X3Il est intéressant de constater à quel point il est aisé d'oublier ce pourquoi on s'est indigné ou révolté hier. Le jour des attentats de Bruxelles, tout le monde s'est élevé contre la monstruosité dont la capitale de la Belgique a été l'objet.

La télévision, les radios, la presse écrite, évidemment, ont relayé, parfois pratiquement minute par minute, ou heure par heure – les événements dramatiques qui s'y sont déroulés. Ces actes liés à l’extrémisme le plus barbare, et destinés à nous rappeler que nous sommes les proies de ces « fous de Dieu » depuis que Daesh a pris l'Occident pour cible, ont été relayés sur la Toile. Les commentaires, les photos, les vidéos y ont circulé presque en direct. Les réseaux sociaux s'en sont fait le relais. Les rumeurs les plus folles, les peurs les plus exacerbées, les sentiments les plus forts, la compassion la plus fervente envers les victimes de ces meurtres, y ont pullulé.

Avec sincérité, franchise, émotion, horreur, durant deux jours environs, ils s'y sont relayés. L'Europe a pleuré les morts de Bruxelles.

Dans un cadre plus général, l'Occident a promis de rendre gorge à Daesh et consort, afin de mettre un terme aux méfaits de l’État Islamique. Afin de sécuriser le territoire européen. Afin d'unir les forces membres de l'Union Européenne pour l'anéantir, et écraser les idées islamistes dont il est le propagateur. L'union sacrée était de mise ; comme après les attentats du 13 Novembre 2015 ; comme après les massacres de « Charlie Hebdo » et du lendemain ; comme après ceux de Londres, de Madrid, etc.

Quel bel élan fraternel de solidarité et de concorde !!! Quelles belles promesses !!! Et puis… ? Rien, absolument rien. Les politiques sont retournés à leurs préoccupations en vue des prochaines échéances électorales. Les journaux, télévisés, écrits, etc. se sont précipités sur d'autres actualités plus immédiates. Les utilisateurs d'Internet et des réseaux sociaux sont retournés à leurs soucis habituels, quotidiens, personnels. C'est naturel, c'est humain. A chaque fois que des événements de cette sorte surviennent, chacun se sent concerné, terrifié, blessé, etc., avant de revenir à ce qui essentiel à ses yeux :

« Après tout, ce qui est arrivé, c'est loin !!! Je ne suis pas directement concerné, ni moi, ni un membre de ma famille, ni un de mes amis, ou ni un de mes proches. Je n'y ai pas assisté. L'Irak, la Syrie, Daesh…, c'est certes atroce. Certes, je suis scandalisé. Certes, je réprouve tout ce qui se déroule là-bas. Certes, il est nécessaire de combattre ces fanatiques qui torturent, qui tuent, qui violent, qui détruisent, cette région du monde. Et, pire encore, qui embrigadent certains de nos jeunes, ou qui obligent des centaines de milliers d'exilés à « envahir » l'Europe alors que c'est déjà si difficile d'y vivre. ».

 

A suivre...