X1Afrique Noire, première moitié du XIIIème siècle :

 

En 1210, l’Arménien Abu Salih se rend en Egypte, où il étudie attentivement les églises et les monastères Chrétiens du pays. Puis, il s’aventure dans les contrées voisines. Il s’enfonce en Ethiopie. Et, dans son journal de bord, il décrit tout ce qu’il rencontre sur son parcours.

 

Or, à un moment donné, il y explique qu’il a aperçu l’Arche d’Alliance, et que celle-ci concorde parfaitement avec la description qu’en fait la Bible. Il dit également que la Relique cache certainement les deux Tables de la Loi sur lesquelles Dieu a écrit les Dix Commandements. Il y représente quatre Rituels qui sont fréquemment célébrés à Aksoum en son honneur : celle de la Grande Nativité, celle du Glorieux Baptême, celle de la Sainte Résurrection, et celle de l’Illumination de la Croix. Et enfin, il y souligne que des Templiers prennent part à ces processions.

 

Avec la mort du roi Manabasi en 1211, les membres de l’Ordre du Temple toujours en poste en Ethiopie, jouent un rôle de plus en plus important. Ils font en sorte d’entretenir d’excellentes relations avec ses deux successeurs, Imrahana Christos et Naakuto Laab. Ces derniers leur accordent même un accès privilégié à l’Arche d’Alliance déposée dans la cathédrale d’Aksoum. Et ils peuvent ainsi fréquemment approcher la Relique, sans toutefois, pouvoir lui faire quitter le pays.

 

De fait, désormais, les membres de l’Ordre du Temple n’attendent plus qu’une occasion favorable pour cela. Mais le temps passe ; les Templiers vieillissent sans qu’ils parviennent à mettre leur plan à exécution. D’autres sont envoyés à leur place pour les remplacer. Et ces derniers constatent en arrivant, qu’il n’y a aucune urgence ; en fait, ils demeurent plutôt satisfaits de voir l’Arche d’Alliance demeurer en Ethiopie.

 

Or, en 1270, la situation évolue soudainement et considérablement : le souverain se laisse convaincre d’abdiquer en faveur de son oncle Yekuno Amlak – qui se réclame d’ascendance salomonienne. Une fois monté sur le trône, Yekuno Amlak exige que soit élaborée une nouvelle version du Kebra Nagast. Il y fait écrire que Ménélik est le fondateur de sa dynastie. Il y fait marquer que l’Arche d’Alliance est liée à lui parce que son ancêtre l’a transportée de Jérusalem au lac Tana durant le règne du roi Salomon. Il se sert ensuite de cette version inédite pour légitimiser son autorité. Puis, finalement, il se sent gêné par la présence de ce corps étranger, militant, et armé d’une technologie avancée, qu’est l’Ordre du Temple.

 

Yekuno Amlak imagine en effet bientôt que ses membres pourraient lever des renforts par milliers, pour envahir son pays. Il se rend compte de leur intérêt manifeste pour l’Arche d’Alliance. Il a peur qu’ils veuillent un jour s’en emparer par la force d’une manière ou d’une autre. Et il sait que, parce qu’il n’est installé sur son trône que depuis peu, il ne peut rien entreprendre contre eux. Alors, il les endort en faisant semblant de désirer leur collaboration. Et, son armée n’étant pas considérable, il laisse à son fils la charge de résoudre ce problème ; tout en conservant pour lui la précieuse Relique.

 

Malheureusement, son successeur, Yagba Zion, s’avère encore plus faible que lui sur le plan militaire ; et lui non plus ne peut rien entreprendre contre eux. Or, c’est au cours de son règne que les Templiers font la relation entre Salomon et la reine de Saba ; et que l’un d’eux écrit à leur sujet : « La souveraine du Midi, venue des confins de la Terre. Tantôt reine, tantôt Magicienne, elle laissa entrevoir sous sa robe, ça et là, un pied fourchu. Elle fut la prophétesse de la Vraie Croix. Elle fut riche : elles posséda des meubles d’ivoire et d’or, sertis de pierreries. Elle détint des colonnes d’argent ciselées et plaquées d’or. ».

 

 

Royaume Franc d’Orient, première moitié du XIIIème siècle :

 

Les Templiers installés en Terre Sainte à cette époque étudient attentivement la Bible. Et certains d’entre eux voient dans la Jérusalem Céleste de l’Apocalypse de Saint-Jean, une sorte de Cité Idéale. En effet, elle comporte douze Portes Symboliques. Les Templiers rattachent donc celles-ci autant au douze Apôtres de Jésus qu’aux douze signes du Zodiaque.

 

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