X1Mais le prestige du titre royal permet encore à Henri V de reprendre l’initiative. Il confisque les biens de York et de ses partisans. Une nouvelle confrontation est inévitable.

Acculé au combat à Ludford, York abandonne son armée et s’enfuit en Irlande. En Octobre 1459, son fils Edouard et les Neville gagnent Calais, d’où les lancastriens tentent en vain de les déloger. Ils y rassemblent une nouvelle armée, à laquelle Londres ouvre ses portes. En Juillet 1460, les lancastriens sont écrasés à Northampton. Henri V étant prisonnier, il faut trouver un compromis : le Parlement fait d’York l’héritier d’Henri V de Lancastre.

 

Pendant ce temps, Marguerite d’Anjou, décidée à défendre les droits de son fils, rassemble ses fidèles dans le Nord de l’Angleterre. York et Salisbury la poursuivent. Surpris par une armée royaliste, ils meurent à Wakefield, en Décembre 1460.

 

L’armée lancastrienne descend vers le Sud, dévastant tout sur son passage. Elle est si indisciplinée que ses chefs n’osent la faire entrer dans Londres. Affamés, les piteux vainqueurs repartent vers le Nord. Edouard, fils du duc d’York, en profite : en Mars 1461, il se fait proclamer roi à Londres, sous le titre d’Edouard IV. Son armée écrase les lancastriens à Towton.

 

Mais, réfugié en Ecosse et soutenu par la France, Henri VI a encore des partisans dans le Nord de l’Angleterre. Ceux-ci sont écrasés à Hexham, en 1464, et le roi est de nouveau prisonnier en 1465. Tout paraît réglé. Pourtant, Edouard IV, malgré ses qualités, se heurte aux mêmes désordres qu’Henri V.

 

Car, autour du comte de Warwick, qui a porté Edouard sur le trône, le clan des Neville s’oppose à celui de la reine, Elisabeth Wydeville. Le propre frère du roi, le duc de Clarence, lui envie sa puissance. Warwick et Clarence suscitent des rebellions dans le Nord. Puis Warwick débarque à la tète de la garnison de Calais, dont il est capitaine, et s’empare du pouvoir.

 

Cette fois encore, mais au profit d’Edouard IV, la seule vertu du titre royal opère, et le roi renverse la situation. En Mars 1470, Warwick et Clarence se réfugient auprès du roi de France Louis XI, qui, fin diplomate, les réconcilie avec Marguerite d’Anjou et la Maison de Lancastre. Si bien qu’en Septembre, lorsque Warwick, appuyé par Louis XI, revient en Angleterre, il est lancastrien. Trahi, Edouard IV s’enfuit en Hollande, auprès de son beau-frère, Charles le Téméraire. Pendant ce temps, Warwick, surnommé « le Faiseur de Rois », et Clarence, remettent Henri VI sur le trône.

 

En Mars 1471, cependant, Edouard revient à son tour, avec une armée payée par le Téméraire. Et il remporte, à Barnet, une victoire décisive – grâce à Clarence, qui trahit Warwick. Ce dernier est tué. Marguerite d’Anjou et l’armée lancastrienne du Sud sont écrasées à Tewkesbury. En 1471, Henri VI est exécuté, Edouard IV rentre à Londres, et la fin de son règne est enfin, paisible et prospère.

 

Les problèmes ressurgissent malgré tout en 1483, à la mort du roi. Le frère d’Edouard, Richard de Gloucester, devient, par testament, protecteur du royaume. Mais lord Rivers, frère de la reine, entend faire couronner rapidement le fils du roi, Edouard V. Richard réussit à intercepter Rivers, ainsi que le jeune roi et son frère, sur la route de Londres. Rivers est décapité, les princes assassinés à la Tour de Londres. Richard est seul maître.

 

Mais son pouvoir est fragile. Les mécontents complotent avec la reine. En Juin, Richard « révèle » que le mariage d’Edouard n’a pas été validé : les princes sont des bâtards. Il se fait proclamer roi. L’Angleterre est épouvantée, et Richard III, au moment décisif, ne trouve pas le soutien nécessaire pour asseoir son pouvoir. Cet acte le rend en effet si impopulaire que les lancastriens reprennent espoir. Leur prétendant, est Henri Tudor, comte de Richmond, fils de la dernière représentante des Lancastre et d’un certain Edmond Tudor dont le père est un capitaine gallois et garde du corps de Catherine de Valois – veuve d’Henri V – qu’il a épousée.

 

Richmond tisse des liens avec les partisans de Marguerite d’Anjou et débarque au pays de Galles en Août 1485. La rencontre décisive a lieu le 22 Août, à Bosworth. Abandonné par les siens, Richard III est tué – réduit à combattre à pied, il prononce la phrase « Mon royaume pour un cheval ». Richmond monte alors sur le trône, sous le nom d’Henri VII puis il épouse Elisabeth d’York. Fille d’Edouard IV et d’Elisabeth Wydeville : les Lancastre s’allient aux York, la guerre s’achève, et le roi reconstruit son pouvoir sur l’union des deux lignées. En réalité, il met en place un système de contrôle étroit de l’aristocratie.

 

A suivre...