X2De fait, lorsque je constate dans les nombreux groupes auxquels je participe, les idéologies, les points de vue, les pensées, qui y sont déployées, je me rends compte que les personnes qui les expriment ne prennent pas en compte ces aspects qui me paraissent, à mon humble avis, fondamentaux. Ils ne songent pas à ce qu'est véritablement l'évolution d'une civilisation ou d'une forme de société. Ils se rattachent à des façon d'envisager le monde sans en appréhender la complexité et les soubresauts. Ils supposent que ce qui est aujourd'hui ne peut se métamorphoser en autre chose. De la même manière que, jadis, le monde agricole ou ouvrier supposait que rien ne pourrait jamais les renverser.

Et, je le crois, c'est une terrible erreur, une faute fondamentale, de réagir ainsi. Je pense que tous ceux et toutes celles qui s'indignent, qui se révoltent, qui crient à l'injustice, qui s'enflamment parce que tel aspect de notre société se fissure ou s'effondre, sont aveuglés par des manières de voir le monde obsolètes.

Certes, je suis d'accord avec eux lorsque je constate nombre d'abérations, de méfaits, de ravages, qui en résultent. Moi qui suis handicapé, je suis le premier à m'en indigné puisqu'avant que je ne décide de devenir écrivain à plein temps, j'ai longtemps été à la recherche d'un emploi après avoir quitté mon poste à l’Éducation Nationale. Enfin, quitter !!! C'est surtout que du fait de mon handicap, on a considéré que je n'étais pas apte aux travaux et au rythme frénétique, qui y étaient la norme. Cependant, j'en ai pris acte et me suis réorienté vers la vocation qui a toujours été la mienne. Si je m'étais accroché désespérément à ces illusions, je suis convaincu que j'aurai été broyé par le système.

Dès lors, il est davantage utile et nécessaire d'accompagner les transformations de notre société, plutôt que de les critiquer ou de les craindre. Il est davantage utile et nécessaire de s'y adapter, d'en tirer le meilleur parti, plutôt que de râler – en bons français que nous sommes – après les épreuves que celles-ci nous infligent.

D'autant qu'il ne fait aucun doute que ces modifications de pans entiers de notre mode de vie vont s'accentuer dans les années et les décennies à venir. Songez au jour où nous assisterons à la fin de « l’Ère du Tout pétrole » ; d'ici un petit cinquantenaire. Evidemment, les plus anciens d'entre nous ne seront certainement pas les témoins du terme de cet Age industriel débuté au début du 19e siècle. Mais beaucoup vont le vivre. Or nul ne s'imagine quelles conséquences cela va avoir sur l'ensemble de notre civilisation. Et cette transition sera définitive, sans retour en arrière, avec un retentissement sans commune mesure avec ce après quoi nous nous élevons en ce moment. Ce après quoi nous protestons, ce après quoi nous nous plaignons, n'est rien comparé à cela.

 

A suivre...