Mes Univers

Quand le Mythe rejoint l'Histoire, il y a un Instant Magique où la Réalité n'existe plus que pour ètre emportée par le Souffle d'une Légendaire Epopée...

11 décembre 2009

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1681 - 1683

IrakIrak, seconde moitié du XXème siècle :

En 1962, des archéologues spécialisés dans les recherches sur la civilisation Mésopotamienne mettent au jour près de l’Euphrate des pierres sacrées et dressées. Ils ont dès lors l’impression que celles-ci ressemblent étrangement aux menhirs d’Occident et aux obélisques Egyptiens. 

Liban, seconde moitié du XXème siècle :

Chassés de chez eux par quatre guerres israélo-arabes, durement contrôlés en Jordanie, les Palestiniens sont de plus en plus nombreux à se réfugier au Liban. Si tous les pays Arabes affirment les soutenir, aucun d’entre eux ne se soucie d’améliorer leurs conditions de vie, et nombreux sont les extrémistes qui se félicitent de disposer, grâce à eux, d’un casus belli permanent.

La présence des Palestiniens met en effet en péril l’équilibre de la vie politique libanaise, où chrétiens et musulmans se partagent les charges gouvernementales. La communauté musulmane, minoritaire et désavantagée à l’époque du mandat français, se voit renforcée.

La guerre civile qui s’internationalise est en œuvre au Liban : le 13 Avril 1975, des miliciens de confession chrétienne, les phalangistes, exécutent les passagers d’un car palestinien. Cet acte déclenche un conflit armé entre les phalangistes et les partisans de l’Organisation de libération de la palestine – O.L.P. – établis au Sud-Liban. Les combats détruisent Beyrouth. En 1976, la syrie, qui cherche à dominer le pays en affaiblissant chaque parti, intervient militairement, d’abord contre les milices chrétiennes, puis contre les Palestiniens progressistes. En Mars 1978, en réplique à un attentat palestinien, Israël occupe le Sud-Liban pendant trois mois. Une force des Nations Unies, la « F.I.N.U.L. », s’interpose. Mais les efforts de l’Egypte et d’Israël pour promouvoir la paix dans la région et la signature des accords de Camps David entre les deux pays ne règlent pas la question. En Juillet 1980, les affrontements internes redoublent. Et aux attentats palestiniens répondent des raids israéliens. Le Liban ne parvient pas à se reconstruire. 

Israël, seconde moitié du XXème siècle :

A l’issue de la seconde Guerre Mondiale, en Palestine britannique, les rivalités qui opposent Juifs et Arabes croissent ; chaque communauté met sur pied des organisations de combat. Police supplétive juive, le « Haganah » protège les « Kibboutzim », mais des groupes clandestins comme l’Irgoun ou Stern préconisent l’usage du terrorisme également contre les Anglais. En 1945, les pays arabes signent le pacte de la ligue Arabe, où sont admis les Palestiniens. La situation du Royaume-Uni, autorité de tutelle, devient délicate ; le blocus des cotes pour empêcher l’immigration clandestine dresse contre elle l’opinion internationale, surtout après le refoulement du navire « Exodus » en Juillet 1947. Des attentats de la « Haganah », de l’Igourn et du groupe Stern frappent soldats ou fonctionnaires anglais ; une explosion ravage l’hôtel King David occupé par l’état-major britannique à Jérusalem. Les Arabes ne sont pas en reste et s’attaquent aux possessions juives : le siège e l’Agence Juive de Jérusalem est bientôt dynamitée.

En 1947 également, plusieurs Archéologues s’aventurent par hasard à l’intérieur des grottes de Quram. Ils découvrent tout d’abord les vestiges d’une cité imposante. A une centaine de mètres de là, ils aperçoivent l’ouverture d’une seconde caverne. Ils la franchissent. Ils distinguent une terrasse dont le sol est encombré de parchemins. Un peu plus loin, ils observent un trou pratiqué dans le sol. Et au fond de celui-ci, un refuge contenant des dizaines de jarres et des milliers de fragments de papyrus dissimulés sous une épaisse couche de terre :

« A notre entrée, nous contemplâmes un immense mur de granit noir ; il symbolisait le lourd fardeau qui, depuis 2000 ans, pèse sur le peuple d’Israël. Conçu comme un abri souterrain, avec une sorte de tunnel, ce Sanctuaire nous permit d’admirer des rouleaux, ainsi que divers objets sacrés. ».

Puis, à un moment donné, parmi les débris, les Archéologues exhument trois plaques de cuivre. Ils les examinent. Ils constatent qu’elles ont une dimension de 30 sur 80 centimètres. Elles sont roulées et fortement soudées par l’oxydation.

Ils les rapatrient donc à Jérusalem. Ils les envoient ensuite rapidement dans trois centres religieux différents pour être examinés avec attention. Ils en amènent ainsi une à la bibliothèque secrète du Vatican – à laquelle le pape lui même n’a pas accès. Là, les spécialistes qui travaillent dessus se rendent compte que ce qu’elle révèle sont des documents issus d’archives inconnues de l’Humanité. Au fur et à mesure de leur décryptage et de leur lecture, les chercheurs deviennent d’ailleurs de plus en plus persuadés qu’ils sont en présence d’un îlot de foi totalement isolé. Ils sont sûrs d’avoir entre les mains des textes orthodoxes extrêmement précieux, mais à ne divulguer sous aucun prétexte parce qu’ils parlent du début des Ages et l’opposition entre les Fils de la lumière et les Fils des Ténèbres. La deuxième plaque de cuivre, quant à elle, est cachée en Espagne, en un lieu connu uniquement par quelques rabbins Initiés ; et la dernière au Maroc, où elle est confiée à des chefs Musulmans farouchement opposés à la divulgation de ses Mystères. 

10 décembre 2009

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1679 - 1681

iranIran, seconde moitié du XXème siècle :

Mossadegh est élu député en 1944. Il fait aussitôt voter une loi qui interdit toute concession pétrolière sans autorisation du Parlement, de façon à préserver les réserves du pays. Il fonde, en 1949, le parti du Front National, et devient Premier Ministre en 1951. C’est alors qu’il entreprend de nationaliser l’Anglo-Iranian Oil, et d’expulser les techniciens britanniques de la compagnie. Les représailles économiques et la réaction internationale sont telles que le Chah l’oblige à démissionner en 1952 ; mais Mossadegh revient au pouvoir sous la pression populaire. Le Chah, dont il veut limiter le pouvoir, doit s’enfuir ; il est cependant rétabli dans toute son autorité par le coup de force du général Zahedi le 19 Août 1953. Jugé, condamné à mort, Mossadegh est amnistié en 1956.

En 1959, l’impératrice Soraya, dont les yeux verts ont fait les beaux jours des magazines du Monde entier, est remplacée. Mohammad Reza Pahlavi, chah d’Iran, qui veut absolument avoir un héritier, doit répudier son épouse, après sept ans de mariage, et donner au pays une nouvelle impératrice.

Le 21 Décembre de la même année, à Téhéran, il convole donc en troisièmes noces avec une étudiante en architecture, Farah Diba, dont il a bientôt quatre enfants.

En 1967, le chah d’Iran, heureux père d’un héritier mâle, peut recevoir la couronne impériale. Tous les chefs d’Etat et de Gouvernement sont conviés aux fêtes du couronnement, pour lesquelles on a recours aux plus célèbres bijoutiers, brodeurs et couturiers. Preuve de modernité, l’Impératrice Farah est couronnée en même temps que son époux. Mais les gages donnés à l’Occident ne doivent pas faire illusion : l’Iran subit une dictature très autoritaire.

En 1973, en Iran, les ayatollahs sont les dépositaires du sens secret de la révélation coranique ; les imams sont les successeurs légitimes du Prophète. Le titre honorifique d’ayatollah, le plus élevé dans la hiérarchie cléricale, s’acquiert dans une université religieuse. Les docteurs de la loi les plus compétents, les « mujtahids » - ou « sources d’imitation » - exercent une influence considérable : c’est à leurs interprétations que le fidèle doit se référer pour tout ce qui concerne sa conduite.

Quant au titre de « mollah », il désigne un homme formé dans une école religieuse, quel que soit son rang hiérarchique. Dans la pratique, le terme désigne les membres du bas clergé.

Fin 1978, d’immenses manifestations contestent régulièrement le régime monarchique, tourné vers l’Occident, qui règne par la terreur et la brutalité. Le 16 Janvier 1979, sous la pression de la rue, le chah Reza Pahlavi quitte l’Iran. En Février, l’artisan et le symbole de cette révolution, l’ayatollah Khomeyni, rentre triomphalement à Téhéran après quinze ans d’exil.

Car, l’ayatollah Khomeyni est l’un des plus hauts dignitaires du clergé chiite. Installé dans la ville sainte de Qom, le « Guide de la révolution » galvanise la foule autour de ses mots d’ordre. L’Iran doit rompre avec les valeurs matérialistes occidentales et revenir à une société conforme aux règles de la charia, le droit islamique. Récusant les deux modèles idéologiques qui dominent le Monde, le capitalisme et le socialisme, l’Iran montre aux pays musulmans l’exemple d’une troisième voie. Il est à l’avant garde de la révolution mondiale qui va reconstituer « l’umma », la communauté des croyants de l’islam, destinée à être le fer de lance de la lutte du tiers monde contre l’impérialisme et le colonialisme. 

La mise en œuvre de cette idéologie se traduit par un revirement de la politique étrangère. Le régime rompt avec Israël et les pays Arabes conservateurs – Arabie Saoudite, Egypte -. Il soutient la cause palestinienne ainsi que les mouvements chiites qui se manifestent en Irak, au Liban, en Afghanistan. Les pays occidentaux – et plus particulièrement la france et les Etats-Unis en raison de leurs liens avec le chah – sont qualifiés de « grands Satans ». L’Iran menace de représailles mais se défend de toute responsabilité dans les actions terroristes qui atteignent ces deux nations : prise en otage du personnel de l’ambassade américaine à Téhéran, envoi de commandos suicide contre les contingents français et américains de la force multinationale stationnés à Beyrouth, enlèvements et séquestrations de ressortissants français au Liban, attentats à Paris…

En Mars 1979, la république islamique est proclamée. En Décembre, avec 99,5 % des voix pour, mais environ 50 % d’abstentions, le pays adopte par référendum une constitution qui assure la suprématie du clergé chiite. La « velaya faghih », la souveraineté du docteur de la loi, garantit à l’ayatollah Khomeyni des pouvoirs considérables. Contestée par d’autres ayatollahs, cette doctrine lui délègue un pouvoir temporel absolu : la direction de l’armée, le contrôle du pouvoir exécutif – ni le chef de l’Etat ni le chef du gouvernement ne peuvent agir sans son approbation – et la faculté de nommer les membres du conseil qui vérifie la conformité des lois avec la charia. En outre, l’Assemblée législative – élue au suffrage universel – est dominée par ses partisans. L’Iran devient ainsi une théocratie islamique. 

Maitre de l’Iran, Khomeyni instaure un « ordre moral » qui se fonde sur une lecture absolutiste de la loi coranique. Il rétablit, pour les femmes, le port obligatoire du voile, le « tchador », que le chah a aboli en 1935. La prostitution, les jeux de hasard, la consommation d’alcool et de stupéfiants sont sévèrement réprimés. La milice armée des « Pasdaran », les gardiens de la révolution, quadrille le pays et élimine les opposants. Le parti communiste Tudeh, les Kurdes, les partisans d’un régime parlementaire, les défenseurs de la laïcité sont poursuivis. On estime à environ 200 000 le nombre des victimes de la répression. Au sein du pouvoir, les rivalités entre radicaux et modérés conduisent à des éliminations brutales. Bani Sadr, qui a été élu président de la république en Janvier 1980 avec 75 % des suffrages, est destitué en Juin 1981 et contraint à l’exil. Son successeur, Ali Radjai, et le Premier ministre, Mohammad Bohonai, meurent l’année suivante dans un attentat. L’ayatollah Montazeri, considéré un temps comme le dauphin de Khomeyni, tombe en disgrâce en 1986. Ses partisans sont emprisonnés et exécutés. Mais la violence des affrontements entre clans rivaux ne remet pas en cause l’unanimité populaire autour de l’ayatollah Khomeyni, le seul véritable pilier du régime.

Quant à la politique étrangère, elle se solde par un échec. Dans le monde Arabe, la révolution iranienne rencontre peu d’écho, les musulmans restant majoritairement acquis au sunnisme. Le Jihad, la guerre sainte islamiste, en utilisant le terrorisme dans le Monde, isole le pays de la scène internationale. D’autant que des commandos n’hésitent pas à intervenir à l’étranger contre des personnalités iraniennes : l’ancien Premier ministre Shahpur Bakhtiyar est assassiné à Suresnes. Khomeyni, qui souhaite affirmer son autorité spirituelle sur la communauté musulmane mondiale, prononce une « fatwa », un jugement religieux. Il condamne à mort Salman Rushdie, l’auteur britannique d’origine indienne des « Versets Sataniques », jugé coupable d’apostasie, et promet la gloire à tout croyant qui exécutera la sentence. Les pays Européens rappellent leurs ambassadeurs, mais l’Iran maintient sa fatwa.

Par ailleurs, Khomeyni souhaite étendre sa révolution vers la péninsule Arabe et soutient l’importante minorité chiite irakienne ; l’Irak veut se poser en champion du Monde Arabe et en rempart contre l’intégrisme. Un vieux litige territorial qui semblait réglé sert de prétexte. Privés de débouché maritime, les irakiens exigent le contrôle du Chatt Al-Arab, le cours d’eau qui sépare les deux nations. Pour les Iraniens, la frontière doit être établie au milieu du fleuve.

Après des accrochages, l’Irak déclenche le conflit. Succès et revers alternent dans les deux camps. Le front se stabilise en 1982, mais la violence des combats, le recours aux armes chimiques et l’attaque des installations pétrolières transforment l’affrontement en guerre totale. L’épuisement conduit pourtant les belligérants à accepter un cessez le feu en Août 1988. Et en huit ans, la guerre cause 1,2 millions de morts. 

Lorsque Khomeyni meurt le 3 Juin 1989 à 87 ans, ses obsèques se déroulent au milieu d’une véritable marée humaine : dans la foule hystérique, on relève huit morts et plus de cinq cents blessés. 

Mais, après la mort de ce dernier, l’essentiel des activités terroristes prend fin. Durant la guerre du Golfe, en 1990, la modération du président Rafsandjani permet au pays de normaliser ses relations avec l’Irak et l’Arabie Saoudite, et d’accélérer son rapprochement avec les pays occidentaux. 

09 décembre 2009

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1678 - 1679

afrique_noireL’année 1979 est difficile pour les tyrans africains. Le général Idi Amin Dada, pourtant nommé président à vie, est renversé par les Ougandais, aidés par les Tanzaniens, et fuit vers la libye. En Centrafrique, Jean Bedel Bokassa, au pouvoir depuis longtemps, et qui vient de se faire couronner Empereur, est écarté par David Dacko, son ancien opposant, appuyé par la france.

Les outrances des deux chefs d’Etat font les délices de la presse occidentale, qui a transmis la demande en mariage d’Amin Dada à la princesse d’Angleterre et diffusé les photos du sacre napoléonien de Bokassa Ier. Mais ces anecdotes burlesques ne font pas oublier les excès des deux dictatures : expulsion des Juifs et des Indiens hors de l’Ouganda, où d’hypothétiques complots ont été férocement réprimés, massacres de milliers d’opposants, tortures, en Centrafrique, où les dernières victimes de Bokassa ont été des écoliers, incapables de se procurer les uniformes exigés. 

En 1989, c’est en Afrique Noire que les conflits sont les plus violents, renforcés par les ravages causés par le sous développement et les dictatures. La liste des « points chauds », d’origine ethnique, religieuse ou interétatique est presque impossible à établir : tensions entre Maures et Sénégalais ; séparatisme de la casamance sénégalaise ; 10 000 morts dans les affrontements entre le Front patriotique et le pouvoir au Nord-est du Libéria. Le Nigeria revendique la presqu’île camerounaise de Bakasi et encourage la rébellion des sécessionnistes anglophones du Nord-Ouest du Cameroun. L’Angola, ravagé par la guerre civile entre forces gouvernementales pro communistes et l’U.N.I.T.A., est loin d’être en paix, malgré le retrait de Cuba. La situation du Mozambique est tout aussi critique, mais le record de l’horreur est atteint dans les affrontements qui opposent les Hutus et les Tutsis du Rwanda et du Burundi.

En 1994, Djibouti est toujours divisé par la rébellion des Afars. L’Ethyrée a arraché son indépendance à l’Ethiopie, mais aucune conférence de paix n’a encore eu lieu, et rien n’est décidé quant au désert de l’Ogadien ou la province indépendante du Tigré. Au Soudan, la très ancienne opposition entre les musulmans du Nord et les chrétiens et animistes du Sud font au moins 250 000 morts. 

Arabie Saoudite, seconde moitié du XXème siècle :

Une des forces de la dynastie Saoudite est son rôle de « gardien des lieux Saints de l’Islam », les villes de Médine et de la mecque. L’afflux des pèlerins venus pour le pèlerinage, le « hadj », apporte aux wahhabites sunnites de Ryad prestige et devises. Mais, le 31 Juillet 1987, des affrontements entre des pèlerins iraniens chiites et la police font 400 morts dans la foute qui fait le tour de la kaaba, la gigantesque « Pierre Noire ».

08 décembre 2009

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1676 - 1678

afrique_noirePlus loin : « Grâce à d’autres données que m’a procuré Memhir Fisesha, j’ai appris qu’après ces événements, et jusqu'à l’époque d’Alvarez, tous les aventuriers qui sont allé en Ethiopie, étaient des Portugais. En effet, ces derniers ont très tôt manifesté de l’intérêt pour le « Royaume du Prêtre Jean » ; et leur curiosité s’est accentuée avec le temps. Pourtant, le premier d’entre eux sur lequel j’ai lu des chroniques dignes de foi, est le Prince Henri le Navigateur. Celui-ci a été attiré par ce mystérieux territoire dès 1415. Il a ensuite longtemps été tenaillé par le projet d’y envoyer une expédition. Et ses biographes se sont accordés à reconnaître qu’il y a consacré une grande partie de sa vie.

Malgré ses informations, j’ai vite compris qu’une aura de mystères et d’intrigues a entouré tous les efforts d’Henri le Navigateur pour mener à bien son opération. En effet, il faut savoir qu’Henri le Navigateur a été le Grand Maitre de l’Ordre du Christ ; l’Ordre qui a succédé à celui du Temple dans la péninsule. Il a caché tout ce qui pouvait concerner son espoir d’entrer en contact avec le Royaume du Prêtre Jean. A tel point que, durant son règne, il a fait supprimer tous les ouvrages historiques, les guides nautiques, les cartes et les instructions s’y référant, à ses navigateurs. J’ai donc été à même de m’interroger sur ses véritables objectifs. Et je n’ai pu que supposer qu’il a eu l’intention – comme tout bon Croisé -, de proposer une alliance à l’Empereur Chrétien d’Ethiopie, contre l’Islam.

Après cela, j’ai également étudié d’autres documents se référant à l’Ordre du Christ et au Royaume du Prêtre Jean. Car il s’est trouvé qu’en 1487 – dix ans avant Vasco de Gama -, celui-ci a parrainé une seconde campagne dirigée vers l’Abyssinie. Il a alors lancé un de ses hommes de confiance, un dénommé Pedro de Covilhan, dans l’aventure. Sur ses recommandations, Pedro de Covilhan a franchi la méditerranée, a débarqué en Egypte. Il s’est ensuite déguisé en marchand et a gagné le Caire, Alexandrie et Suakim. Il a navigué sur la mer Rouge à bord d’une petite chaloupe Arabe. Il a pris la direction du Yémen et du port d’Aden. Il a été retardé dans le pays par divers événements malencontreux. Et finalement, ce n’est qu’en 1493, qu’il a pu pénétrer en Ethiopie.

Dès lors, Pedro de Covilhan s’est rendu dans la capitale du pays, s’est fait admettre à la cour de l’Empereur Lebna Dengel, et y a été bien accueilli. Tandis que quelques mois plus tard, il a été emprisonné dans ses geôles.

Que s’est t’il passé, je n’ai pas pu le découvrir ? Mais quand j’ai réalisé que le plus grand talent de Covilhan a été l’espionnage – il avait déjà travaillé comme agent secret en Espagne -, je n’ai pas pu m’empêcher de conclure que l’Ordre du Christ, par l’intermédiaire de Jean II, l’a chargé d’y réunir des informations au sujet de l’Arche d’Alliance : « Il voulait nous dérober notre Trésor, grommela Lebna Dengel sur un ton rancunier. Il désirait aussi emporter de nombreux précieux manuscrits en Europe ; et notamment le Livre d’Enoch. Et enfin, il espérait voler une ancienne copie du Kebra Nagast, alors qu’elle caché parmi les archives impériales du Gondar. ». 

J’ai ensuite feuilleté des textes datant de 1520 ; lorsque la première ambassade officielle Portugaise envoyée au Prêtre Jean, a débarqué à Massoua. Et il semble qu’à cette date, Pedro de Covilhan était encore emprisonné par Lebna Dengel. En tout cas, le Père Francisco Alvarez et ses diplomates se sont enfoncé à l’intérieur des terres. A son retour, le Père Francisco Alvarez a été le premier à rédiger un compte rendu complet de son séjour ; qui a duré jusqu’en 1526. Il a également été le premier à informer les Européens de la version Ethiopienne de la vie de la reine de Saba et de la naissance de son fils Ménélik. Il a enfin été le premier a expliquer qu’il a longtemps parcouru ce pays, à révéler que l’Arche d’Alliance reposait dans le Saint des Saints de l’église Sainte-Marie de Sion à son époque. Et dans son ouvrage « le Prêtre Jean des Indes », il en établi sa description : « L’église est très grande et comprend cinq nefs dont les voûtes sont dissimulées par un plafond. Celui-ci, de même que les murs, est entièrement peint. Elle possède un chœur semblable à celui de nos églises. Lequel ressemble à un vaste déambulatoire dont les dalles désignent des pierres tombales et des enceintes fermées de hauts murs. Le sommet de sa toiture, enfin, est gravé d’une double croix ; c’est à dire deux croix mêlées semblables à celles de l’Ordre du Christ. ». 

Mais d’autres sources m’ont révélées qu’après le départ d’Alvarez, l’Arche d’Alliance n’est pas restée très longtemps dans le Saint des Saints de la cathédrale d’Aksoum : « En 1535, le trésor le plus précieux du Tigré fut sauvé. Retirée de la capitale par les Prêtres, dix jours seulement avant qu’elle soit incendié par les troupes d’Ahmed le Gragne, elle fut mise à l’abri. Elle fut cachée dans l’une des nombreuses îles monastères environnant le lac Tana ; dans l’île de « Daga Stephanos ». Là, elle fut utilisée pour empêcher le Gragne de s’avancer plus loin car Lebna Dengel tenta de se servir de son pouvoir contre ses ennemis. Il est dit : « Nos prêtres portaient l’Arche en chantant, et se lançaient dans la bataille appelés par la gloire de Dieu. ». Mais, ne parvenant pas à les repousser, il se résigna à surmonter sa répugnance ; et il envoya une délégation au Portugal pour lui demander une assistance militaire.

Ce n’est qu’en 1541 qu’un contingent de 450 mousquetaires portugais débarqua à Massoua. Celui-ci comprit immédiatement qu’il allait devoir seconder une armée éthiopienne partout vaincue et fort démoralisée. Il faut souligner que le commandant de cette petite troupe n’était autre que Christophe de Gama – le fils du fameux Vasco et, comme son père, un Chevalier de l’Ordre du Christ. En dépit des pires difficultés, il provoqua les forces sans relâche les soldats d’Ahmed le Gragne. Mais, au cours d‘une bataille, il fut abandonné par les Abyssins. Christophe de Gama et ses hommes affrontèrent 10 000 hallebardiers. Et, de fait, une telle audace n’alla pas sans risques puisqu’en 1542, Christophe fut finalement fait prisonnier par les musulmans. 

Or, pendant toute cette période, l’Arche d’Alliance demeura dissimulée sur l’île de Daga Stephanos. Puis, elle y resta encore longtemps après la mort du Gragne. ».

J’ai pourtant consulté un manuscrit qui dit à son sujet, et au sujet d’Ahmed le Gragne : « Une copie de l’originale dut être déposée là, je suppose. Mais, quoi qu’il en soit, la vraie fut détruite par le Gragne ; bien qu’on prétende indûment qu’elle se trouve toujours là. Je tiens ces révélations du roi lui même. ».

Est ce vrai, ou pas, je n’ai découvert aucun renseignement susceptible de m’aider à percer ce mystère dans les écrits que j’ai accumulé autour de moi. En tout cas, parmi les textes que j’ai examinés, l’un d’eux explique : « Vers 1650, l’Empereur Fasilidas – le plus grand souverain qui a jamais occupé le trône d’Abyssinie -, rétablit la paix dans tout l’Empire. Il fit construire une nouvelle cathédrale Sainte-Marie de Sion ; il l’établit non loin des ruines de l’ancienne. Il fit triomphalement ramener l’Arche à Aksoum. Il l’installa dans son nouveau Saint des Saints. Il l’ouvrit pour voir ce qu’il y avait dedans. Il contempla une plaque de marbre de couleur rougeâtre, sur laquelle étaient gravées les Saintes Ecritures. Et il la referma. ».

Et un autre, rédigé de la main même de l’un des conseillers de Fasidalas, a marqué en ce qui concerne cette expérience : « La pierre, parfaitement intacte, ne montrait aucun signe d’ancienneté. Tout au plus, elle pouvait remonter au XIIème ou au XIIIème siècle. Il fallait donc toute la stupidité de mes compatriotes pour s’aveugler, et s’enorgueillir à si bon compte de posséder les véritables Tables de la loi. Pour ma part, je n’avais aucun doute : il s’agissait d’un faux manifeste. Car, pour qui connaît les Saintes Ecritures, point n’est besoin de preuves pour savoir que les Tables sur lesquelles figuraient les Commandements de Dieu, et auxquelles l’Arche d’Alliance servait de Tabernacle, étaient à jamais perdues. ».

Ce témoignage est pourtant contredit par la chronique rédigée en 1760 par James Bruce de Jinnaird. D’après ce que j’ai pu en lire, celui-ci explique que la relique se trouvait toujours dans l’église Sainte-Marie de Sion quand il l’a visité. C’est d’ailleurs à ce moment là que j’ai réalisé à quel point cet Esotériste renommé s’est intéressé à elle. Car, James Bruce a été un personnage plutôt énigmatique dans son genre. Il est issu d’une famille de petite noblesse presbytérienne du Stirlingshire. Devenu jeune homme, il a hérité d’une fortune suffisante pour se consacrer à sa grande passion : les voyages. Et son esprit aventureux l’a rapidement conduit sur les hauts plateaux du centre de l’Ethiopie.

Alors qu’il est arrivé dans le pays, j’ai progressivement constaté – grâce à ses écrits – que son intérêt pour le peuple des Fashalas a été trop profond et trop continu pour qu’il s’agisse là d’une simple curiosité de sa part. En effet, durant plusieurs années, il a enquêté sur la foi et les origines de ces « Juifs Noirs ». Il a interrogé de vieux chefs de clans, enregistré de nombreux faits étranges en ce qui concerne leurs coutumes. Et il a établi que le roi Argonna était en train de lire des psaumes de David lors de sa première entrevue avec Frumentius ; celui qui a converti son pays au Christianisme. Il a également compris que la seule Science Religieuse de ce monarque du IVème siècle était issue de l’Ancien Testament et de Rites Judaïques se référant au Temple de Salomon. James Bruce a même tenté d’approcher l’Arche d’Alliance sans en avoir obtenu l’autorisation, lors des fêtes du « Timkat ».

Il m’est enfin apparu qu’en 1919, la chapelle de la cathédrale d’Aksoum a été entièrement rénovée par le jeune Empereur Hailé Sélassié. Il me paraît ainsi probable que l’Arche d’Alliance soit toujours dans son Saint des Saints. ».

Michel Horbeau conclut : « N’est t’il pas dit que lorsque le nouveau Ménélik régnera en Ethiopie, il emportera avec lui l’Arche d’Alliance ; qu’il emmènera avec lui la jeunesse dorée de Sion à bord de vaisseaux volants ? Dès lors, le Royaume des Juifs arrivera à son terme, et le Royaume du Christ sera constitué. Ainsi, Dieu a t’il accordé au roi d’Ethiopie plus de gloire, de grâce et de majesté qu’à tous les autres rois de la terre ; en raison de la grandeur de Sion et de celle de l’Arche de la loi de Dieu. ».

Et il finit : « Malgré tous ces indices probants, je gage que l’Arche d’Ethiopie n’est qu’une pâle copie de l’originale. Je suis certain que Ménélik n’a pas véhiculé la véritable Relique lorsqu’il est parti d’Israël et est retourné dans son pays. De plus, je suis sûr qu’au cours de la longue histoire de ce royaume, cette imitation a elle même été falsifiée – peut-être par les Chrétien du IVème siècle, peut-être par les Templiers du XIIème siècle, ou peut-être par d’autres encore -, puis transportée ailleurs. Pour moi, telle est la seule explication satisfaisante d’une énigme autrement incompréhensible : le rôle crucial et unique dans le monde Chrétien Orthodoxe, joué par les doubles de l’Arche d’Alliance. Je suis convaincu que ceux-ci ont reproduit son contenu. Car, dans le Saint des Saints de chacune des 20 000 églises éthiopiennes – d’Aksoum à Manabasi – se trouvent au moins un « Tabot » - ou « réplique ». Or, derrière ces « Tabotat », et directement responsable de la vénération générale qu’ils inspirent, se profile la silhouette d’un Objet aussi étrange que puissant ; d’un Objet que je n’hésite aujourd’hui pas à identifier comme la première caricature de la relique fabriquée par Ménélik. Celui-ci l’a élaboré à partir d’un fragment de la véritable Arche, et est détentrice de pouvoirs surnaturels. Mais je ne sais toujours pas où elle est cachée. ». 

07 décembre 2009

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1674 - 1676

afrique_noireQuelques jours plus tard : « Il faut absolument que je revienne sur mes dernières affirmations. Hier, Memhir Fisesha m’a fait lire un ouvrage qui remet totalement en cause mes conclusions. En effet, cet ouvrage prétend qu’au début du XIIème siècle, des « hommes blancs » - ou Templiers – ont été chargés de transporter une copie de l’Arche d’Alliance, de Jérusalem jusqu'à Aksoum. Puis, en 1185, d’autres membres de leur Ordre ont accompagné le prince Manabasi, de la ville Sainte à sa capitale. Ils ont aidé celui-ci à reconquérir son trône. Ils se sont mis à sa disposition. Le monarque leur a alors demandé d’ériger plusieurs églises honorant l’Arche dans la cité de Rohas. Ils ont dirigé ce chantier pendant plus de deux ans. L’un d’eux – un dénommé Dimothéos – a même créé une plaque de marbre de couleur rougeâtre à cette occasion ; elle était censée être gravée des Saintes Ecritures. Dimothéos a ensuite enfermé celle-ci à l’intérieur d’une fausse Arche installée dans l’une des églises. Puis, une fois leur ouvrage terminé, lui et ses compagnons sont revenus en Occident.   

Ces faits remettent toute ma théorie en cause. En effet, il est vraisemblable que l’Ordre du Temple a réussi à jouer un rôle important auprès de Manabasi après le retour de celui-ci dans son pays. Il l’a soutenu lorsqu’il a rétabli la dynastie Zwagé sur le trône d’Ethiopie. Il est également raisonnable de penser que les deux successeurs de Manabasi – Imrahana Christos et Naakuto Laab – ont entretenu d’assez bonnes relations avec les Templiers. A tel point que l’un de ces derniers a dû leur accorder un accès privilégié à l’Arche. Ceux-ci ont alors pu l’approcher et l’étudier, sans toutefois pouvoir lui faire quitter le pays ; mais en attendant qu’une occasion favorable se présente à eux. Or, entre-temps, les Chevaliers ont sûrement vieilli, et d’autres ont été envoyés pour les remplacer. Les nouveaux Templiers ont ainsi constaté qu’il n’y avait aucune urgence pour qu’elle quitte le territoire. Et ils ont dû même être assez satisfaits de voir la relique demeurer là ; à cause des revers de fortune que les Croisés connaissaient au même moment en Orient. ».

« J’ai encore découvert autre chose : Au début du XIIIème siècle, un Arménien s’appelant Abu Salih, a examiné plusieurs églises et monastères Chrétiens Egyptiens. Mais il a aussi expertisé ceux des pays voisins ; et entre autres, ceux de l’Ethiopie. Son livre détaille toutes les contrées qu’il a traversées. Et dans le chapitre qui concerne l’Ethiopie, il décrit l’Arche d’Alliance, la vénération qu’elle exerce sur des « hommes blancs » venus de loin. De plus, l’image qu’il donne de la relique correspond e tous points à celle de la bible. 

Par contre, dans un texte anonyme de la fin du XIIIème siècle, il m’est apparu que la situation des Templiers s’est considérablement détériorée à partir de 1270. En effet, il semble qu’à cette date, le vieillard qu’était Naakuto Laab s’est laissé convaincre d’abdiquer en faveur de l’un de ses cousins : Yekuno Amlak. Celui-ci se réclamait depuis toujours d’ascendance salomonienne. Dès son arrivée au pouvoir, Yekuno Amlak a été terrifié à l’idée de savoir qu’un corps étranger, militant et armé d’une technologie avancée, campait dans son pays. Il a immédiatement imaginé que les Templiers étaient capables de lever des renforts par milliers par l’intermédiaire de leurs commanderies alors dispersées dans tout l’Orient. Il s’est renseigné sur leur intérêt manifeste pour l’Arche d’Alliance. Il a compris qu’il y avait un risque qu’ils veuillent s’en emparer. Or, si l’on présume que Yekuno Amlak – encore mal assuré en tant que souverain – a essayé d’endormir les puissants hommes blancs, par exemple en faisant semblant de désirer leur collaboration, i a suivi une stratégie d’autant plus logique que sa propre armée n’était pas considérable. On comprend de fait pourquoi rien de spectaculaire ne s’est produit au cours de son règne. 

C’est son héritier qui a été obligé de résoudre le problème posé par la présence des Templiers en Ethiopie. Mais, comme le fils de Yekuno Amlak – Yagba Zion – a été encore plus faible que son père sur le plan militaire, il n’a pu rien faire. Et c’est son descendant – Weden Ara’ad – qui s’est dès lors montré beaucoup plus énergique à leur égard. En effet, en 1306, celui-ci a envoyé des ambassadeurs afin de rencontrer le pape Clément V. Une fois arrivés en Avignon, ses émissaires ont présenté ses respects au Saint-Père en compagnie de 74 rois et d’innombrables princes. Ils lui ont offert un mobile pour détruire l’Ordre du Temple. En suggérant au Prélat que les Templiers voulaient emmener l’Arche d’Alliance en France, ils l’ont horrifié ; et il n’a pas pu le tolérer. De son coté, Philippe le Bel a profité de l’occasion pour pousser Clément V dans ses derniers retranchements. Il lui a offert d’emprisonner ceux qui se trouvaient sur son territoire. Clément V lui en a donné la permission, et il ainsi pensé les rendre incapables de ramener l’Arche en Occident, puis incapables de le défier.

Je suppose qu’après la chute de l’Ordre du Temple, l’Empereur d’Ethiopie a dû conserver des contacts avec la papauté pendant un certain temps. De cette manière, il s’est assuré de la dissolution de l’Ordre. Il a pu prendre des mesures à l’encontre des Chevaliers installés ans son pays, en les expulsant ou en les supprimant. Puis, il a fait en sorte qu’aucun Occidental ne puisse jamais plus s’immiscer dans les affaires de son royaume. ».

06 décembre 2009

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1672 - 1674

afrique_noireQuelques mois plus tard, Michel Horbeau écrit : « Selon les documents que m’a fait lire Memhir Fisesha, on date l’érection de la première Sainte-Marie de Sion à l’an 372. On la considère d’ailleurs comme le plus ancien édifice religieux Chrétien subsaharien du Monde.

Dès lors, cette grande basilique à cinq nefs a été considérée comme le lieu le plus sacré d’Ethiopie. Déjà à cette date, elle était supposée abriter l’Arche d’Alliance. Or, si cette Légende n’est pas totalement erronée, cette dernière a dû arriver dans le pays bien avant la naissance de Jésus. Elle a dû y être transportée à un moment donné après la construction du Temple de Salomon ; mais aussi, avant le règne du roi Josias. Car il est inconcevable qu’une culture avancée et une monarchie centralisée, ait pu exister en Abyssinie avant que des étrangers s’y installent.

Selon moi, donc, au cours du règne de Salomon, les indigènes des hauts plateaux d’Ethiopie étaient des sauvages. Toutefois, un groupe d’Hébreux a quitté Israël avec l’Arche d’Alliance. Il l’a d’abord convoyé jusqu’en Egypte, puisque les habitants des rives du Nil étaient alors, à la fois en relation avec la reine de Saba, et à la fois avec le roi Salomon. Par ailleurs, ces derniers n’ont t’ils pas prétendu à cette date, détenir un trésor inestimable pour le peuple du Livre ? N’ont t’ils pas prévenus le royaume d’Israël en ce qui concerne le lieu où le groupe désirait se rendre : « Malheur à la terre qui fait de l’ombre avec ses ailes, à la terre qui se trouve au delà de Koush. Elle envoie des ambassadeurs, les lance sur les eaux à bord de bateaux en jonc. Elle dit : « Allez, messagers légers, vers une nation divisée et déchirée, vers un pays aux ailes bruisantes, vers un peuple grand et bronzé, redoutable, toujours farouche et impérieux depuis qu’il existe. Il s’agit pourtant aujourd’hui d’une nation accablée, foulée aux pieds, dont les rivières ont ravagé la terre. ».

Or, l’Arche d’Alliance n’est pas restée longtemps en Egypte. Pour une importante raison – voyage vers l’Ethiopie n’était alors pas des plus faciles -, a ensuite été conduite le long du fleuve. Elle a été conduite vers les rivages du lac Tana. Et elle a été déposée sur une île Sanctuaire du nom de « Tana Kirkos ».

Là, le groupe d’Hébreux a érigé un lieu de culte à son intention ; il a perpétué la tradition du sacrifice à son Dieu. Un peu plus tard, il a converti les indigènes de la région à sa foi. Il a aussi fait en sorte de garder contact avec sa patrie d’origine durant plusieurs décennies. Puis, vu la distance, il a été progressivement coupé de ses bases. Il n’a donc pas été touché par les grandes révolutions intellectuelles et philosophiques qui ont ensuite affecté le monde Judaïque. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a bientôt été le seul à continuer à a offrir des sacrifices à l’Eternel. Et que, comme des mouches pris dans de l’ambre, il a été le dernier à utiliser les Rituels issus du premier Temple de Jérusalem.

Cette supposition m’a été confirmée par une autre Tradition prouvant formellement que le Judaïsme Ethiopien a fait son apparition en Abyssinie à l’époque du Premier Temple, et qu’il s’est peu à peu coupé de ses racines. J’ai en effet lu celle-ci dans le Kebra Nagast. Le Livre nous en offre le récit détaillé. Il détaille également la façon dont le Judaïsme s’est implanté au cœur de l’Afrique à une date aussi reculée. De plus le vol de l’Arche en Israël est au cœur de son texte. Et il indique la prétention éthiopienne à détenir la relique sacrée. Je maintiens de fait mes conclusions antérieures : les ancêtres Juifs des Ethiopiens ont émigré en Abyssinie avant 640 avant J.C.

Puis, la relique a dû rester dans l’île Sanctuaire durant près de 1000 ans. Elle n’en n’est partie qu’après la conversion d’Aksoum et de l’Ethiopie au Christianisme. Et, comme cette conversion a eu lieu au cours du règne d’Argonna – vers 350 après J.C. -, il faut en déduire que l’Arche d’Alliance est entrée en Ethiopie vers 650 avant notre Ere. Autrement dit, elle a quitté Israël 300 ans auparavant, et entre-temps, nul ne sait ce qu’elle est devenue.

La première Sainte-Marie de Sion est alors érigée. L’Arche y est aussitôt été déposée. A la toute fin du IVème siècle toutefois, juifs et nouveaux venus se livrent alors une lutte sans merci à son sujet. Conduits par Kaleb Israël et Gebra Maskal et leurs armées, ceux-ci vainquent les Israélites. Ils récupèrent la relique, la font émigrer nul ne sait où. Mais, un texte de l’époque se réfère bien à son départ d’Aksoum, soulignant à maintes reprises les mots « chariot » et « Sion » ; par exemple : « Dieu dira à Gebra Maskal : « Choisis entre le Chariot et Sion ». Et Dieu le poussera à choisir Sion, de sorte qu’il régnera ouvertement sur le royaume de son père. Et Dieu incitera ensuite Israël à gouverner cette contrée de manière invisible. ».   

Ces indices sont confirmés par le récit d’un voyageur du IXème siècle – Eldar Hadani – connu sous le nom « d’Eldar le Danit ». Tout le long de sa vie, celui-ci a prétendu descendre de la tribu perdue de Dan. Mais, en fait, qui a t’il été, et d’où il est venu, reste un mystère d’après les textes que m’a montrés Memhir Fisesha. La seule preuve de son existence et de son lien avec l’Arche d’Alliance réside dans une lettre écrite en 833, et largement diffusée. Il y prétend que les Danites, ainsi que trois autres clans Israélites, ont jadis habité en Ethiopie. Ils y ont été en butte aux persécutions continuelles des Chrétiens. Ils ont été les victimes d’un génocide lors de la conversion du pays au Catholicisme. Et, de fait, pendant 17 ans, ils ont subi les exactions d’Argonna et de ses conseillers fanatiques.

Au cours des cinquante ans qui ont suivi, la situation ne s’est pas améliorée. A tel point qu’après le décès d’Eldar le Danit, l’évêque d’Ovédio a poursuivi l’œuvre destructrice de son prédécesseur : il a affirmé que des populations juives se cachaient sur les hauts plateaux d’Abyssinie. Il a accentué la confiscation de leurs terres par des Chrétiens. En même temps, il n’a pas pu les soumettre totalement ; son souverain ne disposant alors pas des forces nécessaires pour investir la montagne ; et ce dernier a réalisé qu’il était très difficile d’accéder à leur forteresse.

Mais, d’après les documents que Memhir Fisesha a soumis à mon regard, un manuscrit du Xème siècle détaille l’arrivée de l’Arche à Debra Sion dans les dernières années du IVème siècle. D’après lui, à cette époque, les Prêtres d’Aksoum ont enlevé la relique de son Saint des Saints. Ils voulaient la préserver de la folie destructrice de la reine Gudit et de l’évêque d’Ovédio. Ils l’ont emmené sur une île du lac Zwai : « Voyez vous, a t’il écrit, cette Gudit, c’était le Diable. Elle a brûlé beaucoup de synagogues au Tigré et dans d’autres régions d’Ethiopie. Ca a été une époque de grandes batailles et de grands dangers. Nos ancêtres ont redouté qu’elle ne s’empare de l’Arche. Alors, ils l’ont conduite ici, sachant qu’elle y serait en sécurité. Ils n’ont voyagé que la nuit ; ils se sont cachés durant le jour. Ils se sont dissimulés au cœur des forêts et dans des cavernes. Ils ont eu très peur, je vous le dis. Mais, en procédant de la sorte, ils ont réussi à échapper aux soldats de la reine, et ils ont apporté l’Arche à Zwai et dans notre île. ». Puis, quand la souveraine s’est éteinte, l’Arche a réintégré sa place. Malheureusement, poursuit Michel Horbeau, je ne peux en savoir plus car Memhir Fisesha m’a laissé entendre qu’un homme a lui aussi consulté ce document il y a une vingtaine d’années ; il en a découpé certaines pages et les a emportées. Or, il se trouve que c’étaient celles qui expliquaient ce qui s’est passé à son sujet, du Vème au Xème siècle.

Je crains donc qu’il ne soit parfaitement vain de consacrer davantage de temps et d’énergie à enquêter sur la période au cours de laquelle l’Arche a été dissimulée sur l’île de Debra Sion, et au-delà. De plus, je suis désormais presque certain que l’importance de ce lieu est plus due à la force des Traditions concernant la relique, plutôt qu’à sa présence. Elle paraît juste confirmer ce que je sais déjà : la langue des habitants de l’île – le « tritrigna » coïncide socialement avec ce que la chronique révèle d’eux : un groupe d’Aksoumites s’est bien réfugié dans l’île à une époque reculée ; et l’obligation impérieuse de soustraire l’Arche à des ennemis, suffit à la justifier. De plus, il est aisé de comprendre qu’après son retour dans la capitale, des descendants de ces émigrants aient voulu rester sur place ; seule demeure qu’ils aient jamais connu. Et il n’est pas étonnant non plus, que ces derniers aient conservé le souvenir des faits glorieux auxquels leurs aïeux ont été mêlés.

C’est en levant le voile sur la partie du texte qui n’a pas été dérobée par ce mystérieux inconnu, que je crois pouvoir affirmer avec confiance que l’Arche ne s’y trouvait plus au Xème siècle. Je pense également qu’elle n’y est plus retournée depuis. Et il devient donc évident – selon ce que révèle le livre – qu’Aksoum reste la résidence la plus vraisemblable de l’Arche à l’heure actuelle. Autrement dit, que cela me plaise ou non, il me faut de nouveau la chercher entre les murs de sa basilique. ».

05 décembre 2009

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1670 - 1672

afrique_noireFinalement, Michel Horbeau arrive aux environs d’Aksoum : « A quelques kilomètres de l’entrée de la capitale se discerne d’innombrables stèles. Au centre de leur conglomérat se trouvent une grande quantité de dolmens disséminés de façon chaotique ressemblant à ceux érigés à Rohas. Il paraît que le plus gros d’entre eux s’est effondre sur lui même il y a plus de 1000 ans. Mais je suppose qu’au temps de sa gloire, il a dû être haut de 40 mètres et dominer tout le site. J’évalue d’ailleurs son poids initial à au moins 500 tonnes. Il a certainement eu la réputation de plus grand monolithe jamais transporté et érigé dans le Monde. Pourtant, écroulé, il m’a surtout rappelé, de manière pathétique, un bâtiment de treize étages ayant des fenêtres ornées avec raffinement. J’ai aussi examiné sur lui d’autres détails architecturaux séparés par des rangées de poutres symboliques. Et à sa base, j’ai même entrevu une fausse porte munie d’un heurtoir et d’une serrure parfaitement ciselés dans la pierre. ».

Et Michel Horbeau entre dans la capitale : « La première chose que j’ai faite en pénétrant dans la ville, c’est de me promener au milieu des ruines de l’église Sainte-Marie de Sion du IVème siècle. J’y ai contemplé les vestiges d’un bâtiment spacieux aujourd’hui réduit à ses fondations. A quelques dizaines de mètres de là, j’ai distingué ce qui m’a paru être le tombeau du premier Ménélik. Je me suis avancé vers la basilique où il est enterré. J’ai vu que les murs de cette dernière étaient constellés de croix rouges fanées, comparables à celles du temps des Croisades. J’ai alors imaginé que l’édifice gardait probablement aussi des toges et des tiares impériales ; et que c’est peut-être à cet endroit qu’est encore dissimulée l’Arche d’Alliance. N’est ce pas là qu’après la construction de la cathédrale, l’un des successeurs de Ménélik l’a déposée ? Et un autre, au XIIème siècle, n’a t’il pas eu le désir de se voir attribuer la garde d’un autel à l’intérieur du Saint-Sépulcre de Jérusalem ? ».

Plus tard : « Quand je me suis approché de la nouvelle basilique en compagnie de mon guide, j’ai d’abord aperçu ce qui m’a paru être une forteresse perchée sur une colline. De forme carrée, elle mesurait environ 70 mètres de coté. Les murs montraient que jadis, elle avait possédé quatre tours ; une à chacun de ses angles. Et tout en progressant, je me suis souvenu qu’au XVIème siècle, le moine Cosmas a écrit que l’une d’elles a été ornée d’une licorne de cuivre. Mais je n’en n’ai pas vu.

Peu après cette inspection de sa façade extérieure, mon guide m’a conduit à l’intérieur. Il m’a alors précédé dans un déambulatoire composé de trois parties concentriques : le « k’ene malhet » ; l’endroit où l’on chante des hymnes, et qui correspond à « l’Ulam » du Temple de Salomon ; le « keddest », qui sert de lieu où distribuer la communion ; et le « Mak das », où repose le Tabot, et où seuls les prêtres peuvent entrer.

Je me suis alors rendu compte que ces trois salles se retrouvent dans toutes les églises éthiopiennes, même les plus modestes. Puis, mon guide m’a fait approcher de l’ouverture menant au Mak das. Ainsi que l’exige la coutume, j’en ai d’abord fait le tour en chaussettes – il est considéré comme sacrilège de conserver ses chaussures en ce lieu. En même temps, j’ai examiné les peintures défraîchies s’étalant sur ses murs. J’y ai observé Saint-Georges monté sur son coursier blanc, terrassant ici le Dragon, trônant là avec Dieu tout puissant et entouré de « créatures vivantes » ressemblant à celles qu’a décrites le Prophète Ezéchiel dans son Livre. J’y ai également aperçu un imposant ensemble clos au milieu d’une prairie boisée. A quelque distance derrière ces remparts, j’ai cru y identifier de hautes tourelles merveilleusement crénelées. Et plus loin, j’y ai encore discerné Sain-Jean baptisant le Christ dans le Jourdain, ainsi que les rois et les bergers adorant la crèche ; tandis que, finalement, j’y ai contemplé Moïse recevant les Tables de la loi des mains de Dieu, sur le Sinaï.

Cette scène m’a soudain paru étrange et archaïque : tous les détails qui la constellaient excluaient le Monde moderne. De plus, plus je l’ai contemplée, plus je me suis senti transporté loin en arrière. J’ai eu l’impression de revenir en une époque mystérieuse et étrangère à l’Afrique et à la chrétienté. J’ai éprouvé le sentiment d’être catapulté dans un endroit imprégné d’une profonde piété. Et, de fait, dans la pénombre qui m’environnait, j’ai bientôt entrevu des silhouettes encapuchonnées surgies de nulle part. Celles-ci étaient vêtues de robes blanches traditionnelles ; des capes noires dissimulaient leurs épaules et leur dos. Elles étaient une cinquantaine et formaient un cercle presque complet à double rang, juste en face de moi. Chacune d’entre elles s’appuyait sur un haut bâton de prière. Elles se balançaient d’avant en arrière en chantant. Elles étaient pénétrées par la cadence primitive que l’instrument de musique qu’elle tenait, émettait. Plusieurs possédaient en effet des sistres d’argent qui, dans les espaces de silence ménagés par les battements de tambour, tintinnabulaient mélodieusement. Elles produisaient donc un curieux et irrésistible son discordant. Lequel, modulant de manière antiphonaire, se mêlait aux phrases prononcées par un groupe de chanteurs invisibles à mes yeux. Et qui instaurait un dialogue, où versets et chœurs s’entrecroisaient ver un crescendo massif.

C’est pour cette raison que cette musique m’a paru être produite depuis un temps plus ancien que celui du Temple de Salomon. Elle m’a semblé émerger d’une époque plus lointaine que les Pyramides même. Car, sachant que l’Egypte prédynastique a utilisé des instruments analogues à ceux que j’ai discernés à ce moment là, j’ai réalisé qu’ils ont été légués aux Pharaons et aux Israélites.

Tandis que je suis progressivement revenu à la réalité, j’ai pensé que la liturgie Juive des premiers temps a eu recours à des procédés semblables. Puis, j’ai tourné mon regard vers mon guide. Il m’a montré un haut pilier au centre du Mak das. Et j’ai pu le décrire dans mes notes en ces termes : « Aussi épais qu’un vieux tronc d’arbre de bonne taille, il se dresse au dessus d’un sol rocheux. Son sommet disparaît dans la pénombre environnante. Mais, à sa base, il est recouvert d’un voile enroulé en spirale. Je considère d’ailleurs ce dernier comme un très vieux tissu décoloré où se devinent encore des traces de teinture. ».

J’ai ainsi examiné un moment ce pilier. Mon guide m’a alors dit que ce dernier est sacré parce qu’il porte des inscriptions gravées de la main même du souverain Manabasi. Il m’a aussi révélé que celles-ci racontent les secrets de la construction des églises de Rohas. Alors, intrigué, je lui ai demandé si le tissu pouvait être écarté afin que je puisse lire ces secrets. Mais le pauvre en a été tellement horrifié qu’il s’est écrié : « Ce serait un sacrilège. Le voile n’est jamais ôté. ». Puis, il m’a rapidement fait sortir par une salle annexe. Et il m’a emmené dans les souterrains du Sanctuaire par un escalier de pierre s’enfonçant dans les profondeurs de la terre.   

Arrivé en bas, il a ouvert la porte d’un cachot. Il a craqué une allumette. Il m’a montré une croix templière gravée sur une roche. Il m’a ensuite conduit à travers un certain nombre de galeries souterraines et de salles. En les empruntant, j’ai eu l’occasion de remarquer que leurs murs et que leurs plafonds étaient faits de blocs de granit ajustés les uns aux autres avec une extrême précision, et sans mortier. La tradition locale, m’a t’il alors confié, identifie ce sombre dédale à la salle du trésor de l’Empereur Kaleb – 514 – 542 de notre Ere –, et de son fils Gèbre Maskal. Finalement, nous avons abouti à un endroit indéterminé. Il a levé sa torche au dessus de lui. Et j’ai vu des coffres de pierre vides ; des coffres qui, je suppose, ont dû autrefois contenir de grandes quantités d’or et de perles ; tandis que plus loin, j’ai discerné l’accès à des pièces non dégagées, parfois fermées par d’épais murs de granit, et qui devaient s’étendre loin sous les collines. ».

Plus loin : « En étudiant la symbolique de la cathédrale de Chartres et les manuscrits de la bibliothèque Hébraïque de Jérusalem, j’ai supposé que les Ethiopiens possèdent l’Arche d’Alliance. Celle-ci est censée abriter les deux Tables sur lesquelles Dieu a écrit les Dix Commandements à l’intention des Enfants d’Israël. De fait, mon guide m’a confirmé que la relique est posée sur un autel dissimulé à l’intérieur de l’église Sainte-Marie de Sion d’Aksoum. Mais, selon lui, elle est moins large que lui, et aussi haute que le genou d’un homme. Par ailleurs, elle est recouverte d’or. Des liturgies en son honneur sont célébrées quatre fois par an par des Grands Prêtres au cœur du palais du roi d’Ethiopie. Un drap la coiffe lorsque ces derniers la sortent de la crypte où elle est enfermée. Ils la transportent ainsi dans la chapelle du palais. Et ils l’y installent pour la fête de la grande Nativité, pour la fête du Glorieux Baptême, pour la fête de la sainte Résurrection, et pour la fête de l’Illumination de la croix.

Par contre, ils ne la sortent pas de l’église lors des commémorations du « Pourim », ou pour celles concernant la consécration du Temple ; que les Juifs d’aujourd’hui célèbrent toujours solennellement. J’en ai eu confirmation en lisant un récit d’Henry Aaron Stern – un missionnaire du XIXème siècle – qui a voyagé en Ethiopie, puis qui a publié : « Vagabondages chez les Fashalas d’Abyssinie ». 

Mon guide m’a encore dévoilé qu’au cours de chacune des cérémonies qu’ils célèbrent, les Grands Prêtres sont habillés de blanc. Ils portent également une ceinture autour de leur taille – le « K’enat » - ; celle-ci correspond à celle des anciens Clercs d’Israël. Ils ont aussi une calotte – la « K’oba » ; elle se réfère à la mitre. Ils tiennent un scapulaire – ou « Askema » - de douze croix sur quatre rangs, et composé de douze pierres précieuses ; il symbolise le pectoral décrit dans l’Exode. Et enfin, ils ont le teint et les cheveux rouges.

Poursuivant son exposé, mon guide m’a avoué que, selon les prescriptions de Salomon en personne, les Grands Prêtres doivent être précédés à ce moment là, de leur Patriarche. Avançant derrière lui, ils portent l’Arche d’Alliance depuis le Saint des Saints de l’église Sainte-Marie de Sion à la chapelle du palais. Mais, auparavant, ils lui font quitter ses Chérubins aux ailes étendues. Ils la couvrent de son voile. Et ils lui font faire son parcours rituel. ».

Plus loin encore : « Convaincre mes lecteurs que l’Arche d’Alliance se trouve habituellement dans le Saint des Saints de la cathédrale d’Aksoum, bien qu’on ne puisse pas l’apercevoir de l’extérieur, ne va pas être chose aisée. Ce va l’être d’autant moins lorsqu’on sait que seuls les Grands Prêtres sont autorisés à pénétrer à l’intérieur du Saint des Saints quatre fois par an. Enfin, le fait que mon guide ait cru devoir insister pour me montrer le Cœur du Sanctuaire en cachette, semble indiquer que l’on doute généralement que la relique est présente à cet endroit. Je dois donc, une fois de plus, remonter aux sources de l’Histoire pour en comprendre davantage. ».

04 décembre 2009

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1668 - 1670

afrique_noireAu milieu de l’année 1977, Michel Horbeau arrive en Ethiopie. Il veut en effet désormais poursuivre la piste qu’il a vu se dessiner sur les murs de la cathédrale de Chartres. Et grâce aux indices laissés par les représentations de Ménélik, de la reine de Saba et du roi Salomon, il espère trouver une explication aux prétentions Ethiopiennes en ce qui concerne la relique. C’est d’ailleurs également pour cette raison qu’il souhaite remonter aux sources disant que Ménélik a jadis emmené une copie conforme de l’Arche dans son pays.

En débarquant, il écrit donc : « Pour séduisant qu’il est, le raisonnement indiquant que l’Arche d’Alliance transférée en Ethiopie, est liée aux Mystères du Graal, m’a tout d’abord paru dangereusement imaginaire. Et j’aurais hésité à pousser plus loin cette hypothèse si je n’avais pas lu le « Parzival » de Wolfram von Esenbach avant mon départ. En effet, j’ai été surpris d’y découvrir plusieurs paragraphes expliquant que des Templiers ont jadis conclu une alliance avec un prince Ethiopien nommé Manabasi. Je me suis alors renseigné, et j’ai appris que Parzival a été rédigé par Esenbach, quelques années seulement après le renversement d’Harbé par Manabasi ; et donc, que c’est pour cette raison que celui-ci y désigne les Templiers par le terme : « Membres de la compagnie du Graal ». Par ailleurs, une page les concernant a particulièrement retenu mon attention : il s’agit du long monologue de l’un d’eux, et qui parle, entre autres choses, d’une chevauchée « aux fins fonds de l’Afrique, au delà de Rohas ». ».

Puis, un peu plus tard, Michel Horbeau a l’occasion de s’arrêter à Rohas, et il marque : « Rohas est l’ancien nom d’une cité les plus reculées d’Ethiopie. Aujourd’hui, en l’honneur de celui qui est né, elle est appelée « Manabasi ». Dès lors, il n’est alors pas invraisemblable que les bâtisseurs de Cathédrales – dont Lalibéla a fait parti – aient su que ce Compagnon a passé de nombreuses années à Jérusalem. Il n’est également pas inconcevable qu’ils aient été au courant qu’il a coudoyé les membres d’un Ordre dont le quartier général s’est trouvé à l’emplacement de l’ancien Temple de Salomon. Il n’est toujours pas impossible qu’ils aient été informés que les Templiers se sont intéressés au prétendant au trône d’un pays supposé cacher l’Arche d’Alliance. ».

Et plus loin : « En visitant le cœur de Rohas, je me suis rendu compte que l’architecture et l’expression esthétique des monuments qui ont été érigé au cours du règne de Manabasi, sont uniques. Ce sont en effet des édifices en forme de tours ; ils sont creusés et taillés dans un tuf rose d’origine volcanique ; leurs toits et leurs murs extérieurs sont dégagés. Et ils paraissent surhumains, non seulement à a cause de leurs dimensions, mais aussi à cause de leur degré de perfection. Il semble en effet qu’un effort considérable ait été déployé pour les enfouir dans des tranchées ou de les cacher à l’intérieur de cavités naturelles.

En tout cas, personnellement, j’ai aperçu, quatre bâtiments laissés à l’écart du reste de la cité. Ils étaient rattachés les uns aux autres à leur base ; tandis que le reste de leur configuration était différente. Je me souviens que je les ai immédiatement comparés à quatre monolithes sculptés de manière à ressembler à des édifices naturels. J’ai vu qu’ils étaient isolés au centre de grandes cours. J’ai compris que le plus impressionnant d’entre eux se dressait à une distance considérable des trois autres ; il s’élevait à douze mètres de hauteur, possédait des lignes épurées, ainsi qu’un dôme parfait et des murs constellés de superbes fresques.

Puis, j’ai réalisé que les quatre monuments étaient certainement reliés les uns aux autres par un incroyable labyrinthe de tunnel, de grottes et de galeries. J’ai imaginé qu’il devait s’agir d’un monde frais, souterrain, couvert de lichen, et silencieux. Et j’ai songé que les prêtres et les diacres se rendant à leurs dévotions, devaient parfois y produire quelque faible écho.

Par la suite, aucun expert n’a été capable de m’expliquer comment ces églises ont été conçues. Personne n’a pu me renseigner sur la technique avec laquelle elles ont été creusées. Nul ne s’est montré capable de m’initier aux méthodes de ciselures qui ont été utilisées. Les seules rumeurs qui ont été évoquées devant moi ont invoqué une aide étrangère. Certaines ont alors spéculé sur la collaboration de coptes d’Egypte ; tandis que d’autres ont attribué leur édification à des Anges. Mais, évidemment, je n’y ai pas cru. ».

Michel Horbeau s’éloigne ensuite de Rohas : « J’ai rapidement longé la gorge de Chabbé ; elle est très profonde et elle est ouverte sur cinq à dix mètres. Les indigènes m’ont dit qu’elle a longtemps été considérée comme une grotte. Des débris de voûte naturelle prouvent d’ailleurs qu’il s’agissait autrefois d’une sorte de tunnel. Ses parois sont couvertes d’une cinquantaine de reliefs soigneusement sculptés ; ceux-ci représentent des silhouettes d’animaux stylisés. Les concrétions qui recouvrent par endroits ces sculptures, indiquent qu’elles ont été exécutées dans un lointain passé. Pourtant, les indigènes que j’ai croisé, ignorent pourquoi tous ces animaux sont dessinés sans tètes ; leurs cornes jaillissant directement de leur cou. »

A quelques dizaines de kilomètres de là, Michel Horbeau poursuit : « Une plate-forme ovale, dénudée, sauf d’un coté, m’est apparue. J’ai discerné en son centre cinq petites formes cerclées ; elles étaient formées par six ou dix pierres. J’ai alors immédiatement pensé que cette disposition ne pouvait être due au hasard. Il est en effet possible que cette plate-forme et ces cercles aient été en relation avec une idée religieuse datant d’un million d’années. ». Et enfin, à 200 kilomètres au Nord de ce site, il remarque : « Parmi les nombreux mystères que recèle la terre éthiopienne, j’ai étudié celui qui se rattache aux stèles ornées de Tiga. Car, les obélisques qui s’y trouvent atteignent cinq mètres de hauteur. Ce sont de grandes dalles assez plates dont les faces portent d’énigmatiques reliefs. Or, ces derniers sont constitués, d’une part, de signes non interprétés, et d’autre part, d’un nombre variable de poignards ; parfois disposés en deux rangées s’opposant par la pointe. ».

Puis, Michel Horbeau passe à proximité du lac Tana : « Les rivières y ressemblent à des routes traversant le désert. Et ces routes – Takazé, Atbana, le Nil Bleu – semblent toutes mener au lac Tana. C’est là où les Fashalas habitent depuis toujours.

En ce qui me concerne, j’ai vu le fleuve s’ouvrir en une nappe d’eau de 750 mètres de large. Il s’est écarté avec force, alors qu’un bruit effroyable s’est mis à résonner à mes oreilles. Ce grondement m’a tellement étonné qu’il m’a un moment donné une sensation de vertige. Tandis que je me suis approché, une vapeur, ou une brume épaisse, a masqué les environs de la chute ; et elle est restée suspendue au-dessus du fleuve, en aval comme en amont. Elle a recouvert si exactement son cours qu’elle signalait l’eau, même si je ne la voyais pas. Je peux donc dire que c’est un spectacle des plus magnifiques ; à tel point que j’en ai été frappé d’une sorte de stupeur qui m’en a fait oublier le lieu où j’étais, ainsi que tous les soucis de la terre. Et ni l’âge, ni le temps, ne pourront effacer cette vision de ma mémoire. ».

Or : « En poursuivant mon voyage, j’ai de plus en plus eu l’impression que les anciens Egyptiens ont, tôt ou tard, visiter et vénérer ce lac. Tout en marchant, je me suis souvenu qu’à quelques dizaines de mètres des berges de celui-ci, me sont apparus trois ou quatre édifices délabrés ornés d’inscriptions hiéroglyphiques. J’ai également distingué un monolithe taillé dans l’obsidienne. Et tant ici qu’au Sinaï, qu’en Palestine ou qu’en Egypte, ce genre de monument est désigné par le terme « Masseboth » ; une sorte d’autel que les Egyptiens ont parfois utilisé à des fins cultuelles et sacrificielles. ».   

03 décembre 2009

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1666 - 1668

afrique_noireEn 1961, les deux territoires du Cameroun nouvellement souverains organisent un référendum sur un projet de réunification. Les populations du Sud du Cameroun britannique optent pour leur rattachement au Cameroun français, celles du Nord choisissent de demeurer au sein du Nigeria.

La réunification du pays s’avère évidemment moins simple dans les faits : chaque zone possède sa langue vernaculaire, à coté de l’anglais ou du français, mais aussi un passé, une histoire, une tradition administrative héritée de la période coloniale, une attitude vis à vis de l’ancienne métropole qui lui sont propres. L’organisation Fédérale du Cameroun permet donc une période de transition axée sur le respect de ces spécificités ; et le pays devient alors une république unitaire.

En 1961 également, le Sierra Léone obtient l’indépendance, devenant un Etat membre du Commonwealth britannique. Puis, suivent en 1962 le Rwanda et le Burundi, le Tanganyika, qui devient la tanzanie, et l’Ouganda, qui, dans un premier temps, fait partie, lui aussi, du Commonwealth ; alors que le Dahomey est désormais appelé « Bénin » et la haute-Volta « Burkina ».

Les jeunes nations parlent haut et fort à l’Assemblée Générale de l’O.N.U., mais leur pouvoir reste limité. Pour l’accroître, elles tentent de s’unir et se réunissent le 25 Mai 1963 dans la plus ancienne capitale d’Afrique noire, Addis-Abeba, siège de la millénaire monarchie éthiopienne. Les trente pays représentés signent, à l’initiative du Ghanéen N’krumah, la charte de l’O.U.A. – Organisation de l’Unité Africaine -. Cependant, en dépit du nom qu’ils ont donné à leur Organisation, les participants ne parviennent jamais à parler d’une seule voix. Au fil des conflits et des antagonismes, ils ne peuvent que préserver, tant bien que mal, les frontières définies par les colonisateurs, pérennisant ainsi les divisions artificielles qu’ils ont voulu abolir.

En 1966, des explorateurs allemands analysent le sol entourant un village perdu au fins fonds du Mali. Ils découvrent, par hasard, les restes d’un ancien chemin de terre, qu’ils suivent. Puis, à moins de 500 mètres de là, ils aperçoivent un plateau qu’ils supposent être à près d’un kilomètre de l’endroit où ils se trouvent actuellement. Ils poursuivent alors hâtivement leur progression parmi les hautes herbes et les buissons épineux. Ils parviennent enfin au pied de la colline. Et ils se rendent compte que d’un coté, se distingue un vieux volcan dont les parois sont encombrées de massifs forestiers ; et de l’autre, apparaissent de nombreux monolithes noirs taillés, décorés d’inscriptions hiéroglyphiques mystérieuses.

En Mai 1967, les Biafrais, de l’ethnie Ibo, font sécession sous la direction du colonel Ojukwu. Fortement christianisés, les Biafrais n’ont que peu de points communs avec les Peuls, les Haoussas et les Yorubas, islamisés, qui forment les trois quart de la population. Mais le Nigeria n’entend pas se laisser déposséder d’une province qui fournit 60 % de la production du pays, et le Nord procède à de véritables massacres. En 1968, il meurt entre 8000 et 10 000 Ibos par jour.

En 1971, dans l’ex Congo belge, le général Mobutu Sese Seko abandonne son ancien prénom de Joseph et renoue avec la tradition africaine. Il prend bien soin d’arborer en public le bâton noueux des chefs coutumiers et leur coiffure de fourrure. Le 27 Octobre de la même année, le Congo change de nom : il devient le Zaïre, avec pour capitale Kinshasa. 

En 1974, la rhodésie est une ancienne colonie britannique où les Blancs – qui ne représentent que 5 % de la population – monopolisent le pouvoir et pratique l’apartheid. Mais le gouvernement d’Ian Smith doit affronter la rébellion armée du Front patriotique. A partir de ce moment là, la pression internationale s’accentue. La plupart des pays membres de l’O.N.U. condamnent le régime et demandent un cessez le feu.

Un peu plus tard, un accord est signé avec les trois partis nationalistes Noirs modérés et un gouvernement multiracial est constitué. Puis, aux élections législatives, l’Union nationale africaine du Zimbabwe – ou « ZANU » -, dirigée par Robert Mugabe, obtient la majorité absolue. Désigné comme Premier ministre, celui-ci forme le gouvernement du Zimbabwe indépendant. 

L’Angola accède à l’indépendance en 1975, après la victoire de la « Révolution des Œillets ». Très vite, les mouvements nationalistes s’opposent les uns aux autres. Soutenu par l’U.R.S.S. et bénéficiant de l’appui d’un corps expéditionnaire cubain de 15 000 hommes, le M.P.L.A. –Mouvement pour la libération de l’Angola – l’emporte, en Février 1976. L’Angola passe alors dans le « camps socialiste » malgré une opposition armée dont la fraction la plus active est l’U.N.I.T.A., qui tient sous son contrôle une large partie du pays. Dans le même temps, aux frontières de l’Etat, les forces du SWAPO trouvent refuge en Angola. Le régime Sud-Africain décide donc d’appuyer militairement l’U.N.I.T.A. Mais ce mouvement d’opposition armée bénéficie déjà, quant à lui, de l’aide des Etats-Unis. Dès lors, le conflit s’installe durablement, mettant en présence une nouvelle fois les deux grandes puissances.

02 décembre 2009

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1664 - 1666

MadagascarMadagascar, seconde moitié du XXème siècle :

La grande île voit apparaître des nationalistes qui dominent dans la représentation parlementaire de l’après guerre : quand, en 1946, la colonie devient un territoire d’outre-mer, ses députés appartiennent presque tous au « Mouvement Démocratique de la révolution Malgache » - ou M.D.M.R. -, et ils se satisfont mal des bribes de liberté qui leur sont accordées.

De fait, le 30 Mars 1947, une rébellion éclate sur la cote Est. Le socialiste Marius Moutet, ministre de la france d’outre-mer, affirme qu’il ne cédera pas et ordonne une impitoyable répression. Les combats durent jusqu’au 12 Avril et ils font 80 000 morts. Le M.D.M.R. est dissous, ses chefs emprisonnés et il n’y a pas d’élections libres à Madagascar avant 1954.

Afrique Noire, seconde moitié du XXème siècle :

En 1944, la première Conférence de Brazzaville, réunie sous l’égide du Général de Gaulle, prévoit une plu grande participation des Africains à la vie publique des colonies, elle écarte nettement l’éventualité, même lointaine, de constituer des gouvernements autonomes dirigés par ceux-ci. En réalité, la position française évolue très vite sous l’influence des députés africains à l’Assemblée Nationale grâce à la constitution de 1946 et à l’Union française. Ceux-ci adoptent deux tactiques, à la fois opposées et complémentaires : la conciliation, incarnée par le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, et un nationalisme plus entier, représenté par un jeune Ivoirien, Félix Houphouët-Boigny. Ils conjuguent leurs efforts pour abolir le travail forcé dès 1946, tandis que l’importante loi-cadre Defferre est votée un peu plus tard : elle accorde le suffrage universel à tous les Africains et assure la décentralisation partielle de l’Administration.

Au début des années 1950, la résistance à la colonisation, qui prend parfois des allures violentes, « s’européanise » : relayés par divers mouvements d’opinion dans les pays développés, les intellectuels africains fondent des associations comme « le Club des jeunes Sénégalais » ou « le Mouvement Jeune Gabonais », auxquelles succèdent les syndicats et les partis politiques, autorisés. Ils n’ont qu’une audience assez limitée, par crainte des représailles et à cause de la diversité ethnique ou linguistique des populations. Du moins les syndicats fournissent t’ils une base crédible aux revendications nationalistes.

La maturation politique diffère d’une colonie à l’autre : là où une « classe moyenne » existe, elle procure des cadres, comme en Afrique Occidentale. Les partis surgissent rapidement dans les colonies françaises, car les élections sont instituées. En revanche, les Belges empêchent la participation des populations du Congo, du Rwanda et de l’Urundi aux élections, même locales ; ils restent fidèles au vieil adage : « pas d’élites, pas d’ennuis ». Cet aveuglement contribue à la radicalisation des premiers partis politiques autorisés en 1956 dans ces colonies.

Comme les syndicats, les partis de l’Afrique Noire sont caractérisés à la fois par une réelle volonté unitaire et par un morcellement ethnique ou régional : les frontières coloniales ne recouvrent pas les limites des anciens royaumes, auxquelles les Africains se réfèrent spontanément. Conscient de leurs faiblesses, ces partis se fédèrent en un Rassemblement Démocratique Africain – R.D.A. -. Cette capacité d’union, inspirée des idées panafricaines, leur permet de se poser en interlocuteur de poids.

En 1954, Cheikh Anta Diop publie son œuvre la plus célèbre : « Nations Nègres et culture », qui cherche à prouver les origines noires des premiers pharaons de l’ancienne Egypte. Cette annonce fait l’effet d’une bombe, car elle donne aux Africains la fierté commune d’un passé prestigieux et leur offre la perspective d’une possible unité.

Diop développe ce dernier thème dans « les Fondements culturels, techniques et Industriels d’un futur Etat fédéral d’Afrique Noire ».

Bien que ses thèses sur l’Egypte ancienne soient immédiatement remises en cause, il conserve son ascendant, surtout sur les Américains de race Noire, à la recherche de leur identité. Militant et anticolonialiste actif, homme politique, il fonde également le Bloc des Masses Sénégalaises, puis, le Front National Sénégalais.

En 1957, la cote de l’Or – qui prend le nom de Ghana ; le premier Empire Noir connu des historiens remontant au IVème siècle - est le premier pays d’Afrique Noire à accéder à la souveraineté nationale, dans une atmosphère de liesse populaire. Ses habitants ont soudain l’impression de clore une période qu’ils considèrent à juste titre comme l’une des moins heureuses de leur longue histoire : la colonisation a mis sous tutelle le puissant royaume des Achantis et démantelé son économie traditionnelle, pour faire de lui un simple producteur de matières premières.

Le Constitution de la 5ème République, en 1958, propose l’autonomie Africaine dans le cadre de l’Union française. Ce nouveau statut séduit les Africains, qui l’acceptent massivement, à l’exception de la guinée : sous l’influence de Sekou Touré, le « non » l’emporte. Ce pays accède alors immédiatement à l’indépendance. Les autres colonies s’inspirent de cet exemple : elles demandent leur indépendance.

Tout ne se passe pourtant pas partout de manière aussi paisible, et le nationalisme Africain se heurte parfois violemment aux Européens. Le Soudan Français redevient le Mali. La répression de  l’insurrection malgache fait 80 000 morts ; toutefois, l’île reste calme au moment de la décolonisation. De son coté, la grande-Bretagne a fort à faire au Kenya, où sévit la révolte des Mau-Mau. En Rhodésie du Sud – ou Zimbabwe -, les colons Blancs font bientôt sécession. Tandis qu’une situation délicate perdure dans les colonies portugaises d’Angola et de Mozambique, qui mènent à une guérilla tenace contre la métropole dirigée par Salazar.

En 1960, le Congo belge devient indépendant dans d’assez bonnes conditions. Le gouvernement belge se résout à accorder l’indépendance, pour éviter que ne se reproduisent les événements qui ont ensanglanté Léopoldville l’année précédente. Des élections ont lieu, l’indépendance est proclamée le 30 Juin, les Chambres se réunissent et désignent comme Premier Ministre le progressiste Patrice Lumumba, et comme Président de la république Joseph Kasavubu.

Pourtant, dès le 11 Juillet, le pays est en guerre : la riche province minière du Katang fait sécession, sous le commandement de Moïse Tschombé, ce qui avantage d’importants groupes financiers européens. L’armée belge, dont les officiers sont ulcérés d’avoir dû renoncer à leur tutelle sur l’armée congolaise, prend le contrôle du Katanga ; Patrice Lumumba fait appel aux Casques bleus et menace de demander l’assistance de l’U.R.S.S., ce qui lui vaut d’être destitué et arrêté, quoiqu’il dispose toujours de la majorité à l’Assemblée. Le colonel Mobutu s’empare alors du poste de Premier Ministre, Lumumba est assassiné, tandis que des troupes mal contrôlées massacrent les Européens.

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