X1Germanie, IXème siècle :

 

En 830, à Michelstadt, Eginhard rédige la plus vivante des biographies de Charlemagne, la « Vita Caroli Magni ». Il a été l’un des conseillers de l’Empereur, qui l’a chargé de diriger la construction de bâtiments impériaux ; dont l’abbaye de Steinbach, où il écrit son livre.

 

En 830 également, après avoir été expulsé du Danemark et avoir tenté d’évangéliser la Suède, Anschaire est nommé par le pape évêque d’Hambourg. En 862, des hongrois commencent à s’infiltrer dans le pays, et se mettent à ravager, et à piller nombre de ses provinces.

 

En 881, Charles III le Gros – le fils de Louis le Germanique – est couronné Empereur Carolingien par le pape, à Rome. Et en 883, Louis III décède, tandis qu’après la mort de Carloman l’année suivante, par l’élection de Charles le Gros contre Charles le Simple, l’Empire Carolingien est entièrement reconstitué au profit du royaume Franc.

 

Or, en 887, coup de théâtre : Charles le Gros est déposé. Arnulf est élu roi de Germanie. Et c’est la fin de l’unité Carolingienne, au profit d’une monarchie nationale.

 

 

Balkans, IXème siècle :

 

En 814, en Bulgarie, le Khan Ormotag succède à Krum. Il conclut une paix de trente ans avec les Byzantins. Et, l’ouverture de son royaume entraîne sa conversion au Christianisme Byzantin.

 

En 830 encore, Moïmir, un prince Morave, expulse son voisin, le prince Pribina, ce qui lui permet de fédérer les tribus Slaves de Bohème, de Moravie, de Slovaquie, et de Pannonie en un grand ensemble militaire et politique appelé Grande Moravie.

 

Cet Empire encore païen fait l’objet de la sollicitude des missionnaires Germaniques envoyés par Rome. En 846, à la mort de Moïmir, le prince Rostilav prend le pouvoir avec l’assentiment de Louis le Germanique, Empereur d’Occident. Mais, il ne tarde pas à s’inquiéter des tendances hégémoniques du Christianisme et des véritables intentions de l’Empereur, et finit par chercher d’autres protecteurs.

 

En 852, Boris Ier succède à son père, Persian, à la tète de l’Empire Bulgare ; dont il poursuit l’unification. Lui aussi prend contact avec Louis le Germanique,, afin de nouer une alliance avec lui. Or, les Byzantins, pour ne pas perdre leur influence sur la Bulgarie, lancent une formidable expédition d’intimidation contre Boris. Celui-ci finit alors par céder, accepte la paix, et confirme peu après sa conversion et celle de son peuple en se faisant baptiser, et en prenant le nom de Michel.

 

En 863, le prince morave Rostilav, souhaitant la présence de missionnaires connaissant le slave pour contrebalancer l’influence germanique dans son pays, fait appel à l’Empereur Byzantin Michel III. Celui-ci lui envoie alors deux moines, deux frères, fils d’un haut fonctionnaire de Thessalonique d’origine bulgare, parlant le Slavon. Et afin de pouvoir accomplir leur mission, ces deux moines prennent aussitôt les noms de Cyrille et de Méthode.

 

Cyrille et Méthode créent de fait rapidement une Ecriture Slave, dite « Glagolitique » - ou « Cyrillique », dont l’Alphabet, conçu à partir de lettres Grecques, respecte les particularités phonétiques du Slave. Puis, ils traduisent la Bible et les livres liturgiques en Slave, avant de jouer un rôle capital d’évangélisation.

 

En 870, Svatopluk devient roi de Grande Moravie en détrônant son oncle Rostilav. Puis, il se libère de la tutelle germanique et agrandit son royaume, avec l’aide de Méthode. Parallèlement, en 880, les Magyars atteignent les Carpates.

 

Puis, en 885, le prince Achot Bagratouni est couronné avec faste à Bagaran, sa capitale d’Arménie. L’autorité royale lui est accordée par le Calife de Samarra. Mais, en fait, il gouverne la principauté qui dépasse largement à l’Est les limites de l’Arménie, depuis longtemps.

 

Aussitôt, son titre de roi est reconnu par l’Empereur Byzantin Basile Ier. Et, de fait, la dynastie Bagratide est fondée ; c’est la fin de la domination directe des Arabes.

 

Cependant, elle continue à verser tribut au Calife, et à battre monnaie à son nom. Or, le royaume s’oppose bientôt à la principauté arménienne rivale de Vaspourakan. Et politiquement instable, malgré tout, l’Arménie connaît un épanouissement sans précédent.

 

En 893, Siméon Ier devient grand tsar des Bulgares : il remplace sur le trône son frère Vladimir. Et, comme durant sa jeunesse, il a été élevé en otage à Constantinople, il devient vite un grand stratège et un fin diplomate. Car, en 894, quand les Byzantins reprennent la guerre contre son peuple, il les tient en échec. Et, deux ans plus tard, il réussit à contraindre l’Empereur Léon VI à lui payer tribut.

 

D’un autre coté, à partir de 895, les Magyars – ou, « Hongrois » -, qui sont originaires du Nord de l’Oural, sont des pasteurs et de pécheurs qui se transforment en nomades pillards. Installés sur la moyenne Volga, ils participent à cette Civilisation de la steppe connue pour la splendeur de ses bijoux. Mais, menacés par les Petchenègues – une tribu Turque -, ils décident tout à coup de se déplacer vers l’Ouest. Ainsi, ils traversent les Carpates, s’établissent dans la haute vallée de Tisza. Ils passent bientôt le Danube pour s’installer en Transdanubie. Et, à partir de là, ils organisent des expéditions qui leur apportent butin et esclaves ; leur tâche est d’ailleurs facilitée par la faiblesse de l’Etat Carolingien.

 

A suivre, si ce texte vous intéresse...