X1Asie Centrale, XIème siècle :

 

Mahmud – 999 – 1030 – est le fondateur de Rhazni, en Afghanistan. Venu d’Asie centrale, héraut du sunnisme, c’est un guerrier intrépide qui entreprend de nombreuses expéditions en Inde, annexe le Pendjab en 1026, enlève Ispahan et l’Irak aux Buwayhides et fraie la voie aux Seldjoukides.

 

Mécène, Mahmud accueille dans sa capitale des savants comme le géographe Biruni, et des poètes, parmi lesquels Ferdowsi, le créateur d’une épopée nationale, qui compose à l’intention du souverain : « le Livre des Rois ».

 

 

Chine, XIème siècle :

 

En 960, un an après la mort du dernier Empereur de la dynastie des Zhou postérieurs, la dernière des Cinq Dynasties, le général Zhao Guangyin, proche de la famille régnante, organise une mutinerie et s’empare du pouvoir. Il fonde une nouvelle dynastie, qu’il baptise Song, et fixe la capitale à Kaifeng. Après une vigoureuse campagne militaire qui dure seize ans, il réussit à soumettre progressivement la quasi-totalité du pays situé au Sud de la Grande Muraille. Ce faisant, il met un terme au morcellement hérité de la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes : l’Empire Chinois traditionnel est presque reconstitué.

 

Cependant, les armées Song ne parviennent pas à conquérir les vastes espaces contrôlés par les « Barbares » autour de l’Empire : Khitans en Mandchourie et autour de Pékin, Djurtchets – nomades situés au Nord-Est – et Mongols au Nord, Tangoutes – proto-tibétains – installés dans la région de la grande boucle du Fleuve Jaune au Nord-Ouest, Nanzhao au Yunnan et Vietnamiens au Sud. La Chine a perdu de son emprise sur l’Asie. Elle est en outre entourée de voisins puissants, qui exigent de lourds tributs en échange de la paix. Aussi, loin de porter ses regards vers l’extérieur, le nouvel Empire se replie t’il sur lui même, cherchant avant tout à s’organiser.

 

De fait, les institutions héritées de l’ancien Empire médiéval des Tang est des Cinq Dynasties sont révisées. La centralisation est poussée à l’extrême à tous les niveaux : politique, militaire, économique et culturel. L’unification politique du monde Chinois proprement dit est alors la priorité absolue. Trois grands départements se partagent l’administration, dont l’Empereur reste le chef inconditionnel : celui de l’Economie et des Finances, qui gère les monopoles d’Etat – sel, thé, alcools, parfums -, ainsi que le budget et la population ; celui des Armées ; et, enfin, celui du Secrétariat, qui contrôle l’administration judiciaire, les nominations, les promotions et les châtiments des fonctionnaires. Ce département porte à la perfection le système des concours de recrutement, qui permettent d’engager les meilleurs éléments par des sélections réalisées au niveau des districts, dans les provinces. Dès lors, ce sont des fonctionnaires civils, les « mandarins », qui deviennent les rouages politiques essentiels de l’appareil d’Etat, au détriment des membres et des proches de la famille impériale, des eunuques, des concubines et autres intrigants, qui ont si souvent présidé aux destinées de la Chine.

 

Car, les candidats se préparent pendant des années en apprenant, par cœur, les classiques confucéens. Certaines catégories de la population sont pourtant écartées du système : acteurs, musiciens, marins, bourreaux, geôliers, ainsi que leurs descendants. Les épreuves peuvent durer trois jours consécutifs, pendant lesquels les postulants sont enfermés dans de petites cellules individuelles, après avoir été fouillés. Munis de leur pinceau, d’encre et de papier, ils rédigent de leur plus belle écriture des essais relatifs à la culture confucéenne et à l’art du gouvernement ; une composition poétique figure au programme. Les copies doivent être impeccables, sans ratures ni surcharges ; les lignes doivent contenir un nombre égal de caractères.

 

A cette époque, l’Etat s’enrichit rapidement grâce au développement du commerce et de l’industrie. Il en réorganise le fonctionnement en stimulant l’essor des grandes cités marchandes de l’intérieur et des cotes. Les échanges maritimes amorcés avec l’étranger, le Japon notamment, sont encouragés au départ des ports de Nankin, Canton – quartier « réservé » aux agents commerciaux étrangers y est créé -, Hangzhou, Wenzhou et Fuzhou.

 

D’un autre coté, l’agriculture n’est pas en reste. L’administration chinoise importe du Vietnam des variétés de riz précoce qui permettent de produire deux récoltes par an : la riziculture connaît un essor sans précédent dans les contrées méridionales. Les terres arables se couvrent de chanvre, de coton, de mûriers, destinés à l’élevage du ver à soie.

 

Hélas, cet Age d’Or est pourtant menacé. Le paiement de lourds tributs imposés par les puissances de la steppe en échange de pactes de non-agression, constamment renégociés, et les luttes au sein des milieux politiques provoquent l’effondrement du gouvernement central. Les pressions extérieures deviennent insupportables : le traité de paix conclu entre l’Empire des Song et le royaume des Khitans en 1004, impose à la Chine un versement annuel de 100000 taels, soit environ 3600 kilogrammes d’argent, et de 200000 pièces de soie de 13 mètres sur 0,77 mètre.

 

Un mouvement réformateur, dirigé par Wang Anshi – 1021 – 1086 – voit alors le jour. A la recherche d’une réponse aux carences du régime face à ces menaces extérieures, Wang Anshi avance des idées empreintes de justice sociale : il préconise une meilleure répartition des charges fiscales, favorise l’ouverture d’hôpitaux et de cimetières publics et propose la construction de greniers de réserve. Il réorganise l’armée de mercenaires, qui, forte de 1400000 hommes en 1050, est réduite à 500 000 soldats de métier, auxquels on adjoint des milices familiales paysannes. Mais Wang Anshi doit faire face à une farouche résistance des puissants conservateurs, dont les intérêts et les privilèges sont menacés. Il est écarté du pouvoir en 1085, et remplacé par son principal adversaire, Sima Guang, qui abolit toutes les réformes de son prédécesseur.