Mes Univers

Quand le Mythe rejoint l'Histoire, il y a un Instant Magique où la Réalité n'existe plus que pour ètre emportée par le Souffle d'une Légendaire Epopée...

10 février 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 144 - 150

x_zeus_jAsie, Fin de l’Age de la transition :

Les clans d’Atlantes implantés dans le Sud-Est Asiatique, et métamorphosés en Etres Humains à part entière donnent donc naissance à de nouvelles sortes de Populations. En effet, peu à peu, des différenciations se font jour entre celles qui habitent au Sud, et celles qui se sont fixées au Nord de la chine. Elles se spécifient davantage lorsqu’elles se mettent à inventer de Cultures Inédites à l’intérieur des zones Ecologiques nées après la fin des dernières Grandes Glaciations.   

C’est à ce moment là que certaines de leurs tribus – désormais appelées « Aryennes » se dirigent vers l’Inde. Elles y pénètrent, conduites par un chef énergique, Rhaÿm, et accompagnées par l’Objet Mythique que celui-ci détient depuis qu’il a fui l’Argatha. Elles font ensuite la guerre au peuple des Dasas, une communauté humaine qui s’y est établie depuis quelques temps. Puis, elle le vainc sur les bords de la rivière Ravi ; détruisant grâce à un grand feu sacré, sa capitale Narmini. Mais, quand ils prennent des femmes chez les populations conquises, leur sang vénérable se mêle à celui des Dasas. Et, enfin, ils se propagent plus profondément dans la région.

Au cours de leur avancée en Inde, les Aryens rencontrent plusieurs fois sur leur route de grands monticules de terre ; ils s’imaginent alors que ceux-ci désignent les emplacements des tombeaux des Géants ayant autrefois habité le Monde. A force de les rencontrer, et d’être au contact de l’Artefact, les souvenirs les plus lointains de leurs origines remontent à la surface. Leur mémoire ancestrale se réveille. Pour ne pas les oublier, ils se mettent donc bientôt à les rédiger ; et font ressurgir ce passé nébuleux dans un ensemble de textes plus ou moins Mythiques où les Dieux et les Demi-Dieux ensevelis dans les caveaux sont les Seigneurs du Monde et les Créateurs de l’Univers. Ils nomment leurs ouvrages « Védas » - les « Livres » en Aryen - ; lesquels deviennent peu à peu les Recueils Sacrés, les témoins grandioses de ce qui est advenu des avatars et des surhommes rescapés de l’Atlantyde.

Après le décès de Rhaÿm pourtant, les Védas sont rangés avec la relique ancestrale que celui-ci a confié ses Frères ; il leur a en effet donné pour mission de poursuivre leur Marche conquérante en diffusant les Savoirs et les Mystères contenus à l’intérieur de ces derniers ; mais aussi d’utiliser avec Sagesse les Pouvoirs incommensurables de l’Objet Mythique qu’il a dérobé au Roi du Monde. Car, leur a t’il dit avant de mourir, cette Relique est toujours liée d’une manière mystérieuse aux Sciences Magiques des Géants. Certaines leur ont été de nouveau révélées parce que leurs lointains ancêtres font parti de la même famille que ceux-ci, et que leur mémoire s’est légèrement rétablie. Mais ils doivent être prudents puisqu’elles sont aussi éminemment dangereuses, destructrices si on n’y prend pas garde.

Dès lors, en même temps qu’ils colonisent l’Inde, les Aryens diffusent auprès des populations autochtones quelques Connaissances de base : ils enseignent la pratique de la lecture et de l’écriture, le minage.

Quelques centaines d’années plus tard, les Aryens repartent en quête d’autres territoires. Ils se mettent donc à parcourir les steppes orientales russes, puis à franchir les déserts d’Irak. Ils finissent par s’arrêter en Iran, dans les alentours de la future cité d’Ur. Le lieu leur semble en effet propice à l’érection d’un Sanctuaire dédié à la gloire de leurs Aïeux ; et dans lequel ils pourront déposer leur Objet Mythique et leurs Livre Sacrés. C’est ainsi que des relations commerciales commencent à s’établir entre les tribus Aryennes vivant sur les rives du Tigre et de l’Euphrate, et celles habitant toujours la vallée de l’Indus.

Europe, Fin de l’Age de la transition :

Plusieurs tribus, désormais « Aryennes » quittant l’Inde et longeant les plaines du Sud de la russie se dirigent, quant à elles, vers le Caucase. Elles dépassent l’Ob, l’Oural et la baikalie. Elles longent les fleuves de l’Asie Mineure, puis s’avancent en Europe orientale. Elles arrivent finalement devant les plages bordant le grand océan Atlantique, à l’extrême pointe de la péninsule Ibérique, de la bretagne, et de l’Irlande.

Dès lors, les populations qui atteignent la péninsule Ibérique, s’y installent. Et elles se mettent à camper à l’intérieur de grottes et d’abris sous roche. D’autres continuent de suivre les troupeaux de gros mammifères qu’elles ont l’habitude de chasser – rennes, loups, bisons, chevaux, lynx, ou ours brun. Elles se dispersent à travers toute l’Europe Centrale. Elles se répandent en Pologne, en Tchécoslovaquie, ou en Hongrie. Elles s’aventurent jusqu’aux pieds des Glaciers qui forment leur frontière Septentrionale. Elles parcourent les steppes arides et désertiques qui les bordent. Elles y changent peu à peu leurs mœurs alimentaires en y mangeant de la viande de rhinocéros, de cerf, d’éléphant, ou en se nourrissant d’œufs d’oiseaux, de fruits, et de baies. Elles s’y acclimatent remarquablement ; avant d’y élaborer une industrie primitive leur permettant de survivre plus aisément. Tandis que d’autres, traversent la méditerranée, avant de pénétrer dans les profondeurs du Continent Africain ; ou que d’autres, enfin, franchissent les parties émergées de la manche et de la mer du Nord reliant la grande-Bretagne au Continent proprement dit, tout en se rassasiant à l’aide de castors, de brochets, de baleines, et de merlus. 

En tout cas, tous ses clans affrontent une période de grands froids, dite de Würm. Et ils voient le niveau des mers baisser aux alentours des cotes où ils se fixent.

Puis, à l’issue de cette Ere, ils sont une fois de plus obligés de faire face à de nouveaux milieux écologiques. Et ils n’ont pas d’autre choix que de développer des cultures distinctes les unes des autres. En effet, certains observent que les forêts recommencent à s’étendre, que nombre d’espèces animales sont en train de disparaître. Ils ont l’impression que le froid est moins intense, que l’océan submerge d’innombrables hauteurs autrefois très dégagées.

De fait, ils décident de multiplier les stations en plein air. Ils inaugurent des coutumes inédites, comme celle d’ensevelir les morts au cœur de sépultures familiales. Parfois, ils acceptent de creuser des nécropoles individuelles. Ils y sculptent alors des représentations schématiques. Ils y observent des Rites Cannibales en rapport avec la croyance en un Au-Delà. Ils y confectionnent des objets recouverts de Signes Symboliques tracés à l’ocre rouge. Et c’est ainsi que leur épanouissement artistique atteint son apogée.   

Malgré tout, plusieurs formes de sociétés s’éteignent bientôt. La culture Taubarnienne – établie en Allemagne, en Suisse, en Tchécoslovaquie, en Dalmatie, en Roumanie, en Ukraine, en Hongrie, en Bulgarie, et en Anatolie - s’estompe ; tandis que celle de la région de Koulna et de Valdaï – dite, Moustérienne – se sédentarise, exploite de nouveaux territoires, puis s’épuise.

Or, en Allemagne, en Suisse, en Tchécoslovaquie, et en Ukraine, cette dernière ne meurt pas tout à fait : elle réussit l’exploit de muer. Grâce aux grottes montagneuses qu’ils utilisent, les hommes issus d’elle, en élaborent une autre ; nommée « Gravetienne ». Ils établissent ensuite des contacts avec des tribus plus ou moins éloignées. Ils entrent en relation avec des peuplades installées en Roumanie, en Hongrie, en Bulgarie, ou en Anatolie. En leur compagnie, ils se mettent à chasser le cheval, le renard rouge, le renne, le cerf noble, le loup, le glouton, ou l’ours. Ils mêlent des rudiments de leur culture avec des doctrines nées avec la culture Taubarnienne. Puis, ils les remodèlent. Ils les métamorphosent en doctrines fondamentales d’une Société inédite : celle de Ferdermesser. 

Au début du XIème millénaire avant J.C., les animaux qui se sont autrefois adaptés aux basses températures Européennes – comme le rhinocéros laineux ou le mammouth – disparaissent ; tandis que le cheval, le renne, le lièvre, les oiseaux, se mettent à y proliférer. Les hommes, eux, une fois de plus, changent aussi. Au Nord, dans les steppes du Caucase, ils commencent à chasser les bisons, les bouquetins, les saïgas, et les cerfs géants. Ceux qui se trouvent en Grande-Bretagne, en Irlande, et dans les Hybrides, se rabattent vers les ours des cavernes, les chevaux, ou les lions ; ou, ils cherchent à exploiter intensivement les produits de la mer. 

Groenland, Fin de l’Age de la transition :

De leur coté, quelques Clans d’Aryens se mettent en quête de traces de leur Contrée d’origine. Et, se guidant à l’aide de vagues indications que les Livres leur ont fourni, ils quittent à leur tour l’Inde. Ils remontent à travers les steppes Mongoles, puis les déserts sibériens. Ils atteignent dès lors le Grand Nord, ses océans gelés et ses blocs de glace monumentaux.

Pourtant, au cours de leurs nombreuses pérégrinations, les Aryens ne retrouvent aucun vestige de la civilisation dont ils sont les ultimes descendants. Malgré leur passage dans des contrées qui ressemblent étrangement à ce qui leur a été décrit du pays des Géants, ils ne découvrent rien. Alors, lorsqu’ils entrent sur les territoires septentrionaux et qu’ils croisent de plus en plus de grottes et de gouffres béants sur leur trajet, ils s’y enfoncent pour les explorer ; et disparaissent à tout jamais de la surface du Monde.    

Tous les Continents, Fin de l’Age de la transition :

Au cours de cette période Obscure de l’Histoire des Hommes, aucune chronique n’est écrite. En fait, pendant 5000 ou 6000 ans, les Hommes s’attachent à repeupler la terre pendant que certains changements climatiques finissent de s’opérer. Quelques soubresauts mineurs de la croûte terrestre terminent en effet les transformations de plusieurs zones géographiques localisées. Et la plupart du temps, il s’agit surtout de tremblements de terre ou d’éruptions volcaniques. Mais ce n’est rien de véritablement conséquent ; ils n’ont pas grand chose à voir avec ceux du passé. Les plus significatifs se produisant 11000, 18000 et 41000 ans après l’engloutissement de l’Atlantyde. Leurs ultimes conséquences se faisant ressentir jusqu’au cœur de l’Age actuel.

Dans l’océan Pacifique, parfois, des terres émergent entre la nouvelle-Guinée et le Nord de l’Australie. Pendant quelques centaines d’années, les deux îles sont même reliées entre elles par un pont continental.

C’est à ce moment là que des dizaines de tribus humaines se mettent à quitter l’Asie du Sud-Est. A l’aide d’embarcations légères, elles commencent par explorer les îles les plus proches de leur lieu de départ. Puis, peu à peu, elles vont de plus en plus loin. Et elles trouvent sur leurs chemins d’innombrables contrées émergées sur lesquelles elles implantent de nouvelles colonies. Tandis que, finalement, elles parviennent aux abords de l’Australie et y débarquent en deux endroits : d’une part, au Nord de Kimberley, et d’autre part, au Sud d’Ahrem. Ce n’est qu’ensuite qu’elles se séparent définitivement en plusieurs groupes ; qui se décomposent eux mêmes en bandes désorganisées.

Ces groupes pénètrent ainsi plus profondément vers l’intérieur des terres. Ils atteignent le Grand Lac. Et, après de longues pérégrinations, ils atteignent la rive opposée du Continent.

Les Cataclysmes de portée majeure s’espacent donc, puis finissent par disparaître. Dès lors, vers 10000 avant notre Ere, le dégel de la planète s’accentue. Le globe se réveille de sa période d’hibernation. Les zones gelées recouvrant la plupart de ses territoires commencent à diminuer. Leur recul s’accélère. Dans les deux hémisphères, ses calottes se retirent jusqu'à leurs emplacements actuels.

En moins de mille ans, des millions de km² de glace fondent. Et un énorme volume supplémentaire d’humidité s’accumule dans l’atmosphère. Celui-ci s’évapore bientôt, déversant des pluies diluviennes qui contribuent à élever le niveau de la mer. Très rapidement, de nombreuses régions côtières de l’Afrique, de l’Asie, de l’Amérique ou de l’Europe se retrouvent submergées ; tels les ponts reliant l’Amérique à l’Asie, l’île de Madagascar à l’Afrique ou les îles de l’Océanie à l’Australie d’un coté et à l’Asie du Sud-Est de l’autre. Leurs habitants, ne pouvant plus revenir en arrière, vivent longtemps cette situation comme une véritable calamité : ils se retrouvent totalement isolés du reste du Monde.

Dès lors, de nouveaux, de nombreux séismes s’ensuivent : certains ravagent le bassin oriental de la méditerranée. Ailleurs, de la chaîne de l’Anti-Liban jusqu’au golfe d’Akaba, l’ultime tassement de l’écorce terrestre provoque l’affaissement de la vallée du Jourdain. D’autres terres encore, au sud de ce plateau se surélèvent ; ou, plus tard, le volcan Théra explose. Certaines cotes bretonnes sont englouties par la mer en furie.

Les répercussions de ces événements s’étendront même tout au long de l’Ere Historique puisqu’en 1639-1642 les explosions de l’Hécla et du Terror en Antarctique coïncideront avec le réveil brutal de l’Etna en Sicile ; qu’en 1721-1725, presque tous les volcans Islandais entreront en éruption au même moment ; et qu’en 1755-1756, la terre tremblera en Norvège, en Suède, en France et en Allemagne. Par ailleurs, un peu plus tard, au Portugal, la plus grande partie de la ville de Lisbonne sera rayée de la carte par des vagues atteignant dix mètres de hauteur. En 1819, un violent tremblement de terre surviendra dans la vallée de l’Indus. En 1822 et 1853, les cotes du Chili s’élèveront brutalement de neuf mètres. Enfin, en 1876, aux abords de l’archipel créole, l’île de Tuanaki sombrera avec ses 1300 habitants. En tout cas, ces mouvements finiront de bouleverser le climat et la physionomie de ces quelques territoires épars.

Paradoxalement, la fonte des glaces provoque un peu partout la renaissance subite de la végétation ; et le Continent Africain est le principal à en bénéficier. Les inondations atteignant leur maximum d’intensité l’ayant dévasté, les forêts, les savanes, les plaines reviennent prendre leurs places. Les toundras et les steppes neigeuses disparaissent peu à peu. Les feuillus et les conifères apparaissent, les animaux des temps glaciaires comme les mammouths meurent. Ses ressources alimentaires se multiplient à l’envi ; elles provoquent un rapide accroissement de la faune animale. Les Etres Humains sur son sol vivent le même processus ; et leurs populations atteignent bientôt plusieurs centaines de personnes. Car la recherche de nourriture est moins difficile. Et ils commencent à s’interroger sur la meilleure façon de capturer les proies dont ils ont besoin pour subsister.

Les tribus barbares et Aryennes d’Afrique du Nord, comme tant d’autres, se déplacent beaucoup pour chasser leur gibier ; même si elles gardent des points fixes très importants sur leur route. Mais, lentement, plutôt que de tuer leurs victimes, elles font en sorte d’en capturer certaines vives. L’animal entre alors dans leurs nouvelles conquêtes ; en le parquant un temps dans des enclos pour prévenir au manque possible de mangeaille. Le mouton, le bœuf et le bœuf leur fournissent la viande indispensable à leur alimentation quotidienne. La chèvre leur apporte un lait extrêmement nutritif. Elles se mettent aussi à les utiliser comme bêtes de somme ; tandis qu’elles domestiquent le chien pour en faire un gardien fidèle de leurs troupeaux.

En même temps, la qualité du milieu où elles vivent permet à des groupes de plus en plus structurés de voir le jour. Elles s’organisent en clans de pasteurs et de guerriers redoutables. Elles s’établissent en certains lieux propices à leur développement en moyenne pendant un demi-siècle ; la période nécessaire pour fonder de nouvelles familles au sein de la communauté. La précarité restant la règle, chaque naissance augmente leurs chances de survie. Elle est en outre un bon moyen de se prémunir des périls qui les guettent dans leur environnement quotidien.

Dès qu’une tribu dépasse une centaine de personnes, des tendances agressives voient pourtant le jour. Certains commencent à avoir du mal à se supporter. Les germes de la conquête et de la guerre se manifestent. Et, accompagnés de leurs familles et de leurs animaux domestiques, ils quittent le groupe initial. Ils partent de leur coté à la recherche d’autres territoires où habiter.

Cette demande de protection face à une nature le plus souvent hostile demande aussi une spécialisation plus prononcée qu’auparavant des personnes à l’intérieur du camp. Un embryon d’ordre social se dessine. Le couple apparaît, le système économique aussi. Des manières différentes de se comporter naissent ; par exemple quand l’Homme a ses cheptels à portée de main et qu’il est plus libre ; ou lorsque la femme, moins retenue par ses enfants ou ses travaux domestiques, s’occupe de la cueillette. De ce fait, cette dernière acquiert une connaissance très particulière du milieu végétal. En le récoltant, en l’examinant, elle se livre à des expériences. Elle use d’une sorte de bricolage horticole ; et s’aperçoit bientôt que le sol abrite des graines qui se changent en racines ; et que celles-ci font naître des plantes comestibles pour la communauté. Elle se met alors à semer, à récolter ; tandis que l’Homme s’occupe des grands travaux de déforestation ou de préparation de la terre. Rapidement, la culture du blé se met en place ; elle lui ouvre de nouveaux horizons avec la cuisson du pain ou la bouillie de céréales ; qui enrichissent désormais une alimentation carnassière et laitière fade et sans saveur.

Ces nouvelles manières de procéder tissent un lien étroit entre l’Homme et les ressources du sol. La terre et la femme procréatrice sont maintenant considérées par lui comme deux notions voisines. La première met en effet à sa disposition des graminées nourrissant la faune toute entière. La seconde est la mère absolue ; le symbole de toutes les opulences. Elles deviennent alors – progressivement et lentement - toutes deux, les divinités incarnant la fertilité et la vie. Il les représente donc tout d’abord par des figurines aux fonctions génésiques importantes ; comme des sculptures mi-humaines et mi-animales assises avec majesté, posant leurs mains protectrices sur le crâne de fauves de pierre. Puis, des Dames des Montagnes, des Déesses Oiseaux ou des Déesses Fauves apparaissent pour garantir les funérailles du personnage marquant de la tribu. Elles légitiment sa longévité et l’existence du défunt dans l’Au-delà. Elles sont donc enterrées avec lui dans des grottes isolées, le visage tourné vers l’Ouest. Avant de l’accompagner, ensuite, de tablettes aux dessins compliqués aux formes de panthères ou de léopards.

Lorsque ces représentations commencent à se multiplier, elles sont en outre peu à peu assimilées à l’antique culte de la grande Déesse Mère – appelée parfois Dana par quelques peuplades disparates d’Occident -. Celui-ci est toujours dans les mémoires. Dès lors, les attributs sexuels - les seins, le ventre, les fesses - incarnant la fécondité féminine et ses relations avec les Mythes Ancestraux de la naissance du Monde et de l’Homme, sont de plus en plus glorifiés. Souvent, la forme de l’œuf l’assiste ; il consacre la notion de commencement, de renouvellement et de continuité. Puis, quand l’élevage et l’agriculture s’imposent définitivement, l’image de la grande Déesse Mère évolue encore. Elle canalise tous les sens sacrés caractérisés par la fertilité végétale, animale et humaine.

Bien qu’il soit visible un peu partout dans le Monde sous différentes formes, le culte de la grande Déesse Mère est particulièrement ancré en Europe et au Moyen Orient. De l’Irlande à l’Egypte, de la mer Egée à la crète et à l’Asie occidentale, les populations l’identifient à leurs origines. Elles l’assimilent au principe immanent de l’octroi de la providence. Elles en peignent ou sculptent donc ses multiples aspects sous la forme d’innombrables petits personnages ; ceux-ci ayant leurs maisons, leurs rites religieux. C’est la naissance des idoles qu’on invoque pour faire appel aux âmes des Grands Ancêtres ; jusqu'à même leur sacrifier des Etres Humains ou organiser des séances d’orgies hallucinatoires ou nécromantiques en leur honneur.

Par ailleurs, le souvenir Mythique de la terre Ancestrale ne disparaît pas. Au contraire, c’est au cours de cette période nébuleuse qu’apparaissent les premières Légendes concernant celle-ci. C’est aussi à ce moment là que, peu à peu, les hommes commencent à imaginer que la déesse Mère pourrait être issue de cette contrée ; et que c’est elle qui les a sûrement engendrés. Pour eux, c’est elle qui les guide dorénavant sur la voie de l’Evolution, tandis que les Etres Surnaturels qu’elle leur envoie épisodiquement sont là pour les aider à aller de l’avant.

Ainsi, en même temps que les prémices des premières sociétés de l’Ere actuelle, naît l’idée que l’Homme est le successeur d’un Age désormais révolu. Pour lui, celui-ci est mort quelque part au-delà de l’océan qui n’a pas de limites. Selon certains de ses Frères, il s’est éteint sur « l’Ile Blanche », pour d’autres, sur la « Terre du Soleil ». En tout cas, tous sont d’accord pour dire qu’il s’est terminé à la suite d’un Cataclysme auquel a succédé un Déluge Universel. Centre suprême des « Temps d’Avant, il le confond rapidement avec la « Région des Morts ».

D’un autre coté, à cette époque, l’Homme semi-itinérant entame sa prolifération à l’endroit où il vit temporairement. La démographie croit parce que les champs demandent toujours plus de bras pour être exploités. Les campements s’agrandissent, les habitations se transforment afin de durer plus longtemps. Les bourgs s’élargissent en développant en centre commun à toute la population. Des systèmes de canaux découpés en îlots s’établissent tandis que des ports sont fabriqués quand il s’établit au bord de la mer. Par ailleurs, il taille des blocs de basalte et les dispose comme des rondins pour former de hautes murailles. A partir de ce moment là, plusieurs générations entreprennent de se succéder sur un même site avant de reprendre leur route ; tandis que d’autres s’y installent définitivement afin d’en tirer le maximum de profit. Ces derniers, domestiquant et rendant fertile leur parcelle, deviennent de ce fait les « Pères Fondateurs ». Ils permettent à l’Homme de s’établir dans un lieu destiné à devenir permanent. Ils bouleversent ses rapports avec ses congénères ; autant que lors de l’apparition des animaux domestiques et de l’élevage.

L’Homme se sédentarise donc lentement ; il modifie aussi, de fait, son décor naturel pour en faire quelque chose de totalement artificiel. Des constructions de moins en moins provisoires surgissent. De grandes fermes recouvertes de branchages se distinguent. Puis, c’est au tour de l’emploi du plâtre, de la pierre, du bois ou de l’argile de le transformer. L’Homme en érige des murs et des sols peints de fresques rupestres. Il creuse des fosses profondes dans lesquelles il jette ses détritus. Il brûle des zones de plus en plus vastes de forêts le gênant afin d’y implanter des champs à cultiver, des pâturages ou des lieux de pacage. Son environnement devient ainsi sa matière, sa chose, dont il use à satiété.

Avec l’augmentation de la taille des villages temporaires, de nouveaux problèmes internes voient le jour. Les richesses matérielles se doublent rapidement de richesses symboliques ou idéologiques. Car chacun est désigné pour cultiver un arpent de terre particulier. Les individus vénèrent toujours autant la terre pour les bienfaits qu’elle leur apporte. L’artisanat se développe bientôt pour stocker les grains, protéger la farine ou pour se projeter dans l’avenir. L’Homme peut désormais transporter ses récoltes, conserver ses denrées, préparer sa nourriture ou accomplir ses rites funéraires. Et grâce à la poterie, d’abord en terre cuite, puis en céramique, il est en outre capable de fabriquer de la vaisselle.

Les travaux s’effectuant au campement ou à sa proximité finissent par tisser de nouveaux liens entre les gens. D’autres formes d’appartenance au groupe se mettent en place. Des rapports complexes comme la propriété, le respect des défunts, le patriarcat s’éveille. Toute une palette de nouveaux sentiments – l’affection, la jalousie, l’autorité, la révolte, la compassion, etc. – se répandent. Le Père représente peu à peu la personne la plus importante au sein de la communauté villageoise ; car c’est lui qui participe, à coté de sa descendance, au travail de la terre. C’est lui qui partage ses repas avec sa famille, qui nourrit les bêtes. Sa maison protège des dangers extérieurs ; c’est le sanctuaire de sa parenté et de ses animaux. Elle est le centre de l’univers, vers laquelle chacun revient toujours. Le Père créé de cette manière, progressivement, un lien privilégié qui devient en définitive indissoluble.

Ensuite, ce sont les différences entre la richesse des terres cultivables qui accentuent les divisions. Certains Hommes commencent à échanger et à commercialiser ce qu’ils ont en trop contre ce qui leur manque. D’autres, moins privilégiés, envient leurs voisins et des conflits apparaissent. Des guerres entre populations proches se développent. Elles surgissent d’autant plus vite qu’elles ont aussi souvent pour but de se valoriser ; de montrer son courage et son adresse.

Ce sont les débuts de la civilisation telle que nous la connaissons. Au Proche-Orient, l’Homme bâtit des cités permanentes dans la zone Syrienne du Haut Euphrate et sur la cote du Levant. Il s’étend ensuite en Egypte et en Asie Mineure. En Ukraine, il forme le Peuple des Cimmériens ; lequel dessine des mains sur les murs de ses villages. En Europe de l’Est, il fait naître la société de Tartessos ; tandis que dans le Sud et l’Ouest du Continent, il est déjà depuis longtemps à l’origine de la civilisation des Mégalithes. En Inde, il introduit les langues européennes et le système des castes ; avant de se diffuser vers l’Ouest de la mongolie ou vers l’Extrême-Orient.

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