X3C'était en germe depuis la fin de l'URSS et l'éclatement du bloc Communiste, nous devons désormais faire face à une nouvelle sorte de guerre. La première Guerre du Golfe l'a annoncée ; la guerre civile algérienne et les attentats du GIA sur le sol français en 1995, puis la guerre d'ex-Yougoslavie, l'ont dévoilé. Le 11 Septembre 2001 l'a définitivement exposé à la face du monde : nous sommes, depuis cette époque, au cœur d'un Troisième conflit planétaire qui ne dit pas son nom.

La confrontation Est-Ouest l'a largement occulté. Cependant, depuis la fin de la décolonisation, tout ce que nous vivons actuellement avec la radicalisation religieuse – qu'elle soit islamiste, chrétienne, ou juive – est l'aboutissement de rancœurs, de haines, de violences, de fanatismes, ou d'antagonismes nés à l'issue de cette période.

D'aucuns souligneront qu'il y a longtemps que tout cela est terminé, que la page est maintenant tournée depuis des dizaines d'années. En apparence, ils ont raison. Mais en apparence seulement… Car les peuples du Proche et du Moyen-Orient soumis pendant des siècles, parfois, à l'Europe, n'ont pas oublié les horreurs que l'Occident leur a infligé. L'esclavage, les humiliations, les déportations en Amérique, les richesses de leurs territoires spoliées. Pire encore, lorsque nous avons eu besoin d'eux, au cours de la Première et de la Seconde Guerre Mondiale, ils ont versé leur sang pour nous libérer. Durant les Trente Glorieuse, alors que tout y était à reconstruire, nous les avons encouragé à venir s'établir chez nous pour nous aider à nous relever des décombres.

Pour remercier ceux et celles qui ont traversé la Méditerranée dans ce but, nous les avons parqué dans des barres d'immeubles, dans des cités aux marges de nos grandes mégalopoles. Eux qui pensaient pouvoir s'intégrer, nous leur avons fait comprendre qu'ils n'étaient considéré que comme des bêtes de somme, tout juste bonnes utiles aux basses besognes.

Deux ou trois générations se sont succédés depuis. On aurait pu imaginer qu'avec le temps, les descendants de ces populations auraient pu profiter des bienfaits de la civilisation occidentale. Au contraire, le fossé n'a fait que se creuser. Après l'indépendance de leurs pays d'origine, alors que leurs enfants étaient devenus des français à part entière, cette ségrégation ne s'est pas éteinte.

La crise s'est manifestée à partir du milieu des années soixante-dix. Depuis, elle n'a fait qu'empirer. Elle a touché des populations de plus en plus nombreuses, de plus en plus diverses. Mème ceux et celles qui se croyaient à l'abri – les personnes détenant des diplômes -, ont été pris dans cette spirale infernale. Le monde ouvrier a décliné. Le Communisme auquel celui-ci était viscéralement attaché depuis la Libération, s'est effondré avec la chute du Mur de Berlin. L'industrie s'est expatrié dans des pays où le coût de la main d’œuvre est dérisoire.

Avec une civilisation où la consommation à outrance est le moteur de la croissance, les autres principaux secteurs de l'économie ont suivi un chemin semblable. Les cités se sont ghettoïsées. Le communautarisme emprunt de religion – ultime refuge que leurs parents ou grands-parents ont emporté avec eux de leur patrie de jadis -, s'est accentué. Jusqu’à en rejeter aujourd'hui la France et ses valeurs.

 

A suivre...