X1J'aimerai être fort, mais je ne le suis pas. J'aimerai avoir la capacité et la possibilité, en permanence, de me battre contre mon passé, contre mes démons, contre mes erreurs, contre mes fragilités, mais je n'y arrive pas.

 
Plus j'avance, plus je prends des coups venus d'ailleurs et de nulle part. Plus ma carapace façonnée en des temps où je n'étais qu'un enfant ou un adolescent se fissure et se déchire de plus en plus souvent. Plus je me bats pour survivre, plus le combat que je livre deviens difficile et source de tourments. Plus on exige de moi de repousser toujours davantage mes limites, plus le destin s'acharne à me blesser et à me briser.
 
Je cherche la paix, le calme, la sérénité, mais on ne me les accorde pas. Tout en ce monde est fait pour me torturer, pour m'effrayer, pour que la seule issue que je voie est celle de me replier sur moi-même et de m'affranchir de tout le reste. Cependant, même ça, on ne me l'accorde pas. J'ai beau me réfugier dans mon univers, on vient aussitôt m'en tirer pour me bousculer, pour m'affliger, pour m'épuiser, pour me casser.
 
Il n'y a pas de Dieu là-haut. Sinon, il m'accorderait - juste un tout petit peu - la paix, la sérénité, la tranquillité dont j'ai un vital besoin. Il n'y a pas de solidarité ici-bas ; on est éternellement seul, livré à soi-même, à ses cauchemars, à ses terreurs, à ce qui nous fait le plus mal et qui se rappelle régulièrement à notre bon souvenir ; que l'on soit capable de l'affronter ou pas. Les portes se ferment, les voix se taisent, les mains amicales disparaissent. Après tout, "chacun ses problèmes ; débrouille toi avec les tiens ; j'ai déjà assez des miens à gérer"...
 
On nous donne des conseils, on nous donne des solutions impossibles à mettre en place seul. On nous dit "Tu vas y arriver ; si tu veux tu peux", alors que ces conseilleurs sont incapables eux-mêmes de les mettre en application. Ils s'en défendent, ils vous jugent, ils vous condamnent, ils vous brusquent, sans état d'âme. Et ils vous observent en vous expliquant que vous êtes un incapable, que vous ne faites pas comme il faut, que c'est à vous de changer qui vous êtes, ce que vous êtes, sans restriction. Quitte à vous détruire davantage encore.
 
Je suis fatigué de tout ça. Je suis fatigué de courir, de stresser, d'être terrorisé, d'être bousculé, au point d'en fragiliser définitivement ma santé ; au point que mon corps ne puisse plus me porter ; au point que j'en fasse des crises de convulsions répétées ; au point que mon âme soit tout le temps déchirer ; au point de voir mes nerfs régulièrement lâcher.
 
Oui, je suis tellement fatigué. Mais, après tout, que ce soit ici ou dans la réalité journalière, ça n'a pas d'importance ; n'est-ce-pas ?