X1Il y a des moments dans la vie où celle-ci ne tient plus que par un fil. Un fil qui se tend à l’extrême, un fil qui, en permanence, est sur le point de se casser. Il y a des moments dans la vie où plus rien n'est supportable, où sa sensibilité et sa fragilité sont malmenés, sont torturés, à l’extrême. Il y a des moments dans la vie où vous avez beau hurler votre solitude, votre peur, votre détresse, personne n'est là, ceux et celles que vous chérissez et qui vous aiment, sont incapables, sont impuissants, face à vos cicatrices mal refermées, vos cauchemardesques terreurs.

 
Alors, vous êtes perdu. Vous êtes brisé. Vous vous aventurez en des lieux qui vous mènent au bord du précipice. Chaque action du quotidien est une épreuve, un pas supplémentaire vers ce gouffre qui vous tend les bras. Chaque mouvement, chaque pensée, est un déchirement. Comme si on vous arrachait l'âme, le cœur, que l'on vous broyait le corps, à chaque fois que vous tentez de vous débattre ; de trouver des solutions qui, elles aussi, vous font du mal.
 
Autour de vous, les gens compatissent, vous répètent "courage", "sois fort", "quand on veut ou peux", etc. Et parce que vous savez qu'ils ont raison mais que vous n'y arrivez pas, que vous n'y arrivez plus, le fait d'en avoir conscience alourdit encore votre fardeau. Car vous en voulez de réagir ainsi pour des choses élémentaires pour l'immense majorité des gens, mais que vous ne parvenez pas - plus - à affronter. Car votre parcours personnel jusqu’à aujourd'hui vous a maintes fois conduit aux portes d'un enfer aux mille facettes qui vous a totalement vampirisé.
 
Vous qui me lisez, poursuivez votre existence. Soyez heureux, entourés des vôtres, de votre famille, de vos amis, de vos collègues, de vos connaissances. Partagez ce que vous avez à partager avec eux ou elles. Préservez votre santé - c'est votre bien le plus précieux -, aimez-vous. Faites tout pour accéder à ce que vous considérez être votre bonheur, votre joie, vos passions, vos rêves, votre sérénité. Vous n'avez qu'une seule, quel que soit votre statut social, culturel, votre emploi, la couleur de votre peau, votre orientation sexuelle, votre handicap, votre maladie, etc., vous en valez la peine. Ne l'oubliez jamais.
 
Quant à moi, je n'ai pas de solution. Personne ne peut m'aider - même pas moi-même. Je continue à vivre, ou plutôt à survivre à cette existence en permanence extrême qui me pousse pas à pas, épreuve après épreuve, souffrance après souffrance, angoisse après angoisse, vers le Néant. Inévitablement, imperceptiblement, je le vois se rapprocher de moi, jusqu'au jour où, sans possibilité ou espoir de retour en arrière, il m'aura, tout entier avalé...