X1Dès 1410, les partis Armagnac et Bourguignon se constituent : héritiers des « Marmousets », les Armagnacs veulent renforcer les prérogatives royales, les pouvoirs des officiers et l’efficacité de l’administration. Les Bourguignons réclament des réformes, l’allègement des impôts et s’élèvent contre les malversations des officiers, dont ils demandent la condamnation. Dans Paris, acquis aux Bourguignons, hommes de main et opportunistes profitent de ces rivalités pour multiplier pillages et atrocités. C’est ainsi qu’en 1413, un écorcheur de bêtes, Caboche, fait régner la terreur avec la complicité de Jean sans Peur, détachant la bourgeoisie marchande et l’université du parti bourguignon.

 

D’un autre coté, sollicité par les deux partis, le roi d’Angleterre, Henri V, décide de mettre à profit la querelle des Armagnacs et des Bourguignons pour revendiquer l’héritage de Guillaume le Conquérant et des Plantagenêts, confisqué au fil des années par les rois de France. Le 13 Août 1415, la flotte anglaise aborde en Normandie. Le 25 Octobre 1415, l’armée se porte à sa rencontre à Azincourt ; elle n’est composée que d’Armagnacs malgré la trêve conclue avec les Bourguignons. Quoiqu’ils aient choisi une position très différente de celles de Crécy et de Poitiers, les chevaliers français subissent une défaite plus grave encore. Massés sur un étroit plateau, ils dominent les Anglais, bien moins nombreux, retranchés derrière une palissade. Henri V, habile stratège, dispose son armée en formation souple et mobile, utilisant au mieux ses brillants archers. Les Français, empêtrés dans leurs lourdes armures, et trop serrés pour manœuvrer, doivent mettre pied à terre et sont alors criblés de flèches. Les coutiliers anglais achèvent le massacre, égorgeant les prisonniers, n’épargnant que les princes, dont ils peuvent tirer une forte rançon. La noblesse est décapitée sur le champ de bataille d’Azincourt : de ce fait, les trois quarts des lignées nobles du royaume de France ne peuvent plus avoir de descendance du coté des hommes.

 

Dès 1417, Henri V, convaincu que sa victoire est un jugement du Ciel, entreprend une conquête systématique de « son » royaume. Effrayé par l’avance anglaise, Jean sans Peur cherche à se rapprocher du Dauphin, Charles, et de son entourage. Une entrevue est organisée à Montereau. Sur le pont qui traverse l’Yonne, les chefs des deux partis marchent à la rencontre l’un de l’autre, quand, un membre de la suite du Dauphin, Tanguy du Châtel, tue le duc de Bourgogne d’un coup de hache. La haine de son fils, Philippe le Bon, envers Charles, est désormais inexpiable et cimente son alliance avec l’Angleterre.

 

Un jour de Novembre 1418, alors qu’il a plus de 90 ans, Nicolas Flamel recommande expressément au comte Gabbalis – un de ses plus fidèles Conseillers au sein de l’Ordre -, qu’à l’instant de sa mort, on mette son précieux « Livre d’Abraham le Mage », enveloppé d’une toile poissée, dans sa tombe. Il veut l’emmener dans d’Au-delà avec lui, lui dit t’il.

Pourtant, quelques semaines après son décès – en Janvier 1419 -, et bien que son ami ait suivi ses recommandations, l’ouvrage disparaît mystérieusement de l’endroit où Nicolas Flamel a été enseveli.

 

Puis, en Mars de la même année, d’étranges rumeurs concernant l’Alchimiste commencent à circuler. Certaines prétendent en effet que la Pierre Philosophale qu’il détenait serait cachée dans l’une de ses anciennes demeures. On se met dès lors fébrilement à fouiller celles-ci ; à tel point qu’il ne reste bientôt plus qu’un tas de pierres de l’une d’entre elles. D’autres, par contre, affirment que Nicolas Flamel et dame Pernelle seraient toujours vivants. Dame Pernelle se serait réfugiée en Suisse tandis qu’une simple bûche aurait été placée dans son cercueil ; Nicolas Flamel, lui, aurait pris les mêmes dispositions vis à vis de ses propres funérailles ; car, pense t’on, il aurait découvert le Secret de l’Immortalité.

 

A suivre...