X3C'est tellement plus simple, c'est tellement plus facile, de laisser agir « ceux qui savent », « ceux qui sont aux manettes de nos existences », plutôt que de se questionner sérieusement sur les tenants et les aboutissants de ce à quoi nous assistons quotidiennement. C'est tellement plus simple et plus facile de se dire « Daesh est la cause de tous nos maux », plutôt que d'accepter le fait que notre civilisation occidentale a contribué à engendrer, puis à faire grandir le monstre. Un exemple tout simple, et supplémentaire à ceux que j'ai exposé dans mes précédents textes :

Les portions de territoires irakien et syrien actuellement sous la coupe de Daesh, détiennent des parts non négligeables de ces pays en ressources pétrolières. Ils alimentent les flux financiers de cette organisation meurtrière, et lui permettent de subsister pécuniairement. Officiellement, évidemment, existe un embargo sur le pétrole de cette région du Moyen-Orient.

Or, à moins d'être sourd et aveugle, il ne fait aucun doute – preuves à l'appui – que des filières se sont développées afin d'autoriser celui-ci à s'en évader. Il arrive en Turquie, où il est mêlé aux barils de brut non délictueux. Puis, il est expédié en France ou ailleurs en Europe Occidentale, où il termine dans les réservoirs de nos automobiles.

Là, nul ne s'en plaint. Nul n'est contre l'afflux de cet or noir qui nous donne la possibilité de payer notre essence au prix relativement qui est la sienne en ce moment. Il est vrai que si cet embargo supposé était véritablement suivi, aussitôt, les prix à la pompe seraient plus élevés. De fait, nous fermons les yeux. Nous nous en accommodons, tout en maudissant Daesh et les attentats qu'ils perpètrent sur notre sol. Nous simplifions et jugeons sans être au courant de l'ensemble des aspects du danger – immédiat et à plus long terme – que pose Daesh à l'Occident et à la civilisation mondialisée à laquelle nous appartenons tous en général. Nous rejetons la faute sur les immigrés, sur les déplacés involontaires qui tentent depuis un certain temps de se réfugier en Europe. Nous leur fermons les portes parce que nous craignons qu'ils nous « volent » nos emplois, alors que nous sommes au beau milieu d'une des plus graves crises du capitalisme depuis 1929. Nous nous replions au sein de cette « forteresse » en espérant que les fléaux qui parcourent le reste du monde ne nous atteignent pas.

Ce qui est une illusion, bien entendu. Puisque nous lui appartenons, que nous le voulions ou pas, que nous l'acceptions ou pas. Et ce, pour le meilleur ou pour le pire.

 

A suivre...