31 octobre 2009
Modifications du 31/10/2009
Aujourd’hui, pour une fois depuis longtemps, je m’arrête un instant sur un colis que j’ai reçu hier matin dans ma boite aux lettres, de la part d’un correspondant et ami qui habite actuellement en Guadeloupe ; mais dont j’ai fait la connaissance alors qu’il habitait encore Besançon dans le Doubs. Le Doubs ou ma famille possède une maison depuis plusieurs dizaines d’années, et qui fait partie de mes racines les plus profondes et les plus importantes a mes yeux. En tout cas, en ce qui concerne le colis d’hier, il s’agit d’une figurine de la collection des étains du prince évoquant le bivouac impérial a la veille de la bataille d’Austerlitz. C’est une scénette que j’essaie de reconstituer progressivement, lorsque
l’occasion s’en présente, puisqu’il n’y a plus de généraux qui m’intéressent d’acheter sur EBay, bien que je surveille attentivement ce site tous les jours. De fait, grâce a mes différents contacts et amis comme Hugues, je me concentre sur des scénettes annexes que, de toute façon, je voulais reconstituer a plus ou moins longue échéance. Et la figurine que j’ai reçu de sa part hier est celle qui court, avec un pli urgent sous le bras. J’essaierai donc de poursuivre cette scénette à l’ avenir, lorsque mes contacts m’en proposeront de nouveau pour des prix un peu moins cher qu’en magasin ; bien que ce soit la trentaine de généraux qui me manquent dans cette collection qui me préoccupe davantage. Mais comme j’ai un budget déjà assez conséquent en ce qui concerne les autres collections de figurines – King and country ou autres dont j’attends des figurines pour les jours et les semaines qui viennent -, les collections des étains du prince passent parfois au second plan.
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1613 - 1615
Les négociations avec les autorités allemandes pour mettre fin au conflit débutent en Décembre 1917. Jusqu’au 3 Mars, date de la signature de la signature du traité de Brest-Litovsk, les bolcheviks tergiversent et sont divisés sur la conduite à adopter. Les revendications formulées par le gouvernement allemand paraissent inacceptables à certains ; de plus, nombreux sont ceux qui, comme Trotski, comptent sur une vague révolutionnaire en Europe. Au contraire, Lénine défend le principe d’une paix à tout prix. La nouvelle offensive allemande contre Petrograd, en Février 1918, met fin aux hésitations et la position de Lénine l’emporte. La signature de la paix est assortie d’un lourd tribut : la russie doit abandonner toute prétention sur la finlande, les pays Baltes, l’Ukraine ; elle dit céder Kars, Ardahan et Batoumi à la turquie et verser une importante indemnité de guerre.
L’acceptation du « diktat » allemand provoque l’opposition des S.R. de gauche, seul parti à avoir appuyé jusque-là le gouvernement bolchevique. A droite, l’annonce d’une paix séparée avec l’Allemagne comportant la perte de plus de 800 000 km² de territoire soulève un tollé général. De nombreux officiers démobilisés rejoignent dans le Sud la petite unité de l’armée de volontaires formée en Novembre 1917 par le général Kornilov, et appellent leurs soldats à les suivre. L’opposition entre « blancs » et « rouges » divise désormais le pays : la paix n’a été qu’une illusion.
Parallèlement, le transfert de la capitale à Moscou, envisagé par Kerenski, est finalement effectué par Lénine, en Mars 1918, à quelques jours de la signature de la paix. L’abandon de Petrograd, citadelle de la révolution, est jugé par Trotski comme une trahison, et beaucoup d’ouvriers petersbourgeois ressentent amèrement cette décision que Lénine justifie par des raisons stratégiques. La cité du Nord paraît effectivement trop exposée à une éventuelle agression extérieure pour pouvoir abriter le siège du gouvernement. Mais, au-delà des motifs géopolitiques, la décision du chef du parti paraît guidée par le souci d’asseoir le nouveau pouvoir au centre historique de la russie. L’abandon de Petrograd marque un tournant dans la politique de Lénine, qui cherche désormais à faire de la révolution bolchevique une révolution nationale, et en appelle au sentiment patriotique des Russes. Par une nuit sans lune, le gouvernement quitte l’Institut Smolnyï, son refuge historique, et abandonne clandestinement Petrograd pour Moscou, où, trois jours plus tard, le transfert de la capitale est solennellement décrété. Le Kremlin des tsars moscovites devient la forteresse du pouvoir ouvrier et paysan, proclamé par les bolcheviks.
Fonctionnaires tsariste, aristocrates et bourgeois, dont les vies sont menacées par les bolcheviks, se réfugient au Sud de l’Ukraine et en Crimée, fiefs des contre révolutionnaires. Le ravitaillement défectueux entraîne des départs massifs vers les campagnes ou les pays limitrophes, Finlande ou Estonie. Les conditions d’hygiène et d’alimentation se dégradent et causent de graves épidémies : le typhus décime le reste de la population.
Dès lors, la géographie des rapports de forces politiques se dessine assez clairement. Les bolcheviks contrôlent le Nord et le centre du pays jusqu'à la volga moyenne ; ils sont également maîtres de quelques grandes villes importantes du Sud, comme Bakou, et d’Asie, comme Tachkent. En revanche, le Sud échappe à leur influence. L’Ukraine indépendante accepte la protection de l’armée allemande, qui entre à Kiev le 1er Mars. La géorgie est aux mains des mencheviks. Les cosaques du Don et du Kouban se soulèvent au printemps. Un troisième front se développe le long du Transsibérien lorsque la légion Tchèque, autorisée à traverser le pays pour rejoindre les Alliés, prend parti contre les bolcheviks. Ces 30 000 soldats, soutenus par les S.R., qui constituent un comité « pour les libertés », se rendent maîtres de la sibérie occidentale.
Outre ces trois grands fronts, les bolcheviks doivent également faire face à l’intervention étrangère, dès Mars 1918 : l’arrivée des Français et des Britanniques au Nord, à Mourmansk et Arkhangelsk, et au Sud, à Odessa, est d’abord motivée par la volonté de contrer l’occupation allemande dans des territoires riches en matières premières et de maintenir un front à l’Est dans la grande Guerre. S’ils soutiennent les généraux blancs, c’est avec l’espoir que ces derniers contribuent en premier lieu à lutter contre les armées des puissances centrales. Cependant, à partir de Novembre 1918 et de l’arrêt des combats à l’Ouest, l’intervention alliée change de sens et elle est exclusivement orientée vers la lutte contre le pouvoir bolchevik.
Trotski est alors nommé commissaire à la guerre et est chargé de mettre en place une nouvelle armée qui ne compte à ce moment là que quelques milliers de volontaires et de gardes rouges. Pourtant, il décrète bientôt la mobilisation générale : l’armée rouge compte ainsi rapidement près d’un million d’hommes ; et il n’hésite pas à faire massivement appel aux plus anciens cadres de l’armé tsariste pour assurer le commandement et institue une discipline de fer pour lutter contre les nombreuses désertions.
Dès lors, les compensations sont importantes : les soldats y apprennent à lire et sont invités à entrer au parti, avec la promesse d’une promotion sociale.
Mais, les blancs ont pour eux la compétence des cadres de l’armé tsariste. En Ukraine, le général Denikine remporte des succès importants : se proclamant « chef des forces armées du Sud de la russie », soit 150 000 hommes, il s’empare de Kharkov en Juin 1919, Kiev, Koursk, Orel et menace même Moscou. A l’automne 1919, les troupes contre révolutionnaires sont au maximum de leur avance. Mais les blancs, divisés, ne savent pas se concilier les paysans et les opposants aux bolcheviks. Leur coalition est d’autant plus fragile que la disparition du tsar a laissé un vide politique. Nicolas II et sa famille – la tsarine, le tsarévitch Alexis et les quatre grandes duchesses – ont en effet été exécutés par un groupe de bolcheviks, dans la nuit du 16 au 17 Juillet 1918, alors qu’ils se trouvaient en résidence surveillée à Iekaterinbourg : l’impérialisme est bien mort. De plus, les volontaires blancs, soutenus par les Alliés et contraints de s’appuyer sur les groupes allogènes séparatistes, apparaissent comme les agents de l’étranger alors que les bolcheviks, au contraire, sont les défenseurs de la patrie russe : un contraste que la propagande socialiste ne manque pas d’exploiter. L’armée rouge contre attaque, reprenant Kharkov et Kiev en Décembre 1919. En Février 1920, l’amiral Koltchak, qui dirige les contingents tchécoslovaques de Sibérie occidentale, est capturé et exécuté. Enfin, en Novembre de la même année, la défaite du général Wrangel, successeur de Denikine, marque l’échec définitif de la contre révolution.
A partir de 1920, Lénine est perçu comme un visionnaire, même parmi ses opposants au sein du parti ; il s’affirme dès lors comme le premier dirigeant russe. Des rues et des places portent ainsi son nom. Mais, tout en déplorant que sa personne soit mise en avant, le chef du parti ne peut l’empêcher.
30 octobre 2009
Modifications du 30/10/2009
Aujourd’hui, je m’arrête un instant sur une figurine que j’ai reçu hier par la poste, par l’intermédiaire de mon facteur. Il s’agit d’une figurine des éditions Delprado qui n’a jamais été éditée en France. Apparemment pourtant, il semble que cette collection intitulée « Rome et ses ennemis » soit prévu également pour la france – mais je ne sais pas quand – puisque l’intitulé sous la figurine est, a la fois en anglais et en français. En tout cas, pour le moment, et d’après mes informations, cette collection comprend une dizaine de figurines, mais je ne sais pas si d’autres sont prévues d’ètre éditées, car cela ne fait que trois semaines que je suis au courant de l’existence de cette série, bien que je l’ai déjà aperçu il y a quelques mois chez Delprado, en Italie ; ce qui parait normal puisque Rome fait parti de l’histoire de l’Italie. En tout cas, sur la photo ci-jointe, il s’agit de la figurine isolée, la plus a droite.
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1611 - 1613
De fait, afin de calmer les esprits échauffés par ce discours, le chef du gouvernement, le prince Lvov, se voit contraint de partager le pouvoir avec les socialistes.
Le nouveau gouvernement de coalition comprend désormais sept modérés et six socialistes, les uns sociaux-révolutionnaires, les autres, membres du groupe menchevik. Sa première tâche est de prendre une décision au sujet de la poursuite de la guerre, dont l’impopularité auprès de la population devient chaque jour plus manifeste. Le principe d’une paix sans annexions ni compensations, ardemment soutenue par le soviet, est repris, mais sans succès. Les Alliés refusent radicalement de prendre en compte un point de vue qui, selon eux, relève de la pure utopie. Le ministre de la guerre, Kerenski, suggère d’engager une nouvelle offensive sur le front pour renforcer la position de la russie face aux Alliés et obliger ces derniers à entériner les propositions russes. C’est du moins ainsi qu’il justifie, aux yeux de la nation, la nécessité de fournir un nouvel effort de guerre. Son stratagème réussit et une offensive est lancée le 18 Juin. Après quelques succès initiaux, elle se trouve cependant stoppée faute de matériel.
Cet échec sur le front révèle l’état de désorganisation du pays et l’incapacité des dirigeants à y remédier. Aux problèmes économiques et sociaux s’ajoutent les revendications nationales, en particulier celles de l’Ukraine, qui exige à partir de Juin la reconnaissance de son indépendance. Par l’intermédiaire de Kerenski, le gouvernement tente d’étouffer le contentieux naissant en laissant la possibilité de toute décision en la matière à la future Assemblée Constituante. Malgré l’accroissement des tensions, le 1er congrès panrusse des soviets, tenu en Juin, exprime à une très vaste majorité sa confiance au gouvernement. Seuls les bolcheviks et les S.R. de gauche réclament les pleins pouvoirs aux soviets, s’attirant la réprobation des représentants des autres partis.
Mais, au début de Juillet, la nouvelle de la préparation d’une attaque allemande sème le trouble parmi les soldats de la capitale, bien décidés à ne pas retourner sur le front. Les ouvriers se disent solidaires de l’armée et se tiennent prêts à manifester avec les soldats. Dans ce climat d’effervescence, le comité local du parti bolchevik, contre l’avis de Lénine et de Trotski, croit le moment venu de provoquer une insurrection qui renverserait le gouvernement. Une première grande manifestation est organisée le 3 Juillet ; le lendemain, soldats et ouvriers sortent à nouveau dans la rue, mais ils se trouvent aux prises avec trois régiments restés fidèles au soviet. Après un violent affrontement, ces derniers parviennent à rétablir l’ordre. Les bolcheviks, tenus pour responsables des troubles, sont réprimés. Leur parti est interdit, leurs chefs sont arrêtés et Lénine doit de nouveau fuir en Finlande.
Le prince Lvov charge Kerenski, promu Premier ministre, de réorganiser le gouvernement. Celui-ci se heurte violemment avec les K.D. – parti constitutionnel-démocrate -, qui conteste la participation trop importante des socialistes au nouveau pouvoir. En ce mois de Juillet, face au risque de débordements révolutionnaires, les K.D. cherchent appui auprès des forces conservatrices qui, reconstituées au sein de différents mouvements, militent en faveur du rétablissement de l’ordre et de la poursuite de la guerre jusqu'à la victoire finale. La promotion, le 1er Août 1917, du général Kornilov au titre de généralissime traduit ce rapprochement entre libéraux et conservateurs. Critiqué tant à gauche qu’à droite, Kerenski tente d’arbitrer, non sans peine, les rapports de force sur la scène politique. Cherchant à accroître son autorité, il organise à Moscou, du 12 au 15 Août, une conférence consultative d’Etat réunissant tous les représentants des partis et des unions civiques où, pense-t-il, la majorité soutiendrait ses positions. En réalité, cette conférence témoigne surtout de la popularité du général Kornilov parmi les libéraux et les modérés.
En cet été 1917, le généralissime catalyse l’espoir d’un prompt rétablissement de l’ordre et de la discipline dans l’armée. Soutenu par les K.D. et les conservateurs, il tente, à la fin du mois d’Août, un coup de force pour renverser le gouvernement de Kerenski. Celui-ci fait alors appel au comité exécutif des soviets afin qu’il use de son autorité sur les cheminots et les soldats pour contrer l’offensive de Kornilov. Le 30 Août, la tentative de putsch est déjouée et le général est arrêté deux jours plus tard, mais les conséquences sur la vie politique de cette insurrection manquée sont importantes. Les K.D., discrédités dans l’opinion par leur complicité avec la « réaction », démissionnent du gouvernement. Kerenski a vaincu, mais avec l’aide des révolutionnaires : sa marge de manœuvre est réduite, car il doit désormais compter avec eux. Enfin, le putsch achève d’ébranler la confiance des soldats dans leurs officiers. Si Kerenski apparaît comme le défenseur de la révolution face aux putschistes, il reste néanmoins très isolé dans un pays en pleine ébullition.
Car, comme en 1905, la révolution entraîne une libération de parole qui se manifeste par d’importantes revendications. Les paysans exigent que la terre revienne à celui qui la travaille et les plus pauvres attendent de la commune villageoise qu’elle procède à une redistribution des parcelles. Mais les mois passent sans qu’aucune décision du gouvernement ne soit prise en leur faveur. Le parti S.R., qui, depuis le début du siècle, soutient la cause de la paysannerie, obtient des prérogatives conséquentes au gouvernement lorsque l’un de ses chefs, Victor Tchernoff, devient ministre de l’Agriculture en Juillet. Mais, face à la montée des soulèvements de l’été, ce dernier se contente de rappeler que seule la future Assemblée Constituante sera habilitée à réformer le système de la propriété et il exhorte les paysans à faire preuve de patience.
Phénomène majeur de l’année 1917, la politisation de l’armée russe se concrétise par la participation des soldats aux soviets, ce qui cadre mal avec la discipline. Préoccupés par la signature rapide de la paix et inquiets devant l’obstination du gouvernement à poursuivre la guerre, nombre d’entre eux se rallient aux mots d’ordres bolcheviks ; les désertions se multiplient. L’effervescence sociale touche aussi le monde ouvrier. En dépit de quelques conquêtes importantes, le prolétariat est la première victime de la crise qui paralyse l’industrie. Les problèmes de ravitaillement, la diminution des commandes d’Etat entraînent une recrudescence du chômage et ne baisse générale des salaires qui ne suivent pas le rythme de l’inflation. L’idée du contrôle ouvrier des entreprises, défendue par les bolcheviks, gagne en popularité et apparaît à beaucoup un remède à la passivité du gouvernement.
Sortis de la clandestinité à la faveur de la tentative de putsch de Kornilov, les bolcheviks renforcent donc leurs positions à la fin de l’été. La radicalisation générale de la société crée désormais un terrain propice à leur propagande. Le 31 Août, les bolcheviks obtiennent une première victoire au soviet de Petrograd en faisant adopter le principe de la constitution d’un gouvernement sans participation « bourgeoise » et, le 9 Septembre, ils deviennent majoritaires au comité exécutif du soviet. Une semaine plus tard, persuadé que le moment est venu de prendre le pouvoir, Lénine se prononce pour la préparation d’une insurrection armée. A la fin du mois, il réitère son appel dans un article intitulé « la crise est mûre ». Mais sa prise de position ne fait pas l’unanimité. Plusieurs dirigeants, à l’instar de Kamenev et de Zinoviev, estiment que la situation n’est pas favorable à l’instauration du socialisme en Russie et, fort du succès remporté au soviet de Petrograd, ils prônent plutôt la conquête progressive et légale des institutions par le parti. Cependant, l’autorité de Lénine s’impose peu à peu face aux partisans du légalisme révolutionnaire. A la mi-octobre, l’insurrection est reconnue « à l’ordre du jour », et les dirigeants commencent à préparer des groupes insurrectionnels. La menace d’une attaque allemande contre Petrograd légitime la création d’un « centre militaire révolutionnaire » pris en charge par les bolcheviks. De son coté, Trotski fonde au soviet de Petrograd un comité militaire, auquel se joint le 21 Octobre la garnison de la capitale.
Or, dès la mi-octobre, l’annonce de la préparation d’une insurrection circule dans la presse de Petrograd, mais personne ne prend l’information vraiment au sérieux ; bien que des hommes d’affaires fuient la ville et se réfugient à Moscou. Kerenski ne s’alarme pas, se croyant assuré de la fidélité de la garnison au gouvernement et du soutien des S.R. Dans la nuit du 24 au 25 Octobre, les gardes rouges du soviet sont postés sur les ponts et le long des axes stratégiques de la capitale. Le 25 au matin, le gouvernement, replié au palais d’Hiver, fait appel en vain à l’état major de l’armée. A la fin de la journée, le comité militaire révolutionnaire adresse à ce dernier un ultimatum de reddition. Quelques échauffourées éclatent entre les défenseurs du palais et les gardes rouges qui, tard dans la nuit, assaillent le bâtiment. Le gouvernement se rend sans résistance, à quelques heures de l’ouverture du congrès des soviets. Mencheviks et S.R. de droite y condamnent « la conspiration militaire » et quittent l’Assemblée où ne siègent plus que les bolcheviks et les S.R. de gauche. Lénine fait immédiatement voter une motion attribuant tout le pouvoir aux soviets qui, de fait, e trouvent désormais entre les mains des bolcheviks. Avant de se séparer au matin, le congrès approuve les décrets sur la nationalité de la terre et sur le principe d’une paix immédiate, qui constituent les deux premières mesures du nouveau gouvernement.
Mais, si la prise du palais d’Hiver ne fait que six victimes, l’instauration du nouveau pouvoir suscite en revanche plus de résistance, notamment à Moscou : le Kremlin n’est pris que le 3 Novembre, après de violents combats. Dans le climat troublé de la fin de l’année 1917, le gouvernement réagit en prenant une série de mesures pour asseoir sa crédibilité et engager une véritable révolution. Dès le 26 Octobre, Lénine proclame le principe du « contrôle ouvrier » dans les entreprises, exercé non par les employés, mais par le biais de conseils locaux rattachés aux soviets. Le 2 Novembre, les droits des nationalités sont proclamés. Le 14 Décembre est signé le premier décret sur la nationalisation des entreprises industrielles. Parallèlement à ces mesures révolutionnaires, le gouvernement se montre soucieux de légalisme. Après avoir accusé le gouvernement provisoire de retarder la convocation de l’Assemblée Constituante, les bolcheviks décident de réunir cette dernière et organisent en Décembre des élections législatives. Les suffrages révèlent la grande popularité des S.R. de droite, qui sortent vainqueurs du scrutin, remportant à eux seuls plus de la moitié des sièges. Le 18 Janvier 1918, jour de l’ouverture de l’Assemblée, les députés rejettent la motion bolchevique définissant les compétences de la nouvelle institution et ils élisent le S.R. Tchernoff à la présidence. Défiant ce pouvoir concurrent, les gardes rouges font évacuer l’Assemblée le lendemain. La démocratie parlementaire est mort-née.
29 octobre 2009
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1609 - 1611
L’Allemagne déclare la guerre à la russie le 1er Août 1914. La france mobilise le lendemain et se voit notifier la déclaration de guerre allemande le 3. Aussitôt, les troupes de Guillaume II pénètrent sur le territoire belge, en violation du traité de neutralité de 1831. Cet acte décide la grande-Bretagne à déclarer la guerre à l’Allemagne, le 4 Août. Une déception attend pourtant les Empires centraux : l’Italie estime que l’invasion de la belgique la dégage de ses obligations d’alliée.
La mobilisation de la russie est l’objet de manifestation de piété et de loyauté dynastique. La foule brandit des icônes et des portraits du tsar, les popes bénissent les soldats. Les succès escomptés raffermissent le pouvoir. Malgré les pénuries en armes et munitions, la faible densité du réseau ferré, la confiance règne : le généralissime, le grand duc Nicolas, est très populaire. On crie : « les Cosaques à Berlin ».
Or, dès le début de la guerre, les armées du tsar subissent de sérieuses défaites en Prusse-Orientale et en Pologne. Malgré l’abnégation des combattants, elles sont refoulées de la galicie prise aux Austro-Hongrois. Seul le front secondaire du Caucase, ouvert contre les Turcs, donne satisfaction. En 1915, le tsar Nicolas II quitte Petrograd pour le front ; il laisse les rênes du pouvoir civil à la tsarine Alexandra, impopulaire de par ses origines allemandes et par la protection qu’elle accorde au moine débauché Raspoutine. Car ce dernier exerce une influence politique néfaste. Le mécontentement gagne donc la bourgeoisie et les milieux conservateurs de la cour ; le 30 Décembre 1916, le prince Youssoupov et le grand duc Dimitri assassinent Raspoutine pour mettre fin au discrédit qui frappe la famille impériale.
Par ailleurs, l’Hiver 1916 est dominé par l’espoir secret de finir la guerre. Sous l’influence du défaitisme et du pacifisme, l’armée russe se désagrège. Les troupes refusent de monter en ligne ou désertent. A l’arrière, la perspective de retour à la normale « sans annexions ni contributions » soulève l’enthousiasme naïf des foules, qui croient pouvoir conserver l’intégrité territoriale de 1914.
Mais, à cette date, malgré quelques conciliabules à la « Douma », aucune faction politique n’est capable d’envisager une alternative crédible à cette véritable décomposition du pouvoir. C’est donc la rue qui joue bientôt le rôle de détonateur, révélant l’ampleur de la crise sociale et la disparition du consensus autour de la personne du tsar.
Le 23 Février 1917 – selon le calendrier orthodoxe, en retard de treize jours sur le calendrier grégorien -, le rationnement drastique et le manque de charbon, dus à l’incurie administrative, provoquent des grèves aux usines Poutilov et des manifestations à Petrograd ; le lendemain, 200 000 grévistes réclament du pain. De son quartier général, le 25 Février, Nicolas II ordonne au gouvernement de faire cesser les troubles. Mais, dans la nuit du 26 au 27 Février, les troupes chargées du maintien de l’ordre fraternisent avec les manifestants, s’emparent de l’Arsenal et prennent le Palais d’Hiver, qui n’oppose aucune résistance.
Le succès inattendu de cette émeute surprend toute l’opposition. Les mencheviks sont les premiers à réagir et forment un soviet de délégués ouvriers, comme en 1905. Craignant un débordement révolutionnaire, les députés de la « Douma » créent un Comité exécutif provisoire, dont les hommes les plus en vue sont le libéral Milioukov et le socialiste Kerenski.
Dès le 1er Mars, le Comité de la « Douma » et le soviet de Petrograd négocient ; le second accepte de se subordonner au premier, à condition qu’il respecte ses objectifs fondamentaux : convocation d’une Assemblée Constituante, proclamation des libertés civiles, amnistie des condamnés politiques. Un gouvernement provisoire est constitué le 2 Mars sous la direction d’un constitutionnel-démocrate – K.D. -, le prince Lvov, qui occupe également le poste de ministre de l’Intérieur. Ce dernier envoie deux émissaires au tsar. Lâché par ses généraux, Nicolas II accepte d’abdiquer au profit de son frère, le grand duc Michel. Celui-ci refuse de lui succéder dans ce chaos : la chute de la dynastie Romanov est consommée.
Deux autorités de fait s’opposent : si certains membres du gouvernement provisoire souhaitent rompre avec le soviet de Petrograd, qui exerce un contrôle constant sur leur action, d’autres optent pour la conciliation. Une grave crise éclate fin Avril : tandis que le soviet propage l’idée, très populaire, d’une paix imminente et organise des soviets de soldats, ce qui réduit à néant l’esprit combatif de l’armée russe, le ministre des Affaires Etrangères Milioukov promet aux Alliés que la russie reste à leurs cotés. Le soviet de Petrograd, par une imposante manifestation d’ouvriers et de soldats, se dresse contre le gouvernement et Milioukov doit démissionner.
Dès lors, le soviet de Petrograd, qui se définit comme une « citadelle prolétarienne » dans une « révolution bourgeoise », représente tous les partis révolutionnaires – S.R., S.D. et marxistes, eux-mêmes divisés en mencheviks et bolcheviks – qui disposent chacun de deux sièges au comité exécutif. Peu préparé à la direction du pays, il préfère en laisser la responsabilité au gouvernement provisoire, quitte à le contrer pour faire prévaloir ses décisions. Il contribue ainsi à l’adoption de l’autonomie de la finlande, la fixation de la journée de travail à huit heures, l’abolition de la peine de mort, les droits de vote et l’éligibilité des femmes.
Anarchistes et bolcheviks acceptent cette conduite du soviet, bien qu’ils annoncent la faillite inexorable de l a cohabitation des pouvoirs. Deux chefs bolcheviks, Staline et Kamenev, intègrent le soviet et préconisent l’entente avec tous les autres partis révolutionnaires. Assez vite, les bolcheviks des soviets de province proposent même l’union de tous les sociaux-démocrates.
L’adoption de cette tactique unitaire est sévèrement critiqué par Lénine depuis son exil de Zurich ; par ses « Lettres de loin », il condamne ce qu’il nomme le « défensisme révolutionnaire » et appelle à la prise du pouvoir par le soviet sous la direction des bolcheviks.
Persuadé à juste titre que Lénine peut être un facteur de troubles, le gouvernement allemand facilite son retour à Petrograd dans le fameux « wagon plombé » de la légende, alors que les Alliés s’y opposent. Arrivé le 16 Avril, Lénine expose dès le lendemain un programme qui stupéfie les bolcheviks, ses propres partisans, et indigne les mencheviks par son radicalisme : ces Thèses d’Avril refusent la collaboration avec le gouvernement provisoire, appellent à la paix immédiate et à la fraternisation avec l’ennemi, réclament l’exercice absolu du pouvoir par les soviets, la prise en main des usines par les ouvriers et de la terre par les paysans. Le vieux marxiste Plekhanov qualifie de « délire » le programme de Lénine. Toutefois, le chef bolchevik impose peu à peu cette ligne politique, qui devient bientôt le credo de son parti.
De retour d’exil en Mai 1917 Léon Trotski devient vite l’un des ténors et des théoriciens du parti menchevik. Il rejoint à Petrograd l’organisation des internationalistes sociaux-démocrates, qui se trouve en relations assez étroites avec les bolcheviks. Puis, il se rapproche bientôt de ses opposants de la veille et adhère au parti e Lénine. Et il s’affirme comme un des plus grands stratèges du Comité Central, où il côtoie, entre autres, Kamenev, Zinoviev et Staline.
28 octobre 2009
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1608 - 1609
Parallèlement, Grégory Novikh vient à Saint-Pétersbourg fin 1905, précédé d’une réputation de Saint homme, de voyant et de thaumaturge. Le tsar et la tsarine lui demandent alors de guérir l’hémophilie de leur fils, Alexis. Ayant gagné leur confiance, le « Saint homme » étend rapidement son pouvoir sur toute la famille impériale et profite de sa position pour satisfaire ses appétits sexuels, d’où son surnom de « Raspoutine », le « débauché ». Considéré par l’opinion comme le conseiller occulte du tsar, Raspoutine contribue à ternir l’image de la monarchie russe à cette époque.
Puis, début 1906, Raspoutine conduit un voyageur au couvent de Vekhotourné. Il s’y repose et discute un peu théologie avec lui. L’inconnu lui dit que ce couvent n’est pas comme les autres ; qu’il abrite les membres d’une secte appelée « Khlystis ». Et ceux-ci se cacheraient un peu partout au sein de l’Empire Russe en ayant pour devoir de garder leurs doctrines secrètes, même vis à vis de leurs parents.
A partir du milieu de l’année 1906, on assiste en Russie à une formidable explosion des courants littéraires et philosophiques, à une renaissance des beaux arts, de la danse et de la musique.
Les poètes de tendances diverses, comme Blok, Goumiliov ou Maïakovski révolutionnent les canons de l’écriture poétique. De même, les peintres Malevitch, Larionov et Kandinsky annoncent la naissance d’une expression picturale nouvelle et provocatrice. L’impact des Ballets Russes de Diaghilev sur l’Occident, les recherches de compositeurs comme Stravinsky placent la création russe à l’avant garde des expressions artistiques européennes.
Tous ces mouvements n’ont en commun que leur refus du conformisme et du réalisme. S’ils ne servent pas directement les idéaux révolutionnaires, ils les confortent par leur méprise des valeurs bourgeoises et matérialistes, et par leur dimension bien souvent eschatologique, qui traduit leur foi en un prochain bouleversement du Monde.
L’Allemagne déclare la guerre à la russie le 1er Août 1914. La france mobilise le lendemain et se voit notifier la déclaration de guerre allemande le 3. Aussitôt, les troupes de Guillaume II pénètrent sur le territoire belge, en violation du traité de neutralité de 1831. Cet acte décide la grande-Bretagne à déclarer la guerre à l’Allemagne, le 4 Août. Une déception attend pourtant les Empires centraux : l’Italie estime que l’invasion de la belgique la dégage de ses obligations d’alliée.
La mobilisation de la russie est l’objet de manifestation de piété et de loyauté dynastique. La foule brandit des icônes et des portraits du tsar, les popes bénissent les soldats. Les succès escomptés raffermissent le pouvoir. Malgré les pénuries en armes et munitions, la faible densité du réseau ferré, la confiance règne : le généralissime, le grand duc Nicolas, est très populaire. On crie : « les Cosaques à Berlin ».
27 octobre 2009
Modifications du 26/10/2009
Hier matin, le facteur a sonné a ma porte pour me donner un colis que j’attendais avec un peu d’impatience depuis quelques jours. En fait, il s’agit du cadeau que je me suis offert pour mon anniversaire, puisque celui-ci tombe le 22 Octobre. Comme le montre donc la photo ci-jointe, il s’agit de l’un des décors de King and country, consacré au Moyen-Orient. Ce décor peut ètre intégré a de nombreux dioramas de cette marque : époque napoléonienne de la campagne d’Egypte, guerre du désert de la seconde guerre mondiale, Croisades. Personnellement, je vais l’intégrer a la période évoquant l’Egypte antique. En fait, il existe six décors destinés a représenter un village, mais les deux derniers ne seront édités qu’en début d’année 2010. Et moi, je n’achèterai que les cinq suivants, y compris ceux qui ne sont pas encore édités, qu’a partir du début de l’année 2010, lorsque j’en aurai terminé avec un certain nombre des collections Delprado, Hachette, etc. qui sont sur le point de s’achever. Mais j’aurai l’occasion d’en reparler d’ici la.
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1605 - 1608
Russie – U.R.S.S., première moitié du XXème siècle :
A l’aube du XXème siècle, le tsar Nicolas II et la tsarine Alexandra n’ont que des filles. Il faut attendre pour voir la naissance d’un prince héritier, le tsarévitch Alexis, dont l’hémophilie désespère la famille impériale. Celle-ci offre néanmoins à l’Europe une image exemplaire. Le tsar couvre son épouse et ses enfants de cadeaux, offrant les œufs de Fabergé. En outre, quand Nicolas et Alexandra sont séparés, ils s’écrivent en anglais, des lettres passionnées, où la tsarine recommande toujours à « Nicky » la fermeté et la rigueur.
La condition des Juifs ne cesse de se dégrader. Progressivement exclus de l’Université, des professions libérales, tolérés en nombre de plus en plus limité dans les grandes villes, les Juifs sont désormais concentrés dans des ghettos qu’ils ne peuvent quitter. Leur vie même est en danger.
En effet, pour détourner les mécontentements, le régime tsariste choisit d’attiser l’antisémitisme populaire. En 1903, le mouvement des pogroms reprend. A Kichinev, Gomel, Odessa et Kiev, on pille et on massacre selon un scénario éprouvé : le peuple se soulève « spontanément » contre les Juifs et la police n’intervient qu’au bout de longues heures, parfois plusieurs jours après, se contentant de ramasser les victimes. Les Juifs survivants émigrent alors en masse vers l’Occident.
En 1902, l’Empire Russe vit une brutale récession, qui succède à un brillant essor industriel et commercial favorisé par les capitaux étrangers. Etroitement dépendante des pays occidentaux, la russie subit les contrecoups d’une crise qui touche l’Europe et les Etats-Unis.
Dans l’industrie lourde, particulièrement touchée par le ralentissement des activités, la fermeture de plus de 4000 entreprises entraîne une importante vague de licenciements et le chômage d’une partie de la population ouvrière. Celle-ci, d’existence récente, issue du monde rural, n’ayant pas connu le servage, se montre plus frondeuse que ses aînées, d’autant plus qu’elle comprend, à la faveur de la crise, la vulnérabilité de sa position. Ainsi, dès la reprise économique, en 1903, la prise de conscience politique du monde ouvrier s’exprime à travers les nombreuses grèves qui éclatent dans l’Empire. L’agitation sociale gagne alors la paysannerie, éprouvée par deux années successives de mauvaises récoltes. Entre 1902 et 1904, 670 soulèvements contre les propriétés seigneuriales sont recensés. Ceux-ci révèlent la lente pénétration, grâce à l’école et aux moyens de communication modernes, des idéaux révolutionnaires qui, jusque là, ont été l’apanage de l’intelligentsia. Cette classe sociale intermédiaire, propre à la russie, est composée d’intellectuels qui, depuis des décennies, rêvent d’améliorer le sort du peuple.
Aux tensions intérieures s’ajoutent bientôt, à partir de Janvier 1904, les difficultés extérieures. Engagée dans une guerre contre le Japon pour le contrôle de la mandchourie et de Port-Arthur, la flotte russe accumule des défaites que l’opinion interprète comme un aveu d’incompétence du pouvoir. Loin de susciter un regain d’unité nationale, la guerre russo-japonaise contribue donc à susciter l’hostilité à l’égard du tsar.
De fait, le mécontentement populaire permet à l’opposition de se regrouper en mouvements de plus en plus nombreux et organisés. A l’extrême gauche, les marxistes russes, rassemblés dans le parti social démocrate – S.D. -, fondé clandestinement en 1898, prennent leur essor quand leurs deux chefs, Martov et Vladimir Oulianov – qui prend rapidement le pseudonyme de Lénine – quittent l’Empire. En 1900, ils fondent le journal « Iskra » - ou « l’Etincelle » -.
Lénine y développe ses premières théories sur l’organisation du parti qui, en tant qu’avant garde du prolétariat, doit regrouper une élite de militants autour d’une ligne politique unique. Beaucoup de sociaux démocrates refusent pourtant cette conception. Ils préfèrent celle de Martov, qui préconise la formation d’un grand mouvement de masse rassemblant des tendances diverses.
En 1903, le parti tient son deuxième congrès. Martov y est mis en minorité et rompt avec la tendance de Lénine. Les fidèles de Martov sont alors appelés « mencheviks » - ou « minoritaires ». Les partisans de Lénine reçoivent le nom de « bolcheviks » - ou « majoritaires ». Ceux-ci prônent dès lors le renversement du régime et concentrent leur propagande sur le monde ouvrier.
Le parti social révolutionnaire – S.R. -, est, quant à lui, l’héritier d’un mouvement exclusivement russe : le populisme. Il prêche l’émancipation de la paysannerie, qui constitue à ses yeux, le grand potentiel révolutionnaire. Les sociaux révolutionnaires se manifestent par de spectaculaires actions terroristes, dont plusieurs ministres sont victimes entre 1901 et 1904.
De son coté, l’opposition libérale et modérée commence tout juste à s’organiser. Les partisans de la monarchie constitutionnelle se recrutent surtout dans une partie de l’intelligentsia et les notables des assemblées locales et des unions professionnelles. A la faveur de la montée des mécontentements, les libéraux sont de plus en plus déterminés. En 1904, la création de « l’Union de libération » ainsi qu’une campagne de banquets popularisent leur programme. Cette action prépare la naissance du parti constitutionnel démocrate – dit « K.D. » -, qui représente à partir de 1905 les partisans de la démocratie « à l’occidentale ».
Or, des tensions sociales explosent au début de l’année 1905, à Saint-Pétersbourg, et se propagent ensuite à l’ensemble du pays. Le 3 Janvier, 12 000 ouvriers des usines Poutilov cessent le travail. En trois jours, la grève s’étend à toute la région industrielle de Saint-Pétersbourg. Le Dimanche 9 Janvier, plus de 150 000 personnes se dirigent vers le palais d’Hiver pour présenter une supplique au tsar. Le cortège, portant des icônes et chantant « Dieu sauve le tsar », est accueilli par la troupe, qui fait feu. Plusieurs centaines de morts et de blessés jonchent le pavé. Le « Dimanche Rouge » fait l’effet d’une bombe dans le pays. Il marque la rupture brutale entre le peuple et le tsar, jusque là considéré comme le père protecteur des Russes. L’image de Nicolas II, définitivement ternie aux yeux de l’opinion, devient celle d’un oppresseur sans foi ni justice. Dans les semaines qui suivent, des grèves éclatent dans l’industrie textile, parmi les cheminots et les métallurgistes. Leurs revendications sont essentiellement politiques. Inquiets, les milieux d’affaires réagissent en demandant l’abandon des mesures répressives. Nicolas II répond le 18 Février par un rescrit qui promet la convocation d’une assemblée consultative. Mais le mouvement de contestation est déjà trop radicalisé pour se satisfaire d’une proposition qui ne remet nullement en cause les fondements de l’autocratie.
Loin d’apaiser les esprits, la publication du rescrit impérial attise l’agitation, qui gagne toute l’intelligentsia. Celle-ci se mobilise en multipliant les unions professionnelles et civiques et en créant une Union des unions appelée à fédérer les actions de toutes ces associations. A l’arrivée du printemps, les contestations ouvrières et paysannes se conjuguent. Grèves et manifestations dans les villes, saccage des propriétés nobiliaires dans les campagnes concourent à accroître le désordre. Même l’armée, engagée dans la guerre avec le Japon, est gagnée par les troubles après le désastre naval de Tsushima, le 15 Mai. Un mois plus tard, l’équipage de l’unité la plus moderne de la flotte russe, le cuirassé « Prince Potemkine », se mutine devant le port d’Odessa et résiste quelques semaines. Face à la montée des troubles, l’opposition libérale rédige un « Manifeste de la nation », véritable programme politique de réformes exigeant l’avènement d’un régime constitutionnel.
Mais Nicolas II refuse le partage du pouvoir. Libéraux, radicaux et révolutionnaires sont résolus à engager l’épreuve de force. En Octobre, une grève générale paralyse tout le pays. Le mouvement débute le 19 Septembre par la grève des typographes de Moscou et, en un mois, s’étend à tout l’Empire. Au plus fort de la crise, le 13 Octobre, un conseil d’ouvriers – ou « Soviet » - se constitue à Saint-Pétersbourg. Les cadres révolutionnaires – Trotski s’y fait remarquer – y jouent un rôle important et y acquièrent un début de légitimité. Ce Soviet se revendique comme le seul représentant des travailleurs de la ville. Son audience est vite élargie par la diffusion de son bulletin, « Izvestia » - ou « les Nouvelles » -. Un autre Soviet voit le jour à Moscou et tente en vain de susciter une insurrection. A la fin de l’année 1905, une dizaine de soviets sont fondés dans les grandes villes de l’Empire.
Leur existence est éphémère, mais ils contribuent à forger une nouvelle conscience politique, marquée par l’influence des partis d’extrême gauche. L’expérience est bientôt retenue par les révolutionnaires, qui voient désormais dans le soviet la future base d’un nouveau pouvoir ouvrier.
Aussi, l’ampleur de la grève générale d’Octobre accule le tsar au compromis. Le ministre Witte, consulté sur la politique à adopter, adresse à son souverain un mémorandum le pressant d’agir « avant qu’il ne soit trop tard » et lui recommandant de mettre fin à l’arbitraire, d’accorder les libertés fondamentales à son peuple ainsi qu’un véritable régime constitutionnel. Le 17 Octobre, Nicolas II signe un manifeste impérial qui annonce l’octroi des libertés civiques – de conscience, de parole, d’association et de réunion -, la convocation d’une future assemblée législative – la « Douma » – et l’organisation d’élections. Mais le manifeste, dans sa formulation, reste imprécis sur de nombreux points. Comment l’autocratie va t’elle cohabiter avec la « Douma », alors que l’existence d’une assemblée législative contredit les fondements mêmes du régime ? Le manifeste produit l’effet escompté par le tsar : il divise l’opposition. Alors que les révolutionnaires refusent tout compromis avec Nicolas II, les libéraux radicaux rassemblés dans le nouveau parti K.D. sont réservés. Seuls les modérés et l’Union du peuple russe, parti d’extrême droite, soutiennent sans condition la nouvelle politique tsariste. Ces divisions profitent au gouvernement qui, pendant l’hiver 1905, se lance dans la « normalisation » du pays. L’écrasement du soviet de Moscou en Décembre, la répression engagée contre la mutinerie des marins du port de Kronchtadt sont suivis par l’abandon des promesses faites dans le manifeste. Le 23 Avril 1906, quelques jours avant la réunion de la « Douma », Nicolas II fait publier les lois fondamentales de l’Empire. Celles-ci dotent la nouvelle Assemblée de pouvoirs qui sont, en réalité, très réduits.
Des élections législatives sont ensuite organisées. Elles profitent surtout au parti K.D., qui sort grand gagnant du scrutin, tandis que la droite ne remporte que 10 % des suffrages. Mais la victoire les libéraux leur sert peu. Constamment en butte au conservatisme du gouvernement la première Douma est dissoute au bout de quelques mois, en Juillet 1906. Celle qui lui succède est politiquement plus radicale – les S.R. obtiennent 37 sièges et les S.D. 66 -, mais aussi beaucoup plus divisée. Elle subit le même sort que la première : elle est dissoute le 3 Juin 1907. Le gouvernement profite de ce nouvel échec pour introduire des réformes qui font perdre à la « Douma » sa représentativité politique et ses prérogatives. Après deux années de lutte difficile avec l’opposition, l’autocratie semble victorieuse.
Car, premier ministre de Nicolas II à partir de Juillet 1906, Stolypine est le grand artisan de la nouvelle politique russe, qui se veut à la fois conservatrice et moderniste. Issu d’une famille de vieille noblesse, il a exercé les fonctions de gouverneur dans les provinces de Grodno et de Saratov. Pour lui, le seul remède à la flambée révolutionnaire est le développement économique du pays. Stolypine accorde d’abord toute son attention à la question agraire, objet de fortes controverses dans les premières Doumas et préoccupation permanente du pouvoir depuis les nombreux soulèvements paysans de l’année 1906. L’innovation la plus importante du Premier ministre consiste à pratiquement supprimer l’ancien système de la commune paysanne au profit de l’exploitation privée. En créant une nouvelle classe de petits propriétaires, Stolypine contribue à l’essor du monde rural et répond partiellement à l’attente de la paysannerie russe. Préoccupé d’asseoir l’économie du pays sur son indépendance, Stolypine s’emploie également à russifier le monde des affaires en favorisant la formation de capitaux russes, le développement des exportations et la mise en œuvre d’une production de plus en plus compétitive. Période de réaction, mais aussi d’accroissement et d’enrichissement, les années 1907 – 1911 sont caractérisées par le reflux du mouvement révolutionnaire et l’épanouissement d’un nouveau nationalisme qui s’appuie désormais sur l’image d’une autocratie éclairée, en marche vers le progrès et l’assainissement social. C’est l’âge d’or du régime de Nicolas II, mais de nombreuses tensions persistent et sont brutalement mises en lumière par l’assassinat de Stolypine, le 5 Septembre 1911.
D’un autre coté, la russie est tentée de raffermir son régime par une guerre victorieuse après son échec contre le Japon, ce qui la renvoie aux Balkans, toujours en ébullition ; l’Empire Ottoman est en pleine décomposition. A partir de 1907, la perspective d’un conflit généralisé en Europe est envisagée par le gouvernement et l’Etat-major.
25 octobre 2009
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1604 - 1605
Danemark, première moitié du XXème siècle :
Au cours de la première Guerre Mondiale, en Mai 1916, l’indécise bataille du Jutland reste une victoire stratégique anglaise : la flotte allemande de surface renonce désormais à toute sortie jusqu'à la fin du conflit. En revanche, Ludendorff décide la guerre sous marine à outrance, seul moyen pour rompre l’étreinte mortelle du blocus allié. Les sous marins allemands portent alors des coups terribles : 900 000 tonnes de navires sont envoyées par le fond, rien que pour le mois d’Avril 1917 ; par contre, les pertes infligées à l’Entente dépassent ses capacités de construction. Mais ce combat sournois, impitoyable aux neutres, dressent bientôt ceux-ci contre l’Allemagne.
Finlande, première moitié du XXème siècle :
Confrontée aux exigences de l’U.R.S.S., la finlande refuse de céder et d’accorder l’établissement de bases militaires soviétiques sur son territoire. Après deux mois de négociations de plus en plus houleuses, l’U.R.S.S. dénonce, le 28 Novembre 1939, le traité de non agression qu’elle a signé avec la finlande en 1932. Le surlendemain, l’Armée Rouge passe à l’offensive.
Dès lors, la scandinavie s’embrase. Mais, à la stupéfaction générale, l’offensive soviétique lancée dans l’isthme de Carélie se brise sur la ligne Mannerheim, tenue par l’armée finlandaise. Les unités de skieurs finlandaises, camouflées afin de se confondre avec la neige, profitent d’un milieu naturel hostile pour infliger de lourdes pertes à leurs ennemis, qui, dans l’espoir d’une campagne rapide, ont été pour la plupart envoyés au front en uniforme d’été. Autour des lourdes colonnes russes tributaires des rares routes praticables, les Finlandais se déplacent tels des fantômes, mitraillent et disparaissent en silence. Pour venir à bout des chars, ils lancent des bouteilles remplies d’un mélange d’essence et d’acide sulfurique, les « cocktails Molotov ». Les attaques lancées par Staline, plus au Nord, connaissent le même sort. Et la finlande ne capitule que le 12 Mars 1940.
Dès ce moment là, un semblant d’unité – absent jusqu’alors – se manifeste chez les Anglais et les Français. Les Alliés envisagent l’envoi d’un corps expéditionnaire et un raid de l’aviation française, stationnée en Syrie, contre les puits de pétrole du Caucase. Mais ces projets restent lettre morte en raison des divergences qui existent entre les membres de l’Alliance. La guerre s’étend bientôt à toute la scandinavie. Churchill préconise l’installation d’un barrage de mines dans les eaux norvégiennes pour couper les voies de livraison du minerai de fer suédois à l’Allemagne. En Avril 1940, les Alliés adoptent même un plan plus audacieux encore : envoyer des renforts à la finlande par le port norvégien de Narvik et contrôler ainsi les gisements de fer. Mais les tergiversations suédoises et norvégiennes, et surtout la capitulation finlandaise, ajournent l’opération. Dès lors, suivant les vœux de Churchill, les navires anglais commencent à mouiller leurs mines.
Car, entre-temps, la scandinavie entre dans l’orbite Allemand et la guerre Mondiale entre dans une phase nouvelle lorsque les troupes allemandes envahissent le Danemark puis la norvège. Alors que le Danemark devient sans violence un protectorat du Reich, la résistance s’organise en Norvège : le gouvernement et la famille royale se réfugient en Grande-Bretagne, emportant avec eux la totalité des réserves monétaires du pays, et placent la flotte norvégienne sous contrôle allié. Mais le pays est soumis à une occupation militaire brutale. Pendant l’été 1940, alors que débute la campagne de France, seule la suède – non sans concessions -, l’Islande et le Groenland, qui se trouvent sous le contrôle allié, échappent à l’emprise allemande sur la scandinavie.
24 octobre 2009
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1602 - 1604
Hongrie, première moitié du XXème siècle :
Après le démantèlement de l’Autriche-Hongrie, le pays est redevenu autonome. Horthy lutte alors contre les révolutionnaires communistes et l’Assemblée Nationale Hongroise lui confie la régence au nom du roi Hasbourg Charles IV en 1920. Mais, peu après, il s’oppose à deux tentatives de restauration de ce dernier.
Puis, des groupes fascistes anticapitalistes et antisémites apparaissent en 1922 pour réclamer la révision des traités qui ont mis fin à la première Guerre Mondiale. Bientôt, il existe dans le pays une centaine de mouvements acquis aux thèses nationales-socialistes. Le Premier Ministre Gyula Gombös, les laisse se développer, mais n’hésite pas à dissoudre les sections d’assaut du parti ouvrier et paysan national-socialiste, qui abhorrent un emblème à croix gammée.
Si Ferenc Szalasi crée ensuite le parti des « Croix Fléchées », qui fédère toutes les factions extrémistes, son activisme lui vaut une condamnation de trois ans de prison pour atteinte à l’ordre social.
Or, en même temps, menacée par la petite Entente – alliance de la tchécoslovaquie, de la yougoslavie et de la roumanie -, la hongrie se rapproche alors de l’Italie dès 1927, puis de l’Allemagne à partir de 1936, puissance dont elle espère la révision du traité de Trianon. Jeu diplomatique fort ambigu : des avantages territoriaux recouvrés feraient perdre au pays son identité. « Si l’Allemagne perd, nous perdons ; si elle gagne, nous sommes perdus », dit Paul Teleki, son premier Ministre.
Pologne, première moitié du XXème siècle :
A la fin de l’année 1920, les armées blanches, mal soutenues par les Alliés, sont refoulés sur tous les fronts. Cependant, la pologne, reconstituée par le traité de Versailles, profite des troubles qui agitent la russie pour récupérer des territoires. Les troupes polonaises parviennent jusqu'à Kiev en Mai 1920, mais une contre-offensive russe les repousse jusqu'à Varsovie. Soutenu par la france et la roumanie, le général Pilsudski contre attaque sur la vistule. Le traité de Riga, signé en Mars 1921, déplace la frontière russo-polonaise de 250 kilomètres plus à l’Est.
De fait, un million d’Allemands doivent évacuer les territoires nouvellement attribués à la pologne – 15 % de la superficie de l’ancien Reich -.
En 1922, l’explorateur polonais Ferdinand Ossendowski prétend avoir rencontré des envoyés du Souverain de l’Argatha lorsqu’il a voyagé en Mongolie quelques mois plus tôt. Ceux-ci lui ont révélé que le Centre Primordial du Monde ne se situe pas sur les contreforts de l’Himalaya, mais aux frontières de cette autre contrée de la planète.
Voici ce que note Ossendowski à leur sujet : « En ce qui me concerne, lorsque je les ai vu, ils avaient forme humaine. Je sais de source sûre qu’ils vivent depuis très longtemps sur la terre, et qu’ils possèdent d’effroyables pouvoirs surnaturels. Mais rien dans leur apparence ou dans leurs vêtements ne les séparent des gens ordinaires, sauf cette sensation de santé et de vigueur physiques sans limites.
En Mai 1926, le maréchal Joseph Pilsudski met fin à la chronique instabilité de son pays par un coup d’Etat. La crise économique le conduit ensuite à durcir un régime déjà autoritaire. Pilsudski meut en 1935 : la « dictature des colonels » lui succède, traite avec l’Allemagne au détriment de la france, et se préoccupe de la défense des frontières orientales.
En 1935, la « Falanga » prône l’installation d’un Etat totalitaire et un antisémitisme farouche. Mais, comme le parti ouvrier national-socialiste, la « Falanga » est marginalisée par le pouvoir, dont l’anticommunisme très actif suffit à mobiliser l’opinion.
Fin Août 1939, Une provocation frontalière, montée de toutes pièces, fournit à Hitler le prétexte pour intervenir. La campagne de Pologne est fulgurante. Le 1er Septembre, Hitler lance l’essentiel de ses forces, soit 63 divisions appuyées par 2000 avions. En sept jours de « guerre éclair » - ou « Blitzkrieg » -, l’armée allemande est devant Varsovie. Assiégée, bombardée sans répit, la capitale dépose les armes le 27 Septembre ; tandis que les Russes occupent bientôt la partie orientale du pays.
Dans la partie de la pologne occupée par les soviétiques, la collectivisation des terres et la socialisation de l’économie commencent aussitôt. Un million de Polonais sont déportés en Sibérie. A Katyn, plus de 4000 officiers de l’armée polonaise sont exécutés. L’Allemagne, quant à elle, impose deux sorts différents à la partie du territoire polonais qui lui revient : l’Ouest et le Nord sont annexés au Reich ; le Centre et le Sud forment le Gouvernement général de Pologne, placé sous l’autorité de l’impitoyable Hans Franck. De plus, considérant les polonais comme des sous-hommes – ou « Untermenschen » -, les nazis multiplient les atrocités. Les Juifs sont les plus persécutés. Ils sont massivement déportés dans le Gouvernement général, où ils sont soumis au travail forcé. En Avril 1940, à Lodz, les Allemands créent le premier ghetto.
Le 16 Octobre, un décret Allemand autour la construction d’un mur d’enceinte autour de la zone juive de Varsovie. Le quartier est désormais hermétiquement clos : seuls peuvent entrer et sortir les Juifs employés dans des entreprises allemandes. Entassés à six ou sept par pièce, les habitants du ghetto souffrent du typhus et de la famine. « En tuant un Juif, on économise une balle qui permet à la race supérieure de conquérir le reste du Monde », se réjouit Hans Franck, le gouverneur général de Pologne.
La dénutrition et la maladie font des ravages : 4618 personnes meurent en une seule semaine. S’y ajoutent les déportations. Leur ampleur est terrible : en un mois, 310 000 Juifs disparaissent.
A la fin de 1941, « l’Armée de l’Intérieur » est doublée par une « Armée populaire » d’obédience communiste, créée à Moscou. Mais, la découverte du charnier de Katyn – des milliers d’officiers polonais assassinés par le NKVD en 1940 – amène la rupture entre gouvernementaux et éléments prosoviétiques.
Le 13 Février 1943, Himmler donne l’ordre de raser le ghetto de Varsovie. Le 19 Avril, cinq bataillons de la « SS », appuyés par une section d’obusiers, encerclent le quartier. En face, les 70 000 habitants opposent une résistance héroïque. Mais les forces sont trop inégales. Le ghetto est rasé et les derniers Juifs sont déportés.
Pendant l’été 1944, l’Armée Rouge envahit les pays Baltes et la finlande, qui signe un armistice, puis pénètre en Europe Centrale. Les soviétiques s’arrêtent devant Varsovie. Un « comité de Lublin » dirigé par des gouvernementaux s’installe dans la ville. Afin d’imposer le gouvernement de Londres, la résistance intérieure déclenche l’insurrection le 1er Août, alors que l’armée russe approche. Mais, loin d’apporter son aide, Staline laisse les Allemands briser la révolte. Après 63 jours d’héroïsme, Varsovie est rasée, l’armée de l’intérieur a plus de 10 000 morts. Le 17 Janvier 1945, les Soviétiques « libèrent » la capitale pour asseoir un gouvernement provisoire communiste.






































