01 octobre 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1075 - 1078
Angleterre, première moitié du XVIIème siècle :
En 1601, Henry More correspond souvent avec Christian Knorr von Rosenroth, l’auteur de « la kabbala denudata seu doctrina Hebraeorum transcendantalis ». Il communique également avec François Mercure van Helmont. Il discerte avec lui au sujet de « l’Adumbratio kabbalae christianae ». Et il est en contact plus ou moins fréquent avec des Occultiste comme Leibniz, Milton, John Donne et William Blake.
La mort, en 1603, sans héritier direct, de la vieille reine Elisabeth Ière place sur le trône d’Angleterre, sous le nom de Jacques Ier, le roi d’Ecosse Jacques VI. Fils de Marie Stuart – rivale d’Elisabeth -, qui a péri sur l’échafaud, Jacques réussit en ces temps de violence, en dépit de certaines maladresses politiques, à maintenir un fragile équilibre.
Disgracieux, bavard, malpropre et, surtout, entiché de ses favoris, le roi n’est guère populaire. De plus, il se montre très attaché à la prérogative royale, même s’il admet la nécessité de respecter les lois et coutumes du royaume. Il s’efforce donc, dans la seconde moitié de son règne, de se passer le plus possible du Parlement.
Mais la politique est alors inséparable de la religion. En 1605, la conspiration des Poudres suscite une violente vague « d’antipapisme » : des catholiques projettent en effet de faire sauter le palais de Westminster pendant un discours du roi. L’attentat déjoué, le Parlement déclare le 5 Novembre, jour d’Actions de grâces à perpétuité. A l’intérieur même de l’Eglise d’Angleterre, les puritains qui souhaitent revenir aux valeurs plus « pures » du Christianisme des origines et qui récusent l’autorité du roi en matière de foi, maintiennent une opposition plus discrète mais riche d’avenir. Jacques 1er a abandonné avec joie le presbytérianisme écossais, qui fait participer les laïques aux affaires religieuses et se trouve très satisfait de l’anglicanisme, qui lui donne le contrôle de l’Eglise établie. Cependant, il ne réussit pas à rapprocher les deux Eglises, pas plus d’ailleurs qu’à unifier l’Angleterre et l’Ecosse. Les puritains sont poursuivis et beaucoup préfèrent émigrer.
L’Irlande est un autre foyer de rébellion, mais l’anticatholicisme de l’opinion anglaise approuve la pacification énergique menée par les représentants de l’autorité royale : confiscation systématique des terres, implantation de colons écossais, déportation en masse des Irlandais vers les comtés stériles de l’Ouest. En revanche, la politique extérieure de Jacques Ier provoque le mécontentement général. Le souverain cherche un rapprochement avec deux nations catholiques, l’Espagne puis la france : l’opinion s’indigne de la tiédeur avec laquelle le roi soutient la cause protestante dans les débuts de la guerre de Trente Ans. Cependant, Jacques Ier meurt en 1625 sans avoir connu de troubles graves. Son fils, Charles, né en 1600, lui succède alors.
Beau, brave, élégant, Charles Ier forme avec son père un parfait contraste et il commence son règne sous les meilleurs auspices. Il commet cependant l’erreur de garder à ses cotés le favori tant détesté, Buckingham, d’ailleurs bientôt assassiné. Poursuivant une politique absolutiste, Charles se heurte aux mêmes obstacles que ses prédécesseurs et entretient avec le Parlement des relations conflictuelles. La guerre extérieure rend la situation financière critique et le nouveau roi est fragilisé par ses échecs, bien qu’il ait adopté, au contraire de son père, une politique plutôt favorable aux nations protestantes.
En 1625 également, Charles Ier ordonne à tous ses chevaliers de porter sur le coté gauche de leur manteau l’emblème de la jarretière. Il veut en effet que celle-ci accompagne désormais la croix Rouge de Saint-Georges : une auréole argentée.
Quelques mois plus tard, Van Dyck exécute le portrait du souverain en tenue d’apparat de l’Ordre de la jarretière.
Lorsqu’en 1625 encore, William Harvey publie son ouvrage « Exercitatio anatomica de motucordis et sanguinis in animalibus », il ouvre le débat médical le plus vif de cette première moitié de XVIIème siècle. En utilisant –méthode révolutionnaire – l’expérimentation et la logique, ce chirurgien décrit la grande et la petite circulation et montre le rôle primordial du cœur : il réfute donc les conceptions hérités de l’Antiquité.
En 1625 toujours, un court engagement de l’Angleterre contre l’Espagne pour soutenir les Provinces-Unies et, surtout, en 1627-1628, le peu glorieux épisode du siège de la rochelle, où la flotte anglaise, maintenue à distance par Richelieu, doit renoncer à aider les protestants français.
Alors, réuni en Mai 1628, le Parlement impose au roi la « Pétition de droit », qui subordonne à son consentement toute levée d’impôts et rappelle les libertés anglaises fondamentales. Charles Ier semble céder. Mais, en Mars 1629, il dissout la chambre des Communes. Pendant onze ans, il gouverne sans Parlement : c’est la « Longue Tyrannie ». Le roi tente d’imposer l’absolutisme avec l’aide de son conseiller Strafford, qui met fin à la guerre, rétablit de nombreux monopoles royaux, lève en Irlande une armée nombreuse dévouée au monarque. Toujours à court d’argent, le roi, en 1634, restaure une vieille taxe, le « ship money », destinée à lutter contre les pirates, et provoque de vives protestations en exigeant sa perception dans tout le royaume.
Mais, c’est la politique religieuse de Laud, l’archevêque de Canterbury, qui suscite les plus violentes oppositions. Celui-ci entreprend de briser les résistances puritaines : une juridiction spéciale, la chambre Etoilée, organise la répression judiciaire. La défiance à l’égard du souverain grandit : contre toute raison, l’opinion suspecte celui-ci de vouloir rétablir le catholicisme ; la reine catholique Henriette-Marie, sœur de Louis XIII, est directement prise à parti. Entre le roi et son peuple, le divorce est latent.
De fait, ignorant les forces profondes qui agitent le pays, le roi et Laud décident d’introduire une Eglise de type anglican et le « Prayer Book » - le « Livre des Prières » - anglais en Ecosse. Les Ecossais se soulèvent pour défendre leur liberté religieuse en proclament le « Covenant », ou pacte solennel. En 1639, le roi est obligé de traiter. Devant reconstituer son armée, Charles Ier convoque le Parlement pour obtenir des fonds et le renvoie aussitôt ; c’est le « Court Parlement », en Avril et Mai 1640.
A cette date également, Charles Ier prend sous sa protection un Mage/Peintre qui suscite l’intérêt de l’Europe entière. Il s’appelle Tarrentinius. C’est un sujet Hollandais ayant jadis vécu à Harlem dans la débauche et pour les plaisirs que la ville procure. Mais, à ce moment là, il doit son succès au souverain de Grande-Bretagne. En effet, il confectionne à ce dernier des tableaux Magiques laissant apparaître de nombreux nus féminins. Et Charles Ier lui en achète beaucoup. Or, peu de temps après les transactions, ceux-ci disparaissent vite et énigmatiquement de la propriété où le roi les a fait déposer.
Devant l’inexorable progression de l’armée écossaise, le roi est contraint d’accepter l’élection d’un nouveau Parlement, le « Long Parlement ». Celui-ci se montre particulièrement hostile aux conseillers de Charles. Strafford est exécuté en 1641, Laud le suit. L’arbitraire fiscal est dénoncé, les juridictions d’exception sont abolies, la révolution est en marche. Les nouvelles d’Irlande renforcent l’exaspération : un soulèvement catholique, que l’on croit encouragé par le roi, provoque le massacre en Ulster de milliers de protestants en Octobre 1641. Le Parlement vote la « grande remontrance » en Décembre. Excédé, Charles Ier se présente devant la chambre des Communes le 4 Janvier 1642. Il veut faire arrêter les chefs de l’opposition Pym et Hampden, mais ceux-ci parviennent à s’enfuir. Le Parlement et Londres s’insurgent. Le roi abandonne sa capitale ; la guerre civile commence.
Dès lors, Charles Ier rejoint ses fidèles, les « cavaliers », dans les comtés de l’Ouest. Dirigée par le neveu du roi, le prince Rupert, cette armée regroupe 6000 fantassins, 2000 cavaliers et 1500 dragons. Les partisans du Parlement, très hétéroclites, prennent le nom de « Tètes Rondes », car ils ne portent pas de perruques. Au début, seule une petite minorité se sent concernée, mais les circonstances contraignent bientôt les indécis à choisir leur camp.
La première guerre civile se déroule de 1642 à 1647. Les parlementaires tiennent Londres et les régions les plus riches du royaume. Du Nord, le roi prépare la reconquête. Le rapport de forces, d’abord incertain, évolue de façon déterminante en faveur des parlementaires, avec l’arrivée, à la tète de leurs troupes, en 1645, d’Oliver Cromwell. Ce député puritain lève en effet une milice personnelle d’hommes pieux et vaillants, les « Côtes de Fer ». Cromwell réorganise sur ce modèle l’armée parlementaire, tout en s’inspirant de la stratégie du roi de Suède Gustave-Adolphe, le meilleur capitaine protestant de la guerre de Trente Ans. Au cours de l’affrontement de Naseby, le 14 Juin 1645, l’incontestable endurance des hommes de Cromwell, mais également l’incroyable légèreté de Rupert, entraînent la défaite de Charles. En 1646, le roi gagne l’Ecosse. Fidèle à lui même, il refuse cependant d’adhérer au Covenant. Il est alors livré par le Parlement d’Edimbourg au Parlement de Londres.
Prisonnier, Charles Ier comprend vite que ses derniers espoirs résident dans l’habile exploitation des divisions des vainqueurs. Mais ce jeu machiavélique finit par écarter du roi les modérés. Le Parlement souhaiterait rétablir le roi, tout en rognant définitivement ses pouvoirs, et commence à se méfier de sa propre armée. En Février 1647, les députés tentent même de la renvoyer, car ils n’apprécient guère en son sein le succès des « Indépendants », c’est à dire des protestants favorables à la liberté pour toutes les Eglises nées de la réforme. Mais l’armée refuse d’accepter son licenciement. Le décembre 1648, les troupes occupent Londres et purgent le Parlement : 47 députés sont arrêtés, 96 autres exclus. C’est le « Parlement Croupion ».
Ces troupes sont, à ce moment là, composées d’extrémistes appelés « Niveleurs » et « Piocheurs ». Les Niveleurs, conduits par Lilburne, républicain convaincu, se méfient de l’autoritarisme de Cromwell. Pour ces contestataires, la transformation de la monarchie ne constitue qu’un changement de terme, à moins que le Parlement ne s’ouvre aux classes populaires. Les piocheurs, eux, à l’initiative de Winstanley, prônent le partage des terres. On trouve parmi eux des héritiers des lollards hérétiques comme des défenseurs de la liberté individuelle ou des partisans d’un communisme étatique absolu.
Ces mouvements se multiplient jusqu'à ce qu’en Novembre 1647, Charles Ier s’échappe et obtienne l’appui des Ecossais. La deuxième guerre civile débute. Elle est très brève. Cromwell écrase les « cavaliers » du roi et entre dans Edimbourg en Septembre 1648. En Novembre, il le fait enlever. Le face à face décisif est inévitable.
De fait, la première décision du Parlement Croupion est de traduire le monarque devant une cour spéciale composée de 135 jurés, sous l’accusation d’avoir trahi les lois fondamentales du royaume. Le procès doit être public, et, à Westminster Hall, plusieurs cloisons sont abattues pour que la foule puisse y assister. Mais celui qui n’est plus que Charles Stuart en impose par sa dignité et les éventuels régicides ne sont pas nombreux. Comme Charles ne reconnaît pas l’autorité du tribunal, celui-ci en profite pour lui retirer la parole, suscitant un commentaire désabusé de l’accusé : « Si on ne me laisse pas parler, imaginez un peu quelle justice d’autres que moi peuvent espérer. ». Condamné par défaut à la peine capitale, en tant que « tyran, traître et assassin », le roi est décapité devant Whitehall, le 9 Février 1649.
A ce moment là, la mort de Charles sert de propagande monarchique. Un grand succès de la littérature clandestine, « l’Eikon Basilike », invite les cœurs fidèles à méditer sur les souffrances du souverain, dont il présente, en vingt-huit stations, le chemin vers le supplice. Disciple du Christ, Charles reproduit le sacrifice du Divin Maitre. La mystique royale se nourrit du sang versé.
En 1649 encore, Inigo Jones, un voyageur assez connu, passant – par hasard – dans les environs de Stonehenge, s’y arrête une journée entière pour examiner le site. En repartant, il croit voir en ses pierres levées les vestiges d’un temple de l’époque Romaine.
La guerre civile débutant en 1649 se caractérise aussi par l’affrontement entre presbytériens et indépendants, pourtant tous marqués par le puritanisme. Les presbytériens souhaitent l’institution d’un plus strict calvinisme, tel qu’il est pratiqué en Ecosse ou dans les Eglises Réformées du Continent. Dans ce système, l’église locale dépend d’un synode national, qui statue en matière de mœurs ou de doctrine. Les indépendants, eux, refusent le centralisme qu’entraîne ce type d’organisation. Ils prônent « l’autogestion » de chaque communauté locale et sont favorables à une large tolérance à l’intérieur du protestantisme. Les indépendants sont solidement implantés dans les troupes du Parlement, tandis que leurs adversaires sont majoritaires parmi les députés eux mêmes.
« Le Léviathan, ou Contenu, forme et pouvoir d’un Etat ecclésiastique et civil », de Thomas Hobbes paraît à Londres en 1651. Il défend des idées absolutistes. Hobbes considère que l’être humain est naturellement mû par le désir et la crainte, ce qui pousse même les meilleurs à la violence. Pour éviter la « guerre de tous contre tous » et l’anarchie, il faut un souverain qui concentre tous les pouvoirs, ecclésiastiques et civils, entre ses mains. Mais ce pouvoir absolu a néanmoins pour but le bonheur du peuple. Hobbes n’exerce aucune fonction politique particulière et il est suspect pour chacun des camps en présence à cette époque. Mais tous lisent et profitent de ses enseignements, qui renouvellent le paradoxe de Machiavel.
07 septembre 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1006 - 1009
C’est dans l’atelier paternel que le peintre, dessinateur et graveur Hans Holbein commence son apprentissage. En 1519, il s’installe à Bâle ; il est accueilli par la corporation des peintres de la ville. Mais les luttes religieuses n’y favorisent pas le développement des arts. Aussi, après une série de voyages, Holbein décide t’il de s’établir en Angleterre.
La première année est difficile car son protecteur – Thomas More – est en disgrâce. C’est auprès de ses compatriotes, des marchands allemands, que Holbein trouve sa première clientèle : ces commerçants commandent leur portrait au peintre afin de l’envoyer à leur famille, dont ils restent souvent séparés pendant de longues années. Bientôt cependant, Holbein est de nouveau en contact avec la cour : il réalise le portrait d’Anne Boleyn. Il gagne l’estime du roi. Cette faveur insigne n’est pourtant pas sans risque : après la mort de Jeanne Seymour, Holbein est envoyé de cour en cour faire le portrait des épouses potentielles. Le roi rêve pendant six mois devant celui d’Anne de Clèves, mais à l’arrivée de la jeune file en Angleterre, sa déception est si grande qu’il s’en faut de peu qu’il ne fasse arrêter Holbein pour haute trahison.
Henri VIII apprécie les qualités de Thomas More et lui donne les moyens de mener une brillante carrière : fait chevalier, il est élu « speaker » - président – de la chambre des Communes. En 1529, il accepte la fonction de chancelier ; mais il reste un catholique convaincu et désapprouve le divorce du roi : celui-ci le fait exécuter.
Henri VIII est d’un redoutable machiavélisme ; son esprit est capricieux, autoritaire et parfois impitoyable. Et la prétendue nécessitée d’avoir un héritier mâle et une violente passion pour Anne Boleyn le poussent à répudier sa première femme, Catherine d’Aragon, tante de Charles Quint, dont il n’a qu’une fille, la future Marie Tudor. Despote conjugal et politique, le roi supporte mal toute velléité de résistance ; aussi, reines et ministres ont tout à craindre de ses terribles colères.
D’ailleurs, la crise matrimoniale et la politique religieuse d’Henri VIII sont étroitement liées. En 1529 toujours, le pape Clément VII rejette l’annulation du mariage avec Catherine d’Aragon. Devant ce refus, Henri VIII se fait d’abord reconnaître chef de l’Eglise d’Angleterre, puis, désirant à tout prix se séparer de la reine, fait prononcer son divorce, le 23 Mai 1533, par l’archevêque de Canterbury, Thomas Cramer, et épouse Anne Boleyn. Face à cet acte d’insubordination, Clément VII réplique avec une excommunication du roi, le 23 Mars 1534. La rupture avec Rome est effective : en Novembre, l’Acte de suprématie donne officiellement au souverain le titre de chef suprême de l’Eglise d’Angleterre ; Henri VIII détient désormais le pouvoir de préciser la doctrine, de punir l’hérésie et même de sanctionner les membres de l’Eglise « anglicane ». S’appuyant sur la tradition anticléricale qui s’exerce volontiers contre les moines, il décide en 1536 de dissoudre les monastères et de confisquer leurs biens, pour le grand profit de la couronne et de quelques uns de ses fidèles serviteurs. Généralement bien accueillie, cette politique doit néanmoins réprimer la même année une opposition catholique des provinces du Nord. Cependant, il s’agit alors simplement d’un schisme : les « six Articles » de 1539 conservent en effet l’essentiel du catholicisme – le dogme, la hiérarchie et la liturgie -. Le passage de l’Angleterre à la réforme est plus tardif.
Malgré tout, Anne Boleyn ne lui donne pas d’héritier ; soupçonnée d’infidélité, il la fait décapiter en 1536, puis replacer, la même année, par Jeanne Seymour, qui donne enfin au roi le fils tant désiré, Edouard, avant de mourir en couches. Henri VIII épouse alors, en 1540, Anne de Clèves, qui lui déplait très vite ; acceptant la séparation, la jeune femme est épargnée. En revanche, le cinquième femme du souverain, Catherine Howard, accusée d’adultère, subit le même sort qu’Anne Boleyn. Il finit par se marier, en 1543, avec Catherine Parr.
Pourtant, ’un autre coté, Henri VIII sait très habilement profiter des contradictions entre Charles Quint et François Ier. Mais il montre plus d’intelligence dans ses négociations que dans ses coûteuses campagnes militaires, en définitive, vouées à l’échec : sous son règne, seul le Pays de Galles est conquis – de 1536 à 1543, tandis que l’Ecosse reste indépendante. Et, lorsqu’il meurt, en 1547, il laisse un royaume prospère, mais fragilisé par ses initiatives religieuses et matrimoniales.
Car en 1547, en effet, l’Angleterre d’Henri VIII est prospère. Les ports débordent d’activité, la nourriture est bonne, et la bière abondante. Dans le domaine rural pourtant, les méthodes de culture n’évoluent guère, et le paysage ouvert traditionnel domine. Le servage a cependant disparu. Les formes de tenure – mode de concession d’une terre – sont multiples, chaque catégorie de tenancier devant à son seigneur des redevances particulières. Celui-ci fait cultiver son domaine en recourant à la corvée, ou, en employant une main d’œuvre salariée. Mais ce monde en partie immobile voit s’amorcer la lente concentration des exploitations. L’inflation qui touche l’Angleterre, comme le reste de l’Europe, renforce cette timide tendance. Le mouvement des enclosures – qui clôt les champs d’orge, d’avoine, de froment ou de seigle pour les remplacer par l’élevage – provoque un important exode rural ; ce phénomène marque profondément les hommes.
Pourtant, sous Henri VIII, ce mouvement reste encore très limité ; le pouvoir royal s’efforce d’ailleurs de le restreindre. Dans les villes, le système traditionnel des « guildes » - associations de marchands – se maintient : elles sont très nombreuses – 66 à Londres – et jalouses de leurs monopoles. Mais à l’intérieur même de ces guildes, un petit groupe de marchands plus dynamiques tend à détruire la réglementation de ces corporations : ces marchands aventuriers introduisent une concurrence stimulante et se réservent la fonction commerciale, tandis que les artisans sont limités à la stricte fabrication.
L’exemple le plus spectaculaire de cette évolution concerne l’industrie textile. Depuis un siècle, les Anglais pratiquent la filature et le tissage en vue de l’exportation. En cette première moitié de XVIème siècle, les exportations de drap passent de 85 000 à 120 000 unités par an. Le drapier emploie le plus souvent une main d’œuvre disséminée dans la campagne. Les marchands aventuriers qui se livrent au commerce des draps possèdent, dans chaque port, leur entrepôt et leur lieu de réunion, le « hall ». L’essentiel des transactions se fait avec la flandre. Le commerce extérieur, dont les Italiens et les Hanséates – la hanse est une association de villes commerçantes de la mer du Nord et de la baltique – ont eu jusqu’alors la maîtrise, revient peu à peu aux Anglais. Peu tourné vers les questions économiques, Henri VIII s’intéresse au contraire vivement à la marine : il multiplie par quatre la flotte laissée par son père, grâce à des constructions ou à des achats auprès des Italiens et des Hanséates.
En 1547 également, la machine administrative des Tudors, centralisée, paraît efficace. Autour du roi, le Conseil se spécialise et écarte les nobles. Dans les provinces, les juges de paix, responsables devant le Conseil, abolissent peu à peu les pouvoirs des shérifs. La loi commune – Common Law – règle la vie du pays. Le Parlement se charge au besoin de l’expliciter et de la compléter. En fait, Henri VIII restaure doucement la puissance de la monarchie anglaise : il gouverne en despote, mais pratiquement sans police.
Suisse, première moitié du XVIème siècle :
Jean Calvin naît à Noyon en 1509. Son père est le greffier de la ville, ainsi que l’agent fiscal et le secrétaire de l’évêque. Celui-ci favorise la carrière des enfants de son officier en leur procurant des bénéfices ecclésiastiques, et c’est ainsi que Jean, dès douze ans, a un petit bénéfice de l’Eglise catholique, ce qui lui permet de financer ses études de théologie à Paris. Elève du collège de Montaigu, Calvin y fréquente des humanistes, et en sort maître ès arts. En 1528, il doit abandonner les lettres pour le droit, à la demande de son père, car celui-ci, incapable de rendre des comptes exacts, est blâmé et bientôt excommunié. Le jeune homme poursuit ses études dans les facultés d’Orléans et de Bourges, où il devient un excellent latiniste, puis de nouveau à Paris, au Collège royal – futur Collège de France -, où il étudie le grec et l’hébreu.
Parallèlement, curé de Zurich, Zwingli, lui aussi, adhère bientôt à la réforme et y entraîne sa ville. Il expose ses idées en 67 thèses. La justification par la foi n’est pas l’essentiel ; ce qui importe, c’est la prédestination, par laquelle Dieu choisit ses élus et leur donne d’obéir à Sa volonté. Le baptême et l’eucharistie ne sont que des commémorations symboliques, ce qui scandalise Luther. Zwingli meurt en 1531 à la bataille de Kappel, qui oppose les cantons suisses catholiques et réformés.
A la mort du père de Calvin, en Mai 1531, sa famille doit faire des démarches humiliantes et promettre de payer ses dettes pour pouvoir le faire inhumer en terre chrétienne.
En 1533, il renonce à ses bénéfices ecclésiastiques pour se convertir à la réforme, et s’affiche comme Protestant, collaborant à la rédaction du discours de Nicolas Cop, recteur de l’Université de Paris, qui cite Luther.
Quand éclate « l’Affaire des Placards », Calvin doit quitter la france. Dans la nuit du 16 au 17 Octobre 1534, de violents manifestes sont placardés au château d’Amboise où séjourne François Ier. Le pape, le Sacré Collège, la messe y sont vilipendés, et le roi ne pardonne pas ce défi à son autorité. Aussitôt, des centaines de libraires et d’imprimeurs sont mis sous les verrous. Il y a certes des signes avant-coureurs du durcissement, mais, après 1534, la répression se déchaîne. Le 24 Juin 1539, un édit institue des mesures précises : l’hérésie met le coupable hors la loi ; en 1542, la sorbonne dresse une liste d’ouvrages interdits. En province, de nombreuses personnes sont arrêtées : 118 à La rochelle, dont 25 sont condamnées à mort.
Pour sa sécurité, Calvin se réfugie donc à Bâle. Il y rédige en 1535 la première version, en latin, de son « Institution de la religion Chrétienne », texte fondateur du Calvinisme qui est publié l’année suivante avec une dédicace au roi. Au cours d’un voyage à Genève, Calvin rencontre Guillaume Farel, qui l’engage à demeurer à ses cotés afin d’organiser la révolution religieuse ; Calvin accepte et s’installe à Genève en 1536. Hostile à la réunion de l’Eglise et du pouvoir civil, il s’efforce de rendre son autonomie à la première en soumettant les magistrats aux pasteurs ; très vite, le conflit éclate, et, en 1538, les magistrats prononcent le bannissement de Calvin, qui se rend à Strasbourg. Durant ce temps de retraite forcée, le réformateur mûrit sa pensée. Comme Luther, il croit à la corruption totale de la nature humaine par le péché, à la prédestination – Dieu choisit ses élus – et à l’autorité exclusive de la bible. Mais sa conception de l’eucharistie est différente de celle de Luther : le Christ est présent spirituellement dans le pain et le vin, mais la cène ne fait que commémorer son sacrifice sur la croix, elle ne le renouvelle pas. Il affirme une position originale quant au rôle de l’Eglise, distincte à la fois de l’Eglise Invisible de Luther – la doctrine chrétienne n’appartient ni à l’Eglise ni à ses représentants, mais elle réside en chaque fidèle – et de l’Eglise-magistrature – Eglise dotée de pouvoirs politiques – de Zwingli. Pour Calvin, elle doit en effet avoir une organisation visible, avec une législation et une juridiction propres, indépendantes du pouvoir politique.
Puis, en 1540, Calvin est rappelé à Genève par les amis de Farel, qui sont à nouveau maîtres de la ville. En Novembre 1541, il fait adopter ses « ordonnances ecclésiastiques » qui règlent le statut de la cité : la discipline religieuse est confiée à un consistoire, corps mi-laïque mi-ecclésiastique ; les pasteurs ne dépendent pas du pouvoir civil, et Calvin s’efforce d’obtenir des magistrats une coopération docile. Les « ordonnances » réglementent également les mariages, les enterrements, la communion, ainsi que l’instruction religieuse.
Médecin, Paracelse élabore une théorie compliquée sur la correspondance des éléments de la nature. S’inspirant de l’Alchimie – cette fusion de la chimie et de la mystique, dont le but est de transmuer les métaux en or -, il énonce que les « qualités élémentaires » - froid, sec, chaud, humide – et la « qualité supérieure » - ou « quintessence » - peuvent s’associer pour former des principes, tels le mercure et l’humide, le soufre et le chaud. Il fait lui même de nombreuses expériences, et soigne ses patients à partir de métaux et de composés. Tournant le dos à l’Antiquité, il propose un autre type de Connaissance de la nature, Réalité invisible qui est douée d’une Puissance Secrète.
Paracelse meurt en 1541. Il incarne les paradoxes d’un début de siècle qui mêle fantasmagories et expérimentations déjà scientifiques.
Un peu plus tard, Calvin renforce son autorité malgré de fortes oppositions. Ceux qui s’écartent de la bonne doctrine sont déférés devant les tribunaux. L’humaniste Michel Servet, qui a nié le péché originel et la trinité, est arrêté, condamné et brûlé en 1553. L’ordre imposé par Calvin n’est plus troublé : la vigilance du consistoire, le rôle du chef de famille dans l’éducation et dans le culte, la lecture de la bible caractérisent bientôt toutes les communautés calvinistes qui imitent Genève.
La fin de la vie de Calvin est paisible. Il s’est marié en 1540 avec la veuve convertie d’un anabaptiste, Idelette de Bure ; elle meurt en 1549. De corps faible, le réformateur mange peu, dort peu, souffre d’hémorroïdes, d’attaques de goutte, d’accès de fièvre, d’ulcères. Ses souffrances rendent son caractère chagrin et difficile, mais il est lucide jusqu'à la fin de ses jours et travaille énormément.
De fait, à partir de 1554, sa position à Genève se consolide ; un dernier coup de force, tenté en 1555 par ses opposants, échoue, et les « libertins », vaincus, doivent s’enfuir de Genève.
La morale et l’ordre règnent sur la ville. Le consistoire traduit devant les tribunaux une femme de notable pour outrages aux mœurs ; tel autre est inquiété pour avoir permis à sa fille d’aller danser ; les jeux de cartes, la lecture des romans sont interdits.
Quand Calvin meurt, en 1564, confiant en la protection divine, il fait ses dernières recommandations aux membres de la municipalité, leur disant : « Dieu se servira de cette Eglise et la maintiendra. ». Il est enterré sans cantiques ni discours. Comme il l’a demandé, aucun signe ne marque dans le cimetière l’endroit où son corps repose, pour éviter que son tombeau ne devienne un lieu de pèlerinage.
23 juillet 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 820 - 825
En 1042, Edouard le Confesseur quitte la normandie, où il vit en exil, pour monter sur le trône d’Angleterre. Il trouve un pays divisé, où l’élément scandinave est fort, et où deux lignages nobles se disputent le pouvoir : au Sud, celui du Godwine, comte de Wessex, et, au Nord, celui de Leofric, comte de Mercie. Face à eux, Edouard s’appuie dur les Normands qu’il a connu dans sa jeunesse, excitant d’autant plus l’hostilité des nobles.
Dès 1051, Edouard promet sa succession à son cousin, Guillaume de Normandie. Et, pour lui confirmer cette promesse, il lui envoie, en 1064, le fils de Godwine, Harold. Ce dernier prête alors solennellement serment à Guillaume. Pourtant, en Janvier 1066, à la mort d’Edouard, Harold s’empare de la couronne. Il a, derrière lui, toute l’aristocratie anglo-saxonne. Mais, Guillaume est un adversaire redoutable, auquel des années d’épreuves ont forgé un courage et un caractère hors du commun.
En ce début d’année 1066, Guillaume n’est pourtant pas le seul prétendant à la succession d’Edouard. Le roi de Norvège, Harald Hardrade, refuse aussi la désignation d’Harold. Il a le soutien des Ecossais et du frère d’Harold, Tostig. Pris entre deux ennemis, Harold entame une lutte épuisante, avec sa puissante flotte, sa garde de « housecarls » et le « fyrd », les milices paysannes qu’il maintient sous les armes tout l’été.
En six mois, Guillaume accomplit un travail considérable, tant diplomatique que militaire. Il rappelle son serment à Harold : celui-ci prétexte qu’il l’a prêté sous la contrainte. Mais, sur ce point, Guillaume obtient l’approbation du pape Grégoire VII, car l’un des principaux soutiens d’Harold n’est autre que Stigand, l’archevêque de Canterbury, qui bloque l’application de la réforme grégorienne en Angleterre. Le pape excommunie alors le parjure Harold. Par ailleurs, Guillaume peut compter sur la neutralité du comte de Flandre – dont il a épousé la fille Mathilde -, et sur celle du nouveau roi de France, le jeune Philippe Ier.
Sur le plan militaire, Guillaume obtient l’accord de ses vassaux : réunis en assemblée à Lillebonne, à l’embouchure de la seine, ils acceptent de fournir hommes et navires. A l’annonce de la campagne, un nombre considérable de chevaliers sans terre se précipitent : Flamands, Bretons, Poitevins, Picards, prêts à tout pour trouver un domaine où s’établir. Le comte de Boulogne et le vicomte de Thouars se joignent ainsi à l’expédition. A la fin du mois de Juillet, une immense flotte d’un millier de navires est prête. Elle va transporter 12000 hommes, dont 3000 chevaliers, avec équipement et ravitaillement.
Mais Juillet passe sans un souffle d’air. Début Septembre, la tempête se lève, puis un vent d’Ouest persistant s’installe, qui permet tout au plus à la flotte de passer l’estuaire de la dives à Saint-Valéry-sur-Somme.
Harold ne croit plus à l’attaque : il débande le fyrd. On lui apprend alors le débarquement du Norvégien Harald Hardrade, qui a rejoint Tostig et pris York. A marche forcée, les housecarls remontent vers le Nord : Harold remporte la sanglante bataille de Stamford Bridge, le 25 Septembre. Le 28, la flotte du Conquérant a enfin un vent favorable. Et, le lendemain, le jour de la saint-Michel, patron de la normandie, son armée débarque et occupe le bourg de Hastings, sur la cote du Sussex.
Les housecarls d’Harold y arrivent le Vendredi 13 Octobre. Epuisés par cette nouvelle et terrible marche forcée, ils ont eu une semaine pour rassembler une partie du fyrd des comtés du Sud. La bataille s’engage le lendemain. Tandis que les chevaliers Normands s’attaquent au fyrd, les housecarls se retranchent en haut d’une colline. L’attaque Normande tourne bientôt à la déroute, d’autant que le bruit se répand que Guillaume a été tué. Il lui faut se faire reconnaître, redonner courage à ses troupes. A trois reprises, Guillaume fait croire à un repli pour disloquer la masse impénétrable des housecarls : certains abandonnent imprudemment leur position défensive, et sont alors la proie des Normands. Mais une charge malheureuse de ceux-ci conduit une colonne dans le fossé de Malafosse : enlisés, ses membres se font égorger par les Anglais. Le sort de la bataille est encore incertain, quand une flèche perdue tue Harold. Les housecarls se retirent : pour Guillaume, Dieu a jugé, et lui a attribué l’Angleterre.
Hastings ne donne cependant pas l’Angleterre à Guillaume. Il doit gagner Douvres, au prix d’une marche difficile, encercler Londres, dévaster systématiquement son aire d’approvisionnement. Alors, seulement, les partisans d’Edgar Atheling, le successeur d’Harold, acceptent de se rendre, l’archevêque de Canterbury, Stigand en tète. Le 25 Décembre 1066, Guillaume est couronné roi dans l’abbaye qu’a restaurée Edouard le Confesseur, Westminster. Mais le climat est tel que, lorsque les Londoniens, fidèles à la coutume, acclament leur nouveau roi, les soldats croient à une révolte, se jettent sur eux et en massacrent un grand nombre.
En réalité, Guillaume ne contrôle guère que les terres d’Harold et de ses partisans. Pourtant, au printemps, il retourne en Normandie, où il célèbre son triomphe et distribue aux églises un énorme butin.
Pendant trois ans, le nouveau roi d’Angleterre semble jouer à la carte d’une collaboration anglo-normande : il se contente d’établir quelques châteaux tenus par ses hommes.
Mais les révoltes se succèdent. Et, en 1069, les comtes du Nord s’allient à l’Ecosse, où s’est réfugié Edgar, et à une immense flotte danoise : les Normands sont massacrés à York. Guillaume rassemble une armée et remonte vers le Nord. Erigeant sur son passage de nouveaux châteaux, il repousse devant lui ses adversaires. Pour les affamer, il entreprend la destruction du Yorkshire, brûlant fermes et villages, massacrant les habitants.
Après que les Danois aient rembarqués, Guillaume porte l’offensive sur le front de l’Eglise. A Pâques 1070, le synode de Winchester chasse de leurs sièges les évêques anglais les plus actifs. Des Normands les remplacent aussitôt : Lanfranc, le conseille fidèle de Guillaume, supplante ainsi Stigand à Canterbury. La politique de collaboration s’achève. Une campagne contre l’Ecosse, puis l’échec de la dernière flotte danoise venue soutenir les rebelles en 1075 terminent la phase militaire de la conquête.
C’est à cette date que la « tapisserie de Bayeux » est réalisée en Angleterre, à la demande de l’évêque de Bayeux, Odon, demi-frère du Conquérant. Cette tapisserie est en fait une toile de lin brodée. Sur 70 mètres de long, elle raconte la bataille de Hastings et les événements qui la précédent. Les représentations, d’un réalisme minutieux, donne une idée précise de l’armement des combattants. Le chevalier Normand porte une cotte de mailles et un casque conique, fait de lames de métal ajustées. Il s’abrite derrière un bouclier de plus de un mètre de haut, en bois recouvert de cuir bouilli. Il combat avec une lance et une longue épée d’acier. L’énorme quantité de fer servant à la fabrication des armures, la finesse de travail de forge, tant pour la lame de l’épée que pour les minuscules anneaux qui forment les mailles sont des éléments déterminants. Parmi les Normands figurent aussi beaucoup d’archers.
Les troupes d’Harold, quant à elles, comptent moins de cavaliers : les milices paysannes du fyrd et la garde scandinave des housecarls combattent à pied. Les housecarls manient la hache de guerre à long manche des Vikings.
Après 1075, reste à organiser le pays. Le cadre anglo-saxon des « shires » - ou comtés administrés par un shérif – est conservé. En fait, le pays est tenu par des châteaux, construits sur des hauteurs stratégiques et dans les villes principales, et peu à peu munis de donjons de pierre : ainsi la tour Blanche surveille Londres, la tour Clifford, York.
Un double quadrillage renforce le contrôle du pays. Quadrillage ecclésiastique, puisque l’Eglise est aux mains des Normands : les fondations nouvelles se multiplient, comme l’abbaye de « Battle » - « Bataille » -, sur le site de la bataille de Hastings. Les clercs les plus célèbres du temps, comme le flamand Maignard ou Guillaume de Volpiano, s’installent sur leurs emplacements. De plus, progressivement, tous les évêchés et la plupart des grands monastères sont confiés à des prêtres venus du Continent. Enfin, partout, le latin remplace l’anglo-saxon. Quadrillage militaire ensuite. Les terres sont réparties en fiefs, et 1500 barons tiennent leurs domaines du souverain, contre l’engagement de le servir avec un nombre donné de chevaliers. Pour réunir cette troupe, les barons inféodent les terres à des chevaliers qui, eux mêmes, en sous-inféodent des parties à des sergents. Plus de 4000 fiefs de chevaliers sont ainsi constitués. Par ce système, Guillaume s’assure d’une force militaire disponible en permanence, tandis que les chevaliers introduisent sur leurs terres le système seigneurial.
De fait, à part quelques soubresauts, le Conquérant n’a plus à réprimer de troubles en Angleterre. Et, en 1078, il décide de bâtir un véritable château, fort et vaste, sur les hauteurs de sa capitale. Il le fait ensuite entourer de sombres architectures, parmi lesquelles apparaissent bientôt celles qui vont servir aux fondations de la tour de Londres.
De fait, à la fin de sa vie, des guerres familiales – comme la révolte de son fils Robert Courteheuse – ou des conflits aux frontières de la normandie l’occupent davantage. Il doit ainsi lutter contre la bretagne, l’Anjou – auquel il dispute le contrôle du Maine -, la flandre et la france de Philippe Ier. Il meurt en 1087, des suites d’une chute, au cours d’une attaque contre Mantes.
Dans la bonne tradition féodale, Guillaume laisse à son fils aîné, Robert Courteheuse, la terre ancestrale de Normandie. Au deuxième, Guillaume « le Roux », vont les « acquêts », c’est à dire l’Angleterre. Au troisième, Henri – que son intelligence et sa culture font surnommer « Beauclerc » n’échoit qu’une somme d’argent. Mais le prodigue Robert ne rêve que d’aventures, et brûle de partir en croisade. Pour s’équiper, il engage la normandie à son frère Guillaume, en 1096. Quand Guillaume le Roux est tué à la chasse, en 1100, Henri Beauclerc lui succède, en Angleterre comme en Normandie. Et lorsque Robert rentre de croisade, Henri, vainqueur à Tinchebray, en 1106, l’emprisonne et garde la normandie.
C’est donc Henri, qui épouse d’ailleurs une princesse anglo-saxonne – Maud, la fille d’Edgar – qui est le vrai fondateur de l’Empire anglo-normand.
Irlande, XIème siècle :
En 1035, murés depuis longtemps dans leurs cloîtres, des moines Irlandais recopient un texte qu’ils nomment « Salthair na Rann » ; ou, « Livre d’Adam et d’Eve ». Ils savent que celui-ci a été composé en Egypte au IVème siècle. Ils sont instruits du fait qu’il est arrivé en Irlande sans auparavant être passé par aucun autre pays d’Occident. Et ils constatent qu’entre ses pages, apparaissent des motifs spécifiquement Egyptiens.
Les moines découvrent par ailleurs que la liturgie de l’ouvrage emprunte, non seulement des éléments Egyptiens de l’époque Pharaonique, mais également des données Mythiques Celtiques et Syriennes. Les divers épisodes de « la vie des Saints Irlandais » qui y sont inclus, leur semble provenir directement de certains fragments de livres issus de la bibliothèque d’Alexandrie. Plusieurs prières qu’ils y recensent, leur semblent tirées de Rites Isiaques. Et ils se rendent compte que les fêtes de la vierge que Rome y a incluse, sont à célébrer aux mêmes dates que l’Equinoxe d’Eté de l’Eglise Celte, et de la naissance d’Osiris dans la vallée du Nil.
Puis, grâce aux indications de ce recueil, quelques moines exhument une demi-douzaine de calices dans le comté de Waterford. Ils s’imaginent alors que ceux-ci sont identiques à ceux qu’ont ramenés les clercs partis d’Egypte, et arrivés dans la région, au Vème siècle. Ils se demandent si la cloche de Saint-Patrick du comté n’est pas une imitation chrétienne de celles utilisées jadis par l’orthodoxie Paulinienne. Puis, ils se disent que, peut-être, l’Eglise Celtique de l’époque, a été influencé par des Traditions hérétiques d’Egypte, de Syrie, d’Asie Mineure, et de Mésopotamie.
Russie, XIème siècle :
Iaroslav – 1019 – 1054 – profite du développement de sa capitale, dont il veut affirmer la primauté souvent contestée par Novgorod, pour édifier une nouvelle cathédrale, inspirée de Byzance, construite entre 1037 et 1041, et qui porte le nom de Sainte Sophie.
Malgré cette construction, et en dépit du mariage d’une des filles de l’Empereur Constantin Monomaque avec le fils de Vladimir, les liens entre Kiev et Constantinople se distendent peu à peu. Même si les archevêques – métropolites – continuent à venir de Constantinople, l’Eglise russe devient nationale ; le prince mène une politique véritablement indépendante. Ainsi, Iaroslav marie l’une de ses filles, Anne, au roi de France Henri Ier. Sous son règne, la russie devient u pays prospère où le commerce et l’artisanat connaissent un développement fulgurant. Et, pour la première fois, sont codifiées de vieilles coutumes locales.
Un peu plus tard, l’éloignement se poursuit. Le centre actif du pays se déplace vers la « Mésopotamie Russe », entre Volga et Oka ; la « route des Varègues aux Grecs » est périodiquement coupée par les Coumans, nomades de souche turque. Cette évolution prive Byzance d’un allié qui a freiné les velléités d’indépendance des Slaves balkaniques et affaiblit durablement l’Empire.
En 1070, une Légende Russe relate l’histoire de la ville souterraine de « Kutige », la capitale du « Royaume de Justice ».
Asie Centrale, XIème siècle :
Mahmud – 999 – 1030 – est le fondateur de Rhazni, en Afghanistan. Venu d’Asie centrale, héraut du sunnisme, c’est un guerrier intrépide qui entreprend de nombreuses expéditions en Inde, annexe le Pendjab en 1026, enlève Ispahan et l’Irak aux Buwayhides et fraie la voie aux Seldjoukides.
Mécène, Mahmud accueille dans sa capitale des savants comme le géographe Biruni, et des poètes, parmi lesquels Ferdowsi, le créateur d’une épopée nationale, qui compose à l’intention du souverain : « le Livre des Rois ».
Chine, XIème siècle :
En 960, un an après la mort du dernier Empereur de la dynastie des Zhou postérieurs, la dernière des Cinq Dynasties, le général Zhao Guangyin, proche de la famille régnante, organise une mutinerie et s’empare du pouvoir. Il fonde une nouvelle dynastie, qu’il baptise Song, et fixe la capitale à Kaifeng. Après une vigoureuse campagne militaire qui dure seize ans, il réussit à soumettre progressivement la quasi-totalité du pays situé au Sud de la grande Muraille. Ce faisant, il met un terme au morcellement hérité de la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes : l’Empire Chinois traditionnel est presque reconstitué.
Cependant, les armées Song ne parviennent pas à conquérir les vastes espaces contrôlés par les « Barbares » autour de l’Empire : Khitans en Mandchourie et autour de Pékin, Djurtchets – nomades situés au Nord-est – et Mongols au Nord, Tangoutes – proto-tibétains – installés dans la région de la grande boucle du Fleuve Jaune au Nord-Ouest, Nanzhao au Yunnan et Vietnamiens au Sud. La chine a perdu de son emprise sur l’Asie. Elle est en outre entourée de voisins puissants, qui exigent de lourds tributs en échange de la paix. Aussi, loin de porter ses regards vers l’extérieur, le nouvel Empire se replie t’il sur lui même, cherchant avant tout à s’organiser.
De fait, les institutions héritées de l’ancien Empire médiéval des Tang est des Cinq Dynasties sont révisées. La centralisation est poussée à l’extrême à tous les niveaux : politique, militaire, économique et culturel. L’unification politique du monde Chinois proprement dit est alors la priorité absolue. Trois grands départements se partagent l’administration, dont l’Empereur reste le chef inconditionnel : celui de l’Economie et des Finances, qui gère les monopoles d’Etat – sel, thé, alcools, parfums -, ainsi que le budget et la population ; celui des Armées ; et, enfin, celui du Secrétariat, qui contrôle l’administration judiciaire, les nominations, les promotions et les châtiments des fonctionnaires. Ce département porte à la perfection le système des concours de recrutement, qui permettent d’engager les meilleurs éléments par des sélections réalisées au niveau des districts, dans les provinces. Dès lors, ce sont des fonctionnaires civils, les « mandarins », qui deviennent les rouages politiques essentiels de l’appareil d’Etat, au détriment des membres et des proches de la famille impériale, des eunuques, des concubines et autres intrigants, qui ont si souvent présidé aux destinées de la chine.
Car, les candidats se préparent pendant des années en apprenant, par cœur, les classiques confucéens. Certaines catégories de la population sont pourtant écartées du système : acteurs, musiciens, marins, bourreaux, geôliers, ainsi que leurs descendants. Les épreuves peuvent durer trois jours consécutifs, pendant lesquels les postulants sont enfermés dans de petites cellules individuelles, après avoir été fouillés. Munis de leur pinceau, d’encre et de papier, ils rédigent de leur plus belle écriture des essais relatifs à la culture confucéenne et à l’art du gouvernement ; une composition poétique figure au programme. Les copies doivent être impeccables, sans ratures ni surcharges ; les lignes doivent contenir un nombre égal de caractères.
A cette époque, l’Etat s’enrichit rapidement grâce au développement du commerce et de l’industrie. Il en réorganise le fonctionnement en stimulant l’essor des grandes cités marchandes de l’intérieur et des cotes. Les échanges maritimes amorcés avec l’étranger, le Japon notamment, sont encouragés au départ des ports de Nankin, Canton – quartier « réservé » aux agents commerciaux étrangers y est créé -, Hangzhou, Wenzhou et Fuzhou.
D’un autre coté, l’agriculture n’est pas en reste. L’administration chinoise importe du Vietnam des variétés de riz précoce qui permettent de produire deux récoltes par an : la riziculture connaît un essor sans précédent dans les contrées méridionales. Les terres arables se couvrent de chanvre, de coton, de mûriers, destinés à l’élevage du ver à soie.
Hélas, cet Age d’Or est pourtant menacé. Le paiement de lourds tributs imposés par les puissances de la steppe en échange de pactes de non-agression, constamment renégociés, et les luttes au sein des milieux politiques provoquent l’effondrement du gouvernement central. Les pressions extérieures deviennent insupportables : le traité de paix conclu entre l’Empire des Song et le royaume des Khitans en 1004, impose à la chine un versement annuel de 100000 taels, soit environ 3600 kilogrammes d’argent, et de 200000 pièces de soie de 13 mètres sur 0,77 mètre.
Un mouvement réformateur, dirigé par Wang Anshi – 1021 – 1086 – voit alors le jour. A la recherche d’une réponse aux carences du régime face à ces menaces extérieures, Wang Anshi avance des idées empreintes de justice sociale : il préconise une meilleure répartition des charges fiscales, favorise l’ouverture d’hôpitaux et de cimetières publics et propose la construction de greniers de réserve. Il réorganise l’armée de mercenaires, qui, forte de 1400000 hommes en 1050, est réduite à 500 000 soldats de métier, auxquels on adjoint des milices familiales paysannes. Mais Wang Anshi doit faire face à une farouche résistance des puissants conservateurs, dont les intérêts et les privilèges sont menacés. Il est écarté du pouvoir en 1085, et remplacé par son principal adversaire, Sima Guang, qui abolit toutes les réformes de son prédécesseur.
Deux personnalités incarnent alors l’idéal de l’intellectuel chinois : le poète Su Dongpo et l’Empereur Huizong. Tous deux excellents dans la pratique des vertus de « l’honnête homme » : la peinture, la poésie et la calligraphie. Su Dongpo est considéré comme le plus grand poète de l’époque. On lui attribue la paternité du courant philosophique et pictural de la « peinture des lettrés ». Il est l’un des quatre grands maîtres de la calligraphie Song, et il laisse de nombreuses pièces autographes derrière lui, dans lesquelles transparaît une personnalité libre, joyeuse et épanouie, emplie de sagesse et de tolérance.
Huizong, qui monte sur le trône l’année même de la mort de Su Dongpo, est un Empereur relativement indifférent à la vie politique de son pays, mais un ardent défenseur des arts, des lettres et des sciences pendant toute la durée de son règne à Kaifeng. Il conçoit une véritable passion pour la peinture et la calligraphie. Dans cette dernière discipline, il « invente » son propre style d’écriture : mince, élégante et vigoureuse, sa calligraphie est baptisée « l’écriture à l’allure d’or grêle ».
13 juillet 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 770 - 775
Parallèlement, l’Angleterre est si dévastée qu’il ne reste rien à piller. Les Danois s’y installent, chassant les populations anglo-saxonnes et colonisant le Yorkshire, le Nord de l’Angleterre, une partie des Midlands de l’Est et de l’Est-Anglie. Par ailleurs, dans un monde où le servage est généralisé, les Scandinaves introduisent un droit nouveau, celui des paysans à la liberté. Une société originale, anglo-scandinave, naît alors dans ce pays que l’on appelle désormais le « Danelaw », au Nord d’une ligne allant de Chester à l’estuaire de la tamise. Elle survit à la reconquête du Wessex.
Profitant des divisions internes des Scandinaves, le Wessex rétablit son autorité sur toute l’Angleterre. Mais cette reconquête n’a aucune incidence sur les structures sociales et sur le peuplement du pays. Et, lorsque l’Angleterre essuie une nouvelle attaque, elle est si vulnérable qu’elle doit payer un tribut, le « danegeld », pour écarter la menace. Dix ans plus tard, le chef norvégien Olav Tryggvesson, vainqueur à Maldon, obtient lui aussi un énorme tribut.
Car, au cours de leurs expéditions, les bateaux Vikings longent les cotes Franques puis descendent plus au Sud : ils pillent la galicie, Lisbonne et Séville. Ils atteignent le Guadalquivir, ravagent la cote du Maroc, passent en Méditerranée et gagnent la toscane. De là, ils détruisent Pise et remontent jusqu’au Rhône, à Valence, où ils sont arrêtés. Lisbonne et Saint-Jacques de Compostelle subissent de nouvelles attaques. L’Empire Franc se révèle être un véritable Eldorado pour les pillards.
Charlemagne, que ses conquêtes en Saxe a mené au contact des Danois, a certes créé un système de défense côtière, mais ses successeurs, entraînés dans des guerres pour le partage de l’Empire, ne se sont guère souciés de la menace représentée par les pirates barbares. Au cours d’une expédition en Frise où ils pillent Dorestad et Utrecht, les Vikings découvrent la faiblesse des Carolingiens. Aussitôt, ils multiplient les expéditions. Rouen brûle, Nantes, Paris succombe, Tours. Les Vikings établissent ensuite des tètes de pont permanentes sur les embouchures de la seine et de la loire. Ils s’y fortifient, installent entrepôts et ateliers, et hivernent sur place, soumettant les régions environnantes à des raids incessants. Tour à tour, la flandre, les grandes vallées – Elbe, Seine, Loire, Garonne – sont dévastées.
Malgré tout, en Francie, la défense s’organise : en 887, le Carolingien Charles le Gros, accusé d’incapacité est déposé ; Eudes, comte de Paris, défenseur victorieux de sa ville contre les Normands, est élu roi des Francs. C’est la famine qui, en 892, chasse les Vikings de France, provisoirement.
Car, les Vikings sont à nouveau là. Rollon est le chef des Normands de la seine, une bande surtout composée de Danois, dont beaucoup viennent du Danelaw. Monté sur le trône en 893, le nouveau souverain Carolingien, Charles le Simple, n’a ni les moyens de défendre le pays ni l’envie de voir surgir un « nouvel Eudes » : il utilise donc Rollon et lui confie une bonne partie de la normandie, en le chargeant de la défendre. En 912, Rollon est baptisé. Très vite, en dépit d’un large peuplement Scandinave, la normandie devient une principauté française. Le comte, et bientôt duc, y restaure monastères et églises et y réimplante les institutions carolingiennes, alors que celles-ci s’effondrent partout ailleurs. C’est en effet pour lui le seul moyen de gouverner efficacement et de tenir en respect les concurrents venus de Norvège et du Danemark.
En 912 toujours, la religion des Scandinaves est de type Germanique. Leurs rites sont ceux de la fécondité, auxquels ils allouent des sacrifices humains, au début du printemps – pour le mariage du Ciel et de la terre -.
D’après leurs récits, le panthéon possède des dieux répartis en deux Races : les Ases et les Vanes. Le Dieu principal, chez les Ases, est Thor, dieu de la foudre et de la guerre, qui est accompagné d’Odin, le Sage, dieu des Morts et des Guerriers. Ce dernier est accompagné de deux corbeaux représentant la « pensée » et la « mémoire ». Les Vanes, principalement la déesse Njördhr et ses Enfants, Freyr et Freyja, sont des divinités de la fécondité et de la fertilité.
Les Légendes des peuples Nordiques sont transmises de génération en génération grâce aux chants scaldiques et aux sagas. Le Mythe de l’arbre est le plus ancien puisque les récits sur lesquels il repose sont confus. L’arbre est pourtant assimilé au Dieu de la fondation : Yggdrasil ; les guerriers l’honorent.
Un récit explique que quatre Ages ont existé avant l’Ere actuelle. Parmi ceux-ci, l’Age d’Argent évoque l’existence de l’antique cité de Thulé, aux énigmes extraordinaires ; et notamment celle des mécanismes impliquant des forces phénoménales cachées au sein de la terre, et que les habitants de Thulé maîtrisaient parfaitement.
L’Age de Bronze, quant à lui, correspond à l’époque des Géants, aussi nommée « Ere du Loup » ou « Ere des Etres Elémentaires ». Voici ce que dit le texte à propos de la création de ce Monde particulier :
« Père de tous les Dieux, Wotan est l’ancêtre de tous les Géants Primordiaux. Il engendre Bor, le premier véritable dieu ; lequel se marie avec l’une de ses Sœurs. Trois Fils naissent alors de leur union : Odin, Vili et Vé. A leur majorité, ceux-ci tuent le Géant Ymir, permettant à leur Monde d’exister. Ils prennent ensuite le nom d’Ases, tandis que les autres Géants sont désignés sous le terme de Fomores. ».
Les Ases bâtissent le premier Asgard quelque part dans le Grand Nord. C’est une cité à la fois terrestre, souterraine et céleste qui est la propriété exclusive des Dieux. Elle est donc interdite aux Fomores. Mais Asgard est bientôt détruite au cours d’un Cataclysme sans précédent.
En même temps, à cette époque, les Fomores sont vite associés par les Ases aux représentants des forces telluriques maléfiques, à la profondeur des eaux, qui s’opposent depuis toujours à eux :
« Au cours d’une période de paix relative entre les Ases et les Fomores, les Ases s’adressent aux Géants pour les aider à reconstruire leur forteresse d’Asgard. Ceux-ci acceptent volontiers. Mais, en échange, ils veulent pouvoir s’accoupler avec Freya, avec la lune, et avec le Soleil. Evidemment, les Ases ne sont pas d’accord. La guerre se déchaîne donc de nouveau entre les deux clans : c’est le début du Crépuscule des Dieux ».
Un autre Mythe relate l’époque où advient le Cataclysme terrifiant. Dans un premier temps, les Fomores sont massacrés par les Dieux à proximité du palais d’Asgard. Thor en abat d’abord plusieurs grâce à son Marteau – Miljonir - ; qui est synonyme de foudre céleste. Puis : « A une époque obscure, une vieille géante vivait dans une forêt lointaine de l’Est. S’unissant à Fenrir, elle mit au monde une portée de jeunes loups. Puis, lorsque ceux-ci devinrent adultes, ils se mirent à poursuivre le Soleil afin d’en prendre possession. La chasse dura longtemps, fut toujours indécise. Mais chaque saison qui s’écoula rendit les animaux de plus en plus forts. Finalement, ils atteignirent l’astre de jour et éteignirent ses rayons les uns après les autres. Le Monde fut alors plongé dans un terrible hiver ; des tempêtes de neige s’abattirent de toutes parts.
Dès ce moment, la guerre commença à ravager la terre. Les Enfants ne respectèrent plus les liens du sang ; le frère tuant le frère. Ce fut une époque où les hommes, toujours prêts à s’entredéchirer, ne valurent pas mieux que les loups qui avaient détruit leur Univers. Le Monde fut sur le point de tomber dans l’Abîme du Néant.
Les Dieux enchaînèrent Fenrir pour le punir d’avoir engendré les destructeurs de l’Univers. Mais, au bout d’une très longue période, celui-ci parvint à rompre ses liens, puis à s’échapper. Pour se venger, il s’ébroua, fit trembler l’arbre Yggdrasil sur ses bases. Ebranlé de ses racines jusqu'à ses branches les plus hautes, Yggdrasil perturba l’axe initial de l’Univers. Les montagnes s’écroulèrent ou s’ouvrirent en deux. Les Nains qui habitaient leurs entrailles cherchèrent désespérément l’entrée de leurs anciennes demeures. Abandonnés par les Dieux, les Humains furent chassés de leurs foyers. Les différentes Races furent balayées de leur Paradis par le Cataclysme qui s’ensuivit.
Le Monde commença à changer de forme. Les étoiles amorcèrent leur dérive à travers le Ciel et tombèrent dans le vide. Les pluies se raréfièrent. Les terres se desséchèrent. Puis, le Géant Surt mit le feu à la terre et l’Univers devint une immense fournaise ; des flammes et des jets de vapeur jaillirent des fissures de la roche. Toutes les choses vivantes, toutes les plantes s’anéantirent. Seul le sol nu, uniquement composé de failles et de crevasses, demeura visible ; tandis que, entrant en ébullition, les rivières et les mers débordèrent. Les vagues vinrent battre contre les vagues. Les eaux montèrent et recouvrirent lentement toute la terre ; laquelle fut totalement inondée.
Cependant, certains hommes survécurent au grand Cataclysme. Enfermés dans le tronc de l’arbre Yggdrasil que les flammes n’étaient pas parvenues à consumer, ils échappèrent à la mort. Dans cet asile, leur seule nourriture fut la rosée du matin.
Puis, peu à peu, les terres réémergèrent des vagues. Les montagnes s’élevèrent de nouveau, et de leurs flancs se mirent à couler des cataractes d’eaux chantantes. Ainsi, ce fut de l’anéantissement de cet Age sombre que naquit l’actuel. ».
Une autre version du Mythe des Origines de l’Ere contemporaine décrit la « Terre Verte » - « Green Land », ou « Groenland » -, ce Continent Primordial où elle est née, et qui est à la source de toutes les Traditions de l’Humanité. Elle prétend même que ses premiers membres en sont originaires. Un des textes s’y référant dit : « Au-delà des mers et des îles Fortunées, plus loin que les épais brouillards qui défendent son accès, les Hyperboréens détiennent tous les secrets du Monde. ».
Elle rajoute : « Odin et Wotan ont engendré les Ases et les Vanes, ces Géants ayant autrefois habité le Monde. Puis, ceux-ci ont érigé une incroyable tour décrite sous le terme de « Halgadom » - ou « Cathédrale Sacrée » - pour leur roi, Conann. Il s’agissait d’un Temple à la fois matériel et spirituel ; il appartenait à la terre et au Ciel, au Passé et à l’Avenir. Il ressurgissait en permanence de son Cœur l’Esprit Créateur de l’Univers.
Mais, hélas, le Crépuscule de leur Race est vite arrivé et ils ont dû quitter Thulé à la suite d’un Cataclysme effroyable. Ils ont donc gagné les mers du Sud, et ont accosté sur les rivages d’Europe du Nord ; ils y ont fait renaître leur antique Civilisation. ».
Quoi qu’il en soit, cette contrée ancestrale reste l’Empire éteint de tous les peuples qui vivent entre Rhin et Vistule, entre la baltique et les Alpes. Il s’agit, pour eux, de l’immense territoire où, à une époque éloignée, se sont trouvés réunis les ancêtres des Allemands, des Scandinaves, des Néerlandais, des Saxons et des Russes.
Islande, IXème siècle :
En 860, les Vikings entreprennent de coloniser l’Islande, après que les premiers d’entre eux y aient débarqué quelques années plus tôt ; alors qu’ils voguaient en direction des îles Féroé. Et ils s’installent dans de grandes fermes, et conquièrent de riches pâturages qui leur rappellent leur patrie.
Puis, en 875, le Viking Ingolfur Arnason fonde la ville de Reykjavik, après avoir débarqué à son tour sur la petite île.
Russie, IXème siècle :
En 839, de nombreuses tribus Varègues arrivent à proximité de la mer d’Azov ; où elles s’installent. Puis, en 862, celles-ci fondent Novgorod sur la grande route commerciale Nord-Sud ; et la cité devient vite la capitale de l’un de leurs princes : Riourik.
En 863, les guerriers Varègues venus du Nord s’établissent d’abord sur le littoral de la mer Baltique, où ils installent des comptoirs utilisés pour la traite des esclaves, comme à Goubina, en Courlande. Aventureux, ils entreprennent la traversée du Continent en direction du Sud, utilisant des barques monoxyles des Slaves, associant habilement navigation fluviale et portage sur la ligne de partage des eaux, au milieu des forêts marécageuses. Ayant atteint Bagdad par la volga et la mer Caspienne, ils finissent par découvrir un itinéraire les menant de Novgorod - un bourg fortifié par les Slovènes et tombé entre leurs mains -, et la mer Noire. Longeant le cours du Dniepr, ils parviennent à Kiev en 865.
Car ceux-ci, originaires de Suède, ont eu vent de l’existence de deux Empires florissants vers le Sud, et du commerce actif que les Khazars entretiennent avec les Califes Arabes de Bagdad.
Ils sont alors menés par le prince de Novgorod, Riourik – un ancien mercenaire engagé par les Slaves, pour résoudre leurs querelles intestines. Ces hommes du Nord – parfois appelés « Rus » - finissent par contrôler les relations commerciales et prendre la place des Khazars comme suzerains des Slaves. Ceux-ci les accueillent bien, les jugeant seuls capables de les protéger contre les maraudages des Magyars.
Mais Riourik meurt en 879. Oleg lui succède, et il met la main sur Kiev. Païen, Oleg lutte également désormais contre le Christianisme naissant, mais rend la ville prospère. Il rassemble en effet toutes les tribus, et réuni le Nord et le Sud en un seul bloc politique. Et l’Etat Russe finit par naître.
Asie Centrale, IXème siècle :
En 840, l’Empire Uighur s’effondre brutalement, sous les coups répétés et sauvages des troupes Kirghiz.
Inde, IXème siècle :
En 815, le roi du Maghada Devapala conquiert et annexe les territoires de l’Assam et de l’Orissa. Grand conquérant, il est aussi un grand mécène : durant son règne, la littérature tamoule brille d’un éclat particulier, et l’Art, essentiellement rupestre, atteint son apogée. Il fait également creuser à Mahäbalipuram, de nombreuses cavernes décorées de hauts reliefs qui allient équilibre et pureté. C’est à partir de ce moment là que s’imposent définitivement les règles de cette architecture, avec le petit Temple du Rivage, à Mahäbalipuram, et le Kailasanatha, à Kanchipuram.
Puis, en 885, les Pallava sont attaqués par le grand roi Chola Aditya Ier, et ne parviennent pas à résister aux assauts de ce puissant voisin. Leur roi, Aparajita, meurt dans la bataille, et son royaume, situé aux bords de la krsna, est annexé par le Chola. Et ainsi disparaît l’une des plus prestigieuses dynasties de l’Inde du Sud.
En 890, la dynastie des Pallava doit s’effacer sous la pression des Cola. Le roi Aparajita est vaincu par Aditya et elle devient la vassale de leurs rivaux. La dynastie disparaît peu de temps après.
Tibet, IXème siècle :
En 821, le traité sino-tibétain conclu à Chang’an, et qui reconnaît l’indépendance du Tibet, est ratifié à Lhassa.
Chine, IXème siècle :
En 845, le Bouddhisme est souvent l’objet de persécutions. En compétition avec les bouddhistes, les prêtres taoïstes sont en effet favorisés. Leur caractère nationaliste et xénophobe est manifeste. Han Yu, antibouddhiste acharné est l’un des meilleurs prosateurs que la chine connaît. Et il a écrit en 819 un texte d’une rare violence contre le transfert d’une prétendue relique de Bouddha.
Cependant, ces persécutions répondent avant tout à des considérations d’ordre économique et politique, car l’Eglise Bouddhique est puissante et détient d’immenses richesses. La dernière proscription qui est fatale au Bouddhisme commence dès 845, sous le règne de l’Empereur Wuzong, taoïste fervent : par un édit, il proscrit toutes les religions étrangères, Bouddhisme, Mazdéisme, Manichéisme, et Nestorisme : 260 000 religieux bouddhistes sont alors sécularisés, une grande partie de leurs monastères et de leurs lieux de culte sont détruits.
En 850, des navigateurs Arabes – Wahab et Abusaïd – voyagent en Chine méridionale. Et ils y découvrent de nombreuses informations sur le thé, l’eau de vie, le riz, et la porcelaine. En 855, les Bouddhistes Chinois fondent le Temple de Foguangsi – ou, « de la lumière de Bouddha » - au sommet de la montagne des Cinq Terrasses. De fait, ils commencent par y ériger un Pavillon Monumental. Ils dotent celui-ci d’une plate-forme, d’un autel, et de statues gigantesques. Ils recouvrent certaines de ses parois, de figures animales, de représentations florales, paysagères, ou de motifs géométriques. Tandis que sur plusieurs de ses murs, ils inscrivent des milliers de Phrases Symboliques.
Or, en 875, après une période de grande expansion, l’heure est au repli général. Les Ouïgours, les Tibétains, et même les Arabes, dominent désormais certaines régions de l’Ouest, ainsi que l’Asie Centrale. Pour lutter contre eux, le gouvernement multiplie donc les régions militaires et renforce les pouvoirs des commissaires impériaux. Mais, suite aux pressions extérieures, au développement commercial des régions du Sud, le centre du monde Chinois tend à se déplacer vers les plaines du Fleuve Bleu.
Ce phénomène est aussi lié aux progrès de la riziculture. Le pouvoir central décide en effet bientôt de nouvelles réformes, dont la plus importante est celle de Yang Yan : la double taxe, prélevée le sixième et le onzième mois de l’année. En outre, la nouvelle forme d’imposition repose sur les terres et sur les récoltes, et non plus sur les cultivateurs. Des monopoles sur le sel, les alcools et le thé deviennent d’importantes sources de revenus. Mais les famines qui frappent la population rendent la situation très vite instable. Et des soulèvements populaires apparaissent dans le Nord de la chine ; et ceux-ci annoncent déjà la fin de la dynastie.
Car, en 881, au cours des révoltes contre les Tang, Houang-tchao s’empare de Tchan-ngan, la capitale impériale.
03 juin 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 670 - 675
Grande-Bretagne, première moitié du Vème siècle :
En 406, la province du Kent, abandonnée par l’armée Romaine, se retrouve bientôt isolée de l’Empire. De fait, à partir de 410, les Bretons doivent lutter seuls contre les incursions des Saxons venus des cotes Frisonnes ; tandis que les Angles s’emparent de Londinium, et qu’ils permettent à celle-ci de prospérer de nouveau. Vers 430, le chef Breton Vortigern établit dans la province des Saxons alliés pour combattre les Pictes d’Ecosse. Mais, révoltés en 442, ceux-ci se rendent indépendants. Ils sont rejoints par d’autres Saxons et des Angles. Et ils chassent les Bretons du Kent vers Londres.
Egalement en 442, nombre de Clercs Celtes se rendent régulièrement sur l’île Sacrée de Mona. Là, ils se plongent dans leurs souvenirs ; tels, celui de leurs Frères Philosophes qui ont autrefois été assassinés à cet endroit par les Romains. Parfois, ils vont aussi sur l’île de Sein, où une Assemblée de Druidesses présidée par Gallizenae s’est installée depuis peu ; puis, a formé un puissant Collège. Ils se consacrent alors en leur compagnie, à l’Etude de la magie Bénéfique. Ils se vouent au Célibat. Ils découvrent de quelle manière leurs Initiatrices accèdent aux capacités de prédire l’Avenir, de faire naître ou d’apaiser les Tempêtes, de devenir Invisible, ou, de revêtir toutes les formes. Et, enfin, ils posent de temps en temps le pied sur l’île de Gravinnis ; qui a depuis longtemps la réputation d’être un lieu de Sépulcre invitant au Grand Voyage. Ils y parcourent ses allées couvertes se glissant entre des cairns pyramidaux. Ils y lisent ses fresques gravées de spirales labyrinthiques, s’aventurent au cœur de sa vallée montagneuse. Et, arrivés là, ils se souviennent alors que ce site a jadis porté le titre de « Ynis Mon » - ou, « l’Ile des Druides » ; ou encore, « Ile de Gwynedd ».
Vers 445, Saint-Patrick établit le siège de son évêché à Armagh, en Irlande. Auparavant, dans sa jeunesse, celui-ci a été enlevé par des pirates et vendu comme esclave. Il a pu s’enfuir en Gaule, et a regagné son pays natal, mais une vision lui a enjoint de convertir l’Irlande au Christianisme.
Dès lors, Saint-Patrick a acquis sa formation en Gaule, à Lérins, puis à Auxerre, sous la houlette de Saint-germain. Et, une fois évêque, il a débarqué en Irlande.
Ainsi, très vite, Saint-Patrick convertit les rois, qui entraînent leurs tribus avec eux, et il évangélise le Nord de son pays.
En 450, les Jutes, les Saxons et les Angles traversent la manche pour envahir l’île de Bretagne. Mais, à la différence des Gaulois, les Bretons opposent une farouche résistance à l’envahisseur ; ils sont refoulés vers l’Ouest de l’île. Les Anglo-Saxons organisent ensuite leur pays en petits royaumes indépendants qui sont vite rivaux.
En 455, après avoir vainement combattu les Angles et les Saxons, les Bretons émigrent vers l’Armorique ; à laquelle ils donnent leur nom.
Péninsule Balkanique, première moitié du Vème siècle :
Les Wisigoths ne restent pas longtemps en Thrace, où Théodose les a jadis installés. Dès 395, menés par Alaric, qui hésite entre l’ambition de se tailler une place dans l’Empire et songer à trouver un établissement définitif pour son peuple, ils reprennent leur errance. L’Empire d’Orient leur abandonne alors l’Epire, et les pousse à envahir l’Italie.
En 401, le savant Meshrop crée une Ecriture Arménienne en constituant un Alphabet de 36 lettres. Ce travail capital permet de forger une culture nationale autour de l’Eglise d’Arménie.
Car, située dans les Balkans, l’Arménie forme un Etat tampon entre ses puissants voisins Romain et Perse. Malgré tout, un traité conclu entre Théodose et Bahram IV partage le pays, les Perses en obtenant la plus grande partie. Mais, christianisé depuis la conversion du roi Tiridate III par Grégoire l’Illuminateur, l’Arménie préserve sa conscience nationale autour de ses Patriarches. De fait, avec l’Ecriture Arménienne, une culture fondée sur la traduction de la bible, des Pères de l’Eglise et de la liturgie, lui permet de préserver son originalité.
En 410, la pannonie est soudainement envahie par des hordes de Barbares surgies de nulle part. En effet, les Huns d’Attila franchissent ses frontières, anéantissent la cité de Sermium. Puis, tout en s’enfonçant de plus en plus loin à l’intérieur de la province, ils s’en prennent ensuite directement aux tribus Sarmates. Et ils détruisent leur Civilisation ; et ce, jusqu’aux steppes Méridionales de la crimée et au Nord de la mer Noire.
A partir de 434, le khan – ou roi – des Huns, Attila, après s’être débarrassé par le meurtre de son frère Bleda, gouverne sans conteste sur l’ensemble des hordes hunniques. Attila est un petit homme à la grosse tète, au nez épaté, et au teint sombre. C’est un diplomate plus qu’un guerrier. Il sait allier ruse et violence pour rafler le maximum de butin, par l’extorsion de tributs. La mobilité et l’adresse au tir à l’arc de ses troupes clouent l’ennemi au sol. Vêtu de peaux de martres, les joues tailladées pour empêcher la barbe de pousser, il a la réputation d’une férocité sans nom, qui lui vaut le surnom de « Fléau de Dieu » ; et il se flatte que « l’herbe ne repousse pas là où son cheval passe ».
Dès lors, les Huns, abandonnant leurs traditions de nomadisme, s’installent dans les territoires balkaniques situés au Sud du Danube. Leur ville est constituée de simples huttes de bois. Coiffé d’un diadème, Attila s’y fait adorer à genoux. Il crée une sorte de capitale autour d’un palais de bois et de thermes de pierre. A sa cour, on parle grec et latin, et ses bureaux sont dirigés par le Romain Oreste. Mais, ses hôtes sont généralement abasourdis par le luxe qu’il déploie à leur intention : étendus sur des lits couverts d’étoffes précieuses, ils sont servis dans de la vaisselle d’or et d’argent.
Le mode de vie des Huns évolue ainsi notablement au contact de peuples plus civilisés. Et leur Empire s’étend de la hongrie à l’Ukraine, et de la silésie à la serbie, asservissant de nombreux peuples Germaniques au passage.
De ce fait, le roi des Huns dirige d’abord ses ambitions vers l’Orient. En 443, ses soldats arrivent jusqu'à Constantinople et, en 448, ils s’enfoncent en Grèce jusqu’aux Thermopyles. L’Empereur Théodose II, pour apaiser ces redoutables envahisseurs, est contraint de leur verser un tribut annuel. Puis, vers 450, appelés par la sœur de Valentinien III Honoria, qui offre à Attila de l’épouser, ils se tournent vers l’Occident. Jusqu’au 20 Juin 451, où, après une journée de combats au cours de laquelle ils sont défaits, profitant de la nuit, ils font retraite.
Dès lors, en 454, entraînés par Ardaric, le roi des Gépides – vassaux Germaniques des Huns -, certaines tribus se révoltent contre le fils d’Attila, mort depuis peu. Et l’Empire Hunnique s’effondre.
Inde, première moitié du Vème siècle :
Le fils de Candragupta II, Kumaragupta, lui succède en 415. Celui-ci possède un Empire qui s’étend de l’Afghanistan au Népal, et de l’Assam au Deccan ; sans toutefois atteindre l’extrême pointe de la péninsule Indienne. Mais, dès les premiers mois de son règne, il tente d’étendre son emprise sur la région de Kalinga, puisque celle-ci – aux forêts souvent impénétrables, et aux Populations perpétuant des modes de vie archaïques – tient encore une place tout à fait marginale au sein de son Empire.
Puis, très vite, Kumaragupta est obligé de faire face aux premières invasions des Huns dans le Nord-Ouest du pays ; bien qu’elles ne soient pas très dangereuses. Dès lors, pour renforcer son autorité dans ces Provinces, il exige que les Castes Brahmanique, Guerrière, et de Propriétaires Terriens, le soutiennent dans son action. En échange, il leur accorde le droit d’imposer leur Pouvoir sur les villages qu’ils administrent en son nom. Il leur délègue certaines charges. Et il finit donc par consolider son ascendant sur les Territoires Vakataka – qui a pour roi Pulakesin II – et Vatapi – qui a pour Monarque Calukya.
En 420, Kalidasa écrit « l’Anneau de Cakuntala ». C’est alors un chef d’œuvre de la littérature Indienne qui naît sous sa plume ; sa pièce de théâtre illustre en effet l’idéal pieux et chevaleresque de la caste brahmanique.
De son coté, Kumaragupta met en chantier un Sanctuaire Hindouiste Monumental aux abords de la cité de Dashavarata. De fait, il commence par consacrer le Site en y honorant chacun des Avatars de Vishnu. Il ordonne ensuite que les murs de l’agglomération soient ornés de bas reliefs évoquant les divers Episodes de la descente du dieu sur Terre. Il insiste pour que l’un de ces derniers montre Vishnu endormi à proximité du Serpent Cosmique nommé Ananta – ou, « Eternité ». Il exige qu’au dessous d’eux, soient rédigé : « C’est après que Vishnu se soit endormi, que Brahmâ est venu au Monde. Dès lors, tous les Démons se sont soumis à ses injonctions. Dans le Ciel, juste au dessus de lui, assis sur l’Eléphant Airavata, Indra s’est engagé à l’observer. Et Harihara, qui chevauchait alors le Taureau Nandi, ainsi que le dieu de la guerre Skanda paradant aux cotés de son Paon, en firent de même. ».
Kumaragupta souhaite également que l’un des panneaux de son Sanctuaire décrive Gajendra. Il demande à ses sculpteurs qu’ils l’y représentent entouré des Anneaux d’Ananta, en position défensive, en grande discussion avec Nara et Narayana, et métamorphosé en Eléphant après l’intervention d’un Mauvais Diable. Il les enjoint de le dessiner tandis que dans le Ciel, des Génies l’observent attentivement. Et, il leur commande de faire en sorte que ces Génies soient en train de s’élancer vers Gajendra, portant la couronne de la victoire dans sa direction.
Ensuite, il leur dit de le dépeindre sur un autre Panneau, délivré de ce Charme grâce à l’intervention providentielle de Vishnu. Il leur explique encore qu’il veut le voir ailleurs aux cotés du dieu et de l’Aigle au corps d’Homme Garuda, en train de s’élever dans les airs. Il leur conseille de couvrir le sol de certaines salles, de « Murti » - ou, « Image du Dieu », de façon à ce que leur représentation soit identifiée à une Divinité en train d’accoucher. Et il réclame que dans une autre pièce du Temple, soit exécutée une fresque représentant un Asura reptilien vénérant Vishnu, soit assisté de son Epouse afin de l’aider dans sa démarche.
Mais, le Sanctuaire de Dashavarata n’est pas le seul Edifice Religieux que Kumaragupta fonde : en effet, il en fait élever des semblables un peu partout dans le Pays. Il y a ceux de « Mandir » - ou, « Vimana » ; ou encore, « Chapelles Pyramidales ». En compagnie de ses Architectes, il leur donne une forme stupéfiante. Il les entoure de trous carrés au centre desquels il dépose des maquettes Sacralisées des futurs Bâtiments. Il enterre des amulettes expliquant que ces dernières Symbolisent la semence portée par la matrice utérine de la terre. Il élève des Portails d’Entrée aux quatre Points Cardinaux des Constructions. Il les environne de bornes dont les Textes expliquent que les deux Déesses Fluviales du Pays sont personnifiées par le Gange et le Yamunâ. Il parsème le site de statues de Kali – la mort Dévoreuse – combattant deux Makura – ou, « Monstres marins tenant à la fois du tapir, du crocodile, et du poisson ». Il les fait accompagner de trois à sept auvents superposés destinés à Symboliser les différents niveaux Cosmiques. Il exige que leurs bases représentent le Globe Terrestre. Il demande que leurs cotés soient sculptés de figures désignant le moyen de quitter le Monde Physique, et la méthode pour pénétrer dans le Monde Spirituel. Il réclame que leurs sommets soient coiffés d’un Disque Côtelé – ou, « Amalaka » ayant pour but d’incarner l’Astre Solaire. Et, il exprime le désir que des amphores de pierre désignant les Etoiles Fixes du Ciel, soient sculptées sur leurs contours.
D’un autre coté enfin, Kumaragupta fait rédiger un certain nombre de Textes « Agama » relatant les étapes les plus importantes de la fondation de ces Sanctuaires. Ses Scribes n’y soulignent donc que ces Temples Symbolisent les Fils du Ciel et de la terre. Ils y marquent que les Montagnes représentent leurs Filles. Ils y signalent que ces dernières plongent profondément leurs Racines dans le Sol, tandis que leurs Sommets frôlent le Firmament. Ils y notent qu’elles dissimulent une multitude de Cavernes Démoniaques n’ayant aucune ouverture vers l’Extérieur. Ils y content que c’est là qu’habitent des hordes d’Humains et d’Animaux soumis aux Enfants du Ciel et de la terre. Ils y écrivent que leurs Substituts que sont certaines Chapelles accrochées à leurs flancs résument la totalité du Cosmos. Et, ils y ajoutent que c’est là que leurs Fidèles doivent se rendre afin de les y adorer devant « l’Hiranyagarbha » - ou, « Embryon d’Or ».
A partir de 430, Kumaragupta décide de s’attaquer à la laïcisation de l’appareil d’Etat. Il oblige ses Administrateurs à abandonner leur Religiosité permanente. Il surveille la rénovation des huit Stupas de Sarnath censés contenir les cendres de l’Eveillé. Il suit l’érection des figures Hindouïques représentant le Protecteur des Cerfs Harihara – qui Symbolise à la fois, Siva et Visnu. Et, il scrute les Roues de la loi, ainsi que les fresques, qui sont ancrées sur leurs pourtours, et qui montrent ceux-ci accéder au Nirvana Suprême – ou, « Paranirvana ».
Mais, Kumaragupta n’empêche pas les Adeptes de l’Hindouisme, d’effectuer un certain nombre de recherches Dogmatiques. En effet, il les autorise à rédiger plusieurs Textes décrivant les dix Avatars de Visnu. En les écrivant, ceux-ci commencent à réfléchir à la signification de leur Symbolique. Et ils concluent en y marquant :
« Visnu préside au maintien du Dharma – ou, « Ordre Universel ». Il veille à ce que ses Avatars se conforment à ses Règles. Grâce à ces derniers, il se manifeste sur Terre à chaque fois qu’un danger la menace. Il s’y signale également lorsque l’Hindouisme y est mis en difficulté. Et, à chaque fois, par l’intermédiaire de ses Incarnations – ou, « Dasavataras » -, il y ramène la paix en condensant la vérité Historique. ».
Et plus loin : « La première fois, Visnu se transforma en Poisson, et prit le nom de « Matsya ». Puis, il guida l’Arche de Manu à travers les Eaux du Déluge. Il la déposa en lieu sûr. Et c’est ainsi qu’il permit à une nouvelle Humanité de se propager sur Terre.
Il se métamorphosa ensuite en Tortue, et fut appelé Kurma. Du fond de l’Océan, il se mit à porter la terre au sommet de sa carapace. Puis, il se déguisa en Sanglier Varaha, et, avec ses défenses, il récupéra la terre qui était en train d’être entraînée au fond des Eaux par l’Asura Hiranyaksa. Il se dévoila une quatrième fois sous la forme d’un Homme-Lion nommé Narasimha. Il anéantit le Démon Hiranyakasipu qui n’arrêtait pas de persécuter ses Fidèles. Il se révéla une cinquième fois en prenant l’aspect du Nain Vamana. Il se présenta alors devant le Titan Bali – qui venait tout juste de s’emparer de la totalité de l’Univers. Il lui demanda de récupérer ce qu’il pourrait parcourir en trois enjambées. Il fut satisfait en voyant que le Démon acceptait l’Epreuve. Il reprit dès lors son Apparence Divine. Et il franchit les limites de l’Univers en trois enjambées.
La sixième fois, Visnu se changea en Parasurama – ou, « le Héros à la hache, Rama ». Il vainquit ainsi la caste Ksatriya en révolte contre les Brahmanes. La septième fois, il prit l’apparence de Ramacandra – ou, « Rama, beau comme la lune ». Il libéra son Epouse Sita, enlevée par le Démon à dix tètes Ravana. Puis, toujours sous cette forme, il demanda l’aide de l’armée des Singes, qui, sous la conduite de son Chef Hanumat, l’appuya lors de son invasion du Royaume Infernal. Celle-ci le soutint encore lorsqu’il voulut reconquérir le trône de ses Ancêtres, et rétablit un règne de Paix. La huitième fois, il s’incarna en Krishna ; dont les exploits sont détaillés à l’intérieur de trois Livres : le Vishnu Purana, le Bhagavata Purana, et le Mahabharata Purana. Et où il est écrit : « Au cours de son enfance, Krishna vécut chez son Oncle. Mais, un jour, on prédit à celui-ci que le huitième Fils de sa Sœur mettrait fin à sa tyrannie. Dès lors, cette dernière confia Krishna à un couple de bergers habitant la ville de Mathura. Son Fils passa le reste de sa jeunesse en compagnie de son Frère Balarama, et toute cette Période fut ponctuée de nombreux miracles. Quand Krishna atteignit l’adolescence, il devint l’amant de 1600 petites bergères ; lesquelles représentèrent ainsi bientôt les Ames Fidèles au dieu. Lorsqu’il accéda à l’âge Adulte, il s’octroya le titre d’Aurige, et participa à la guerre du Mahabharata. Il remporta d’écrasantes victoires contre ses Ennemis, et fut proclamé Roi de Dvaraka. Il put instaurer un règne de Paix et de Justice sur l’ensemble de son Territoire. Mais, quelques années plus tard, il périt après avoir reçu une flèche au talon ; la seule partie de son corps où il était vulnérable. Et son décès entraîna le Déluge Universel, et inaugura le Kaliyuga – ou, « Age des Conflits ». ».
La neuvième fois, Vishnu descendit sur Terre sous la forme de Bouddha. Il sauva une dernière fois l’Humanité, puis, pacifia la société Hindoue. Et, la dixième fois – qui n’est pas encore advenue -, il se métamorphosera en Cheval Blanc portant le nom de Kalki. Et il détruira le Monde Actuel grâce à son Epée de Feu. ».
Vers 450, l’Empire de Skandagupta est brutalement menacé par des hordes de Huns de plus en plus hostiles. En effet, conduits par un Attila qui vient tout juste de reculer devant les Romains, il les voit franchir les Frontières de son Royaume. Il essaye aussitôt de les faire reculer alors qu’il se trouve en proie à de graves difficultés intérieures : il doit également combattre les ambitions de ses frères, et en particulier celles de l’héritier légitime, Puragupta.
Or, en 455, certaines petites souverainetés ou quelques républiques tribales du Nord-Ouest de l’Inde constituent toujours l’un des plus forts remparts contre les invasions. Aussi, lorsque les Huns pénètrent définitivement en Inde, l’ambition des Gupta révèle ses effets désastreux : aucune résistance efficace n’est opposée aux envahisseurs, qui parviennent aisément à forcer le passage, et s’attaquer à la vallée du Gange.
Ces Huns Hephthalites, ou Huna, qui sont désormais en Inde, sont des Barbares nomades d’Asie centrale ; ils pillent et saccagent tout sur leur passage. Ils gouvernent en vice-rois d’un souverain plus puissant. Leur domaine s’étend de la perse au Khotan, en Chine, et leur capitale est Bamiyan, en Afghanistan. Le premier roi Hun d’importance qui règne en Inde est Toramana. Son fils, Mihirakula, qui lui succède, représente aux yeux des Indiens le parfait « barbare » : c’est un homme aux manières rudes, un iconoclaste qui prend plaisir à détruire les monastères Bouddhistes. Les Gupta lui résistent et parviennent à le refouler vers le Cachemire. C’est là qu’il meurt bientôt.
En 465, les Huns ont détruit l’espoir de rétablir un Empire unique dans ce pays et inauguré une période d’insécurité au Nord. En 470, après la mort da Skandagupta et les conflits familiaux qui s’ensuivent, ils mettent fin au règne brillant des Gupta. Et, ils font face à une dépréciation de la monnaie et une indépendance grandissante des vassaux.
Avec les Huns parviennent en Inde des nomades d’Asie centrale, qui remettent en question l’équilibre de la région. Ils déplacent ainsi les tribus du Rajasthan au Nord-Ouest, prennent bientôt leur place, et finissent par se convertir, à leur tour, à l’Hindouisme.
Les Huns ne s’aventurent pas davantage vers le Sud du sous-continent, et n’atteignent pas les autres puissances régionales de celui-ci : les Calukya de Bâdâmi, les Pallava de Kanchipurana et les Pandya de Madurai. Ainsi, les cultures – Dravidienne – de ces dernières ne sont pas touchées. Elles peuvent ainsi s’épanouir par l’organisation d’un système de castes et des rites védiques qui remontent à l’époque de la rédaction des Védas. Et elles s’illustrent bientôt par l’utilisation d’une langue dérivée du Sanskrit, et issue des antiques parlers Aryens.
18 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 590 - 595
En 10, en Grande-Bretagne, la tribu des Catoucllauni part en guerre contre le clan des Tribonanes. Elle le vainc assez rapidement ; elle occupe dès lors la région de Camulodunum. Son chef – Tasciouanus – s’empare de sa cité principale. Après sa mort, son fils Corbelin transforme celle-ci en capitale du plus fameux royaume du Sud de l’Angleterre. Le nouveau monarque apprend que l’importante ville de Cavilla Atrebatum a été envahie par les Atrebates. Et il décide de les en chasser, et de s’y fixer.
En 40 également, l’Empereur Tibère entretient depuis longtemps d’excellentes relations avec les peuples de Grande-Bretagne. Mais, deux ans plus tard, avec l’arrivée au pouvoir de Claude, la situation change. En effet, celui-ci considère désormais que leur politique dans le Sud de l’île est trop agressive, et aimerait renforcer la sécurité de la gaule Continentale. D’autant plus que des rapports de ses commandants le préviennent que Caracturus et Togodomnus – les fils de Cunobalin – commencent à menacer ses alliés – tels que Vérica et ses mines. Et il décide d’y envoyer une de ses armées pour éviter qu’une guerre civile n’y éclate.
Ainsi, en 43, les Légions de Claude débarquent en Angleterre. Commandées par Plautius, elles s’emparent tout d’abord de Camulodonum. Elles s’en prennent ensuite à l’agglomération de Cavilla Atrebatum ; puis, l’offrent au Souverain client de Rome, Cogidubnus. Sous les ordres de Ciralis, elles réduisent les Brigantes du Nord de l’Angleterre ; et sous ceux de Frotin, les Silures du Pays de Galles. Plus tard encore, elles fondent le bourg de Londinium. Elles s’avancent à l’intérieur de toutes les contrées se trouvant au Sud des fleuves Humber et Sevron. A l’issue de la bataille de Medway, elles transforment celles-ci en une seule et unique Province Romaine. Elles y détruisent en partie le site Sacré de Stonehenge. Car elles craignent qu’ils puissent éventuellement servir de siège à des réunions politiques, de point de départ d’une révolte. Et elles font en sorte qu’il ne soit plus en mesure d’être utilisé en tant que lieu de Culte.
En 50, Claude décide de fonder une nouvelle Colonie à proximité de l’ancienne cité de Conobelin : celle de Claudia Vitrincensis. Puis, il déclare celle-ci capitale militaire et administrative de la totalité de la province. Il agrandit les établissements installés au centre de la ville de Londinium. Il conclut des traités avec les populations Celtes qui l’entourent. Et il persuade les Ireniens, pour que leur contrée devienne un Etat client de Rome.
Puis, en 55, il accorde au roi des Catovillauni – Tacioranus -, le droit de fonder une cité, Veralamium. Tout en lui octroyant la possibilité de conquérir Camulodunum et ses environs, s’il consent à se mettre aussitôt sous la tutelle de Rome.
Or, peu à peu – et surtout à partir de 60 -, les Romains ont un comportement de plus en plus arrogant vis à vis des populations locales. Souvent, ils humilient leurs alliés en public. Un jour, sans prévenir ceux-ci, ils tentent – sans succès – de prendre pied sur l’île Sacrée de Mona. Quelques uns abusent de la reine des Ireniens Boudicca ; ainsi que de ses filles. Et c’est ainsi que ce peuple commence à se révolter contre ses agresseurs : conduit par sa Souveraine, il forme une armée. Il attaque les cités Romaines de Camulodunum, de Londinium, et de Veralamium ; qui sont incendiées. Il rétablit le culte du dieu Guerrier Camulos Il s’empare de la ville de Cambodurium. Et, finalement, il y détruit son Temple destiné à honorer l’Empereur Claude.
Toutefois, dès 61, Claude expédie l’élite de ses Légions sur l’île, et 10 000 de ses meilleurs soldats débarquent bientôt sur ses plages. Ceux-ci entament alors une campagne de répression contre les Ireniens. Ils défont ensuite les 8000 d’entre eux qui sont toujours insoumis. Ils s’emparent de Camulodunum. Ils en font un avant poste dont la vocation est de protéger cette rive de la tamise. Puis, sur ordre du nouvel Empereur Trajan, ils reconstruisent Londinium. Trajan la déclare capitale de la province ; et en guise de pardon aux insurgés, il leur accorde le droit d’y élever un Sanctuaire Druidique.
De fait, à partir de ce moment là, Londinium acquiert une importance commerciale primordiale. Elle met en place un réseau routier très élaboré lui permettant d’être en contact constant avec les villes situées sur la côte. Elle se met à coloniser la plupart des estuaires qui s’aperçoivent dans ses environs. Elle commence à bâtir des zones portuaires offrant la possibilité à ses navires, de traverser la manche, mais surtout, d’atteindre le Rhin, la seine, la loire, et la garonne. Et, elle envisage l’érection de petits Temples, et d’établissements thermaux.
En 65, les Brigantes habitent le Nord de la grande-Bretagne. Ils font partie d’une puissante fédération de clans ; ils en sont ses représentants les plus influents. Et ils sont toujours demeurés neutres et pacifiques à l’égard des Romains.
Or, depuis peu, leur reine Cartimandra est obligée de se montrer de plus en plus hostile à leur égard. En effet, de la même manière que son époux Venutios, il lui est désormais difficile de tolérer cette neutralité ; car ses sujets la poussent à rejeter la tutelle Impériale. Même s’il lui paraît difficile de rompre définitivement avec les conquérants. Et, s’en rendant compte, en 70, les Brigantes l’accusent de lâcheté, puis, la destituent.
Poursuivie, Cartimandra est alors contrainte de s’enfuir vers le Sud. Elle franchit la frontière qui sépare son royaume de l’Empire. Elle est sauvée par le Général Romain Frontinus. Celui-ci profite de la guerre civile qui règne chez les Brigantes, pour intervenir : il envahit leur contrée en 71. Jusqu’en 74, il les affronte à plusieurs reprises au cours de batailles particulièrement violentes. Progressivement, il parvient à contrôler la majeure partie de leur pays. Il y anéantit les derniers foyers de résistance. Et, finalement, il consolide l’organisation de ce qu’il considère comme une nouvelle Province Romaine ; tout en donnant l’occasion à Cartimandra de réintégrer ses fonctions.
Mais, Frontinus n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin : quelques mois plus tard, il prend la direction de l’Ouest. Il pénètre chez les Silures. Il conquiert la totalité du Pays de Galles. Il écrase le clan des Ovodices. Il songe un temps à débarquer en Irlande. En cours de route, il fonde les cités d’Isca, de Deva, et d’Aquine Sulis. A proximité de sources d’eau chaude, il érige des thermes. Il élève des Sanctuaires consacrés à la déesse Celte Romanisée Sulis/Minerve. Et c’est ainsi qu’il porte la frontière de l’Empire jusqu’en Calédonie.
C’est pour cette raison que, dès 77, de nombreux Bretons décident d’émigrer en Armorique. Ils abandonnent ainsi derrière eux leurs lieux de culte consacrés à Diancecht – leur dieu Médecin -, et au fils de Brigit et de Dagda, Mac Od – leur dieu de la jeunesse. Et, lorsqu’ils arrivent de l’autre coté de la manche, ils changent leurs noms, pour celui de Grannos – et l’associent aussitôt aux sources thermales, et pour celui de Bélénnus le Flamboyant.
En 82, Agricola achève la conquête du Nord de l’Angleterre : il franchit la ligne Clyde-Forth et envahit l’Ecosse. Et lors d’une violente bataille dans les monts Grampians, les guerriers Pictes, malgré leurs prouesses, sont mis en pièces par les soldats du gouverneur.
En 85, à l’époque où les Romains s’installent plus ou moins définitivement à l’intérieur des terres des îles Britannique, ceux-ci modifient le nom d’un certain nombre de villes conquises. De fait, celui de la cité Celtique de « Lhyndon » - qui signifie « cité des Bois » -, se transforme en « Londinium ». D’ailleurs, c’est à cet endroit que quelques années plus tard, ils fondent un Temple dédié à Mithra et à ses Mystères.
En 95, la cité d’Aquae Sulis se transforme en important centre religieux : des Sanctuaires environnés d’établissements thermaux y sont érigés. Tandis que des agglomérations telles que Londinium, Camulodunum, Verulamium, Calleva Atrebatum, ou Eburacum, ne sont plus considérés comme des oppidums par les populations locales : elles passent en effet à l’état de villes.
Malgré tout, le calme qui règne à ce moment là en Grande-Bretagne, ne dure pas très longtemps : dès 98, les groupes ethniques vivant dans le Nord de l’Ile deviennent de plus en plus agressifs à l’égard des Romains. Et la situation s’envenime à tel point, qu’ils obligent le nouvel Empereur – Hadrien – à réduire l’extension territoriale de son Empire en Angleterre. Bientôt, celui-ci prend donc la décision de construire un mur entre le Sud et le Nord de l’île. Il l’étend du Solway Firth à l’embouchure de la tyne. Et il le consolide à l’aide de fortifications flanquées de garnisons de Légionnaires aguerris.
Parallèlement, la même année, un terrible incendie ravage la cité de Londinium. Et son Sanctuaire dédié à Mithra est détruit.
Inde, Ier siècle :
En 35, Kujula réalise l’unité des Yuezhi, un peuple indo-européen chassé du Tarim par les Huns, et fonde la dynastie Kushâna. Puis, en 48, Kujula meurt tandis que son Empire s’étend désormais au-delà de l’Indû-Kûsh. Dès lors, son successeur, Vîma, agrandit les possessions du royaume jusqu'à Mathura.
De plus, c’est à la même époque que la route maritime entre l’Inde et l’Egypte devient une voie importante pour le commerce oriental, concurrençant ainsi les routes terrestres passant à travers l’Iran et l’Asie centrale.
En 51, c’est le célèbre Poète Valmaki qui est le premier, depuis un millénaire, à s’intéresser au Ramayana. De fait, il commence par se pencher sur les Textes disparates qui le composent. Il se met à étudier avec minutie les Récits qui ont été retranscrits au cours des siècles précédents par des auteurs anonymes. Il exploite un certain nombre de fonds Légendaires existant, selon lui, depuis le VIIème siècle avant notre Ere. Il traduit ceux-ci en Sanskrit, avant de les rassembler à l’intérieur de sept Livres. Il divise chacun de ces derniers en 24 000 strophes et en 650 Chants. Et, finalement, grâce à eux, il se rend compte que le Ramayana est basé sur une Réalité Historique Mythifiée datant du XVème siècle avant J.C. ; c’est à dire, de l’Epoque où les Aryens ont envahi et se sont installé dans la vallée de l’Indus.
Et il marque : « Rama eut un Destin Héroïque et Divin. Fils du roi d’Ayodhya, Dasaratha, il vécut toute sa jeunesse dans la cité de Koshala. Puis, devenu jeune homme, il remporta un concours au cours duquel il dut bander un arc Magique. De ce fait, il réussit à conquérir le cœur de la belle Sita. Malheureusement, il fut aussitôt écarté de la succession au trône : sa belle-mère intriguant contre lui, il fut en effet obligé d’abandonner son Royaume à son demi-frère Bharata, et dut s’exiler avec Sita.
Au cours de son errance, Rama affronta de nombreux Démons « Raksara ». Il combattit ensuite leur Souverain, un Dragon appelé Ravana, après que celui-ci ait enlevé Sita et l’ait emmené dans son Repaire de Lanka. Ce fut d’ailleurs pour cette raison que Rama s’allia avec le Roi des Singes Sugriva, qu’il réalisa plusieurs exploits pour lui ; chassant notamment ses ennemis de la ville de Kishkinda. Il parvint à localiser le lieu de détention de Sita grâce à son nouvel allié. En sa compagnie, il engagea une bataille décisive contre Ravana, et le vainquit. Il lui demanda ensuite de construire un pont afin de franchir le fleuve le séparant de Ceylan. Il atteignit la cité, y délivra Sita, mais lui fit subir une ordalie par le feu afin de la purifier ; puisqu’elle avait vécu un long moment chez un autre que son mari. Sita en sortit indemne, elle et son époux purent rentrer triomphalement à Ayodhya, et Rama put y reconquérir son trône. ».
En 62, les Huns installés au Pakistan Septentrional depuis près de deux siècles, franchissent les frontières de la bactriane. Aussitôt, l’une des tribus les plus influentes – celle des « Kusana » - profite de la situation pour soumettre les autres Clans qui composent sa Population. Grâce à son autorité nouvellement établie, son chef Kujula – ou, autrement dit, « Kadphises » - parvient très vite à conquérir la totalité du territoire de la bactriane. Et, finalement, il réussit à renverser les Monarques Parthes qui le gouvernent.
En 70, après avoir fini de soumettre la bactriane, Kadphises II – le fils de Kadphises – pénètre dans la vallée de l’Indus. Il y vainc les Scythes et les Souverains néo-grecs qui se la partagent. Il poursuit son avancée et envahit l’Afghanistan. En quelques mois, il prend le contrôle de sa capitale, Sirkap. Et, là, il fonde la dynastie Royale des Kusana.
C’est à partir de ce moment là que Kadphises II décide de propager la doctrine Bouddhiste du Mahayana – qui a jusqu’alors uniquement prévalu en Inde du Nord – dans toutes les Provinces de son Empire. Ainsi, il lui permet de se diffuser au Tibet et en Mongolie. Il envoie des Missionnaires Bouddhistes en Chine et au Japon. Et il crée des Sanctuaires ornés de tableaux représentant des Démons Terrifiants, et dédiés aux « Chapeaux Jaunes », un peu partout sur son sol.
Puis, en 78, Kadphises II offre le trône de Bactriane à son fils Kanisha. Quelques mois plus tard, le Souverain décède, et il lui succède. Aussitôt, il fait en sorte d’installer son Administration à Sisurkh. Peu après, il décide d’étendre son emprise sur le Turkestan Oriental et toute la vallée du Gange, et y parvient. Il a ensuite la sagesse de maintenir de bonnes relations avec son nouveau voisin : Sandrakottos du Royaume de Palimbothra. Parallèlement, il encourage ses nouveaux sujets à se convertir au Bouddhisme Mahayanique ; sans toutefois le leur imposer. Il érige plusieurs Stupas et quelques Sanctuaires Bouddhiques dans les principales villes de la région ; c’est à dire, à Jamalpur, à Saptarisi, à Kankali, à Yasa, à Bhutesar, et à Katra. Il permet à d’autres Religions comme le Sivaïsme, d’exister dans son Pays. De ce fait, il autorise les Brahmanes – qui ont été en défaveur auprès des Souverains Maurya – d’être rétablis dans leurs fonctions Impériales. Il déclare la cité de Mathura, Ville Sacrée du Culte « Krisanaïte ». Et il lui donne l’occasion de se transformer en lieu de pèlerinage, tout en lui donnant le titre de « Centre Politique Majeur ».
Il exige également que le Sanskrit soit employé lors de la rédaction de n’importe quel document – officiel ou non officiel. Il encourage ainsi une véritable renaissance de la littérature Sacrée et Profane. Il appuie l’Art Ghandarien qui commence à se développer dans la vallée du Swat. Il consent d’ailleurs à ce qu’il se déploie dans des sites Sacrés comme Saidu Sharif, Panr, ou Butkara. Il concède que leurs Stupas de forme circulaire richement ornés de sculptures, entourent leurs 200 Monuments Bouddhiques. Mais, peu après, il ordonne à ce qu’ils soient intégrés aux Sanctuaires Mahayaniques. Et, il exige que des niches, des moulures représentant l’image anthropomorphique de Bouddha, des faux piliers, et des escaliers, y soient déployés.
En 99, un art hellénisé se développe dans le Nord-Ouest de l’Empire Kusana. En effet, jusqu’alors, les artistes n’ont représenté les grands événements de la vie de Bouddha, que par des symboles. Mais, sous l’influence de l’art hellénisé de l’ancien domaine Séleucide, apparaît désormais un Bouddha aux traits occidentalisés, habillé d’un lourd manteau monastique très proche des étoffes grecques.
Deux techniques sont utilisées : la sculpture directe et l’art du stuc peint. Ce dernier se développe surtout là où sont les Temples en grand nombre, comme à Taxila, et dans les monastères que la générosité des zélateurs laïcs permet d’édifier. Plus au Sud, dans le domaine kusana, l’image anthropomorphique de Bouddha apparaît également dans un art où dominent, par contre, les caractères indiens.
Chine, Ier siècle :
En 29 avant J.C., Liu Xiu, le descendant légitime des Han, triomphe des rebelles et des autres prétendants. Mais, parallèlement, la puissance des Wang redevient prépondérante avec Wang Mang. Et fort de l’appui des confucéens, celui-ci est nommé Empereur en 6.
En 9, Wang fonde la dynastie des Xin. Pour célébrer l’ascension de celle-ci au Trône, il fonde nombreux Sanctuaires. Il y élève plusieurs Edifices à l’intérieur desquels il souhaite officier au son de Musiques Cérémonielles, et, où il désire promulguer un certain nombre de Principes Vertueux.
Mais son règne est marqué par un grand nombre de rebellions contre sa tyrannie : en 18, les « Sourcils Rouges », des paysans de Shandong, se soulèvent, bientôt rejoints par les paysans d’autres provinces et les partisans de l’ancienne dynastie. Wang Mang ne peut réagir, et la guerre tourne à l’avantage de Liu Xiu, dont les troupes prennent Chang’an en 22. Wang Mang est tué dans les combats. Un moment, les princes de Han se disputent le pouvoir. Puis, en l’an 25, Liu triomphe définitivement, fonde la dynastie des Han postérieurs – ou, « Han de l’Est », avec Luo Yang pour capitale, et prend le nom de règne de Guangwu Di.
De fait, Guangwu Di transfère très vite le siège de son Pouvoir vers le Levant. Il s’installe à Luoyang avec toute sa Cour. Il étend bientôt le noyau de sa nouvelle Métropole jusque sur les vestiges proches d’une Ville beaucoup plus ancienne : Changzhou. En 27, il fait mentionner les batteries de pilon dans quelques uns de ses Textes officiels. En 28, il ordonne de creuser une petite grotte artificielle sur les pentes du Mont Ling, et tout près de l’agglomération de Mancheng. Il demande que celle-ci soit accompagnée de bâtiments ornementaux. Il commande qu’y soit érigé un Tumulus. Au cœur de ce dernier, il exige que soit déposé un énorme cercueil, puis, cinq capules emboîtés les uns dans les autres. Il réclame qu’ils soient décorés de motifs polychromes tels que des nuages flottants stylisés, des thèmes animaliers et végétaux noirs, rouges, ou vermillon. Il veut qu’ils soient enrichis de peintures illustrant la cosmogonie et la philosophie Chinoises .Et, enfin, il explique que c’est à cet endroit qu’il ambitionne d’ètre inhumé en compagnie des principaux personnages de son Aristocratie.
En 30, des raisons plus militaires qu’économiques poussent les Han vers l’Ouest : ils y recherchent à la fois des alliances contre les Barbares toujours prêts à ravager leurs frontières du Nord et de l’Ouest, et des chevaux rapides et résistants ; les chevaux du Ferghana, qui leur permettent de réagir avec efficacité contre ces mêmes Barbares.
La mission la plus célèbre est celle de Zhang Qian, ambassadeur de l’Empereur Han Wudi, chargé à ce titre d’aller conclure une alliance avec les Yuezhi contre les Xiongnu. Parti en 38 de la frontière occidentale du Gansu et se dirigeant vers le Sud-ouest, il traverse le Ferghana et entre dans le Koland ; puis il parvient en Bactriane vers 40 et y trouve des bambous et des vêtements du Sichuan, arrivés là par une voie du Sud. Il repart un an plus tard et rejoint la ville de Chang’an en 43, sans être parvenu cependant à réaliser l’alliance souhaitée.
Pourtant, de nombreuses caravanes s’organisent. Partant de Chang’an dans un but commercial, elles se rendent au Ferghana afin de se procurer des chevaux. Des expéditions marchandes se dirigent aussi vers le Sud-ouest pour trouver cette fameuse route du Sud dont Zhang Qian a fait mention à son retour. Mais aucune d’elles n’y parvient, car elles sont très souvent attaquées par les brigands tibétains qui vont revendre à leur profit sur les marchés asiatiques les étoffes et les bambous de la région de Sichuan.
Quelques années plus tard, malgré tout, le général chinois Ban Chao réussit à imposer une véritable « pax sinica » sur toute l’Asie centrale. Après avoir reconquis tous les oasis de Mongolie en 48, du bassin du Tarim jusqu'à Kashgar, il se donne pour mission de soumettre définitivement les Barbares de l’Ouest, en levant dans les royaumes alliés ou vaincus les troupes qui lui permettent de battre le contrées rebelles. Il progresse ainsi vers l’Ouest : après avoir conclu une alliance avec les Kusana et soumis toutes les oasis, il devient « gouverneur général des Han en Asie centrale » et réside alors à Kucha.
En 52, un Architecte ayant participé à la construction du Mausolée de Gang Wudi retourne à Mancheng. Ensuite, il se rend aux abords du Tumulus Impérial. Il tente de s’y introduire afin d’y dérober les Trésors qui y ont été installés. Et, ce n’est qu’au retour de son périple, qu’il ose marquer :
« L’entrée du Tombeau était barrée par des grilles scellées entre deux murs de brique. Nous les ôtâmes. Nous pénétrâmes avec stupéfaction à l’intérieur de deux extraordinaires Palais souterrains. Nous aperçûmes le Caveau du Prince Jin de Zhongshan, Liu Sheng. A ses cotés, nous notâmes la présence du sarcophage de la princesse Dou Wan ; son Epouse. Nous comprîmes que nous nous tenions devant les Cercueils de nos anciens Monarques. Nous nous rendîmes compte que ces derniers étaient enveloppés dans des suaires de jade. Puis, enfin, derrière eux, nous discernâmes deux galeries latérales. Et, nous y vîmes des maquettes de bois reproduisant le Palais Terrestre des défunts. ».








































