X1En 1598, Abbas fait d’Ispahan sa capitale. Le chah établit une ville à l’urbanisme planifié. Au centre de la cité se trouve une place longue de 500 mètres, la place Royale. Elle est bordée de bâtiments à arcades qu’occupent des marchands et des religieux. C’est là qu’on donne les fêtes et que sont annoncées les grandes décisions du royaume.

 

La place s’ouvre sur de nombreux monuments importants : il y a le Bazar, la Mosquée de l’Imam, avec son dôme de faïence bleu turquoise, celle de Cheikh Lotfollah, décorée d’arabesques en céramique colorée, enfin, le palais d’Ali Qapu.

 

Malgré son nom, ce dernier bâtiment n’est que l’entrée des résidences royales et il abrite les services administratifs et les salles s’audience du souverain ; ouvert sur la place Royale, il dispose d’une situation privilégiée, et Abbas le fait orner de riches peintures murales, de marqueteries en bois et en métaux précieux et de portes enlevées au sanctuaire d’Ali, le cousin du Prophète, que vénèrent les chiites.

 

Les larges avenues bordées de platanes, de kiosques et de palais, les multiples jardins, les parcs royaux des Mille-Arpents, tout fait la joie du promeneur.

 

 

Maroc, seconde moitié du XVIème siècle :

 

A cette époque, les Sa’diens prétendent être les descendants de Mahomet, ce qui leur vaut le titre de « chérifs ». Ils sont originaires du Sous – région située au Sud-Ouest -, et c’est à partir de là que, remontant vers le Nord, ils enlèvent aux Portugais les ports que ceux-ci possèdent sur l’Atlantique. Agadir, Safi, Azemmour tombent successivement. Mais c’est à Marrakech qu’ils décident d’installer leur capitale, l’embellissant de superbes monuments.

 

Ailleurs, toute l’Afrique du Nord est soumise à l’autorité de l’Empire Ottoman, car les Turcs contrôlent enfin l’Algérie. Les chérifs Sa’diens parviennent pourtant à les contenir, faisant du Maroc la seule région du Maghreb qui ne dépende pas d’Istanbul. En 1578, leur prestige devient plus éclatant encore. Le roi du Portugal Sébastien, animé par l’esprit de croisade et par des velléités colonisatrices, débarque au Maroc et détrône le sultan Sa’dien Muhammad al-Mutawakkil au profit d’un des parents de ce dernier, Abd al-Malik. La même année, ils meurent tous les trois lors de la bataille d’Alcaçar-Quivir, qui reçoit alors le nom de « bataille des Trois Rois ». Deux membres de la dynastie sont morts ce jour là, mais les Marocains ont vaincu un souverain européen, et cette gloire conforte l’autorité des chérifs sa’diens. Ahmad, qui monte alors sur le trône, et qui devient bientôt le plu grand souverain Sa’dien, décide de prendre le nom d’al-Mansur, c’est à dire « le Victorieux ».

 

Dès lors, l’œuvre économique des Sa’diens est très importante. Leurs expéditions transsahariennes permettent à d’immenses richesses d’affluer depuis le « pays des Noirs » - le Soudan -, qui fournit l’or et les esclaves, que le Maroc échange contre du sel. Des liens commerciaux sont également noués avec plusieurs Etats européens, et cette puissance marchande vaut à Ahmad al-Mansur le surnom de « Doré ».

 

Après la bataille des Trois Rois, al-Mansur réorganise l’Etat et l’armée avec beaucoup d’efficacité. Pourtant, lorsqu’il meurt, en 1603, le pays s’enfonce dans des guerres de succession et dans des querelles de chefs locaux qui divisent le Maroc. Région par région, l’autorité de Sa’diens disparaît, risquant de faire éclater la fragile unité territoriale du pays.

 

 

Portugal, seconde moitié du XVIème siècle :

 

A partir du milieu du XVIème siècle, le Portugal perd son quasi-monopole sur les épices, et le Brésil est exploité par des colons abandonnés à eux mêmes. La décadence lusitanienne commence. En outre, en 1557, les neuf enfants du roi sont morts ; il ne reste que Sébastien, son petit fils, dont la mère, Joanna, fille de Charles Quint, s’est retirée en Espagne.

 

En 1560, Camoès s’embarque comme simple écuyer pour les Indes, séjourne à Goa, où son insolente plume lui attire des ennuis. A Melaka, il raconte en vers les exploits de Vasco de Gama à jamais célèbre. Cependant, son retour est difficile. La protection du roi ne lui rapporte qu’une maigre pension, et les intrigues de cour le dégoûtent.

 

En revanche, l’œuvre principale de Camoès, « les Lusiades », suscite l’enthousiasme général : deux éditions se succèdent, et l’écrivain le Tasse dédie un sonnet à l’auteur. Pourtant, la célébrité ne dure pas. Le poète meurt bientôt, et sa dépouille est jetée dans la fosse commune.

 

A suivre...