X1Quoi qu’il en soit, ces hommes et ces femmes ne voient qu’une infime part de moi-même au travers de ce que j’écris ici ou ailleurs. Et ce, même si j’y publie quotidiennement des textes. Il y a peut-être trois ou quatre personnes – elles se comptent sur le doigt d’une main – à qui j’ai ouvert davantage qu’aux autres la réalité de mon existence ; qui sont informés du pourquoi et du comment de mes souffrances, de mes peurs, de mes blessures, de mes cauchemars. Mais aussi, de mes joies, de mes fiertés, de mes bonheurs, de mes passions, de mes convictions. Il y a de nombreux aspects personnels que je ne dévoile pas, parce qu’ils sont ancrés au plus profond de mon âme et de mon cœur. Parce qu’ils remuent tant de choses, qu’ils sont liés à tant de faits qui m’ont bouleversé – en bien ou en mal -, qui m’ont fait évoluer, qui m’ont fait voir le monde, les hommes, les femmes, sous des regards que jamais je n’aurai cru possible au sortir de l’enfance.

Chacun vit des expériences qui le marquent à jamais. Il peut en tirer du positif ou du négatif ; et souvent un peu des deux, en fait. Il y a toujours plus malheureux ou plus heureux que soi.

Il y a des personnes qui sont marqués par la maladie, par le handicap – j’y appartiens, comme vous le savez pour ceux et celles qui me connaissent bien, ou depuis longtemps. Il y a des personnes qui sont marqués par la faim, la pauvreté, la solitude – j’en ai fais parti à une époque. Il y a des personnes qui n’ont pas toujours la force de franchir leurs propres difficultés – là encore, je suis rattaché à cette catégorie. Il y a des personnes qui vivent dans des zones de guerre, qui sont maltraités, humiliés, torturés, soumis à la plus ignominieuse des violences. Je pourrais poursuivre cette liste longtemps.

A coté de cela, il y a des personnes qui ont le privilège d’être en bonne santé, qui ne sont pas dotées de handicap. Qui ont un travail qui leur plaît, une famille, des revenus leur permettant de vivre correctement ; même si de temps en temps, tout n’est pas facile. Des personnes qui appartiennent à l’immense majorité – en tout cas, dans des pays « riches » comme la France. Ce sont elles, le plus souvent, qui appartiennent à cette catégorie qui juge et condamne, qui regarde de haut, avec mépris, avec violence parfois, ceux qui ne leur ressemblent pas.