X1Maroc, XIIème siècle :

 

En 1120, un Berbère, issu de l’Anti-Atlas marocain, Ibn Tumart part en guerre contre les Almoravides, auxquels il reproche d’avoir succombé aux charmes du raffinement andalou. Il combat également le malékisme et prêche une nouvelle doctrine fondée sur le respect absolu de l’unicité de Dieu, ou « al-Muwahhid ». Ses partisans sont les « muwahhidun » - ou les « unitariens », ou encore, les « Almohades » -.

 

A sa mort, son disciple et compagnon Abd al-Mu’min entame la conquête du Maghreb. En 1147, il fonde la dynastie des Almohades en s’emparant de Marrakech et, en 1160, il atteint le rivage des Syrtes. Pour la première fois depuis longtemps, l’unité du Maghreb est réalisée. Abd al-Mu’min se proclame ensuite calife de cet Empire musulman.

 

Les Almohades ne parviennent cependant pas à éradiquer le malékisme et leur déclin est très rapide. La défaite que leur infligent les Espagnols à Las Navas de Tolosa en 1212 affaiblit la dynastie. L’édifice se lézarde à partir de 1229 avec l’apparition de plusieurs royaumes locaux : Hafsides à Tunis, Abdalwadides à Tlemcen, Marinides au Maroc, Nasrides à Grenade.

 

 

Empire Byzantin, XIIème siècle :

 

Aaron est un Magicien Byzantin vit longtemps dans l’entourage de l’Empereur Manuel Commène – 1143 – 1180 -. Il est alors capable d’évoquer les disparus, de commercer avec les Esprits infernaux et de pratiquer des envoûtements posthumes.

 

Un jour, il écrit : « Je vis depuis plus de 1000 ans. Je connais les caractères Kabbalistiques des planètes, ainsi que le Miroir des Miroirs, que l’on nomme aussi « Dragon Rouge ». ». Plus loin : « J’ai voyagé à Venise, à Rome, en Grèce et en Asie. Je possède dans ma Bibliothèque des Livres faisant référence aux Mystères les plus Anciens de l’Humanité. ».

 

 

Espagne, XIIème siècle :

 

Après leur victoire de Saragosse en 1118, de graves crises successorales empêchent les royaumes chrétiens d’exploiter la situation : la Castille est partagée en trois pendant plusieurs années, le Portugal devient indépendant, et l’union de l’Aragon et de la Catalogne, par le mariage de leurs souverains, reste strictement personnelle. Une vague prééminence est pourtant reconnue au roi de Castille, qui revendique le titre d’Empereur. Mais l’Espagne reste divisée.

 

En 1195, les nouveaux maîtres de l’Afrique du Nord et de l’Espagne musulmane, les Almohades, écrasent l’armée d’Alphonse VIII de Castille près d’Alarcos. Cet événement dramatique est l’ultime détonateur de la Reconquête. Le nouvel appel du pape à la croisade ne rencontre pas un grand succès, car la Reconquête est devenue peu à peu un problème national. C’est une armée strictement espagnole, réunissant les rois de Castille, d’Aragon et de Navarre, qui remporte la bataille de Las Navas de Tolosa, le 15 Juillet 1212. Cette victoire décisive ouvre aux chrétiens le bassin de Guadalquivir. Et le souverain de Castille peut prendre le titre de « roi des trois religions ». Car, bien que chrétien, il s’entoure de poètes et de savants juifs et musulmans.

 

 

Italie, XIIème siècle :

 

En 1120, Calixte II, dénonce l’hérésie Cathare qui ne cesse de progresser en Languedoc. Puis, en 1130, à la mort de son successeur, Honorius II, le cardinal Pierleoni, homme d’une grande culture, issu d’une famille juive convertie, est élu pape et monte sur le trône de Saint-Pierre sous le nom d’Anaclet II. Mais une forte minorité de cardinaux lui préfère Innocent II, qui apparaît très vite comme le pape légitime, grâce au soutien que lui apporte Saint-Bernard, le personnage le plus prestigieux de la Chrétienté. Celui-ci affirme que, si les électeurs d’Anaclet ont été les plus nombreux, ceux de son adversaire ont été les plus sages. Roger II de Sicile, lui, apporte son soutien à Anaclet ; pour remercier son défenseur, ce dernier le couronne roi l’année même de son avènement. Le Normand va défendre l’antipape jusqu’à la mort de celui-ci, en 1138, et va même lui faire élire un successeur, Grégorio Conti, qui prend le nom de Victor IV. Ce dernier se soumet quelques mois plus tard, après une nouvelle intervention de Saint-Bernard, tandis qu’Innocent II est battu, fait prisonnier par Roger II et doit reconnaître sa défaite.

 

A partir de 1139, les conciles de Latran organisent la vie de l’Eglise et l’encadrement des fidèles, réglementent la discipline ecclésiastique, définissent les obligations des fidèles, la pratique des sacrements et le conformisme religieux.

 

L’Eglise revendique la direction de la Chrétienté. « Rome est la tète du Monde » affirme le concile de 1139.

Malgré tout, Frédéric Barberousse, Empereur de Germanie cherche à reprendre le clergé en main. Affirmant tenir son autorité directement de Dieu, il proclame son droit au gouvernement du Monde et cherche à imposer son autorité à l’Italie. Il se heurte alors au pape, protecteur des villes d’Italie du Nord regroupées dans la Ligue Lombarde. Vaincu, Frédéric doit ensuite accepter la paix de Venise. De la lutte entre le sacerdoce et l’Empire, l’Empire sort défait.

 

Ailleurs, la Sicile est désormais le centre de la puissance Normande. A sa tète, le fils de Roger de Hauteville, Roger II, entreprend de soumettre le Sud de l’Italie, la Pouille étant de nouveau à prendre. En dix ans de campagnes d’une extrême violence, il construit sur le Continent un pouvoir royal aussi fort que celui dont il dispose en Sicile. Il contraint en effet la papauté à lui accorder le titre de roi pour la Sicile, Capoue et la Pouille. Roger II étend sa domination sur la cote africaine, qu’il contrôle de Tunis à Tripoli à partir de 1148, mais que ses successeurs perdent après sa mort, en 1154.

 

Le royaume Normand réussit d’abord à se maintenir, mais par le jeu des successions et des alliances matrimoniales, il tombe finalement en 1194 au mains de l’Empereur Henri VI de Hohenstaufen et devient bientôt l’une des bases principales du pouvoir impérial germanique.

 

Le royaume Normand de Sicile, étendu par Roger II en « terre ferme » n’est donc pas seulement le théâtre d’exploits militaires. Il est aussi le lieu où se développe une Civilisation brillante où coexistent chrétiens grecs et latins, juifs et musulmans, et dont la vie intellectuelle est féconde. C’est par Palerme que l’Occident reçoit certaines œuvres de l’Antiquité grecque ainsi que les écrits de médecins et d’astronomes Arabes. Les comtes et rois de Sicile utilisent en outre la richesse du pays pour centraliser un Etat calqué sur les modèles orientaux : le souverain, invisible dans son palais Arabe de Palerme, s’entoure d’un harem et d’eunuques, et gouverne en despote. Ce mode de gouvernement provoque d’ailleurs plusieurs révoltes des villes et des féodaux, mais celles-ci ne diminuent pas la puissance d’une monarchie qui fait connaître son Age d’Or à la Sicile.