X3Parfois, je n'ai qu'un seul désir : me replier sur moi-même, me recroqueviller au plus profond de mon univers constitué de mes écrits en cours de rédaction, et de mes myriades de livres à lire - j'en ai encore reçu cinq ce matin. Parfois, j'ai envie d'oublier cette réalité où je ne suis rien pour pratiquement personne - si ce n'est quelques membres de ma famille proche et ma sœur de cœur qui ne m'oublie pas.

Parfois aussi, mon souhait le plus cher est de me retirer dans un endroit oublié des dieux et des hommes afin de tenter d'échapper à cette peur, à cette violence morale qu'est le sentiment d'être abandonné perpétuellement. Cette irrépressible impression que vous ne valez rien, que les mains tendues en direction de ceux et de celles pour lesquels vous avez de la tendresse, de l'affection, de l'attention, de l'écoute, ne comptent pas. Que ce sont des gestes à leur encontre négligeables, dérisoires, sans importance.

Mais par contre, quand il s'agit d'écouter, d'être attentif, attentionné, admiratif, vis-à-vis de ces mêmes personnes, il est normal, naturel, de les laisser se mettre en avant sans broncher, sans sourciller!, Pour qu'elles vous saoulent, le plus souvent, de leurs futilités, de leurs quotidiennetés sans attraits, sans passion, sans ambitions, sans empathie pour autrui. Juste de l’égoïsme et de égocentrisme, de l’orgueil et de la vanité, de l'éphémérité et de la superficialité, exacerbés.

Par contre, aucune humanité, aucune sensibilité, aucun dialogue constructif, fait d'échanges de richesses culturelles, spirituelles - et je ne parle pas de religions ou de dogmes liés à en un Dieu qu'elles ont modelé, et auquel je je ne crois pas. Par contre, aucune tolérance envers celui ou celle qui est différent, soit par les spécificités de son corps ou de son esprit. Pas de bras ouvert envers celui qui souffre, qui est couturé de cicatrices ou de blessures plus ou moins récentes du fait de leurs comportements.

Tout ce qui les intéresse, ce sont eux, seulement eux, toujours eux, et leurs frivolités, les vides qu'ils ou qu'elles comblent en partageant avec ceux et celles qui leur ressemblent des marques de leurs médiocrité ; pitoyables, pauvres intérieurement ; laissant croitre ainsi l'avilissement dont ils sont les réceptacles. Souillant ce qui fait eux et elles des hommes ou des femmes prétendument civilisés, en dévoilant constamment leurs plus bas instincts, en montrant leur ignorance, et leur plaisir de demeurer ignorants, petits, sans autre regard que celui qu'ils ont d'eux-mêmes.

Sans autre rêve, sans autre espoir que d'accumuler des biens matériels, que d'évoluer socialement au travers de leurs emplois, de leurs comptes en banques fournis, de leurs voitures ou logement "qui en jettent", juste pour faire pâlir d'envie les gens qui les entourent. A évoquer leurs voyages aux quatre coins du monde, leurs vêtements à la mode, leurs derniers appareils high-techs. Pour avoir l'impression d'exister, alors qu'ils sont happés par un système qui les broie dépassé 45 ou 50 ans. Corvéables à merci, à la fois insatisfaits et soumis au monde dont ils sont.

Alors, oui, quand je pense à tout cela, et à tout ce que je ne dévoile pas ici - faute de temps et faute de place ; il me faudrait écrire un livre entier - plusieurs - pour développer ce qui se cache derrière ces quelques lignes -, oui, je n'ai qu'un seul désir : me retirer le plus loin possible de cet univers, de cette vision de l'humanité qui sait qu'elle court à sa perte. Qui sait qu'elle est condamnée à la déchéance et à l'inéluctable anéantissement si elle poursuit dans cette direction.

Or, lorsque j'observe ces personnes qui se manifestent ici ou ailleurs en ayant ce rapport aux autres, cette façon de se comporter, je me sens sali, humilié, rejeté, moqué, détruit. Ils me poussent parfois au bord de la démence ou de la mort. Et je n'ai pas d'autre choix, pour échapper à ceci, que de me retirer, que de me cacher, que de me replier dans mon repaire constitué de mes écrits en perpétuelle évolution ; et de mes centaines de livres à dévorer qui, eux, ne me maltraiteront jamais de cette façon ; qui ne lacéreront jamais mon cœur, mon âme, mon corps, avec autant de dévotion...

Et maintenant, je retourne à la rédaction de mon ouvrage sur les origines idéologiques et ésotériques du Nazisme...