14Tout d'abord, je profite du fait que j'ai un petit peu de temps en cette fin de matinée pour remercier tous ceux et toutes celles qui, ici, nous soutiennent, Vanessa et moi, dans l'épreuve personnelle que nous traversons actuellement. Vos commentaires, réactions, marques d'amitié, d'affection, nous ont fait beaucoup de bien ; bien plus que vous ne vous l'imaginez certainement.

 
Pour ma part, je reprendrai la rédaction de mes Chroniques personnelles en début d'après-midi, l'âme apaisée, tranquillisée ; serein, posé, rassuré .
 
Autant parfois, je dénonce avec virulence les usages malsains de ce réseau social qu'est Facebook, autant je sais reconnaitre ses bienfaits. C'est exceptionnel, hélas. Mais heureusement, ça peut arriver.
 
Par ailleurs, je remercie - et Vanessa avec moi - tout particulièrement deux personnes dont l'attention, la gentillesse, la prévenance, la bienveillance, nous touchent et nous émeuvent particulièrement ; et nous font extrêmement chaud au cœur. Elles ont été, sont, présentes à nos cotés quotidiennement en dehors de Facebook. Elles prennent du temps pour nous, et tout ceci revêt une importance considérable à nos yeux :
 
La première, bien entendu, c'est ma maman, qui prend de nos nouvelles chaque jour par Skype. Elle s'inquiète beaucoup pour Vanessa et pour moi, connaissant notre sensibilité, notre fragilité, connaissant toutes les épreuves par lesquelles nous sommes passé depuis quinze ans que Vanessa et moi sommes en couple. Elle sait combien l'équilibre relationnel qui est le notre est facilement entamé, face à des personnes comme cette Madame Colas, qui nous a meurtri dernièrement. Nous sommes mercredi, et ce matin encore, Vanessa était inquiète de voir cette dernière sonner à notre porte dans l'après-midi. Et j'ai dû la rassurer, lui dire qu'au pire, je la protégerai quoiqu'il advienne de cette personne.
 
En tout état de cause, ma maman est là. Et si nécessaire, elle est prête à intervenir auprès des différents acteur de cette affaire, afin de me décharger du poids de celle-ci. Car ma maman s'est rendu compte qu'y faire face, avec tout ce qu'elle a suscité en moi, est désormais au-dessus de mes forces. Je ne l'en remercierai donc jamais assez. Ça me touche énormément ; bien davantage que mes pauvres mots ne peuvent l'exprimer...
 
La seconde est ma sœur de cœur. Malgré son activité professionnelle très chronophage, très exigeante, très vorace en énergie, malgré les nécessités de sa vie familiale et personnelle, malgré ses préoccupations quotidiennes - comme tout un chacun -, elle aussi est à nos cotés, à Vanessa et à moi. Par ses sms, parfois dans la journée, mais surtout chaque soir, elle est là. De temps en temps, en mp, nous échangeons également. De même qu'elle laisse un commentaire concernant certains de mes écrits, qui me font toujours très plaisir.
 
Bref, c'est ma sœur de cœur. Elle se préoccupe de notre bien être, de notre sérénité, de notre bonheur. Elle connait notre parcours, les épreuves que nous avons dû affronter depuis longtemps, dans bien des domaines. Y compris celles que je ne dévoilerai jamais ici parce qu'elles sont trop éprouvantes ; qu'elles sont indescriptibles vis-à-vis de la force avec laquelle elles nous ont malmené, déstabilisé ; et les blessures - non cicatrisées parfois - qu'elles ont laissé dans notre âme et dans notre cœur.
 
Avec cette sœur de cœur, seule ma maman a vu à quel point ces épreuves nous ont affligé. Car ici, c'est au travers de paraboles, d'écrits parcellaires et symboliques que je les décris à chaque fois que l'une d'elles survient.
 
Ma sœur de cœur, sa famille, les siens, si elle n'est pas de ma famille de sang, est la personne à laquelle je tiens le plus, après Vanessa et ma maman. Et si elle est à mes cotés en ce genre de circonstances, elle sait - c'est déjà arrivé à plusieurs reprises - que je suis à ses cotés également quoiqu'il advienne. Jour comme nuit, dans le bonheur ou le malheur, l'espoir ou le désespoir, la victoire et la défaite, la joie ou la peine, je serai toujours là pour elle et pour les siens.
 
Ça fait un bien fou de se sentir épaulé, soutenu, considéré, par de telles personnes. Savoir qu'il y a des gens attentionnés, attentifs, prévenants, qui tiennent compte de vos spécificités, de vos fragilités, est un bienfait incomparable, irremplaçable.
 
C'est pour cette raison que j'en viens à ce qui s'est déroulé depuis que j'ai rédigé mon témoignage précédent évoquant cette Madame Colas, l'ADMR, etc.
 
Hier, en début d'après-midi, Madame Déog, qui intervient pour le réseau SEP auprès de Vanessa dans le cadre du suivi de l'évolution de sa sclérose en plaques, nous a téléphoné. En effet, la semaine dernière, après la venue impromptue de Madame Colas à notre domicile, et les dires de Madame Desplanques pour mettre fin à cette prestation, je lui ai laissé un message sur son répondeur téléphonique. Car je ne savais pas qu'elle était alors en congé.
 
De fait, j'ai informé Madame Déog du blocage de notre situation. Du fait que Vanessa - et moi - ne voulait plus avoir a faire à cette intervenante, après tout ce qui s'était passé. Que nous désirions tourner définitivement la page sur cette histoire, aller de l'avant. Que nous désirions une autre intervenante qui comprenne véritablement nos attentes et nos besoins quant aux sorties de Vanessa. Qu'elle prenne en compte nos spécificités, nos fragilités, sans qu'elle ne bouscule notre équilibre personnel, de couple. Sans qu'elle ne soit intrusive. Qu'elle ait un minimum d'empathie, de compréhension, d'écoute, quant à ce qui était essentiel pour nous dans la façon de gérer cette prestation.
 
Madame Déog a très bien compris à quel point cela nous avait affecté, Vanessa et moi. Après avoir discuté un bon moment pour faire le tour de la question, pour nous apaiser, pour mettre tous les aspects du sujet à plat, elle nous a dit qu'elle a allait faire le nécessaire. Au besoin, chercher un autre prestataire de ce genre de service, avec qui cela se passerait mieux. Je lui ai expliqué que, ni moi, ni Vanessa, ne désirions plus être contacté à ce propos. La réaction de Madame Lecarpentier, la curatrice de Vanessa, à mon encontre, m'a, elle aussi, déstabilisée. Qu'elle s'imagine que c'était la prestation qu'était remise en cause du fait de ces événements, m'a fait beaucoup de mal. Alors qu'il s'agissait juste d'une question de personne.
 
J'avoue que cet aspect des choses me fait terriblement peur encore aujourd'hui. J'ai retrouvé mon calme, ma sérénité. Mais je crains toujours d'être pris a parti parce que Madame Lecarpentier voudra éventuellement m'accuser de mettre des bâtons dans les roues à cette mesure, alors que ce n'est pas le cas. Tout ce que je souhaite, c'est que ça se déroule dans les meilleures conditions, et pour moi, et pour Vanessa.
 
De fait, en faisant appel à une autre intervenante, que ce soit de l'ADMR ou d'un autre prestataire, qui sera à l'écoute de ce que nous attendons d'elle, qui ne viendra pas nous malmener, que ce soit physiquement, moralement, ou autre, qui ne remettra pas en cause notre façon de vivre, notre façon de fonctionner en tant que couple, qui ne sera pas là pour nous contrôler, pour nous juger, pour éventuellement nous condamner, tout se passera pour le mieux, j'en suis convaincu.
 
Car, quoiqu'en pensent certains et certaines, si cette prestation concerne uniquement Vanessa - c'est vrai, et je ne le remet nullement en cause -, je suis son compagnon. Ce qui la touche a forcément, inévitablement, une conséquence sur moi - moi qui suis fragile, facilement anxieux, stressé, angoissé. Et vice-versa, évidemment. C'est un aspect que n'importe quel intervenant auprès de Vanessa doit prendre en compte. D'ailleurs, que ce soit son neurologue, son kinésithérapeute, l'aide-ménagère, Madame Déog, etc., tous et toutes le prennent en compte. Tous et toutes savent faire attention autant à l'un qu'à l'autre, sans nous bousculer, ni l'un ni l'autre, sans nous déstabiliser, sans mettre en péril l'équilibre que nous avons établi au sein de notre couple.
 
Madame Déog a donc très bien compris que nous ne voulions plus être importunés par cette histoire. Et que, même s'il fallait un mois pour cela, nous attendrons le temps qu'il faut pour que l'intervenante qui convienne a notre situation particulière nous soit octroyée par Madame Déog, Madame Lecarpentier, ou n'importe laquelle des personnes attachée au dossier de ma compagne Vanessa ; et en conséquences, au mien également.
 
Donc, la situation s'éclaircit. Je souhaite de tout cœur que celle-ci soit définitivement terminée, et que nous puissions aller de l'avant le plus paisiblement possible. Tout en demeurant vigilant pour que ce genre d'épreuve ne se renouvelle plus à l'avenir. Car je crois que, du fait de nos maladies, de nos handicaps, de notre passé tourmenté, de nos difficultés quotidiennes, etc., nous avons déjà énormément donné. Alors que nous ne désirons qu'une chose : vivre en paix et en bonne intelligence, être entourés de personnes - famille, amis, etc. - qui nous aiment, qui nous apprécient, qui nous acceptent, comme nous sommes, autant que l'inverse...
 
Dominique Capo
 
 
 
PS : la photo date de 2011 ; Doris, la chienne de ma maman, n'avait alors que quelques mois. Elle a grandi, depuis, mais malgré les bétises qu'elle fait parfois, nous l'aimons toujours autant. Elle, comme Louga, l'autre Boxer de ma maman, nous manquent beaucoup parfois...