X1Egypte, XIIème siècle :

 

En 1116, le Calife Al Mamun décide d’examiner l’intérieur de la Grande Pyramide de Guizèh. Il demande donc à ses ouvriers Arabes de forcer le calcaire massif qui recouvre ses parois extérieures. Durant deux semaines, ceux-ci le martèlent et le déchirent. Ils parviennent à l’écorner, à déboucher sur un passage ténébreux et sinistre. Apeurés, Al Mamun leur ordonne d’aller plus avant. Ils le longent alors, et entrent bientôt dans une Chambre assez vaste, mais qui est vide. Et, finalement, ils reviennent sur leurs pas, et ressortent de la Pyramide afin de prévenir Al Mamun de ce qu’ils y ont vu.

 

Or, voici ce qu’écrit un des chroniqueur qui se trouve aux cotés du Calife à ce moment là : « Al Mamun ouvrit une brèche sur l’un des cotés de la plus grande des Pyramides. Il constata qu’un couloir conduisant en pente, se discernait là. Il entra dans le corridor, et pénétra à l’intérieur d’une Chambre cubique à la base, voûtée au sommet, et très grande au milieu. Sur son sol, était placé un cercueil de marbre, vide. A coté de lui, était creusé un puits de dix coudées de profondeur. Ce puits était carré, et les hommes qui y descendirent rencontrèrent sur chaque coté, une porte conduisant à une vaste salle remplie de corps morts. Ces derniers étaient enveloppés d’un linceul plus long que ne le seraient cent robes. Le temps avait altéré ces cadavres, qui étaient devenus noirs ; pourtant, ces corps, qui n’étaient pas plus grands que les nôtres, n’avaient rien perdu de leur tissu, ni de leurs cheveux. De plus, ils étaient encore solides. Personne ne pouvait détacher un seul membre d’eux, bien qu’ils aient été extrêmement légers, du fait que les siècles les avaient rendu aussi peu pesants que de la paille sèche.

 

Dans ce puits se trouvaient ainsi quatre Chambres encombrées de cadavres d’hommes et de chauve souris. Pourtant, au fond de l’une de ces pièces, se discernait une porte qui conduisait au sommet du monument. Son couloir ne possédait pas d’escalier, et mesurait près de 5 empans de largeur. Un serviteur d’Al Mamun y pénétra et arriva dans une petite Chambre. Au centre de celle-ci, apparaissait une statue d’homme en pierre verte comme le dahang. Cette statue fut apportée à Al Mamun. Elle était recouverte d’une couche de lapis lazuli que l’on retira. On en exhuma le corps d’un homme revêtu d’une cuirasse d’or incrustée de pierreries. Sur sa poitrine était posée une épée d’un prix inestimable, et près de la tète, resplendissait un rubis de la grosseur d’un œuf de poule. Et il était éclairé comme une flamme, avec des caractères que nul ne put déchiffrer.

 

Al Mamun prit ce joyau pour lui, tandis que la statue d’où ce mort avait été tiré fut jeté près de la porte du palais du roi, au Caire. ».

 

Dans les jours qui suivent, Al Mamun et ses ouvriers ne mettent plus aucun trésor à jour. Ils ne découvrent seulement que des outils et des épées en métal inoxydable. Quant aux maléfices qui, soit disant, environnent la Pyramide, ils restent impalpables.

 

Or, à quelques mois de là, intrigué par une rumeur prétendant que des lumières mystérieuses émanent du sommet de la Grande Pyramide, le Chroniqueur d’Al Mamun décide de revenir sur place : « Plusieurs jours d’investigation, ainsi qu’une étude tout à fait provisoire, me firent soupçonner que les illuminations étaient dues à des flamboiements issus des fins fonds du monument. ».

 

Puis, quand il y pénètre de nouveau, mais accompagné que d’un seul serviteur : « En descendant, après avoir longé un corridor incliné, je m’arrêtais sur le seuil d’une espèce de grotte. Autrefois, des gens y avaient pratiqué une excavation en enlevant des cailloux roulés ; quelques uns restaient d’ailleurs encore attachés à la voûte. D’autres étaient placés sous mes pieds. Je me reposai donc là, et je comparais les pierres avec celles qui étaient au fond de la caverne.

 

Ensuite, en revenant sur mes pas, je dus m’arrêter une seconde fois. Et je me demandais ce que pouvait signifier cette galerie bizarre que j’avais déjà rencontrée en venant. En effet, elle possédait deux rails de marbre séparés par une abîme. Et elle aboutissait à un carrefour au milieu duquel se trouvait un puits dont je n’avais pas pu discerner le terme. ».

 

Et plus loin : « Lorsque je sortis de là, je me rendis compte que j’avais séjourné quelques temps dans le puits. J’y avais porté trois torches et absorbé une grande quantité d’air vital. Peu de temps après, un serviteur que j’y avais dépêché pour voir si tout allait bien, vint, pale et tremblant, me dire que la lumière du fonds s’était éteinte d’elle même, et que celle de la grotte paraissait sur le point de s’éteindre également. Il me dit encore, plein d’effroi, que le Diable était dans le puits.

 

Alors, je décidais d’augmenter son salaire de quelques parats. Je lui is comprendre qu’il devrait remonter aussitôt que la lumière déclinerait de nouveau. Et, de fait, les jours suivants, je pus travailler avec lui quatre heures avant le matin, et trois heures le soir ; après un repose de quatre à cinq heures, pour laisser le temps à l’air de se renouveler. ».

 

Malgré tout, moins d’une semaine après cette seconde exploration de la Grande Pyramide, une rumeur la concernant commence à se répandre parmi les populations locales : le monument recèlerait encore des Secrets. Sa masse énorme dissimulerait une autre Chambre du Roi, que l’on découvrira un jour. Et : « La Pyramide cachait des inscriptions inconnues et inintelligibles en son sein. Elles avaient été faites par des gens et des nations dont les noms et l’existence sont oubliés depuis longtemps. ».

 

En 1196, le Sultan Saleh el Din Youssef ben Yaoub entame la construction d’une citadelle à proximité de la ville de Masr. Il s’approprie donc la plupart des matériaux essentiels à son érection dans les ruines de petits Temples entourant le site de Guizèh. Et il fortifie ses positions, puis élève trois ponts enjambant le Nil.