X1Par ailleurs, à ce moment là, partout en Flandres, le « béguinage » devient une véritable institution monastique qui échappe à ses règles habituelles. Instruites, marquées par les courants mystiques, les religieuses de Belgique et des Pays-Bas qui s’y adonnent réclament une indépendance spirituelle qui les fait parfois taxer d’hérésie et donne lieu à des procès ecclésiastiques. Pour résister aux pressions, celles-ci s’organisent donc en petites communautés et s’acquittent de missions diverses – enseignement, infirmerie, œuvres de bienfaisance – sous la vigilance de l’une ‘elles, la « Grande Demoiselle ». Le Béguinage finit ainsi peu à peu par s’intégrer parfaitement à la société.

 

D’un autre coté, « l’Imitation de Jésus Christ », de Thomas Kempis, est imprimée à partir de 1460, bien qu’elle ait été rédigée de la main du Maitre de 1410 à 1420. Cette œuvre se rattache au mouvement spirituel de la « Dévotio Moderna », qui est lié à l’origine aux ouvrages du prédicateur néerlandais Geert Groote. Ce dernier, durant toute sa vie, s’est en effet efforcé d’unir la mise en pratique des valeurs de l’Evangile et de l’ascétisme, des vertus chrétiennes et du recueillement : il a ainsi attiré les croyants du peuple et de la bourgeoisie, négligés par le haut clergé, qui était trop attaché à la cour pour répondre aux angoisses spirituelles de son temps.

 

 

Suisse, XVème siècle :

 

Les Suisses robustes montagnards, doivent à leurs structures communales et à leurs longues luttes contre les Hasbourgs discipline et habitude du combat collectif. Dès le premier contact, en 1444, ils émerveillent les capitaines français. Terrorisant l’ennemi en soufflant dans leurs longues cornes juste avant le combat, ils sont les nouveaux maîtres des champs de bataille. L’infanterie des Suisses modifie totalement l’art militaire : Charles le Téméraire se perd pour ne pas l’avoir compris.

 

 

Angleterre, XVème siècle :

 

Henri V est le fils d’Henri IV de Lancastre, cousin germain de Richard II, qui prend contre celui-ci la tète de la rébellion féodale, laisse mourir l’héritier légitime de faim dans sa prison et s’empare du trône.

 

Pendant le règne de son père, le futur Henri V fait l’apprentissage de son métier de roi, en matant la révolte du Pays de Galles, menée par Owen Glyn Dwr. Animé d’une volonté de fer et sûr de son bon droit, Henri veut reconquérir l’ensemble des terres jadis tenues par les Plantagenêts. Il semble y parvenir quand il meurt, en 1422, deux mois seulement avant Charles VI : il a épousé la fille de celui-ci, Catherine, et leur fils, le jeune Henri VI, pense pouvoir régner sur les deux royaumes. Il sait en outre se donner des administrateurs efficaces : l’évêque Cauchon, le boucher parisien Jean de Saint-Yon, un financier avisé.

 

A partir de 1450, l’Angleterre vit une situation difficile. Le roi Henri V de Lancastre est incapable de maintenir l’équilibre entre les grandes familles aristocratiques, typiques d’une féodalité « bâtarde ». Bigot, de santé mentale fragile, le roi est sous la coupe d’un entourage honni : ses ministres, les ducs de Suffolk et de Somerset, et surtout sa femme, Marguerite d’Anjou, qui symbolise la défaite et la reculade devant la France.

 

Au printemps de 1450, la perte de la Normandie est le signal de la débâcle. Les guerres privées se multiplient. L’Etat s’effondre. La condamnation, puis l’assassinat de Suffolk ne ramènent pas le calme. Jack Cade, un aventurier qui marche sur Londres, fomente la « révolte des Communes du Kent. Les troupes royales écrasent Cade, mais l’anarchie progresse.

 

Peu à peu, les regards se tournent vers un cousin du roi, Richard, duc d’York, alors en semi-exil en Irlande. Rentré dès Septembre 1450, il tente, avec l’aide du Parlement, de réformer le gouvernement. Ne pouvant écarter Somerset, il recourt à la force en 1452, avant de s’incliner devant l’armée du roi. Echec cuisant, mais bref : en 1453, Somerset perd la Gascogne ; surtout, une crise de folie du roi oblige à faire appel à York, son plus proche parent. Richard d’York est proclamé protecteur du royaume, et Somerset emprisonné. Mais, dès 1454, Henri VI recouvre la raison, York démissionne et Somerset reprend le pouvoir.

 

York s’allie alors aux comtes de Salisbury et de Warwick, du puissant clan des Neville. Défenseurs de la frontière avec l’Ecosse, ils ont des troupes bien entraînées, qui battent l’armée royale à Saint Albans, en Mai 1455.

 

A suivre..