X1Je me demande si un jour, je ne vais pas mourir à force de souffrir. De mes tourments physiques, émotionnels, psychiques, mentaux, etc., mon corps, mon âme, mon cœur, en portent toutes les blessures, toutes les terreurs.

 
Mais je n'ai qu'à me prendre qu'à moi-même. Car je suis incapable, il m'est impossible, de les matérialiser autrement. J'en suis autant victime que coupable. Je suis jugé, condamné, prisonnier de ces cauchemars éveillés qui me hantent en permanence. Je suis jugé, condamné, malade, de ces déchirures qui m'épouvantent.
 
Or, tout ceci n'est-il pas de ma faute ? Ne suis-je pas coupable de ne pas arriver à trouver de solution à tout cela ; et à bien davantage encore ? Ne suis-je pas responsable autant que damnable d'être l'homme que je suis, avec son passé, son présent, ses quotidiennes épreuves ou difficultés qu'il ne parvient pas toujours à surmonter ? Ne dois-je pas en avoir honte ? Ne dois-je pas les dissimuler, les enfouir au fins fonds de mon esprit ? Ne dois-je pas les éprouver en mutilant ma chair, afin de les taire à tout jamais ?
 
Oui, je suis l'unique, le seul coupable de qui je suis, de ce que je ressens, de ce qui me torture journellement. Ce n'est pas moi qui le dit. Après tout, ceux et celles qui me montrent du doigt sont plus sensés, sont plus expérimentés, sont plus qualifiés que moi, à le déterminer. Et je n'ai qu'à me plier, qu'à me soumettre, à leur atroce vérité : ce prix trop élevé, c'est moi qui, de mon enfance à l'heure de ma mort, doit en toutes circonstances le payer...