X1Puis, les membres de l’Ordre du Temple décident de faire allégeance à Godefroy de Bouillon. Par son intermédiaire, ils entrent en relation avec les chanoines du Saint-Sépulcre qui se sont établis dans la cité depuis peu. Ils découvrent dans leurs archives que la Tradition Chrétienne se réfère elle aussi à l’Arche d’Alliance. En les lisant, ils prennent conscience que les deux Pierres Sacrées enfermées à l’intérieur de la Relique sont censées représenter la Divinité elle même ; que l’Arche est un de ces Objets au cœur desquels le Seigneur réside en permanence.

 

De plus, progressivement, ils s’aperçoivent qu’il existe une relation Magique entre certains Outils Kabbalistiques et l’Arche. En effet, pour eux, celle-ci ressemble de façon évidente, par sa nature, au « Baphomet ». Et ils s’interrogent dès lors sur les raisons qui ont poussées Moïse à cacher les Tables de la Loi au centre d’un réceptacle clos tel que l’Arche d’Alliance. Ils ne comprennent pas, puisque les termes de la Loi gravés dans la Pierre par Dieu auraient normalement dû être voués à l’exposition publique. Ils supposent donc qu’il y avait un Secret beaucoup plus important à ne pas montrer à la population israélite avec eux.

 

Les Templiers mettent également à jour une dizaine de parchemins à demi détruits qui décrivent la construction du Temple à l’époque de Salomon. Ils les examinent. Ils apprennent d’eux qu’Hiram a été le Grand Architecte du Sanctuaire. Lalibéla y lit : « Un païen nommé Flégétanis ayant été en contact avec Hiram, puis des Mages Egyptiens présents pour ériger le Temple, acquit un haut renom. Ce Grand Initié était de la lignée de Salomon. Ses parents appartenaient à une famille d’Israël en des temps où les hommes n’étaient pas encore protégés par le baptême, contre le feu de l’Enfer. Et ce fut qui écrivit l’histoire du Graal, et de son lien avec celle de l’Arche d’Alliance. ». Lalibéla observe également qu’Hiram semble avoir été le premier Initiateur de la Tradition Maçonnique en Enseignant les Mystères qu’il a dissimulé au sein du Temple, à plusieurs de ses confrères. Hiram aurait révélé à ces derniers pourquoi il a enlevé une pierre de manière injustifiée, au terme de l’édification du monument. Lalibéla remarque encore un paragraphe dans lequel il est dit que ce bloc devrait un jour réintégrer sa place dans le corps de l’édifice afin de lui servir de Clef de Voûte Fondamentale. Et, enfin, il décrypte l’itinéraire de quelques uns des Initiés formés par Hiram ayant ensuite diffusé leur Secret à travers tout le Moyen-Orient, et ayant fondé des Sectes s’étant perpétuées à travers les ages ; avec, parmi elle, celle des Esséniens au Ier siècle avant notre Ere, et à laquelle Jésus se serait affilié à un moment donné de sa vie.

 

Un confrère de Lalibéla écrit alors à ce sujet : « Pourquoi ne pas penser qu’à l’époque de Jésus et des Esséniens, il y avait autre chose dans le Temple, de beaucoup plus important que son trésor, et que ceux-ci le savaient ? Voyant les phalanges romaines aux portes du Sanctuaire, les Esséniens ont peut-être prévenu les Grands Prêtres Saducéens. Et ces derniers ont peut-être abandonné aux pillards le butin espéré, et caché leur autre trésor ailleurs ; sous le Temple, par exemple.

 

Les Esséniens ont donc certainement été les ultimes Gardiens de l’Arche d’Alliance ; car on n’a jamais retrouvé leur trace après la chute de la forteresse de Massada. Il se peut en effet que les Clercs Saducéens, sentant Jérusalem menacée, leur ont confié la précieuse Relique. Puis, ces Saducéens ont peut-être fait en sorte qu’elle quitte la Ville Sainte en leur compagnie, afin qu’ils la cachent dans un refuge beaucoup plus sûr et beaucoup plus discret. Et les Esséniens l’ont peut-être ensuite transportée jusqu'à Massada, et l’y ont peut-être abritée jusqu’en 73. Car, nous devons nous souvenir que le Temple a été détruit en 70, et que ce n’est qu’en 73 que toute résistance a pris fin dans la citadelle. Or, qu’est t’il advenu de l’Arche entre-temps ? Nous n’en savons rien. ».

 

Et plus loin : « De même, nous savons que Magdeleine - le mystérieux personnage de l’Evangile -, a en réalité été l’épouse de Jésus. Tous deux ont eu un ou plusieurs enfants. Après la crucifixion de son mari, celle-ci a clandestinement gagné la Gaule. Elle a trouvé refuge auprès des communautés juives qui habitaient le Sud du pays. Et une descendance directe de Jésus y a donc rapidement pris racine.

 

Nous savons en outre que ce « Sang Réal » - ou « Sang Royal » - s’y est perpétué dans le plus grand secret pendant plus de 400 ans ; ce qui est un laps de temps normal pour qu’un haut lignage s’établisse. Plusieurs alliances dynastiques avec d’autres familles hébraïques, romaines et wisigothes, s’en sont ensuite suivies. ».

 

Et, à quelques jours de là, les Templiers finissent par y découvrir un Livre Ancien. A leur grande surprise, à l’intérieur de celui-ci, il y est expliqué en Araméen la manière dont Jésus à été Initié à une Tradition Immémoriale au cours de son voyage en Egypte. Dans la Bibliothèque d’Alexandrie, il aurait étudié un fragment de l’Evangile Mystique d’Osiris. Il lui aurait été révélé une Sagesse remontant aux Premiers Ages de l’Humanité. Il lui aurait été évoqué un Osiris ayant l’apparence d’une chèvre. Et il lui aurait révélé que, parfois, ce dernier a eu le titre de « Baphomet ».

 

Lalibéla écrit alors : « Les Tables de la Loi de Moïse sont, comme je le crois, une formule de l’Univers ; et les Connaissances qui y sont inscrites sont issues d’Egypte. C’est pour ces raisons que, pour pouvoir agir sur la Réalité de notre Monde, il faut être apte à employer la pierre de la même façon que les bâtisseurs de dolmens, de certains monuments Egyptiens, de certains Sanctuaires Grecs, et du Temple de Salomon. »

 

Quelques semaines plus tard, le curopalate Thoros, prince arménien de la ville d’Edesse, fait appel à Godefroy pour lutter contre les Turcs. Mais celui-ci exige en échange que Baudouin, son frère, soit désigné comme héritier. Thoros donne sa fille en mariage à ce dernier. Malgré cela, Baudouin laisse la populace massacrer sa femme et son père adoptif. Edesse devient dès lors un Etat féodal, où les seigneurs francs s’allient par mariage aux Arméniens. Et la principauté s’étend alors bientôt vers le Nord de la Mésopotamie.

 

Un an plus tard, Godefroy de Bouillon meurt pendant le siège d’Acre, « pour avoir mangé une pomme de cèdre » ; c’est donc Baudouin d’Edesse, qui, le 25 Décembre 1100, est sacré premier roi de Jérusalem.