X3Cela va peut-être vous paraitre étrange, mais j’ai plus de facilité à exprimer mes idées, mes pensées, mes convictions, mes combats, etc. par écrit qu’à l’oral. Il faut dire que, pendant très longtemps – et ce dès mon adolescence -, j’ai progressivement réalisé que ma parole ne serait jamais véritablement entendue ou écoutée dans mon entourage plus ou moins proche. Que ce soit dans ma famille, parmi mes amis – même les plus sincères et les plus vrais -, les épreuves que j’ai endurées m’ont, très tôt, fait comprendre que je serai éternellement « la cinquième roue du carrosse » pour la plupart des personnes que j’ai côtoyées.

 

J’ai beau tenté – plus ou moins timidement selon les périodes – me mettre en avant par diverses méthodes, j’ai la plus grande partie de ma vie joué les « potiches » lorsque je me trouvais au milieu d’une foule. Que les membres de celle-ci me soit connue ou inconnue n’y changeait rien. Qu’elle soit composée des membres de ma famille, de gens que j’appréciais énormément, ou non. Cela ne modifiait en rien les faits. Et aujourd’hui, c’est toujours plus ou moins la même chose. Il n’y a que lorsque je suis face à deux ou trois personnes – jamais plus – que je me sens en capacité de m’exprimer. Au-delà, je me renferme systématiquement dans ma coquille, parce que je sais au plus profond de moi que l’attention de ceux et de celles qui m’entourent se dirigeront vers des personnes dont la voix porte plus haut, plus loin, plus fort.

 

Or, s’il y a une chose que l’expérience m’a bien apprise, du fait de mon handicap, de ma différence – physique ou intellectuelle -, c’est que le regard des autres sur moi peut être dévastateur ; destructeur. Leur jugement à mon égard est souvent sans appel, empreint d’a-priori et de préjugés. Ils préfèrent que je me taise et que je reste dans mon coin, plutôt que je dise ce que je pense de tel ou tel sujet, au risque de bousculer les idées et les certitudes des convives autour de moi. C’est ainsi que ma famille a toujours agi à mon égard – et agit toujours. C’est ainsi que mes amis se sont comporté. J’ai toujours été le « bon copain », gentil, sympa ; mais qu’on allait voir, avec lequel on discutait qu’en dernier recours ; lorsqu’il n’y avait personne d’autre vers qui aller.