X1Et maintenant, après avoir écouté Macron tenter de faire de la pédagogie sur sa politique et sa vision de la transition écologique à l'horizon 2050, je retourne dans ma tour, seul, et abandonné à moi-même.

Je dirai quand même ceci, avant de me replonger dans la rédaction de mon second article sur le 11 Novembre 1918 et ses conséquences - le Traité de Versailles de 1919 - : les Gilets Jaunes, et plus largement les français qui souffrent, les plus démunis, les plus modestes, les plus économiquement fragiles, ne l'attendaient pas sur ce thème aujourd'hui. Même si ce qu'il dit à propos de la transition écologique est vrai - nécessaire, vitale -, aujourd'hui, là n'est pas le sujet.

Il a fait de la pédagogie, là où les français attendaient de lui des décisions concrètes, immédiates, visibles très vite, pour améliorer leur pouvoir d'achat, baisser les taxes, stopper la hausse du carburant. Rien. Il a tourné autour, agité du vent. Il a promis une concertation du gouvernement avec tous les acteurs de la grogne pour proposer des modalités concrètes d'ici trois mois. Évidemment, il ne faut pas se leurrer :

Un : ainsi, il reporte tout sur le Gouvernement, il ne s'implique pas. Jupiter est toujours au-dessus du peuple. Mème s'il a entendu la colère, il reste toujours en dehors de l'arène, accroché à son trône olympien.

Deux : cela ne vas pas faire retomber les ressentiments, la colère, les manifestations, etc. des Gilets Jaunes. Eux qui attendaient, sans illusion, sa prestation, ne se certainement pas senti pris en considération. Ils ne se sont certainement pas senti concernés vis-à-vis de leurs besoins immédiats. Demain, cela ne les empêchera pas d'avoir des difficultés à boucler leurs fins de mois, de voir les prix de l'essence toujours aussi élevés, et de comprendre qu'ils sont les seuls à soutenir l'effort exigé pour mettre en œuvre la politique macronienne.

Trois : Enfin, si faire face aux changements climatiques grâce à la transition écologique, ce n'est pas parce que la France veut faire le nécessaire, que les autres pays les plus pollueurs, que ce soit en Europe ou ailleurs dans le monde - et en particulier les USA, la Chine, la Russie, l'Inde, le Brésil -, ont cette même volonté, à l'horizon 2050. A nous tout seul, français, nous ne pouvons pas sauver la planète. Et s'il n'y a pas de politique mondiale coordonnée - les USA s'étant en particulier retiré des accords de Paris -, tous ces efforts que l'on demande aux français n'auront que très peu d'effets globalement.

Je ne parle même pas des lobbies économiques, financiers, industriels, actuels, les multinationales, etc., qui font en permanence pression sur nos dirigeants en France, comme envers toutes les autres grandes puissances, pour tirer le maximum de profits de cette ère "tout énergies fossiles" agonisante. A leurs yeux, les plus modestes, les plus fragiles, et même la totalité des populations, ne sont que des variables d'ajustement à leurs profit, au profit de leurs actionnaires. Elles ne sont que des consommables et des consommateurs, uniquement nécessaires pour écouler leurs produits.

Et tant pis si par leurs actions, ils polluent, ils détruisent des emplois, ils appauvrissent l’ensemble des populations des pays concernés. Ce n'est pas leur problème. Ils laissent les conséquences de leurs actions aux politiques, en freinant des quatre fers pour prendre leur part de responsabilité, et surtout, eux-mêmes, participer aux changements de comportement en matière d'écologie, que l'on exige des populations.

Bref, rien de neuf à l'horizon. On continue comme avant. Et Macron aura beau enrober cela dans un beau discours destiné à apaiser tout le monde, avec ce qu'on vient d'entendre, la colère des Gilets Jaunes ne va pas retomber. Et on continue à aller droit dans le mur...

Maintenant, je retourne à mes écrits...

Dominique Capo