X1Aujourd'hui, comme chaque Dimanche, si ce n'est ce billet que j'écris ici à votre intention, je me repose. Je ne rédige pas la suite de mon texte évoquant mon parcours personnel.

 
Depuis un mois que je l'ai débuté, j'en ai retranscris une quarantaine de pages, à raison d'environ une page par jour. Et c'est loin d'être terminé. Pour certains et certaines, cela peut paraitre peu, je ne sais pas... Vous devez savoir que je suis une personne très méticuleuse lorsque je décide de m’atteler à un récit que je souhaite mener à son terme.
 
Il en est d'ailleurs de même pour mon ouvrage interrompu momentanément afin de m'y consacrer ; et intitulé "les Origines idéologiques et ésotériques du Nazisme". Je reprendrai l'élaboration de ce dernier quand j'aurai conclu ces Chroniques Personnelles qui me tiennent particulièrement à cœur.
 
En effet, de mème que pour mon livre sur le Nazisme, depuis longtemps, je possède des centaines de pages retraçant nombre des principaux épisodes de mon existence. Parfois heureux - comme celui rappelant mon passage à la Bibliothèque Nationale, et sur lequel je travaille en ce moment.
 
D'autres malheureux - comme ceux que je subis actuellement du fait de cette aide à la sortie du membre de ma famille ayant la sclérose en plaques dont je m'occupe quotidiennement. La personne devant s'acquitter de cette tâche m'ayant violenté psychologiquement, jusqu’à ce que je me sentes éjecté de mon domicile, ou de l'affection que je porte ce parent. Un traumatisme pour lequel je n'entrerai pas dans les détails, mais dont je porte encore aujourd'hui les stigmates invisibles. Avec cette peur irrépressible que l'on m'en porte responsable, que l'on me juge et que l'on me condamne.
 
Bref, c'est un épisode que je relaterai à la toute fin de ces Chroniques Personnelles, parce qu'il m'a profondément marqué, blessé, terrorisé, affligé. Parce qu'il m'a fait me replier davantage encore sur moi-même, alors que cette démarche, à l'origine, était autant pour le bien de ce membre de ma famille, que pour le mien. Mais, les différents intervenants n'ont pas tenu compte de l'équilibre trouvé par mon parent et moi au quotidien. Ils n'ont pas tenu compte de ma fragilité, du fait que je sois malade, handicapé, etc. Et en conséquences, leur ingérence, leurs jugements, leur façon d'envisager ce qui doit être bénéfique ou pas pour l'un ou pour l'autre, a tourné au désastre.
 
Je me suis senti - je me sens - comme un véritable intrus jusque sous mon propre toit, jusque dans ma propre vie. Quelqu'un qui, malgré tous les efforts, toute l'énergie, toute la tendresse, toute l'affection, qu'il met pour préserver, pour protéger, pour apporter joie, sérénité, bonheur, calme, tranquillité, à ce parent - souvent à ses propres dépends - est culpabilisé, bousculé, meurtri. Notamment parce qu'il est vrai que ce parent et moi - par la force des choses puisque nous sommes tous les deux handicapés, malades, fragiles, que nos relations avec notre famille est souvent difficile, etc. - avons une relation fusionnelle.
 
Bref, j'en ai déjà dit plus que je ne le souhaitais à ce sujet. Je ne désirais pas m'y étendre. Or, une fois de plus, ma pensées, et mes doigts jonglant sur le clavier ont pris le contrôle des mots édictés. Et j'ai soulevé, malgré moi, un coin du voile qui fait que je vis des moments particulièrement éprouvants en ce moment.
 
En tout état de cause, mon seul refuge et d'écrire, d'écrire encore, d'écrire toujours. Chaque jour que Dieu fait, afin de m'évader de cette emprise sur laquelle je ne peux agir, je m'y emploie. Je prends mon temps. C'est pour cette raison que mon récit progresse lentement. Lorsque je me plonge dans le suivi de mon texte, je relis chaque phrase pour qu'elle soit ciselée comme je le souhaite, afin qu'elle décrire au plus près ce que je souhaite retranscrire. J'en retire les longueurs, les fautes d'orthographe, de grammaire. J'en ôte les répétitions, les morceaux de phrases inutiles. Donc, cela multiplie par deux ou par trois le temps que je consacre à chaque paragraphe ou page.
 
J'use de la même attention, de la même concentration, de la même énergie mentale, pour chaque texte que j'écris. Même sur Facebook alors que je suis conscient, que je sais, que bien peu de gens vont jusqu'au bout. La plupart les survolent, ou se contentent d'admirer les images qui les accompagnent. La plupart cliquent "j'aime" parce que la photo, l'image, leur a plus, sans savoir que derrière, j'ai travaillé sur sur ce que je partage avec eux et elles plusieurs heures.
 
Extrêmement rares sont ceux et celles qui prennent le temps de lire mes textes jusqu'au bout, de comprendre et d'accepter la démarche qui est la mienne au travers de ces derniers. Je dirai même plus : heureusement que ma sœur de cœur est présente à mes cotés quotidiennement. Elle a sa famille, ses amis, son travail, son quotidien, etc. Mais par nos échanges, par nos dialogues en dehors de ce réseau social, elle me soutient, elle est là. Et pour moi, c'est bien plus important, bien plus vital, qu'un "like" ou qu'un "commentaire". Et c'est elle qui m'a encouragé à écrire cette Chronique Personnelle avec la même ardeur, avec la même ferveur, avec la même vigilance, au même rythme, que mon livre en devenir sur le Nazisme.
 
Car, pour les autres, parfois, je me demande à quoi sert tout ce que j'écris peut servir. Je me demande à quoi servent l'attention, l'amitié, l'ouverture d'esprit, la compassion, les réflexions philosophiques ou sur l'actualité - entre autres -, que j'y publie. Puisque tout cela se perd dans le vide, ne suscite, à part quelques personnes je le souligne autant de fois qu'il le faudra, indifférence, silence, solitude. Pire parfois : mépris, moqueries, violences, dérision, camouflets, j'en passe.
 
Voila : encore une fois, je me suis laissé emporté par ce dont mon esprit est empli. Je me suis laissé emporté par la multitude d'émotions, d'aspects de ma personnalité, par mon cheminement jusqu'aux frontières de mes possibilités et de mes capacités.
 
Je n'oublie pas, malgré tout, que je ne suis pas le plus malheureux du monde malgré ma situation face à cette nonchalance ici, et face aux afflictions liées aux "aides" à mon parent. Il y en a qui sont confrontés aux affres d'une vie beaucoup plus compliquée que la mienne. Et si je ne peux pas faire grand chose pour eux, du moins matériellement, au moins, ils ou elles ont tout mon soutien. Je suis à leurs cotés quoiqu'il advienne.
 
Maintenant, je vais me reposer ce Dimanche. Quelques émissions télé en retard cet après-midi à visionner. Ce soir, un film, puis après 22h30, puis après, lecture jusqu'à 1h du matin. L'un des meilleurs moments, comme je le décris si plaisamment en ce moment dans la chapitre de ma Chronique Personnelle consacrée à cet univers livresque qui est le mien depuis l'époque de la Bibliothèque Nationale. Quant à ceux et celles qui m'apprécient ici, je leur souhaite une bonne continuation. Profitez bien de votre famille, de vos amis, de vos proches, des instants de bonheur privilégiés que vous pouvez avoir avec eux. Ils sont extrêmement précieux. A bientôt...
 
Dominique Capo