X1Inde, XIIème siècle :

 

Au début de ce siècle, une nouvelle dynastie Turque, originaire de Ghor, supplante celle de Rhazni, et part à la conquête des territoires des Rhaznévides. En dix ans, Muhammad de Ghor – 1175 – 1206 -, afghan d’origine, annexe le Multân, le Sind, Lahore, et conquiert Ajmer, Kanauj, Bénarès. Il est pourtant assassiné. Son lieutenant, Qutb al-Din Aybak, un ancien esclave, lui succède et prend le titre de « Sultan », c’est à dire « puissant ».

 

C’est à ce moment là que Delhi commence à servir de capitale. Muhammad de Ghor la prend en effet aux Rajputs, après sa victoire de Tarain. La ville connaît alors de nouvelles implantations : Ala al-Din Khalji la fait transférer quelques kilomètres au Nord-Est ; les Turhluq, quant à eux, construisent deux cités différentes.

 

Qutb al-Din érige la mosquée de Quwwat al-Islam, puis le Qutb Minar, le minaret le plus élevé du monde. Le collège ou la grande citerne témoignent de la splendeur de la ville sous le sultanat.

 

Les musulmans ne peuvent dès lors se fondre rapidement dans la société indienne. Ils gardent leur langue, leurs coutumes, et répugnent à adopter une religion polythéiste. Au début de leur implantation, ils vivent même totalement en marge de la société hindoue. Et, si la population musulmane augmente pendant cette période, ce n’est pas seulement à cause de la conversion des indigènes, mais aussi en raison de l’immigration de l’Asie du Centre et de l’Est. Mongols, Turcs, Afghans, Perses et Arabes viennent en effet chercher un emploi et fortune dans le sultanat. Ils tentent même, parfois, de s’emparer du pouvoir suprême.

 

Imitant les musulmans au pouvoir, les élites hindoues imposent le voile à leurs femmes. Les filles sont mariées vers sept ou huit ans, ou même dès la naissance. Peu éduquées, elles sont soumises à leur père, frères ou mari. Les jeunes épouses doivent obéir à leur belle-mère ; la position de la mère est très respectée. Seules les musulmanes ont légalement droit à une part d’héritage. Les veuves musulmanes peuvent en outre se remarier, mais restent épouses de second ordre.

 

Les hindoues, elles, doivent demeurer célibataires, ou suivre leur époux sur le bûcher funéraire : c’est le sati, qui est surtout pratiqué dans les clans rajputs.

 

 

Chine, XIIème siècle :

 

En 1125, afin de reconquérir certaines Régions du Nord de la Chine qu’ils ont perdu en 960, l’Empereur Song s’allie aux Djurtchets de Mandchourie. Peu après, la Dynastie issue de Liao subit une lourde défaite, et doit se replier. En 1126, les Clans Mandchous se retournent contre leurs alliés de l’année précédente, investissent la Métropole Provinciale de Kaifeng, et obligent la Famille Impériale et son Souverain, à l’abandonner. Ils fondent une nouvelle Dynastie – celle des Jin -, parviennent à capturer les membres de l’ancienne Maison Royale. Et, ils déportent ces derniers vers une Province lointaine.

 

Or, en 1127, un des fils Song réussit à échapper à ses geôliers. De fait, il rejoint le Sud de la Chine ; qui n’est pas contrôlée par les Jin. Il y rétablit la Souveraineté de sa Dynastie. Durant une brève Période, il établit sa Capitale à Nankin. Quelques temps plus tard, il transporte son Administration à Linan, et la déclare Métropole de l’Empire Song restauré.

 

C’est également à cette date que l’Empereur Jin nomme « Zhongdu » - anciennement « Nanjing » ; ou, « Pékin » - Métropole Jin. Il entame ensuite une Politique d’intégration envers la Religion Taoïste : il installe le Maitre Taoïste Lu Dongbin dans la Cité Shaanxi de Yonglezhen. Il lui donne de l’argent afin qu’il puisse décorer sa demeure de Peintures murales représentant les Divinités qu’il vénère. Il accepte ainsi qu’il trace les modèles de 280 figures Célestes sur les parois de celle-ci. Il ne voit pas d’inconvénients à ce qu’il illustre sa propre existence au travers de 52 Tableaux. Il n’est pas choqué lorsqu’il décide de relater la vie de Wang Chongyang – et de ses 49 Adeptes – en 49 Scènes. Et, il est enthousiaste lorsqu’il apprend qu’il se met à sculpter des allégories architecturales, des paysages rocheux, forestiers, nuageux, montagneux, des édifices en ruines, et des Héros Antiques.

 

En 1130, les tensions politiques des Song avec Les Jin du Nord, s’accentuent. De fait, l’Empereur écarte les mouvements réformateurs de son entourage, mais des luttes subsistent entre les partisans de la reconquête des terres perdues, comme le populaire général Yue Fei, et les partisans du statu quo, qu’ils sont prêts à maintenir à n’importe quel prix.

 

Malgré tout, la capitale Song Linan profite largement de l’arrivée des réfugiés et du transfert du centre politique du pays. Elle compte près de 2 millions d’habitants, et une vie urbaine « moderne », qui rappelle celle de Kaifeng, s’y développe rapidement : les boutiques et les ateliers artisanaux s’implantent au cœur même de la ville, à coté des bâtiments réservés à l’administration et au logement des fonctionnaires. Dans les quartiers de plaisir, les théâtres, les salles de jeux de hasard et les maisons de prostitution restent ouverts jusqu'à l’aube. Quant aux innovations techniques, éprouvées dans le Nord, elles se perfectionnent dans le Sud. Et, de grands travaux d’irrigation, tandis que la construction de réservoirs est achevée dans la région du cours inférieur du Fleuve Bleu.

 

Par ailleurs, dès 1130, les progrès de l’imprimerie par procédé xylographique contribuent à la diffusion du savoir et à l’augmentation de la population alphabétisée. L’avance de la Chine du Sud est considérable. Les impressions peuvent atteindre 1500 exemplaires par tirage, à partir de blocs de bois gravés. Les textes sont de toutes nature – traités de sciences naturelles et d’agronomie, de physique, de mathématiques ; recueils de poésie -, et beaucoup rejoignent la Bibliothèque Impériale et les collections des notables. Des journaux officiels et privés circulent dans les grands centres urbains ; des plaquettes destinées à diffuser les moyens de diagnostic et de thérapie ainsi que des planches imprimées représentant les 657 points d’acupuncture sont distribués gratuitement par les services officiels dans les préfectures.

 

En 1137, l’Empereur Song Yao souhaite ériger une Nécropole Dynastique à proximité de Shanghai. Il demande donc à ses Architectes de trouver un site adéquat. Ensuite, il leur ordonne d’y élever un Pilier, avec, sur les parois de celui-ci, une Carte représentant le Monde tel qu’il était autrefois, des Informations Scientifiques extrêmement précises, les Longitudes et les Latitudes des Continents qui apparaissaient à la surface des flots il y a des dizaines de milliers d’années. Mais surtout, il exige que sur l’une de ses faces, soit écrit : « Lorsque le Kis qui précéda notre Epoque arriva à son terme, un jour durait dix jours. De fait, il y eut de sérieuses perturbations dans le mouvement des Etoiles, ainsi que dans le cheminement de notre Planète. ».

 

Ensuite, tout autour du Monolithe, il fait installer des Statuettes Funéraires représentant les 380 plus hauts dignitaires de l’Etat. Il réclame que certaines de ces Figurines portent des épées, des lances, des hallebardes, ou des haches. Il insiste pour que certaines autres possèdent des éventails, des dais, des tambours, et divers instruments de musique. Il exprime le souhait qu’elles soient accompagnées de deux chars, tiré chacun par quatre chevaux. Il prie pour qu’à leurs cotés soient déposés un échiquier, ses pièces, des peintures, des rouleaux calligraphiés, des pinceaux à écrire, des encriers, du papier, et des vases en or, en argent et bronze. Et, enfin, il recommande qu’y soient exposés 300 Livres rédigés sous la Dynastie Yuan, et un bas relief montrant des hibiscus fleuris et des papillons.

 

Une fois la construction de son Tombeau achevée, et ces objets déposés, Yao demande à une Société Secrète à laquelle il appartient, « les Triades », de veiller sur son Sépulcre. Dès lors, il fait en sorte que chacun des Initiés rattaché à celle-ci, contribue à son entretien. Au cours d’un Rituel, il recueille leur argent. Puis, il utilise ce pécule afin de se faire tailler un costume Sacramental sur mesure, pour aider la Chapelle où ils vivent à fonctionner, et pour les Instruire des Rituels à organiser lors de la Cérémonie qui le conduira jusqu'à sa Demeure d’Eternité.

 

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