Mes Univers

23 septembre 2017

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 901 à 902 / 1803

X1Afrique Noire, XIVème siècle :

 

Sakoura – 1285 – 1300 – s’empare du pouvoir au Mali par la force, alors qu’il n’est qu’un ancien esclave. Son fils, Mansa Aboucar, qui veut savoir ce qu’il y a au bout des mers, arme 400 vaisseaux. Il les charge de naviguer jusqu'à la fin de l’océan. Un seul revient, les autres ayant été engloutis dans un tourbillon. Voulant voir de lui même ce qu’il en est, Mansa Aboucar arme alors 4000 navires, part vers l’Ouest, et ne revient jamais.

 

En 1306, Weden Ara’ad d’Ethiopie – le fils de Yagba Zion -, envoie une ambassade d’une trentaine de personnes en Avignon. Celle-ci y rencontre bientôt le pape Clément V. Elle lui présente ses respects en compagnie de 74 rois et d’innombrables princes. Elle le prévient que les membres de l’Ordre du Temple en poste dans leur pays, préparent un plan afin de s’emparer de l’Arche d’Alliance. Et ils affirment que ceux-ci aimeraient ramener la Relique dans une de leur Commanderies française.

 

Aussitôt, Clément V prend peur. Il réalise qu’une Relique aussi Sacrée conférerait aux Templiers de quoi défier les autorités séculières et religieuses d’Occident ; ce qu’il ne peut tolérer. Il en appelle alors à Philippe le Bel. Il lui demande d’anéantir l’Ordre du Temple ; mais sans prévenir celui-ci en ce qui concerne l’Arche d’Alliance. Et, en contrepartie, il accepte ce qu’il a refusé au roi de France jusqu'à maintenant : l’aider à récupérer les trésors que les Moines-Soldats cachant dans leurs citadelles éparpillées sur son territoire.

 

Jusqu’en 1310, Weden Ara’ad entretient de fréquents contacts avec Avignon. Il apprend donc la dissolution de l’Ordre du Temple. Il prend immédiatement des mesures contre les Chevaliers installés dans son pays : il les expulse ou les supprime. Puis, il s’assure qu’aucun de ceux-ci – ceux qui se sont réfugiés hors de France avant la diffusion du mandat d’arrêt lancé contre eux, par exemple – ne puisse plus s’immiscer dans ses affaires.

 

C’est en 1312 que Kankan Moussa, le troisième Empereur du Mali, accède au trône. Fervent musulman, il décide d’effectuer le pèlerinage de la Mecque et, en 1324, organise une vaste caravane, composée de 60 000 soldats et esclaves et chargée de près de deux tonnes d’or et d’une grande quantité de vivres. Arrivé au Caire, il est reçu par le sultan Al-Nasir et manque de créer un incident diplomatique : l’étiquette stipule en effet que tout homme doit s’incliner devant le sultan. Mais la puissance du « mansa » lui interdit une telle humiliation. Rusant contre lui même, celui-ci s’écrie finalement : « Je me prosterne devant Allah qui m’a créé et mis au monde. ». Chacun est alors satisfait et les deux souverains entreprennent de faire connaissance.

 

Au Caire, Kankan Moussa dépense et distribue tant d’argent sous forme d’achats et de dons qu’il éblouit les Cairotes par sa générosité. Mais, dans cette ville, le cours de l’or finit par chuter, et l’économie égyptienne est fortement ébranlée. Après s’être rendu sur les lieux Saints, à La Mecque et à Médine, et s’être acquitté de ses devoirs de croyant, le mansa achève son long voyage de dix-huit mois et rentre, emmenant avec lui des membres de diverses professions, qui ont été charmés par l’homme et ont rêvé du riche Mali.

 

A son retour dans son pays, Kankan Moussa se fait aussitôt construire une salle d’audience sur les modèles du Nord de l’Afrique : une salle carrée, surmontée d’une coupole et ornée d’arabesques colorées, avec des fenêtres recouvertes d’argent, d’or et de vermeil.

 

Ce luxe est à la mesure du mansa, qui tient ses audiences au milieu de 300 esclaves et dont la cour est régie par la plus stricte des étiquettes. Nul ne lui adresse directement la parole. On doit passer par un intermédiaire qui se fait l’interprète du demandeur. Ce dernier, vêtu avec humilité, reste prosterné pendant tout l’entretien et jette de la poussière sur sa tète en signe de respect.

 

Car, le pèlerinage de Kankan Moussa a revêtu pour le monarque et pour son Empire une importance essentielle. D’une part, l’Empereur a acquis un grand prestige auprès de son peuple et assoit son autorité sur un territoire si vaste – recouvrant le Sénégal, la Gambie, la Guinée, le Mali et une partie du Niger – qu’il faut une année pour le traverser à pied. D’autre part, l’Islam se développe dans le pays, qui devient un centre important pour les lettrés musulmans et un haut lieu de production artistique et intellectuelle. Enfin et surtout, grâce à son expédition et au faste de son déplacement, Kankan Moussa a fait connaître son Empire au Monde. En Afrique du Nord, au Moyen Orient et dans toute l’Europe, il est désormais considéré comme l’un des plus grands rois de la Terre. Les échanges se multiplient avec l’extérieur et l’Empereur tisse des liens solides avec le sultan Aboul Hassan du Maroc et le roi Jean II du Portugal. Il faut dire que le Mali est si prospère que le mansa est l’un des souverains les plus riches de son époque.

 

C’est que le pays recèle de nombreuses mines de sel, de cuivre, de fer, et surtout des mines d’or en abondance. De plus, les provinces paient un tribut. Profitant de la sécurité qui règne dans tout l’Empire, les relations commerciales ne cessent de se développer, et de grandes villes deviennent les terminus ou les haltes obligées sur les routes transsahariennes : Oualata, Tombouctou, Gao, Djenné sont les plus florissantes.

 

A suivre...


22 septembre 2017

Brèves Philosophiques, pages 302 à 304 ; Foi et libre arbitre, seconde partie :

X2Celui ou celle qui part de ce principe en me lisant – ou en lisant quiconque ici ou ailleurs – commet une terrible erreur ; pire, une faute effroyable et dangereuse. Chacun, je le répète, à son libre arbitre. Chacun peut interpréter, accepter, refuser, critiquer, adhérer, s'inspirer, ignorer, les textes que je partage ici et ailleurs.

Il en est de même pour n'importe quel livre, œuvre diffusée sur Internet, pour n'importe quel reportage, documentaire, information, etc. à laquelle chacun et chacune a accès. Il faut garder l'esprit ouvert, c'est indéniable. Mais il ne faut pas tout avaler à partir du moment où c'est écrit, diffusé, échangé, encensé ou discrédité.

Ainsi, je plains profondément, plus que je les condamne, ceux et celles qui, les yeux fermés, et parce que la Bible le révèle, croient que la Terre a été créée en sept jours, qu'Adam et Eve ont existé, avant d’être rejeté du Paradis après avoir goutté au fruit défendu ; et autres paraboles du même genre. Malgré tout, si cela les rassure, les aide, dans leur vie, pour les épreuves que l'existence met sur leur route, tant mieux.

Pour autant, il ne s'agit pas de « LA Vérité » absolue, incontestable. Il s'agit d'une « manière » de voir « LA Vérité ». D'ailleurs, comme je l'ai exprimé à plusieurs reprises, à mon humble avis, il y a autant de vérités qu'il y a d'humains sur la Terre ; autant qu'il y a d'idéologies, de philosophies, de religions, de traditions, de discernements intellectuels, etc. Ce n'est pas parce que l'on croit que quelque chose est « LA Vérité », que c'est le cas.

Éventuellement, et parce qu'elles sont basées sur des faits avérés, reproductibles, explicables à l'aide d'expérimentations, d'observations, d'applications ou de tests au sein de la Réalité, toute scrutation de cette dernière peut être habilitée.

Car il y a une différence fondamentale, indéniable, irrécusable entre : « Je CROIS qu'il existe un au-delà après la mort », et « Je SAIS qu'il existe un au-delà après la mort ». Le premier est basé sur une conviction ; quelque chose qui éminemment personnel ; qui relève de la foi, de la mystique, de la spiritualité… mais qui n'est issu d'aucun fait avéré, constaté, reproductible, expérimenté ; en dehors de cette personne, évidemment. Quant au second, il relève de l’observation répétée, aisément reproductible sur n'importe qui, critiquée, considérée, annotée, formulée, objectée.

Et là est toute la différence. Et là est l'antagonisme entre ceux qui s'appuient sur leurs convictions, et ceux qui s'appuient sur leurs constatations. Chacun défend avec force et opiniâtreté ses positions. Chacun estime ce qu'il clame ne peut être remis en cause, discrédité, modifié, jugé. L'intellect contre la croyance, la raison contre les dogmes. Et au milieu de cela, l'Homme qui se débat, qui cherche, qui se questionne, qui s'interroge sur ce à quoi il doit adhérer : Réalité ou Vérité.

 

A suivre...

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 899 à 901 / 1803

X1Chine, XIIIème siècle :

 

Mais, à cette époque, la politique de paix, achetée à des voisins toujours plus agressifs, ne peut résister aux offensives foudroyantes et répétées des troupes d’un nouvel Empire des steppes. Dirigées par le Mongol Gengis Khan, ces armées s’emparent de Pékin en 1215 et déferlent jusqu’aux portes de Vienne en 1241. De 1234 à 1279, les attaques contre les Song se multiplient à un rythme accéléré. Sous le commandement de Kubilay Khan, fils de Gengis, les armées prennent les Song à revers et soumettent d’immenses contrées allant du Nord de la Chine jusqu’au Vietnam, en passant par le Sichuan, le Tibet et le Yunnan.

 

Parallélement, les Mongols fondent une nouvelle Capitale : « Khanbalik » ; que les Chinois de souche préfèrent appeler « Dadu ». Ils commencent donc par y creuser une artère séparant la Cité en deux, et courant du Nord au Sud. Ils y excavent un ensemble de voies faisant ressembler la Ville à un damier. Ils y rajoutent, à intervalles réguliers, des rues secondaires, puis, les développent vers l’Est et vers l’Ouest. Ils y installent également de nombreux égouts. Ils y élèvent un Palais Impérial. Au plafond de celui-ci, ils y font dessiner les Mandalas des cinq Grands Bouddhas. Ils les font accompagner par des images des « Boddhisattvas des dix Directions », et par des effigies « des Gardiens des Quatre Cotés ». Ils entourent ensuite leur Château d’un mur de pierres dorées doté de quatre tours d’angle, et de Tableaux de Héros Mythologiques. Et, enfin, au centre de l’une de ses cours, ils bâtissent un édifice ressemblant à un « I », et dont les pièces situées au Nord et au Sud, sont reliées entre elles par un long couloir.

 

En 1276, les Mongols pénètrent dans Hangzhou, provoquant la fuite de la cour. Song Dibing, le dernier Empereur de la dynastie, se suicide en 1279. Les ultimes représentants de la famille royale sont tués trois ans plus tard au large de Canton. C’est alors l’occupation totale de la Chine et l’avènement d’une nouvelle lignée étrangère qui s’installe, et prend le nom de Yuan.

 

Pour la première fois, un Mongol règne sur la Chine entière. Kubilay demande aussi l’hommage des vassaux des Song. Pourtant, la domination mongole reste superficielle dans la péninsule indochinoise et en Indonésie.

 

Au sein même de son entourage, Kubilay est contesté par d’autres héritiers de l’Empire de Gengis Khan, car il prétend à la succession de tout l’héritage et demande l’hommage des chefs des différents khanats, de Perse et de Russie Méridionale.

 

Avec Kubilay, les Mongols de Chine adoptent une nouvelle culture. Abandonnant la capitale ancestrale de Karakorum, ils se sédentarisent et construisent Khanbalik, au Nord-Est de la ville chinoise, à partir de 1260. S’il se veut l’héritier de Gengis Khan, Kubilay se considère aussi comme un véritable Empereur chinois, un Fils du Ciel. Sa dynastie, les Yuan, succède naturellement, selon lui, aux 22 dynasties qui ont régné sur la Chine.

Kubilay n’est plus un chef de tribu mais un Empereur. Il ne s’entoure plus de compagnons d’armes mais de vassaux nantis de fiefs.

 

Les Mongols ne veulent pas détruire une Civilisation qu’ils admirent : Kubilay conserve l’administration chinoise et s’efforce de développer le pays. Il adopte les assignats chinois et en fait la principale monnaie de l’Empire. Il organise la lutte contre la famine, remet en état le Grand Canal qui relie la Chine du bas Yangzi à la région de Pékin. Les routes impériales sont plantées d’arbres et bientôt encombrées de marchands, de voyageurs et des émissaires rapides de la poste impériale. Kubilay professe une grande tolérance religieuse : il se converti au Lamaïsme, reçoit des reliques du Bouddha et respecte aussi les Evangiles.

 

 

Japon, XIIIème siècle :

 

A partir de cette époque, le Japon est gouverné par les shogun. A la mort de Yoritomo, en 1199, son fils aîné est nommé shogun, mais c’est la famille des Hojo qui assure la régence et conserve le pouvoir. Cette lignée prestigieuse a déjà fournie au Japon des généraux et des conseillers politiques. Les régents Hojo se succèdent rapidement, au rythme des complots. Aucun shogun ne se montre vraiment compétent et les Empereurs en profitent pour monter les factions les unes contre les autres. Ce sont les régents eux mêmes qui nomment et révoquent les shogun.

 

La capitale retrouve pourtant sa prééminence, les Fujiwara sont définitivement écartés des affaires de l’Etat. En s’installant à Kamakura, les régents Hojo perfectionnent l’administration du bakufu. Ils distribuent des terres à leurs vassaux, contrôlent les intendants des provinces. A partir de 1226, ils gouvernent avec l’aide d’un Conseil d’Etat. En 1232, ils font établir un recueil de règles à l’intention des juges, le « Formulaire de Joei ». Les Hojo apportent ainsi une stabilité nouvelle au Japon. Cependant, celle-ci est ébranlée par des menaces d’invasion.

 

Car, en 1259, Kubilay, petit-fils de Gengis Khan et grand Khan des Mongols, devient Empereur de Chine et fonde la dynastie des Yuan. Avide de conquête, il fait très vite occuper la Corée et, dès 1266, il ordonne aux Japonais de se soumettre. Le gouvernement du bakufu décide d’ignorer l’ordre, comptant sur ses vaillants guerriers pour défendre l’archipel. Kubilay renouvelle ses messages tandis que les Japonais se préparent à la guerre. Les Mongols lancent alors une première attaque en Novembre 1274.

 

Ceux-ci possèdent une véritable armée de conquête, de 20 000 chinois et mongols, et de presque 15 000 coréens. Leurs soldats obéissent à des signaux, marchent au son des gongs et des tambours qui terrorisent les chevaux des adversaires ; de plus, ils sont équipés de flèches empoisonnées, d’arbalètes et de poudre. Les Japonais, eux, en sont encore au combat singulier et n’ont pour se défendre que des arcs et des sabres.

 

Les Mongols rencontrent peu de résistance mais doivent rebrousser chemin par crainte d’une tempête risquant d’engloutir les navires et de couper toute retraite vers le Continent. Une seconde invasion à lieu en 1281 et ce sont encore une fois les éléments qui ont raison des Mongols : un « vent divin » - ou « kamikaze » - les fait fuir. Cet ouragan détruit les bateaux mongols et des milliers de soldats chinois et coréens sont engloutis par les flots. Le Japon est sauvé, mais il reste toutefois marqué par ces événements ; à tel point que pendant de nombreuses années, le gouvernement du bakufu fait entretenir les fortifications et organise un service de garde des cotes.

 

A suivre...

21 septembre 2017

Brèves Philosophiques, pages 300 à 302 ; Foi et libre arbitre, première partie :

X2Je suis heureux de constater que mon article d'hier – un peu plus court que d'habitude, j'en conviens – concernant le fait que les différences nous enrichissent mutuellement, a un beaucoup de succès. Mais aussi, que beaucoup de commentaires de personnes également convaincues que nos différences nous apportent les uns aux autres, davantage qu'elles nous éloignent, l'ont initié.

Toujours dans cette optique, j'aimerai m'étendre sur un aspect que j'ai déjà légèrement abordé dans des textes antérieurs, mais qui n'est pas assez pris en compte à mon avis.

Mais tout d'abord, j'aimerai préciser ceci, parce qu'il semble que ce ne soit pas compris par certains et certaines : ce que je retranscris à l'intérieur de mes exposés est issu de me réflexions personnelles, philosophiques, spirituelles. Les notions que j'y évoque sont aussi issues de mes recherches dans tous les domaines que j'ai longuement étudié au cours de ces vingt dernières années.

J'ai dévoré des milliers de livres, visionné d'innombrables documentaires, débats, reportages. J'ai rencontré, échangé, polémiqué, délibéré, avec des gens de tous milieux, de toutes confessions – ou pas -, de tous niveaux socio-culturels, de toutes idéologies, de tous bords politiques, etc. J'ai voyagé aussi, à une certaine époque de ma vie, dans beaucoup de pays.

Bref, toutes ces expériences ont enrichi mon esprit de manières aussi diverses que variées. Elles m'ont amené à regarder le monde, l'Homme, sous des facettes multiples, passionnantes, fascinantes. Elles m'ont énormément apporté ; bien plus que je ne l'aurai imaginé au sortir de mon adolescence tourmentée. Je dirai même plus : les épreuves, les blessures, mon handicap, ma maladie, les souffrances, les moqueries, les rejets, etc. que j'ai enduré jusqu’à aujourd'hui, ont forcément contribué à cette construction intellectuelle et philosophique qui est la mienne.

Néanmoins, que nul ne se trompe. Je tiens à insister sur ce point, parce que certains et certaines n'assimilent pas cette donnée, lorsqu'ils lisent mes textes. Ce que je partage à l'intérieur de ceux-ci est issu de moi ; et uniquement de moi. Il s'agit de ma vision de l'Homme, du monde, de l'univers. Il s'agit de mes pensées, de mes savoirs, de mes expériences, de mes observations, ou de mes introspections. Il ne s'agit pas de « LA Vérité » ; il s'agirait plutôt de « MA vérité ». Je n'oblige personne à y adhérer, à l'accepter comme des lois divines gravées dans le marbre. Chacun y prend – ou pas – ce qu'il souhaite. Je partage uniquement ce que je pense être juste, censé, raisonnable, intéressant, passionnant, sujet de considération ou de critique.

Je ne suis pas « Dieu le père ». Je demeure humble face à l'étendue de mon ignorance et des erreurs, des fautes, que j'ai commises tout le long de mon existence ; que je commets encore régulièrement ; et que je commettrai encore dans l'avenir. Comme vous, comme nous tous d'ailleurs. Car nul sur cette Terre est infaillible, ou détient « LA Vérité ». Nul ne peux – et ne doit – se prévaloir que ses paroles, ses mots, ses textes, sont des dogmes entérinés et à respecter scrupuleusement.

 

A suivre...

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 898 à 899 / 1803

X1Marco Polo décrit ensuite Kubilay Khan, le lieu où il vit habituellement, ainsi que sa vie quotidienne : « C’est un homme de taille moyenne, bien fait, aux beaux yeux noirs. Il a quatre épouses en titre, qui lui ont donné vingt-deux garçons. L’aîné est destiné à régner. L’Empereur a aussi de nombreuses « amies », sélectionnées par des juges spéciaux parmi les plus belles femmes de la tribu tatare des Onggirat. Quant à son palais, c’est un vaste complexe de murailles et de bâtiments, occupé au centre par la résidence de l’Empereur. Les murs en sont couverts d’argent et d’or, ciselés de dragons, de lions et de jolies histoires de chevaliers amoureux. Les toits sont vernis de toutes les couleurs : vert, azur, jaune, et resplendissent comme des bijoux. Les jardins sont pleins d’arbres rares toujours verts et de bêtes étranges. L’anniversaire du khan est, avec le nouvel an chinois, la plus grande fête de l’année. L’Empereur et ses douze-mille gardes du corps s’habillent de soie colorée brodée d’or, de perles et de pierres précieuses. Le peuple apporte à Kubilay des présents et prie pour lui. C’est en ce jour que celui-ci distribue des récompenses, généralement des seigneuries. Le jour du nouvel an, tous les habitants du palais s’habillent de blanc, couleur porte-bonheur. Les courtisans s’inclinent devant leur souverain et un grand lion vient se prosterner aux pieds du khan. ».

 

Plus loin, Marco Polo dépeint aussi l’île de Cipango – le Japon -, ou « Pays du Soleil Levant ». Pour lui, celle-ci est peuplée de gens « blancs, de belles manières et beaux. Ils sont idolâtres… et ont surtout or en grandissime abondance. ». Polo décrit un palais couvert d’épaisses plaques d’or. Les perles abondent aussi, si bien qu’on en emplit la bouche des morts. Celles qui sont rouges, grosses et rondes ont apparemment plus de valeur que les perles blanches. Les pierres précieuses y sont aussi nombreuses. Or, ces richesses ne quittent pas l’île car, selon le narrateur, cette dernière est trop loin de tout. Les marchands ne s’y aventurent donc pas.

 

Dès sa parution, le livre connaît un immense succès et une large diffusion bien que, pour le grand public, il ne s’agisse là que de fabulations. Il faut dire que, obéissant aux pratiques de son temps, Marco Polo mêle étroitement réalisme et merveilleux ; et le lecteur, habitué aux exploits des licornes ou des Amazones, ne sait que penser de sa « liqueur huileuse » bonne à brûler – le pétrole -, ou de ses palais couverts de feuilles d’or – certains palais japonais. Parallèlement à ses observations, Marco fait part de ses états d’âme : né dans un siècle de croisade, il se sent le représentant des chrétiens auprès de l’Empereur de Chine. Isolé dans des pays peuplés d’infidèle, il veut voir en tout lieu des preuves miraculeuses de la supériorité de la religion chrétienne. Nourri des récits de l’Apocalypse et du retour du Christ, il cherche dans ses rencontres les signes de la fin des temps et de l’avènement d’un Monde meilleur. A ses yeux, la Grande Muraille est le rempart qui empêche les puissances du Mal d’envahir la Terre à l’approche de la fin…

 

La traversée de l’Asie, la rencontre avec Kubilay, la Chine renfermée sur ses mystères, les fleuves Jaune et Bleu, les parfums des épices, la découverte d’autres pays, encore inconnus – Viêt-Nam, Ceylan -, ces images accompagnent Marco tout le long de sa vie : le jeune adolescent qui a eu la chance inouïe non seulement de traverser la moitié du Monde pour vivre auprès d’un Empereur, mais encore d’en revenir, finit son existence en 1324 là où il l’a commencée, à Venise, comblé d’honneurs, entouré de son épouse et de ses trois filles.

 

Parallélement, la Birmanie et la Thaïlande sont peuplées de Môns, le Nord de la région étant aux mains des Thaïs, établis depuis longtemps au Yunnan, en Chine. Les influences chinoises sont très fortes au Vietnam et dans le Nord, tandis que tout le Sud est marqué par la culture Indienne.

 

Pourtant, l’infiltration des populations thaïes vers le Sud, par les vallées des grands fleuves, Ménam et Mékong, s’accélère quand, entre 1253 et 1257, les Mongols s’implantent au Yunnan. Les Thaïs fondent des villes en haute Birmanie et une partie d’entre eux commence à s’installer au Laos. Dans le bassin du Ménam, les nouveaux venus, qu’on appelle aussi « Siamois », chassent les Môns.

 

Le royaume du Pagan, de son coté, ébranlé par l’invasion mongole, connaît lui aussi une période de troubles et d’anarchie politique : le commerce stagne, la criminalité se répand dangereusement, les sectes Bouddhiques rompent leur vœu de pauvreté. Cette situation fait le jeu des envahisseurs thaïs, qui mettent fin à l’unité du pays. Les descendants d’Anoratha règnent désormais sur le Nord du pays, sous la tutelle des Thaïs ; le delta de l’Irrawaddy est le centre d’une principauté thaïe ; le royaume de Pegu, fondé par Wareru, s’empare de la Basse Birmanie. Ne reste vraiment birmane que la principauté de Toungoo, sur les rives du Sittang.

 

D’un autre coté enfin, entre 1260 et 1290, les Thaïs fondent donc dans cette région de petits royaumes, dont le plus important a pour capitale Sukhothai, où règne la première dynastie proprement siamoise issue d’un chef thaï, Bang Khang Tao. Le fils de Bang Khang Tao devient le roi Rama Kamheng, « le Puissant », conquérant et législateur. Selon la Tradition, c’est lui qui, en 1282, invente « dans son cœur » les caractères de l’écriture siamoise.

 

A suivre...


20 septembre 2017

Brèves Philosophiques, pages 299 à 300 ; Changement de Civilisation, quatrième partie :

X2De fait, lorsque je constate dans les nombreux groupes auxquels je participe, les idéologies, les points de vue, les pensées, qui y sont déployées, je me rends compte que les personnes qui les expriment ne prennent pas en compte ces aspects qui me paraissent, à mon humble avis, fondamentaux. Ils ne songent pas à ce qu'est véritablement l'évolution d'une civilisation ou d'une forme de société. Ils se rattachent à des façon d'envisager le monde sans en appréhender la complexité et les soubresauts. Ils supposent que ce qui est aujourd'hui ne peut se métamorphoser en autre chose. De la même manière que, jadis, le monde agricole ou ouvrier supposait que rien ne pourrait jamais les renverser.

Et, je le crois, c'est une terrible erreur, une faute fondamentale, de réagir ainsi. Je pense que tous ceux et toutes celles qui s'indignent, qui se révoltent, qui crient à l'injustice, qui s'enflamment parce que tel aspect de notre société se fissure ou s'effondre, sont aveuglés par des manières de voir le monde obsolètes.

Certes, je suis d'accord avec eux lorsque je constate nombre d'abérations, de méfaits, de ravages, qui en résultent. Moi qui suis handicapé, je suis le premier à m'en indigné puisqu'avant que je ne décide de devenir écrivain à plein temps, j'ai longtemps été à la recherche d'un emploi après avoir quitté mon poste à l’Éducation Nationale. Enfin, quitter !!! C'est surtout que du fait de mon handicap, on a considéré que je n'étais pas apte aux travaux et au rythme frénétique, qui y étaient la norme. Cependant, j'en ai pris acte et me suis réorienté vers la vocation qui a toujours été la mienne. Si je m'étais accroché désespérément à ces illusions, je suis convaincu que j'aurai été broyé par le système.

Dès lors, il est davantage utile et nécessaire d'accompagner les transformations de notre société, plutôt que de les critiquer ou de les craindre. Il est davantage utile et nécessaire de s'y adapter, d'en tirer le meilleur parti, plutôt que de râler – en bons français que nous sommes – après les épreuves que celles-ci nous infligent.

D'autant qu'il ne fait aucun doute que ces modifications de pans entiers de notre mode de vie vont s'accentuer dans les années et les décennies à venir. Songez au jour où nous assisterons à la fin de « l’Ère du Tout pétrole » ; d'ici un petit cinquantenaire. Evidemment, les plus anciens d'entre nous ne seront certainement pas les témoins du terme de cet Age industriel débuté au début du 19e siècle. Mais beaucoup vont le vivre. Or nul ne s'imagine quelles conséquences cela va avoir sur l'ensemble de notre civilisation. Et cette transition sera définitive, sans retour en arrière, avec un retentissement sans commune mesure avec ce après quoi nous nous élevons en ce moment. Ce après quoi nous protestons, ce après quoi nous nous plaignons, n'est rien comparé à cela.

 

A suivre...

Mémoires, pages 44 à 46 / 311

124Jusqu’à présent, j'ai relaté quelques uns des épisodes les plus marquants m'ayant amené à connaître l'univers des livres dont vous êtes le héros. Dans un autre registre, attardons nous sur un lieu qui m'est particulièrement cher. Certes, les livres dont vous êtes le héros ont eu un rôle déterminant sur ma Destinée. Mais d'autres faits, parfois insignifiants, m'ont marqué au fer rouge. Et parmi ceux-ci, mes séjours dans le Doubs, au sein de notre propriété familiale. C'est à elle que je vais consacrer mes trois prochains chapitres ; avant de reprendre le déroulé des événements survenus à l'aube de mes « Années Noires ».

De ma naissance – pratiquement – à 1991 et le moment où j'ai quitté le nid familial pour mener ma propre existence, j'ai passé la grande majorité de mes vacances d'Hiver et de mes vacances d’Été dans le Doubs. J'y ai ensuite séjourné de deux semaines à un mois entre 1992 et 2007 en quelques occasions.

Aux limites de ce département, à moins d'une quinzaine de kilomètres de la frontière Suisse, se trouve notre héritage matriarcal. Et quand je dis « matriarcal », c'est parce que, aussi loin que remontent mes souvenirs d'enfant, mes arrières grands-parents maternels y ont vécu. C'est parce que mes grands-parents y ont habité durant une bonne partie de leur retraite. C'est parce que ma mère – et parfois mon père – y est allé en ma compagnie, de celle de ma sœur, et de celle de mon petit-frère. L'ultime fois où j'y ai résidé, c'est en 2007, au décès de mon grand-père maternel. Et j'avoue que, parfois, cet endroit me manque.

C'est certainement là que se sont déroulés quelques uns des plus beaux moments de mon existence. De ceux qui restent ancrés en nous jusqu’à la fin de nos jours. De ceux que nous protégeons comme des joyaux à la valeur inestimable.

En fait, c'est mon grand-père maternel qui était originaire de cette région. Ma grand-mère maternelle, elle, est née dans la région lyonnaise. Elle a rencontré mon grand-père durant la Seconde Guerre Mondiale, et c'est à l'issue de ce conflit que celui-ci le la lui a fait connaître. Mais chacun reste profondément attaché à ses racines. Et ma grand-mère n'a jamais véritablement apprécié le Doubs. En Hiver, les températures y descendaient bien au-dessous de zéro assez souvent. C'était parfois enneigé d'Octobre à Mai. Certes, aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Le réchauffement climatique y a laissé son empreinte, comme partout ailleurs sur la planète. Pourtant, il est vrai que les conditions atmosphériques peuvent s'y avérer rudes, la neige y être abondante. Et même si ce n'est pas aussi fréquent que jadis, ces périodes de frimas sont susceptibles de marquer les esprits.

Or, ma grand-mère a toujours détesté le froid. Mes grands-parents ont, deux décennies durant, vécu en Afrique après la fin de la guerre. C'est à Dakar que ma mère est venu au monde. Ils y travaillaient pour une société de forage pétrolier ou gazier dont les puits étaient disséminés dans l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest. C'était alors la pleine période de la Décolonisation. Et, en tant qu'expatriés, ils y ont eu une vie très agréable : location de villa, employés de maisons, transports, voyages, aux frais de leur entreprise. Je suis convaincu – malgré qu'ils n'en parlaient pas énormément – qu'ils ont considéré cette vingtaine d'années comme un Age d'Or. Et je suis persuadé que c'est avec regret qu'ils sont revenus en France au milieu des années soixante.

Quand j'observe ma grand-mère à son insu - elle est encore vivante et loge avec ma mère depuis la mort de mon grand-père – elle a parfois les yeux vides. Je suis sûr qu'elle se remémore des épisodes heureux d'alors.

Les décades ultérieures, jusqu’à actuellement, ont connu de grands bouleversements, c'est vrai ! La société a changé, les mentalités aussi. La technologie s'est implantée en force dans la grande majorité des foyers français ou d'ailleurs. Les Trente Glorieuses sont révolues, et nous subissons désormais crises financières, crises écologiques, crises de l'Emploi, etc. Le « Temps des Colonies », pour reprendre le titre d'une chanson de Michel Sardou, n'est plus qu'un lointain souvenir. Et ma grand-mère est complètement perdue face à toutes ces métamorphoses. Elle se raccroche désespérément, ainsi que le font généralement toutes les personnes de son age, à cette ère insouciante et sans problèmes qu'était celle de sa jeunesse : trente ans où le plein emploi était une réalité, où la France possédait des territoires sur tous les continents, et où la population s'enrichissait aisément.

A suivre...

19 septembre 2017

Brèves Philosophiques, pages 297 à 299 ; Changement de Civilisation, troisième partie :

X2Un exemple tout simple qui, je l'imagine, va faire grincer des dents à plus d'un : En 2016, le monde est à l'aube de l’Ère « tout-technologies ». Est-ce un bien, est-ce un mal. Pour moi, ce n'est pas la question essentielle.

Pour répondre aux gens qui me la poseraient quand mème, je leur dirai ceci : Chaque transformation en profondeur de notre société a ses bons et ses mauvais cotés. C'est indéniable. Les uns ne vont pas sans les autres. Ce n'est pas pour autant que cela l'a défendu d'évoluer. En tout état de cause, jusqu'aux années quatre-vingt environs, la France était un pays « industriel », où le monde ouvrier était prépondérant. Depuis, les usines ont fermé les unes après les autres ; elles ont souvent été délocalisées pour accroître leur rentabilité. C'est triste, c'est malheureux, c'est injuste, etc. Je suis d'accord. Mais c'est ainsi que nous avons choisi de faire évoluer notre modèle de société. Des centaines de milliers d'emplois ont été perdu ; le néo-capitalisme est passé par là.

Avant cela, pendant, et maintenant encore, c'est le monde rural, l'agriculture, qui a subi de gigantesques bouleversements. Il ne faut pas oublier qu'il y a un siècle, les trois-quart de la population française était issue du monde paysan. Et lui aussi a disparu avant que le monde ouvrier ne périclite à son tour.

Désormais, Internet, les technologies de l'information, la robotique, la domotique, les énergies alternatives, j'en passe, supplantent progressivement tout ce à quoi notre société était habituée depuis des générations. Un nouvel univers se créé, tandis que nous assistons à la lente agonie du mode de vie socio-culturel qui a été le notre. Et ni les politique, ni les peuples qui en font les frais, ni les religions qui tentent – comme toujours vainement et sans résultat – de le réprimer, n'y peuvent rien.

L'Islamisme, comme jadis le Catholicisme tout puissant – est une ultime bataille déjà perdue pour l’empêcher. Or, nul ne peut l'entraver. Quand j'y réfléchis, d'ailleurs, je me demande si l'Islam ne vas pas y laisser des plumes ; comme le Christianisme autrefois lorsque ce dernier a mené son ultime combat contre la laïcité au début du 20e siècle en France. Il est en outre à constater que les vocations en ce qui concerne la prêtrise, que les églises ont de plus en plus été désertées, au fur et à mesure que l’Église s'est crispé sur ses dogmes et ses textes poussiéreux et archaïques. Cela ne me surprendrait pas que dans les décennies à venir, que ce soit en France ou ailleurs, l'Islam connaisse le même destin.

 

A suivre...

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 896 à 898 / 1803

X1Asie du Sud-Est, XIIIème siècle :

 

A cette époque, la magie de l’Orient se répand dans toute l’Europe, surtout celle des marchands, qui voient à l’Est un avenir prometteur de richesses. De grands voyages sont entrepris vers Chypre, Constantinople, la Mer Noire et au-delà. C’est dans cette atmosphère si prenante, que naît en 1254, Marco Polo, au sein d’une famille de marchands vénitiens.

 

Car, depuis longtemps, la Cité des Doges est à la pointe du commerce européen. Contrôlant les routes de la soie et de la fourrure, elle exerce un véritable monopole sur les échanges en Mer Noire. La République sérénissime engrange les dividendes des bouleversements économiques. Sa flotte, déjà importante, bénéficie de nouveaux perfectionnements, comme la boussole, l’astrolabe et le gouvernail d’étambot. Les Vénitiens frappe une forte monnaie d’or, le ducat, et sont, de fait, les banquiers d’une bonne partie de l’Europe. Ce sont eux que l’Empire Byzantin a appelé au secours contre les menaces des Slaves, des Russes et des Turcs ; c’est encore Venise qui à poussé les seigneurs occidentaux à participer aux croisades contre les hérétiques que sont les Turcs, à partir de 1204.

 

Comme beaucoup d’autres, de nature entreprenante, les Polo sont fascinés par l’Orient. Un des oncles de Marco – Marco Polo le Vieux – vit à Constantinople. Il y possède une maison de commerce et a ouvert une « succursale » à Soudak, en Crimée, que le père de Marco, Niccolo, et Mattéo, un troisième frère, décident de prendre en main en 1260. Tous deux se retrouvent sur la Route des fourrures, aux frontières du pays des Mongols de la Horde d’Or. Ils n’hésitent pas à s’enfoncer dans ces territoires pour aller chercher des marchandises. Mais, en 1261, ils ne peuvent retourner chez eux. D’une part, la guerre éclate entre les princes mongols, et, d’autre part, les Génois, rivaux des Vénitiens, occupent désormais la Mer Noire. Les frères Polo sont donc contraints de continuer sur la Route de la Soie. Ils séjournent à Boukhara depuis trois ans lorsque, en 1265, un envoyé de l’Empereur de Chine les conduit à Pékin à la cour de Kubilay Khan, fondateur de la dynastie mongole des Yuan.

 

Kubilay est curieux de ce qui se passe en Europe. Lorsqu’il reçoit les Polo, il leur pose de nombreuses questions puis les renvoie à Venise avec une lettre pour le pape, demandant cent savants pour enseigner la doctrine chrétienne. Les Polo mettent trois ans pour rentrer. Ils apprennent en arrivant que le pape est mort. A Venise, Niccolo retrouve sa femme et son fils Marco, âgé de quinze ans. Niccolo et Mattéo repartent pour l’Asie dès 1271, emportant des cadeaux et un message du nouveau pape. En guise de docteurs en théologie, ils n’obtiennent que deux pauvres moines qui s’enfuient par crainte du voyage ; mais ils emmènent avec eux une recrue de choix : le jeune Marco. Après avoir traversé les hauts plateaux de l’Anatolie, l’Iran, l’Afghanistan et le Pamir, ils atteignent le Turkestan chinois et enfin Pékin, après quatre ans de voyage.

 

L’Empereur Kubilay les reçoit avec empressement et leur propose même de rester à son service. En effet, dans cette Chine récemment conquise, les Mongols préfèrent écarter systématiquement du pouvoir l’élite chinoise et employer des fonctionnaires étrangers. Les Polo restent dix-sept ans en Chine, pendant lesquels Marco a tout loisir de découvrir et d’étudier le pays. Il a cependant peu de contacts directs avec les Chinois, ne connaissant ni leur langue ni leur écriture, comme la plupart des fonctionnaires attachés à la maison du khan. En effet, dans l’administration officielle, on utilise le persan ou le mongol, deux langues que Marco pratique couramment. Il effectue donc des missions en Chine du Sud-Ouest, dans le Jiangsu, à Ceylan et également au Viêt-Nam, dans le royaume du Champa.

 

Employés par la bureaucratie chinoise, les Polo sont à l’abri du besoin et jouissent de la protection du khan. Cependant, ils ne sont pas tout à fait libres de leurs mouvements et doivent attendre que l’Empereur leur confie une mission diplomatique pour pouvoir enfin rentrer chez eux.

 

En 1291 donc, les Polo sont autorisés à quitter l’Empire Yuan pour accompagner une princesse du clan des Kubilay en Perse, pays dont elle doit épouser le khan. Le voyage est long et périlleux à travers les mers du Sud, et l’Empereur fait confiance aux Vénitiens pour protéger la jeune fille et la mener à bon port. Ceux-ci y parviennent malgré la perte de la plupart des membres u convoi et les difficultés rencontrées tout le long du périple. Lorsque les voyageurs arrivent enfin à destination, ils apprennent la mort du fiancé et celle de Kubilay. Néanmoins, leur mission est remplie et, en 1295, ils font route vers Venise. Heureux de retrouver enfin le sol natal, Marco Polo déchante aussitôt : la guerre que se livrent, à nouveau, Venise et Gènes le jette dans les geôles ennemies. Il profite de ses trois ans de captivité pour raconter son expérience chinoise, le hasard lui ayant donné pour compagnon de cellule un romancier à la mode, Rusticien de Pise, qui transcrit docilement, en français, ses Mémoires.

 

Puis, après sa libération, Marco complète cette ébauche, qui devient « le Livre des Merveilles du Monde ». L’ouvrage se divise alors en trois parties : le premier et le deuxième livre décrivent les régions orientales, le troisième est consacré à l’Inde. Connaissant particulièrement bien l’Empire Yuan, Marco développe l’histoire de la dynastie au pouvoir, explique le fonctionnement militaire et économique du pays.

 

A suivre...

18 septembre 2017

Brèves Philosophiques, pages 296 à 297 ; Changement de Civilisation, seconde partie :

X2Depuis l'Aube de l'Humanité, et plus particulièrement les débuts de la civilisation telle que nous la connaissons – il y a plus de 5000 ans maintenant -, l'Homme a suivi un chemin long et difficile. Sa route a été semée d'épreuves, de cataclysmes, de guerres, d'épidémies. Des modes de civilisation, des religions, des idéologies, des traditions, etc. sont nées, ont grandi, se sont épanoui, puis ont régressé, avant de s'éteindre ou de se métamorphoser en autre chose.

Cela a été vrai hier, c'est vrai aujourd'hui, ce sera encore vrai demain. Celui ou celle qui croit que le monde actuel est destiné à demeurer figé tel qu'il est commet une grave erreur. Pire, il commet, non seulement une faute, mais c'est quelqu'un qui se fera inévitablement broyer par les soubresauts de l'Histoire auxquels il devra tôt ou tard faire face. Il ne faut jamais sous-estimer ces derniers. Car, parfois, ils sont imperceptibles, lents, progressifs, et s'étalent sur des dizaines ou des centaines d'années. Cependant, parfois aussi, ils sont subits, brutaux, renversant tout sur leur passage. C'est ainsi…

Le monde d'aujourd'hui ne ressemble plus à celui qui existait il y a dix ans, vingt ans. Il ne ressemble plus non plus à celui de nos parents ; et encore moins à celui de nos grands-parents. Et que dire de celui de nos ancêtres. L'évolution de celui-ci – qu'on estime que cela soit en bien ou en mal ; et quel que soit le sujet ou le domaine abordé – est irrépressible, inévitable. Il ne peut être ni freiné, ni régulé, et encore moins stoppé.

Que l'on pense qu'il y ait des abus, des injustices, des horreurs, des souffrances, des malheurs, nul ne peut le nier. Mais, heureusement, le monde n'est pas que cela : on peut également y trouver de l'amour, du partage, de l'intelligence, de la connaissance, de la beauté, de la passion, de l'espoir.

Et, là, je ne parle pas de religion. Puisque même si ces dernières prônent ces préceptes depuis qu'elles sont nées, ceux et celles qui s'y soumettent – et plus spécifiquement ceux et celles qui érigent leurs dogmes en vérité universelle – sont, depuis les débuts de la civilisation, les groupes d'individus qui ont engendré le plus de guerre, de massacres, de violences, et d'intolérance, aux quatre coins du monde.

A elles seules, les trois religions monothéistes qui sont à la base de nos modèles de sociétés, ont tué cent fois plus de personnes – davantage ? - que la première et la seconde guerre mondiale réunies. Elles ont édifié des totalitarismes – Inquisition, Islamisme, fanatiques de tous bords – plus dévastateurs que le Fascisme, le Nazisme, et le Communisme.

Par ailleurs, comme je l'ai déjà mentionné dans d'autres textes, notre modèle de société est en perpétuelle mutation. Le craindre, le refuser, le condamner, ne sert à rien. L'Histoire l'a à maintes reprises prouvé. Les hommes et les femmes qui n'en n'ont pas conscience sont d'ores et déjà condamnés.

 

A suivre...