X1Japon, XIIème siècle :

 

A partir de 1123 commencent des luttes violentes entre les clans rivaux des Taira et des Minamoto. Ces derniers se sont fait remarquer dès la fin du siècle précédent en combattant des chefs rebelles à l’Empereur, se forgeant ainsi une réputation de protecteurs du trône. Les Taira, eux, contrôlent les provinces occidentales et occupent de nombreuses fonctions officielles. Ils sont aussi habiles au combat sur mer que les Minamoto sur terre.

 

Les deux lignées s’affrontent à trois reprises. En 1156, les Minamoto essaient une première fois de prendre le pouvoir. La tentative échoue : le chef du clan Minamoto, Tameyoshi, est condamné à mort, en revanche, Kiomori, chef des Taira, monte en grade. Puis, en 1160, les Minamoto conspirent à nouveau : « c’est le soulèvement de Heiji ». Autre échec des rebelles, il se termine par la fuite tragique des vaincus sous la neige et par la décapitation en place publique de leur meneur. Enfin, en 1180, Yorimasa, un chef Minamoto, appelle tout le clan à la lutte contre les Taira.

 

Cette révolte n’a pas plus de succès que les deux précédentes. Au fur et à mesure que se déroulent ces événements, le clan Taira ne cesse de prendre de l’importance. A sa tète, Kyomori exerce une régence de fait mais se montre trop ambitieux, provoquant les moines, ne respectant pas le pouvoir, même symbolique, de l’Empereur. En réalité, il se conduit en véritable dictateur, imposant, entre autres, à la cour de changer de capitale. Sa mort, en 1181, amorce le déclin des Taira. L’Empereur et la puissante famille des Fujiwara font appel aux Minamoto pour les contrer : Yoritomo trouve de plus en plus d’alliés dans les provinces de l’Est et regroupe une armée autour de Kamakura. Bientôt éclate la guerre des Minamoto contre les Taira, qui dure jusqu’en 1185, entrecoupée de plusieurs interruptions. Elle est la cause d’une grande famine en 1182, accompagnée d’une épidémie de peste. Elle se termine par la défaite totale des Taira, après un combat naval le 25 Avril 1185, à Dan-no-Ura.

 

Donc, une erreur de jugement entraîne la mort de la plupart des nobles Taira. Le chef des Minamoto, Yoritomo, prend le pouvoir. Il se fait accorder par l’Empereur Go-Shirrakawa, terrifié par sa puissance militaire, le droit de lever des impôts, de nommer des intendants et des commissaires. Il élimine du pouvoir le véritable vainqueur des Minamoto, son frère Yoshitsune. Ne souffrant aucun rival, il part ensuite attaquer les Fujiwara du Nord et, en 1189, il prend possession de leurs domaines et de leurs richesses. En Août 1192, à la mort de l’Empereur, Minamoto Yoritomo devient « sei-i-tai-shogun » - c’est à dire « généralissime contre les barbares » -. En fait, il est le maître absolu du Japon, dans tous les domaines. Il établit sa capitale dans la petite baie de Kamakura : le site est facile à défendre et abrite un sanctuaire du clan Minamoto.

 

Au fur et à mesure que la cité s’agrandit, elle accueille des garnisons et se couvre de temples. Le Bouddhisme s’y développe fortement. Pour embellir les nombreux monastères, le souverain fait en outre appel à des artistes de Kyoto et de Nara. Jocho, le sculpteur le plus réputé de son temps, y travaille aussi.

 

Le régent en titre, Fujiwara Kanezane, ne dirige de ce fait plus à Kyoto que l’ancienne aristocratie. Le pouvoir se déplace vers l’Est. Yoritomo désigne son installation à Kamakura du nom de « bakufu », terme chinois s’appliquant au camp d’un général en guerre. Il ne séjourne plus à Kyoto que pour des visites diplomatiques ou pour l’inauguration de monuments religieux.

 

Au cours de son règne, le bakufu est une sorte de bureau des affaires militaires. Yoritomo Minamoto le complète d’un secrétariat de conseillers administratifs et d’un organe judiciaire. Malgré son origine militaire, c’est plutôt un gouvernement civil reposant sur un système vassalique : le pouvoir du shogun, à la tète du bakufu, dépend du nombre et de l’obéissance de ses vassaux, ou « kenin » - « hommes de la maison ». Il exerce une étroite surveillance sur leur vie privée, les récompense pour leurs services et, parfois, leur octroie le statut de combattant – ou « samouraï » -.

 

Parallèlement, une secte – dite du Lotus – se développe au Japon. Son créateur, Nichiren, prêche le sutra du Lotus, dans lequel se trouve, selon lui, l’entière vérité. Il considère les dirigeants des autres sectes comme des diables et des menteurs et accuse le gouvernement d’incapacité. Sa combativité lui attire l’estime des guerriers et du peuple.

Le succès de cette secte est liée à l’idée de Mapo – plus ou moins identique à la notion du Jugement Dernier chez les chrétiens -, suscitant le besoin de croyances réconfort antes.

 

 

Iles de l’Océanie, XIIème siècle :

 

Les peuples des îles océaniennes vivent de nombreux mouvements. Pourtant, ils conservent leurs différences ethniques et culturelles. Les îles sont en effet peuplées de sédentaires qui ont développé une activité agricole, l’Australie de nomades qui ne vivent que de chasse et de cueillette. Les Océaniens sédentaires possèdent collectivement la terre, ce qui explique une certaine forme d’égalitarisme.

 

Au contraire, la structure sociale de la Polynésie est hiérarchisée : à caractère seigneurial, elle a ses esclaves, sa plèbe, ses nobles, ses chefs et ses rois. La religion est tout aussi variée : les aborigènes d’Australie croient en la réincarnation des esprits des morts ; d’autres populations sont animistes ; celles de Mélanésie sont préanimistes. Les Mélanésiens croient en deux idées forces : le « mana », une vertu qui apporte le succès, et le « tabou », l’interdit.

 

A suivre, si ce texte vous intéresse...