X3Un petit aparté à ce propos : comme je l'ai déjà mentionné dans un texte antérieur, le fait d'ériger des barrières, ou des « murs », entre ces contrées défavorisées, et l'Occident encore relativement préservé de ces dérèglements, ne va pas régler ce problème. Je dirai même qu'au contraire, il va l'accentuer.

Ces barricades ne vont faire qu'accentuer les dissensions entre les peuples victimes de ces transformations du climat. Elles vont faire naître des tensions supplémentaires entre le Nord et le Sud du globe. Elles vont être à l'origine de guerres « pour la survie ». Que ce soit ce qui se passe au Mali, au Proche et au Moyen-Orient, n'en sont que les fragments pour l'instant les plus visibles. Ce n'en sont, hélas, que les premiers d'une longue série pour les décennies et les siècles à venir.

En rajoutant sur ce terreau fertile à toutes les haines, les violences, et les rancœurs, les effets de la Religion, de la pauvreté, et de l'exclusion, cela ne peut qu'aboutir a des catastrophes humanitaires aux conséquences incalculables.

Refermons la parenthèse. Néanmoins, un effet peut-être moins distinct – et pourtant tout aussi implacablement logique et dévastateur – surgit plus spécifiquement en Occident. Plus haut, j'ai souligné que les pays émergeants désiraient désormais pleinement profiter de cette consommation à outrance qui vit ses ultimes années. S'ils veulent « leur part du gâteau », c'est parce que nombre des emplois qui ont été détruits chez nous, ont été créés à moindre coût là-bas. Nos grandes et moyennes entreprises ayant délocalisé en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud, y ont exploité leurs ressortissants parce que les salaires y étaient beaucoup moins élevés.

Mais, en contrepartie, elles ont laissé entrevoir tout ce que le capitalisme tel qu'il se pratique chez nous, pouvait leur donner. Progressivement, les salaires y ont été revu à la hausse. Les technologies que nous avons élaboré ont été copiées, améliorées, transformées, etc. Il y a encore trente ans, la Chine était un pays entièrement communiste ; la Russie également. Les coups de butoir économiques de l'Europe et des États-Unis, ont fait effondrer leur système ; mème s'il reste encore officiellement en vigueur en Chine, notamment.

A contrario, ils ont retourné le système dont nous étions les détenteurs exclusifs jusqu'alors à leur profit. Et aujourd'hui, c'est là-bas que le moteur de l'industrie et de l'économie mondiale se situe. Tout simplement parce que, comme leurs peuples s'y enrichissent et y consomment, la croissance y est celle que nous avons connu au cours des Trente Glorieuses.

 

A suivre...