X1Cette ségrégation que j'ai décrite dans mes deux textes d'hier, en la nommant "Fascisme Ordinaire", j'en maintiens l'expression, et je l'assume totalement. Car cette ségrégation ou Fascisme conduit progressivement, insidieusement, aux pires monstruosités que nous avons connu jadis. Et qui, aujourd'hui, sournoisement, lentement, en désignant l'étranger, l'autre - et de préférence noir, arabe, musulman, différent quoi - comme l'ennemi, celui qui est à l'origine de tous les malheurs de ces moutons.

 
Parce que ces moutons sont la masse du peuple, son immense majorité - ce qui fait leur force - individuellement, ne réagirait pas forcément aussi outrancièrement, et ferait preuve de raisonnement, de davantage de tolérance. Car il est plus simple de s'en prendre à une minorité - juifs du temps des fascismes ; noirs du temps de la ségrégation, musulmans aujourd'hui - en les montrant du doigt, et en disant que tout est de leur faute. Ils ne sont en fait que des boucs émissaires. Ils servent à justifier cette peur, cette violence, qui est la seule solution trouvée par ces moutons pour répondre à leurs angoisses, pour tenter de trouver un remède aux difficultés et aux épreuves personnelles ou collectives qu'ils traversent.
 
C'est plus commode, il en a toujours été ainsi à travers l'Histoire. Mais, dans une société comme la notre ou ces modes de fonctionnement ont été analysés, décryptés, compris, raisonnés, je ne peut accepter que ces moutons s'y adonnent et s'y réfèrent encore, alors qu'ils ont les connaissances a portée de la main - de clic -, pour réaliser qu'ils sont dans l'erreur ; pire, qu'a persister dans cette voie, ça ne fait qu'envenimer les choses.
 
Il suffit de regarder la montée des extrêmes dans tous les pays occidentaux actuellement, pour s'en rendre compte, ce retour aux nationalismes exacerbé, alors qu'on devrait avoir tiré les leçons de nos erreurs passées. D’où cette ségrégation ordinaire, ce Fascisme ordinaire, toujours aussi présent dans l'inconscient collectif, lorsque la masse des moutons se retrouve entre elle, comme un réflexe animal, qui n'a rien à voir avec l'intelligence, la sagesse, ou la raison dont l'homme est pourvu quand il fait l'effort de se démarquer de cette masse.
 
Mais là aussi, sa peur est trop forte, se démarquer, veut dire "être différent", veut dire qu'à son tour, on va être montré du doigt, susceptible d’être rejeté, maudit, méprisé. Dans notre société si individualiste, si égocentrique, si égoïste, paradoxalement, ce que l'immense majorité de ces moutons désirent - à n'importe quel prix -, c'est d'être intégré, accepté, dans la masse. C'est une façon de se rassurer, de se sentir moins seul, d'avoir l'impression d'être utile à la communauté - voire indispensable. Et donc, n'ayant aucun motif d'être mis à l'écart ou moqué, rejeté, etc.
 
Évidemment, la encore, ceux et celles qui raisonnent ainsi, qui se comportent ainsi, font fausse route. Ils sont dans l'erreur la plus absolue. Chacun de ses moutons, tout le long de son existence, est confronté a des aléas qui le distingue forcément, inévitablement, des autres moutons. Par son parcours personnel, par ses expériences, par son milieu socio-culturel, par sa religion, par ses convictions, par sa personnalité, par ses capacités, par ses forces et ses faiblesses, par ses victoires ou défaites, j'en passe. Nous sommes des individus avant tout, avant d'appartenir a un groupe, quel qu'il soit. Et rien ne changera ce fait.
 
De plus, toute cette masse de moutons qui se tente vainement de se rassurer en se basant sur ces principes erronés galvaudés, peuvent, un jour ou l'autre, pour n'importe quelle raison, devenir l'autre, celui qui ne correspond plus aux normes de la masse de moutons, à laquelle il appartenait jusque là. Et de mouton contribuant à ce désir de protection, cette envie d'éloigner la peur, le danger, la difficulté, de soi, c'est lui qui en est le sujet.
 
L'exemple tout simple, je l'ai déjà décrit hier. Je suis handicapé, malade. Je l'écris régulièrement. Je décris mes doutes, mes peurs, mes souffrances, mes blessures, etc. dues a ce que je viens de décrire du comportement de cette masse de moutons. Comme je le fais souvent, et comme je l'ai fait dans mes deux textes d'hier également. Mais ce a quoi ne songent pas cette masse de moutons, c'est qu'un jour, individuellement, certains, ou certaines, peuvent se retrouver à ma place. Maladie, accident, parce que trop jeune, trop vieux, parce que roux, parce qu'il a une particularité physique, mentale, émotionnelle, etc, il ou elle se retrouve dès lors inévitablement, inexorablement, mis en dehors de la masse.
 
Toujours cet effet de protection, cette peur, ce sentiment de danger, qui domine - alors que notre intelligence, raison, ne devrait pas nous y pousser si nous la laissant avoir de prise sur nous.
 
Seulement, la laisser gangrener cette masse de moutons, est plus simple, plus facile, ne demande ni raison ni se demander pourquoi j'agis comme ça, et comment je peux combattre ce comportement pour améliorer mes relations avec les autres. Non, ces questions, lorsqu'on appartient a cette masse de moutons, on ne se les pose pas ; on se laisse porter par l'effet de groupe, et quand il y quelqu'un, ou groupe plus minoritaire, qui apparait, naturellement parce qu'on se laisse porter par cet effet de groupe, on se laisse porter : forcément, c'est l'autre, l'étranger, le différent, celui qui ne me ressemble pas, qui n'est pas comme moi et cette masse de moutons a laquelle j'appartiens, qui est a l'origine de mes problèmes.
 
Cette éternelle discrimination, ce fascisme ordinaire, encore et toujours. Et comme je le disais hier, ce phénomène est encore grossit, démultiplié, visible, sur internet, et notamment un réseau social comme Facebook. Ou cette éphémérité, cette superficialité, cette non acceptation d'accepter la main de celui qui n'appartient à la masse de mouton, quand cet personne différente tend la main a l'un de ses membres, est symptomatique. Quelqu’un qui appartient à cette masse de moutons, a moins d'accepter de s'en démarquer, de faire prévaloir son individualité sur l'effet de masse, refusera cette main tendue. Alors que s'il n'appartenait pas à cette masse de moutons, il serait plus enclin à l'accepter, à être tolérant, à ouvrir sa porte a l'autre.
 
Pour faire parti d'un nouveau groupe, évidemment, dans le même but que parce qu'auparavant il appartenait a cette masse de mouton. Car nous avons tous besoin d'appartenir a une communauté, quelle qu'elle soit. Seulement, appartenir a cette communauté, ne veut pas dire s'y soumettre systématiquement, automatiquement, sans réflexion ni raisonnement individuel. Ça ne veut pas dire ne pas s'en démarquer lorsque certains des principes, des comportements, de celle-ci, conduit a se transformer en ségrégationnistes ou fascistes ordinaires.
 
Pour ma part, c'est ce que je constate quotidiennement ici, de la part de ces personnes que je tente vainement de solliciter pour créer un lien amical, pour un échange constructif, pour enrichir nos particularismes des différences de l'autre. Je fais primer l'intelligence et la raison sur l'effet de masse des moutons auquel ils se soumettent, auquel ils contribuent, pire, qu'ils désirent ; alors que, paradoxalement, ils s'en défendent parce qu'ils publient sur leurs murs, ou dans les groupes ou ils sont inscrits. Alors que, justement, ils ne font qu'alimenter tout ce ce que je viens de décrire. Je devrais dire "elles", plutôt, puisque ce sont des femmes que je sollicite généralement.
 
Aucun désir de draguer de ma part, je tiens à le souligner, pour les mêmes raisons que j'ai décrites plus haut. Juste ce désir de partager, comme n'importe qui de "normal", amicalement, malgré le fait que je soit handicapé, fragile, etc. Ce sentiment d'être vu comme normal, et accueilli, accepté, dans leur environnement, virtuel ou réel, comme quelqu'un de "normal".
 
Je ne le nie pas, je compense mes défaillances physiques par une intellectualité exacerbée, par une soif insatiable de découvrir de nouvelles connaissances, de nouvelles facettes du savoir, des rapports humains, au monde, à l'univers. Je creuse chaque jour davantage dans ces domaines, et bien d'autres, comme le montrent de moi mes textes par lesquels je dévoile mes interrogations et mes réflexions sur tel ou tel sujet de société, sur le devenir de l'homme, etc.C'est ma force, c'est ce qui me permet d'endurer tout le reste, d'endurer tout ce que je décris des épreuves qui sont les miennes de par mes particularités, objet de dédain, de rejet, de moqueries, de souffrances, de peur, de crises d'angoisses, etc.Qui remontent loin parce que ce comportement de cette masse de moutons dans la norme , j'en suis victime depuis mon enfance.
 
Mais n'oubliez jamais qu'un jour, c'est vous, moutons dans la norme, qui pouvez être a ma place. Et que ce jour là, vous verrez très vite que cette masse de moutons vous éjectera du groupe parce que vous n'en faites plus partie.
 
Vous verrez vos contacts, amis, connaissances - virtuels ou réels - fondre comme neige au soleil. Ils se diront, tout comme cous tant que vous en faites partie : "Après tout, j'ai mes problèmes, j'ai ma famille, j'ai mon travail, j'ai mon quotidien, etc. Qu'il ou qu'elle se débrouille ; ce qui compte avant tout, c'est moi ; voire, ceux et celles qui comptent vraiment à mes yeux. Lui, elle, maintenant qu'il est au dehors de ça, ça ne me concerne plus".
 
Ce fameux conducteur de train d’Auschwitz dont je parlais hier. Qui fait comme les autres./ Sauf que cette fois, parce que vous vous différenciez de la masse, vous serez dans le train vers le camps de la mort, plutôt qu'à la place de celui qui se soumet au diktat de la masse. Et ce jour là, vous vous direz comme j'aimerai que ce conducteur de train - ancien collègue, ami, connaissance, contact, relation, membre de la famille, etc., ou anonyme tout simplement - ne réagisse pas comme moi si j'étais a sa place. Comme j'aimerai qu'il ne soit pas indifférent, ségrégationniste, intolérant, moqueur, qu'il ne me rejette pas, qu'il ne soit pas ce fasciste ordinaire que j'ai été lorsque j'étais a sa place.
 
Il est vrai cependant qu'ayant agi jusque là ainsi, pourquoi celui dont vous solliciteriez la compassion, l'amitié, l'indulgence, la tolérance, pourquoi il agirait autrement que vous, vous qui en avez fait de même avec des personnes différentes toute votre vie ; avant que votre vie ne vous fasse devenir, à votre tour, quelqu'un de différent, quelqu'un d'en dehors de la masse de moutons. Donc, c'est à vous de changez maintenant, que ce soit virtuellement ou dans le réel, si vous ne souhaitez pas qu'un jour cela vous arrive a votre tour...