X3Je le répète, cette façon de faire s’est déployée à mon encontre, aussi loin que remontent mes souvenirs. Pour autant, comme je suis quand même quelqu'un d’ouvert, je l’espère du moins, j’ai toujours eu pour habitude de m’intéresser aux passions des gens qui m’entouraient, à leur travail, à leurs centres d’intérêts, à leurs habitude, à leur vie en général. J’ai toujours eu pour habitude de les questionner, quand j’avais – rarement – l’occasion de participer activement à une conversation. Néanmoins, le retour ne s’est jamais produit. Ou de façon extrêmement exceptionnelle. Et généralement au déplaisir, à la gêne, de ma famille puisqu’on sortait des sentiers battus auxquels ils étaient habitués. Et dès que l’on pouvait faire en sorte d’en dévier pour revenir à des conversations plus communes, on sautait sur l’occasion, et je retombais dans le silence et l’isolement.

C’est pour cette raison, parmi d’autres que j’ai déjà développées – ou pas – que je préfère m’exprimer par écrit. Ainsi, je ne gêne personne. Me lis qui veut. Celui ou celle que mes propos, que mes centres d’intérêts, que mes sujets de prédilection fatigue ou embête, les zappe. C’est la seule façon que j’ai de pouvoir parler, converser, échanger, communiquer.

Même si cela peut sembler incroyable, injuste, triste, etc. à ceux et celles « qui « admirent » - même si je n’ai aucun désir que l’on m’admire ; ce n’est pas mon but – mes savoir, mes raisonnements, mon intelligence, tout ce qu’ils veulent…, la réalité quotidienne à laquelle je suis confrontée est bien différente. Cela me rend malheureux sur cet aspect de mon existence. Sur cet aspect-là uniquement, parce que je suis parfaitement conscient que pour d’autres fractions de ma vie, je suis quelqu’un de plutôt privilégié malgré mon handicap et ma maladie. Néanmoins, ce que certains et certaines pourraient considérer comme un minuscule fragment de ce que je suis est plus lourd à porter que l’univers qu’Atlas porte sur ses épaules selon la mythologie grecque…