X3Normalement, aujourd'hui, je devrai me replonger immédiatement dans la rédaction de livre sur « les Origines Ésotériques et Idéologiques du Nazisme ». En effet, celui-ci est loin d’être terminé puisque j'en ai écrit à peu près 125 pages, sur les 500 qu'il doit probablement compter lorsque j'en aurai fini.

 

D'autant que, ce matin, j'ai reçu de la documentation complémentaire à celle que je détiens déjà puisqu'issue de mes années d'investigations dans ce domaine – comme dans tant d'autres – à la Bibliothèque Nationale de France et ailleurs. En conséquences, j'ai lu une multitude d'ouvrages sur le sujet, j'ai des centaines de pages de notes, d'informations à portée de ma main, et destinées à alimenter mon texte. En outre, je peux avouer que, plus je me plonge dans la rédaction de ce livre – qui ne sera pas prêt avant un ou deux ans ; j'en suis désolé pour ceux et celles qui l'attendent avec impatience, après en avoir parcouru de brefs extraits -, plus je me rends compte de ce qu'il y a à y relater.

 

Bref, tout cela pour dire que j'aurai préféré consacrer ma journée à ce travail monumental, nécessitant concentration, recherches, réflexions, lectures, écriture, etc., plutôt que de revenir, une fois encore, sur un sujet différent, mais qui me tient également particulièrement à cœur : la Religion et la notion de « Déité », ainsi que leurs multiples implications sur la vision de l'Homme face à ce qu'est son espèce, face au monde, face à l'Univers ; et les myriades de questionnements qui en découlent.

 

Pour ceux et celles qui s'en souviennent parce qu'ils suivent mes écrits régulièrement, vous savez que j'ai déjà beaucoup retranscrit de réflexions sur ce thème par le passé. J'en ai exploré de nombreux aspects. D'ailleurs, pour ceux et celles qui seraient curieux d'en lire le résultat, je les invite à se rapporter à ces derniers. Ils sont en téléchargement gratuit par l'intermédiaire de ces liens :

 

http://www.atramenta.net/lire/breves-philosophiques/58355

http://www.atramenta.net/lire/dieu-et-le-big-bang/58370

 

D'ailleurs, étrangement, de la multitude de textes que je publie quotidiennement, ce sont les exposés sur la Religion qui ont le plus de succès.

Il faut dire que j'en ai étudié de nombreux aspects. Ce n'est pas la peine que j'y revienne encore une fois avec précision. Néanmoins, je peux relater ceci. Comme n'importe quel thème lié à l'Homme, à sa vision de lui-même, du monde et de l'Univers, ainsi que de sa place en leur sein, j'y ai énormément réfléchi. Je me suis énormément documenté, énormément lu. J'ai décortiqué les Textes fondamentaux des différentes Religions monothéistes en vigueur aujourd'hui. Et j'en ai retiré un certain nombre d'enseignements. Ce sont eux qui me permettent d'affirmer haut et fort les raisons pour lesquelles je ne crois ni en Dieu ni aux dogmes du Christianisme, ni à ceux du Judaïsme, et encore moins à ceux de l'Islam.

 

En effet, pour résumer ce que j'aimerai y rajouter, voici que j'ai retiré de mes décennies d'études sur le phénomène religieux : Un, théologiquement parlant, il est maintenant avéré que nombre des préceptes sur lesquels s'appuient la Religion, sont confus, contradictoires, volontairement obscurs – et donc sujets à interprétation. Ils datent de plusieurs milliers d'années, en des temps où les dogmes n'étaient transmis que par voie orale. De ce fait, ils étaient modelé, transformés, manipulés, au gré des circonstances, de la population, etc. auxquels ils étaient enseignés. Lorsqu'ils ont été mis par écrits, leurs textes ont été choisis au détriment d'autres, qui ne correspondaient pas aux valeurs des Docteurs de la Foi qui les ont érigés en credo théologiques. Ces mêmes credos brandis aujourd'hui comme des vérités absolus, indéracinables, immuables. Par ailleurs, il faut savoir que beaucoup d'entre eux sont issus de légendes et de mythes antérieurs à eux – le Déluge, la Création du Monde, l'imperfectibilité de l'Homme, l'Apocalypse, etc. Beaucoup ont des origines mésopotamiennes, sumériennes, égyptiennes, ou autres. Puisque c'est dans cette région du monde que nos trois grandes religions monothéistes sont nées, elles se sont inspirées des traditions et des récits locaux afin de s'ancrer dans la mémoire des gens. D'autres apports s'y sont ensuite greffés à partir du moment où elles ont étendu leur influence dans toutes les directions. On y retrouve parfois des traces d'éléments celtes, nordiques, hindous, etc.

 

Je sais que beaucoup de Croyants prêts à chèrement défendre leurs positions vont crier à l'hérésie en lisant ceci. Je ne suis pas là pour les convaincre. De toute manière, un Croyant, par définition, CROIT. Il ne peut remettre en cause sa foi et les fondements qui ont bâti celle-ci. Parce que s'il commençait à douter, cette CROYANCE qui gouverne sa vie s'effondrerait, et il se retrouverait seul, perdu, abandonné. Toutes les valeurs auxquelles il s'accroche de toutes ses forces pour donner un sens à son existence, disparaîtraient. Pire encore, son espérance en un avenir meilleur, dans ce monde ou dans l'autre, seraient remises en question. Et pour un fervent croyant, c'est quelque chose d'insupportable, d'intolérable. Quand on y réfléchit un peu, d'ailleurs, c'est pour cela que lorsqu'un athée comme moi « s'attaque » aux racines de leur foi, ils se révèlent si haineux, si violents dans leurs propos, si prosélytes – à leurs yeux, il est vital de détruire dans l’œuf ceux qui osent tenter de semer le doute dans les esprits. En outre, ils confondent leur foi et leur intégrité personnelle, leur individualité destinée, normalement, à séparer ce en quoi on croit, et ce qui est de la réalité et de la spécificité de l'existence de chacun.

 

Un autre point important : pour prolonger ce que j'ai évoqué ci-dessus, mon parcours, mes réflexions, mes investigations, m'ont ouvert à un aspect historique non négligeable en matière de Religion. En effet, le contexte historique dans lequel une Religion naît, grandit, se développe, se répand, est important. Celui-ci est teinté de politique, d'ambitions personnelles ou collectives, d'influences financières, sociales, économiques, marchandes. Les fondateurs, puis leurs successeurs, de ces Religions ont été souvent pris dans cet imbroglio auxquels ils étaient incapables d'échapper. Et pour que leur Religion survive à ses premiers moments, toujours délicats, il a fallu qu'ils les adaptent aux problèmes, aux aspirations, aux jeux de pouvoirs, qui étaient en vigueur à l'époque. Je pourrais citer de nombreux exemples qui vont dans ce sens, mais je préfère renvoyer le lecteur ou la lectrice vers d'autres de mes textes où j'aborde cet aspect des choses plus longuement.

 

Un troisième fait à souligner, est celui qui se rattache à la philosophie. Depuis que l'Homme a vu sa conscience de soi et de son environnement se développer, il a commencé à se poser des questions sur lui, sur sa place au sein de ce monde, de cet univers ; quel était le but de la vie, qu'y avait-il après la mort ; qu'y avait-il avant. Pourquoi le monde est-il ainsi, etc. Ces questions sont légitimes, naturelles, fondamentales même. Avant que nos connaissances scientifiques, de plus en plus poussées et pointues au fil des générations, ne viennent expliquer – partiellement en tout cas – quelques unes de ces interrogations, la seule réponse possible ne pouvait être que surnaturelle. L'Homme qui ne comprenait pas d'où venait l'orage qui grondait, le vent qui se métamorphosait en tempête, qu'est ce qu'étaient les étoiles, le Soleil, les nuages, qu'il voyait dans le ciel ; qui ne parvenait pas à définir les émotions dont il était la proie, les territoires parsemé de créatures étranges qu'il croisait ; leur prêtait une origine divine lorsqu'il les considérait comme bénéfique ; ou démoniaques, lorsqu'elles étaient facteur de danger.

 

Au fur et à mesure des millénaires et des siècles écoulés, ses connaissances dans les myriades d'aspects que revêt la vie, ce qu'est l’Être Humain, sur son environnement, sur l'Univers, etc. ont grandi. Néanmoins, beaucoup de ses questionnements sont restés sans réponse, ont juste partiellement expliqué. Mieux encore, plus l'Homme a compris, exploré, détaillé, analysé, approfondi, tous ces aspects, plus de nouvelles questions, plus de nouveaux aspects, se sont fait jour. Le Monde, l'Univers, les champs de ses investigations, se sont élargi. Ils ont pris des directions inédites, incroyables, surprenantes, mais ces questionnements ont demeuré. De fait, puisqu'ils sont toujours présents, l'explication surnaturelle, celle qui a toujours prévalu depuis que l'Homme est présent sur Terre, est toujours d'actualité. Forcément, si on ne parvient pas à y trouver une explication scientifique, justifiée, matérielle, ce ne peut être que l’œuvre du Divin.

 

A ce propos, je désirerai faire réfléchir un peu les personnes qui ont cette vision des choses. Il y a 300 ans, on était persuadé que l'Homme ne volerait jamais. L'électricité, si ce n'est au sein des éclairs, et donc issu de la Nature, n'existait pas. Avant Christophe Colomb, on croyait que le continent américain n'existait pas. On était persuadé que si on s'aventurait trop loin sur la mer de l'Ouest – l'océan Atlantique – on croiserait des monstres marins effroyables, et qu'ensuite, l'océan se jetait dans le vide puisque la Terre était plate. On disait que la Terre était tout ce qui existait, ce que l'on voyait dans le Ciel était le paradis ; là ou on monterait après notre mort pour rejoindre Dieu. Ou bien, si on s'était mal comporté durant sa vie, on était projeté aux enfers – souterrains et peuplés de diables, de feux ardents, etc.

 

D'ailleurs, concernant le Diable, tout bon historien sait aujourd'hui que le Diable est une invasion de l’Église afin de faire peur aux croyants récemment convertis. Il a été prouvé que le Diable est une personnification réactualisée à la sauce Chrétienne du dieu Celte Cernurnnos. Il est établi que les sabbats et les visions infernales qui lui sont associées, sont des résurgences des fêtes païennes qui lui étaient dédiées à l'époque où le Christianisme s'est implanté dans le monde celtique. Combien d'églises ont été érigées sur d'anciens lieux de cultes celtes à ce moment là ? Combien de mégalithes ont été resculptés afin de leur faire prendre la forme de croix chrétiennes ? Combien de dieux locaux ont été métamorphosés en saints chrétiens, afin de manipuler les populations autochtones dans le but de leur faire adhérer à la nouvelle foi ? Et évidemment, cela ne se limite pas au Christianisme. L'Islam, ou le Judaïsme ont procédé de la même manière. Ainsi, il est maintenant prouvé que la Kaaba, avant d’être vénéré par les musulmans, a été la représentation d'une déité locale antérieure à l'Islam. Si en effet le peuple hébreu a fui l’Égypte, il n'a pas erré quarante ans dans le désert, et encore moins traversé la Mer Rouge à pied parce que celle-ci s'est retiré sur injonction de Moïse, et grâce au pouvoir de Yahvé. Abraham, bien entendu, n'a pas vécu près de 900 ans, etc. Tous ces épisodes ont été amplifiés, modelés, transformés, arrangés ; mais surtout, tirés de mythes et légendes des territoires traversés, conquis, ou ayant eu des liens avec Israël à cette époque. Que ces rapports aient été commerciaux, politiques, etc. Il en de même pour l'Islam, dont les djinns sont une déformations du concept de « génies » antérieurs à son extension au Moyen et Proche-Orient ; qui se réfère à Abraham pour asseoir sa légitimité en tant que successeur de la religion juive et de la religion chrétienne.

 

Bref, ces exemples sont innombrables. Je me demande d'ailleurs, en écrivant ces lignes, si après en avoir terminé avec les origines ésotériques et idéologiques du Nazisme, je ne m’attaquerai pas à la rédaction d'un ouvrage sur la genèse des religions, et des liens sociaux, historiques, philosophiques, etc. avec la naissance, puis le développement, de la civilisation humaine. Puisque tant de personnes lisent les textes sur ce sujet que je publie ici ou ailleurs, je me demande s'il be serait pas plus judicieux que j'approfondisse le sujet jusqu'à ses fondements originels. J'ai toutes les notes et documents utiles et nécessaires à la rédaction de cet ouvrage. J'ai étudié ce sujet sous toutes ses coutures lors de mes recherches à la Bibliothèque Nationale et ensuite. Ce serait, évidemment, un livre, une fois encore, très prenant, très exigeant, nécessitant une énorme concentration, beaucoup de réflexions, la dissection d'une multitude d'aspects liés à ce thème. Mais peut-être qu'ainsi, ces Croyants qui, régulièrement, tentent de m'approcher afin de faire du prosélytisme auprès de moi, auront de quoi méditer ? Peut-être que les augments complets que je leur offrirai, parviendront à atteindre leur conscience ; et qu'ils les amèneront à réfléchir par eux-mêmes, plutôt que de se référer à des textes qui ne se réfèrent ni à l'intellect ni à la raison, mais à la foi. Or, comme ceux et celles qui me lisent fréquemment, je privilégie toujours la raison, le savoir, et l'intelligence, plutôt que la croyance.

 

Et ce, mème si ce sujet me fascine et me passionne. Cependant, si c'est le cas, et bien que je sois en recherche spirituelle personnelle, si je m'y intéresse, c'est en tant que chercheur. Pas en tant que personne désirant être convertie à telle ou telle religion. Si je m'y intéresse, c'est en tant qu'historien, en tant qu'intellectuel qui se pose des questions sur ce qu'est l'Homme, sur ce dont il est capable, sur cette propension à bâtir des convictions qui l'aident à exister, à surmonter les épreuves et les blessures de la vie.

 

Car, en fait, quel est l'un des buts majeurs de la Religion, et des préceptes qu'elle enseigne à ses fidèles ? C'est l'espoir. L'espoir en un avenir meilleur, de se sentir rassuré face aux douleurs et aux difficultés de l'existence. L'espoir qu'il y a quelque chose de meilleur, de plus beau, qui nous attend après notre mort ; après toutes ce qui nous été infligé ici bas. Et qui, sans la croyance en Dieu, sans l'espérance que cet Être Supérieur fait naître, n'aurait aucun but. Parce que, tout cette croyance, en fait, repose sur un aspect essentiel. Outre qu'il se pose des questions sur les raisons de sa présence sur Terre, sur son devenir, sur d'où il vient et où il va, l'Homme se sent désespérément seul. Sur notre planète, il est la seule espèce doté d'une intelligence relative. Or, l'Univers dépasse de très loin les concepts que son intelligence seule peut appréhender et tolérer. Dès lors, forcément, il lui est nécessaire, vital, indispensable, de se référer à une intelligence autre qui donne un sens à tout cela.

 

Sinon, s'il est seul, si les questions qu'il se pose ne peuvent être rattachées au Divin – quelle que soit sa forme -, un gigantesque vide s'emparerait de lui. Si il n'y a rien d'autre, nulle part, s'il n'y a pas de vie après la mort, s'il n'y a pas de guide qui le pousse en avant, auquel il peut se raccrocher dans les moments où il est désespéré, blessé, confronté à des horreurs comme seul il est capable d'en créer. Si cet amour divin, infini, supérieur, est une chimère ; si ce pardon pour les fautes commises n'est qu'un leurre, il n'y a plus rien que lui-même. Seul perdu au milieu de l'immensité d'un Univers qui le dépasse, d'une complexité et d'une diversité qui dépasse son intelligence et son imagination. Seul comme il l'est depuis l'est depuis toujours. Ce besoin est donc irrépressible. Il n'a rien à voir avec son intelligence ou sa raison. Il est issu de cette terreur sans nom, de cette peur frisant les limites de la folie qui le confronte à lui-même, à sa petitesse, à la futilité de son existence, à l'insignifiance des querelles qui l'animent à l'encontre de ses congénères, à la puérilité de sa course incessante après le pouvoir, après l'argent, après la gloire, après les honneurs, etc. Tout cela, et tout le reste, s'effondrerait instantanément.

 

Dieu et la Religion sont un besoin, pas une nécessité. Et plus la civilisation s'éloigne des ages préhistoriques, ou de l'Aube de la Civilisation, où se besoin était une part essentielle de son mode de vie, de son modèle social, culturel, intellectuel, et philosophique, plus les Croyants se font féroces, intolérants, violents. Car, comme lors de chaque époque où l'Humanité a connu de grands bouleversements, où elle a franchi de nouvelles frontières, c'est le phénomène religieux qui en est ressorti amoindri. Pour reprendre mon exemple lié à Christophe Colomb, ce sont les docteurs de la foi qui ont édicté le fait que la Terre était plate, et que franchir la Mer de l'Ouest pour rejoindre les Indes – but premier de cette expédition novatrice – était impossible. Evidemment, que Christophe Colomb ait réussi là où l’Église disait que c'était inconcevable a tout remis en cause. Et cette brèche ouverte a permis à d'autres, après lui, de suivre le chemin qu'il avait tracé : Copernic, Galilée, Kepler, pour ne citer que les plus emblématiques. Tous ont été persécutés par une Église jalouse de ses prérogatives, jalouse de voir sa prédominance remise en question ; a tel point qu'il n'est pas anodin qu'y compris à l'intérieur de l’Église, des ecclésiastiques et des théologiens aient cherché d'autres voies : Calvin, Luther, etc.

 

Aujourd'hui, ce que Daesh et les Islamiste, ce que les fondamentalistes juifs ou les fanatiques chrétiens font, c'est d'entraver la Marche de l'Histoire, afin de continuer coûte que coûte à préserver le peu de pouvoir qu'il leur reste. Face à un monde, à une Humanité, en perpétuelle mutation, ils ne peuvent tolérer que les quelques miettes de leur toute puissance d'autrefois leur échappent définitivement. Cependant, ils n'ont pas compris – le comprendront-ils, et l'accepteront-ils un jour ? Rien n'est moins sûr – que nulle idéologie, que nulle religion, que nulle population, que nulle philosophie ne peut empêcher l'Histoire d'aller de l'avant. De nombreuses Religions se sont éteintes par le passé, parce qu'elles n'ont pas su – ou pu – s'adapter aux temps nouveaux auxquels elles étaient confrontées. Si nos trois religions monothéistes actuelles n'y arrivent pas, malgré tous leurs efforts pour contrer l'inéluctable, il est évident qu'elles font face à leur champ du cygne. Bien entendu, cela n'est pas pour aujourd'hui, ni pour les quelques années ou décennies qui viennent. Comme chaque bouleversement, c'est à l'aulne des siècles présents et à venir que ce phénomène se produira. Mais, tôt ou tard, il se produira, nul ne peut en douter s'il fait preuve d'un semblant de discernement. D'autres formes de croyance les remplaceront inévitablement, c'est un fait. Mais les lézardes s'accumulent. Les tenants du Religieux ne seraient pas si vindicatifs, intolérants, ne prôneraient pas avec tant de ferveur un retour à la Religion telle qu'elle existait originellement, s'ils n'en n'étaient pas conscients tout au fond d'eux.

 

Enfin, et pour terminer, ce tournant que nous vivons actuellement aura forcément une autre conséquence. Et il se peut que celle-ci précipite ce déclin annoncé. Pour l'instant, il ne s'agit que d'indices, que de prémisses dont nul ne voit encore ce qu'ils préparent. Mais ils ne sont pas à négliger :

 

L'étude de l'espace, que ce soit la naissance de l'Univers, l'exploration du cosmos, etc. ouvrent de nouvelles routes. Ainsi, il y a peu, les scientifiques spécialisés dans ce genre de discipline, ont prouvé que les briques fondamentales du vivant existaient dans le noyau des comètes. Or, à la naissance du Système Solaire, et de la Terre, celle-ci a été bombardée par des comètes. Elles ont contribué à sa formation. Ces briques ont nécessairement, ensuite, engendré les balbutiement des premiers fondamentaux ayant engendré les cellules de base. Et ainsi de suite jusqu’à l'apparition de l'Homme, en passant par toutes les étapes de l’Évolution telles qu'on les connaît. Néanmoins, et les indices sont de plus en plus nombreux allant dans ce sens avec la découverte de plus en plus de planètes extra-solaires - et en particulier, ces dernières années, de planètes pouvant éventuellement accueillir la vie -, il est certain que ce n'est plus qu'une question de temps avant que l'on apprenne que d'autres Terres existent. D'autres Terres qui ont détenu, ou détiennent la vie. Ce n'est pas pour tout de suite, car nos moyens de voyager à travers l'espace actuels, sont extrêmement limités. Tout au plus la proche banlieue terrestre. Et demain – d'ici 2030 environ -, la planète Mars. Toutefois, il s'agit là du préambule d'une révolution qui n'a aucun équivalent dans le passé, si ce n'est, à un degré très moindre, de la découverte de l'Amérique. Et nous savons quels bouleversements cet épisode de l'Histoire Humaine a engendré. Nous en subissons aujourd'hui toujours les effets.

 

Cela se fera, dans dix ans, un siècle, un millénaire, nul ne le sait. Les plus pessimistes diront qu'il se peut que l'Humanité ne survive pas jusque là. C'est un autre débat. Mais je gage que, malgré les dérèglements climatiques en cours et à venir, l'Homme saura plus ou moins s'y adapter. Ce sera dur, éprouvant, source de bien des changements dans notre mode de vie, au sein de notre civilisation à bout de souffle. Mais l''espèce Humaine, depuis trois millions d'années qu'elle existe, en a vue d'autres. Des bouleversements tout aussi considérables ont déjà eu lieu tout le long de son évolution jusqu’à Homo Sapiens-Sapiens. Sans compter que l'Homme n'en n'a pas terminé avec son Evolution, loin de là. Nous n'en sommes qu'à un stade relativement primitif. Notre intelligence, bien que considérable à nos yeux – avec juste raison – n'est que limitée.

 

C'est d'ailleurs également pour cette raison que nous ne pouvons nous détacher de la notion de Déité. Elle participe à ce processus d’Évolution. Cependant, plus nous nous éloignerons de cet état primitif originel, plus notre intelligence, notre savoir, notre conscience des multiplicités et des réalités diverses dont est constitué notre environnement, moins elle nous est nécessaire ou utile.

 

Bref, tout cela pour dire qu'il est certain, à plus ou moins brève échéance, que l'Homme découvrira que la Vie existe ailleurs dans l'Univers. Il découvrira aussi que celle-ci, comme sur la Terre d'ailleurs, peut prendre des formes extrêmement diverses. Il est encore évident qu'il découvrira que l'Intelligence existe ailleurs. Et que là aussi, elle prendra des formes si différentes, si éloignées des concepts qui nous sont familiers, qu'elle remettra en cause tout ce que nous avons toujours cru sur nous mème. Et forcément, cela aura des répercussions sur les dogmes religieux, sur notre vision de Dieu, extraordinaires. Je suis convaincu que le jour où un prêcheur humain tentera d'expliquer à une créature autre, mais intelligente, sa croyance en Dieu, celle-ci ne comprendra pas ce que notre homme aura tenté de lui enseigner. Dieu, il est probable que ce concept limité, puisqu'humain, et issu de l'intelligence humaine, sera inconnu de cette créature. Ou alors, éventuellement, elle le prendra pour notre dirigeant suprême, une sorte de roi. Mieux encore : si notre Homme lui demandera si elle croit en une sorte de Seigneur, cela lui sera aussi étranger que le feu est conciliable à l'eau. Ou, encore, si elle croit en un Dieu – ou plusieurs -, ses dogmes, ses certitudes, ses valeurs, n'auront rien à voir avec les nôtres, puisque sa civilisation ne se sera pas construite sur les mêmes bases, en suivant la même histoire, en suivant les mêmes codes sociaux ou culturels, que ceux de l'Humanité.

 

Comme vous le voyez, je pourrais disserter longuement sur ce thème qui est passionnant, fascinant, intéressant à bien des égards. C'est un sujet sur lequel j'ai longuement et profondément étudié, ausculté, disséqué. J'ai énormément lu, réfléchi, écrit. Je me suis questionné, j'ai cherché des réponses. Et, au final, parce que j'ai fait tout ce chemin spirituel, intellectuel, raisonné, parce que j'ai appris, acquis des connaissances et des savoirs m'ayant ouvert des portes sur des myriades d'aspects liés à cette perspective, j'en ai tiré une conclusion : il y a plus de raisons, de mon point de vue, de se fier au savoir, à l'intelligence, à la raison, etc. que de se fier à la croyance ou en un Dieu.

 

Ce n'est que mon cheminement personnel, évidemment. Nul n'est obligé de le suivre. Néanmoins, par mes écrits, je le diffuse et le partage avec ceux et celles qui ont la même démarche que moi : une curiosité intellectuelle, une soif de connaissance, insatiables. Non pas dans le but de prêcher la bonne parole. Mais juste afin d'apporter modestement, humblement, ma petite pierre à la réflexion générale sur le fait de « croire » ou de « ne pas croire »...