X1Pologne, XIVème siècle :

 

Le royaume de Pologne s’agrandit considérablement sous le règne de Casimir III le Grand, de 1333 à 1370. Il ne peut alors qu’affronter la puissance régionale que représente l’Ordre des Chevaliers Teutoniques.

 

Pendant cette période, malgré sa situation entre la Russie orthodoxe et la Prusse aux multiples orientations religieuses, la Pologne reste farouchement catholique. La vie intellectuelle y est dominée par des clercs, souvent venus de l’Ouest. C’est à eux que l’on doit les principales œuvres de la littérature polonaise de cette période, dont de nombreux cantiques traduits du latin dans la langue populaire pour supprimer toute trace de paganisme et rallier la masse du peuple au catholicisme.

 

D’ailleurs, les Paulins fondent le monastère de Czestochowa, où les pèlerins affluent pour vénérer l’icône de la Vierge noire, qui suscite pour longtemps l’enthousiasme des foules.

 

Mais, à la mort de Casimir le Grand, la couronne passe à son neveu Louis d’Anjou, roi de Hongrie. Celui-ci s’intéresse peu à son nouveau royaume, mais il s’assure cependant de la transmission du trône à ses enfants et s’attire les bonnes grâces des nobles polonais par le privilège de Kaszyce – 1374 -, qui, en diminuant les impôts payés par ceux-ci, affaiblit le pouvoir central. La noblesse peut ainsi refuser le projet de succession imaginé par Louis. Le roi n’a en effet que deux filles. L’une, Marie, est mariée à Sigismond de Luxembourg, et l’autre, Hedwige, est fiancée à un Hasbourg. Mais les nobles, qui ne veulent pas d’un prince allemand pour roi, imposent la rupture de ces fiançailles. En 1384, à l’age de dix ans, Hedwige monte sur le trône de Cracovie, tandis que Maris doit limiter ses ambitions à la Hongrie et renoncer à ses droits sur la Pologne. Enfin, pour mieux marquer la rupture avec les Allemands, elle est obligée d’épouser le grand duc Jagellon de Lituanie. Celui-ci devient ainsi le roi de Pologne sous le nom de Ladislas II Jagellon après avoir reçu le baptême, en 1386. Une union politique entre la Lituanie et la Pologne, est, d’autre part, conclue à Krewo en 1385. Ce choix est capital : la Lituanie, jusque là païenne, se convertit en même temps que son chef, et l’Ordre Teutonique ne peut plus prétendre mener des croisades contre des lituaniens devenus catholiques.

 

Mariée à douze ans avec Jagellon, Hedwige est une grande reine et joue un rôle politique capital jusqu'à sa mort, en 1399. La souveraine fonde un collège polonais à l’université de Prague, puis à l’université de Cracovie, et fait rédiger en langue populaire le « Psautier de Florian », un des plus célèbres textes littéraires polonais. Elle prend aussi part à toutes les grandes décisions royales jusqu'à jeter, sur son lit de mort, les bases mêmes du second mariage de son propre mari, qui accepte ce partage du pouvoir, pour renforcer le lien des Jagellons et de la Pologne.

 

Il doit également accepter de le partager, malgré lui, en Lituanie avec son cousin Witold. Celui-ci a d’abord commencé par s’opposer à l’union de la Lituanie et de la Pologne, puis a fait alliance avec les chevaliers Teutoniques. Jagellon, pour faire taire cette opposition, l’a associé au gouvernement en 1392. Un peu plus tard, en 1401, il doit même lui céder le titre de grand duc de Lituanie. Entre-temps, Witold s’est engagé dans une grandiose politique de conquête des principautés russes. En effet, la conversion de la Lituanie au Catholicisme, si elle a éteint l’hostilité des chevaliers Teutoniques, lui a créé, en revanche, de nouveaux adversaires : les principautés russes orthodoxes. Cette hostilité permet à Witold de mener sa propre politique, tout à fait indépendante de celle de Jagellon, en envisageant l’extension de la Lituanie vers l’Est. Mais les Mongols brisent cet élan en 1399, en écrasant Witold lors de la sanglante bataille de Worskla.

 

A suivre...