X1Si je l'affirme aussi clairement, c'est qu'à chaque fois que l'un d'eux se manifeste à moi, ma curiosité est attisée. Et à chaque fois, je fais un saut sur la page de celui ou celle qui s'érige en juge et bourreau de mes textes. Et à chaque fois, ce que j'y découvre me laisse pantois.

Dans l'immense majorité des cas, le mur de cet homme ou de cette femme ne montre que peu de choses ayant un lien avec ce pourquoi il – ou elle – s'en prend à moi. Y sont montré des images de leur quotidien, de leurs centres d’intérêts très éloignés de la littérature, de l'actualité, de l'histoire, de la philosophie.. Parfois aussi, ce sont des religieux et religieuses qui ont la foi chevillé au corps. Ils ne jurent, sur leur profil, que par Dieu ou par Allah. Quand ils sont musulmans, et qu'ils s'indignent de mon athéisme ou de mon extrême méfiance envers les dogmes en lesquels ils croient, ils viennent le plus souvent de pays du Maghreb ou du Moyen-Orient. Et lorsqu'ils s'expriment sur leur page, c'est majoritairement en arabe.

Il n'y a rien de condamnable à ce propos. Cependant, ce qu'ils oublient, c'est que je suis un français – un occidental au sens large du terme -, et que ce que j'écris fait référence à la partie du monde où je vis. Selon les principes de liberté, de laïcité, de droit de s'exprimer sur tout ce qu'il me plaît ; y compris le droit de critiquer la religion, les idées, etc. Eux, se réfèrent naturellement aux lois, aux idées, aux conceptions du monde et de la place de l'homme, qui sont en vigueur dans leur pays. C'est bien naturel. Néanmoins, lorsqu'ils commentent un exposé issu de France, écris par un français, leur réaction ne peut être que fulminantes à mon égard. Parce que les valeurs que j'y souligne leur sont étrangères.

Quant aux français de « souche » si je puis m'exprimer ainsi, leurs discours montrent une méconnaissance des différents aspects du sujet. Leurs idées sont teintées d’à-priori, de préjugés, qu'ils sont peu au fait des multiples implications de ce qu'ils réprouvent. Leur aveuglement est souvent incroyable. Les notions auxquelles ils se réfèrent sont souvent simplistes et peu objectives. Et surtout, et c'est là où je veux en venir, ils ne regardent ce que je publie que fragmentairement.

Car, je le dis et le redis au moins pour la centième fois – si ce n'est plus -, chacun de mes textes ne se concentre qu'un sur un aspect du sujet que j'explore. Il m'est impossible de développer de tels thèmes dans leur globalité en deux ou trois feuillets ; et encore moins en quelques lignes. De temps en temps, lorsque je livre un article ici, celui-ci est le résultat de huit à dix pages. J'y ai passé une journée entière ; et comme je l'avouais plus haut, sans relecture. Alors imaginez si je le relisais, si je l'approfondissais davantage encore.

De fait, si j'envisageais de l'approfondir aussi loin que je l'aimerai, ce n'est pas dix pages que je partagerai, mais cent, deux-cents ; un livre entier finalement. En outre, pour être tout à fait exact, l'ensemble de mes écrits tournant autour des thèmes sur lesquels je travaille régulièrement, sont rangés dans trois classeurs de 350 pages chacun. En ce qui concerne mes mémoires, c'est 450 pages et deux classeurs.

Ainsi, il est évident que chaque texte ne souligne qu'un aspect des choses. Celui ou celle qui souhaiterait découvrir l'ensemble de ma pensée, de mes connaissances, de mes réflexions, en histoire, philosophie, religion, politique, actualité, et les soubresauts qui les enchaînent les uns aux autres, devraient se pencher sur l'ensemble de mes articles. J'espère que cette fois, c'est ben clair.