12 août 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 910 - 915
En même temps, les questions de financements prennent une nouvelle dimension. La couronne est au-dessus du roi, qui, lui même, ne doit rendre des comptes qu’à Dieu et à la « communauté du royaume ». Les règles de succession doivent être fixes et stables, les finances saines, et les lois justes.
A la même époque, aussi, le mathématicien et philosophe Nicole Oresme rédige un traité, « De la monnaie », où il affirme que les ressources propres du souverain doivent être distinctes des finances publiques, et que la monnaie doit être stable. Il permet cependant des « mutations » - dévaluations – monétaires, si c’est pour le bien du royaume.
De son coté, l’expérience chrétienne, sous l’impulsion des Ordres mendiants d’abord, puis des Mystiques, s’individualise. La pratique de la prière solitaire et, dans les couches cultivées de la population, celle de la lecture des livres d’heures ou d’ouvrages de dévotion se répand. A la crise qui secoue la société en tous sens, ses différentes composantes répondent par l’affirmation et l’approfondissement de leur identité. Cette société mouvante, fractionnée, est sensible aux idées nouvelles : la « dévotion moderne » des clercs des Pays-Bas, l’Humanisme des Italiens, s’implantent profondément en France. Tous ces mouvements accélèrent une mutation dans laquelle l’hérésie a sa part.
En 1306, Weden Ara’ad d’Ethiopie – le fils de Yagba Zion -, envoie une ambassade d’une trentaine de personnes en Avignon. Celle-ci y rencontre bientôt le pape Clément V. Elle lui présente ses respects en compagnie de 74 rois et d’innombrables princes. Elle le prévient que les membres de l’Ordre du Temple en poste dans leur pays, préparent un plan afin de s’emparer de l’Arche d’Alliance. Et ils affirment que ceux-ci aimeraient ramener la relique dans une de leur Commanderies française.
Aussitôt, Clément V prend peur. Il réalise qu’une Relique aussi Sacrée conférerait aux Templiers de quoi défier les autorités séculières et religieuses d’Occident ; ce qu’il ne peut tolérer. Il en appelle alors à Philippe le Bel. Il lui demande d’anéantir l’Ordre du Temple ; mais sans prévenir celui-ci en ce qui concerne l’Arche d’Alliance. Et, en contrepartie, il accepte ce qu’il a refusé au roi de France jusqu'à maintenant : l’aider à récupérer les trésors que les Moines-Soldats cachant dans leurs citadelles éparpillées sur son territoire.
En 1310, malgré l’Inquisition, les Mages habitant le pays continuent toujours de conjurer des Entités Démoniaques. Par l’intermédiaire de pentacles multicolores et de fumigations, ils appellent à eux des Spectres des Ténèbres, qui produisent pour eux du tonnerre, de la foudre, ou d’autres phénomènes du même genre. En énumérant les choses que ceux-ci ont faites par le passé, puis en vaporisant sur les Symboles dessinés au sol, des parfums de Coriandre et de Jusquiame, ils les font surgir sous la forme de Génies. Ils les obligent à se métamorphoser en créatures étranges et multiformes grâce essences de Calaman et de Safran, ainsi que grâce à du sperme de baleine qu’ils ont étalé sur le sol.
De fait, combinée avec la figure, chaque espèce de Diable a son arôme et son signe stellaire spécifique : Asmodée, le Destructeur, la myrrhe et le Bélier ; Astaroth, le pourvoyeur des richesses, la curiandre et le Taureau ; Belzébuth, le prince des Démons, la jusquiame et les Gémeaux ; Léviathan, le Grand Amiral, le Camphre et le Cancer ; Lucifer, le Grand Justicier, le Safran et le Lion ; Moloch, le Prince du Pays des Larmes, le bois de Santal et la vierge ; Nergal, l’œil qui voit tout, le Calbanum et la balance ; Orias, le Démon des Astrologues, l’Opopanax et le Scorpion ; Satan, le Démon de la discorde, le bois d’Aloès et le Sagittaire ; Abaddon, l’Ange Exterminateur, la menthe et le Capricorne ; Abigor, le Démon de la désobéissance, l’Euphorbe et le Verseau ; et Asmodée, le Démon de la luxure, la gomme d’Ammoniaque et les Poissons. Quant aux Planètes, il s’agit de : Azazel, le prince des Exilés, la noix de Muscade et Saturne ; Baal, le Guerrier, le Sapin et Jupiter ; Béhémoth, le Démon de l’Orgueil, le Cèdre et Mars ; Belphégor, le Démon des Découvertes, le Noyer et le Soleil ; Geyrgon, le Démon des Cauchemars, le Cinnamène et Vénus ; Méphistophélès, le Démon de la raillerie méchante, le Cerisier et Mercure ; Démogorgon, le Démon de la peur, l’Encens et la lune.
Chaque Saveur et chaque Signe Céleste a un rôle important dans les préparations incantatoires des Mages.
A cette époque, les Mages savent également évoquer les Mânes Fangeuses. Ils emploient pour cela une technique dérivée. Or, celle-ci est beaucoup plus dangereuse : elle permet en effet d’entrer en communion avec des Espèces non humaines dont l’habitat se situe hors de l’Espace et du Temps ; mais, à l’aide de « Carrés Magiques ». Et voici ce qu’écrit l’un d’eux qui a tenté l’expérience : « Je préparais ces deux Carrés spécifiques il y a plus de 90 ans :
492 276 618 834
357 951 et 753159
816 438 294 672
Je me souviens que, bientôt, ma maison se remplit de quelque chose qui ressemblait à une obscurité presque tangible. Cela m’obligea à allumer ma lampe dans une pièce d’ordinaire très lumineuse ; en même temps, ma terrasse se peupla d’ombres que je ne pus distinguer correctement. ».
Plus loin : « Je connus ensuite un certain nombre d’hallucinations extraordinaires. Elles étaient, bien sûr, irréelles, mais d’une nature si terrifiante et si vraisemblable, qu’à un moment, je fus obligé de sauter d’une fenêtre élevée sur le sol en contrebas. »
Et plus loin encore : « Ces hallucinations se répétèrent alors toutes les nuits de pleine Lune ; elles se prolongèrent sur une durée de plusieurs mois. A chaque fois, elles commençaient assez doucement, par de vagues sensations de frayeur, ou par le vague sentiment que quelque chose de monstrueux et de sale rodait alentours. Puis, l’entité se manifestait ensuite sous différentes formes. Elle m’apparaissait d’abord en ayant l’apparence d’un personnage barbu – pas vraiment déplaisant - ; il avait de longs cheveux grisâtres. Elle se transformait peu après en grand serpent rouge pour s’enrouler autour de moi. Parfois aussi, elle se métamorphosait en une créature dont les cheveux étaient parsemés de tètes de reptiles. J’avais le sentiment, à cet instant précis, qu’elle avait l’intention de tout écraser sur son passage. ».
Les Mages traitent également dans leurs ouvrages de la « Kabbala » ; qui signifie littéralement « Tradition ». Ils la désignent sous la forme d’un dogme biblique – à l’exception du Pentateuque » rattaché à la pratique religieuse. Ils supposent qu’elle désigne – de manière orale ou écrite – un système inédit à étudier attentivement.
Grâce à leurs Livres, ils sollicitent également parfois des Esprits Elémentaires assez inoffensifs ; tels des Elfes, des Nains et des Lutins. Mais, même pour appeler ces derniers à leurs cotés, ils recommandent bien de dessiner un Cercle de Protection à leur intention sur le sol. Car, en effet, parfois, ils peuvent, subitement et inexplicablement, devenir très violents.
Les Mages ont en outre l’Art de façonner des objets chargés d’ondes bénéfiques ou maléfiques : la « Corne d’Exorcisme », qui est une amulette protectrice ; le « Cachet d’Ivoire », dont le manche est sculpté afin d’avoir l’apparence d’une tète de mort supportée de trois ferrures – il agit pour repousser les Ombres dans l’Au-Delà - ; des œuvres picturales, telles « la ronde de Sabbat » - avec ses colporteurs aux déplacements insolites et vendant à ceux qui les côtoient des livrets aux propriétés inquiétantes -, « Cauchemar », ou « Tentation » - où un Mage est assailli par une multitude de Démons -. Ces dernières dévorent les Ames Damnées en prononçant devant elles des formules spécifiques. Il y a encore le « Collier des Vivants » ou « l’Anneau de Gygès », qui ont le pouvoir de rendre invisible celui qui les porte ; et, enfin, « la robe Noire », qui est insensible aux flammes et qui ferait vivre son détenteur au moins 200 ans.
Les Mages connaissent aussi le moyen de nouer deux personnes entre elles par le poison, les collyes, les onguents, les philtres, les nœuds et les charmes. D’ailleurs, chaque homme vivant dans les lieux environnant leur domicile, qu’il soit paysan, seigneur ou ecclésiastique, vient régulièrement leur demander leur aide. Enfin, ils sont habiles pour exercer leur influence sur les pensées des individus les plus faibles, ou pour faire plier leur volonté.
De même, à cette époque, les comètes et les éclipses sont toujours tenues par eux comme des présages de calamités ou de grandes révolutions. Lors de ces phénomènes, ils s’imaginent en effet apercevoir dans le ciel des armées fantômes provoquant un vacarme surnaturel. Ils tiennent les tempêtes ou les ouragans pour l’œuvre de mauvais Génies dont la rage se déchaîne contre la terre. Ils y voient également à ce moment là les âmes sortir de leur séjour invisible et se montrer autours de leurs tombeaux et dans des lieux inhabités. Celles-ci surgissent toujours à des dates fixes de l’année : le 2 Février, le 30 Avril, le 23 Juin – veille de la saint-Jean -, et le 31 Octobre – en souvenir des Druides -. Ils voient dans les Croix formées parfois par les nuages le Symbole de l’Infinie Etendue.
Les Mages sont enfin experts pour manipuler la volonté d’une personne possédée par un Esprit Extérieur. Grâce à des formules lues à haute voix, ils peuvent ainsi prédire un avenir proche ou lointain à ceux qui viennent les consulter, tandis qu’elle est sous l’emprise du Démon. « Car, marmonnent t’ils lorsqu’ils parlent entre eux de cette manière de lire le futur, cette méthode est infaillible depuis Sumer et Babylone ; mais il faut posséder une poupée de glaise représentant symboliquement l’être humain à interroger lorsqu’il est dans cet état de transe. ».
« Le plus étrange pourtant, se disent t’ils, c’est que lors de ce genre d’exorcisme, le possédé vomit régulièrement. Au cours de l’épreuve, il recrache sans cesse des aiguilles, des clous, ou d’autres objets bizarres. ».
Car, pour les Mages, le métal avec lequel ces derniers sont fabriqués est le Symbole de Mars, l’ancien dieu de la guerre. De plus, c’est le matériau ambigu par excellence ; il permet de chasser les Démons bien qu’il soit proscrit pour les usages sacrés de la religion. Par contre, il est également le vecteur qui éloigne les Entités Surnaturelles parce qu’elles sont des Créatures appartenant à un Monde différent du notre. Il les repousse, et peut même, dans certains cas, les renvoyer d’où elles viennent.
En 1324, un Mage anonyme écrit : « Il est dangereux de divulguer nos Enseignements Secrets, ou de les confier à des coptes mal préparés. C’est pour cette raison que le Seigneur n’a révélé ces Mystères qu’à une minorité de personnes ; et uniquement à celles qui sont à même de les comprendre.
D’ailleurs, il est marqué au cœur des Ecritures qu’il est fondamental de dissimuler ces Enigmes indicibles et Sacrées. Il est nécessaire de les soustraire au vulgaire. Il est important de laisser dans l’ombre la sainte unité de cette Intelligence qui n’appartient pas à notre Monde. Prenons garde que quiconque ne l’entende de la bouche de ceux qui ne sont pas des Initiés. La prudence nous incite donc à munir nos ouvrages remplis de formules d’une serrure. Parce que, si un profane en ouvrait un et le consultait par mégarde, il en résulterait des conséquences aussi inattendues que destructrices. ».
Plus loin : « Pour se servir de certains Rituels, le Mage doit prononcer le nom de Dieu dans des langues anciennes. Il doit ainsi employer des Mots et des Symboles Hébreux, Grecs et Latins. Il doit également utiliser en priorité les quatre Lettres inscrites sur la croix du Golgotha ; le tout, mêlé aux noms des principaux Esprits de l’Univers. ».
Plus loin encore : « Nos formules magiques sont tout ce qui reste de l’Epoque où l’Homme était tout près de Dieu. Nous sommes, en fait, ses derniers Soldats sur Terre. ».
En 1328, à la mort de Charles IV, les Capétiens n’ont plus de successeur direct. Le prince Edouard – futur Edouard III d’Angleterre -, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère Isabelle et, à ce titre, héritier le plus proche du trône de France, est un Anglais. Aussi, la noblesse française l’écarte t’elle au profit d’une branche collatérale : Philippe VI de Valois est proclamé roi de France. Edouard lui prête d’ailleurs hommage en 1329 ; mais la rivalité entre les deux pays s’aggravant en Guyenne – le duché d’Aquitaine -, l’Anglais décide, en 1337, d’user d’une arme nouvelle et réclame son héritage, le royaume de France.
Par ailleurs, par son père, Philippe d‘Evreux, et par sa mère Jeanne – fille de Louis X -, Charles, roi de Navarre, est un prince français d’ascendance royale : celle-ci lui donne des droits sur la couronne de France, en cas d’extinction de la branche des Valois. Aussi Charles épouse t’il la fille du roi de France Jean II le Bon, et n’hésite pas bientôt à s’allier aux Anglais pour nuire à la famille régnante.
Les souverains français et anglais préparent l’affrontement à coup d’alliances fort coûteuses. Le combat s’engage en Juin 1340 dans le port de l’Ecluse, en Flandre, et se solde par la destruction de la flotte française. Après ce triomphe, Edouard III adopte la stratégie de la « chevauchée », ou « raid de cavalerie ». Utilisant des complicités locales en Bretagne et en Normandie – comme celle de Charles de Navarre, dit « le Mauvais », un ennemi des Valois qui possède de grands domaines normands -, les Anglais débarquent sur le sol français ; puis, après leurs pillages, ils regagnent sans encombre l’Angleterre, grâce à leur supériorité maritime.
Les Français, de leur coté, sont d’abord confrontés de 1338 à 1345 à une révolte à Gand ; celle-ci, menée par Jacques Van Artevelde, conjugue politique et lutte des métiers. Artevelde s’appuie en effet sur les tisserands de la ville pour mener le soulèvement, mais périt quand il veut échapper à leur emprise. Puis, une fois cet épisode dramatique terminé, forts de leur nombreuse armée, ils choisissent d’intercepter les Anglais ravageant leurs terres et de livrer bataille.
Cette tactique entraîne deux désastres, Crécy et Poitiers. Les troupes anglo-gasconnes – la gascogne est depuis longtemps sous domination anglaise – sont constituées de « retenues », des professionnels bien entraînés et bien armés. L’ost français, au contraire, compte surtout des levées féodales, sans cohésion ni discipline. A Crécy, en 1346, la chevauchée d’Edouard III cherche un port quand, rejoints par Philippe VI, les Anglais mettent pied à terre et, couverts par les archers gallois, attendent la chargé ; les Français sont écrasés sous une pluie de flèches.
Après sa victoire, Edouard III met le siège devant Calais, mais la ville lui résiste pendant près d’un an. Fou de rage, le roi jure que, dès que la ville sera prise, il passera ses habitants au fil de l’épée. Calais se rend le 4 Août 1347. Edouard exige alors que six des plus riches bourgeois lui apportent les clés de la ville, en chemise, pieds nus et la corde au cou pour être pendus. Eustache de Saint Pierre et cinq autres notables se sacrifient. Mais la reine Philippa de Hainaut intercède en leur faveur et fléchit son époux, qui épargne les bourgeois. La ville, vidée de ses habitants, est alors peuplée d’Anglais.
A Poitiers, en 1356, les Gascons du prince de Galles, le fils d’Edouard III, surnommé « le Prince Noir », affrontent de nouveau les charges des chevaliers français sous la protection de leurs archers : près de 6000 soldats français sont tués – alors que, du coté anglais, la perte s’élève seulement à 2400 hommes ; les Français sont décimés et le roi de France Jean II le Bon, est fait prisonnier.
Grâce à cette victoire de Crécy, Edouard III prend Calais en Août 1347 et s’assure ainsi une porte d’entrée en France.
Or, la première « vraie » peste, venue d’Orient, frappe la france, puis l’Europe à partir de 1348. Maladie du rat, transmise par piqûre de puce, elle touche d’abord la ville d’Astrakhan, puis les Tatars qui assiègent Caffa – en Crimée – tenue par les Génois. Ces derniers sont contaminés par les cadavres que les Tatars jettent par-dessus les remparts. Les puces, abandonnant les corps dont la température descend au-dessous de 28°, se mettent alors à piquer les défenseurs. Puis, un peu plus tard, les bateaux génois répandent l’épidémie dans le Levant.
Arrivés à Marseille, ceux-ci contaminent la ville, de là, la france, puis tout l’Occident, y compris la scandinavie et la moscovie. Elle touche aussi la syrie, la palestine et la vallée du Nil. Quelques années plus tard, c’est la population chinoise qui est décimée.
Dès lors, cette brutale disparition du « trop plein » démographique transforme profondément l’agriculture et la société rurale. Elle pose le problème de la valeur du travail : la main d’œuvre étant devenue rare, les salaires augmentent. Les paysans refusent les conditions de leurs seigneurs, n’acceptent les terrains que si les rentes seigneuriales sont abaissées, abandonnent les mauvaises terres. Les paysans plus riches se détournent des céréales et produisent pour le marché vin, légumineuses, plantes tinctoriales. L’élevage et la production de viande de boucherie progressent. Paradoxe de la période : la vie des survivants des épidémies et de la guerre est meilleure que celle de leurs prédécesseurs, leur alimentation plus riche et plus variée. Les rations des moissonneurs ou des ouvriers comprennent viande et vin à tous les repas, quand leurs ancêtres n’avaient qu’une galette arrosée de cervoise. La société paysanne se diversifie et se transforme, remettant en cause le servage et, par là, l’emprise seigneuriale. De sanglantes révoltes éclatent donc un peu partout : qu’il s’agisse des Karls de la flandre ou des Jacques de la plaine de France, elles mettent en branle les couches les plus aisées et les plus dynamiques de la société paysanne ; parfois même, des petits gentilshommes qui prétendent ensuite avoir été contraints de suivre les révoltés. Ceux-ci visent les groupes dirigeants de la société : la noblesse militaire pour les Karls et surtout pour les Jacques, exaspérés par la guerre et par les impôts énormes que celle-ci entraîne ; les juges et les administrateurs royaux, s’ajoutant à la rancœur contre les seigneurs, intensifient le servage.
Ces mouvements violents, qui s’accompagnent de massacres de nobles – femmes et enfants compris – et de destructions de châteaux, sont insuffisamment organisés. Karls et Jacques sont vaincus. Dans les deux cas, la répression est sévère. Mais, bien d’autres soulèvements, en Espagne ou en Italie, témoignent de l’instabilité d’un monde paysan en pleine mutation.
Parallèlement, l’irruption de la mort, apportée par la peste et la guerre, les mutations brusques d’une société et d’un système économique qui paraissait immuables transforment aussi durablement les mentalités. Chez les hommes cultivés et les grands, la roue de la fortune, qui abaisse soudain ceux qu’elle a élevée au sommet, devient, avec l’allégorie de la mort, dont la faux est omniprésente, l’emblème de l’époque. Chez tous, les terreurs irrationnelles dégénèrent en débordements tumultueux : après la peste, des cortèges de flagellants se répandent dans toute la vallée du Rhin et celles de ses affluents, vivant de la charité publique, se fouettant avec des cordes terminées par des clous. Boucs émissaires des terreurs populaires, les Juifs sont à nouveau victimes de terribles pogroms à la frontière espagnole. Enfin, la guerre, omniprésente avec ses « brigands » et ses « écorcheurs » et leur cortège de crimes et d’horreurs, achève de déséquilibrer les cadres mentaux.
Pourtant, la société agit avec vigueur et engendre des comportements nouveaux. A l’horreur de la guerre, la noblesse oppose l’exaltation de l’idéal chevaleresque dans le cadre des Ordres de chevalerie fondés à l’instigation des divers souverains : de la jarretière anglaise à la toison d’Or bourguignonne, en passant par l’Ordre de Saint-Michel français et l’Ordre du Dragon des Luxembourg, les élites militaires donnent un cadre à la fois moral, religieux et politique à leur existence. La bourgeoisie et les métiers affirment leur identité en fondant des hôpitaux et des associations d’entraide religieuses, en organisant de grandes fêtes et des Mystères.
29 juillet 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 845 - 851
Cette concentration d’édifices exprime la primauté des Capétiens et la richesse des villes. Car, cet essor de l’art gothique est, en effet, lié à celui des villes ; celles-ci connaissent une prospérité nouvelle. Et, dans une société profondément chrétienne, les cathédrales forment le centre de la vie urbaine. Des bourgeois aux artisans, les citadins ne viennent pas seulement y prier. Ils s’y rencontrent, organisent des réunions professionnelles, y font la fête. C’est aussi là que sont représentés les premiers « mystères », sortes de pièces de théâtre à caractère religieux. Responsables du dynamisme de leur temps, les bâtisseurs de Cathédrales multiplient donc les performances. Leurs chefs d’œuvres, toujours plus grands, témoignent de la piété de leur ville et de sa richesse. Malgré tout, la cathédrale reste entourée de tout un ensemble de constructions serrées les unes contre les autres dans un lacis de ruelles, et il est rare qu’on ait un recul suffisant pour en admirer la beauté.
C’est qu’édifier une cathédrale coûte très cher. Il faut des spécialistes expérimentés, qui sachent découper les pierres dans les carrières à la forme de l’arc ou du portail. Il faut des ingénieurs pour les appareils de levage ; des charpentiers pour échafauder les chemins de ronde, de plus en plus élevés ; des maçons pour appareiller les voûtes ; des peintres pour les vitraux ; des sculpteurs pour les statues…
L’évêque qui décide de faire bâtir, ou d’agrandir, une cathédrale sait qu’il faut faire venir toute une armée de bâtisseurs et surtout, s’assurer les services d’un maître d’œuvre éprouvé. Leurs architectes dessinent dès lors les plans d’ensemble et le détail des cathédrales. Inscrits sur le pavement de l’édifice, leurs noms y demeurent pour l’éternité. Le mouvement de construction atteint une telle intensité à la fin du siècle que, pour un chantier qui se ferme faute d’argent, un autre s’ouvre ailleurs.
L’exemple donné par les cathédrales du domaine royal, répandu dans le royaume, rayonne bientôt bien au-delà de ses frontières. La cathédrale de Trondheim, en Norvège, celle de Nicosie, dans l’île de Chypre, s’inspirent de celle de Sens. La cathédrale d’Uppsala et celle de Visby, en Suède, se réclament de Notre Dame de Paris. Dantzig, Cracovie, la hongrie, adoptent très vite la « manière française ». Et si, dans le Nord de l’Italie, les cathédrales gardent une facture byzantine, Tolède en Espagne ou Cologne en Allemagne, s’inspirent de Bourges et d’Amiens.
De leur coté, les Templiers eux aussi érigent un certain nombre d’édifices religieux. Par exemple, en 1136, ceux établis à Provins décident d’élever une église dédiée à Saint-Quiriac. Ils commencent donc par raser au centre de la cité tout ce qui reste d’un ancien temple consacré au culte d’Isis ; ils ne gardent de lui qu’un souterrain s’étendant sous la ville sur plusieurs centaines de mètres. C’est d’ailleurs là que, peu après la fin de sa construction, ils entreposent des documents confidentiels que leurs Frères ont ramené de Jérusalem une cinquantaine d’années plus tôt.
Sous Louis VII, la dynastie connaît un échec patent, en Aquitaine. En 1137, Louis VI a marié son fils à Aliénor, seule héritière de Guillaume IX d’Aquitaine. Cette union avantageuse repousse alors les frontières du domaine capétien jusqu’aux Pyrénées, y ajoutant des villes aussi prestigieuses que Limoges, Poitiers, Bordeaux, Angoulême. Mais, en Palestine, la conduite frivole d’Aliénor humilie Louis VII. En dépit des conseils de Suger, celui-ci se sépare de la reine ; le 18 Mars 1152, le divorce est prononcé sous le commode prétexte de consanguinité. Deux mois plus tard, Aliénor épouse Henri II Plantagenêt, qui hérite de l’Angleterre et de la normandie en 1154.
C’est dans ces circonstances que Philippe II Auguste monte sur le trône. Il n’a pas quinze ans. Mais il est actif, opportuniste, dénué de scrupules. Surtout, il a retenu la leçon de Suger. Dans sa « Vie de Louis VI », l’abbé de Saint Denis a en effet développé une théorie de la monarchie féodale. Le roi, suzerain suprême, est au sommet de la pyramide féodale. Il ne rend hommage à personne et exerce des droits de suzeraineté. De plus, sacré, il ne tient son pouvoir et sa légitimité que de Dieu.
Une fois cette idéologie construite, Philippe Auguste se fait reconnaître comme le souverain de tout le royaume. Sans jamais s’écarter du droit, il utilise toutes les occasions qui se présentent d’agrandir son domaine : mariage, achat, saisie d’un fief tombé en déshérence, confiscation des biens d’un vassal félon… Fin politique, il intervient dans les querelles qui opposent les princes entre eux, rendant indispensable l’arbitrage de la royauté.
Très rapidement, il écarte ses proches, sa mère, Adèle de Champagne, et son oncle, l’archevêque de Reims, Guillaume aux Blanches Mains. Puis il épouse Isabelle de Hainaut, descendante de Charlemagne, nièce du comte Philippe d’Alsace.
Dès lors, Philippe Auguste utilise sa position au sommet de la hiérarchie vassalique pour édifier une monarchie féodale. Il intervient dans la succession des fiefs, oblige les vassaux au respect de leurs obligations, généralise la pratique de l’hommage lige. Surtout, il promulgue, avec le consentement des vassaux, des ordonnances pour tout le royaume. Et, peu à peu se répand l’idée que le pouvoir royal dépasse la notion de suzeraineté, que le roi a, en vertu des engagements du sacre, le droit d’intervenir dans tout le royaume, sans autres limites que l’intérêt commun et la justice qu’il doit servir. La suzeraineté se mue en souveraineté.
Le développement de la puissance royale entraîne une transformation des méthodes gouvernementales. Le souverain se préoccupe de ses ressources, recrute vassaux, clercs et juristes pour se constituer une administration permanente et dispose d’une armée forte de 2000 à 3000 hommes, les « chevaliers de l’Hôtel », des professionnels de la guerre.
Et, après avoir perdu toutes les archives royales, le roi décide de fixer à Paris, au palais du Louvre, les principaux organes de gouvernement : archives et Trésor. La cour royale commence à siéger en sessions séparées, selon qu’elle traite de finances ou de justice.
Au niveau local, le roi veut faire surveiller la gestion des prévôts domaniaux. Il confie à des familiers une mission d’enquête temporaire, ou baillie. Ces administrateurs, ou baillis, se voient confier une circonscription à l’intérieur de laquelle ils représentent le roi. L’institution s’étend peu à peu aux territoires incorporés au domaine royal. Dans l’Ouest et le Midi, les sénéchaux ont des attributions semblables.
La féodalité favorise le développement des villes, mais n’offre pas de structures adéquates pour les gouverner. Les marchands, entrepreneurs et artisans, qui dominent la vie économique, reprennent en main le destin de leurs cités.
Ainsi naissent les « communes ». Leurs membres, associés par serment, désignent des magistrats. Face aux châtelains et aux évêques, ils imposent leur pouvoir ; au prix de luttes parfois violentes, ils obtiennent des chartes de privilèges. Le mouvement est général, même s’il ne conduit à une complète autonomie urbaine qu’en France transalpine. Du reste, les conflits subsistent. Les habitants aussi se structurent en guildes, en métiers ou en arts. Des rivalités opposent, dans des luttes sociales, le petit peuple aux bourgeois.
De son coté, Paris, où Philippe Auguste fait de fréquents séjours, amorce son destin de capitale. La cité atteint 50000 habitants. Le souverain fait enclore la ville, construit à l’Ouest la forteresse du Louvre- bastion défensif mais aussi affirmation symbolique de la prééminence royale -, fait paver les rues, transforme les halles en marché permanent.
A cette époque, la croissance agricole est à son apogée. Les défrichements sont les plus importants. Les grands établissements religieux d’Ile de France font défricher et lotissent leurs terres à des conditions très favorables, attirant autant de « colons ». Les territoires anciens sont menacés d’abandon, et les paysans possèdent un moyen de pression face à l’arbitraire seigneurial. Les seigneurs finissent par vendre des « chartes de franchises » - ou libertés – qui fixent et codifient charges et coutumes. D’un village à l’autre, d’une seigneurie à l’autre, les conditions varient. Les affranchissements individuels entraînent la quasi-disparition du servage.
Dans les villes, les bourgeois, conscients de leurs intérêts communs et de l’obstacle que constitue la contrainte seigneuriale à leurs activités, s’organisent en guildes professionnelles, ou en confréries religieuses, pour aménager les conditions d’exercice de leurs professions. Puis ils se coalisent pour réclamer au seigneur des franchises, que celui-ci leur vend très cher.
Parfois, la revendication prend un tour révolutionnaire. Les bourgeois s’unissent alors par un serment collectif, et forment une « commune ». L’expression « insurrectionnelle » de cette solidarité contre l’autorité seigneuriale choque les clercs. Le mouvement communal, limité au Nord du royaume, entre Loire et Rhin, est parfois sanglant. Mais, le plus souvent, l’autorité seigneuriale reconnaît la commune, et lui concède des franchises qui suppriment les entraves au commerce.
D’ailleurs, dans la société féodale, la ville apparaît comme un espace de liberté. Mais à l’unanimité première succèdent bientôt de vifs antagonismes entre le commun et les « meilleurs », l’oligarchie marchande. Le roi tolère ce mouvement d’émancipation urbaine. Il accorde des franchises aux villes du domaine et encourage les communes à l’extérieur. En fait, l’autonomie urbaine va à l’encontre des progrès de la monarchie. Quelques années plus tard, le souverain reprend en main les villes du royaume, leur imposant de lourdes charges financières et militaires.
Malgré cela, à cette époque, les foires de Champagne sont le carrefour commercial de l’Europe. Les six foires durent sept semaines : la première est consacrée aux préparatifs, les cinq suivantes aux ventes et aux achats, et la dernière aux règlements. Peu à peu se met en place un véritable droit, destiné à assurer la sécurité des transactions. Celles-ci sont considérables. Les ventes sont en effet bientôt si nombreuses qu’elles ne peuvent se régler au comptant. Les marchands prennent donc l’habitude de régler leurs dettes par « compensations », en transférant leur crédit d’une foire à une autre. Puis, sous l’influence des Italiens, s’élabore ensuite une technique de crédit : lettres de foire, contrats de change.
En 1160, l’antipape Anaclet, lui, se réfugie un temps à Opède. C’est d’ailleurs lui qui grave, sur les flancs d’un sentier rupestre descendant vers la fontaine du village, un carré magique – ou « polindromme » -, qui peut se lire dans tous les sens.
Quelques temps plus tard, des hommes mystérieux viennent étudier le message qu’Anaclet a laissé derrière lui. Ceux-ci sont en effet persuadés qu’il s’agit d’un message codé indiquant la position exacte du Saint-Graal dans la région.
En 1165, la population Juive met au jour une ancienne Légende relative à son pays d’origine. Selon celle-ci, en 588 avant J.C., et peu de temps avant que les troupes Babyloniennes ne pénètrent à l’intérieur du Temple de Jérusalem, l’Arche d’Alliance aurait soudainement disparu de son Saint des Saints. La relique aurait été dérobée par l’un de ses Grands Prêtres. Elle aurait été placée dans une caverne fermée, hors de la ville. Et il serait venu la rechercher une fois les événements terminés, pour l’emmener dans un autre lieu protégé.
La légende se base, d’après les Juifs qui se penchent sur son origine, sur plusieurs rouleaux talmudiens. Ceux-ci sont censés avoir été écrits par le Prophète Jérémie, et sont plus connus sous le nom de « Vision de Baruch ». Elle se réfère également à une lettre qui a été envoyée quelques décennies plus tôt par le Prêtre Jean à leurs plus importants Rabbis. Il y est écrit : « En cette Inde est la partie d’Orient. L’Arche se situe près de Babylone la déserte, et à proximité d’une tour qu’on appelle Babel. ».
En 1170, quelques ecclésiastiques restés à l’écart des affaires des hommes, s’interrogent sur la signification symbolique des textes de l’Apocalypse. Ils pensent que les chiffres consignés à de nombreuses reprises à l’intérieur du Livre des Révélations, sont très significatifs. En effet, les Archanges qui y sont décrits sont au nombre de huit, et non de sept ; le huitième étant Adam. Ce n’est que lorsque celui-ci a été jeté hors du Paradis pour avoir goûté au fruit défendu, qu’ils sont devenus sept.
Les ecclésiastiques voient également bientôt dans sa description de la jérusalem Céleste une sorte de parabole : la ville dont le livre parle comporte douze Portes ; et pour eux, celles-ci ne peuvent donc que se rapporter aux douze Apôtres de Jésus, eux mêmes rattachés aux douze signes du Zodiaque.
L’un d’eux écrit alors : « Tout ce qui est transitoire est l’œuvre du Malin ; c’est pour cette raison que Jean l’a nommé : « Antéchrist ». De fait, l’Antéchrist ne pourra venir que lorsque le Monde sera, non pas fermé à la lumière, ce qui ne pourra pas être totalement accompli, mais quand les ténèbres seront à leur maximum. A ce moment là alors, les Clefs du Zodiaque – ouvrant les quatre Portes du Ciel : le Bélier pour la porte de l’Orient ; la balance pour la porte de l’Occident ; le Capricorne pour la porte du Midi ; et le Cancer pour la porte du Septentrion – seront offertes à celui qui les attend. ».
Plus loin : « Le Christ ayant été de race Juive, l’Antéchrist appartiendra à la même race. Sa venue sera annoncée par les quatre Cavaliers de l’Apocalypse : la guerre, la famine, l’Epidémie et la mort. Et, au moment où ils paraîtront, leurs activités s’étendront frénétiquement à tout l’Occident ; car ils y recruteront partout des ouvriers.
L’Antéchrist sortira ensuite des entrailles d’une prostituée. Dès sa naissance, il sera protégé par les 24 vieillards dont parle l’Apocalypse ; ils symboliseront les 24 heures de la journée. Il subira également l’influence des 7 étoiles et des 7 planètes traditionnelles. Puis, quand il sera devenu jeune homme, il brisera les 7 sceaux qui ne doivent pas être brisés. Et son nombre sera 666 ; car son nom hébraïque est « Sorath ». Ce dernier étant composé de quatre Lettres : Samesh, Vaw, Resh et Tau ; lesquelles valent respectivement 60, 6, 200 et 400. Ces Lettres constituent enfin les racines traditionnelles des Mots : s’égarer, se détourner – de Dieu -, séduire, et tromper. ».
Plus loin encore : « L’Antéchrist sera un homme capable de faire des miracles ; mais il aura une trace sur son œil et sera borgne. Il viendra peu de temps après que l’Humanité se sera mise dans son ensemble à construire des maisons très hautes, quand elle sera parti à la conquête du Ciel. ».
Et enfin : « Mais pour l’instant, l’Antéchrist est retenu par quelqu’un dans les entrailles de la terre. Il est enchaîné à une table d’or représentant le Soleil fortuné. Il est surveillé par le Maitre de l’Argatha, qui est en même temps Aimable, Gracieux et Puissant en toutes ses œuvres. Car il est semblable aux Rois et aux Princes qui l’élèvent au comble de la fortune.
Pourtant, un jour, son contact permanent avec l’Antéchrist le fera changer et fera de lui un tyran, une superbe, un ambitieux et un insatiable. Sa fin sera alors très mauvaise. ».
En 1171, plusieurs Alchimistes se rendent compte que, lorsqu’ils expérimentent leur Science, ils doivent tenir compte d’un certain nombre de choses. Tout d’abord, ils doivent tracer autour d’eux, sur le sol, et en cercle, de nombreux hiéroglyphes se rattachant aux signes du Zodiaque. Mais ceux-ci ont une couleur bien déterminée : La première et la septième Maisons du Ciel doivent être en relation avec des idéogrammes blancs ; la seconde et la douzième, des idéogrammes verts ; la troisième et la onzième, avec des idéogrammes jaunes. La quatrième et la dixième Maisons, elles, sont enchaînées à des idéogrammes rouges, la cinquième et la neuvième, avec des idéogrammes bleus, et la sixième et la huitième, avec des noirs.
Les hiéroglyphes zodiacaux représentent de cette manière les Eléments Fondamentaux de l’Univers. Pour les Alchimistes en effet, certaines constellations sont liées aux signes de Feu, d’autres aux signes de l’Air, d’autres encore aux signes de l’Eau, et les dernières aux signes de Terre. Quant à la planète Mars et au Soleil, ils sont de la nature du Feu ; Jupiter et Vénus sont de la nature de l’Air ; Saturne et Mercure sont de la nature de l’Eau ; enfin, la lune ainsi que notre planète sont de la nature de la terre.
Ces repères Astrologiques renvoient au calendrier – solaire et lunaire – et à ses vingt-huit demeures zodiacales; ils indiquent les moments favorables de l’année pour exercer la science Alchimique. Ils désignent aussi les rites commémorant la formation de l’Univers à accomplir : les hiéroglyphes de Feu se rapportent à l’Equinoxe de Printemps, ceux de l’Air au Solstice d’Eté, ceux de l’Eau à l’Equinoxe d’Automne, et ceux de Terre au Solstice d’Hiver. Ils sont donc dessinés en fonction des Astres dominants à telle ou telle période de l’année.
Ils apposent ensuite sur le sol recouvert de symboles multicolores un certain nombre de plantes liées aux Pléiades. Pour le Bélier, ils lui joignent de la myrrhe, pour le Taureau, c’est de la cotamone, pour les Gémeaux, c’est du mastic, et pour le Cancer, du camphre. Pour le Lion, il s’agit de l’encens, pour la vierge, du bois de Santal, pour la balance, du calbanum, et pour le Scorpion, de l’opopanax. Enfin, en ce qui concerne le Sagittaire, c’est du bois d’aloès, pour le Capricorne, c’est de l’afa, pour le Verseau, c’est de l’euphorbe, et pour le Poisson, c’est de la gomme d’ammoniaque.
Les planètes du Système Solaire, quant à elles, sont désignées par des herbes spéciales : Saturne est identifié à la noix de muscade, Jupiter au bois de cèdre, Mars au sel, le Soleil au safran. Vénus est reconnue par le cinnamène, Mercure par l’oignon, et la lune par le poivre.
Pour finir, les Alchimistes marquent sur le sol des Lettres et des Chiffres hébraïques possédant des pouvoirs Magiques. Ils croient en effet qu’associés, ils sont porteurs de maléfices ou de bénéfices utilisables sur leurs personnes. Ils croient aussi que leurs combinaisons correspondent à des Arcanes conjuratoires.
Parmi les Chiffres utilisés avec les Lettres hébraïques, l’un d’eux est vital pour leurs expérimentations alchimiques : 1.618 représente le Nombre d’Or. Les Alchimistes pensent en effet que celui-ci régit l’Homme dans ses dimensions. Mais, pour eux, le Nombre d’Or se discerne surtout dans les proportions architecturales de la grande Pyramide, dans celles de la cathédrale de Strasbourg, ou encore dans celles de la cathédrale de Troyes. Car il est un de ces chiffres qui, comme pi, possède une Force maintenant le Monde dans un équilibre parfait.
Les Alchimistes ont Connaissance des Pouvoirs du Nombre d’Or – entre autres - grâce aux figures géométriques ou allégoriques taillées sur les murs des cathédrales. C’est là qu’ils peuvent l’interpréter ou en calculer d’autres qui lui sont rattachés. Par exemple, le chiffre 7 – qui est pour eux le signe de la transformation, de la destruction et de l’anéantissement – est matérialisé par le sablier vide et la faux. Le chiffre 9 désigne la montagne et la caverne ; le 3, le triangle et l’androgyne. Ils sont persuadés que ces chiffres sont à la base de la science sacrée née avec le Nombre d’Or, puis reprise, plus tard, par les bâtisseurs de cathédrales. Ils sont aussi ses Sceaux ; ceux qu’ils utilisent comme emblèmes lors de leurs expérimentations alchimiques.
26 juillet 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 830 - 835
Puis, les membres de l’Ordre du Temple décident de faire allégeance à Godefroy de Bouillon. Par son intermédiaire, ils entrent en relation avec les chanoines du Saint-Sépulcre qui se sont établis dans la cité depuis peu. Ils découvrent dans leurs archives que la tradition Chrétienne se réfère elle aussi à l’Arche d’Alliance. En les lisant, ils prennent conscience que les deux Pierres Sacrées enfermées à l’intérieur de la relique sont censées représenter la divinité elle même ; que l’Arche est un de ces Objets au cœur desquels le Seigneur réside en permanence.
De plus, progressivement, ils s’aperçoivent qu’il existe une relation Magique entre certains Outils Kabbalistiques et l’Arche. En effet, pour eux, celle-ci ressemble de façon évidente, par sa nature, au « Baphomet ». Et ils s’interrogent dès lors sur les raisons qui ont poussées Moïse à cacher les Tables de la loi au centre d’un réceptacle clos tel que l’Arche d’Alliance. Ils ne comprennent pas, puisque les termes de la loi gravés dans la pierre par Dieu auraient normalement dû être voués à l’exposition publique. Ils supposent donc qu’il y avait un Secret beaucoup plus important à ne pas montrer à la population israélite avec eux.
Les Templiers mettent également à jour une dizaine de parchemins à demi détruits qui décrivent la construction du Temple à l’époque de Salomon. Ils les examinent. Ils apprennent d’eux qu’Hiram a été le Grand Architecte du Sanctuaire. Lalibéla y lit : « Un païen nommé Flégétanis ayant été en contact avec Hiram, puis des Mages Egyptiens présents pour ériger le Temple, acquit un haut renom. Ce Grand Initié était de la lignée de Salomon. Ses parents appartenaient à une famille d’Israël en des temps où les hommes n’étaient pas encore protégés par le baptême, contre le feu de l’Enfer. Et ce fut qui écrivit l’histoire du Graal, et de son lien avec celle de l’Arche d’Alliance. ». Lalibéla observe également qu’Hiram semble avoir été le premier Initiateur de la tradition Maçonnique en Enseignant les Mystères qu’il a dissimulé au sein du Temple, à plusieurs de ses confrères. Hiram aurait révélé à ces derniers pourquoi il a enlevé une pierre de manière injustifiée, au terme de l’édification du monument. Lalibéla remarque encore un paragraphe dans lequel il est dit que ce bloc devrait un jour réintégrer sa place dans le corps de l’édifice afin de lui servir de Clef de Voûte Fondamentale. Et, enfin, il décrypte l’itinéraire de quelques uns des Initiés formés par Hiram ayant ensuite diffusé leur Secret à travers tout le Moyen-Orient, et ayant fondé des Sectes s’étant perpétuées à travers les âges ; avec, parmi elle, celle des Esséniens au Ier siècle avant notre Ere, et à laquelle Jésus se serait affilié à un moment donné de sa vie.
Un confrère de Lalibéla écrit alors à ce sujet : « Pourquoi ne pas penser qu’à l’époque de Jésus et des Esséniens, il y avait autre chose dans le Temple, de beaucoup plus important que son trésor, et que ceux-ci le savaient ? Voyant les phalanges romaines aux portes du Sanctuaire, les Esséniens ont peut-être prévenu les Grands Prêtres Saducéens. Et ces derniers ont peut-être abandonné aux pillards le butin espéré, et caché leur autre trésor ailleurs ; sous le Temple, par exemple.
Les Esséniens ont donc certainement été les ultimes Gardiens de l’Arche d’Alliance ; car on n’a jamais retrouvé leur trace après la chute de la forteresse de Massada. Il se peut en effet que les Clercs Saducéens, sentant Jérusalem menacée, leur ont confié la précieuse Relique. Puis, ces Saducéens ont peut-être fait en sorte qu’elle quitte la ville Sainte en leur compagnie, afin qu’ils la cachent dans un refuge beaucoup plus sûr et beaucoup plus discret. Et les Esséniens l’ont peut-être ensuite transportée jusqu'à Massada, et l’y ont peut-être abritée jusqu’en 73. Car, nous devons nous souvenir que le Temple a été détruit en 70, et que ce n’est qu’en 73 que toute résistance a pris fin dans la citadelle. Or, qu’est t’il advenu de l’Arche entre-temps ? Nous n’en savons rien. ».
Et plus loin : « De même, nous savons que Magdeleine - le mystérieux personnage de l’Evangile -, a en réalité été l’épouse de Jésus. Tous deux ont eu un ou plusieurs enfants. Après la crucifixion de son mari, celle-ci a clandestinement gagné la gaule. Elle a trouvé refuge auprès des communautés juives qui habitaient le Sud du pays. Et une descendance directe de Jésus y a donc rapidement pris racine.
Nous savons en outre que ce « Sang Réal » - ou « Sang Royal » - s’y est perpétué dans le plus grand secret pendant plus de 400 ans ; ce qui est un laps de temps normal pour qu’un haut lignage s’établisse. Plusieurs alliances dynastiques avec d’autres familles hébraïques, romaines et wisigothes, s’en sont ensuite suivies. ».
Et, à quelques jours de là, les Templiers finissent par y découvrir un Livre Ancien. A leur grande surprise, à l’intérieur de celui-ci, il y est expliqué en Araméen la manière dont Jésus à été Initié à une Tradition Immémoriale au cours de son voyage en Egypte. Dans la bibliothèque d’Alexandrie, il aurait étudié un fragment de l’Evangile Mystique d’Osiris. Il lui aurait été révélé une Sagesse remontant aux Premiers Ages de l’Humanité. Il lui aurait été évoqué un Osiris ayant l’apparence d’une chèvre. Et il lui aurait révélé que, parfois, ce dernier a eu le titre de « Baphomet ».
Lalibéla écrit alors : « Les Tables de la loi de Moïse sont, comme je le crois, une formule de l’Univers ; et les Connaissances qui y sont inscrites sont issues d’Egypte. C’est pour ces raisons que, pour pouvoir agir sur la réalité de notre Monde, il faut être apte à employer la pierre de la même façon que les bâtisseurs de dolmens, de certains monuments Egyptiens, de certains Sanctuaires Grecs, et du Temple de Salomon. »
Quelques semaines plus tard, le curopalate Thoros, prince arménien de la ville d’Edesse, fait appel à Godefroy pour lutter contre les Turcs. Mais celui-ci exige en échange que Baudouin, son frère, soit désigné comme héritier. Thoros donne sa fille en mariage à ce dernier. Malgré cela, Baudouin laisse la populace massacrer sa femme et son père adoptif. Edesse devient dès lors un Etat féodal, où les seigneurs francs s’allient par mariage aux Arméniens. Et la principauté s’étend alors bientôt vers le Nord de la mésopotamie.
Un an plus tard, Godefroy de Bouillon meurt pendant le siège d’Acre, « pour avoir mangé une pomme de cèdre » ; c’est donc Baudouin d’Edesse, qui, le 25 Décembre 1100, est sacré premier roi de Jérusalem.
Les barons européens et leurs contingents sont les premiers croisés installés dans les villes conquises, Edesse, Antioche, Jérusalem, Tripoli, qui constituent le noyau des Etats latins du Levant. Les chevaliers constituent l’armature militaire de ces enclaves où continuent à vivre musulmans, Arabes, chrétiens et Arméniens. Dans l’ensemble, les Occidentaux s’acclimatent bien à l’Orient, dont ils découvrent la douceur de vivre, les maisons aux murs frais, les grandes cours ombragées où poussent les orangers, les objets précieux, les tissus soyeux, et les femmes, Arméniennes, Syriennes ou Galiléennes, qui partagent leur vie et leur donnent des enfants. Les croisés apprennent la langue de leurs concubines, et celles-ci, parfois, se convertissent au Christianisme.
Au moment ou tombe Jérusalem, Bagdad est scandalisée par le comportement des musulmans chassés de Syrie : ceux-ci n’hésitent pas à rompre ostensiblement le jeûne du ramadan. Mais, en réalité, cette provocation est le seul moyen dont ils disposent pour attirer l’attention des autorités sur un scandale autrement plus grave, celui de la présence franque à Jérusalem. Les califes Abbassides ne sont malheureusement plus que des fantoches aux mains de leurs vizirs, turcs à peine arabisés ; et les Turcs eux mêmes se divisent et s’entredéchirent dans des luttes fratricides.
Malgré tout, l’Islam est toléré moyennant un tribut versé aux seigneurs chrétiens. Ses coutumes sont respectées. Les paysans musulmans conservent leurs terres, et les cultures irriguées continuent de faire l’admiration des voyageurs. Les courants commerciaux reprennent, les caravanes traversent le désert, les souverains musulmans protègent les pèlerins chrétiens, les princes francs tolèrent le voyage à la mecque.
De leur coté, quelques Mandéens Johannites habitent toujours la palestine ; alors que la plupart de leurs Frères ont émigré en Occident en passant par la péninsule Ibérique plusieurs dizaines d’années plus tôt. Mais c’est à ce moment là qu’ils ont de nombreux échanges avec les Templiers en mission dans la région.
Quant aux communautés juives d’Arménie – qui se désignent elles mêmes comme ashkénazes – elles ont une vie intellectuelle et spirituelle très active et bénéficient souvent de la protection des princes. En 1097, l’Empereur Henri IV déclare nulles les conversions obtenues par la force sur le passage des croisés. Leurs populations de Syrie et de Palestine, de leur coté, vivent dans le luxe et sont depuis longtemps enracinées en Orient, avec, elles aussi, leurs théologiens et leurs savants.
Dès le début de la présence franque, embuscades et défaites prouvent combien les Etats latins sont vulnérables. Dès la prise de Jérusalem, les musulmans harcèlent sans cesse les armées franques. Malgré tout, ce sont les princes de Mossoul qui leur infligent les plus graves défaites : Zangi d’abord, qui s’empare d’Edesse, puis son fils Nur al-Din, qui achève la conquête et se révèle plus redoutable encore que les Francs.
A partir de ce moment là, l’idée de croisade perd son unité, écartelée entre le désir de fédérer la chrétienté, les ambitions des princes, et les besoins concrets des Etats latins, alors que les musulmans s’unissent autour de Saladin, neveu de Chirkuh.
Après la chute des villes de la cote et du désert de la transjordanie, le roi de Jérusalem est, de fait, le suzerain d’un royaume féodal, semblable aux royaumes d’Occident. Les Etats latins d’Orient sont Antioche, Edesse l’Arménienne, et Tripoli au débouché des passes de la montagne libanaise. Cette dernière est conquise, en 1109, par l’héritier de Raymond Saint-Gilles, Guillaume Jourdain, après de nombreuses batailles. Le royaume de Jérusalem, lui, s’étend jusqu’au delà du Jourdain, mais ses chevaliers ont du mal à conquérir les villes de la cote, que les musulmans secourent par la mer, et notamment Tyr, qui résiste jusqu’en 1124.
Ces Etats ne sont tenus que par une poignée d’hommes. Godefroy de Bouillon ne dispose plus que de trois cents chevaliers et de quelques milliers de fantassins. La défense du royaume franc est, dès lors, fondée sur un ensemble de forteresses, édifiées pour tenir les voies de communication et marquer les frontières, mais aussi pour avoir les moyens d’exiger redevances et services des populations environnantes. Elles veulent aussi, avec moins d’efficacité, être des centres de colonisation latine.
Les premiers châteaux sont construits sur le modèle « Normand », avec un donjon et une enceinte carrée, et avec un plan à la romaine, plus adapté aux besoins du terrain, comportant plusieurs enceintes, des magasins, d’énormes citernes et tout un réseau de souterrains. Les forteresses suivantes sont des châteaux éperons, imprenables sinon par l’arme de la faim. Leurs tours rondes sont bien moins vulnérables aux boulets.
Le système féodal des Etats latins, quoique calqué sur celui de l’Occident, est beaucoup plus rigoureux que son modèle. Les fiefs ne sont concédés qu’en échange d’un strict devoir militaire, sans limitation de durée, alors que le service ne dure que quarante jours en Occident. Les terres ne doivent jamais « tomber en quenouille », et, si c’est une femme qui en hérite, elle doit être mariée à un chevalier ou prendre un « avoué » capable de la défendre. Ainsi, le royaume de Jérusalem passe aux trois maris successifs de la reine Isabelle, seconde fille d’Amaury Ier. Faute de terres à donner aux chevaliers, les princes leur accordent des « fiefs de bourse » ou de « soudée », soldés par les revenus d’un impôt ou par pension du Trésor. Les guerriers latins étant trop peu nombreux, les communautés urbaines ont recours à des mercenaires, francs ou indigènes, les « turcoples », pour fournir le contingent de fantassins qu’on leur demande.
En 1120, un certain nombre de Soufis prisonniers Initient plusieurs Templiers à la science Alchimique. Ils leur expliquent que leurs ancêtres ont tiré leurs Connaissances de documents Egyptiens archivés à la bibliothèque d’Alexandrie. Ils leur disent que ceux-ci en ont récupéré quelques uns, juste avant que l’édifice ne soit incendié à la fin du IVème siècle de notre Ere. Ils leur révèlent qu’ils ont réussi à les sauvegarder, puis, que leurs successeurs se les sont transmis de génération en génération jusqu'à aujourd’hui. Et ils soulignent que ces derniers étudient toujours les Mystères qui y sont cachés ; et notamment, actuellement, la proportion architecturale entre 1 et 2.
Ces Soufis déclarent donc à leurs geôliers : « Notre élite sacerdotale possède une Science qui est inscrite sur les parois de ses Temples. Elle manipule une Science Alchimique, une Science Humaine, dont la plupart des Secrets, ne nous est pas accessible. ». Ou : « La magie Manuelle qu’a jadis utilisée les Constructeurs d’édifices Sacrés, nous a été transmise par les Egyptiens. Ceux-ci l’ont d’abord légué aux Phéniciens, qui l’ont eux mêmes Enseigné aux Grecs. Les Grecs l’ont communiqué aux Romains d’Orient, puis, aux Arabes. ».
En 1152, certains Templiers entrent en contact avec les membres de la secte du « Vieux de la montagne » - ou, « Assassins ». Et, peu à peu, en les fréquentant, ils commencent à se demander si la tradition de ceux-ci n’est pas issue de résidus d’Enseignements appartenant à une Civilisation Antérieure ; telle, celle des Druides ?
Mais, bientôt, une dynastie se dresse face aux Francs. Elle a été fondée par Zangi, atabeg de Mossoul, un Turc vassal des Seldjoukides. Les chefs des Zangides prennent les armes : ils enlèvent le comté d’Edesse, ravagent la principauté d’Antioche et attaquent le royaume de Jérusalem, qui ne leur cède pas.
Car, menacés par Amaury Ier, roi de Jérusalem – 1162 – 1174 -, qui a envahi l’Egypte, les Fatimides appellent à l’aide les Zangides installés à Alep, en Syrie. C’est un de leurs vassaux, le Kurde Chirkuh Asad al-Din, le « Lion de la religion », qui accourt. A sa mort, en 1169, son neveu Salah al-Din al-Ayyubi – Saladin – est nommé vizir. Manœuvrant habilement, celui-ci s’affranchit des Zangides et des Fatimides et fonde sa propre dynastie, celle des Ayyubides. Son premier soin est alors de restaurer le sunnisme, c’est à dire le courant majoritaire de l’Islam, qui s’appuie sur les paroles et les actions de Mahomet, qu’il consolide en multipliant le réseau des écoles coraniques, les madrasas. Il affermit ensuite son pouvoir en construisant une citadelle sur la colline du djebel al-Muqattan, qui domine les quatre villes composant la capitale égyptienne : al-Fustat, al-Qatai, al-Aksar et al-Qahira. Il se trouve en campagne et s’empare d’Aden – 1173 – lorsque la mort de Nur al-Din, roi de Damas, l’encourage à mobiliser tous les moyens militaires des pays musulmans pour combattre les croisés. Il subit une défaite en 1177, mais prend sa revanche en s’emparant de la haute mésopotamie – 1182 -, en enlevant Alep – 1183 – et en capturant l’escadre franque qui a osé une expédition contre la ville sainte de Médine ; des croisés sont par ailleurs égorgés à la mecque. La guerre sainte pour récupérer Jérusalem peut commencer, en 1187.
Dès cette année, Saladin met en déroute les croisés à Hattin, près du lac de Tibériade, en Palestine. Il marche alors sur Jérusalem, dont il capture le roi, Guy de Lusignan, et occupe la ville sainte sans effusion de sang. Saladin conquiert ensuite tous les Etats latins, sauf Tyr, Tripoli et Antioche. Pour tenter de redresser la situation à l’avantage des chrétiens, la troisième croisade est entreprise, en 1190, par Philippe Auguste, roi de France, Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre, et Frédéric Barberousse, Empereur Germanique ; ce dernier conquiert d’ailleurs Konya à la tète de ses troupes, la nouvelle capitale des Seldjoukides, mais se noie en en Cilicie. Ayant repris Saint Jean d’Acre après un long siège, Philippe Auguste, e son coté, rentre en France, laissant à Richard le soin de délivrer le Saint Sépulcre. Le siège de Jérusalem est l’occasion pour les croisés de découvrir l’esprit chevaleresque de Saladin. Ainsi, lorsque le roi d’Angleterre tombe malade, le souverain musulman lui fait porter des sorbets à la neige du Liban ; une autre fois, il rachète un enfant chrétien, fait prisonnier pendant la bataille, pour le rendre à sa mère, venue l’implorer.
Saladin est prêt à payer une forte rançon pour racheter la garnison d’Acre, prisonnière des Francs. Or, le 20 Août 1191, Richard fait rassembler 3000 prisonniers devant la ville et ordonne leur exécution. La guerre chevaleresque est désormais terminée : en Septembre, les croisés effacent le désastre de Hattin par une retentissante victoire à Arsouf, mais ils ne peuvent néanmoins reprendre Jérusalem.
Mais, désireux de retrouver l’Angleterre, Richard Cœur de Lion conclut avec Saladin une paix de compromis, le 3 Septembre 1192. Les Francs conservent la zone côtière de Tyr à Jaffa, Saladin contrôlant l’intérieur. L’esprit chevaleresque reprend le dessus : le sultan encourage le retour des Juifs à Jérusalem et y accueille les chrétiens non Arabes. Il accorde sa protection au médecin, théologien et philosophe juif Moïse Maimonide, qui a fui la persécution des Almohades d’Andalousie.
Saladin meurt d’épuisement en 1193, laissant à ses successeurs une Egypte prospère et un Empire dirigé à partir du Caire, puisqu’il s’étend du Yémen à la syrie, en passant par la mésopotamie. Mais, malgré ses efforts pour se doter d’une flotte importante, il n’a malgré tout jamais pu enlever à Venise et à Gènes la maîtrise des mers.
En 1193 également, les savants Arabes dessinent leurs célèbres cartes du Continent Africain et de l’Asie Mineure ; et, pour cela, ils s’inspirent de fragments de vieux planisphères issus de la fabuleuse Bibliothèque d’Alexandrie. Ils sont en effet persuadés que ces derniers reproduisent fidèlement les itinéraires que les égyptiens des premières dynasties pharaoniques, ont parcouru du temps de la grandeur de l’Ancien Empire.
Par ailleurs, en 1198, Abu ibn Ruchd – dit Averroès - est l’auteur, entre autres, d’un « Traité universel de Médecine ». Il est surtout célèbre pour ses « Commentaires d’Aristote », qui connaissent un grand succès dans les différentes écoles philosophiques chrétiennes. Néanmoins, ses écrits, fort nombreux, sont brûlés de son vivant par les rigoristes musulmans.
13 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 566 - 570
En 79, malgré la diaspora, l’Empereur Titus craint toujours que la judée ne se révolte encore. C’est pour cette raison qu’il interdit désormais aux Juifs restés dans le pays, d’étudier la torah. Il leur défend de s’adonner à la kabbale ; ceux-ci se demandent alors si leur chaîne Initiatique ne va pas être interrompue. Et il les empêche de se rendre en pèlerinage à Jérusalem pour prier au Mur des Lamentations ; le seul vestige encore debout du Temple de Salomon.
En 80, les déviations doctrinales se multiplient, car le Christianisme se réfère à un homme, Jésus, et à un événement, sa résurrection, mais non à un livre ou à un système théologique. Certaines hérésies sont le fait d’intellectuels soucieux de concilier la foi et la philosophie, d’autres rejettent la bible. Ces interprétations sont déterminées par des héritages culturels différents. Il faut donc constituer, à partir des traditions diverses, un « canon » des textes admis par tous. Il faut, aussi, renforcer l’encadrement. C’est la tâche des premiers grands évêques, comme Clément, à Rome, et Ignace, à Antioche. Celui-ci définit l’Eglise comme « Catholique », c’est à dire universelle.
Véhiculé de port en port le long des routes romaines, le Christianisme utilise des réseaux d’hospitalité. Chaque prédicateur a les siens. Des notables accueillent les communautés dans le cadre d’Eglises « domestiques ».
L’Eglise est à présent considérée comme le « Corps Mystique » du Christ. La communion fonde son unité. Peu à peu, un encadrement permanent se met en place, relayant l’action des « Prophètes » itinérants de la première génération : chaque communauté est administrée par un évêque – « surveillant » -, des prêtres – « anciens » - et des diacres – « serviteurs » -.
Alors, après la révolte des Juifs en Judée, la chute de Jérusalem et la destruction du Temple en 70, toutes les attaches sont désormais rompues avec le Judaïsme. Maintenant, il s’agit d’intégrer la religion nouvelle à l’Empire Romain et à la société païenne.
En 77, certains prédicateurs ayant jadis séjourné en Egypte, intègrent à leurs Croyances un certains nombre de dogmes extérieurs au Christianisme. Ainsi, ils désignent le 25 Décembre comme étant celle de la naissance du Sauveur. Or, ils savent très bien que le 25 Décembre est également le jour où a été engendré Osiris dans la religion Egyptienne. Ils reprennent en outre la pratique du Baptême, alors que celle-ci a autrefois été utilisée par les Disciples d’Isis : ceux-ci s’immergeaient ainsi dans les eaux du Nil, après s’être repentis et avoir confessé publiquement leurs péchés. Ils y récupèrent encore l’image de « la mère de Dieu », puisqu’Isis était souvent représentée en train d’allaiter Horus ; le rejeton issu de l’union Magique entre elle et Osiris. Puis, ils remodèlent la tradition selon laquelle Osiris aurait été tué par Seth un Vendredi, et aurait ressuscité trois jours plus tard grâce à l’intervention de son épouse ; avant de l’assimiler au Miracle de la montée de Jésus vers le Ciel.
D’un autre coté enfin, ils métamorphosent Thot – le dieu Egyptien de la sagesse – en Enoch. Ce dernier est alors considéré comme l’Inventeur de l’Ecriture ; le Révélateur de l’Art. Et il est désigné comme celui qui, avant le Déluge, de peur que les Connaissances Essentielles des Ages passés, ne soient perdues, aurait inscrit leurs « Grands Secrets » sur une dalle de pophyre oriental, avant de les enfouir dans les entrailles de la terre.
En 85, vassaux de l’Empereur, les Juifs vivant encore en Palestine échappent à la domination directe de Rome. Ceux qui se sont dispersés près de la méditerranée bénéficient du statut de citoyens et ont le droit de pratiquer leur Religion ; ils sont dispensés de rendre un culte à l’Empereur. Mais les contacts entre les deux cultures sont féconds. Des païens décident de se convertir au Judaïsme. Le philosophe Philon, Juif d’Alexandrie, tente même de concilier la pensée platonicienne avec le Judaïsme.
Mais ces rapprochements restent tout de même rares. Les païens confondent bien souvent les Juifs et les Chrétiens. Les tensions débouchent sur des affrontements. La destruction du Temple par Titus a creusé un fossé infranchissable. Et à la mort du dernier hérodien, Agrippa II, toute la palestine est sous domination Romaine.
En 97, le terme « Evangile » désigne à la fois le message de Jésus et des apôtres et les écrits qui le consignent. Apparaissent aussi des recueils de « Dits » et de « Signes », rassemblant les Traditions diffusées oralement par les apôtres ; et enfin, les prédictions des premiers Chrétiens. Quatre Evangiles sont retenus : celui de Marc, celui de Matthieu, celui de Luc et celui de Jean.
Les trois premiers Evangiles, sont très proches, quant au fond et à la forme. Celui de Matthieu, un des douze Apôtres est écrit pour les Juifs convertis. Marc rédige l’Enseignement oral de l’Apôtre Pierre, les « Dits » organisés en grands discours. Luc, médecin, compagnon de Paul, écrit pour les païens, tente d’établir une trame chronologique, et de faire œuvre d’historien. L’Evangile de Jean, de son coté, se distingue par une interprétation plus intellectuelle des faits. Mais il sélectionne également des éléments particuliers dans une perspective philosophique issue du Judaïsme hellénisé.
Car, de son coté, alors qu’il est exilé à Pathmos, l’Apôtre Jean écrit « l’Apocalypse » ; une Apocalypse contient les Révélations reçues par un homme sous forme de visions symboliques et consignées par lui dans un livre. Il s’agit pourtant cette fois d’un écrit de circonstances, destiné à rouvrir l’espérance des Chrétiens, en une période de troubles et de persécutions contre l’Eglise. Rome y st comparée à la courtisane de l’Apocalypse ; l’auteur annonce la délivrance du peuple de Dieu, puis sa domination sur les nations païennes à leur tour châtiées et anéanties.
Les premières Prophéties Chrétiennes qui en sont issues expliquent que le onzième millénaire avant notre Ere coïncide avec le « Premier Temps ». Il s’agit du moment où le cycle des Etoiles de la ceinture d’Orion est à son niveau le plus bas. L’élévation à son maximum correspondra au « Dernier Temps » ; lequel apparaîtra au à l’époque ou l’Equinoxe de printemps cessera d’avoir lieu dans la constellation du Poisson. Ce sera alors la fin de l’Ere Chrétienne.
Le début de la chute de l’Age présent surviendra à l’approche des quatre Cavaliers de l’Apocalypse. Ils se mettront à chercher avidement la situation géographique de la terre Promise ; le lieu où les Elus assisteront au retour de l’Age d’Or. Un texte – « la tiburtina » - décrit certains des grands fléaux que subira l’Humanité à ce moment là : l’ère d’affliction débutera par la prise de Rome.
Par ailleurs, dans son Deuxième Epître (3, 3-10), Pierre prédit la venue de l’Antéchrist lorsque le Monde sera proche de l’Apocalypse : « Sachez tout d’abord qu’aux derniers jours, il viendra un Blasphémateur guidé par Sa passion. Il dira : « Ou est la promesse de l’Avènement du Sauveur ; depuis que les Pères sont morts, tout demeure comme au début de la création. ». Car l’Antéchrist ignorera volontairement qu’il y eut autrefois des Cieux et une Terre qui, du milieu de l’eau, surgit sur une parole de Dieu ; et que par ces mêmes causes, le Monde d’alors périt par l’eau. Mais les Cieux et la terre d’à présent, Sa même parole les a prédits au feu au Jour du Jugement Dernier. Ce sera la ruine des hommes impies. Il viendra, le Jour du Seigneur ; comme un voleur. En ce Jour les Cieux se dissiperont avec fracas. Les éléments embrasés se dissoudront. La terre, avec les œuvres du Malin qu’elle renferme, sera consumée. »
Mais, dit Pierre, le Plan de Dieu pour Son peuple, ne pourra pas être contrecarré par cette Catastrophe. Ainsi, tous les Enfants d’Elie seront sauvés par la parole de l’Ecriture parce qu’ils en porteront le signe. Ceux-ci recevront alors du Seigneur la mission de renouer avec l’Humanité dégénérée les chaînes de la tradition disparue. L’Armaguedon durera donc tout le temps qui précédera la venue du Grand Empereur – le Rédempteur - qui instaurera le nouvel Age d’Or sur la terre. Suivra enfin l’arrivée d’un second Antéchrist ; puis le règne définitif de l’Esprit divin.
Egypte, Ier siècle après J.C. :
Vers 30, Jésus de Nazareth se rend en Egypte. Il séjourne un temps à Alexandrie afin d’y être Initié à la magie Traditionnelle du pays. Il découvre que la cité est la plus éclectique, la plus œcuménique, et la plus tolérante des métropoles. Mais, il se rend également compte qu’elle se situe à la croisée des routes commerciales de la méditerranée. Pour lui, elle est donc bien un comptoir général des biens et des idées.
Jésus apprend ainsi que les Mystères Egyptiens cohabitent avec les Mystères Grecs, avec la philosophie Hellénistique, avec les doctrines religieuses de Palestine et de Syrie, avec les vestiges de la religion Zoroastrienne et Mithridaïque, et qu’ils se mêlent aux cultes existant aux quatre coins du Monde. Même l’Hindouisme et le Bouddhisme importés de l’Inde s’y propagent. Enfin, Jésus a accès à la grande Bibliothèque d’Alexandrie, qui est en fait un centre privilégié pour les Intellectuels de tous les pays.
Il y lit donc des traités Hermétiques ou parlants des Mystères du Temple. Il s’imprègne de notions Alchimiques qui évoquent l’héritage Mystique d’Osiris, des textes censés remonter aux Premiers Ages de l’Humanité. Il y parcourt des ouvrages expliquant qu’autrefois, Dieu a parfois été représenté sous les traits d’une Chèvre, et qu’il a porté le titre de « Baphomet ». Il y comprend que l’Hermétisme, ainsi que les « Mystères du Temple de Salomon » ont pour la première fois été intégré à la culture Hébraïque, au cours de la vie de Moïse. Il y déchiffre des Formules Magiques permettant de transformer l’eau en vin, de marcher sur l’eau. Et, une fois qu’il en a terminé avec cette Initiation à la sorcellerie Egyptienne, il prend la direction du lac de Tibériade. Désormais en effet, il désire se faire connaître de ses semblables.
En 33, un Mage nommé Orekptah écrit, à propos du culte d’Isis répandu à son époque : « Lors de la domination Grecque, la religion Isiaque se diffusa partout. Elle fut le trait d’union entre deux Ecoles de Mystères. Ensuite, elle atteignit Rome. Elle imprégna l’ensemble de l’Empire. Malgré tout, son centre dogmatique demeura toujours en Egypte ; au Serapeum d’Alexandrie.
Les castes inférieures Romaines aimaient le culte d’Isis. Elles s’y adonnaient ave enthousiasme. Malheureusement, un jour, les autorités virent d’un mauvais œil ces mouvements de masse. Ils représentaient pour elles un risque de subversion. Aussi, les Adeptes d’Isis firent t’ils l’objet de persécutions fréquentes à Rome. Et, en définitive, le Sénat ordonna la destruction de tous les Temples honorant la déesse.
Or, aussi incroyable que cela puisse paraître, les ouvriers refusèrent d’anéantir ces Sanctuaires. De plus, bientôt, à la surprise générale, le triumvirat gouverné par César ordonna l’édification d’une nouvelle chapelle Isiaque. Peu après, Marc Antoine et Cléopâtre s’y firent représenter sous les traits d’Osiris et de Dionysos. Cléopâtre profita de son influence sur Mar Antoine pour faire reconnaître le culte d’Isis en tant que Religion Nationale en Egypte. Bien que cela ne dure pas, puisque l’Empereur suivant réprima sévèrement les Adeptes d’Isis : leurs Prêtres, ainsi que 4000 d’entre eux, furent chassés de Rome en même temps que les Juifs de la cité. ».
Pourtant, en 35, même si désormais l’Empire tente d’en entraver la diffusion, le culte d’Isis vit une seconde phase d’expansion. Sa propagande active atteint toutes les classes sociales. Il touche les classes dirigeantes. Il est véhiculé par les courants commerciaux et les expéditions militaires en Orient. Et finalement, le pouvoir Romain est obligé de reconnaître qu’il a même convaincu des hommes et des femmes habitant sur le Rhin et sur le Danube.
De fait, en 38, Caligula a l’habilité de l’associer aux Rites Impériaux. Il encourage ainsi la construction de plusieurs Temples à Rome. Il participe à des fêtes Isiaques à Alexandrie, et s’intéresse aux Mystères qui lui sont rattachés. Il découvre, stupéfait, que les Egyptiens insulaires décrivent leurs Sanctuaires de jadis comme une suite de bâtiments en ruines, à l’abandon, au centre desquels les derniers Prêtres de Ra perpétuent tant bien que mal une Tradition révolue. Il est informé que certains de ceux-ci se rendent parfois aux confins du désert de Radari, afin de s’approcher au plus près des cimetières et des forteresses de Kouban et de Mirgissa. Il lui est dit que quelques uns habitent les environs de ces sites, à Kiwan. Il réalise que quelques autres sont installés sur l’île de Meinasti, non loin d’une Acropole qui est le point de passage stratégique entre les deux rives du Nil. Et il se renseigne sur les deux gouverneurs qui supervisent l’administration de la région.
Ce sont ces derniers, lui apprend t’on, qui, un jour, ont mis en évidence une anfractuosité dont les murs sont incrustés de motifs Mythologiques. Ce sont également eux qui y ont marqué que la nubie est désormais tenue par deux peuplades indigènes : les « Nobades » et les « Blemmyes ». Ce sont encore eux qui ont compris que celles-ci étaient originaires, pour l’une, de Libye, et pour l’autre, d’Arabie. Et enfin, Caligula conclut qu’elles ont pour charge de défendre la frontière Sud de l’Empire. Mais lui, leur envoie un ambassadeur, dans le but de leur faire promettre d’éloigner l’autorité du royaume de Méroé de ses territoires ; mais aussi, d’y sauvegarder les cultes Egyptiens.
En 40, le Mage Simon traverse l’Egypte en compagnie d’une mystérieuse femme du nom d’Hélène. Celle-ci a en effet la réputation d’être une ancienne prostituée née dans la cité Phénicienne de Tyr. Mais, Simon, lui, l’appelle « Eonnia » ; ce qui veut dire : « la mère de Tout ». Il lui révèle ensuite que cette appellation est liée aux dogmes Gnostiques dont il est le détenteur. Il lui Enseigne que la première Pensée de Dieu a engendrée les Anges et les Demi-Dieux. Il lui explique que ceux-ci ont ensuite créé la terre selon ses instructions. Et il lui démontre, qu’une fois qu’ils ont accompli leur mission au nom de Dieu, ils se sont rebellés contre leur Créateur ; qu’ils l’ont emprisonné à l’intérieur de la matière qu’est notre Monde Physique.
En 46, Ormus est un Mystique Egyptien reconnu ; mais c’est aussi un Adepte de la doctrine Gnostique et Hermétique d’Alexandrie. En effet, c’est un habitué du fabuleux creuset de concepts Religieux et Philosophiques, des Récits Grecs, Perses, Juifs, Egyptiens, et Extrême-Orientaux, de la grande Bibliothèque de la cité. C’est un Initié qui s’intéresse à la notion de Dualisme : à ses yeux, le Cosmos est divisé entre le Monde Divin et le Monde Humain inférieur et terrestre. Il est persuadé que l’Homme a été créé par des Anges ; qu’il est loin d’être parfait, et qu’il est intrinsèquement Mauvais. Il est convaincu que, seule l’intercession Divine qui peut se produire au cours de la vie Terrestre, est capable de pénétrer l’Ame Humaine ; et que c’est grâce à cette intervention qu’il est capable de toucher à la connaissance – ou « Gnose ». Et il est sûr que ce n’est qu’ensuite qu’il peut être délivré du Mal inhérent à sa condition Humaine ; et que l’Immortalité de l’Ame en est la récompense.
Or, à quelques mois de là, l’ancien Disciple de Jésus qu’est Saint-Marc, convertit Ormus au Christianisme. Avec six de ses compagnons, celui-ci abandonne donc le culte Egyptien. Il s’entoure de Disciples. Il fonde une Secte à laquelle il donne le titre de « Sages de la lumière ». Il se renseigne sur les Mystères d’Eleusis, de Thot, d’Hermès Trimegiste, de Zoroastre. Il se passionne pour tout ce qui concerne les cultes d’Astarté, pour les Phéniciens ; d’Aphrodite, pour les Grecs et les Chypriotes ; d’Ishtar, pour les Mésopotamiens ; et de Cybèle, pour les gens d’Asie Mineure. Il approfondit les Enseignements de certains groupes Hébraïques, comme ceux des Esséniens. Et, finalement, il élabore un certain nombre de dogmes inédits, mêlant Principes Chrétiens et anciennes Croyances Païennes ; mais en totale contradiction avec les certitudes des Chrétiens primitifs : « Ce sont les Egyptiens qui ont instruit les Israélites de la connaissance de la bonne Architecture. Ils ont été les Maçons de l’Avenir. ». Et, finalement, il écrit treize livres, les « Nag Hammadi », qu’il enferme dans une jarre d’argile rouge, et qu’il dissimule nul ne sait où.
Peu de temps après, le Savant Grec Panopolitain Zosime, entre en contact régulier avec Ormus et ses Adeptes. Et il se met écrire plusieurs récits Alchimiques et Esotériques.
En 50, alors qu’il est de passage en Egypte, dans son livre de voyage, Strabon explique que les Romains ont libre accès à la grande Pyramide. Ceux-ci n’en n’ont jamais découvert les Secrets, bien qu’ils se soient régulièrement aventurés à l’intérieur de ses Chambres souterraines, les aient exploré, puis, aient laissé des graffitis sur ses parois.
Le collègue de Strabon, Pline, lui, signale que les Egyptiens ont utilisé de l’étain lors de l’édification de ce monument. Mais, selon lui, ce matériau ne provient pas de l’Inde. Il est arrivé de contrées situées à l’Ouest de la vallée du Nil. Il dit aussi que jadis, parfois, les Pharaons ont échangé de l’étain avec l’Inde, en y achetant des perles et des pierres précieuses.
En 75, plusieurs individus mystérieux s’aventurent souvent dans les environs des ruines de la citadelle de Napata. Là, ils exhument les vestiges de deux Temples dédiés à Amon. Ils repèrent des traces de combats qui datent de l’invasion du Delta du Nil par les Assyriens. Puis, ils rétablissent et agrandissent le Sanctuaire du Soleil qui s’y trouve.
12 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 563 - 566
A la même date, tandis que la torah accompagne les Hébreux au cours de leur Diaspora, plusieurs prêtres du Temple confient l’Arche d’Alliance à l’une des familles jusqu’alors parmi les plus influentes de Judée : la famille Hillel. Celle-ci transporte alors clandestinement l’Objet sacré jusqu'à Alexandrie. Elle y séjourne quelques mois. Elle prend ensuite la direction du désert méridional, avant de se diriger vers le Thébaïde. Et elle disparaît avec l’Arche, nul ne sait où.
Mais, avant de s’évanouir dans la nature, la famille Hillel récupère également – on ne sait ni à quel endroit, ni de quelle manière - le Livre écrit par Jérémie lors de sa captivité à Babylone : la vision de Baruch. Tandis qu’elle chemine, elle l’étudie attentivement. Elle y découvre alors que le Prophète y a marqué l’endroit où il a caché l’Arche d’Alliance à son époque. Elle y lit les péripéties qu’il a vécues pour la récupérer après son retour de la capitale mésopotamienne. Elle comprend qu’à ce moment là, le Graal ne se trouvait plus à ses cotés. Mais surtout, elle réalise qu’il y apparaît des paragraphes à l’intérieur desquels est expliqué – grâce à la science Astrologique - la très ancienne Histoire de cet Objet :
Les Elohims auraient été déchus après s’être accouplés avec les femmes des Hommes. Ils n’auraient fait plus qu’un avec la race des « Veilleurs ». Huit d’entre eux – dont Ishrael, ou « Satan » -, auraient bientôt donné naissance à 50, puis, à 500, Fils. Ces derniers auraient fini par enseigner les doctrines Magiques élémentaires de leurs parents, à l’Humanité. Le Graal – Emeraude – aurait chuté du front de Satan ; représentant ainsi la naissance de l’Humanité actuelle et la fin de la connaissance du Monde antérieur :
Or : « Le Graal est à la base du Monde actuel. Il est caché dans ses profondeurs, au cœur d’une montagne. Le chemin qui y mène ne doit pas être révélé aux Hommes. D’ailleurs, les Elohims, éternellement au service du Seigneur, le protègent à l’intérieur du Temple de Dieu. Et ils préservent également le corps d’Adam.
Puis, la vision de Baruch dévoile que l’extrémité supérieure du Ciel – Eternelle source de recherches – est appelée « Mi » ; tandis que son extrémité inférieure a pour titre : « Mah ». Elle souligne le fait qu’il faut considérer la palestine comme le centre du Monde ; Jérusalem, comme le centre de la palestine ; et le Temple, comme le centre de Jérusalem. Et elle avoue : « L’Ame n’est pas Immortelle. Il lui appartient de remporter l’Epreuve du Fou ; bien que la science ne lui permette pas de survivre. Les Hommes descendent vers la mort. Les Méchants tombent au cœur du Shéol ; il n’y a pas de salut pour eux. Mais ils peuvent, en faisant pénitence, remonter ; car la porte leur reste ouverte. ».
Il est encore révélé : « Il y a trois sources cachées à Jérusalem. Quand ces trois sources seront découvertes, le Messie viendra ; les temps sont proches. Mais, pour l’instant, le Messie annonciateur de l’Age d’Or n’est pas encore là : le Loup ne cohabite toujours pas avec l’Agneau. C’est pour cette raison que ce n’est qu’après 6000 ans de notre Histoire qu’il viendra ; son règne durera alors toute l’Eternité. Et le plan de Dieu pour son peuple ne pourra plus jamais être contrecarré par une catastrophe ; quelle qu’elle soit. ».
Quelques Hébreux réfugiés en Mésopotamie, eux, se mettent à comparer les différences qu’il y a entre la torah, et un antique manuscrit Chaldéen ayant pour titre : « le Livre des Nombres ». Puis, ils marquent leurs conclusions dans un ouvrage qu’ils nomment : « le Livre de Lumière ».
A l’intérieur de celui-ci, ils marquent alors que les Forces de la clarté ont toujours cautionné ceux qui se servent de la magie à des fins bénéfiques. Ils disent aussi que c’est de la puissance des Ténèbres que se servent les Sorciers Noirs pour faire plier la réalité selon leurs désirs.
Ils expliquent ensuite que c’est à l’Aube des Ages actuels – après la disparition des derniers Elohims -, que l’Humanité s’est séparée en quatre Races : celle des Lémuriens, à l’aspect jaune rougeâtre ; celle des Atlantes, à la peau rouge – et qui a donné naissance aux sous-Races Etrusque, Ibère et Egyptienne - ; celle des Noirs d’Afrique ; et celle des Blancs du Continent Européen.
Dans un autre chapitre, ils établissent un schéma des Enfers. Ils en parlent comme d’un Feu Eternel appelé « Shéol » ou « Géhenne ». Ils disent que c’est à cet endroit que sont jetés les Damnés de la terre : « Les Esprits qui y sont emprisonnés y voient des Etangs de Feu, « l’Erebe ». Ils passeront d’une chaleur torride à des eaux glacées. Et ils s’aventureront en des Contrées pleines de Ténèbres, couvertes par l’ombre de la mort et de la misère.
Ce ne sont partout que des fosses remplies de soufre et de poix. Ce ne sont que des déserts glacés, des gouffres enflammés. Surgissent des puits de feu, des abimes de Ténèbres, et des courants d’eau bouillante. Puis, ces cratères et ces volcans conduisent à l’entrée de l’Enfer proprement dit. Car l’Enfer se situe au centre de la terre. Il débute par un immense océan de feu et de bitume en fusion dans lequel se prélasse une myriade de reptiles venimeux. Il se transforme bientôt en un fleuve semblable à une ruelle longue et étroite. Il se métamorphose en four extrêmement bas, obscur et resserré. De chaque coté de lui, le sol devient fangeux et est envahi par une odeur pestilentielle. Puis, finalement, apparaît un creux pratiqué dans une muraille.
Derrière cette paroi se trouve le Pandémonium, la capitale de l’Empire Infernal : « Après sa chute, l’Ange rebelle à Dieu voulant réunir tous les siens autour de lui, il déchira à un certain nombre de Démons de déchirer les flancs d’une montagne. Ce qu’ils firent. Ils bâtirent ensuite pour lui une cité que ni Babylone, ni Memphis – dans les jours de leur plus grande splendeur – n’atteignirent en magnificence. S’érigèrent donc là des palais et des temples de marbre. Ceux-ci furent munis de plusieurs rangs de lampes étincelantes ; un énorme édifice affermé sur de vastes fondements, et de vastes portes d’airain. ».
C’est au cœur de cette cité que des armées de Démons tortionnaires, des monstres, des créatures à tètes d’animaux, des êtres cruels et des assassins, enferment finalement les Damnés, et ne leur ne laissent pas un instant de répit. Ces Démons sont regroupés en Légions. Et elles ont pour Maîtres les neuf « Séphirolles » : Samuel, le Seigneur des Révoltés ; Belzébuth, le Seigneur du Mensonge ; Lucifer, le Seigneur de la fausseté ; Astaroth, le Seigneur de l’Impureté ; Asmodée, le Seigneur de la colère ; Baal, le Seigneur des Corbeaux de la mort ; Adramalech, le Seigneur des Combats ; Nathanim, le Seigneur des Méchants, des Violents, des Lâches et des Voluptueux. Et enfin, il y a Lilith, la sœur et la compagne de Samuel ; c’est elle qui use de sa Magie grâce à de petites météorites tétraédriques de couleur noire ; et qui est accompagnée de 72 Anges pouvant être invoqués par ceux qui connaissent leurs noms cachés.
Ces Hébreux décryptent encore la vision temporelle du Monde de la torah. Ils font apparaître que celle-ci est tributaire de six périodes cycliques, déterminées par les six premiers Mots de la genèse ; chacune d’entre elle correspond à un millénaire. Ils évoquent les 36 Clefs Majeures, Talismans ou Pentacles que l’Esotérisme et la kabbale rattachent à elles. Et ils sondent les dix Sphères de Savoir qui s’y réfèrent : le « Malketh », ou la porte menant de la mort vers la vie ; le « Iesod », ou la porte ouvrant sur le Royaume de la grande Aventure ; le « Netzahi », ou la porte conduisant au Territoire de l’Amour et de la victoire ; le « Hjod », ou la salle de la gloire et de l’Instruction ; le « Tiphereth », ou la porte glissant vers l’Ile de la beauté et de la vision ; le « Geburah », ou la porte ouvrant sur le Pays de la force ; le « Chesed », ou la porte menant à l’Ile de la grâce ; le « Binath », ou la porte menant au Cœur de l’Intelligence ; le « Chochmah », ou la porte menant vers la contrée de la sagesse ; et le « Kether », ou la porte ouvrant sur la salle de la couronne. Toutes ces Portes sont liées entre elles par des sentiers formant « l’Arbre de la connaissance », et sont protégées par de puissants Esprits.
Les Hébreux précisent alors que nombre de documents qui sont à l’origine des écrits constituant la torah ont été rédigés en Egypte et en Mésopotamie il y a très longtemps : « Hénoch n’est autre que Thot, le dieu Egyptien de la sagesse. Il est l’inventeur de l’Ecriture. Il l’a créée en se fondant sur les caractères Stellaires éparpillés au sein du Firmament. Il a enseigné l’Art de la magie Scripturale aux Hommes. Puis, il a dissimulé les Secrets qu’il leur a montré dans les entrailles de la terre ; sur une dalle de pophyre. ».
Ils spécifient en outre que chacune des neuf premières des 22 Lettres de leur Alphabet possède une signification particulière ; chacune se rattache à une structure numérique spécifique. A est égal à 1 ; ce caractère représente la perfection, l’Unité de Dieu. Si Dieu n’avait pas été Unique, il n’aurait pas pu être le Père. Si il avait été deux, une cassure se serait produite dans l’Infini ; il aurait synonyme de Division et de Mort. B, lui, est égal 2. Il est le premier à s’échapper de cette Perfection ; il désigne le Diable. C est égal à 3. Il appelle à la création ; par exemple, les trois Lettres Mères de l’Alphabet, « Aleph », « Mem » et « Shin » figurent « l’Air », « l’Eau » et le « Feu ». Elles sont synonymes d’enfantement. D est égal à 4 ; il est le chiffre de la terre. E est égal à 5 ; il est celui de la sexualité masculine. F est égal à 6. Il est le nombre parfait – 6 = 1 + 2 + 3. I est égal à 7. C’est un chiffre dont l’association symbolique est évidente : on compte sept Péchés Capitaux, sept Vertus Cardinales, sept suppliques ou sept Planètes principales dans le Ciel. C’est aussi le septième jour du siège de Jéricho que Josué a fait sept fois le tour de la muraille de la ville, et qu’il les a détruites avec le souffle de sept trompettes. Et enfin, une spiritualité très forte est attribuée au septième fils, et au septième fils du septième fils.
Puis, L est égal à 8 : un corps de femme possède huit orifices, le huitième étant celui par lequel de nouvelles vies viennent au monde. 8 est le chiffre du succès. Et M est égal à 9. Il est celui de la plénitude ; c’est celui du nombre de mois qui permet à un enfant d’être conçu, formé et engendré.
Par contre, N est égal à 12. Il correspond à l’accomplissement d’un Cycle. On compte douze mois dans l’année, douze tribus perdues en Israël, douze Signes du Zodiaque. O est égal à 40. Lui détient des propriétés sacrées : car avant le Déluge, la pluie est tombée pendant quarante jours et quarante nuits. Tandis que P est égal à 72. C’est lui qui symbolise le nombre d’Anges par l’intermédiaire desquels les Pouvoirs Divins peuvent être invoqués. C’est aussi lui qui détermine le nombre de combinaisons trilitères caractérisant les noms de Dieu, ou les Lettres constituant le Verbe Initial.
Par ailleurs, parmi les 22 Lettres de l’Alphabet Hébraïque, douze Lettres simples, ou unités ; sept doubles, ou dizaines ; et trois mères, ou centaines. Les premières sont associées aux douze signes du Zodiaque, les secondes aux sept Planètes, et les dernières aux trois Eléments – la terre, l’Air et l’Eau. Par contre, toutes possèdent un haut degré de Mystère : grâce à leurs formes caractéristiques, leur signification Symbolique, ainsi que grâce à l’harmonie née de leur association et de leur combinaison, elles sont capables de beaucoup de prodiges ; comme apporter le malheur ou le bonheur à ceux qui les utilisent.
Ainsi, « Sorath » s’écrivant avec les Lettres « Samesh, Iod, Vaw et Thau », ces dernières valent respectivement 60, 6, 200 et 400 ; soit 666. Elles constituent donc la racine trilitère traditionnelle des termes « s’égarer », « se détourner (de Dieu) », « séduire », « tromper », « repousser », ou « exiler ». De la même façon, l’expression « Zohar » signifie « l’Eclat de la flamme » ; et comme pour Sorath, toutes ses Lettres ont la capacité de changer d’aspect – comme une flamme qui s’allonge. Seul « Iod », qui est rond comme une braise, ne change jamais. Enfin, le Mot « Hayn » correspond à « Ame » ; c’est pour cette raison que dans l’Ecriture, Israël est appelé « Haÿnel », ou « peuple Unique » :
« Cette doctrine Esotérique et Magique, nous la nommons « Kabbale » parce qu’elle nous rapproche de Dieu et de l’Univers. Elle est issue d’une très ancienne Révélation. Elle a été transmise par une chaîne ininterrompue d’Initiés née lors d’un Age précédent. La kabbale est cette chose que nous nous transmettons en murmurant et en secret ; c’est la sagesse qui nous est offerte depuis le Ciel. C’est la science des Sciences. ». Or : « Un Kabbaliste est un homme sorti de Babel, un homme qui sanctifie le nom, qui sanctifie le temps, qui augmente et glorifie la loi. C’est un fils de Roi qui s’habille de Vertu, qui connaît l’emploi mystérieux des psaumes, qui approfondit la parole du Feu, et qui détient la lumière du Matin d’Abraham.
Mais c’est Salomon qui est le premier Roi, et donc, le premier Kabbaliste. Il peut lire les Ecritures Saintes. Il possède les Clefs du déchiffrement de la loi. Il détient les Tables de la loi et le bâton de Mesure d’Aaron. ».
Finalement, lorsque ces Hébreux terminent de rédiger leur Livre de Lumière, l’un d’eux conclut : « Notre Livre de l’Apocalypse est désormais fermé par des Sceaux Kabbalistiques. Il faut ainsi les briser un par un pour pouvoir lire ses pages ; mais la tâche est rude. ».
21 mars 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 340 - 346
Quelques semaines plus tard, au cours de son expédition, Ménélik écrit : « Laissant Jérusalem derrière eux, Ménélik et Zadok se dirigèrent vers Gaza. Parvenus là, ils suivirent ensuite la route des caravanes. Ils traversèrent la partie Nord de la péninsule du Sinaï. Ils entrèrent en Egypte au bout de treize jours de marche. Ils parcoururent rapidement son territoire. Ils suivirent le cours du Nil, puis son affluent appelé Takazé : « Avançons, s’écrièrent t’ils, car nous voici devant l’eau d’Ethiopie. Voici le Takazé, qui coule d’Ethiopie, et arrose la vallée qui est devant nous. ».
Ils franchirent dès lors la frontière Ethiopienne à Debra Makeda. Ils conduisirent leur Relique jusqu'à l’une des îles orientales du lac Tana ; en un lieu cher à Dieu – du nom de Kirkos, ou « Debra Sion ». Ils déposèrent celle-ci au bord d’une falaise située au sommet de l’île. Ils érigèrent un groupe assez serré de trois piliers de pierre. Le premier d’entre eux atteignit 1,50 mètre de hauteur et fut taillé en carré comportant en son centre une sorte de déclivité. Les deux autres mesurèrent un mètre, mais présentèrent également une cavité centrale de dix centimètres de diamètre.
Puis, Ménélik et Zadok offrirent des holocaustes en l’honneur de leur Relique. Le prince trempa l’une de ses mains dans du sang de bœuf fraîchement égorgé. Il en répandit une partie sur les pierres. Il en fit couler sur le support maintenant l’Objet Sacré en l’air. Il versa ce qui restait du sang au creux des monolithes. Il s’éloigna, prit une jatte vide dans sa main gauche. Il y plongea son index. Et il l’éleva au-dessus de sa tète, le secouant un moment de haut en en bas. ».
A l’issue de cet holocauste, Ménélik et Zadok abandonnent l’île et la relique ; et prennent la direction de Zimbabwe. Ménélik fait alors remarquer à Zadok : « Mais les Elus du Seigneur sont des hommes d’Ethiopie. Car là se trouve la maison de Dieu, la sion céleste, l’Arche de son Alliance. ». Il lui dit encore : « Pourquoi t’attrister ainsi de notre départ de Jérusalem ? Car cela est arrivé par la volonté de Dieu. L’Arche et ses pouvoirs surnaturels ont été donnés au fils premier né de Salomon. Et que la volonté de Dieu soit faite, et non la volonté de l’Homme. ».
Et de rajouter : « Quant à ce que tu dis concernant le transport de l’Arche d’Alliance jusqu’en Ethiopie, si Dieu le voulut, nul n’aurait pu empêcher son départ. Car elle partit de son plein gré, et de son plein gré elle reviendra ; s’il plait à Dieu. ». Ou toujours : « L’Arche part de sa propre volonté, et ne peut être déplacé si elle ne le désire pas. Sans la volonté de Dieu, l’Arche ne résidera nulle part. ».
Une fois installé à Zimbabwe, et après avoir succédé à la reine de Saba, Ménélik se rend vite compte que les peuples vivant sur les hauts plateaux d’Abyssinie, sont animistes. Il s’aperçoit que ceux-ci se réfèrent sas cesse à nombre de divinités primitives appelées « Yeadaras » ; et censées être très puissantes. Il constate qu’ils vénèrent plus particulièrement un Dragon Céleste nommé Sando. Et il tente peu à peu de les convertir à sa propre religion. La légende révèle à ce propos : « Le fondateur de la nouvelle religion se nommait Anayer – « Ménélik en éthiopien ». Il vint en Ethiopie voilà bien longtemps. Après sept années de famine dans son pays d’origine, un pays très lointain, il émigra chez nous. Au cours de son voyage, avec sa femme et ses enfants, il rencontra le « Wambar », le plus important chef de la tribu des Fashalas – il est aussi le grand ordonnateur des Rites Ancestraux -, qui lui aussi voyageait avec sa femme et ses enfants. Un projet d’alliance matrimoniale fut envisagé entre les deux groupes. Mais, il n’aboutit pas. ».
« Car, se souvient Ménélik, comme m’y avait convié le Wambar, j’étais allé voir le « Qole ». En l’occurrence, il s’agissait d’un énorme acacia planté à l’Ouest du campement ; au sommet d’un éperon rocheux d’où le regard couvrait des dizaines et des dizaines de kilomètres de paysage accidenté. Cet après-midi là, donc, une douce brise, chargée des parfums du désert lointain, parcourait les canyons fauves en dessous de moi. Les ravins, les collines, favorisaient l’essor des aigles franchissant les contreforts rocheux. Je rejoignis le Qole et le contemplais. Noueux, massif, l’acacia me sembla si vieux que je le crus volontiers multicentenaire, voire multimillénaire. A l’intérieur du muret qui le cernait, je vis des offrandes ; à même le sol. Il y apparaissait une jarre d’huile, un tas de millet, des petits morceaux de café, un poulet ligoté dans l’attente du sacrifice. Chacune de ces pièces contribuait à la singularité du lieu. Et leur pieuse bizarrerie suscita en moi un frisson, mais nullement de terreur. ».
Après cette expérience, Ménélik parvient tout de même – non sans mal – à convertir plusieurs tribus de Fashalas à la religion Hébraïque. Par la même occasion, il les rallie à sa cause. Il leur fait accepter sa souveraineté sur leur territoire. Il doit faire face à d’autres clans, qui, eux, sont farouchement attachés à leurs Traditions liées au Qole. Et ils refusent de renier les lois de leurs aïeux. C’est ainsi que les hauts plateaux d’Abyssinie se scindent en deux camps : celui des tribus devenues Juives et acceptant Ménélik comme leur souverain ; et celui de celles s’accrochant désespérément à leurs dogmes, et considérant Ménélik comme un usurpateur.
De fait, de nombreux combats fratricides s’ensuivent. Certains chefs locaux profitent de l’occasion pour accroître leurs ambitions et susciter des rivalités. Ménélik, de son coté, use des différents courants pour remporter quelques victoires décisives. Et il fait plier tout le monde : « Le roi et la reine de cette nation, de la maison d’Israël, ont su préserver leur souveraineté et leur religion, qui remontent à des temps très anciens. ».
Au bout de quelques années, Salomon a sensiblement amélioré ses relations avec les pays avoisinant le sien. Désormais en effet, ses relations avec le roi de Tyr ne se limitent plus à de simples échanges commerciaux : les deux monarques se lancent régulièrement des défis sous forme d’énigmes à résoudre ; celles-ci sont pour eux autant d’occasions de faire preuve de leur jugement éclairé. Ils organisent aussi parfois ensemble des expéditions maritimes partant à la recherche de marchandises rares. Ils envoient de concert des navires en direction de Tartessos. Ils relèvent et fortifient les cités hébraïques d’Hazor, de Megiddo et de Gaza. Puis, ils font en sorte que ces dernières acquièrent une importance stratégique et commerciale primordiale ; Salomon donnant en effet ordre à leurs gouverneurs de renforcer leur contrôle sur les régions environnantes, mais aussi les trafics qui s’y implantent sans cesse.
De fait, lorsque Salomon décide de faire bâtir un Temple sur la montagne de Sion – ou « Moriah » ; c’est à dire « l’endroit où Abraham a accepté de sacrifier son fils Isaac à Dieu » -, il a une idée précise du déroulement des opérations. D’abord, il entrepose l’Arche d’Alliance chez un Prêtre nommé Obedébom au cours des cérémonies pascales, afin de la protéger de toute profanation. Sept semaines plus tard – lors de la fête de la moisson -, il installe la relique sous une tente située non loin de Silo, au lieudit « la colline des Gabaonites ». Il demande bientôt au souverain Phénicien de lui envoyer des architectes – tels qu’Hiram – et des ouvriers spécialisés – ou « Compagnons -, pour l’aider à édifier son monument. Il apprend par la même occasion qu’Hiram est considéré chez lui comme quelqu’un exerçant des pouvoirs prodigieux. En échange, il envoie des denrées alimentaires et du bois au roi de Tyr. Il fait également appel à des Mages Egyptiens issus d’une Confrérie très ancienne, et doués de Connaissances considérables en Architecture. Il leur demande d’être accompagnés – entre autres - par les Sorciers Balaam, Flégétanis et Ireo Circio. Et il insiste auprès d’eux que le Temple doit être un reflet de la loi de Dieu, ainsi que le fil conducteur menant aux Clefs des Secrets de l’Arche.
Ses nouveaux collaborateurs étudient donc bientôt le territoire de Jérusalem le plus minutieusement possible. Ils cherchent le lieu où l’Essence Vitale du sol est la plus abondante. Ils lui présentent le plan d’un édifice décomposé en trois parties : le Vestibule – qui symbolise la mer -, le Sanctuaire – qui représente la terre -, et le Saint des Saints – qui désigne le plus haut des Cieux. Ils lui montrent également de quelle manière ils vont utiliser leur Art à l’intérieur du Sanctuaire ; dans quelles proportions ils vont s’inspirer du Savoir et de la sagesse des constructeurs de Pyramides, ainsi que de la force Spirituelle – redoutable et incomparable – qui ces derniers ont exercé sur elles, afin d’élaborer leur propre Architecture Mystique. Salomon est d’ailleurs vite d’accord avec leur manière de concevoir, et avec ce qu’ils lui proposent. Et c’est ainsi que ses invités s’attaquent à l’édification du Saint des Saints : « Les travaux débutèrent le second jour du second mois, sous la direction d’Hiram. Quand le premier bâtiment fut élevé, on dota ses murs intérieurs d’un revêtement en bois de cèdre sur lequel fut coulé de l’or. Ses poutres, ses seuils, les battants de ses portes, reçurent une couche protectrice faite en métal précieux venu de Nubie. Rien que pour les clous, on utilisa 50 sicles d’or. Hiram dressa ensuite deux colonnes sur le devant de la salle, l’une à droite, et l’autre à gauche. Et il nomma celle de droite « Jakin », et celle de gauche « Boaz ».
Sur les parois intérieures de l’édifice, les Mages sculptent ensuite une sorte de cryptogramme universel évoquant l’Esprit de Dieu. Grâce à un Alphabet Occulte, ils retranscrivent les 72 noms d’YHWH au cœur de 36 talismans muraux ; ils les appellent « Clefs Hiéroglyphiques Majeures ». Par l’intermédiaire de leurs 22 lettres Magiques, aux structures numériques, chimiques et physiques essentielles, ils figurent des données géométriques telles que des tétragrammes. Ils insistent de fait sur la primauté du Temps, sur la richesse Spirituelle du Monde, ainsi que sur la réalité Mystique du Chaos créé par Dieu. Et, enfin, ils y dessinent des Constellations et des Etoiles renfermant le plus haut degré de Mystère Céleste grâce à leurs formes, à leur signification, et aux associations de leurs combinaisons.
De son coté, la reine de Saba ayant fait envoyer à Salomon de l’or d’Ophir, des pierres précieuses et du bois de Santal, ce dernier confie ces matériaux à Hiram. Hiram les utilise afin de fabriquer des escaliers, des harpes et des luths à installer dans le Vestibule. Il y érige encore un grand trône d’ivoire incrusté d’or pur : « Ce trône avait six degrés et un marchepied d’or attenant. Il y avait des bras de chaque coté du siège ; deux lions étaient près des bras, et douze lions de part et d’autre des six degrés. Il ne s’est rien fait de pareil dans aucun royaume. ».
Puis, Hiram fait ciseler les emblèmes du feu et de l’eau sur les bas cotés du Temple. Il y représente ainsi le triangle dont la point est dirigée vers le haut, et le triangle dont la pointe est dirigée vers le bas. Il pose un peu partout des étoiles à six branches – aussi appelées « Sceaux de Salomon » -, des « Cercles d’Ireo Circio » - ou, autrement dit des « Pentacles Noirs rattachés au Secret des Secrets ». Il y fait tailler des figures de dragons. Il y fait ciseler quelques unes de ces créatures mythiques en train de nager dans les profondeurs de la mer. I en façonne d’autres ressemblant à des êtres mi-poissons mi-serpents, et qu’il désigne par le terme : « Léviathan ». Il pose parfois des Ecritures : « Tu es le Roi de Sion, en vérité. » ; « Le Temple est le centre du Monde ; en choisissant la montagne de Sion, Dieu a bâti son Sanctuaire dans les hauteurs, comme la terre qu’il a fondée à jamais. » ; « Le Dieu d’Israël domine les Astres Célestes, les autres nations, et les dieux des autres peuples lui sont assujettis. » ; « Au nom du Dieu plein de miséricorde et de grâce, lent à se courroucer, toujours prêt à la clémence. » ; « Les nations monteront d’année en année pour se prosterner devant YHWH et profiter de la fête du Tabernacle. » ; ou « Les Sanctuaires de la reine de Saba étaient riches, mais leurs richesses n’étaient rien comparées à celles du Temple de Salomon. Le poids de l’or qui y était mis chaque année était de 670 talents d’or pur. Outre ce qu’il en retirait des négociants et des marchands qui en apportaient de tous les rois d’Arabie et des gouverneurs du pays, le roi Salomon e martela pour fabriquer 200 grands boucliers ; pour chacun desquels il employa 600 sicles d’or. ».
Et enfin, Hiram détache une pierre à l’angle du Temple. Il explique à ses Compagnons Maçons qu’il la réintégrera « le moment venu ». Il leur dit qu’elle sert en effet de Clef de voûte au corps Secret de l’édifice : « La pierre qu’a rejetée le bâtisseur est devenue la tète de l’angle. ». Il leur apprend que certains d’entre eux sont destinés à rester avec Salomon pour entretenir la construction qu’il a érigée. Il s’aide de plusieurs Mages Egyptiens pour leur transmettre sa Connaissance Architecturale, les notions structurales Sacrées, voire Interdites, qu’il y a mis. Il leur fait comprendre que le Temple est un chef d’œuvre de l’Art Maçonnique. Et, finalement, il leur demande de léguer à leurs successeurs ce qu’ils ont appris de lui.
Après sept ans d’élaboration, et avoir usé 17 000 ouvriers et 3300 officiers, le Temple est enfin terminé. Salomon décide alors de rassembler les Mages, les Anciens d’Israël et les chefs de tribus autour de lui : « Il réunit à Jérusalem les Anciens d’Israël et les Chefs des clans. Et l’arrivée de l’Arche d’Alliance, de même que la dédicace du Temple, eut lieu. ». Salomon et ses compagnons transportent alors l’Arche d’Alliance de la colline des Gabaonites au centre du Saint des Saints. A leur passage, tous les arbres qu’ils croisent se mettent soudainement à se couvrir de buée et à produire une abondante récolte de fruits. Ils aboutissent à l’entrée de la salle. Ils y pénètrent. Ils avancent jusqu’à un escalier central ouvrant sur un abîme – ou « Shettiyyah », ou encore « Puits des Ames » -, qu’ils descendent. Ils atterrissent devant un passage dissimulé sous le Saint des Saints. Ils s’enfoncent au cœur d’un boyau les conduisant dans les entrailles de la terre. Ils arrivent dans une seconde pièce. Ils déposent l’Arche d’Alliance au sommet d’un autel en or, tandis que celle-ci commence à produire une sorte de luminescence irréelle. Ils l’entourent rapidement des deux Chérubins qui ont été préparés à son intention. Ils posent les deux statuettes d’or, et dont les ailes ont vingt coudées de longueur, de part et d’autre de la relique. En même temps, ils voient une fumée multicolore matérialiser ce qui leur semble être la gloire d’YHWH. Ils se retirent donc rapidement dans l’obscurité pour ne pas être touchés par l’aura de l’Eternel. Et Salomon ordonne que, désormais, l’Arche ne doit être jamais plus approchée par personne ; nul ne doit y avoir accès, si ce n’est les Grands Prêtres du Temple ; et encore, qu’une fois par an. Ils seront en effet les seuls qui auront l’autorisation de la contempler quand se produira sa grande illumination.
Salomon dit enfin que la montagne de Sion, ainsi que son Sanctuaire, seront dorénavant identifiés à la montagne divine du Septentrion ; celle d’où ruissellent les eaux vivifiantes du Monde. Et, finalement, devant l’Arche, il sacrifie une multitude de brebis et de bœufs en l’honneur de l’Eternel : « Mais il advint que les Prêtres ne purent rester à proximité de l’Arche d’Alliance à cause de la nuée, car la gloire de l’Eternel remplissait la maison de l’Eternel. Alors, Salomon parla : « Le Seigneur a dit qu’il habiterait dans une nuée. O, Dieu, j’ai bâti cette maison afin qu’elle te tienne lieu de demeure et que ton trône y soit établi pour jamais. Pourtant, si les Cieux, et les Cieux des Cieux, ne peuvent te retenir, comment moi, encore, le pourrais dans cette maison que j’ai bâtie pour toi ? ». ».
Salomon demande alors à Balaam d’entreposer les trésors constitués par les prises de guerre de David, aux cotés de l’Arche d’Alliance : « L’or et tous les instruments que David avait consacré, Salomon les fit mettre dans la maison de Dieu. ». Il commande à Flégétanis de lui réécrire la très ancienne histoire du Graal. Pour cela, il lui suggère d’examiner attentivement les Etoiles et les Constellations inscrites un peu partout dans le Temple : « Le Graal n’est pas être conservé dans un récipient de fer, ou de tout autre métal. Il est enveloppé de lainage, puis, mis dans une chasse de plomb remplie d’orge. ». Flégétanis écrit encore que sa lignée, comme celle de Balaam et des autres Mages Egyptiens venus en Israël, a depuis longtemps acquis un grand Savoir remontant des Ages très anciens. Il marque alors que c’est pour cette raison qu’il est obligé de cacher « ce » Graal à l’intérieur de l’Arche d’Alliance.
Puis, il fabrique dix chandeliers à sept branches. Pour cela, il commence par utiliser un fragment de la « Pierre-Emeraude » enchâssée à « ce » Graal. Il façonne leurs extrémités en forme de trident. Il grave leurs soubassements d’un croissant de Lune renversé – ce qui désigne la constellation de Sirius chez les Mages Egyptiens. Il orne leurs socles de mots tels que « Zohar » - qui signifie « l’Eclat de la flamme » -, ou « Rotas » - ce qui donne « Resh, Vav, Tav et Samekh » en hébreu. Il cisèle encore à leurs sommets, une contraction de plusieurs lettres semblables. Il leur adjoint une lame d’or et une tiare sacerdotale portant l’inscription « YHWH ». Il invoque enfin des Esprits, les enchaînent à des embryons humains doués d’une grande force physique, afin qu’ils protègent les sous-sols du Saint des Saints. Puis, il apprend à Salomon d’innombrables enchantements liés à ces « Golems », pour que ce dernier puisse les dominer et les contrôler :
« Selon l’ordonnance qui concernait les dix chandeliers d’or, Balaam et ses amis placèrent ceux-ci dans le Saint des Saints ; cinq à droite et cinq à gauche. Ils y déposèrent également 100 coupes d’or. Ils installèrent d’autres ustensiles : des tables sur lesquelles ont mettrait des pains d’oblation, des lampes d’or pur qu’on devrait allumer au cours des cérémonies, des fleurs, des mouchettes d’or très pur, des couteaux, des coupes, des tasses, et des brassiers d’or pur. ».
A l’issue de la cérémonie d’investiture du Temple, Salomon fait immédiatement en sorte de cristalliser la vie politique et religieuse du pays, autour de Jérusalem. Car il est persuadé que la sainteté de la cité irradie dans toutes les directions depuis la montagne de Sion. Dès lors, il amène à sa cour nombre de poètes, de lettrés et de scribes. Il invite également des chanteurs et des musiciens maniant luths, cymbales, harpes et petits disques métalliques produisant de curieux sons discordants. Il désigne les clercs Melchisédech et Azarias – le fils de Zadok – comme Grands Prêtres. Il établit vite une généalogie permettant aux ecclésiastes Lévites de rattacher leur ascendance à Aaron. Il leur demande en outre de porter une marque distinctive : des vêtements de lin blanc ornés de hiéroglyphes désignant l’Orient du Ciel. Il leur ordonne de se vouer désormais entièrement au culte de Yahvé, mais aussi de présider aux sacrifices l’honorant. Il établit parmi eux une hiérarchie au sommet de laquelle apparaît une caste de « Maîtres Initiés » - des « Pères » -, dont les membres inférieurs doivent recevoir la « Connaissance ».
Or, lors de leur investiture, les membres de la caste inférieure subissent plusieurs épreuves : « Etendus sur le sol, les yeux bandés, les nouveaux venus entendent trois Clercs décider de les enfouir sous un tas d’ordures jusqu'à minuit. On les emmène alors hors du Temple. Afin de symboliser l’enterrement d’Hiram, on les enveloppe dans une couverture. On les fait descendre dans une tombe creusée en haut d’une colline située à l’Ouest du mont Moriah. Les sujets entendent les trois clercs s’accorder pour marquer la nécropole grâce à un rameau d’acacia, puis pour attendre que la cloche sonne les douze coups. ».
Une fois cette expérience accomplie, les jeunes Initiés sont disséminés par leurs supérieurs un peu partout dans le pays. Ils apprennent à se faire respecter et à se faire craindre par toutes les couches de la population hébraïque. Ils font en sorte d’exercer sur elle une certaine influence. Ils répandent la croyance en la puissance des Mages et des Démons : « Tu ne laisseras pas vivre une Sorcière d’Endor. » ; mais ils essayent de communiquer avec l’Inconnu par d’autres moyens que ceux reconnus par leur Religion. Ils persuadent ceux qu’ils rencontrent sur leur route qu’il existe une autre forme de vie Outre Tombe. Ils imaginent en effet que les défunts deviennent des Ombres menant une vie triste et larvaire dans le Monde Souterrain ; ils estiment que le retour de celles-ci dans l’Univers des vivants doit être terriblement redouté. Par ailleurs, au cours de conclaves locaux ou régionaux, ils ont pour obligation de donner leur bénédiction aux hommes et aux femmes qui viennent les voir. Ils doivent leur communiquer la volonté de Dieu en ce qui les concerne, au moyen de la divination. Ils accordent une grande valeur aux rêves intuitifs ; pour eux, ce sont des instruments de Révélation. Ils usent de leurs capacités thaumaturgiques en prononçant des oracles redoutables, mais également par l’intermédiaire de techniques leur conférant des pouvoirs quasi surhumains.
De leur coté, une fois l’an, les « Pères » - « Grands Prêtres » sont contraints de commémorer publiquement le jour du Sabbat. A ce moment là, ils pénètrent dans le Temple de Salomon. Ils se dirigent vers le Saint des Saints. Ils approchent du voile recouvrant l’Arche d’Alliance. Ils trempent leur index dans le sang d’une victime expiatoire, puis procèdent à sept aspersions à la face de Dieu, avant de répandre de reste du sang sur le sol.
Ces « Pères » ont encore pour charge d’organiser et de célébrer les trois fêtes rurales israéliennes. Ils rassemblent le peuple de Jérusalem sur l’esplanade du Temple pour une durée de sept jours. Ils conviennent d’accomplir des Rites pendant la nuit de la pleine Lune. Ils participent à des réjouissances collectives. Ils perpétuent la fête du pain en Mars-Avril, avec son acte essentiel qu’est l’immolation de l’anneau ; celle de la moisson en Mai-Juin, sept semaines après la fête pascale ; et celle de la récolte, qui marque la fin de l’année agricole et le début de l’année nouvelle.
Or ces événements, habituellement, les Pères font par ailleurs en sorte de rehausser la majesté de YHWH auprès des fidèles par toutes sortes de moyens. Un jour, ils instituent autour de lui une véritable cour Céleste. Ils désignent plusieurs des membres de celle-ci par le nom « d’Anges », de « Saints » ou de « Fils de Dieu ». Ils expliquent aux profanes que ces derniers font office de courtisans auprès de Dieu en chantant ses louanges. Ils racontent qu’ils font partie de son armée. Ils déclarent qu’ils se trouvent au sein de son Conseil ; ce Conseil au cours duquel YHWH décide du destin des Héros. Ils annoncent que Satan et ses sbires, apparaissent parmi eux, mais que c’est dans l’entourage de ces Ennemis qu’YHWH recrute ses espions et ses messagers. Ils avouent que, de la même manière qu’un souverain terrestre, Dieu doit ainsi souvent se méfier de ses courtisans, qu’il ne peut leur accorder une confiance aveugle ; que dans ces cas là, il a pour devoir de les punir en transposant sur le plan divin le destin réel ou supposé de ces puissances étrangères. Et ils insistent enfin sur le fait que, quand les tâches les y oblige, les Anges prennent un forme visible afin de se dévoiler aux Hommes ; mais qu’à ce moment là, leur caractère surnaturel se révèle par l’intermédiaire de leur beauté, ainsi que par leur capacité à s’évanouir aussitôt dans la nature. De même que par leur facilité à remonter vers la voûte Céleste au milieu de flammes multicolores.






































