X1Il est navrant, et même terrifiant, que, dès que l'on touche au Coran, à la fois musulmane, ou à ses traditions, ceux et celles qui « croient » se crispent et ne supportent pas aucune critique, ou aucune réflexion sensée. Ils arc-boutent sur les textes dont ils ont été instruits depuis leur plus tendre enfance. Ils les défendent sans jamais faire appel à leur raison où ce que la science, l'histoire, la philosophie, ou toute autre connaissance leur indique. Pire encore, beaucoup refusent ces dernières de toutes leurs forces, s'exclamant que l'unique « Vérité », les seuls savoirs dont ils ont besoin, sont inscrits dans les pages de leur livre saint.

La foi n'excuse pas l'ignorance, et encore moins l'aveuglement. Ce n'est pas parce qu'on croit en Dieu – quel que soit le nom que l'on lui donne ou les textes auxquels on se réfère pour suivre Ses enseignements – que l'on doit oublier tout ce que le monde, l'univers, propage comme autres Vérités, aussi différentes, aussi choquantes, aussi étrangères, à celles édictées à l'intérieur du livre saint. Les nier est le premier pas qui conduit à l'intolérance, à la haine, à la violence, puis, finalement, à l'extermination systématique de celui ou de celle qui ne pense pas comme soi. Cela a été vrai jadis pour le christianisme – inquisition, bûchers, croisades, persécutions, etc. Cela l'est aussi aujourd'hui avec Al Qaida, Daesh, et leurs dominions en Afrique subsaharienne ; sans compter, évidemment attentats divers en Europe Occidentale.

Or, 95 % de ceux et celles avec lesquels j'ai essayé de discuter raisonnablement en insistant sur le faut que l'Islam n'est pas la seule religion à proclamer qu'elle détient l'unique Vérité de Dieu, s'est agrippé aux textes et aux traditions qu'on leur a, depuis leur plus tendre enfance, prêché. Comme si réfléchir par soi-même, comme si s'ouvrir à d'autres manières de considérer les hommes, les femmes, le monde, l'univers qui les entoure, était offenser leur divinité. Comme si apprendre de celui qui voit les choses différemment, comme si accepter que d'autres vérités sont aussi essentielles que les leurs les condamnait à l'enfer éternel.

Pire encore : non seulement ils les repoussent, ils opposent foi et raison. Mais, en plus, ils essayent d'amener à croire comme eux ceux qui n'ont pas leurs convictions. Plutôt que d'écouter, que d'entendre ce que l'autre leur dit, ils vous traitent de mécréant, de sans Dieu, de damné promis aux limbes perpétuelles. Ou, au mieux, ils vous incitent à vous plonger dans le livre saint afin de suivre la voie de leur illumination. Et ainsi, convertir quelqu'un qui, à leurs yeux, se devait d’être sauvé de la perdition.