X1Péninsule Balkanique, Xème siècle :

 

En 930, les Qarmates de Bahreïn attaquent à leur tour la Mecque et emportent dans leur île la Pierre noire, qu’ils ne rendent que vingt ans plus tard. Et en 931, Al-Battânî, savant arabe, effectue des recherches sur le sinus, la tangente et la circonférence de la Terre. Tandis qu »Al-Razi développe les hôpitaux et la pharmacie.

 

Vers 970, les Bogomiles – ou « Patariens » - arrivent en Bulgarie. Or, les Bogomiles sont des Dualistes et des Gnostiques qui croient que le Monde est foncièrement Mauvais. Ils sont persuadés que l’Esprit est emprisonné dans un corps impur. Et ils pensent que le meilleur moyen de se libérer passe par la Gnose ; cette Révélation personnelle qui même l’Ame à la Perfection et à la Connaissance de Dieu.

 

Pour développer leurs Doctrines, les Bogomiles se réfèrent à l’antique Philosophie Grecque, aux cultes à Mystères – comme celui de Dionysos -, ou aux Religions Dualistes – comme celle de Zoroastre. Ils s’inspirent également des textes Pauliciens, des livres de Mani, aux fameux manuscrits connus sous le nom de « Nag Hammadi ». Certains d’entre eux se prétendent être des descendants d’Initiés de la Secte de Paul qui ont fui l’Asie Mineure lorsque le Patriarche de Constantinople les en ont chassé. Puis, ils commencent à évangéliser les populations locales et à implanter leurs croyances dans toute la contrée.

Mais, en même temps, ils réussissent à instituer une Organisation très élaborée ; et ils permettent à d’autres Sectes – beaucoup plus dangereuses – de se perpétuer.

 

L’une des plus grandes figures religieuses de cette région, au cours de cette période, se nomme Aldabert. Evêque de Prague en 983, et se rendant compte que sa prédication ne suffit pas à convertir les Tchèques, il décide d’accomplir le pèlerinage de Jérusalem, en passant par l’Italie. Après un séjour dans un monastère romain, il retourne à Prague, à l’appel de ses fidèles. Mais, très vite, ceux-ci ne peuvent plus supporter sa rigueur. Aldabert repart alors vivre en ermite à Rome, mais l’archevêque de Mayence lui rappelle son devoir de pasteur. Il décide donc d’évangéliser les Prussiens, en 997. Le 23 Avril, les Prussiens le tuent et il reçoit ainsi le martyre auquel il a aspiré durant toute sa vie.

 

 

Scandinavie, Xème siècle :

 

Comme les Frisons, les Angles, les Saxons et les Jutes, les peuples Scandinaves – Danois, Norvégiens et Suédois – hantent depuis longtemps les cotes des mers septentrionales. Premiers peuples germaniques à migrer par la mer, les Angles, avec les Jutes et les Saxons, conquièrent l’essentiel de l’île de Bretagne. Les Frisons, eux, dominent les échanges commerciaux. Dans leurs entrepôts de Duurstede, sur le Rhin, s’accumulent les produits ramenés des rives de la Baltique, via le port danois de Haithabu, l’île de Gotland et Birka, sur le Mälaren, en Suède. On y trouve aussi des produits traditionnels du Nord comme les fourrures ainsi que d’autres ramenés d’Orient par la grande route de l’Est.

 

Comme leurs voisins, les Scandinaves sont mi-marchands, mi-pirates. Leur société est dominée par de grands propriétaires, à l’occasion marins et marchands. Et, à la fin du VIIIème siècle, des groupes, unis sous la conduite d’un chef de guerre, se lancent sur les routes que le commerce leur a déjà fait connaître, vers l’Est d’abord, vers l’Ouest ensuite. Guerrière ou marchande, l’aventure n’a qu’un but : enrichir les Vikings, leur apporter la gloire et les biens qu’ils pourront transmettre à leurs héritiers.

 

Menées au début, par de petits groupes, où brillent les exclus qui ont besoin de revanche ou de reconnaissance, les expéditions deviennent plus « politiques ». Alors, dans un premier temps, on vient s’emparer d’un butin – or, argent, esclaves -, à partir d’un campement provisoire. On songe ensuite à s’installer, ce qui nécessite un degré supérieur d’organisation. A la fin, les rois Danois et Norvégiens, longtemps absents de ces raids, prennent en main les grandes expéditions. A l’Est, les Suédois vont chercher jusqu'à Constantinople, les produits de l’Orient. Pour ce faire, ils remontent les fleuves russes qui se jettent dans la Baltique. Ils doivent porter leurs bateaux sur une cinquantaine de kilomètres, de la bouche Sud de la Dvina ou du lac Ladoga jusqu’au Dniepr, des lacs Ladoga et Onega jusqu'à la Volga. Ils n’ont plus ensuite qu’à descendre ces grands fleuves jusqu'à la Mer Noire et Constantinople, où on les appelles les « Varègues » ou les « Rus ». Les Varègues sont d’ailleurs fort prisés comme mercenaires par les Empereurs Byzantins qui enrôlent leur « garde varègue ».

 

Au cours de leurs pérégrinations, les Varègues ou Rus, entrent en contact avec les peuples Slaves dont l’organisation politique est rudimentaire. Grâce à leur position de mercenaires, ils établissent vite un contrôle sur ces peuples. Dès lors, des principautés scandinavo-slaves voient le jour. Novgorod est fondée en 860 après J.C. par un prince varègue, Riourik, ancêtre de la principale dynastie russe du Moyen-Age. En 882, le fils de Riourik, Oleg le Sage, s’empare de Kiev, qui va devenir la capitale du premier Etat Russe.

Forts de leurs succès, les Suédois lancent contre Constantinople plusieurs redoutables expéditions. Quelques raids à travers la mer Caspienne leur permettent aussi de s’enfoncer en pays Musulman, mais l’une de leurs vastes incursions, vers le Nord de l’Iran, tourne pour eux au désastre, leur fermant à jamais cet axe de développement. A cette époque, d’ailleurs, les Russes n’ont d’ailleurs plus guère de liens avec la Scandinavie : bien assimilés par les populations Slaves, infiniment plus nombreuses, ils se convertissent au Christianisme Byzantin. A la fin du Xème siècle, les Suédois se tournent vers l’Ouest : l’Est ne les attire plus.

 

A l’Ouest, les Norvégiens et les Danois rencontrent des situations variées. Après avoir pillé les pays Celtes et les îles, qui n’opposent qu’une faible résistance, ils occupent les îles des Hébrides, Orcades, Shetland et Man et s’installent sur les cotes septentrionales de l’Ecosse. Les Norvégiens fondent de petits royaumes dans les estuaires irlandais : Cork, Dublin, Limerick, Wexford. Mais les Irlandais, profitant des rivalités entre chefs ou entre Danois et Norvégiens, s’unissent contre les envahisseurs. En 1014, à la tète des Irlandais, Brian Boru gagne la bataille de Clontarf, marquant l’arrêt de l’avancée Viking. Toutefois, des petits royaumes norvégiens subsistent encore longtemps, tandis que se développe une influence mutuelle, encore accentuée par la conversion des Vikings au Christianisme.

 

Mais c’est surtout par l’Angleterre, beaucoup plus riche, que sont attirés les Vikings, les royaumes anglo-saxons, petits et divisés, résistant mal dans un premier temps. De 834 à 850, les Vikings y mènent une série d’expéditions, pillant systématiquement les villes et les établissements ecclésiastiques, et installant des tètes de pont, notamment à l’embouchure de la Tamise. En 865, arrive une immense armée, menée par des représentants des plus grandes familles vikings. York est occupée en 866. De raid en raid, année après année, les Vikings descendent ainsi vers le Sud. Ils s’installent à Londres en 871 et obligent le jeune roi du Wessex, Alfred le Grand, à acheter la paix. C’est toutefois ce royaume de Wessex, qui, en 878, joue un rôle déterminant dans la lutte contre l’envahisseur.

 

A suivre, si ce texte vous intéresse...