X1En 1201, Raymond VI de Toulouse désire offrir une place forte aux Albigeois ; il ne veut plus que ceux-ci soient d’éternels itinérants. Il convoque donc certains de leurs plus hauts dignitaires pour leur expliquer son point de vue.

 

Au terme de longs débats contradictoires, les Cathares finissent par accepter sa proposition. Mais ils demandent un délai de réflexion : ils souhaitent trouver par eux-mêmes l’emplacement de leur futur Temple Majeur. Ils arpentent donc le Languedoc pendant plusieurs mois afin de le découvrir. Ils prennent aussi conseil auprès des grandes familles du pays acquises à leur foi. Et évidemment, ils vont voir le Clan Vaudieu, qui habite l’Hôtel d’Assezat, à Toulouse. Il s’agit en effet d’une fratrie d’hommes et de femmes protégeant un de leurs plus importants lieux de réunions secrètes ; car l’Hôtel d’Assezat dissimule – à l’intérieur de ses Bibliothèques – des Connaissances et des Mystères ancestraux depuis que les Parfaits se sont implantés dans la province.

 

C’est finalement le Patriarche de la Famille Vaudieu qui leur donne la solution : pourquoi ne réclament t’ils pas auprès de Raymond VI le vieux château à moitié en ruines de Montségur ? ; Lequel est situé au sommet d’une montagne isolée au Sud de son comté ? Le Patriarche est d’autant plus favorable à l’édification du Temple Majeur en ce lieu que celui-ci est un endroit où, au cours des siècles et des millénaires précédents, la Religion – quelle qu’ait été sa forme – a jouée un grand rôle. Avant l’arrivée des Albigeois en Languedoc, des Rites et des Sacrements païens s’y perpétraient encore plus ou moins régulièrement ; c’est d’ailleurs pour cette raison que la citadelle a été abandonnée à une époque indéterminée. Et d’ailleurs, encore auparavant, les Druides Celtes y pratiquaient des cérémonies liées au culte du Soleil et pensaient que le lieu était un point d’équilibre essentiel aux Forces Cosmiques et aux Puissances Telluriques parcourant la contrée. Les ouvrages que le Patriarche cache dans les sous-sols de sa demeure y font souvent référence. De même qu’ils expliquent de quelle manière les Druides utilisaient le site de Montségur pour intensifier ses pouvoirs Divins. Et comme les liturgies que les Frères enseignent se réfèrent en partie à ce genre de Savoirs, autant les commémorer sur une terre rattachée à la Tradition à laquelle ils se réfèrent.

 

Les Parfaits venus demander conseil au Patriarche de la Famille Vaudieu pensent qu’il s’agit en effet de la meilleure démarche à suivre. Ils retournent donc auprès du comte de Toulouse pour lui faire part de leur choix. Le Seigneur est surpris quand ils lui désignent Montségur comme emplacement de leur futur Sanctuaire. Mais il accepte. Il leur dit même qu’il va financer pour eux les travaux de rénovation de la forteresse en y envoyant sous peu ses meilleurs ouvriers et maçons afin de les aider à la réhabiliter correctement.

 

Au bout de quelques mois à la rénover, les Cathares font de la citadelle de Montségur un de leurs Sanctuaires Majeurs ; une sorte de lieu de pèlerinage consacré exclusivement à la recherche Spirituelle. Et elle devient en peu de temps un de leurs temples les plus Symboliques de la Région ; celui où ils administrent la quasi-totalité des Cérémonies et des Rituels consacrés aux nouveaux Convertis.

 

En même temps, les Cathares reprennent le flambeau de la Connaissance grâce aux textes qu’ils apportent avec eux ; et surtout grâce aux Secrets ancestraux que ceux-ci renferment. Ils peuvent donc désormais renouer avec la Croyance dans le Continent Primordial englouti au-delà de l’océan. Ils sculptent dans ce but les figures énigmatiques de ce dernier dans les murs de la forteresse ; car ses insignes, se rapportant au Soleil, en les associant à des Mots étranges, ont des pouvoirs régénérateurs puissants. Ils dissimulent par ailleurs l’Objet Mythique – le Graal – autrefois perdu par les Aryens, puis finalement retrouvé par leurs ancêtres, dans les cryptes de leur citadelle. Mais, malgré leurs efforts et les vagues indices à leur sujet écrits dans leurs ouvrages Mystiques, ils sont toujours incapables de déchiffrer les inscriptions qui y sont ancrées.

 

C’est aussi à partir de ce moment là qu’ils développent de plus en plus efficacement leur action évangélisatrice. Dans tout le sud de la France, ils commencent à murmurer d’étranges paroles en assurant que les Forces du Bien et du Mal se disputent le Monde présent. En effet, disent t’ils depuis longtemps, les deux Entités s’affrontent à l’intérieur même de chaque Etre Humain : car d’un coté, il y a l’Ange des Ténèbres et sa troupe d’Esprits Mauvais ; et de l’autre, le Fils de la Lumière et ses Esprits de Vérité.

 

Et, renchérissent t’ils, inévitablement, la fin du Cycle actuel de l’Homme s’accompagnera de Catastrophes Cosmiques ; et celles-ci déboucheront par un Ultime Apocalypse : les eaux recouvriront la Terre, balayant toute Vie de sa surface. Le feu consumera les eaux tandis que les eaux éteindront le feu. Le Soleil explosera, la Lune se détruira et les Etoiles disparaîtront du Ciel. Mais, à l’issue de cet affrontement titanesque, ce seront les Fils de la Lumière qui remporteront la victoire ; l’œuvre du Mal sera définitivement anéantie.

 

En 1202, les Parfaits érigent non loin de Montségur, le château de Puivert, ainsi que celui de Mirepoix. Et ils savent qu’à elles trois, ces forteresses forment désormais un triangle symbolique à l’intérieur duquel ils peuvent protéger la Tradition dont ils sont les détenteurs.

 

Puis, en 1204, avec l’aide des populations de la région nouvellement acquises à leur foi, ils bâtissent trois autres bastilles : une à Builh, une autre à Jonzac, et la dernière à Chalais ; celles-ci dessinent non seulement un nouveau triangle mystique, mais rattachent ce dernier à celui tracé par les donjons de Puivert, de Montségur et de Mirepoix. La position du nouveau triangle accentue en effet la Force Spirituelle déjà dégagée par son voisin. De plus, elle poursuit la trajectoire de la ligne-ley sur laquelle il a été implanté. Et elle permet aux Initiés Albigeois de matérialiser encore plus facilement les Rites et les Sacrements des Enseignements qu’ils véhiculent.

 

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