X3Non seulement ça, mais avec la mondialisation et l’hyper-information due à l'apparition d'Internet, ce ressentiment a commencé à s'exporter en dehors des banlieues dites « chaudes ». Des jeunes en perte de repères, sans emploi, sans rêves, sans espoir, ont trouvé dans cette radicalisation religieuse quelque chose que ce qu'ils vivaient au quotidien ne leur apportait pas. Y compris au sein de milieux sociaux, au niveau d'éducation et de culture sans commune mesure avec cet univers. Et finalement, a été engendré une catégorie de djihadistes formés sur Internet, prêts à aller en Syrie pour y défendre leur vision de la « vraie foi ». Ainsi que de futurs kamikazes de cette région du monde en permanence en pleine ébullition, capables de se faire exploser à Paris, à Londres, à Madrid… ou à Bruxelles.

Parallèlement, comme je l'exprimais plus haut, le 11 Septembre a dévoilé la rancœur d'une certaine frange – minime certes, mais très bruyante – du monde musulman à l'encontre de l'Occident. Rancœur d'autant plus exacerbée que, malgré la fin du colonialisme, la civilisation occidentale n'en n'a pas moins continué à s'enrichir et à détenir un niveau de vie élevé à leurs dépends : pétrole, ressources minières, gazières, bois, industrie, etc. De nombreuses multinationales ont bâti leurs fortunes sur l'exploitation de ces richesses. Et le plus souvent, sans que les peuples habitant sur les territoires où elles étaient extraites n'en tirent un quelconque avantage.

Le dernier exemple en date venant démontrer mon propos est la guerre d'Irak de 2004 : certes, Bush a renversé Saddam Hussein et envahi ce pays afin de terminer le travail de son cher « papa ». On sait parfaitement aujourd'hui que les armes nucléaires ou bactériologiques que le dictateur était censé détenir, n'était qu'une vaste fumisterie. Une campagne de désinformation et de propagande que la population américaine a gobée ; d'autant plus aisément du fait de son désir de revanche après le 11 Septembre 2001.

La guerre d'Afghanistan déclenchée juste après le 11 Septembre s'éternisant, il était vital de trouver un autre coupable, plus accessible, et plus rapidement éliminable. D'un autre coté, dans la perspective de raréfaction des ressources pétrolières au cours des prochaines décennies – il ne faut pas se leurrer, le baril de pétrole bon marché comme ça l'est actuellement, ne va pas durer -, était un objectif majeur. La civilisation occidentale, et encore plus américaine, est essentiellement basée sur l'automobile, ou sur l'avion. Encore plus qu'en Europe, ce moyen de locomotion est un mode vie, de penser, de civilisation à part entière. Et la hantise des États-Unis est de ne plus pouvoir accéder à cet or noir sur lequel repose toute leur économie, ce rêve américain qui est ancré dans le cœur et dans l'âme de chacun de ses citoyens. Et tant pis s'il subsiste au détriment de nations lointaines dont les préoccupations essentielles lui sont étrangers.

En outre, l'Irak était un enjeu stratégique, parce qu'il a une frontière commune avec l'Arabie Saoudite, un allié de longue date des USA dans cette région du monde. L'Irak n'est pas très éloigné d’Israël et de la Palestine. Et on sait que les États-Unis tiennent à leurs liens avec Israël ; tout en gardant un œil vigilant sur lui pour qu'il n'empiète pas trop sur les territoires autonomes de Palestine et le Bande de Gaza. L'Irak qui a une frontière commune avec l'Iran des Ayatollah, ennemis jurés depuis la Révolution Islamique de 1979 et la chute du Schah de Perse ; bien que les relations se soient un peu réchauffées depuis peu. L'Irak n'est pas non plus très éloigné du canal de Suez, artère essentielle du commerce international entre l'Afrique et l'Asie. Éventuellement, c'est une base arrière en direction de la Corée du Nord, en cas de conflit.

A suivre...