X3Il en va de même pour tous les autres sentiments, émotions, ressentis, visions de soi, des autres, de notre environnement proche ou lointain, etc. Et tant que l'on se basera sur des modèles pré-établis, fixés, imposés, dictés par des stéréotypes désignés en tant qu'unique et indétrônables, il y en a qui jugeront l'affect vécu par des personnes comme moi – ou d'autres – à l'aulne de leur propre mode de vie, de leur propre mode de pensée, de leurs propres expériences, de leurs propres conceptions de ce qui est, de ce qui doit être, de ce qui est bien ou de ce qui est mal. Car, évidemment, ils ne se mettent pas à la place de ceux et celles qui sont différents d'eux.

Personnellement, à chaque fois que je m'investis auprès de quelqu'un que j'apprécie, que j'aime, je vis intensément cette relation. Et ce, qu'elle soit sentimentale ou amicale. Il est heureux, je suis heureux, il est malheureux, je suis malheureux ; il est blessé, je suis blessé et je cherche à le soulager de ses tourments. Je suis présent à toute heure du jour ou de la nuit pour cette personne. Je peux passer des heures au téléphone, ou de visu, à discuter avec elle, à tenter de la réconforter, à lui démontrer que je suis là pour l'épauler.

Bien peu, ici ou ailleurs, n'ont conscience de cette parcelle de ma personnalité. Elles se basent sur le fait que chacun est égoïste, ne pensera qu'à lui en premier ; que ses liens avec les autres n'existent que pour se valoriser soi-même, que pour se sentir important. Ce n'est pas mon cas. Et lorsque j'écris sur moi-même – ce qui m'arrive souvent lorsque je traverse une période particulièrement difficile et sombre – ce n'est pas pour pleurer sur mon sort ou m'auto-flageller comme je l'ai entendu ici ou là. Ceux et celles qui me voient ainsi me connaissent vraiment mal ; de plus, c'est qu'ils n'ont pas lu certains des textes les plus importants que j'ai publié ici. Sinon, ils se rendraient compte que je ne suis du genre à me laisser abattre, que je n'ai jamais reculé devant une épreuve ou une situation où la peur, la solitude, la mort, la violence, etc. étaient mes compagnes d'un moment.

Non, si j'écris ce que je ressens, en bien ou en mal, en beau ou en détestable, en bonheur ou en malheur, c'est parce que cela fait partie de moi. Et je n'ai rien à cacher, rien à dissimuler ; aussi terrible, aussi déchirant que cela puisse être. Si je suis une personne écorchée vive par les aléas multiples et nombreux que j'ai rencontré au cours de mon existence, je n'en n'ai pas honte. Je n'ai pas à baisser le regard, à courber l'échine, à être embarrassé par l'homme que j'ai été, que je suis, ou que j'aimerai être. Peut-être que c'est le cas pour vous ? Ne comptez-pas sur moi pour me repentir de quelque chose dont je ne suis pas responsable. Je suis handicapé, est-ce une tare ? Est-ce ma faute si l'on m'a régulièrement rejeté, humilié, moqué, condamné, dévalorisé ? Est-ce ma faute si, dès que des hommes ou des femmes que j'apprécie, que j'aime, desquels je rêve d'être plus proche, ou de côtoyer dans la vie réelle, me font du mal en ne m'ouvrant pas leur porte autant que je leur ouvre la mienne ? Rouvrant ainsi sans cesse de vieilles cicatrices liées à mon enfance, à mon adolescence, à ma vie d'adulte qui ne sont pas véritablement calmées. Pire, qui sont réveillées à chaque fois que l'on agit avec moi de cette manière.

Est-ce ma faute si le seul refuge qui a été – qui est – le mien pour survivre à toutes ces infamies, est mon intellect ? Si ma force se trouve dans les innombrables livres que je dévore à longueur de mois ou d'années ? Suis-je coupable parce que j'use de ma raison, de mes connaissance, de ma culture générale importante, plutôt que de végéter devant un match de football, une cannette de bière à la main ? Suis-je coupable de considérer comme plus passionnant, plus fascinant, des sujets comme l'Histoire, le Devenir de l'Homme, de notre Planète, l'actualité et ses conséquences à brève, moyenne, ou lointaine échéance ? Si j'estime plus valorisant d’accroître mes savoirs dans des domaines tels que l'Astronomie, la Littérature, la propagation de la Vie, de l’Évolution des Espèces, et de l'Humanité notamment ? Si je préfère assouvir ma curiosité vis-à-vis de bien d'autres sujets encore, plutôt que de me contenter de « croire » en un Dieu – et surtout en ses dogmes et ses textes religieux – dont, pour moi, il n'y a aucune preuve concrète, absolue, sans réserve, scientifique, de son existence ?