X1Sans enthousiasme...

 

En 1348 également, Edouard III fonde le prestigieux Ordre de la Jarretière. Il lui donne pour but de restaurer l’idéal incarné par la Table Ronde du Roi Arthur. Il la divise donc en deux Sociétés Secrètes ; l’une devant être dirigée par le souverain lui même ; et l’autre par le prince des Galles. Il identifie ensuite chaque Société grâce à treize Membres Majeurs : Douze Disciples et un Grand Maitre.

 

Car Edouard III sait très bien, pour l’avoir lu dans les ouvrages de Chrétien de Troyes, que le symbolisme de la Jarretière est profondément ancré dans le Mythe Arthurien ; et il veut se servir de celui-ci pour faire rayonner sa propre dynastie. Un des récits raconte en effet comment le Roi Arthur et la Reine Guenièvre ont un jour dormi dans une grotte située sous le château de Northumberland ; comment, ce jour là, un paysan a, par hasard, découvert l’entrée de leur refuge ; comment, ce dernier y a mis au jour une épée en pierre et un cor. Le paysan s’est alors emparé de l’épée et a tranché la jarretière de Guenièvre. Puis, au moment où il a voulu se saisir du cor, les deux dormeurs se sont éveillés. Il a alors pris peur et s’est enfui.

 

Parmi les premiers membres de l’Ordre de la Jarretière se retrouvent plusieurs Chevaliers du Temple emprisonnés pour hérésie par l’Inquisition une cinquantaine d’années plus tôt. Dès lors, grâce à eux, l’Ordre se développe de la même manière que les Confréries Françaises. C’est, entre autres, par son intermédiaire que l’union entre la Couronne et les Grands du royaume, se renforce.

 

Mais, après 1360, l’atmosphère change. Si la France panse ses plaies, Edouard dépense beaucoup d’argent pour la cour. La guerre, qui reprend en 1369, tourne mal : le roi Charles V et Du Guesclin reconquièrent petit à petit les territoires concédés. A la mort d’Edouard, en 1377, l’Angleterre ne possède plus en France que Calais et l’Aquitaine. Le nouveau roi, Richard II, doit affronter le mécontentement du peuple, qui se soulève en 1381, puis celui des nobles, qui se rebellent en 1387. Moins heureux qu’Edouard III, Richard ne sait pas redresser la situation : en 1399, il est déposé par son cousin Henri de Lancastre.

 

 

Allemagne, XIVème siècle :

 

A partir de 1305, les Allemands jouent un rôle prépondérant, à la fois en Europe centrale et en Europe orientale. Convertis au Christianisme sous le contrôle de l’Empire Germanique, les Etats embryonnaires qui se développent dans la région restent sous influence économique et politique. Cette germanisation de l’Est se fait essentiellement grâce à la colonisation de terres neuves par de nombreux paysans allemands qui défrichent d’immenses territoires. Des villes allemandes sont fondées, et beaucoup de nobles sont d’origine germanique.

 

Outre cette forte présence allemande, la région doit compter avec l’Ordre Teutonique, qui possède le long de la Mer Baltique, un immense territoire dans lequel il jouit des mêmes droits de souveraineté que les princes allemands. Ce royaume s’étend de la Prusse à la Livonie. Non seulement il constitue un pole avancé du Catholicisme face aux orthodoxes russes et païens de Lituanie, mais il est aussi une forme de domination germanique qui empêche l’affirmation autonome des puissances régionales naissantes.

 

Car l’Ordre Teutonique se consacre exclusivement à la conquête des territoires païens de l’Europe du Nord : doté de privilèges étendus par l’Empereur, il acquiert vite d’immenses régions en Livonie et en Prusse, où il installe sa capitale en 1309, à Marienburg. Là, le grand maître règne en véritable souverain. Il gouverne, assisté par un conseil où siègent les évêques prussiens et les dignitaires, tous allemands, de l’Ordre. Chaque année, il invite des membres de la noblesse européenne à accompagner ses chevaliers en « croisade » contre les « infidèles », les Lituaniens surtout.

 

Vers 1350, les membres de la secte des « Flagellants » sont poursuivis par l’Inquisition allemande. En effet, à cette époque, leurs hordes fanatiques partent d’Autriche, traversent le Saint-Empire Romain-Germanique et gagnent les Flandres, en rasant tout sur leur passage. Par ailleurs, grâce à des conjurations et à des invocations, ils détruisent les récoltes, les champs, les jardins, et provoquent des épidémies parmi les hommes et parmi les bêtes.

 

Enfin, une rumeur les accompagne : on dit partout que les Flagellants sont des amis de Lucifer, qu’ils se livrent à la débauche en compagnie de Démons. En effet, certains de ceux-ci leur apparaîtraient sous forme féminine – ou « Succubes » -, d’autres prendraient un aspect masculin – ou « Incubes ».

 

A suivre...