserter longtemps sur cette période, mais je m’arrêterais là pour cette fois-ci. Tout cela pour dire que les figurines que j'ai reçu ce matin, et concernant cette période de l'histoire de l'Occident, viennent parfaitement s'intégrer aux séries de figurines que je possède déjà.
 

Z2La troisième photo que je montre aujourd'hui se rapporte à la série de figurines sur les Croisades du XII et XIIIe siècle en Orient. Cette série, débutée il y a une dizaine d'année, s'intitule "la Croix et le Croissant". Elle est très intéressante, passionnante, fascinante et foisonnante. Parfois, comme le montre cette image, elle dérive légèrement sur d'autres thèmes que les croisades proprement dites.

 
En temps de paix, ce qui était plus fréquent que les temps de guerre, les seigneurs organisaient des joutes. En effet, l'époque guerrière - la quarantaine - ne se déroulait que durant la belle saison. De Mai à Septembre environ. Le reste du temps, même si l'état de guerre subsistait, chacun rentrait chez soi jusqu’à la prochaine campagne militaire. C'est durant cette période qu'étaient organisés des tournois servant d'entrainement militaires.
 
Ces tournois étaient très violents, et il arrivait qu'on puisse y mourir. Le roi de France Henri II n'est t'il pas décédé à la suite de l'un de ces tournois, parce que le bout de la lance de son adversaire s'était involontairement fiché dans l'interstice de son casque, jusqu’à exploser son œil, et atteindre le cerveau. Son agonie a duré des heures.
 
Quoiqu'il en soit, ses joutes étaient l'occasion de fêtes somptueuses ou toute la noblesse était conviée, ou le peuple assistait au spectacle. Cela pouvait parfois durer jusqu’à plusieurs semaines, lors de grandes occasions tels que des mariages prestigieux ou des traités de paix importants. Et comme les armures, les écuyers, le matériel, le logement, coutait ç chaque fois très cher, seuls les plus riches des nobles pouvaient s'autoriser ce genre de distraction guerrière.
 

Z1Enfin, en ce qui concerne la dernière photo, il s'agit d'une image évoquant l'époque napoléonienne. La période napoléonienne, après la première et la seconde guerres mondiales, est celle que le fabricant King and Country a le plus développé. Certainement parce que c'est celle qui passionne le plus les collectionneurs de figurines. Elle a débuté il y a une quinzaine d'années, à l'époque ou je me suis lancé dans cette passion venant en parallèle avec celle que j'ai pour l'Histoire. Ma passion pour l'Histoire, elle, datant de mon adolescence, et surtout depuis le moment ou j'ai débuté mes recherches sur ce sujet à la Bibliothèque Nationale de France.

 
Bref, c'est l'une des dernières figurines sur la période napoléonienne qui me manquait ; a part une encore. Avant de la conclure définitivement. Mais je gage que King and country devrait éditer d'autres figurines évoquant cette époque du début du XIXe siècle européen ; une période, elle aussi, ayant engendré de grands bouleversements sur tout le continent, dans la continuité de la Révolution Française.
 
En bien ou en mal, je laisse seul juge celui ou celle qui lit ces lignes. Car comme dans toute période historique, comme je l'ai brièvement mentionné plus haut dans mon propos sur la fin de l'Empire Romain, souvent, de ce qui peut paraitre néfaste au premier abord, peut sortir des transformations bénéfiques pour l'évolution de notre civilisation. Mais cela ne peut qu'apparaitre qu'avec une vision a long terme, et lorsqu'on aborde ces périodes sous de multiples aspects qui ne s'arrêtent pas qu'au conflits et aux morts - malheureusement - qui en ont résulté...


27 septembre 2018

Complément à mon texte concernant la maltraitance des personnes agées :

X1Je n'ai aucun mérite à écrire ce que j'écris à propos de la maltraitance envers les personnes âgées. Heureusement, ce genre de maltraitance n'est pas généralisée. Et il y a encore des gens qui sont dotés d'assez d'humanité, de sensibilité, de compassion, d'attention, de compréhension, pour se préoccuper du bien être de nos plus anciens. Se préoccuper d'une prise en charge adéquate pour leur fin de vie, pour qu'ils vivent leurs dernières années d'existence sereinement, tranquillement, paisiblement.

Néanmoins, c'est le devoir de tout citoyen de se préoccuper d'un sujet tel que celui-ci, parce que ce que vivent ces anciens aujourd'hui, c'est ce que nous vivront nous même demain. Certes, pour certains et certaines, cette échéance leur parait lointaine. Ils ou elles pensent : "A moi, cela ne m'arrivera pas. Je ferais en sorte d'être entourée, bien traité(e), de trouver un établissement digne de ce nom qui me prendra en charge correctement.".

Mais comme nul ne sait de quoi demain sera fait, et au vu de l'évolution de notre société en ce domaine - comme dans maints autres -, nous pouvons craindre que cet état de fait ne se dégrade davantage. Dans une société où celui ou celle qui ne travaille pas est considéré comme un poids, comme inutile parce qu'inactif, parce qu’improductif ou non rentable, j'avoue que je ne suis pas rassuré pour les raisons que j'ai brièvement développées dans mon texte précédent.

Il n'y a, en fait, que deux moments où les personnes âgées sont à peu près considérées : lorsqu'elles votent. A ce moment-là, les partis politiques de tous bords leur font de belles promesses sur la revalorisation de leur pension, pour la prise en compte de leurs difficultés de tout ordre. Et notamment celles évoquées dans mon texte précédent. Le second moment où ils sont courtisés, c'est quand ils consomment. Ce qui prouve que, dans la tête de nos dirigeants politiques ou économiques, ils ne sont pas si inutiles que ça, puisqu'ils ou elles contribuent à faire fonctionner notre modèle de société.

J'irai même plus loin, et en dehors de mes considérations précédentes, c'est que ces EHPADS, institutions publiques ou privées qui leurs sont destinées, et dont elles payent les services, font parti de cette économie. Comme pour les hôpitaux, l'industrie de la pharmacie, etc. qu'ils ou elles utilisent afin de jouir de la meilleure santé possible jusque le plus tard possible, sont pourvoyeurs d'emplois. Pas assez suffisamment en ce qui concerne les hôpitaux ou les institutions qui leur sont dédiées, comme on l'a vu. Il y a tellement de besoins vis-à-vis d'une population de plus en plus vieillissante. En outre, il y a de moins en moins d'actifs, et des actifs qui, ;lorsqu'ils entrent sur le marché du travail, souvent, cherchent des emplois à la hauteur de leurs ambitions, qui sont les moins pénibles, et avec des horaires qui ne les font pas rentrer trop tard chez eux.

Ces actifs, je le comprends, désirent une vie la moins éprouvante, la moins énergivore, la moins chronophage, possible. C'est naturel, c'est humain. Cependant, ces métiers difficiles tels que ceux qui se trouvent dans les hôpitaux, dans les services à la personne, dans le social, etc. n'ont rien de honteux. Certes, ils sont exigeants, certes ils sont difficiles. Regardez tous ces médecins qui préfèrent s'installer en ville plutôt qu'à la campagne, parce que leurs horaires sont plus avantageux, parce qu'ils ont tous les magasins qu'ils souhaitent à portée de la main, parce qu'ils ne sont pas régulièrement d'astreinte le weekend.

C'est là l'un des nombreux revers de la mentalité de la population actuelle ; et pas seulement dans ces domaines. Où celle-ci exige des droits - qui sont naturels, je le répète -, mais sans en supporter les devoirs. Et après, cette même population se plaint que des émigrés viennent prendre le travail des français, ou des européens - parce que ceci n'est pas qu'un problème spécifiquement français, mais occidental, en vérité -, alors que ses actifs ne désirent pas pourvoir à ses emplois qui lui semblent indignes d'elle.

Je pense notamment aux métiers de la restauration, du bâtiment, etc. Des métiers pénibles, épuisants, chronophages, qui manquent de main d’œuvre, dont les entreprises recherchent désespérément à embaucher, et qui ne trouvent que rarement des volontaires. Alors que, de plus, ce sont des emplois à plein temps, e CDI.

C'est le même problème. Il est facile de stigmatiser des étrangers qui n'ont pas peur de venir travailler dur chez nous, alors que nous-mêmes ne voulons pas de ces emplois qu'ils occupent. Pour les métiers qui se rapportent à nos anciens, qu'il faut laver, soigner, prendre le temps de les écouter, être attentif, les nourrir, etc, le manque de personnel est criant ; il y a de nombreux postes à pourvoir dans ces secteurs d'activité. Et pourtant, pour toutes les raisons également énoncées ci-dessus - en plus celles de mon précédent texte -, il y a peu de candidats.

Mais quel être humain normalement constitué, ne pourrait pas être outré de telles dérives de notre société. J'en suis d'autant plus en colère que vous connaissez ma situation personnelle, avec Vanessa, avec mon handicap, et tout ce que je partage avec vous dans mes Mémoires Personnelles. Vous savez par quelles épreuves je suis passé tout le long de mon existence.

Eh bien, il s'avère que ce que vivent ces personnes âgées, la maltraitance, la solitude, l'abandon, etc. dont elles sont victimes, les personnes handicapées, comme moi, comme Vanessa, comme bien d'autres ayant des handicaps ou des maladies plus invalidantes encore, en sont aussi les victimes. Eux aussi sont les oubliés de ce système. On dit qu'ils doivent être intégrés dans le milieu social, de l'emploi, que l'on doit leur faciliter les choses, alors que toute leur vie, ils peinent de leur différence. Ils sont rejetés, mis à l'écart, humiliés, moqués. Lorsqu'ils sont dans des institutions spécialisées, parfois, comme nos anciens, ils subissent les mêmes dérives. Manque de moyens, manque de personnel, famille absente, négligences, j'en passe.

Je suis assez bien placé pour le savoir puisque je l'ai vécu toute ma vie. Comment donc, dans ces conditions, ne puis-je pas m'insurger contre de tels traitements envers des personnes vulnérables, fragiles, démunies, que sont nos anciens. Moi qui suis mis dans la même catégorie qu'eux.

Toute ma vie, j'ai dû me battre contre l'indifférence, contre l'oubli - volontaire ou involontaire -, contre les gens qui me négligeaient, contre cette peur irrépressible d'être abandonné, d'être mis à l'écart. Ce qui arrive parfois dans ma famille, parce qu'intellectuel - ma seule force, mon seul moyen d'exister. Mes connaissances, mes écrits, mes recherches en histoire, en philosophie, mon insatiable curiosité intellectuelles dans maints autres matières, m'ont plusieurs fois sauvé. -. C'est mon esprit, mon savoir, au travers de mes lectures, de mes écrits, que j'ai puisé ma force au plus profond de moi, dans les moments les plus désespérés, les plus terribles.

Je l'ai déjà dit, du fait de mon handicap, comme ces personnes âgées, - ainsi que pour d'autres raisons que j'ai déjà relatées à plusieurs reprises dans d'autres textes ou je me suis partiellement dévoilé -, je ne peux que rarement sortir de mon domicile. Ma seule fenêtre vers l’extérieur est internet, mon seul moyen de communication avec l'extérieur, ce sont mes textes que je partage ici ou ailleurs. D'autres handicapés, ces personnes âgées, le plus souvent, parce qu'elles ne le peuvent pas, n'ont pas cette chance que moi j'ai. Cette infime chance qui m'est le plus souvent refusée.

Rares sont les personnes ici, qui savent ce que c'est que d'être totalement seules, de suer sang et eau chaque jour pour tenter de se faire entendre auprès des gens que l'on estime, avec qui les contacts sont importants pour vous, et qui vous négligent, qui vous oublient - volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment. Quand in essaye de leur tendre la main et qu'ils vous la refusent - pour des raisons légitimes, toujours, évidemment - mais qui vous blessent parce qu'ils vous renvoient à votre peine, à vos larmes, à votre solitude. Il s'agit là de la même maltraitance, de ce même abandon, de cette même souffrance, que subissent ces personnes âgées. Vous vous sentez exclu, humilié, parce que ces personnes ne désirent pas sortir des limites de Facebook, alors que ce réseau social est un formidable outil pour entrer en communication, en lien, avec des gens que vous n'auriez jamais croisé dans la vie réelle. Un moyen de nouer des contacts, avec les mêmes centres d’intérêts, qui ont les mêmes passions, rêves, combats, que vous. Ou qui sont totalement différents, et que parce que différents, ils sont un vecteur d'échange, d'enrichissement mutuel.

Mais non, c'est exactement pareil que ce qui est dénoncé en ce qui concerne les personnes âgées. On vous renvoi à votre solitude, à votre peut irrépressible d'être oublié, abandonné, rejeté, puni pour ce que vous êtes. Vous êtes coupables à leurs yeux, vous êtes inutiles, négligeables. Parfois même, on se moque de vous, on vous regarde comme un intrus : "de quel droit cherche tu a te joindre à nous, à faire parti de notre communauté, de mon cercle amical, autre. Tu n'es pas des nôtres, et tu ne le sera jamais. Tu auras beau faire tous les efforts que tu veux, que tu peux, ça n'a aucune importance pour nous.".

Quand on est handicapé, qu'on est différent, qu'on nous regarde inévitablement différemment, qu'on nous juge ou nous condamne consciemment ou inconsciemment comme un inutile, comme quelqu'un qui n'a pas sa place dans un monde fait pour et par des gens dans la "norme", on ne peut que comprendre ce que vivent nos plus anciens. On ne peut que compatir, que de souffrir avec eux de ce qu'ils endurent. On ne peur être qu'en colère face à la maltraitance dont ils sont victimes.

Je suis convaincu que, tant que quelqu'un n'a pas vécu des blessures intimes qui bouleversent sa vie à tout jamais, qui lui font voir le monde et l'humanité avec d'autres yeux que celui ou celle qui est dans les "normes", on ne peut pas se mettre à la place de ceux et celles qui souffrent de cela. Ces gens dans la norme demeurent indifférents. Ils se disent : "a moi, ça n'arrivera jamais". Et ils détournent le regard pudiquement. Ils ont un sursaut de recul, de peur, de répulsion. Ils se sentent forts, ils sont intolérants, parce qu'ils font parti de la masse institutionnalisée.

Par contre, le jour ou ils vivent le handicap, la maladie, la vieillesse, ou ils sont abandonnés, délaissés, fragiles, vulnérables, à la merci des maltraitance, des jugements et des condamnations, ou ils se sentent inutiles, ou on les considère comme inutiles, négligeables, là ils s'effondrent, ils sont perdus. Et ils se souviennent de leurs comportements envers ceux et celles qu'ils humiliaient, qu'ils oubliaient, qu'ils maltraitaient. Ils ont des regrets, des remords, mais c'est trop tard.

Alors, oui, la maltraitance des personnes âgées, des handicapés, de tous ceux et de toutes celles qui sont différents en fait, pour une raison ou pour une autre, est quelque chose d'ignoble, de monstrueux, de terrible, d'inhumain. Et c'est autant l'affaire de la collectivité que l'affaire de l'individu. Alors, si par mes mots, modestement, humblement, je peux contribuer à ce combat, je serai toujours présent...

26 septembre 2018

A propos de la maltraitance des personnes agées...

X1Il est vrai que certains de nos établissements publics ou privés qui sont censés tout faire pour que leur fin de vie soit la plus sereine, la plus apaisée, la plus tranquille, possible, ne sont que des mouroirs ou maltraitance physique, morale, psychologique, sont les rois. Manque de personnel adéquat ou qualifié, manque de moyens matériel, abandon des proches ou de la famille, nos plus anciens sont victimes d'un système qui considère qu'il n'y ont plus leur place, qu'ils sont devenus inutiles, qu'ils sont une charge, qu'ils sont encombrants.

J'ai vu le reportage d'Envoyé Spécial consacré aux Ehpads et à leurs dérives, mis en avant la semaine dernière par Élise Lucet. J'ai mis le lien qui lui était rattaché sur ma propre page, ici même. Ça m'a révolté, j'étais furieux, blessé, de voir de telles conditions  traitement pour ces personnes âgées qui se sentaient humiliées, maltraitées, abandonnées, etc. Des images qui m'ont marqué; Ça m'a ému jusqu'aux larmes, ça m'a touché. Je ne peux rester insensible à de tels thèmes de société qui reflètent des aspects de celle-ci parmi les plus détestables, monstrueuses, révoltantes.

Car, le fait est que notre société de plus en plus individualiste et égoïste, prise dans sa frénésie de rentabilité à tout prix, ne se préoccupe plus de nos plus anciens. Pourtant, quand on y réfléchit un peu, ce sont nos plus anciens, par leur travail, par leur engagement, parce qu'ils ont fait des enfants - nos générations actuelles, et les suivantes - qui nous ont permis d'être là où nous sommes aujourd'hui. C'est leur savoir, leur sagesse, leur mémoire, leur désir de nous apporter le meilleur pour que nous soyons heureux, épanouis, avec un confort qu'ils n'ont pas eu, qui ont permis à notre société actuelle d'être ce qu'elle est aujourd'hui - pour le meilleur et pour le pire ; mais ceci est une autre histoire. Par ailleurs, quand on y réfléchit un peu plus encore, ils ne sont ni responsables ni coupables des dérives d'un système, d'une société, qui les met à l'écart, qui les oublie, qui les néglige.

Quand je pense que ce sont des fonds d'investissement - français ou européens parfois, américains souvent - qui sont les propriétaires d'institutions destinées à la fin de vie de nos retraités, ça me met en colère. Ces fonds de pension, comme pour nombre de secteurs de la vie économique et sociale où ils se glissent subrepticement, n'ont qu'une idée en tête : la rentabilité. Le taux de croissance de leur investissement afin d'en tirer le maximum de bénéfices à court terme. Peu leur importe que ces établissements soient consacrés à la fin de vie, peu leur importe les conditions d'hygiène, les maltraitances qui s'y dévoilent, peu leur importe le manque de moyens humains et matériels. Ce qui leur importe, par conte, ce sont leurs bénéfices.

C'est une honte. Ces actionnaires qui habitent le plus souvent à l'autre bout du monde, sont dénués de sentiments, d'humanité, de compassion, etc. Tant que ces actionnaires ne sont pas touchés directement - puisque ce sont eux aussi des hommes et des femmes confrontés aux mêmes situations dans leur pays -, ça ne les intéresse pas. Or, il y a des domaines il me semble, comme celui-ci, comme celui de la santé, comme celui des services publics essentiels au bon fonctionnement d'un pays, où la rentabilité n'a pas lieu d'être. Elle est anachronique, incompatible, avec les besoins et les nécessités rattachées au fonctionnement d'un service public. Et public veut dire qu'il est utile et nécessaire à la communauté toute entière. Et que l'aspect financier, s'il est nécessaire, n'a pas à être pris en compte pour qu'il existe, qu'il perdure, qu'il soit présent dans tous les lieux - y compris dans les communes les plus petites ou les plus éloignées de grands centres urbains - où il est vital.

En outre, l’État qui cherche à faire des économies pour renflouer la dette colossale de notre pays, n'a pas à stigmatiser nos plus anciens. Parce que, justement, son attitude en étant défaillant dans ces prérogatives sociales, montre que, pour lui, nos personnes âgées sont les oubliés de notre société. Mais l’État, finalement, n'est que le reflet de notre modèle de civilisation actuelle. Jadis, les anciens étaient la référence ; c'était vers eux que l'on se tournait parce qu'ils étaient la mémoire, le puits de savoir, de la communauté. Ils avaient l'expérience des choses. Ils transmettaient leurs acquis, leurs connaissances, leur sagesse, et générations ultérieures. Ils étaient protégés par la communauté toute entière. Le soir, lors des veillées d'antan, on les écoutait avec attention, et on apprenait beaucoup d'eux.

Je me suis souvent posé cette question : quelle regard avons nous surs nos anciens. Parfois, j'ai le sentiment que parce qu'ils sont censés être inutiles, on voudrait les voir disparaitre pour laisser la place aux jeunes. C'est ignoble, monstrueux, inhumain, de les envisager ainsi. Dans un monde ou on commence à travailler de plus en plus tard, où les enfants quittent pour cette raison de plus en plus tard le cocon familial, on est aussi vieux de plus en plus tôt dans le monde du travail. Avant trente ans, si vous avez des diplômes, vous n'avez pas assez d'expérience, vous devez savoir vous adapter immédiatement si vous voulez pouvoir trouver un emploi ; de plus en plus souvent en CDD. Après cinquante ans, vous êtes trop cher, vous n'êtes plus aussi énergique, vous ne pouvez plus tenir un rythme aussi soutenu que l'on vous impose. Encore une fois, par souci de rentabilité maximum à moindre frais.

Il est impossible à une société, et même à un modèle économique, de perdurer, en fonctionnant ainsi.

L'éclatement et les recompositions familiales d'aujourd'hui, dans un monde qui va de plus en plus vite, totalement différent - et pas qu'en mieux souvent - a bouleversé cet héritage nécessaire et vital. Les enfants partent souvent aux quatre coins de la France pour trouver un emploi, pour fonder leur propre famille, pour d'autres raisons encore. Parce que c'est plus simple, plus pratique, plus facile, pour eux, ils confient leurs ainés à des institutions qui sont destinées à s'occuper d'eux au mieux de leurs intérêts et de leurs besoins.

Ces institutions qui, le plus souvent, demandent des fortunes que ces enfants n'ont, le plus souvent, pas. Les aides dont ils peuvent bénéficier ne couvrent souvent pas leurs frais, et ils sont contraints de se serrer la ceinture, de faire des emprunts, de vendre des biens familiaux, leur héritage depuis longtemps, pour subvenir à ces prises en charge. Puis, ils ne vont leur rendre visite qu'une fois de temps en temps, quand ils y pensent ou quand ils ont un peu de temps. Cette solidarité intergénérationnelle ne joue plus son rôle.

Nos anciens qui, hier, étaient si importants pour la communauté, sont désormais vus comme inutiles, comme une charge, comme un encombrant, ainsi que je le mentionnais plus haut. De plus, non seulement ils coutent chers, mais ils ne sont pas rentables.

Voir nos anciens ainsi est une erreur ; pire, une faute monumentale, que nous risquons de payer cher un jour, si je puis me permettre cette expression. Car les personnes âgées de demain, c'est nous. Et il est évident que ce que notre société leur fait subir, nous n'avons pas envie de le subir à notre tour lorsque nous serons à leur place. Il est donc temps d'en prendre conscience, et de mettre les moyens qu'il faut pour une meilleure prise en charge de ceux et celles qui nous ont mis au monde.

Un autre point : ce secteur d'activité est pourvoyeur d'emplois. Nous vivons de plus en plus vieux, grâce aux progrès de la médecine, grâce à une meilleure alimentation, grâce aux soins contre des maladies autrefois incurables. C'est un fait, la population française, et occidentale, vieillit de plus en plus. L'écart entre le nombre d'actifs et le nombre d'ainés s'élargit. Les centenaires, qui étaient une rareté il y a un siècle, sont de plus en plus nombreux. Et ils le seront de plus en plus dans les décennies à venir.

Des anciens, qui plus est, qui ont vu l'es horreurs de la guerre, des déchirements, jusqu’où la haine, la violence, la barbarie, peuvent aller. Et si nos anciens ont souhaité l'Europe, même si c'est un modèle imparfait et qu'il reste beaucoup à faire, à améliorer, c'est parce qu'ils ont vu, qu'ils ont été marqué dans leur âme, dans leur cœur, dans leur chair, par ce à quoi ils ont été confronté. C'est un héritage que nous ne devons pas négliger également.

Voila ce que j'avais à dire sur ce sujet, en résumé, car il y aurait tant à creuser, à développer, à expliquer, à remettre en perspective. Ce n'est qu'une maigre contribution certainement. Elle ne ménera pas loin, je m'en doute. Mais parfois, il y a des thèmes qui me touchent particulièrement pour des raisons diverses et variées qui n'appartiennent qu'à moi. Des sujets qui me mettent en colère, et pour lesquels j'essaye de me battre avec mes armes : les mots. Mais il est mené avec honnéteté, sincérité, franchise, respect, humanité, compassion, et espoir...

Posté par dominique913 à 15:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 septembre 2018

What is the truth?

X1It is unfortunate that, as soon as one wonders about religion - and about Islam in particular - believers of all stripes feel assaulted, humiliated, insulted. One feels that their faith is more important than their reason. One has the impression that their devotion erases their individuality; that it submits them irremediably without the possibility of sharing anything other than their conception of the truth.

To try to explain to them that their vision of the world, of the universe, of the place of Man within them, is not the only one who has the right of quotation, to try to make them realize that to question their doctrines, is not to deny them or to disrespect them. To risk to jostle them, to mishandle them, to make them discover other aspects of them that are not revealed in their holy books, does not make his detractor an impious, an evildoer, or a heretic. To venture to demonstrate that science is capable of revealing, invalidating or confirming that the precepts which are theirs are apt to be invalidated, thwarted, desacralized, is not to kill them. As if demystifying religion, its dogmas and traditions, was like an unbearable, intolerable, dangerous?

As if to upset her, to disturb her in her most fundamental principles, and anchored in the collective and secular consciousness, would destabilize her forever?
Religion, whatever form it has taken over the millennia and centuries past, has always existed. Since the dawn of the ages, since the human being has a minimum of intelligence, feelings, and notions about his place within his environment, has always wondered about the existence of deities. For a long time, he believed them multiple. He attached them to the elements - trees, plants, rocks, winds, rain, storm, etc. - to a nature of which he had not pierced the mysteries - Mother earth, shamanism. He has long personified them - Sumerian, Mesopotamian, Egyptian, Greek, Inca, Hindu, Celtic, etc. religions. Then, with the appearance of the Jewish religion, monotheism gradually replaced polytheism: Christianity and Islam have imposed themselves following it.


Obviously, I simplify and shorten. If I had to develop, I should take up all the 1800 pages of notes I wrote when I studied the origins of Religion during my years of research at the National Library of France. And, believe me or not - it does not matter - I have deconstructed the foundations of each polytheistic or monotheistic religion as deeply as possible and necessary. And all, I say all, rely on original patterns roughly equivalent. With some differences constituting their originality and their specificity.

Nevertheless, they all relate more or less to the fundamental myths that have existed within the collective consciousness since humanity developed. The myth of the Savior, the myth of the end of the world, the myth of paradise, the myth of the founding father - sometimes of the mother-goddess; it is often forgotten, alas, and many others find themselves in one form or another at the heart of all our past and present religions.


I have no illusions: I am aware that once again, an army of shields will be raised by affirming this. Some will swear that the truth in their holy books proves that this is not the case. They will claim that the words that are uttered there come from the mouth of their Prophet (Quran), the Son of God (Bible), or the Patriarchs (Torah). They will never stop proving and insisting, in good faith and sincerity, that I am wrong. I will not be surprised or outraged. That does not scare me because I know their arguments on the fingertips. They are always the same, and all resulting from passages of their holy books.

Which, for me, does not corroborate their vision of their truth. On the contrary, they will demonstrate in this way how they have no other reference than their religion on which to rely. No scientific or material proof, no historical trace, etc. do not come to support them.


However, Muhammad did indeed exist, and his personal journey is known. From there to believe that he has been penetrated by the word of Allah, there is a step that I will not cross. As for Jesus, Abraham, Moses, etc., their existence is pure hypothesis. And even if this is the case, the stories evoking their initiatory journey refer to facts and undeniable historical periods. But the importance of their influence on them is very exaggerated.

Starting from this postulate, I seek to draw attention to this: the perception of what we call "the truth" is very volatile. It changes according to the places, the traditions, the societies, the ways of thinking, the personal itineraries, the family origins, the education, which are ours. I will add that it also changes according to each person.

There are as many "truths" as people traveling our planet. And they are just as religious as they are philosophical, traditional, scientific, societal and historical. The truth, if it is supposed to exist, is by no means monolithic, immutable or definitive. She evolves continually over the ages, according to events, in relation to her own perception of "Reality". Now, since reality itself is a notion that is constantly being questioned for equivalents to those mentioned above, the truth is also subject to interpretation.


Is it good, is it bad? This is another debate. As far as I'm concerned, I think it's good because, from my point of view, certainty is always a source of conflict: "I'm right, so you're wrong. And if you are wrong, it is natural that you submit to what I believe. ". It generates intolerance, a desire to enslave the other to his will or his precepts. It is giving up one's free will to the benefit of the one who proclaims himself the holder of the truth. And, from the furthest antiquity to the ups and downs of the most recent news, the misdeeds resulting from this constant are innumerable.


As a result, I remain convinced that one and only "truth" - religious, ideological, philosophical, scientific, etc. - can be trusted. - is the most dangerous thing in the world. My personal observations during my years of research at the National Library led me to question these commandments. I have discovered that the more sources we have about this or that subject, the more we are freed from die-cut judgments, preconceptions, or prejudices. For we are all, more or less unconsciously, tributaries, whether we like it or not. And they chained us to their demands, their certainties, their "infallibility".

With all the excesses they inevitably engender.
Man, it is a fact, has always tried to go beyond the limits that were enacted. Whatever his intelligence, his wisdom, his possibilities, or his abilities, he has always tried to transcend the boundaries that have been set for him. He overthrew all the ideologies, all the traditions, all the authorities who wanted to durably constrain him. The ideal of freedom - of conscience, of expressing oneself, of property, of traveling, of trading, of thinking, etc. - is innate. No one can muzzle him.

All those who, in one way or another, have been persuaded in the past to be able to do so have been crushed. They were convinced that they had the only truth that was tolerable, satisfying, worthy of being taught and propagated. They have been dismissed. Their hegemony, their imperialism, their tyranny, was crushed. And whether in the name of a religion, a philosophy, a dream, etc., none survived.


We are only a few things within this universe. Our Earth is only a grain of sand lost in the midst of an almost infinite immensity. Our species has only about 10,000 years of civilization behind it. It's only a second of Eternity compared to the billions of years since the world is world. There are so many things we do not know.

We still have so much to discover, to learn, to experiment. Our intelligence is limited. She is in permanent conflict with the instinct that drives us. The knowledge that we hold is tiny in the face of the immensity of space and time. Our perception of ourselves, of others, of our environment, is derisory.

In fact, we are still children. However, phenomenal challenges are already discernible before us. So, instead of clinging desperately to our certainties, to our truths, to our pre-priorities, let us use our differences of view, our divergent realities. Let us serve the multiplicity of our beliefs and our achievements, to ensure that our civilization, our species, can evolve. Rather than force it into sterile quarrels that blind and condemn it to extinction, in truth ...

20 septembre 2018

The status of the woman in Religion

X1One of the "concrete" evils of Religion, which has for some time been the "current one", is the way in which it considers women; and, in turn, the child.


The woman, despite the beautiful words and passages of the Torah, the Bible, and the Koran, which refer to her place in a theological society, is each time considered inferior to man. It is only intended to generate offspring; male, preferably. When one follows the dogmatic precepts as described, the woman is the temptress, the one who influenced Adam in the Garden of Eden to seize the forbidden fruit. And, therefore, who sentenced him to be cast out of Paradise. God punished him by forcing him to give birth in pain; to remind him of his seductive condition. A creature who diverts man from the right path and his privileged bond with the Divine.


How many examples such as this one are reproduced after this episode in the Bible, whether in the Old or the New Testament. In fact, and whatever the monotheistic religion to which reference is made, the woman is first and foremost the property of the father. In the Islamic world, as in the Western Christian world until a few decades ago, it is the Patriarch who chooses the future husband of his daughter. The mother, she is only there to inculcate a household education or marital that she will need once married: know how to hold a house, prepare meals, be a devoted and submissive lover, know how to properly care for his offspring until the father decides otherwise. For the boy, to introduce him to the arts highlighting his manhood, find a gainful job to provide for the needs of his future family. For the girl, find her a "good party", that she remains respectable - "virgin" - until the day of her union, and get a comfortable dowry.


This is how the woman was considered for several thousand years with the support of Religions. It has only been in recent decades that it has begun to emancipate itself and to gain freedom in Western countries; although there is still a lot to do. For until the seventies, a woman was not allowed to have a bank account without the consent of her husband. The right to abortion did not exist. The choice to marry for love was almost forbidden. Sex before marriage was seen as a disgrace to the whole family. And often, the young woman was forced to hide to go to give birth - or to abort - clandestinely. Then, then, forced to abandon his child. But this shame remained and she had great difficulty finding a man who wanted to marry her. She was often destined to remain an "old maid."


Currently, Islam - and more specifically the so-called "fundamentalist"; but sometimes not only - follows this same ideology. The women are veiled not to tempt the men that they cross in the street. As if the men they meet were wild animals ready to jump on them. Lovers are forced to hide in order to spend a more or less intimate moment together. Often, there is sexual relation, but annal or oral, so that it is not visible at the time of the marriage. Or, if there is a vaginal intercourse and the hymen is torn, the family forces the girl to undergo surgery to repair it and the future husband does not notice it. When this young woman is sent to France for one reason or another, once the age of marriage is reached, it is not uncommon for her to be required to return to "the country" in order to marry her. to a man she has never known or seen.


These practices of another age are strangely reminiscent of those of Catholicism until the early to mid-twentieth century. It must be admitted that, among his attributions, Christianity has had a stranglehold on marriage and the vision that society must have had for nearly two millennia. It was only at the beginning of the 20th century, with the separation of Church and State, with the advent of secularism, that things began to change. The First World War only amplified this movement. In England, from that time, the suffragettes won the day by acceding to the right to vote; in France, it was not until the end of the Second Planetary Conflict that they obtained this right.

 

For a long time, too, the Church had a say in the education of children. Until the 1905 law, she ran the majority of schools. It was not until the middle of the nineteenth century that girls were able to enroll in schools specially reserved for them. And, as for the education they received within the family unit, the latter was exclusively oriented towards her future "occupation" of mother's wife. It was not until the 1950s, and especially 1960s, that schools gradually became mixed.


Nevertheless, this belief in the predominance of men over women remains deeply rooted in the collective consciousness. It's not for nothing that women's wages are lower than men's. It is not for nothing that there are fewer women ministers, deputies, business leaders, and so on. In sensitive cities, where the weight of Islam and tradition is powerful, as soon as a young woman with the desire to emancipate herself, she is considered as a trail shaming her family, her clan. Or, she is designated as a "prostitute" whose young men have the right to use and abuse at their pleasure; they then drag them into the cellars of their buildings to be the victims of revolutions or rapes because, according to them, by clothing themselves, they showed them that they were consenting.


Or, again, in India, these young women attacked with acid by rejected pretenders, and marked for the rest of their lives without his aggressor being condemned - or little - by the justice of their country. This report that I saw a few days ago, and evoking these quasi-prepubescent teenagers in Lebanon, married to men older than them, and who bear when they have only fourteen, fifteen, or sixteen years ... to often try to divorce several years later because unhappy. What about the niqab imposed in the Arab Emirates, or in other countries of the Near and Middle East, in some circles in Europe and France. That these gentlemen consider normal because their wife is their personal "object" on which no one has the right to lay eyes. Who are reclusive in places - including in public places - that are specifically reserved for them so they do not have the temptation to look at anyone other than their "master".


When I think about it, summing up in a few words all this, I have the impression that the woman is considered as a commodity destined, from her cradle to her death, to be the possession of Man. First of his father; of his brothers or cousins, if he dies prematurely. Then, from her husband, and finally, from her son or sons who put her under guardianship. While the Caliphs possessed harems consisting of dozens of concubines, or that Muslims of yesterday or today are allowed to be polygamous. While nothing is said, neither in the Torah, nor in the Bible, nor in the Koran, about this systematic submission inflicted upon it. I do not even speak of this hypocrisy of the Catholic Church which had nothing against the fact that clerics have wives or concubines, as well as children, until around the beginning of the eleventh century. Who granted dispensations to the sovereigns so that they could remarry if their wife died prematurely; while divorce or a second union was proscribed by the ecclesiastical hierarchy for ordinary people. Or who veiled his eyes modestly vis-à-vis mistresses or other favorites; when they themselves - the Borgias in particular since they are the best known, but which are far from being an isolated case - did not indulge in lust, or did not place their offspring in high-paying positions of the highest quality. Catholic authority.

 

No word, or so little, of the reasons and justifications for this masculine and domineering behavior with disastrous or monstrous excesses. The most recent news is echoed when we discover with horror that pedophile priests rage for years or decades in their dioceses. When we know that their superiors have been informed for a long time, and that they do not take any serious sanction against them. Just when it's time to get to know each other, and to headline the newspapers, move them away from their original parishes until the affair is over. When we know that these superiors prefer to "settle" the history within the Church, without referring to the judicial authorities of their country. Since quite recent years, the revelations in this field are multiplying, without the Church taking the measure of the evil that this image refers to the general public. And that the latter, in territories where faith is in decline, where vocations to the priesthood are reduced to a trickle, where worship sites are populated by majorities only people of the third age, discredits a little more every day.


When we know, again, that many priests have women and children hidden. That there is no text that explains that carnal love is in contradiction with divine love. But it is a tradition developed in the middle ages so that the financial or earthly legacy of the clergyman does not return to his relatives after his death, but is passed on to the Church. Yes, we can say, really, all this is hypocrisy, compromise, arrangements between friends, arrangements with dogmas, faith and the divine, in the name of personal and material interests.


And who are the first victims? The women, whom the various denominations wish to see as submissive and obedient creatures, women with more than limited culture and knowledge, in order to better control and dominate them. Put out of the male society, Religion has, since the birth of the great monotheistic dogmas still in force, subjected the woman to their Laws. She has fabricated around her a form of myth where she is seen as the one that prevents the link between Man and God to create, or to continue. All the subterfuges and all the instruments are good in order to make it a less accomplished being. All of this, in the name of traditions born of what Religion enacts as being "THE" Truth.


While neither in the Torah, nor in the Bible, nor in the Koran, is there any expressly written affirmation that woman is a creature inferior to man, because they are men who govern spiritually and materially. the world, this one has no right of city. Worse still, men will find all possible justifications imaginable to maintain their hold, to enslave it, to lower it to the state of object or genitor. Why evolve? It is so beneficial for those who hold the levers of power to stay on these gains. Since Tradition and Religion, which we, the Men, have modeled in our image, allow us, why should we give them an ounce of our privileges?


And I am asked to approve all this; to applaud with both hands and say: "continue, that's good"; whereas all that I have just described goes against the fundamental values ​​that are mine. While I am for the right of everyone, whether man, woman, or child, to be respected. That he has the right to dignity, to the freedom of his actions, his thoughts, his ambitions, his hopes here below. I am asked to accept this millennial diktat for those without whom we men would be nothing. Everything according to the name of Religion and Teachings from the Divine that Himself did not write. All this in the name of archaic precepts and dogmas, enacted in remote times when the stranglehold of Religion was all powerful, and it was unthinkable to question.

 

However, the world is changing. The West has learned the lessons of this institutional and religious barbarism. Obviously, there is still much to do to sweep away these thousands of years of old-fashioned customs and mentalities. Many fights are still to be fought. And vigilance remains in the hands of those who would like us to go back. These traditionalists or Islamists who see in the emancipation of the woman, in the freedom which accompanies it, a danger for the faith. This faith, I do not want it. I push it with all my strength. I fight, and I will fight against them until I have a breath of life left. It is a fight against a backward, misogynistic, retrograde vision of the world and of humanity. This religion, it makes me want to throw up. This God who allows man to behave thus in relation to an essential fraction of his creation - if one follows the sacred texts, of course - I reject him. And it is I who vows it to the flame of Hell; like those who adhere to all this.


Do not tell me that Religion is a blessing, that it is necessary, useful, a vector of love, sharing, harmony, tolerance, etc. For what it teaches in the relationships between men and women, sometimes adults-children, is everything except a vector of spiritual fulfillment ...

 

 

Posté par dominique913 à 20:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 septembre 2018

A quoi bon ?

X1Si je publie de moins en moins sur Facebook - sauf ces derniers jours concernant mes dernières lectures ou mes avancées dans l'écriture de mon ouvrage sur les origines idéologiques et ésotériques du Nazisme -, la raison en est simple. Évidente même.

A quoi bon ? L'innombrable majorité des personnes qui usent de ce réseau social ne le font que pour se distraire, échanger vidéos, textes - souvent des citations copiées collées -, écrits personnels régulièrement monstrueusement bourrés de fautes de toutes sortes, ou photos du quotidien ou humoristiques.

A ce propos, parmi les personnes qui se prétendent écrivains, poètes, amoureux de l'écrit, neuf sur dix publient des textes malmenant la langue française. Orthographe, grammaire, ponctuation, répétitions, lourdeurs, etc. les constellent. Souvent, quand je les parcours - parce que je suis curieux -, j'ai l'impression que c'est un enfant d'une dizaine d'années qui les a écrit.

Et ces gens prétendent vouloir faire publier leurs œuvres chez éditeurs, et s'étonnent que, la plupart du temps, elles soient refusées. Elles s'étonnent de devoir se rabattre sur des éditeurs quasi-inconnus dont la visibilité ne va pas bien loin. Elles s'étonnent encore, de devoir faire appel à l'auto-édition, et que malgré la publicité personnelle qu'elles font de leurs titres ici ou ailleurs peu de gens les lisent autre part que sur les réseaux sociaux ou de petits sites dédiés aux auteurs dont la renommée ne dépassera jamais quelques dizaines, centaines, de lecteurs.

C'est un affront fait à notre langue. Quand on se prétend écrivain, il s'agit d'un véritable sacerdoce. Des milliers d'heures d'écriture avant de parvenir à quelque chose qui ressemble déjà a un début d’œuvre littéraire. Relectures, corrections, coupures, clarifications, allègements, approfondissements, vigilance permanente en ce qui concerne l'orthographe, la grammaire, la ponctuation. Il est évident que celui ou celle qui se prétend écrivain, qui cherche à se faire éditer, parce qu'il a consacré une semaine, un mois, deux mois, un la rédaction d'un livre, ne peut qu'échouer. Les portes des éditeurs dignes de ce nom se refermeront pour lui.

Pour ma part, ça fait vingt-cinq ans que j'écris. Je n'ai jamais encore vraiment publié. Pourquoi ? Parce que, jusqu’à présent, je ne me sentais pas assez mur, vis-à-vis de mon style littéraire, des thèmes abordés, de la confiance que j'ai en moi, pour m'engager sur cette voie.

Vous le savez tous et toutes, du moins ceux et celles qui me suivent régulièrement, ça fait un an et demi à peu près, que j'ai débuté la rédaction de mon ouvrage sur les origines idéologiques et ésotériques du Nazisme. Un travail de titan dont j'ai à peu près terminé - et encore, c'est relatif - 150 pages de 600 ou 700 que doit compter ce livre au final. Et si je progresse aussi lentement, c'est justement parce que j'y investis quotidiennement toute mon attention, toute mon énergie, toute ma concentration, j'use de l'ensemble de mes facultés intellectuelles. Je me reporte sans cesse aux centaines de pages de notes accumulées depuis le début de mes recherches sur le sujet à la Bibliothèque Nationale et ailleurs, il y a vingt ans. Je mets en permanence mes connaissances à jour. Je relis, rectifie, corrige, en ôte les malfaçons, les lourdeurs, etc.

Écrire n'est pas un passe-temps, une activité à laquelle on se consacre épisodiquement, quand on a une idée que l'on s'empresse de jeter sur le papier. Il faut que cette idée murisse, se raccroche à d'autres idées, d'autres façons d'envisager le déroulé de son texte, etc. Et cette pratique ne s'acquiert qu'au bout d'années, plus, de travail quotidien, intensif, à passer des journées entières sur son ordinateur, à travailler et retravailler, ce que l'on a rédigé, à corriger, à améliorer, à modifier, à alléger, en rendre plus agréable à lire, etc.

Quand j'écris le genre de texte que vous lisez actuellement et que je publie sur Facebook, je n'emploie pas cette méthode. Je ne la réserve que pour mon livre sur le Nazisme. Car c'est l'aboutissement d'années pour atteindre cette manière de procéder. A quoi bon user de cette méthode pour 99 % de gens qui ne lisent qu'en biais, à la va vite, ce que j'écris ici.

Jusqu’à il y a peu, je tentais de susciter la curiosité, l’intérêt, l'envie de partager avec moi. J'espérais que ceux et celles à qui j'offrais ces textes auraient le désir d'approfondir ce que j'exprimais à travers eux. Que ce qu'ils découvraient de moi leur donnerait envie d'en apprendre, d'en découvrir, d'en connaitre, davantage sur moi ; et sur les nombreuses facettes sous-jacentes à ce que je dévoile ici.

Que nenni !!! Ils ne sont présents ici que pour le superficiel, l'éphémère, "se marrer", critiquer, s'abreuver de fakes news, se borner leur petite personne ou à leur entourage immédiat ; ce qui les concerne directement. L'ouverture aux autres, à la différence, quelle que soit la forme que prenne celle-ci, est un concept qui leur est étranger, inconnu ; pire, qui leur faire peur, qu'ils ne veulent pas voir bousculer leurs certitudes, leurs à-priori, leurs habitudes, leur façon d'envisager leurs relations avec les autres.

Des moutons, comme je le répète désormais régulièrement. Et ils le prouvent continuellement au travers de ce qu'ils diffusent ici. Au travers de ce que ces soi-disant écrivains "pondent" comme textes, récits, commentaires, poèmes, etc. Du bas de gamme dont les neuf dixième est bon à jeter à la poubelle.

Pire : depuis quelques temps, parce que je sais que le pouvoir de l'image est souvent plus parlant auprès de ces moutons, je partage ici nombre de petits documentaires très instructifs sur le fonctionnement de nos sociétés occidentales ; et française notamment. Elles sont très représentatives de ce que je décris dans ce pamphlet. Mème là, ce sont des aspects de notre société - dont ils sont un maillon - à laquelle ils participent, ils s'insurgent contre elle. Ils jurent leurs grands dieux qu'ils se comportent différemment, alors qu'une fois revenu à leur quotidien, ils n'agissent pas autrement que les autres moutons qu'ils critiquent. Ils retournent au cœur de la meute, de la masse, et contribuent à alimenter ce qu'ils sont censé honnir et combattre.

Vous savez, je ne suis pas meilleur ni pire qu'un autre. Comme tous et toutes, j'ai mes qualités et mes défauts, mes forces et mes faiblesses, mes victoires et mes défaites, etc. Je suis un être humain, comme tous ceux et toutes celles que je viens de clouer au pilori. Ce qui m'en distingue pourtant, c'est que je ne m'en contente pas. Par mes moyens, mes capacités et mes possibilités - l'écriture notamment -, je tente de faire réagir. Comme Don Quichotte, je me bats contre des moulins à vents certainement. Je tente modestement, humblement, à mon niveau, à ma façon, de faire bouger les choses.

C'est peut-être infime, dérisoire, sujet de dédain, de moquerie, d'indifférence, etc. Je l'assume, et je n'ai pas peur des coups que l'on me porte. Je suis triste que ceux et celles de qui je souhaite me rapprocher amicalement, ne comprennent pas le sens de ma démarche, n'acceptent pas ce que j'ai envie de partager avec eux ou elles ; à une ou deux exceptions près. Ça me blesse, ça me meurtrit.

Je pense notamment à Dulcé Batista ou à Sophie Leroy, dont l'indifférence à l'égard de l'amitié - hors Facebook - que j'aimerai partager avec elles, est dénié. Au plus profond de ma chair et de mon âme, ça me détruit, moi qui suis extrêmement sensible à cela ; comme à bien d'autres choses. Car si je vois quelque chose qui en vaut la peine en elles, elles se comportent comme ces moutons dont elles disent ne pas faire parti.

Bref, en ce qui me concerne donc, c'est aussi par mes échecs, par mes désillusions, par ces blessures, par cette indifférence chronique de la part de ceux et celles desquels je rêve de me rapprocher, que j'apprends. Et ce que j'ai appris, au cours de ces derniers mois, c'est que les gens présents sur Facebook - et qui se comportent de la mème façon dans la réalité, puisque Facebook n'en n'est que le reflet - sont d’indécrottables moutons. Malgré tous les outils, malgré tous les procédés, qui leur permettraient de se teinter de plus d'humanité, d'apprendre, de partir à la découverte de connaissances, des autres, ils se contentent des petits riens dont ils sont les réceptacles.

Pour en revenir à ces écrivains à deux balles que je citais plus haut, ils n'apprennent rien de leurs échecs répétés. Moi, j'ai la chance d'être suivi, encouragé, par des personnalités influentes - je ne les nommerai pas, question de respect de leur anonymat et de leur vie privée - qui croient en moi, qui me poussent, et qui, quand j'en aurait terminé avec mon livre sur le Nazisme, tenteront de m'ouvrir certaines portes. Depuis plus de deux décennies que j'écris, et que j'améliore mon style, mes textes, jusqu'à être enfin prêt à publier dès que j'aurai fini mon livre sur le Nazisme - mais pas avant cinq ans supplémentaires de travail d'arrache-pied -, je me bats chaque jour.

Chaque jour, outre ce sacerdoce, ma vie est complexe, car je suis handicapé, parce que mon quotidien est difficile, encombré d’épreuves dont les difficultés du quotidiens de la plupart des gens, n'arrivent pas à la cheville : maladie, solitude, souffrances physiques, morales, psychologiques. J'ai connu la pauvreté, la faim, les dettes, les désillusions amicales, sentimentales, professionnelles, la mort d'êtres chers, les déchirements familiaux, etc. durant près de deux décennies.

Alors, je sais de quoi je parle. Et ces gens qui se plaignent de leurs petites misères - attention, il y en a qui ont de graves problèmes aussi, qui s'apparentent à ceux que je viens de décrire - et qui ne sont là que pour se distraire, qui ne sont là que pour combler le vide de leur existence centrée sur la société de consommation, sur l'entre-soi, sur leur quotidien, sur leur comportement de "masse", semblables à des "moutons", à quoi bon user mon temps, mon énergie, ma patience, mes connaissances, la description de mon parcours personnel, pour eux. A quoi bon ; non seulement ça ne les touche pas, ça ne les intéresse pas. Mais même lorsqu'ils parcourent en vitesse ce que je diffuse, c'est juste parce qu'ils ont cinq minutes à perdre. Avant de retourner à leurs occupations habituelles, en oubliant aussitôt ce que j'ai tenté - un peu - de leur communiquer, de partager avec eux ou elles.

Voila pourquoi je diffuse beaucoup moins ; voila pourquoi je m'éloigne tant de Facebook et de ses effets pervers, actuellement ; sauf ces deux ou trois derniers jours, puisque les circonstances l'ont voulu ainsi. Je ne veux pas participer à tout ce que je viens de décrire succinctement - il faudrait des livres entiers à rédiger selon mes réflexions sur ces thèmes, pour les approfondir et les disséquer. Si ces gens estiment qu'ils ne valent pas mieux que cela - consciemment ou inconsciemment -, moi j'estime que je vaux mieux que cela.

Je dirai ceci pour terminer : en plus, cette façon de faire salit l'âme, ça nivelle l'Homme vers le bas, ça le rends médiocre, ça le montre sous son aspect le plus primaire, un retour en arrière, aux ages obscurs où il n'existait que pour être un esclave destiné à manger, dormir, se reproduire. Au pain et aux jeux des romains, que les empereurs satisfaisaient ainsi pour mieux les maintenir sous leur joug. Quelle déchéance. Cinq mille ans de civilisation pour en arriver là....

Dominique Capo