X1A l'origine, je pensais ne pas avoir besoin de revenir sur les événements survenus sur les Champs-Élysées ce samedi 16 Mars 2019. Traditionnellement, le Dimanche est mon jour de repos, en ce qui concerne la rédaction de mes textes. D'autant plus qu'hier, je supposais avoir succinctement résumé mon point de vue sur la situation actuelle vis-à-vis des casseurs qui saccagent notre capitale pratiquement tous les samedis désormais.

 
De plus, hier, par deux fois dans la journée, j'ai été la proie de deux petites crises de convulsions. Bien-sur, comme d'habitude dans ce cas, elles n'ont duré que quelques minutes, avant de disparaitre définitivement. Cependant, tout le reste de la journée et de la soirée, j'ai été un peu fatigué.
 
Si je prends la plume en ce Dimanche 17 Mars, alors que j'imaginais être en roue libre jusqu'à 13h, alors que je pensais éventuellement écrire un texte sur la réception mensuelle des figurines King and Country que le facteur m'a apporté hier matin - ça attendra donc demain -, c'est parce que je ne peux pas rester sans réaction face au désarroi et à la tristesse de ma sœur de cœur. Et il est normal, naturel, que je lui apporte ce que je peux de moi-mème, face à ces faits dramatiques et inqualifiables que tout le monde a suivi avec des yeux hallucinés, dépités, affligés, ...et impuissants !!!
 
Un tel déchainement de haine et de violence et insupportable. Cette frénésie révélant les pus bas instincts de l'être humain dans ce genre de circonstances, est indigne. Normalement, on ne voit de tels débordements fanatiques, malveillants, barbares, xénophobes, que dans des pays en guerre. Quand j'ai vu les images diffusées à la télévision, sur le Net, sur les réseaux sociaux - les participants à ces derniers s'en donnant à cœur joie selon leurs orientations politiques ou idéologiques, leur ralliement ou non à ce qui se déroulait -, j'ai été écœuré. Je me suis senti personnellement et intimement sali d'appartenir à la même espèce que ceux et celles qui s'adonnaient à tant de malveillance.
 
Personnellement, je ne suis pas un partisan d'Emmanuel Macron et de son Gouvernement. J'estime que sa politique ne va pas dans le bon sens ; elle creuse davantage encore le fossé entre les plus riches et les plus pauvres. Les solutions dont il use ne sont pas appropriées à l'état de déliquescence généralisée de notre pays. Elle ne prend pas en compte les nécessités et les besoins de l'immense majorité de nos concitoyens. L'écart entre ceux et celles qui vivent dans les villes et les campagnes, entre ceux et celles qui ont un accès plus aisé à l’hôpital, à 'école, aux services publics en général., s'agrandit de jour en jour. Les plus pauvres, les plus démunis, ceux et celles qui, malgré tous leurs efforts - parce qu'ils sont trop âgés, parce qu'ils n'ont pas assez d'expérience, parce qu'ils sont pas assez ou trop diplômés, parce qu'ils n'ont pas de moyens de locomotion appropriés, etc. - sont montrés du doigt. Comme si tout cela était de leur faute ; il fait absolument les culpabiliser. Quitte à s'user la santé, a faire des heures de trajets, à être recrutés pour des emplois précaires, sous-payés. Je ne parle même pas des gens de la classe moyenne, qui, de leur coté, sont poussés vers le bas de l'échelle sociale parce qu'ils sont grevés d’impôts, de taxes, qu'on leur demande des efforts toujours de plus en plus importants. Au point que de plus en plus de gens n'arrivent plus à boucler leurs fins de mois.
 
J'en passe, il me faudrait un livre entier pour détailler ma vision de l'état actuel de la France, de l'Europe, du monde. Car, qu'on le veuille ou non, qu'on l'accepte ou non, ces différents facteurs, et bien d'autres, sont inévitablement liés les uns aux autres. Et, à ceux et celles qui s'imaginent que c'est en se replier sur nous mêmes en tant que nation, je leur dis yeux dans les yeux, et fermement, qu'ils se trompent.
 
Je n'ai pas confiance en la politique d'Emmanuel Macron. Mais qu'on le veuille ou non, qu'on l'accepte ou non, que l'on ait voté pour lui ou non - comme ses prédécesseurs ou ses successeurs -, il a été élu démocratiquement. Certes, si l'on se souvient du contexte des élections de 2017, seule un tiers des français se sont rendu aux urnes pour voter - pour lui ou non. Mais, nous sommes en Démocratie, quoiqu'en disent les complotistes de tous bords qui voient des conspirations partout. Nous sommes en République, quoiqu'ils s'imaginent - à dessein ou non.
 
Il est vrai que c'est plus simple, plus facile, de s'en prendre à nos institutions, à nos dirigeants, sur lesquels décharger son ressentiment, son désespoir, sa violence, plutôt que de faire œuvre d'intelligence et de raison. Il est vrai qu'il est plus simple de se livrer au saccage, au pillage, aux dégradations, aux combats de rue, pour revendiquer son ras-le-bol généralisé ; et justifié, j'insiste sur ce point une fois encore.
 
La colère du peuple à laquelle nous assistons depuis mi Novembre, est justifiée, justifiable. Je suis de tout cœur avec ceux et celles qui en souffrent. Handicapé, malade, isolé, etc., je l'ai déjà écrit un nombre incalculable de fois, je subis quotidiennement également tout ce que ces gens ivres de colère à l'encontre de notre président. Cependant, je ne m'adonnerai jamais à la violence, à la barbarie, à la haine, à l'intolérance, et aux extrémismes auxquels nous sommes confrontés chaque samedi. Je préfère user de mon intelligence, de ma réflexion, faire des propositions, remettre l'état de notre société dans son contexte, en la scrutant sous toutes les facettes qui sont liées aux bouleversements de ce monde en constante mutation. En les prenant en compte.
 
Je ne suis pas forcément d'accord avec la façon dont le monde va. Au contraire, je le considère comme malade, parfois au bord du gouffre, notamment en ce qui concerne les bouleversements climatiques en cours ou à venir - et qui seront pire que ceux auxquels nous faisons face actuellement. Ceux et celles qui s'accrochent désespérément à leurs privilèges, vont en payer un jour le prix fort, c'est une évidence. La loi de l'argent, l'hyper-capitalisme, les lobbies, le choix de l'économie primant sur l'humain, m'attristent profondément, me heurtent. Moi qui ai été exclu de cette société, du monde du travail traditionnel, ou je n'ai pas a place du fait de ma différence, j'aurai toutes les raisons de m'en prendre à ce système qui m'a fait tant de mal.
 
Mais non, je me bats contre tout cela autrement. Et si j'ai de la colère, ce n'est pas contre tout ce que je viens de décrire plus haut. La cause des Gilets Jaunes est belle. Ceux-ci souhaitent changer les choses. Ils souhaitent impulser un nouveau mouvement, plus juste, prenant en compte leurs besoins et leurs aspirations. Ils souhaitent davantage de pouvoir d'achat, une meilleure répartition des richesses, subvenir à leurs besoins au prix de leurs salaires, sans avoir peur du lendemain. Ils souhaitent un avenir meilleur pour leurs enfants. Ils souhaitent plus de justice sociale. Ils souhaitent se sentir soutenu par nos gouvernants. Ils souhaitent mettre un frein à la désertification de nos campagnes, aux retraits de nos services publics. C'est naturel, c'est indispensable pour préserver le tissu social de notre pays.
 
La France a connu d'autres crises par le passé. D'autres moments où ses habitants se sont senti perdus, abandonnés, désespérés. Mais, moi qui connait l'Histoire, qui l'étudie depuis longtemps, c'est la première fois que j'ai honte de ce à quoi j'assiste. Les déchirements qui gangrènent notre pays ne sont pas nés d'hier. Si Emmanuel Macron est responsable de certaines dégradations de sa situation, les racines du mal sont bien plus profondes, bien plus lointaines, bien plus complexes. A lui, de les réparer, puisqu'il est au pouvoir. Ceux et celles qui l'ont élu, c'est dans cette intention qu'ils l'ont fait.
 
Mais que l'on s'en prenne directement aux symboles de l’État, de la France, à tout ce qui représente notre pays, n'est pas la solution. Au contraire, ça accentue encore la spirale dans laquelle il est englué depuis des décennies. Ça dégrade ce qui peut être préservé ; et c'est toute la population qui en paie le prix.
 
Les casseurs qui agissent ainsi, ne sont même plus des Gilets Jaunes. A vrai dire, ils ne s'en cachent même plus. Ce sont, soit des extrémistes de tous bords qui profitent des événements pour lézarder encore plus notre démocratie, notre république, qu'ils détestent. Qu'ils veulent abattre à tout prix. Ils ne sont pas là pour soutenir ou pour apporter leur concours à ceux et celles qui souffrent de la pauvreté auxquels ils sont sujets. Ces casseurs, qui s'en prennent aux forces de l'ordre en marge des manifestations chaque samedi, sont des anarchistes. Ils se moquent totalement des revendications. Au contraire, ils s'en servent pour provoquer encore plus de haine, de ressentiment, et de violence. Ils instrumentalisent ce mouvement pour leurs propres fins. Et ils décrédibilisent des Gilets Jaunes qui tentent vaille que vaille de se faire entendre par le pouvoir en place. Ils réduisent, détruisent, la portée de leurs actions. C'est d'ailleurs là un de leurs buts, puisque les Gilets Jaunes souhaitent finalement appartenir à la société qu'eux combattent.
 
Ces casseurs s'en prennent aussi aux forces de l'ordre, qui sont le bras armé de notre nation. Car, de leur point de vue, il faut absolument continuer au maximum à déstabiliser notre pays. Jusqu’à ce que celui s'effondre définitivement. Or, imbéciles et ignares qu'ils sont, ils ne réalisent même pas que, s'ils font du bruit, cassent, brulent, chaque samedi, ce n'est pas les quelques milliers d'individus qu'ils sont qui va briser la France. Ils ne sont rien, face aux millions de gens qui chérissent ce qu'est la France, qui en a vu d'autres, et de bien plus dangereux.
 
La police, l'armée éventuellement, sont là pour protéger la population - Gilets Jaunes y compris -. Ils sont là pour nous nous, pas contre nous. Je suis fils d'inspecteur de police. Je connais comment elle-ci fonctionne de l'intérieur - c'est le cas de le dire. Les policiers, comme les pompiers, les ambulanciers, etc. sont des gens comme vous et moi. Ceux et celles qui s'en prennent a eux, c'est parce qu'ils les craignent, qu'ils voient en eux un danger à freiner leur haine et leur ressentiment. Ces policiers, ces ambulanciers, ces pompiers, qui prennent tant de risques, gagnent des salaires équivalents à ceux des Gilets Jaunes qui manifestent. Eux aussi ont des familles, des fins de mois difficiles, des problèmes de santé, etc. Eux aussi votent, et pas forcément pour le pouvoir en place qu'ils servent. Ce n'est pas leur rôle. Eux, sont les garants de la cohésion de notre pays. Ils ne sont pas là pour revendiquer. Je les admire, quand ils doivent faire face à tant de barbarie.
 
Parmi ces casseurs se cachent aussi des malfaiteurs, des petits voyous, qui profitent de l'occasion pour piller les magasins. Ils me font penser à ces bandes de brigands d'antan qui arpentaient les chemin, les forêts, les quartiers malfamés de Paris, et qui concentrationnaire, détruisaient, volaient. Comme das les cités de banlieues aujourd'hui livrées au trafiquants de drogue ou d'armes, etc. dont les bandes s'affrontent pour préserver et contrôler, voire étendre, leur territoire. Ceux-ci ne sont pas nombreux non plus. Mais comme les extrémistes qui cassent, brulent, on sait qui ils sont, ou ils sont, etc.
 
Je pense qu'après ce que nous avons vécu hier, il est plus que temps de faire le ménage parmi ces réseaux - d'extrémistes et de voyous - qui n'ont rien à voir avec tout ce que les Gilets Jaunes et leur mouvement incarne. Pour ma part - mais ce n'est que mon opinion -, j'y enverrai l'armée, exceptionnellement, et bien que ce ne soit pas dans ses attributions. Non seulement cela, mais de plus, je les emprisonnerai - prison ferme -, les ficherai, leur montrerai clairement qu'ils sont surveillés, suivis, identifiés, et qu'à la moindre incartade, ils seraient emprisonnés. Il n'y a que de façon ferme qu'il faut agir avec ce genre d'individus. Nous en avons les moyens, les ressources. Il faut une volonté ferme pour mettre un terme à toutes ces dérives. Et même si tout ce que j'ai écris ce-dessus ne résout pas tous les problèmes, ce serait déjà une belle avancée.
 
Pour terminer, certains diront peut-être que ce laisser-aller est voulu, encouragé, par nos gouvernants. Je répondrai ceci : le gouvernement n'a aucun intérêt à laisser se dégrader la situation. Tout gouvernement - autoritaire, démocratique, peu importe la façon dont on voit celui-ci - a besoin d'un peuple apaisé, se sentant protégé, calme, voire soumis, pour mener à bien ses ambitions idéologiques, politiques, économiques, autres. Ces heurts ne le servent pas. Au contraire, ils le mettent en danger, en montant ces casseurs contre lui, en ne faisant rien pour enrayer cette spirale. Au pire, il peut utiliser les événements à son profit pour que la majorité des gens se rallient à lui par dépit, par dégout de ce à quoi ils assistent.
 
Mais qu'il encourage ou provoque cette situation n'est pas dans son intérêt. Ceux et celles qui croient en ce genre de fadaise, se réfèrent à des fakes-news issus des mouvances qui font d'eux des pantins destinés à servir leur cause.
 
Mais, en tout état de cause, ce n'est ni en brulant le Fouquet's, ni en incendiant des banques, ni en s'en prenant aux forces de l'ordre, ou autre, chaque samedi depuis des mois, que ces casseurs mettront à bas notre Démocratie, renverserons notre Président de la République. Ils ne peuvent pas gagner. Le pire, c'est qu'ils le savent. Une révolution, quelle qu'elle soit, ce n'est pas quelques milliers de personnes qui peuvent l'enclencher. Il y a deux conditions essentielles, fondamentales, pour qu'elle se produise : un : il faut que tout le peuple se soulève, pour cela. Deux : il faut que les forces armées rejoignent les insurgés, pour qu'elle se réalise. Or, et ce depuis la dernière en date en 1848, et malgré les troubles et les soubresauts divers et variés qu'à connu la France depuis - je pense à la Commune de 1871, aux émeutes de 1934, à celles liés à la décolonisation, à Mai 68, aux attentats islamistes, aux émeutes de 2005, etc. -, le peuple et l'armée n'ont jamais voulu renverser le système en place.
 
Ceux qui s'imaginent cela se bercent d'illusions. Les français, malgré leur mécontentement, malgré les imperfections de notre système, de notre société, malgré les écarts de plus en plus grands entre riches et pauvres, malgré les inégalités, les communautarismes, malgré les racistes, les homophobes, les xénophobes, les tenants du repli sur soi, malgré les soubresauts de l'histoire, malgré les excès de la mondialisation, etc., tiennent à leur modèle de société. Et rien n'est plus solide, plus inébranlable, que ça. Et ce ne sont pas quelques "insectes" que sont ces casseurs et extrémistes, qui y changeront quoique ce soit.
 
Vive la Démocratie, vive la République, et vive la France...
 
Dominique Capo