X3Je sais ce que pensent certains d'entre vous : tout ceci n'est que de la Science-Fiction. Ou si tout cela doit advenir, ce ne sera pas avant plusieurs centaines d'années… Vraiment ?

Eh bien, c'est que les informations que vous suivez régulièrement dans vos journaux, ou sur Internet – peu importe – ne captent pas assez votre attention.

Il y a quelques jours, j'ai fait une expérience : quels ont été les principaux sujets des actualités : la crise des migrants. Je vous en ai expliqué les causes les plus flagrantes plus haut. Il y avait aussi le salon de l'agriculture ; ou le salon de l'automobile, plus récemment. La grève des lycées parce que les étudiants ont peur d'une précarisation e plus en plus grande et de plus en plus forte. Les championnats de jeux vidéos ou le fait que, désormais, même les personnes du troisième age jouent. Ou ont peuvent avoir des animaux de compagnie robotisés. Les expériences afin de faire pousser des légumes avec un minimum d'eau. Les fermetures d'entreprises, encore et toujours. Tout cela, et tant d'autres thèmes, sont les pièces d'un gigantesque puzzle qui se mettent en place les unes après les autres, et qui nous conduisent inexorablement vers cette « civilisation d'après ».

Depuis le début de cet exposé, je n'ai cité que quelques exemples. Je pense qu'ils sont les plus parlants et les plus visibles de cet aujourd'hui et de ce demain qui se construisent sous nos yeux. Cependant, je ne suis pas devin.

Nul ne sait de quoi sera véritablement et entièrement fait l'avenir. Il est néanmoins plus que vraisemblable que tous les facteurs que je viens d'évoquer sont à y prendre en compte. Les négliger – que ce soit au niveau de nos gouvernements, comme au niveau des simples quidams que nous sommes – serait de l'inconscience pure. Ce serait extrêmement dangereux. Qui plus est, quoiqu'en disent les partis extrêmes qui prônent un repli sur soi afin de ne pas à devoir à affronter cette réalité brutale et sans états d'âme, cela ne servirait à rien. Au contraire, nous serions encore plus férocement emportés par la tourmente qui croit derrière l'horizon.

Nous lamenter sur le temps passé, sur ce « bon vieux temps où tout était plus simple », ne servira à rien non plus. Déjà, parce que ce bon vieux temps n'était pas si bon que cela. On s'en souvient avec nostalgie parce qu'il s'agissait de notre jeunesse ; une époque où nous étions insouciants, où c'étaient nos parents qui géraient les difficultés du quotidien. Or, tout n'y était pas rose : pas de commodités, pas d'électricité, de chauffage, de frigo, de congélateur, etc. C'était il y a cinquante à peine. Les trajets étaient plus longs, le travail plus dur. La médecine n'était pas aussi performante qu'aujourd'hui ; on mourrait plus tôt.

Il faut juste s'y préparer. Une étape de l'Histoire de l'Humanité vit ses derniers instants. Comme celles qui l'ont précédé, elle ne pouvait être éternelle. Les religions ont beau nous seriner à longueur de temps que l’Éternité existe, que le bonheur ici-bas, ou dans un autre Monde, nous attend, que l'Amour va triompher du Mal, j'en passe, vont advenir. Ce n'est pas la réalité. Depuis toujours, l'Homme a tendu vers cet idéal. C'est quelque chose de profondément ancré en lui ; un espoir fou, indéracinable, inaliénable, auquel il lui est impossible de renoncer. Toutes les religions qui ont précédé les monothéismes actuels, y ont également aspiré. Tous les Textes Théologiques tendent vers ce but. Depuis Gilgamesh et le Livre des Morts Égyptien, jusqu'aux Philosophes des Lumières et après, tous insistent sur le fait que chacun de nous est empreint de cet espoir.

Personnellement, je ne raisonne pas ainsi. S'il y a un bonheur, un espoir, quelque chose d'autre – je ne dis pas « mieux », juste « autre » -, c'est l'Humanité qui le vivra. L'individu, en tant qu'entité appartenant à cette Humanité, y participe, ou y participera. Mais en tant qu'individu, il aura certainement des moments de joie, de bonheur, de félicité, d'amour, etc. Mais atteindre cet idéal pour l’Éternité, non seulement ce n'est pas possible. Et , de plus, ce n'est pas souhaitable.

Pourquoi ? Tout simplement parce que dans ce cas, sans épreuves, sans difficultés, sans blessures, sans souffrances, il n'aurait plus de raison de vivre. Il n'aurait plus cet élan qui le pousse sans cesse à repousser ses propres limites, qui le force à aller de l'avant quoiqu'il arrive. Il n'aurait plus le désir de créer, de découvrir, d'apprendre, d'expérimenter. S'il atteignait cet ultime degré auquel les Religions se réfèrent au nom de leur « Créateur », l'Humanité serait inévitablement condamnée. Car une espèce qui arrête de croître, de se modeler, d'évoluer, de s'adapter, meurt. Les exemples de ce genre se comptent par myriades depuis la nuit des temps.

Alors, au lieu de chercher à toucher à un sublime que nous n'atteindrons jamais, je préfère « vouloir apporter ma petite pierre à ce gigantesque édifice qu'est l'Humanité ». Humblement, modestement, par ce que je suis, par ce que j'ai en moi. Par mes connaissances, par mon parcours. Je préfère explorer le passé pour accepter le présent, et envisager l'avenir. Quel que soit cet avenir, parce que, de toute façon, il ne dépend pas de moi en tant qu'individu. Il dépend de ce que mon espèce – l'Espèce Humaine – en fera…