X1Pays-Bas, première moitié du XVIème siècle :

 

Erasme naît à Rotterdam en 1469. Enfant bâtard d’un prêtre, il n’a pas une enfance très heureuse. A neuf ans, on l’envoie à Deventer, à l’école des Frères de la Vie commune, où il fait de bonnes études. A quatorze ans, il est orphelin. Ses tuteurs le placent alors, contre son gré, au séminaire de Bois-le-Duc, puis, lorsqu’il a dix-sept ans, au couvent des chanoines augustins de Steyn. Il y prononce des vœux, et il est ordonné prêtre en 1492.

 

Il a vingt-trois ans et complète sa formation en perfectionnant son latin et en lisant Sénèque, Horace ou Térence. Ses aptitudes lui valent d’être recommandé à l’évêque de Cambrai, qui se l’attache et l’autorise à poursuivre ses études à Paris.

 

Pour gagner sa vie, il donne des leçons de latin à de riches élèves. L’un d’eux l’invite à visiter l’Angleterre. En 1499, au cours de ce premier séjour, Erasme rencontre deux jeunes érudits, Thomas More et le théologien John Colet. Il étudie le grec et travaille sur le Nouveau Testament. Les années suivantes sont occupées par différents voyages en France, en Belgique, puis, enfin, en Italie, terre bénie de la culture et de la formation humanistes.

 

Entre 1501 et 1509, Erasme séjourne à Rome et à Venise. Puis, il revient à Londres, chez Thomas More, où il compose « l’Eloge de la Folie ». L’ouvrage est édité en 1511. Erasme a quarante-deux ans. En 1504, il a déjà publié un essai, passé tout à fait inaperçu, « le Manuel du Soldat du Christ », mais « l’Eloge de la Folie » connaît un prodigieux succès.

 

Les deux ouvrages développent le même thème : la piété ne se juge pas à des rites et à des signes extérieurs. Le soldat qui s’enrôle dans l’armée du Christ se bat avec des armes spirituelles. Porte-parole d’Erasme, la Folie se livre à une satire mordante des vices de la société, et en particulier de la justice et des ecclésiastiques, qui trahissent le message évangélique. La conclusion est que la prétendue Sagesse du Monde n’est que folie, tandis que la folie de la Croix constitue la vraie Sagesse et que la Vérité, cachée aux grands, se révèle aux petits. La drôlerie du ton, le sarcasme et le paradoxe ne peuvent dissimuler l’âpreté de la critique – critique qui caractérise désormais la pensée de la Renaissance -, n’épargne pas les valeurs traditionnelles et touche à tous les problèmes de la vie humaine. Erasme, qui se veut soldat du Christ, cherche à établir une société fraternelle d’hommes nouveaux, éclairés, porteurs du message évangélique et de l’idéal humaniste.

 

Ainsi, après le succès de « l’Eloge de la Folie », Erasme se remet à son œuvre de fond, une traduction du Nouveau Testament, qu’il édite à Bâle, en 1516.

 

A suivre...