X1Depuis toujours, l’Être Humain est intimement, viscéralement, persuadé, d'avoir été créé à l'image de Dieu. Il est, depuis toujours, également convaincu, d'être son Élu. Chaque peuple en ce monde s'arroge cet honneur, puisque son Histoire, ses Traditions ou sa Religion, le lui affirme haut et fort. Des anciens Égyptiens qui se réclamaient de la descendance d'Horus, des Hébreux, qui affirmaient être les Enfants d'Abraham, aux Chrétiens qui vénéraient Jésus comme le Fils de Dieu, sans parler des Musulmans qui ne juraient que par Allah et son Prophète Mahomet ; aux Occidentaux d'aujourd'hui qui glorifiaient le règne de l'Argent-Roi ; ou à d'autres encore, qui ont disparu depuis longtemps ; chaque Peuple jure qu'il est le seul, l'unique et le véridique détenteur de la Vérité de Dieu. Depuis plus de 5000 ans, chacun se bat pour imposer à ses Frères sa propre vision de Dieu ; il tue, conquiert, détruit, et soumet en son nom. Il se base sur ses Livres Sacrés - Bible, Coran, Torah, Ramayana, Popol Vuh, etc. - pour parler en son nom.

 

Le Monde est malade de cet orgueil démesuré qu'il subit depuis tout ce temps. Parfois, il se réveille, se révolte, face à l'intransigeance de ses Enfants. Un ouragan ici, un tremblement de terre là, un tsunami ailleurs, il les met en garde ; mais ceux-ci n'entendent rien. "Puisque nous sommes les Rois du Monde, jurent t'ils, puisque Dieu nous a choisi pour faire de cette Terre un Paradis, pourquoi n'aurions nous pas le droit de le soumettre à nos désirs ? Nous sommes ses Enfants chéris, et peu importe si nos querelles, nos dévastations, ou notre ignorance délibérée nous mène au bord du Néant. Dieu sera toujours là pour nous sauver."

 

L’Être Humain est orgueilleux et fier de son intelligence, de sa suprématie sur les autres Espèces ; le pire, c'est qu'il en est conscient. De la même manière, il est persuadé qu'il trouvera toujours le moyen de se sauver des désordres qui, prochainement, l'attendent. Ou, au pire, que le Divin lui montrera le chemin à emprunter pour les éviter, éventuellement. Malheureusement, il n'a jamais songé que tout ceci est inévitable, irrémédiable, et aucune échappatoire ne l'attend.

 

D'un autre coté, a t'il seulement songé qu'il n'est certainement pas l'unique créature douée d'intelligence au sein de ce vaste Univers qui le dépasse ? A t'il, une seule fois, essayé d'oublier son insatiable vanité, et imaginé que d'autres Races, et certainement de très loin, le dépassent ; qu'il n'est sûrement qu'une fourmi au milieu de Géants aux capacités et aux discernements mille fois plus élaborés. Qu'il n'est qu'un insecte aux dons insignifiants, comparé aux milliards de possibilités créées par celui dont nous nous réclamons, et qui pourtant, n'a ni visage ni nom. Et que celui-ci a probablement détourné son regard de cette Destinée à laquelle, vainement, nous nous accrochons avec passion, pour s'intéresser à des Espèces aussi lointaines qu'inconnues, qui se rapprochent davantage de cette Déité, que nous le faisons.

 

Alors, que cet Être Humain auquel nous nous référons, et qui n'a pas terminé son Evolution, arrête de considérer que tout en lui n'est que perfection ; et que Dieu l'a choisi pour mener à bien ses desseins. Il aurait davantage avantage à se libérer de ses démons qui le hantent depuis l'Aube des Temps ; et ainsi entamer ce magnifique périple exaltant. Car s'il veut survivre aux Apocalypses qu'il engendre quotidiennement, ce n'est pas en continuant de détruire son environnement ; ce n'est pas en outrageant ses semblables sous le règne de l'Argent-Roi. Ce n'est pas non plus en espérant que la science le libère de ses tourments, en proclamant que son voisin est la source de toutes ses craintes, ou pire encore, en attendant que Dieu le sauve du Néant. Non, c'est en acceptant qu'il n'est rien d'autre qu'un Être de chair et de sang, qu'il n'est ni plus fort, ni plus sage, ni plus intelligent que ces Races qu'il considère avec dédain ou suffisance, ou dont il ignore pour le moment l'existence. Et qui un jour lui feront comprendre, s'il ne s'est pas éteint auparavant du fait de ses outrances, que Dieu n'a pas fait de lui son seul Enfant ; et plus encore, qu'il n'a pas sa préférence...