Mes Univers

Quand le Mythe rejoint l'Histoire, il y a un Instant Magique où la Réalité n'existe plus que pour ètre emportée par le Souffle d'une Légendaire Epopée...

26 août 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 974 - 977

chineChine, XVème siècle :

En 1398, peu avant sa mort, l’Empereur Ming Hongwu déclare que c’est son petit fils Ming Huidi qui va lui succéder. Or, celui-ci ne règne pas longtemps : un de ses oncles paternels, le prince de Yan Yongle, commandant militaire de la région septentrionale de Pékin, hostile à la succession, s’empare, en 1402, de Nankin et du trône. Et, devenu Empereur, il proclame l’avènement de l’Ere « Yongle » - ou « Bonheur Eternel ».

De fait, Yongle consolide le territoire impérial. Dès 1404, la mandchourie est conquise jusqu'à l’embouchure de l’Amour. Il parvient à soumettre les Mongols en 1410. La chine retrouve les frontières qu’elle a eues sous les Yuan. Elle les déborde, même, en annexant les régions vietnamiennes du bassin du fleuve Rouge.

Malgré tout, la même année, Yongle enterre son fils aîné. Aussitôt, il ordonne que soit bâtie une gigantesque demeure souterraine. Une fois celle-ci terminée, il ordonne que 500 statuettes de terre cuite hautes de 32 centimètres y soient déposées. Il demande qu’elles représentent les Gardes d’Honneur, les Guerriers, les Intendants pourvus de bannières, les Musiciens, et les chars, de son fils. Il commande qu’elles soient entourées d’objets de jade richement ornés. Et, il exige qu’elles soient accompagnées de coffres de bois dont les sculptures désignent des Dragons.

En 1420, il achève le chef d’œuvre que représente son Palais Impérial : situé en plein cœur de la capitale chinoise, le « Gugong » - ou « Ancien Palais » - occupe un rectangle de près d’un kilomètre de long sur 750 mètres de large. Il se compose de plusieurs dizaines de bâtiments et palais rectangulaires, implantés dans des cours et des enclos symétriques, entourés de murailles qui les isolent les uns des autres. Au Sud sont regroupés les bâtiments officiels et administratifs. Au Nord, ce sont les résidences privées de l’Empereur et de son entourage – famille impériale, concubines, eunuques, gardes, serviteurs…

Le règne de Yongle se caractérise aussi par l’avance chinoise dans le domaine maritime. La flotte chinoise est présente sur toutes les mers de l’Asie du Sud et du Sud-Est dès cette époque. De grandes expéditions, comme celles que dirige le Grand Eunuque musulman Zheng He – 1375 – 1435 -. A l’Ouest, elles atteignent, via Ceylan et l’Inde, des ports aussi éloignés qu’Ormuz, Aden, Djedda, Mogadiscio et la cote du Mozambique. Au Sud, les bateaux chinois accostent dans les ports du Champa – Sud du Vietnam -, du golfe du Siam, de Sumatra et de Java. Les expéditions de Zheng He sont des entreprises officielles. A chaque voyage, plusieurs dizaines de bateaux emportent plus de 20 000 hommes. Les grandes jonques de haute mer, dont certaines atteignent 140 mètres de long, sont construites dans les chantiers navals impériaux de Nankin. Ces campagnes permettent d’étendre l’influence et le prestige chinois sur de vastes contrées. Elles favorisent l’activité diplomatique de l’Empire dans toute l’Asie – Corée, Japon, Vietnam, Cambodge, Siam, Bornéo, Inde, la mecque -, avec l’installation d’ambassadeurs à Nankin, ainsi que l’émigration de Chinois des provinces maritimes – Fujian, Canton – vers l’outre-mer, où ils se regroupent en communautés.

Pourtant, peu de temps après, la violence et l’ampleur des attaques de pirates, essentiellement japonais, affaiblissent la marine et le commerce chinois. Les attaques au Nord – en 1449, les Mongols s’emparent de l’Empereur Zhengtong et ne le libèrent qu’en 1457 – entraînent de graves difficultés. Mais les remparts construits dans le Nord, sur près de 5000 kilomètres, et la grande Muraille, parviennent à contenir les nomades. 

A la même époque, les eunuques – écartés du pouvoir cinquante ans auparavant par Hongwu – contrôlent de nouveau l’ensemble du pouvoir central. Chargés des affaires privées de l’Empereur, ils parviennent à monopoliser le centre de décision en contrôlant les nominations, promotions et radiations des fonctionnaires. Lorsqu’en 1450 la capitale est transférée à Pékin, ils consolident leur emprise. La guerre contre les Japonais en Corée, aggrave la corruption des eunuques et le pillage du Trésor. Les dépenses colossales affectées au palais et la négligence des eunuques sont alors de plus en plus dispendieuses.

Asie du Sud-Est, XVème siècle :

L’irruption des Mongols, qui explique l’expansion thaïe dans la région, a des effets différents en Indonésie, où elle stimule l’éclosion du sentiment national. Toutefois, en devenant un Empire insulaire, le pays s’ouvre aux influences étrangères et en particulier à la pénétration de l’Islam.

Musulmans et Chinois arrivent à peu près au même moment en Indonésie, où ils se rencontrent à la cour de Majapahit. Ils apportent de nouvelles formes de spiritualité, mais ce sont les musulmans qui imposent finalement leur foi et leur contrôle sur les îles. En 1419, le souverain de la puissante ville de Malacca, dans l’Ouest de l’archipel de Java, se convertit à l’Islam. Un peu partout sur la cote de Java se multiplient les communautés musulmanes. Elles grandissent jusqu'à devenir des Etats et mettent en danger l’hégémonie du royaume de Majapahit.

Selon la légende, ce sont des envoyés d’Allah, qui, grâce à leurs discours et en réalisant des miracles, convertissent ces communautés. Au nombre de neuf, ces chefs religieux viennent prêcher l’Islam à Java. On leur doit aussi la construction des premières mosquées, sur la cote Nord de Java. Seule l’identité du premier de ces neuf envoyés, Malik Ibrahim, est connu, car le Traditions divergent à propos de ses compagnons. Sa tombe, à Gresik, près de Surabaya, devient vite un lieu de pèlerinage.

Cette nouvelle religion s’accompagne d’un essor des communautés marchandes musulmanes et de leur constitution en Etats de plus en plus puissants. Bientôt, Majapahit perd sa prééminence économique, politique et religieuse. Après 1450, le royaume décline. L’Hindouisme ne subsiste que dans l’Est de Java et à Bali.

Par contre, en 1479, le roi Xay-Cak’a-p’at – « Victorieux Empereur » - du Laos subit une invasion vietnamienne, heureusement repoussée. Ses fils chassent les derniers occupants vietnamiens, puis ils s’attachent à reconstruire leur pays. La capitale, Luang Prabang, a été fortement touchée, et elle doit être repeuplée. Les décennies suivantes voient le retour de la paix et des relations amicales avec le Vietnam, ainsi que la multiplication des grandes constructions en l’honneur du Bouddhisme.

Amérique du Sud, Pérou, XVème siècle :

Lorsqu’ils s’installent au cœur des Andes centrales, les Incas ne sont qu’une petite tribu Quichua de la haute vallée du Huatanay en quête de territoires dans un environnement particulièrement difficile. Ce qui va pourtant devenir leur Empire est constitué de la plus longue chaîne de montagnes du globe : la cordillère des Andes, qui s’étire sur près de 8000 kilomètres, depuis le Nord de la colombie, jusqu'à l’Antarctique. A l’Ouest, les cotes du Pacifique sont désertiques, à l’Est, les contreforts amazoniens sont noyés sous la végétation tropicale.

Malgré tout, les Incas s’adaptent vite à ce cadre naturel très rude. Leur essor, à partir de leur capitale, Cuzco, est fulgurant. Leur premier roi, Manco Capac battît sa première cité en compagnie de sa Sœur-épouse Mama Ocllo, à l’endroit où sa baguette d’or le lui indique : dans la vallée de Cuzco, à l’emplacement de la future capitale. Puis, sous le règne du successeur de Manco Capac – Sinchi Rocca - les premiers Incas luttent contre d’autres tribus de la région. Celle des Chancas vainc le huitième Empereur Inca, Viracocha. Mais son fils, Yupanqui, organise la résistance lors du siège de Cuzco par les Chancas. Cette victoire sur une ethnie concurrente inaugure le développement de l’Empire Inca puisqu’il s’en prend ensuite à la tribu voisine des Colla, avant de se rendre maître de toutes les Andes moyennes.

Alors, Yupanqui renverse son père. Il prend la couronne et fonde sa propre dynastie. Il change son nom en : Pachacutec, le « Réformateur du Monde ». Sous son règne et sous celui de son fils, Tupac Yupanqui, l’Empire agrandit s’organise. Pachacutec donne à son royaume le nom de Tahuantinsuyu, « Terre des Quatre Régions ». Le Quichua devient la langue officielle.

10 août 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 900 - 905

chineChine, XIIIème siècle :

Mais, à cette époque, la politique de paix, achetée à des voisins toujours plus agressifs, ne peut résister aux offensives foudroyantes et répétées des troupes d’un nouvel Empire des steppes. Dirigées par le Mongol Gengis Khan, ces armées s’emparent de Pékin en 1215 et déferlent jusqu’aux portes de Vienne en 1241. De 1234 à 1279, les attaques contre les Song se multiplient à un rythme accéléré. Sous le commandement de Kubilay Khan, fils de Gengis, les armées prennent les Song à revers et soumettent d’immenses contrées allant du Nord de la chine jusqu’au Vietnam, en passant par le Sichuan, le Tibet et le Yunnan.

Parallélement, les Mongols fondent une nouvelle Capitale : « Khanbalik » ; que les Chinois de souche préfèrent appeler « Dadu ». Ils commencent donc par y creuser une artère séparant la cité en deux, et courant du Nord au Sud. Ils y excavent un ensemble de voies faisant ressembler la ville à un damier. Ils y rajoutent, à intervalles réguliers, des rues secondaires, puis, les développent vers l’Est et vers l’Ouest. Ils y installent également de nombreux égouts. Ils y élèvent un Palais Impérial. Au plafond de celui-ci, ils y font dessiner les Mandalas des cinq Grands Bouddhas. Ils les font accompagner par des images des « Boddhisattvas des dix Directions », et par des effigies « des Gardiens des Quatre Cotés ». Ils entourent ensuite leur Château d’un mur de pierres dorées doté de quatre tours d’angle, et de Tableaux de Héros Mythologiques. Et, enfin, au centre de l’une de ses cours, ils bâtissent un édifice ressemblant à un « I », et dont les pièces situées au Nord et au Sud, sont reliées entre elles par un long couloir.   

En 1276, les Mongols pénètrent dans Hangzhou, provoquant la fuite de la cour. Song Dibing, le dernier Empereur de la dynastie, se suicide en 1279. Les ultimes représentants de la famille royale sont tués trois ans plus tard au large de Canton. C’est alors l’occupation totale de la chine et l’avènement d’une nouvelle lignée étrangère qui s’installe, et prend le nom de Yuan.

Pour la première fois, un Mongol règne sur la chine entière. Kubilay demande aussi l’hommage des vassaux des Song. Pourtant, la domination mongole reste superficielle dans la péninsule indochinoise et en Indonésie.

Au sein même de son entourage, Kubilay est contesté par d’autres héritiers de l’Empire de Gengis Khan, car il prétend à la succession de tout l’héritage et demande l’hommage des chefs des différents khanats, de Perse et de Russie Méridionale.

Avec Kubilay, les Mongols de Chine adoptent une nouvelle culture. Abandonnant la capitale ancestrale de Karakorum, ils se sédentarisent et construisent Khanbalik, au Nord-est de la ville chinoise, à partir de 1260. S’il se veut l’héritier de Gengis Khan, Kubilay se considère aussi comme un véritable Empereur chinois, un Fils du Ciel. Sa dynastie, les Yuan, succède naturellement, selon lui, aux 22 dynasties qui ont régné sur la chine. Kubilay n’est plus un chef de tribu mais un Empereur. Il ne s’entoure plus de compagnons d’armes mais de vassaux nantis de fiefs.

Les Mongols ne veulent pas détruire une Civilisation qu’ils admirent : Kubilay conserve l’administration chinoise et s’efforce de développer le pays. Il adopte les assignats chinois et en fait la principale monnaie de l’Empire. Il organise la lutte contre la famine, remet en état le Grand Canal qui relie la chine du bas Yangzi à la région de Pékin. Les routes impériales sont plantées d’arbres et bientôt encombrées de marchands, de voyageurs et des émissaires rapides de la poste impériale. Kubilay professe une grande tolérance religieuse : il se converti au Lamaïsme, reçoit des reliques du Bouddha et respecte aussi les Evangiles.

Japon, XIIIème siècle :

A partir de cette époque, le Japon est gouverné par les shoguns. A la mort de Yoritomo, en 1199, son fils aîné est nommé shogun, mais c’est la famille des Hojo qui assure la régence et conserve le pouvoir. Cette lignée prestigieuse a déjà fournie au Japon des généraux et des conseillers politiques. Les régents Hojo se succèdent rapidement, au rythme des complots. Aucun shogun ne se montre vraiment compétent et les Empereurs en profitent pour monter les factions les unes contre les autres. Ce sont les régents eux mêmes qui nomment et révoquent les shoguns.

La capitale retrouve pourtant sa prééminence, les Fujiwara sont définitivement écartés des affaires de l’Etat. En s’installant à Kamakura, les régents Hojo perfectionnent l’administration du bakufu. Ils distribuent des terres à leurs vassaux, contrôlent les intendants des provinces. A partir de 1226, ils gouvernent avec l’aide d’un Conseil d’Etat. En 1232, ils font établir un recueil de règles à l’intention des juges, le « Formulaire de Joei ». Les Hojo apportent ainsi une stabilité nouvelle au Japon. Cependant, celle-ci est ébranlée par des menaces d’invasion.

Car, en 1259, Kubilay, petit-fils de Gengis Khan et grand Khan des Mongols, devient Empereur de Chine et fonde la dynastie des Yuan. Avide de conquête, il fait très vite occuper la corée et, dès 1266, il ordonne aux Japonais de se soumettre. Le gouvernement du bakufu décide d’ignorer l’ordre, comptant sur ses vaillants guerriers pour défendre l’archipel. Kubilay renouvelle ses messages tandis que les Japonais se préparent à la guerre. Les Mongols lancent alors une première attaque en Novembre 1274.

Ceux-ci possèdent une véritable armée de conquête, de 20 000 chinois et mongols, et de presque 15 000 coréens. Leurs soldats obéissent à des signaux, marchent au son des gongs et des tambours qui terrorisent les chevaux des adversaires ; de plus, ils sont équipés de flèches empoisonnées, d’arbalètes et de poudre. Les Japonais, eux, en sont encore au combat singulier et n’ont pour se défendre que des arcs et des sabres.

Les Mongols rencontrent peu de résistance mais doivent rebrousser chemin par crainte d’une tempête risquant d’engloutir les navires et de couper toute retraite vers le Continent. Une seconde invasion à lieu en 1281 et ce sont encore une fois les éléments qui ont raison des Mongols : un « vent divin » - ou « kamikaze » - les fait fuir. Cet ouragan détruit les bateaux mongols et des milliers de soldats chinois et coréens sont engloutis par les flots. Le Japon est sauvé, mais il reste toutefois marqué par ces événements ; à tel point que pendant de nombreuses années, le gouvernement du bakufu fait entretenir les fortifications et organise un service de garde des cotes.

Afrique Noire, XIVème siècle :

Sakoura – 1285 – 1300 – s’empare du pouvoir au Mali par la force, alors qu’il n’est qu’un ancien esclave. Son fils, Mansa Aboucar, qui veut savoir ce qu’il y a au bout des mers, arme 400 vaisseaux. Il les charge de naviguer jusqu'à la fin de l’océan. Un seul revient, les autres ayant été engloutis dans un tourbillon. Voulant voir de lui même ce qu’il en est, Mansa Aboucar arme alors 4000 navires, part vers l’Ouest, et ne revient jamais. 

En 1306, Weden Ara’ad d’Ethiopie – le fils de Yagba Zion -, envoie une ambassade d’une trentaine de personnes en Avignon. Celle-ci y rencontre bientôt le pape Clément V. Elle lui présente ses respects en compagnie de 74 rois et d’innombrables princes. Elle le prévient que les membres de l’Ordre du Temple en poste dans leur pays, préparent un plan afin de s’emparer de l’Arche d’Alliance. Et ils affirment que ceux-ci aimeraient ramener la relique dans une de leur Commanderies française.

Aussitôt, Clément V prend peur. Il réalise qu’une Relique aussi Sacrée conférerait aux Templiers de quoi défier les autorités séculières et religieuses d’Occident ; ce qu’il ne peut tolérer. Il en appelle alors à Philippe le Bel. Il lui demande d’anéantir l’Ordre du Temple ; mais sans prévenir celui-ci en ce qui concerne l’Arche d’Alliance. Et, en contrepartie, il accepte ce qu’il a refusé au roi de France jusqu'à maintenant : l’aider à récupérer les trésors que les Moines-Soldats cachant dans leurs citadelles éparpillées sur son territoire.

Jusqu’en 1310, Weden Ara’ad entretient de fréquents contacts avec Avignon. Il apprend donc la dissolution de l’Ordre du Temple. Il prend immédiatement des mesures contre les Chevaliers installés dans son pays : il les expulse ou les supprime. Puis, il s’assure qu’aucun de ceux-ci – ceux qui se sont réfugiés hors de France avant la diffusion du mandat d’arrêt lancé contre eux, par exemple – ne puisse plus s’immiscer dans ses affaires.   

C’est en 1312 que Kankan Moussa, le troisième Empereur du Mali, accède au trône. Fervent musulman, il décide d’effectuer le pèlerinage de la mecque et, en 1324, organise une vaste caravane, composée de 60 000 soldats et esclaves et chargée de près de deux tonnes d’or et d’une grande quantité de vivres. Arrivé au Caire, il est reçu par le sultan Al-Nasir et manque de créer un incident diplomatique : l’étiquette stipule en effet que tout homme doit s’incliner devant le sultan. Mais la puissance du « mansa » lui interdit une telle humiliation. Rusant contre lui même, celui-ci s’écrie finalement : « Je me prosterne devant Allah qui m’a créé et mis au monde. ». Chacun est alors satisfait et les deux souverains entreprennent de faire connaissance.

Au Caire, Kankan Moussa dépense et distribue tant d’argent sous forme d’achats et de dons qu’il éblouit les Cairotes par sa générosité. Mais, dans cette ville, le cours de l’or finit par chuter, et l’économie égyptienne est fortement ébranlée. Après s’être rendu sur les lieux Saints, à la mecque et à Médine, et s’être acquitté de ses devoirs de croyant, le mansa achève son long voyage de dix-huit mois et rentre, emmenant avec lui des membres de diverses professions, qui ont été charmés par l’homme et ont rêvé du riche Mali. 

A son retour dans son pays, Kankan Moussa se fait aussitôt construire une salle d’audience sur les modèles du Nord de l’Afrique : une salle carrée, surmontée d’une coupole et ornée d’arabesques colorées, avec des fenêtres recouvertes d’argent, d’or et de vermeil.

Ce luxe est à la mesure du mansa, qui tient ses audiences au milieu de 300 esclaves et dont la cour est régie par la plus stricte des étiquettes. Nul ne lui adresse directement la parole. On doit passer par un intermédiaire qui se fait l’interprète du demandeur. Ce dernier, vêtu avec humilité, reste prosterné pendant tout l’entretien et jette de la poussière sur sa tète en signe de respect.

Car, le pèlerinage de Kankan Moussa a revêtu pour le monarque et pour son Empire une importance essentielle. D’une part, l’Empereur a acquis un grand prestige auprès de son peuple et assoit son autorité sur un territoire si vaste – recouvrant le Sénégal, la gambie, la guinée, le Mali et une partie du Niger – qu’il faut une année pour le traverser à pied. D’autre part, l’Islam se développe dans le pays, qui devient un centre important pour les lettrés musulmans et un haut lieu de production artistique et intellectuelle. Enfin et surtout, grâce à son expédition et au faste de son déplacement, Kankan Moussa a fait connaître son Empire au Monde. En Afrique du Nord, au Moyen Orient et dans toute l’Europe, il est désormais considéré comme l’un des plus grands rois de la terre. Les échanges se multiplient avec l’extérieur et l’Empereur tisse des liens solides avec le sultan Aboul Hassan du Maroc et le roi Jean II du Portugal. Il faut dire que le Mali est si prospère que le mansa est l’un des souverains les plus riches de son époque.

C’est que le pays recèle de nombreuses mines de sel, de cuivre, de fer, et surtout des mines d’or en abondance. De plus, les provinces paient un tribut. Profitant de la sécurité qui règne dans tout l’Empire, les relations commerciales ne cessent de se développer, et de grandes villes deviennent les terminus ou les haltes obligées sur les routes transsahariennes : Oualata, Tombouctou, Gao, Djenné sont les plus florissantes.

En 1320, la société Malienne s’organise en plusieurs clans. Certains d’entre eux, enrichis par leurs activités marchandes, constituent une sorte d’aristocratie au sein de laquelle l’Empereur puise pour constituer son administration. A l’autre bout de l’échelle sociale se trouvent les esclaves, qui, loin d’être mal traités, sont intégrés à la famille dans laquelle ils vivent et peuvent exercer une influence non négligeable. Les marabouts, chefs religieux, constituent un groupe à part, bénéficiant d’un grand prestige auprès de la population comme de la noblesse : parmi eux se recrutent de nombreux juges et dignitaires.

Le mansa dote son pays d’une solide organisation administrative. L’Empire est divisé en provinces et en villes et villages, confiés à la charge de membres de la noblesse, les « farins ». Comme ceux-ci ne sont pas propriétaires des terres – le pays entier appartient au mansa – et respectent profondément leurs concitoyens, le Mali ne connaît pas de système féodal. Les farins sont, entre autres, chargés de superviser le vaste système judiciaire dont le mansa est la plus haute instance. Chacun est jugé selon sa religion : les musulmans, suivant les préceptes du Coran, et les animistes, selon la coutume.

Car, au Mali, deux religions se côtoient sans heurts. La religion populaire des animistes, qui voient en Kankan Moussa un grand « faiseur de fétiches », et l’Islam, répandu principalement dans la noblesse et les classes sociales marchandes, qui considèrent l’Empereur comme leur chef spirituel. Le mansa, bien que fervent musulman, peut ainsi assurer la paix religieuse dans son Empire.

En 1335, des peuplades de Somalis depuis longtemps converties à l’Islam se mettent soudain à envahir certains hauts plateaux Abyssiniens. Elles les pillent, détruisent les villages d’Aksoumites qui s’y sont implantés. Puis, elles sont bientôt suivies par des clans de Gallas, qui, contrairement à elles, commencent à les occuper durablement.

Après le règne de Kankan Moussa, le démembrement de l’Empire du Mali s’opère rapidement car ses successeurs, par manque d’envergure, laissent l’anarchie s’installer. Mansa Souleymane – 1341 – 1360 – est connu pour sa sagesse et sa bonté.

En 1365, les peuplades des Somalis récemment converties à l’Islam se mettent à émigrer. Elles se dirigent vers l’Ethiopie, tandis que les Gallas commencent à occuper les vastes régions méridionales de ce pays. De leur coté, au même moment, les Bochimans s’implantent de plus en plus aux abords du désert du Kalahari et au Sud de l’Angola. Quant aux Hottentots et aux Soninké, eux, s’installent dans le Sud-ouest Africain.

A cette date, la civilisation Bantoue, pour sa part, la civilisation Bantoue rayonne et se répand dans tout le Sud de la forêt Equatoriale. Ainsi, les clans qui la composent entament une migration vers le Nord. Ils s’approchent des territoires du Nigeria et du Cameroun. Ils s’avancent vers le Tchad. Ils arrivent dans la région des Grands Lacs, où ils se heurtent à des groupes humains physiquement très différents ; comme les Bochimans et les Hottentots. Et, après de difficiles combats, ils finissent par s’y établir définitivement. 

Les membres de ces communautés apprennent alors à employer des plantes médicinales ou des drogues hallucinogènes qu’ils ne connaissaient pas dans leurs contrées d’origine. En les utilisant, ils sont donc la proie d’hallucinations. Ils font des rêves étranges. Ils voient parfois des Esprits et des Etres Fantastiques surgis de nulle part. Ils inventent des Légendes qui font état de Serpents redoutables. Et ils nomment leurs Initiés à cette « Magie du Serpent » les « Sanké » ; ou, les « Gens du Serpent ».

Arabie, XIVème siècle :

En 1310, un voyageur, Abdel Rahman Ibn Khaldun, se rend souvent à Bougie et à Fès, avant de s’installer au Caire. Juge musulman de profession, il est l’auteur d’une œuvre monumentale : la « Muqaddima », ou « les Prolégomènes, une introduction à l’Histoire ». Il écrit également une « Histoire des Berbères » et une « Autobiographie ». Dans ses ouvrages, Ibn Khaldun démonte les ressorts de la dynamique du pouvoir et constate que les dynasties, comme les Civilisations, sont mortelles.

A cette date, les Arabes accordent une importance particulière aux étoiles parce qu’elles leur évitent de se perdre dans le désert. L’un d’eux, Nasser Eddin Toussi, fait construire un observatoire sans équivalent. Nombre de noms d’étoiles et de constellations – Aldébaran, Altaïr, Bételgeuse, Rigel – viennent de l’arabe, de même que certains termes d’astronomie tels que alidade, azimut, nadir, zénith.

Avec l’extension de l’Empire, les Arabes apprennent à maîtriser la mer. Héros des « Mille et Une Nuits », Sindbad le Marin, qui part de Bassora vers la chine, est le symbole de cette conquête des océans. Celle-ci se traduit par l’invention, le perfectionnement et la diffusion de nouveaux instruments de navigation. Ainsi, ayant appris des Chinois à se servir de la boussole, les Arabes la révèlent aux Européens. Le gouvernail leur doit beaucoup. L’astrolabe, ce « capteur des étoiles », permet de déterminer la hauteur des astres au-dessus de l’horizon. Les Arabes lui trouvent mille usages – dont celui de déterminer la direction de la mecque pour la prière.

A cette date également, des communautés de soufis – croyants qui veulent parvenir à une connaissance directe de Dieu – commencent à s’organiser en corps organisés, avec à leur tète un maître – cheikh -. Une des confréries qui naît à cette date est celle des derviches tourneurs, la « mawlawiyya », inspirée par Mawlana Djalal al-Din Rumi.

01 août 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 860 - 865

chinePar ailleurs, dès 1130, les progrès de l’imprimerie par procédé xylographique contribuent à la diffusion du savoir et à l’augmentation de la population alphabétisée. L’avance de la chine du Sud est considérable. Les impressions peuvent atteindre 1500 exemplaires par tirage, à partir de blocs de bois gravés. Les textes sont de toutes nature – traités de sciences naturelles et d’agronomie, de physique, de mathématiques ; recueils de poésie -, et beaucoup rejoignent la bibliothèque Impériale et les collections des notables. Des journaux officiels et privés circulent dans les grands centres urbains ; des plaquettes destinées à diffuser les moyens de diagnostic et de thérapie ainsi que des planches imprimées représentant les 657 points d’acupuncture sont distribués gratuitement par les services officiels dans les préfectures.

En 1137, l’Empereur Song Yao souhaite ériger une Nécropole Dynastique à proximité de Shanghai. Il demande donc à ses Architectes de trouver un site adéquat. Ensuite, il leur ordonne d’y élever un Pilier, avec, sur les parois de celui-ci, une Carte représentant le Monde tel qu’il était autrefois, des Informations Scientifiques extrêmement précises, les Longitudes et les Latitudes des Continents qui apparaissaient à la surface des flots il y a des dizaines de milliers d’années. Mais surtout, il exige que sur l’une de ses faces, soit écrit : « Lorsque le Kis qui précéda notre Epoque arriva à son terme, un jour durait dix jours. De fait, il y eut de sérieuses perturbations dans le mouvement des Etoiles, ainsi que dans le cheminement de notre Planète. ».

Ensuite, tout autour du Monolithe, il fait installer des Statuettes Funéraires représentant les 380 plus hauts dignitaires de l’Etat. Il réclame que certaines de ces Figurines portent des épées, des lances, des hallebardes, ou des haches. Il insiste pour que certaines autres possèdent des éventails, des dais, des tambours, et divers instruments de musique. Il exprime le souhait qu’elles soient accompagnées de deux chars, tiré chacun par quatre chevaux. Il prie pour qu’à leurs cotés soient déposés un échiquier, ses pièces, des peintures, des rouleaux calligraphiés, des pinceaux à écrire, des encriers, du papier, et des vases en or, en argent et bronze. Et, enfin, il recommande qu’y soient exposés 300 Livres rédigés sous la dynastie Yuan, et un bas relief montrant des hibiscus fleuris et des papillons. 

Une fois la construction de son Tombeau achevée, et ces objets déposés, Yao demande à une Société Secrète à laquelle il appartient, « les Triades », de veiller sur son Sépulcre. Dès lors, il fait en sorte que chacun des Initiés rattaché à celle-ci, contribue à son entretien. Au cours d’un Rituel, il recueille leur argent. Puis, il utilise ce pécule afin de se faire tailler un costume Sacramental sur mesure, pour aider la chapelle où ils vivent à fonctionner, et pour les Instruire des Rituels à organiser lors de la cérémonie qui le conduira jusqu'à sa Demeure d’Eternité.    

Asie du Sud-Est, XIIème siècle :

En 1113, alors que l’Empire Khmer est en proie à de nombreux troubles depuis les années 1080, les Chams Vietnamiens franchissent soudainement ses frontières. De fait, au bout de quelques mois, le Pouvoir vacille, avant de passer aux mains de Suryavarman II. Peu après, il décide de faire bâtir une nouvelle Cité au cœur de l’unique zone Angkorienne encore épargnée. Il demande à ce que celle-ci soit appelée « Angkor Vat » - ou, « Capitale Temple ». Il surveille régulièrement l’avancée des travaux au fur et à mesure que ceux-ci progressent. Il voit dès lors peu à peu son Sanctuaire s’élever au sommet de trois terrasses. Il suit l’érection des tours d’angle destinées à l’accompagner. Il surveille l’édification du donjon central haut de 65 mètres qui les domine. Tout autour de ce dernier, il demande à ce que soient sculptées 540 Statues évoquant la procession des Equinoxes. Il souligne le fait qu’il désire qu’un certain nombre d’entre elles montrent le brassage qui a existé à l’Aube des Ages au sein de l’Océan Perpétuel. Il appuie le projet d’édification d’un Sanctuaire constitué de 72 Stupas à quelques dizaines de mètres d’elles. Il s’y interesse de près quand il apprend que ses ingénieurs sont sur le point d’y bâtir leur premier Autel. Un mois plus tard, il y préside une Cérémonie afin de lui donner un Titre : « Kal Purush » - ce qui signifie, « le Temps Hommes » - ; puis, pour associer le lieu à la constellation d’Orion. Il y revient plusieurs mois après pour y diriger une Procession inaugurant un second Pyrée, qu’il appelle aussitôt « Agnicayana » - ou, « Table au Feu ». Et, enfin, il y retourne une troisième fois, dans le but de contempler les immenses bas-reliefs composés de 10 800 briques les entourant, et matérialisant le Mahabharata et le Ramayana.   

En 1115, au Royaume de Liao, les Khitans sont vaincus une première fois par des tribus du Nord de la mandchourie nommées « Djurtchets ». Leur chef, Akouta, prend le titre d’Empereur et donne à son pays le nom de « Jin » - « or » en chinois -. Et en 1126, les Djurtchets prennent la capitale chinoise et obligent les Song à se replier au Sud du fleuve Bleu.

Vers 1150, quand le Monarque Khmer Suruavarman II décède, celui-ci vient de subir plusieurs défaites militaires. Dès lors, lorsque son fils Dharanindravarman II accède au trône, celui-ci se rend très vite que son Empire est très faible. Il ne peut pas empêcher ce dernier de vaciller sous la poussée d’envahisseurs Chams. Il s’aperçoit que ses sujets les plus pauvres sont en train de se convertir en masse au Bouddhisme véhiculé par les Chams, et qu’ils sont de plus en plus nombreux à renier la religion de leurs Ancêtres. En 1177, il est obligé d’abdiquer et de s’enfuir. Et, en 1181, c’est le plus charismatique des chefs de tribus Chams qui s’empare d’Angkor, qui s’octroie le titre d’Empereur Khmer, et qui prend le nom de « Jayavarman VII ».

Jayavarman VII commence par faire construire une troisième Angkor, consacrée au Bouddha. Il y fonde des Hôpitaux, des Monastères, ou des Bibliothèques. Il y fait creuser des canaux d’irrigation, des bassins hydrauliques. Dans l’ancienne Angkor, il rénove le Temple Montagne, et lui donne l’aspect d’un damier géant. Il bâtit d’innombrables Monuments Bouddhiques : il y érige, entre autres, un Sanctuaire vénérant « Lokesvara » - ce qui signifie, « le Bodhisattva de la miséricorde », ou « le Seigneur d’Avalokitésvara ». Tout autour d’eux, il édifie des tours dont les murs sont ornés de sculptures montrant les quatre visages de ce dernier. Et, il les environne de chapelles à balustrades aux parois sculptées de Représentations Célestes et Infernales. Et, finalement, après avoir terminé tous ces travaux, il part à la reconquête du Sud-Est Asiatique. 

D’un autre coté, comme ses épouses Jayarajadevi et Indradevi, du Bouddhisme du Grand Véhicule, Jayavarman VII s’attache de fait à promouvoir sa foi. Il fait construire des temples, cent deux hôpitaux placés sous le signe du Bouddha guérisseur et de nombreuses auberges pour les pèlerins. En outre, en fondant la troisième cité d’Angkor, il la consacre entièrement au Bouddha. Le temple central, le Bayon, porte deux cents visages souriants qui témoignent, aux quatre points cardinaux, de la puissance du Bouddha-roi.

Après sa mort, c’est un dévot qui remplace Jayavarman II à la tète de l’Empire Khmer. En effet, celui-ci se soumet aux Rites Brahmaniques avec dévotion. Il se métamorphose progressivement en Mystique ayant la volonté d’entrer en contact avec l’Harmonie Universelle. De fait, il exige que son Peuple s’adonne à la pratique la plus austère du Bouddhisme. Il l’oblige à abandonner l’entretien des canaux et de la forêt alentours. Et, finalement, il l’épuise lors de la restauration d’innombrables Monuments.

En 1185, Gengis Khan et ses troupes conquièrent la péninsule Coréenne. Le Monarque Mongol met dès lors la classe dirigeante du Royaume de Koryo sous tutelle. Et, très vite, ceux-ci sont obligés d’accepter sa Culture et la forme de Société qu’il représente.

Car, Gengis Khan y apporte – entre autres - de nouvelles Techniques Agricoles. Il y introduit également la cueillette du coton. Parallélement, il y proclame un certain nombre de Lois influencées par le Confucianisme. Il s’arrange pour que les Aristocrates issus de sa Cour dominent la vie Etatique Coréenne. Il y rappelle que le Bouddhisme doit continuer à y ètre considérée comme une Religion Fédératrice. Et, il y encourage les Monastères qui réussissent à conserver leur rôle, non seulement Religieux, mais aussi Social et Artistique.    

Japon, XIIème siècle :

A partir de 1123 commencent des luttes violentes entre les clans rivaux des Taira et des Minamoto. Ces derniers se sont fait remarquer dès la fin du siècle précédent en combattant des chefs rebelles à l’Empereur, se forgeant ainsi une réputation de protecteurs du trône. Les Taira, eux, contrôlent les provinces occidentales et occupent de nombreuses fonctions officielles. Ils sont aussi habiles au combat sur mer que les Minamoto sur terre. Les deux lignées s’affrontent à trois reprises. En 1156, les Minamoto essaient une première fois de prendre le pouvoir. La tentative échoue : le chef du clan Minamoto, Tameyoshi, est condamné à mort, en revanche, Kiomori, chef des Taira, monte en grade. Puis, en 1160, les Minamoto conspirent à nouveau : « c’est le soulèvement de Heiji ». Autre échec des rebelles, il se termine par la fuite tragique des vaincus sous la neige et par la décapitation en place publique de leur meneur. Enfin, en 1180, Yorimasa, un chef Minamoto, appelle tout le clan à la lutte contre les Taira. Cette révolte n’a pas plus de succès que les deux précédentes. Au fur et à mesure que se déroulent ces événements, le clan Taira ne cesse de prendre de l’importance. A sa tète, Kyomori exerce une régence de fait mais se montre trop ambitieux, provoquant les moines, ne respectant pas le pouvoir, même symbolique, de l’Empereur. En réalité, il se conduit en véritable dictateur, imposant, entre autres, à la cour de changer de capitale. Sa mort, en 1181, amorce le déclin des Taira. L’Empereur et la puissante famille des Fujiwara font appel aux Minamoto pour les contrer : Yoritomo trouve de plus en plus d’alliés dans les provinces de l’Est et regroupe une armée autour de Kamakura. Bientôt éclate la guerre des Minamoto contre les Taira, qui dure jusqu’en 1185, entrecoupée de plusieurs interruptions. Elle est la cause d’une grande famine en 1182, accompagnée d’une épidémie de peste. Elle se termine par la défaite totale des Taira, après un combat naval le 25 Avril 1185, à Dan-no-Ura.

Donc, une erreur de jugement entraîne la mort de la plupart des nobles Taira. Le chef des Minamoto, Yoritomo, prend le pouvoir. Il se fait accorder par l’Empereur Go-Shirrakawa, terrifié par sa puissance militaire, le droit de lever des impôts, de nommer des intendants et des commissaires. Il élimine du pouvoir le véritable vainqueur des Minamoto, son frère Yoshitsune. Ne souffrant aucun rival, il part ensuite attaquer les Fujiwara du Nord et, en 1189, il prend possession de leurs domaines et de leurs richesses. En Août 1192, à la mort de l’Empereur, Minamoto Yoritomo devient « sei-i-tai-shogun » - c’est à dire « généralissime contre les barbares » -. En fait, il est le maître absolu du Japon, dans tous les domaines. Il établit sa capitale dans la petite baie de Kamakura : le site est facile à défendre et abrite un sanctuaire du clan Minamoto.

Au fur et à mesure que la cité s’agrandit, elle accueille des garnisons et se couvre de temples. Le Bouddhisme s’y développe fortement. Pour embellir les nombreux monastères, le souverain fait en outre appel à des artistes de Kyoto et de Nara. Jocho, le sculpteur le plus réputé de son temps, y travaille aussi.

Le régent en titre, Fujiwara Kanezane, ne dirige de ce fait plus à Kyoto que l’ancienne aristocratie. Le pouvoir se déplace vers l’Est. Yoritomo désigne son installation à Kamakura du nom de « bakufu », terme chinois s’appliquant au camp d’un général en guerre. Il ne séjourne plus à Kyoto que pour des visites diplomatiques ou pour l’inauguration de monuments religieux.

Au cours de son règne, le bakufu est une sorte de bureau des affaires militaires. Yoritomo Minamoto le complète d’un secrétariat de conseillers administratifs et d’un organe judiciaire. Malgré son origine militaire, c’est plutôt un gouvernement civil reposant sur un système vassalique : le pouvoir du shogun, à la tète du bakufu, dépend du nombre et de l’obéissance de ses vassaux, ou « kenin » - « hommes de la maison ». Il exerce une étroite surveillance sur leur vie privée, les récompense pour leurs services et, parfois, leur octroie le statut de combattant – ou « samouraï » -.

Parallèlement, une secte – dite du Lotus – se développe au Japon. Son créateur, Nichiren, prêche le sutra du Lotus, dans lequel se trouve, selon lui, l’entière vérité. Il considère les dirigeants des autres sectes comme des diables et des menteurs et accuse le gouvernement d’incapacité. Sa combativité lui attire l’estime des guerriers et du peuple.

Le succès de cette secte est liée à l’idée de Mapo – plus ou moins identique à la notion du Jugement Dernier chez les chrétiens -, suscitant le besoin de croyances réconfort  antes.

Iles de l’Océanie, XIIème siècle :

Les peuples des îles océaniennes vivent de nombreux mouvements. Pourtant, ils conservent leurs différences ethniques et culturelles. Les îles sont en effet peuplées de sédentaires qui ont développé une activité agricole, l’Australie de nomades qui ne vivent que de chasse et de cueillette. Les Océaniens sédentaires possèdent collectivement la terre, ce qui explique une certaine forme d’égalitarisme.

Au contraire, la structure sociale de la polynésie est hiérarchisée : à caractère seigneurial, elle a ses esclaves, sa plèbe, ses nobles, ses chefs et ses rois. La religion est tout aussi variée : les aborigènes d’Australie croient en la réincarnation des esprits des morts ; d’autres populations sont animistes ; celles de Mélanésie sont préanimistes. Les Mélanésiens croient en deux idées forces : le « mana », une vertu qui apporte le succès, et le « tabou », l’interdit.

Afrique Noire, première moitié du XIIIème siècle :

En 1210, l’Arménien Abu Salih se rend en Egypte, où il étudie attentivement les églises et les monastères Chrétiens du pays. Puis, il s’aventure dans les contrées voisines. Il s’enfonce en Ethiopie. Et, dans son journal de bord, il décrit tout ce qu’il rencontre sur son parcours.

Or, à un moment donné, il y explique qu’il a aperçu l’Arche d’Alliance, et que celle-ci concorde parfaitement avec la description qu’en fait la bible. Il dit également que la relique cache certainement les deux Tables de la loi sur lesquelles Dieu a écrit les Dix Commandements. Il y représente quatre Rituels qui sont fréquemment célébrés à Aksoum en son honneur : celle de la grande Nativité, celle du Glorieux Baptême, celle de la sainte Résurrection, et celle de l’Illumination de la croix. Et enfin, il y souligne que des Templiers prennent part à ces processions.

Avec la mort du roi Manabasi en 1211, les membres de l’Ordre du Temple toujours en poste en Ethiopie, jouent un rôle de plus en plus important. Ils font en sorte d’entretenir d’excellentes relations avec ses deux successeurs, Imrahana Christos et Naakuto Laab. Ces derniers leur accordent même un accès privilégié à l’Arche d’Alliance déposée dans la cathédrale d’Aksoum. Et ils peuvent ainsi fréquemment approcher la relique, sans toutefois, pouvoir lui faire quitter le pays.

De fait, désormais, les membres de l’Ordre du Temple n’attendent plus qu’une occasion favorable pour cela. Mais le temps passe ; les Templiers vieillissent sans qu’ils parviennent à mettre leur plan à exécution. D’autres sont envoyés à leur place pour les remplacer. Et ces derniers constatent en arrivant, qu’il n’y a aucune urgence ; en fait, ils demeurent plutôt satisfaits de voir l’Arche d’Alliance demeurer en Ethiopie. 

Or, en 1270, la situation évolue soudainement et considérablement : le souverain se laisse convaincre d’abdiquer en faveur de son oncle Yekuno Amlak – qui se réclame d’ascendance salomonienne. Une fois monté sur le trône, Yekuno Amlak exige que soit élaborée une nouvelle version du Kebra Nagast. Il y fait écrire que Ménélik est le fondateur de sa dynastie. Il y fait marquer que l’Arche d’Alliance est liée à lui parce que son ancêtre l’a transportée de Jérusalem au lac Tana durant le règne du roi Salomon. Il se sert ensuite de cette version inédite pour légitimiser son autorité. Puis, finalement, il se sent gêné par la présence de ce corps étranger, militant, et armé d’une technologie avancée, qu’est l’Ordre du Temple.

Yekuno Amlak imagine en effet bientôt que ses membres pourraient lever des renforts par milliers, pour envahir son pays. Il se rend compte de leur intérêt manifeste pour l’Arche d’Alliance. Il a peur qu’ils veuillent un jour s’en emparer par la force d’une manière ou d’une autre. Et il sait que, parce qu’il n’est installé sur son trône que depuis peu, il ne peut rien entreprendre contre eux. Alors, il les endort en faisant semblant de désirer leur collaboration. Et, son armée n’étant pas considérable, il laisse à son fils la charge de résoudre ce problème ; tout en conservant pour lui la précieuse Relique.

Malheureusement, son successeur, Yagba Zion, s’avère encore plus faible que lui sur le plan militaire ; et lui non plus ne peut rien entreprendre contre eux. Or, c’est au cours de son règne que les Templiers font la relation entre Salomon et la reine de Saba ; et que l’un d’eux écrit à leur sujet : « La souveraine du Midi, venue des confins de la terre. Tantôt reine, tantôt Magicienne, elle laissa entrevoir sous sa robe, ça et là, un pied fourchu. Elle fut la prophétesse de la vraie Croix. Elle fut riche : elle posséda des meubles d’ivoire et d’or, sertis de pierreries. Elle détint des colonnes d’argent ciselées et plaquées d’or. ».

Royaume Franc d’Orient, première moitié du XIIIème siècle :

Les Templiers installés en Terre Sainte à cette époque étudient attentivement la bible. Et certains d’entre eux voient dans la jérusalem Céleste de l’Apocalypse de Saint-Jean, une sorte de Cité Idéale. En effet, elle comporte douze Portes Symboliques. Les Templiers rattachent donc celles-ci autant au douze Apôtres de Jésus qu’aux douze signes du Zodiaque.

24 juillet 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 825 - 830

chineEn outre, de nombreux progrès techniques sont réalisés : le charbon devient un combustible courant et sert à la fonte du fer ; de nouvelles mines de fer, de cuivre, de plomb et d’étain sont ouvertes. Les bateaux à roues actionnées par la force humaine sillonnent les fleuves et les mers : la chine dispose à cette époque d’un réseau de plus de 50000 kilomètres de voies navigables naturelles et de canaux. Les industries du textile, du papier et de la porcelaine, les imprimeries et les fonderies occupent des milliers d’ouvriers à plein temps. Les premières formes de papier monnaie et de lettres de change sont mises en circulation. Marchands et grands propriétaires sont les premiers à profiter de cette prospérité, qui leur permet d’accumuler d’énormes fortunes. Les artisanats de luxe travaillent sans relâche, non plus pour le seul palais impérial, mais aussi pour les grandes familles installées en ville, qui cultivent un art raffiné. Les arts et les lettres connaissent une grande vitalité. La chine est en paix ; riche d’une démographie en hausse, elle compte plus de cent millions d’habitants.

Par ailleurs, l’astronomie et la mesure du temps sont des sujets de recherche privilégiés. Encouragés par le pouvoir, des lettrés se mettent au travail. Su Song construit une horloge astronomique en bronze et en fer de 6 mètres de haut, indiquant à tout moment la position des constellations ; il en garde jalousement le secret car le Cycle des Temps et la fixation du calendrier sont du ressort de l’Empereur, et de lui seul. Peu après, le mathématicien Guo Shoujing fait construire une tour cadran solaire haute de 14 mètres, destinée à la prévision des Equinoxes et des Solstices.

La poudre à canon, quant à elle, « drogue de feu » en chinois, mélange de salpêtre, de soufre et de charbon de bois, apparaît. Son utilisation militaire – grenades, mortiers, canons – se généralise alors.

Les luttes de partis affaiblissent considérablement le pays, ce dont profitent ses proches voisins. Après avoir créé un Empire du nom de Jin en Mandchourie, les Djurtchets parviennent à prendre Kaifeng, la capitale des Song, en 1126. Ils s’emparent de l’Empereur Huizong, de son fils, et d’une partie de la cour, et repoussent les troupes chinoises jusqu’aux bords du Fleuve Bleu. Les fuyards sont obligés de se replier sur Lin’an, dans la province de Zhejiang.

Asie du Sud-Est, XIème siècle :

Vers 1002, après la mort de Jayavarman V, une nouvelle Dynastie prend le Pouvoir au cœur de l’Empire Khmer. En effet, Suryavarman Ier – ou, « Protégé du Soleil » - monte sur le trône. Très vite, il conquiert la thaïlande et le Laos Méridionaux. Et, il fait restaurer de nombreux Monuments fondés par ses prédécesseurs les plus illustres.

Vers 1015, la religion joue un grand rôle de plus en plus grand au sein de l’Empire Khmer. La capitale, Angkor, fondée par le roi Yasovarman, se tourne toute entière vers le sacré : son site a autrefois été choisi pour des raisons astrologiques, le centre de la ville étant constitué par un temple construit sur une montagne, le Phnom Bakheng, et la royauté khmère est elle même divinisée. Les souverains qui s’y succèdent accumulent les constructions prestigieuses sur un même modèle : à un bassin à un usage rituel sont adjoints un temple aux ancêtres et un « temple-montagne ». Ce dernier comprend toujours plusieurs enceintes concentriques renfermant des sanctuaires secondaires et, au centre, une pyramide à cinq gradins. Cette architecture atteint d’ailleurs son apogée à « Angkor Vat » - « la ville qui est un tempe » - ; c’est l’édifice le plus vaste d’Angkor. Il s’étend sur 1500 mètres en longueur et 1200 mètres en largeur. Les douves qui entourent le complexe sont larges de 190 mètres.

Le sanctuaire, au plan cruciforme, comporte une pyramide centrale gardée par quatre tours d’angle, toutes affectant la forme d’un obus. Ces cinq sommets figurent traditionnellement la « Montagne Cosmique » : le Mont Méru, pivot du Monde et séjour de Civah. L’édifice est orné d’un foisonnement de sculptures : nymphes célestes, scènes mythologique et historiques animent ce temple funéraire.

S’inspirant des religions traditionnelles de l’Inde, les temples tels que celui d’Angkor Vat sont d’abord dédiés aux grandes divinités hindoues, avant d’être consacrées à la spiritualité bouddhique ; car la politique d’Angkor est rythmée par les questions religieuses. Quand les Khmers étendent leur Empire vers l’Ouest et le Nord du pays, ils ne se contentent pas d’y installer un système administratif très complet, mais entretiennent également des religieux qui veillent à l’observance des rites. En 1002, le roi Suryavarman Ier, qui usurpe le pouvoir, construit une nouvelle capitale près de la première, et, au centre de cette deuxième Angkor, un « temple-montagne » abrite les cendres du souverain.

Un nouvel Etat prend le nom de Dai-Viêt. Hanoi devient, dès 1010, la capitale de ce royaume de plus en plus centralisé, à l’administration unifiée. Les Ly, sa dynastie de souverains, réalisent de grands travaux hydrauliques pour développer l’agriculture. Ils se posent aussi en protecteurs du Bouddhisme.

Pourtant, ils doivent défendre le jeune Etat contre les tentatives d’hégémonie chinoises et créent pour cela une armée nationale. Le même élan « patriotique » pousse les « Vietnamiens à la conquête de nouvelles terres, au Sud, aux dépens du royaume de Champa.

Les pagodes construites alors s’intègrent harmonieusement dans le paysage : celle de Zien Huu, dite « du Pilier Unique » est une simple colonne de pierre au centre d’un plan d’eau, couronnée d’un pavillon de bois. Elle évoque la fleur de lotus sur sa tige, élément essentiel de décoration : les bouddhas sont assis sur des lotus, motif qui orne aussi les céramiques. Le dragon est un autre thème typique de l’art vietnamien de cette époque. Symbole du roi et ancêtre légendaire du peuple vietnamien, plus naturel que les animaux hiératiques et stylisés, il orne, par exemple, la pagode de Chuong Son.

Mais, la civilisation Classique du Sud-Est Asiatique connaît d’autres types de développement que celui de la grande cité maîtresse d’un Empire. L’île indonésienne de Java est soumise à une grande instabilité politique au cours de cette période. Elle établit plusieurs royaumes prospères qui se succèdent dans la violence. Passé le règne de Shrivijaya, dont le royaume est détruit en 1023, elle ne parvient pas réellement à maintenir son unité. Cette instabilité ne l’empêche pourtant pas de développer sa propre Civilisation, fondée essentiellement sur la puissance maritime et commerciale. Car, déjà sous Shrivijaya, elle fournit toute l’Asie et le monde Arabe en épices, ivoires et bois précieux.

En 1038, les Tangouts, des pasteurs des monts Ordos, contrôlent les itinéraires de la soie. Ils installent leur capitale à Yinchuan, sur le fleuve Jaune, et proclament le royaume de Xixia. Ce royaume est composé de populations hétérogènes : Tangouts, Tibétains, Chinois, Turcs et Mongols.

Ailleurs, simple capitale provinciale au début de ce siècle, Pagan commence elle aussi à jouer un rôle majeur dans la région. Vers 1044, le souverain Anoratha, fondateur du premier royaume Birman unifié, monte sur le trône. Il se livre alors à une politique de conquête qui lui permet d’accroître rapidement la taille et la puissance du pays. Il assure d’abord sa domination sur le Nord de la vallée de l’Irrawaddy, puis soumet les populations du Sud en affrontant les royaumes qui les gouvernent. Le royaume de Thaton est détruit, celui de Pegu est soumis. Sur l’une des terres qu’il conquiert, la grande plaine de Kyaukse, il fait faire de grands travaux d’irrigation qui développent les ressources agricoles de la province. Puis, afin d’assurer la protection du pays, il fait bâtir une ligne de forts le long du plateau Chan, qui borde l’Est de la birmanie, et entoure le royaume de Pagan d’Etats vassaux contrôlés par des gouverneurs à sa solde.

Mais l’œuvre d’Anoratha est aussi culturelle. Il ramène de ses conquêtes du Sud Birman de nombreux otages, artisans, membres du gouvernement et religieux bouddhistes, qui enseignent à leurs vainqueurs leur langue et leur écriture, dérivées des langues du Sud de l’Inde. Anoratha adopte d’ailleurs la religion des vaincus en se convertissant au Bouddhisme du Grand Véhicule. Branche réformée du Bouddhisme, le Grand Véhicule n’accorde pas seulement le salut à une élite d’ermites, mais à tout laïque vivant dans le Monde avec sainteté et compassion. Anoratha, en faisant du Bouddhisme la religion Birmane officielle, assure ainsi le prestige de son royaume : il offre de nombreuses terres aux moines et entretient des relations importantes avec le clergé de Ceylan – grand centre religieux du Sud de l’Inde -. Cela lui permet de développer des liaisons commerciales dans le golfe du Bengale, qui sépare la birmanie du sous-continent Indien. Recevant du roi de Ceylan une précieuse relique du Bouddha, le souverain ordonne la construction d’un bâtiment pour l’abriter : la pagode de Shwezigon, qui reste pendant le centre religieux de la birmanie. C’est ainsi qu’est inaugurée une brillante politique de construction religieuse que continuent tous les successeurs d’Anoratha. Imitant d’abord les peuples qu’ils ont soumis, puis créant leur propre style, les Birmans construisent jusqu'à 5000 édifices religieux dans la ville de Pagan.

Cette dynastie ne réussit cependant pas à surmonter ses propres difficultés de succession dynastique, et, plusieurs dizaines d’années plus tard, appauvrie, la birmanie est livrée au chaos politique et est incapable de résister aux attaques militaires des Mongols et des Tartares.

En 1050, lorsque le fils de Suryavarman Ier, Udayadityavarman II acquiert, à son tour le titre de « Souverain Khmer », celui-ci décide d’élargir l’influence Politique de son Empire. De fait, il conquiert le Cambodge, le Laos, et la malaisie. Parallélement, il ordonne la mise en chantier le « Baphuon » - ou, « Forèt de Pierres ». Il exige que les galeries, les plate-formes qui le constituent, soient ornés de splendides bas-reliefs. Il fait en sorte de restaurer le « Phnom Bakheng » en y élevant un Temple Carré – ou, « Mébon Occidental ». Et enfin, il commande que ce soit à l’intérieur de ce dernier que soit installée une statue en Bronze de Vishnu sommeillant au milieu des Eaux Originelles.    

Afrique Noire, XIIème siècle :

En 1120, le peuple des Dogons se sépare définitivement de celui des Malinkés. Il quitte alors la région de Mandé, où il a longtemps vaincu avec les Malinkés. Il se dirige vers un lieu où il va pouvoir préserver sa Religion Traditionnelle. Il se réfugie dans les montagnes de Bandigara. Et là, il fait en sorte de conserver ses coutumes intactes.

Or, aussitôt, une rumeur se répand chez les tribus qu’il voisine : celle ce l’invasion de son ancien territoire par les San-san.

En 1159, le prince Ethiopien Manabasi – issu de la dynastie Zwagé – est victime d’une tentative d’assassinat. Harbé, l’actuel souverain, inquiet à propos d’une prophétie menaçant sa couronne, tente de le supprimer ; mais il échoue. Il exile Manabasi à Jérusalem. Celui-ci y arrive un an plus tard. Une fois installé, il écrit au pape Alexandre III. Il lui demande la concession d’un autel et d’une chapelle à l’intérieur de l’église du Saint Sépulcre. Et, il se vante auprès de lui de sa propre force.

Puis, Manabasi se lie avec les membres de l’Ordre du Temple. En 1177, le souverain pontife lui répond. Il accède à sa requête en le désignant par le titre « Prêtre Jean ». Tandis que quelques années plus tard – en 1185 -, Manabasi est enfin près à retourner en Ethiopie, accompagné d’une vingtaine de Templiers.

Or, non seulement ces derniers ont pour mission de conduire Manabasi dans son royaume pour l’aider à en reprendre le contrôle, mais ils ont également pour charge de transporter une copie de l’Arche d’Alliance, de Jérusalem à Aksoum. Dès lors, une fois arrivés sur place, ils soutiennent Manabasi quand celui-ci dépose le roi Harbé. Ils sont présents lorsque le nouveau monarque se donne pour emblème « Zwagé Jean ». Ils profitent de la confusion qui s’ensuit pour ensevelir l’Arche au cœur du Saint des Saints de la cathédrale d’Aksoum. Et ils se mettent bientôt à penser que cette dernière est actuellement au meilleur endroit pour la dissimuler au regard des infidèles.

Moins de trois moi après être monté sur le trône d’Ethiopie, Zwagé Jean décide d’ériger un groupe d’églises rupestres au centre de la cité de Rohas. Et c’est aux Templiers qu’il offre l’opportunité de superviser cette opération. Il leur donne immédiatement un certain nombre d’instructions détaillées. Il leur demande de s’atteler très vite à leur élaboration. Rapidement donc, les Templiers et leurs ouvriers commencent à y creuser et à y tailler les murs des édifices. En déblayant des monceaux de tuf rose d’origine volcanique, ils élèvent leurs toits. Ils relient leurs cryptes entre elles en un incroyable labyrinthe de tunnels, de grottes et de galeries. Ils inventent ainsi un monde souterrain, ombreux et silencieux couvert de lichen. Puis, ils bâtissent quatre églises à l’écart des précédentes

Ils les échafaudent avec des caractéristiques « anormales ». Ils dressent tout d’abord des monolithes au centre de cours isolées. Ils taillent leurs lignes épurées jusqu’à une hauteur de plus de douze mètres. Autour, ils édifient un dôme parfait et cisèlent des fresques murales superbes. Et, enfin, un Templier du nom de Dimothéos y accole des plaques de marbre rougeâtre mesurant chacune 80 centimètres de long, 22 centimètres de large, et 3 centimètres d’épaisseur. Puis, il y inscrit des phrases liturgiques sacramentales. 

Mais, en 1187, alors que les Templiers viennent de terminer ces quatre ouvrages, ceux-ci apprennent que Jérusalem vient de tomber aux mains de Saladin. Ils sont également informés du fait que les Croisés, les Templiers logeant sur le mont Moriah, ainsi que les membres de la communauté Ethiopienne de Palestine, ont été obligés de se réfugier à Chypre. En 1189, sur les recommandations des Templiers qui se trouvent à ses cotés, Zwagé Jean envoie des émissaires auprès de Saladin. Il obtient de lui que se soient des prêtres Ethiopiens qui aient la garde du Saint Sépulcre. Et certains de ceux-ci sont présents quand Saladin explique aux clercs Abyssiniens que se sont désormais eux qui sont les Gardiens de la chapelle et de l’autel de l’édifice religieux.   

Palestine, XIIème siècle :

Dès 1095, la reconquête des Lieux Saints devient le but de centaines de chevaliers, incités par les prédicateurs sillonnant l’Europe. Urbain II a promis à ceux qui partiraient l’absolution de leurs péchés. C’est d’abord pour cette raison que les seigneurs « prennent la croix », faisant coudre sur leurs vêtements la croix qui fait d’eux des « croisés ». Il leur est insupportable que Jérusalem, le lieu où le Christ est ressuscité, l’image terrestre de la cité de Dieu, soit souillée par les musulmans.

De plus, l’Occident connaît une forte poussée démographique, sans pour autant que la production agricole augmente beaucoup. Dans ce monde trop peuplé, l’aventure ne peut que séduire les cadets de grandes familles, chevaliers sans terres, combattants professionnels, qui rêvent d’en découdre et évoquent l’or de l’Orient.

De ce fait, au cours de son séjour en France, le pape organise la croisade, dont il fixe le départ au 15 Août 1096. Mais, avant cette date, des bandes de pèlerins sans ressources se lancent sur les routes d’Europe, massacrant les juifs et se battant contre les Hongrois. Conduite par Pierre l’Ermite et Gautier Sans Avoir, la horde arrive sous les murs de Constantinople ; très habilement, l’Empereur lui fournit des bateaux pour franchir le Bosphore, et la croisade « des pauvres gens » est massacrée par les Turcs.

La croisade des barons est, quant à elle, bien préparée. Elle comprend quatre groupes distincts, qui se retrouvent en Asie mineure après être passés par Constantinople. Godefroy de Bouillon commande les chevaliers de France du Nord et de Basse-Lorraine, qui suivent la vallée du Danube ; Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, et le légat du pape Adhémar de Monteil, à la tète des troupes du Midi, passent par la cote dalmate et le Nord de la grèce ; les Normands de Sicile, conduits par Bohémond de Tarente, empruntent la voie maritime, de même que le quatrième groupe, venu u centre de la france sous la conduite d’Etienne de Blois et de Robert de Normandie.

Dès son arrivée à Constantinople, Godefroy de Bouillon se querelle avec Alexis Ier Commène, à qui il promet toutefois de remettre toutes les villes autrefois byzantines qu’il va conquérir. Ainsi en est-il de Nicée et des autres villes d’Asie mineure. Les Croisés triomphent des Turcs, divisés en innombrables clans rivaux, et battent Kiliç Arslan à la bataille de Dorylée.

Les Francs se rendent maîtres de la principauté arménienne d’Edesse et prennent Antioche en 1098. La découverte miraculeuse d’une précieuse relique, la lance qui a percée le flanc du Christ en croix, leur donne un nouvel élan. Et les Occidentaux gardent désormais pour eux mêmes leurs conquêtes ; Bohémond devient prince d’Antioche. Assiégé à son tour par l’armée de secours envoyée par « l’atabek » – « le seigneur » - de Mossoul, il tente une sortie et bat les renforts.

La progression des « Soldats de Dieu » en Syrie et en Palestine est marquée par des exploits extraordinaires et des miracles qui témoignent de « la protection Divine » ; Godefroy de Bouillon, le plus pieux des princes, « coupe en deux un Turc revêtu de sa cuirasse ». Mais d’autres accumulent parjures, massacres et exactions.

Puis, enfin, le 7 Juin 1099, l’armée franque campe devant Jérusalem. La garnison égyptienne l’observe depuis la tour de David, les murailles ont été réparées, le pétrole et le soufre préparés pour faire des feux grégeois. Tous les puits des environs sont comblés ou empoisonnés. Mais des renforts arrivent de Gènes. Dès lors, les assiégeants ont recours à deux armes : la première est religieuse : tel Josué à Jéricho, l’armée cerne la ville de processions psalmodiantes. Plus concrètement, après l’arrivée des renforts, es croisés édifient deux hautes tours de bois. La garnison incendie la première, mais, le 15 Juillet, tandis qu’elle s’en prend à la seconde, les croisés parviennent à entrer dans Jérusalem par le Nord.

Les francs eux mêmes stigmatisent l’horreur qui déferle alors sur la ville. La garnison réfugiée dans la tour de David est massacrée alors qu’on lui avait garanti la vie sauve en échange de sa reddition ; des centaines de Juifs sont brûlés vifs dans leurs synagogues. La ville est livrée au pillage et à la destruction durant une semaine entière : on dénombre de très nombreuses victimes ; le partage des Trésors du Temple dure deux jours pleins.

Le dimanche suivant, c’est Godefroy de Bouillon que les barons désignent non comme roi – il refuse ce titre - - mais comme « avoué du Saint Sépulcre ». Quelques jours plus tard, les Francs battent à Ascalon l’armée de secours envoyée par les Fatimides.

A peine trois jours après la prise de Jérusalem par les Croisés, certains chevaliers fondent un nouvel Ordre : l’Ordre du Temple. Ceux-ci installent immédiatement leur quartier général sur le mont Moriah. L’écrivain Kyot, ainsi que le jeune Maçon Lalibéla – qui est persuadés qu’ils se trouvent à l’endroit où a disparu l’Arche d’Alliance à l’époque de l’Ancien Testament – les rejoignent à plusieurs jours de là. Ensemble, ils se mettent à déblayer les ruines du Temple. Ils creusent autour des immenses écuries de Salomon. Ils les explorent de nuit tandis que Lalibéla donne des instructions détaillées afin d’ériger onze églises rupestres au centre de diverses places de la ville Sainte. Et ce dernier en conçoit même lui même les décorations intérieures et les sculptures extérieures, tout en suivant attentivement la progression des investigations de ses Frères.

11 juin 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 710 - 715

chineChine, première moitié du VIIème siècle :

En 616, une prédiction avertit l’Empereur Wendi de la prochaine Chute de la dynastie Sui. De fait, en 618, dans la province du Shaanxi, le jeune Li Shimin pousse son père Li Yan, le gouverneur, à la révolte. Peu de temps après, la capitale Impériale Changan tombe entre les mains de Li Yan, et celui-ci peut se proclamer Empereur des Tang sous le nom de Kha Tsou. Puis, en 626, Li Yuan abdique en faveur de son fils, qui a su achever la conquête de l’espace chinois quelques années auparavant, tout en contenant les hordes Barbares sur la frontière du Nord. Et Li Shimin est dès lors connu sous le nom de Tai Zong.

Dès lors, Tai Zong rétablit Changan en tant que Métropole Impériale. Il l’agrandit afin de lui permettre d’abriter près de un million d’habitants ; elle devient ainsi la cité la plus peuplée du Monde. Il la métamorphose en lieu de transit entre l’Orient et l’Occident. Il lui donne le titre de « Berceau de la route de la soie ». Il y améliore le travail de ses Artisans dans leur manière de façonner des alliages d’Or et d’Argent. Il y élève cinquante Sanctuaires, qu’il consacre aussitôt aux diverses Religions étrangères qui se côtoient à l’intérieur de sa Cité. Il y fonde également des centaines de petits Monastères, et les environne de pavillons aux murs ornés de magnifiques Peintures. Il y attire des artistes réputés pour leurs fresques aux tons ocre et rouges, et qui montrent le plus souvent des scènes de la vie quotidienne ou de la vie domestique. Il y accueille des milliers de diplomates – du Royaume Po Hai, de Corée, d’Iran, ou de Gaule. Et, il fait en sorte de s’y entretenir fréquemment avec des Seigneurs Proche-Orientaux venus lui rendre visite, ou d’exercer son influence auprès de Maîtres Sassanides arrivés depuis peu de Perse.

Parallélement, Tai Zong érige au cœur de Changan une véritable Cité Administrative. Il l’enrichit d’une trentaine d’édifices, creuse au milieu d’eux un immense lac artificiel. Dans sa partie Méridionale, il y édifie, ce qu’il nomme, sa « Cité Impériale ». Il compose celle-ci de plusieurs Palais de 360 Salles chacun ; y représentant ainsi les 360 Degrés du Zodiaque. Ils les encadrent de 194 Colonnes. Il les fait accompagner de parcs et de vastes jardins. Il ordonne qu’ils soient entourés d’une enceinte aux murs épais. Quand, une demi-douzaine d’années plus tard, son fils Maihzong, lui succède, celui-ci y construit une plate-forme au sommet de laquelle se discerne une Pagode. Le nouveau Souverain commande dès lors que cette dernière soit composée de deux ouvertures. Il ordonne qu’elle soit assistée d’un monument Pyramidal de quinze étages, et surmonté d’une toiture ressemblant à une flèche élancée. Et, enfin, apprenant que son Général Cheng Rentai vient de mourir, il y excave en son honneur une dizaine de Sépultures, et fait déposer 446 Mingqi à l’intérieur de chaque Nécropole.   

La réussite des Tang dans le domaine administratif leur permet également de poursuivre leurs conquêtes : en 630, la mongolie intérieure est soumise. En 640, c’est le tour du Turkestan. La chine retrouve l’assise territoriale qu’elle a possédé sous les Han. La « Pax sinica » règne sur l’Asie, de Chang An à Kashgar. La puissance chinoise s’affermit sur les oasis d’Asie Centrale et le commerce prospère le long de la « Route de la soie », jalonnée d’ensembles Bouddhiques ; dont Dun Huang, célèbre pour ses peintures murales.

En 648, l’Empereur Maihzong décide de faire construire son Tumulus au cœur de la cité Impériale qu’il a érigé plusieurs années plus tôt à Changan. Il commence donc par la faire précéder par un « Shendao » - ou, « Chemin de l’Ame ». Il fait orienter ses fondations vers le Sud, puis, le fait aménager comme un véritable Palais Souterrain. A l’intérieur de certaines de ses salles, il y fait creuser des puits, et y fait perforer ses murs de nombreuses niches latérales. Il fait couvrir ses parois, de moulures et de corniches, de portraits de lui grandeur nature accompagné de hordes d’oiseaux. Il fait orner les quatre façades de l’une de ses Chambres d’animaux censés Symboliser les quatre Points Cardinaux : à l’Est, le Dragon ; à l’Ouest, le Tigre ; au Sud, le Phénix ; et au Nord, le Serpent. Sur les cloisons d’une autre, il fait tracer d’énormes Reptiles destinés à protéger son Ame lors de son Voyage vers le Royaume des Morts. Et, enfin, au plafond d’une dernière, il ait reproduire une Voûte Céleste agrémentée de motifs floraux, de grues, et de nuages.   

Maihzong installe également deux nouveaux marchés à Changan : un à l’Est – ou, « Dongshi » -, et qui est aussitôt fréquenté par les riches, et l’autre à l’Ouest – ou, « Xishi ». Au Nord-est, à l’extérieur de son Agglomération, il fonde le « Damingong » - ou, « Palais de la grande Clarté ». Il y installe son Administration Centrale et Commerciale. Mais, surtout, il demande à celle-ci de mettre tout en œuvre pour que son Empire connaisse la prospérité, la stabilité, et la paix.

Tibet, première moitié du VIIème siècle :

Vers 640, l’apparition au Tibet d’une dynastie monarchique fondée par Strongbstan Sgam-po marque l’entrée de l’Etat himalayen dans la sphère d’influence asiatique. De sa capitale, Lhassa, le royaume s’étend de l’Ouest Tibétain au Népal. Le souverain envoie des troupes conquérir l’Ouest de la chine et la haute Birmanie. Et son mariage avec deux princesses, l’une chinoise, et l’autre népalaise, ouvre le Tibet au Bouddhisme.

De plus, le lamaïsme se forme à partir de la religion. Bon, marquée par le voyage Magique de l’âme du chaman, et du Bouddhisme, Strongbstan Sgam-po fonde les monastères de Ra-mo-che et de Yo-khang.

Asie du Sud-Est, première moitié du VIIème siècle :

Vers 620, le Royaume de Silla est considéré par ses voisins comme la contrée la plus Civilisée de la région. La rumeur prétend en effet qu’il est celui qui est Techniquement et Socialement le plus Evolué. Son Monarque, Songdok, acquiert de fait un énorme prestige, surtout à partir du moment où il parvient à conquérir les Territoires proches composés par le Royaume de Koguryo et le Royaume de Paikche, qu’il tente, sans succès, à s’approprier le Royaume Méridional de Kayla ; puis, qu’il réussit à unifier la presque totalité de la péninsule sous son Autorité d’une main de fer. Il entretient ce dernier en faisant en sorte d’entretenir d’excellentes relations avec le Japon. Il l’améliore en faisant ensuite transférer sa Capitale à Kyongju, avant de donner à cette Cité le nom de : « Pyongyang ». Il met d’ailleurs tout en œuvre pour qu’elle prospère. Et il est satisfait des infrastructures qu’il y a développées quand il apprend  qu’elle compte désormais près d’un million d’habitants.

De fait, au cours du règne de Songdok, Pyongyang se métamorphose peu à peu en important centre Artistique. Ses fortifications, ses châteaux – tels, ceux de Myongwolsan, de Pusan, et de Kwannun -, ainsi que ses Palais – tels, celui de Wolson ; ce qui signifie « Lune » - sont décorés avec soin. Et, ses 70 Temples Bouddhiques sont ornés de représentations somptueuses.

Après le décès de Songdok, ses successeurs immédiats – mais également les membres des plus grandes familles aristocratiques de l’Empire – décident de bâtir leurs Nécropoles dans les alentours de la capitale. Dès lors, ils demandent à leurs Maîtres d’œuvres d’orner plusieurs de leurs Murs, de scènes retraçant leur Vie. Ils leur ordonnent également d’en habiller certains d’Animaux Fantastiques : des Coqs, des Oiseaux à trois pattes, ou des Crapauds. Ils exigent qu’ils décorent leurs plafonds de Fleurs ou de Motifs Bouddhiques. Ils réclament qu’ils couvrent leurs sols d’images des Quatre Divinités associées aux Quatre Points Cardinaux : la tortue pour le Nord, le Phénix pour le Sud, le Dragon pour l’Est, et le Tigre pour l’Ouest. Et, enfin, ils les somment d’y déposer une Couronne d’Or émaillée de fabuleux Diadèmes. 

Puis, à partir de 648, les Généraux Impériaux sont aussi autorisés à ériger leurs Tumulus à cet endroit. Ainsi, le Général Kim Yusin y fait élever un Caveau ayant l’aspect d’un Observatoire Astronomique. Il fait creuser ses Chambres à quinze mètres de profondeur. Et Il fait monter les parois de ses galeries externes jusqu’à dix mètres de hauteur.   

Japon, première moitié du VIIème siècle :

En 600, la cour japonaise marque sa volonté de rattraper son retard sur le Continent, et donc d’emprunter à la chine, modèle de Civilisation, mais avec choix et esprit critique. L’envoi d’ambassades permet d’envoyer des étudiants ; la venue de moines bouddhistes, souvent coréens, fournit des maîtres, même dans des matières autres que la religion.

En 607, de toutes les nombreuses réformes entreprises par le prince Shotoku Taishi sous le règne de l’Impératrice Suiko, la plus importante est celle qui impose le Bouddhisme comme Religion d’Etat. C’est d’ailleurs dans le cadre de cette politique qu’est fondé, à Nara, le Horyu-Ji ; le premier Temple Bouddhique du Japon.

Ce Sanctuaire comporte plusieurs bâtiments regroupés à l’intérieur e deux enceintes : le « sa-in », enceinte occidentale qui renferme le « Kondo » - Sanctuaire principal – et une pagode à cinq étages ; et le « to-in », enceinte orientale contenant, entre autres, le « Yumedono » - ou, le « Pavillon des Rêves ». L’ensemble témoigne donc d’une innovation technique consistant à installer chaque bâtiment sur un podium solide, et à faire porter la toiture de tuiles vernissées par un système complexe de consoles. Par ailleurs, le Kondo – ou « le Pavillon d’or » - est un édifice en bois abritant des trésors de l’art Bouddhique, dont la « Triade de Cakyammuni ». Et le Yumedono est le plus beau bâtiment : de forme octogonale, il abrite une statue de Nyoirin Kannon, sculptée dans le bois.

En 635, Nihon Shoki entre en possession de plusieurs Manuscrits Mystérieux. Aussitôt, celui-ci se met à les lire. Il y lit que les pointes de flèches qui sont parfois retrouvées sur le sol après des orages, seraient en réalité des gisements Archéologiques lavés. Il y apprend qu’ils s’apparenteraient aux restes des Kamis lorsque ceux-ci décideraient de se combattre. Et, ils soulignent que c’est dans cette optique que tout objet de pierre ou de bronze insolite, doit ètre considéré comme un mauvais Présage. 

Nihon Shoki y déchiffre encore que : « dans le passé, de temps en temps, ces Objets étaient offerts à l’Empereur. Dès lors, ceux-ci y étaient Etudiés, des dispositions pour annihiler leurs Pouvoirs étaient prises. ». Il y surprend d’Etranges histoires de Fantômes rodant autour des Tumulus d’anciens Monarques. Il y traduit des Contes expliquant que la plupart de ceux qui ont tenté de violer ces Tombes pour y chercher un Trésor, ont connu une fin tragique. Et, il lui y est révélé que les Kamis savent se montrer compréhensifs si on les respecte, et que dans ce cas là, on peut même les déranger en toute quiétude.

Enfin, Nihon Shoki y traduit la plupart des Traditions qui y sont rédigées. Il comprend très vite que l’une d’elles considère la région de Kinai comme le berceau de la famille Impériale. Et, en la détaillant, il lui devient clair que grâce à elle, ce Territoire situé entre Osaka, Kyoto, et Nara, aurait progressivement étendu son influence à tout l’Archipel.

En 642, s’inspirant des institutions chinoises, l’Empereur Kotoku Tenno renforce le pouvoir central du Japon, par un édit dit « de la grande Transformation ». En 645, il pose les bases théoriques, du futur système administratif, que son successeur Temmu et l’épouse de ce dernier, Jito-tenno, renforcent ensuite de façon concrète : tous les hommes et toutes les terres, dûment enregistrées, passent ainsi sous le contrôle direct de la cour. Ce texte donne au clan des « Uji », un niveau de revenus inégalé en les intégrant, à une place éminente, dans une structure administrative calquée sur celle qui existe depuis longtemps déjà en Chine.

Puis, en 652, Kotoku promulgue un second Texte destiné à réformer la religion Shinto. Il lui donne le nom de « Taika » - ou, « Grand Changement ». Il y explique que les Antiques Rites Funéraires sont devenu obsolètes. Il y déclare que ses Clercs sont en train de préparer de nouvelles Règles en ce qui concerne un certain nombre de Cérémonies Funèbres. Et, il y souligne que ces dernières seront déterminées en fonction des dimensions et de l’ornementation de chaque Tombeau.

Enfin, à la même Epoque, Kotoku voit une classe intermédiaire se développer. Il est surpris d’apprendre que cette Caste commence à s’installer aux abords des principaux Centres Economiques de son Empire. Il est stupéfait lorsqu’il découvre qu’elle se met à vendre des biens de consommation courante, mais, surtout, à payer les soldats qui surveillent ses Frontières. Et, il furieux lorsqu’il réalise qu’elle fait de plus en plus d’ombre à son Aristocratie. 

                                  

Amérique du Sud, première moitié du VIIème Siècle :

Dans les hautes terres des Andes, se développent des empires expansionnistes tels que ceux de Huari et de Tianhuanaco. Depuis longtemps, ils contribuent à une unification culturelle des régions des hautes terres jusqu'à la cote. De grandes constructions sont en effet érigées un peu partout sur leurs territoires ; et notamment à Tianhuanaco. Les rives du lac Titicaca - à 3900 mètres d’altitude – sont des emplacements cérémoniels importants. L’art du tissage et de la poterie sont développés avec finesse.

Mais l’effondrement inexpliqué de ces empires entraîne l’abandon des villes. La population s’éparpille dans les villages. De petits Etats s’engagent dans des guerres continuelles.

Amérique Centrale, première moitié du VIIème siècle :

Vers 605, la culture des peuples Mayas s’organise autour de puissantes Cités-Etats comme Tikal, Palenque et Copan. Bien que celles-ci soient fortement hiérarchisées, c’est le système tribal qui prévaut, et il n’y a pas de système central unissant les cités entre elles. De fait, elles naissent de la réunion de plusieurs communautés paysannes.

Chaque cité possède ainsi un Temple voué au culte des dieux. Les artisans et les artistes ont leurs ateliers dans l’enceinte du Sanctuaire : leur travail est donc essentiellement associé au culte. Et leurs nombreuses stèles témoignent des extraordinaires Connaissances Cosmographiques de ces peuples, dont la religion est étroitement liée à la computation du Temps.

Madagascar, seconde moitié du VIIème siècle :

Vers 660, c’est par le biais d’une des nombreuses migrations africaines que l’île de Madagascar est peuplée. Car, depuis longtemps, la « Grande Ile » demeure le royaume des animaux, riche d’une faune variée et nombreuse ; bien que certains Mythes, des Géants Noirs – les Vazimba - y soient déjà présents depuis des temps immémoriaux. L’un d’eux dit d’ailleurs ceci : « Jadis, le Lémure fut le maître des terres, des mers et des cieux. Puis, un jour, sa Race déclina. Il se réfugia dans les forêts de cette île. Mais l’Humanité actuelle vint finalement troubler sa quiétude de dégénéré. ».

Malgré tout, c’est à cette date que, arrivant du Continent, les premières pirogues atteignent Madagascar. Elles transportent des hommes aux origines diverses : des Indonésiens, venus de la lointaine Asie pour faire du commerce sur le pourtour de l’océan Indien, et qui s’installent sur la cote orientale de l’Afrique ; des Africains, que ceux-ci entraînent dans cette aventure ; quelques métis, issus de mariages entre les deux peuples, préfigurant le brassage des races qui va donner naissance au peuple malgache. Ces premiers migrants, et ceux qui suivent, organisent l’île selon un mode de vie marqué, notamment, d’apports asiatiques : bientôt, la savane cède la place aux rizicultures. 

05 juin 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 680 - 685

chineChine, seconde moitié du Vème siècle :

Convertis au Bouddhisme dès 455, les « Toba » installés au Nord du Shanxi, et fondateurs de la dynastie Wei, font apparaître cette religion comme une religion rédemptrice. Les Wei l’adoptent d’autant plus facilement que celle-ci est étrangère comme eux, et qu’elle constitue une arme contre le confucianisme et le taoïsme.

En 457, plusieurs Scribes habitant la cité de Yuanjian décident de rédiger un document relatant l’Histoire de la dynastie Bouddhiste des Song. Puis, ils y expliquent qu’en 444, leur Empereur Taiwudi a brusquement fait volte face. Ils détaillent de quelle manière celui-ci a proclamé le Taoïsme Religion d’Etat, qu’il a interdit le Bouddhisme, et qu’il a confisqué les propriétés Monastiques de ses Adeptes. Ils soulignent également le fait qu’en 452, son successeur, Wen Gen, a lui aussi redéfini la politique Spirituelle de son Royaume. Ils disent que c’est lui qui a rétabli le Bouddhisme, que pour effacer les persécutions dont elle a été l’objet, il a cédé aux pressions du Moine Tan Yao, et a autorisé l’excavation de nouveaux Temples. Ils font apparaître que Wen Gen a exigé que cette quarantaine de Grottes conventuelles soit percée près de Yuangang. Ils déclament qu’il a autorisé 30 000 familles ouvrières de Dunhuang – dans le Gansu – et de Tan Yao, à rejoindre le Chantier. Et, ils rappellent qu’il a accepté la construction de ces Hypogées, à condition qu’ils glorifient les premiers Souverains de la dynastie Wei.

Wen Gen est alors à ce point satisfait de l’avancée des opérations, qu’il consent à ce que les Moines Bouddhistes honorent son épouse Li, et son fils Xiao Wen, dans deux de leurs Cavernes en cours de travaux. Dès lors, ceux-ci ornent leurs parois de niches séparées par des Monolithes. Ils y installent quelques statues de Bouddha assis. Ils y aménagent des poutres, des consoles, des pagodes ornées de figures fantastiques et de musiciens en train de danser. Et, enfin, sous la tutelle de l’un des enfants de l’Empereur – Wen Ming -, ils consacrent l’une de leurs dernières Cavernes au culte du Père et de la mère de celui-ci.

Des apports originaux du Bouddhisme à la chine de cette époque sont constitués par les Sanctuaires rupestres, comme celui de Dun Huang. En effet, de 460 à 493, les souverains Wei font ériger les premières grottes de Yungang, dans le Nord du Shanxi. On assiste à la floraison d’une sculpture rupestre Bouddhique qui, désormais, domine la création artistique. Il s’agit pourtant encore d’un art archaïque, dépouillé, et parfois naïf, mais plein de force et d’invention. 

Sûrs de leur implantation,  les Barbares déplacent en 494 leur capitale de Datong à Luoyang, au Sud du fleuve Jaune et fondent des sanctuaires rupestres. La population est encadrée par une administration très organisée. La langue « xianbei » est interdite dans la nouvelle cour, et les mariages avec des Chinois sont fortement recommandés. 

Parallélement, en 494, Xiao Wen monte sur le trône Wei. Pour célébrer son arrivée au Pouvoir, il ordonne d’excaver des Grottes Sacramentales dans les environs de Xian – dans le Shaanxi. Il exige que celles-ci soient creusées entre les collines de Longmen et les rives du Yi ; il veut qu’à leurs entrées, soient élevés des bustes de Gardiens. Il souhaite que sur leurs hauteurs soient installée une triade de personnages évoquant les victoires de l’Empereur Wei Sakyamuni. Il commande qu’en leur cœur soient sculptées cinq statues : un Bouddha colossal, deux bodhisattvas, et deux de ses Disciples ; Ananda et Kasyapa. Il réclame que leurs plafonds soient ornés d’une multitude d’Asparas – des Déesses représentées sous les traits de Danseuses Célestes -, de fleurs de Lotus, et de musiciens suspendus dans les Airs. Il insiste pour que leurs murs soient habillés d’images tirées du « Sutra du Lotus ». Il somme pour les cavités qui s’y trouvent éparpillées soient encadrées par des tètes de Dragon, de Lions, de Monstres, et de Nains. Il propose que le bas de leurs parois soit sculpté de reliefs désignant un cortège Impérial. Il juge que leurs sommets doivent montrer des silhouettes de courtisans grandeur-nature. Et, il estime que leurs cotés doivent ètre escortés de Phrases issus de Récits évoquant les Vies Antérieures de Bouddha.    

Asie du Sud-Est, seconde moitié du Vème siècle :

A partir de 475, le Souverain du Royaume de Paikche, Muryong, déclare Kongju Capitale de son Etat. Dans ses environs – à Songsam Ri -, il commence à élever un Tumulus gigantesque : au cœur du vestibule de celui-ci, il érige une statue de Lion ; il dispose deux dalles qu’il recouvre d’inscriptions relatant la vie quotidienne de sa Cour. Dans le caveau qui doit, un jour, contenir sa dépouille, ainsi que celle de son Epouse, il dépose une Couronne d’Or. Et, il enrichit les parois de la salle avec des fresques montrant d’innombrables arbres mêlés à des ramifications d’orchidées. 

Puis, quelques années plus tard, son successeur excave non loin de là une autre Tombe à laquelle il donne le nom de « Tertre du Cheval Céleste ». De fait, il demande à ses Architectes de la composer de trois Chambres. Il leur ordonne que chacune d’elles soit garnie de 32 niches. Il exige qu’à l’intérieur de celles-ci, soient placés les corps d’esclaves fraîchement immolés. Il ordonne que la seconde Salle Funéraire laisse apparaître quatre Sarcophages spécialement préparés pour ses Serviteurs les plus proches. Il commande d’ailleurs que ceux-ci y soient ensevelis vivants juste après son décès. Il réclame que les murs de cette Pièce soient décorés de Peintures montrant des Chevaux Ailés. Et, enfin, il demande que les Autels bâtis à l’intérieur du Tumulus soient ornés de joyaux étincelants. 

Japon, seconde moitié du Vème siècle :

En 478, de nombreux moines, venus de toutes les régions du Japon, construisent les Sanctuaires Shinto d’Ise. 

Arabie, première moitié du VIème siècle :

En 525, les Ethiopiens reprennent le Yémen au prince Juif Dhu Nuvas, et y rétablissent le Christianisme.

Perse, première moitié du VIème siècle :

En 531, à son avènement sur le trône de Perse, Khosrô Ier trouve un Empire troublé par l’agitation du mouvement mazdakiste, enlisé dans une guerre sans issue avec les Romains, et soumis au tribut par les Huns Hephtalites. De fait, dès 532, il conclut une « paix éternelle » avec Justinien, garantissant aux Perses le protectorat sur l’Ibérie, aux Romains sur la lazique. Pacificateur, il restitue aux propriétaires les biens confisqués par les mazdakistes qui ont voulu tout partager, laisse aux femmes enlevées par les révolutionnaires la liberté de rester avec leur ravisseur ou de rentrer chez leur mari, et allège les impôts, surtout pour les vieillards. Limitant l’influence de l’aristocratie, il installe quatre gouverneurs militaires, placés directement sous ses ordres. Tolérant envers les chrétiens, il entretient de bons rapports avec les Patriarches de l’Eglise nestorienne, dont l’un est son ancien médecin. Grand bâtisseur, il élève le Tepe Kesra de Ctésiphon. Et s’alliant aux Turcs, il refuse le tribut aux Huns Hephtalites, les anéantit et annexe la bactriane.

Pourtant, son grand projet est de triompher de l’ennemi séculaire, l’Empire Romain d’Orient. En 540, il se jette sur la syrie, pille Antioche et en déporte la population à Ctésiphon. Mais la guerre s’enlise ensuite dans le Caucase, et Khosrô Ier négocie la paix en 562. Tandis qu’en 570, il chasse du Yémen les Ethiopiens clients des Romains. C’est alors l’apogée de sa puissance. 

Empire Romain d’Orient – Empire Byzantin, première moitié du VIème siècle :

L’Empire d’Orient est gouverné par de très grandes figures. Quand, en 518, disparaît le brillant Empereur Anastase, - qui a rétabli les finances, lutté contre les Bulgares et les Huns, et a fait construire en Thrace les « longs murs qui protègent Constantinople -, le Sénat choisit pour lui succéder le chef de la garde, originaire d’Illyricum, parlant latin et non grec, Justin. En 519, celui-ci met fin au Schisme religieux avec Rome en acceptant avec le Patriarche Jean, la profession de foi du pape Hormisdas. En 521, il nomme Justinien César, parce que celui-ci a joué un grand rôle dans le retour de l’orthodoxie et le rétablissement des relations avec le pape. En 523, il apprend que le Vandale Hildéric a mis fin aux violentes persécutions contre les catholiques, et qu’il a suscité le mécontentement des Vandales Ariens. Peu après, il adopte le plus doué de ses neveux, Petrus Sabbatius, qui prend le nom de Justinianus. Tandis qu’à sa mort, le 1er Août 527, l’Auguste Justinien, âgé de 46 ans, devient Empereur, en compagnie de son épouse Théodora.

Justinien est alors un esprit encyclopédique, un travailleur acharné, qui dirige l’Empire du fond de son palais. Il entend restaurer l’Empire dans son antique grandeur. Chrétien fervent, il ferme l’école philosophique d’Athènes pour rompre avec la culture païenne. L’Impératrice Théodora, elle, est une femme de basse extraction : fille d’un montreur d’ours de l’Hippodrome, elle a été actrice et prostituée. Elle a eu deux enfants d’un père inconnu. Elle s’est livrée à des danses lascives dans l’arène, quand, ébloui par sa beauté, Justinien s’est épris d’elle. Elle a alors été élevée au rang de patricienne et est devenu Impératrice. Et elle se coule désormais à la perfection dans le moule du cérémonial impérial. Car son influence est sensible à toutes les sphères du pouvoir.

Mais Justinien hérite d’une situation difficile : la société rurale est désorganisé par le système du patronage, qui ruine l’autorité des grands propriétaires, lesquels ont aussi formé l’ossature de l’aristocratie urbaine ; désormais, ceux qui ont quelque pouvoir, et surtout les potentats militaires locaux, proposent aux paysans de les protéger contre les exigences jugées excessives du fisc impérial et des propriétaires fonciers, moyennant paiement d’une légère redevance et reconnaissance de leur nouvelle autorité.

Dans les grandes villes, l’agitation est endémique. A Constantinople, le peuple est organisé au sein de factions, ou dèmes, les bleus et les verts, du nom des supporters de l’Hippodrome. Cette population turbulente est prompte à l’émeute ; généralement, les affrontements opposent une faction à l’autre, mais que les mécontentements viennent à se conjuguer et c’est le trône qui est menacé.

Ainsi, il tente de rogner l’autonomie des « demes » - ou « factions sportives » -, qui se dressent aussitôt contre lui. Aux cris de « Nika » - « sois vainqueur » -, les Bleus et les Verts, leur rivalité oubliée, incendient la cathédrale de Constantinople, la demeure du préfet de la ville, ainsi que le vestibule du palais de Justinien. Une partie de l’aristocratie les soutient et fait proclamer Empereur Hypatios, un neveu d’Anastase. Justinien songe alors un moment à fuir, mais la fidélité de l’armée et de son général Bélisaire, ainsi que les conseils de sa femme Théodora, lui permettent de réprimer la révolte. Et, en Janvier 532, faisant irruption dans l’hippodrome, les bucellaires Goths – ou « garde privée » - de Bélisaire égorgent plusieurs milliers de personnes ; terminant ainsi une sédition qui a failli lui coûter le trône.

En 533, Justinien confie à Tribunien la direction d’une commission chargée de réunir en un seul code toutes les lois encore en vigueur. Celui-ci regroupe alors la législation des Codes grégorien, hermogénien et théodosien, ainsi que les Constitutions impériales postérieures. Il modifie les textes pour en éliminer ce qui est contradictoire ou périmé. Il s’emploie à lui rattacher une sélection des écrits de la jurisprudence classique, toujours applicable, touchant le droit privé. Et il débouche finalement sur la publication du « Digeste », un manuel à l’intention des étudiants en droit ; bientôt complété par les « Institutes ».

Affermi sur son trône, Justinien décide de reconstruire la cathédrale de Constantinople – la basilique Sainte-Sophie ». Il opte aussitôt pour des dimensions inconnues jusque là – 61 mètres - et demande qu’elle soit relevée d’une coupole, symbole de la sphère céleste ; de façon à pouvoir occuper dans la grande Eglise la place de lieutenant de Dieu qui lui revient. Et il confie ensuite la maîtrise de l’ouvrage, non à un architecte, mais à deux géomètres et physiciens, Anthémios de Tralles et Isidore de Milet.

Par ailleurs, Justinien signe à prix d’or – 11 000 livres – une « paix éternelle » avec le roi de Perse, avant de tenter de réaliser son grand dessein, la reconquête de l’Occident. C’est une nécessité idéologique plus que stratégique. Pour Justinien, en effet, l’Empire Byzantin, qui est l’image terrestre du royaume de Dieu, continuateur de l’Empire Romain, se doit de reconquérir les territoires qui ont autrefois été Romains.

Reconquérir l’Afrique du Nord, dominée depuis plus un certain temps par les Vandales, est, somme toute, assez facile. A la tète de 20 000 hommes, Bésilaire – né en 500 à Germania, d’abord bucellaire de Justinien, puis, maître de la milice d’Orient, commandant les troupes romaines lors de la première guerre perse, jouant un rôle essentiel dans la révolte de Nika, mais surtout, stratège tenace et inventif - en vient à bout en moins d’une année : profitant de l’absence de la flotte Vandale retenue en Sardaigne, il débarque à Byzacène. La victoire de Decimum lui ouvre les portes de Carthage. Renforcé par l’armée de retour de Sardaigne, le roi Vandale Gélimer bloque alors la cité. Mais ses troupes se volatilisent en une heure à la bataille de Tricamarum, et il s’enfuit chez les Maures. Justinien peut donc se parer du titre de « Vandalicus » et organiser une préfecture du Prétoire d’Afrique. Quant à Bélisaire, il reçoit l’honneur exceptionnel du triomphe, réservé aux seuls Empereurs depuis Auguste.

D’un autre coté, les armées impériales s’emparent du Sud de l’Espagne, avec Carthagène, Malaga et Cordoue. En 535, avec 10 000 hommes, l’Empereur peut entamer la conquête de l’Italie. Il reprend Naples, et entre à Rome sans coup férir. Dès 537, les Byzantins repoussent les Ostrogoths au Nord du Pô, puis, en 540, investissent Ravenne. Tandis qu’au même moment, l’Empereur Justinien inaugure l’église Sainte-Sophie de Constantinople ; le chef d’œuvre des architectes Anthémios de Tralles et Isidore de Millet ; et qu’il nomme en 541 le sénateur Basilius consul.

Or, en 542, une terrible épidémie de peste se déclare en Orient. Elle atteint vite Constantinople, où elle tue des milliers de personnes. Elle gagne tout l’Empire, décimant ses populations. L’année suivante, le conseiller de Justinien Belesaire part en Afrique défendre les Provinces de l’Empire, et y remporte une victoire éclatante. En 548, l’Impératrice Théodora meurt d’un cancer ; et Justinien perd ainsi sa conseillère la plus proche. En 549, les Ostrogoths d’Italie, désormais conduits par Totila, reprennent le terrain perdu et s’attribuent même la sicile ; mais les tribus Berbères d’Afrique se soumettent. Et en 550, l’Empereur d’Orient envoie une puissante armée, conduite par le grand chambellan Narsès, qui rétablit son autorité dans une péninsule saccagée, et qui fait de nouveau de la méditerranée un lac Romain. 

En 552, les petites cellules paysannes, à cette époque, correspondent à une famille conjugale : les parents et les enfants, exceptionnellement les grands-parents, avec comme instrument essentiel l’araire tiré par une paire de bœufs. Au centre des exploitations, la maison et son jardin ; les paysans les plus pauvres n’ont pratiquement que cela et louent leurs bras sur les terres des plus fortunés. La tenure de base s’étend, selon la qualité, sur cinq à dix hectares. Sur les terres de plein champ, on cultive avant tout céréales et légumineuses. Mais le jardin joue un rôle important dans l’alimentation du paysan, notamment grâce aux apports du vignoble.

En 552 également, le Patriarche d’Alexandrie Apollinaire rétablit le catholicisme dans sa cité, après une sanglante répression. Mais il ne peut en chasser définitivement les monophysites – coptes -, qui résistent à l’Eglise de l’Empereur d’Orient. En 553, Justinien donne l’ordre de réunir un Vème concile œcuménique, qui condamne les « Trois Chapitres » des Nestoriens, consacre la puissance impériale dans le domaine de la foi, et réduit l’autorité du pape Vigile.

Au même moment, Procope – né à Césarée de Palestine – allie le talent de l’écrivain à celui de l’observateur, et se veut l’imitateur d’Hérodote, de Thucydide et de Polybe. Il rédige une « Histoire Secrète » accusant Justinien de tyrannie, et où il se livre à une satire violente et obscène de l’Empereur. Il achève son « Livre des Guerres » : écrit en grec, l’ouvrage est composé de huit livres, eux-mêmes divisés en trois parties : les guerres perse, vandale, et gothique. Et son dernier livre relate les conquêtes de Justinien.

En 561, Justinien conclut un nouveau pacte de paix avec l’Empereur Perse Khosrô Ier : la frontière entre les deux territoires reste inchangée, mais, cette, fois, les Byzantins s’engagent à verser un tribut annuel.

Puis, en Décembre 562, l’Empereur Justinien – désormais octogénaire – préside à la consécration du chef d’œuvre de sa vie : la basilique Sainte-Sophie. Car, la coupole qui s’est écroulée en 558, vient d’être rebâtie.

Cette « Grande Eglise » est construite à l’emplacement de la sainte-Sophie édifiée par Constantin. Des matériaux précieux et rares y sont intégrés. De plan carré – 90 mètres de coté -, elle est organisée de façon à donner à l’intérieur l’impression d’un immense espace, presque irréel, aux dépens de l’extérieur, moins réussi. Mais, l’exploit réside dans la coupole, d’un diamètre gigantesque de 33 mètres, et d’une hauteur de 55 mètres. Dès lors, sa résistance est accrue par des arêtes et une gaine de maçonnerie extérieure. D’un poids considérable, elle repose sur quatre pendentifs et quatre énormes piliers habilement dissimulés, soutenus à l’extérieur par des contreforts. Des fenêtres aménagées à la base de la coupole semblent la détacher par un cercle de lumière. Sur les cotés, deux murs droits, ajoutés de colonnades et de baies, donnent un axe ; tandis qu’à l’abside et à l’entrée, le regard s’élève vers une demi-coupole au contact de la coupole centrale. 

Et, enfin, en 565, l’Empereur Justinien meurt. Il laisse alors un Empire à l’apogée de sa gloire, bien que Slaves, Lombards, Avars et Bulgares le menacent.

04 juin 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 675 - 680

chineChine, première moitié du Vème siècle :

En 399, au fur et à mesure que les conversions au Bouddhisme augmentent, les pèlerins partent le long de la route de la soie à la recherche des sources originelles de cette Religion.

Car, insatisfaits des premières traductions des textes bouddhiques, les convertis s’y rendent pour étudier la vraie doctrine. L’attrait des lieux Saints ne jouant qu’un rôle secondaire dans ce vaste mouvement. Et c’est pour cette raison que le moine Fa Xian, âgé de plus de 60 ans, quitte Chang’An cette année là. Il part à pied sur la route de la soie pendant six ans.

En marge des descriptions minutieuses de la vie monacale, des Temples et des Rituels, Fa Xian écrit sur les us et les coutumes des pays qu’il traverse. Et il revient à Nankin en 414 pour y rédiger son « Mémoire sur les Royaumes Bouddhiques ».

En 415, Confucianisme, Taoïsme et Bouddhisme prospèrent donc cote à cote. La conjonction de ces trois mouvements favorise de nouveaux développements dans l’art et la littérature. Une peinture de type inédite voit le jour, qui subit l’influence de l’art Indien, mais que le génie Chinois assimile rapidement.

En même temps que cet art religieux apparaît une génération de peintres indépendants. Il y a Gu Kaizhi, un peintre de la cour de Nankin ; il excelle dans les peintures religieuses, de même que dans les portraits – « la nymphe de la rivière Lo ». Il est également l’auteur d’une autre peinture tout aussi fameuse : « Les Instructions de la monitrice aux Dames du Palais ».

A partir de 424 et le règne de l’Empereur de la dynastie des Wei du Nord Tai Wudi, et sous l’influence de son ministre Cui Hao, ainsi que d’un personnage important à la cour – Kou Qianzhi – le souverain se convertit au Taoïsme. De fait, jusqu’en 448, les faveurs de la cour reviennent à la jeune Eglise Taoïste patronnée par Kou Qianzhi. Le Bouddhisme est proscrit, les couvents incendiés, les moines rendus à la vie séculaire. Et de leur coté, les taoïstes recherchent des procédés capables de prolonger la vie, de nourrir le principe vital, et de sublimer le corps.

Le « Baopuzi », un recueil écrit par Ge Hong, décrit ces techniques. Il s’intéresse beaucoup à la pharmacopée, à l’Alchimie, et à la médecine. Mais les expériences menées pour obtenir l’Immortalité et découvrir le Paradis des Immortels sont très onéreuses, et seuls des princes puissants et ambitieux peuvent y consacrer leur fortune et, parfois même, leur vie. 

En 452, l’Empereur Wei Topa meurt, après un règne court et désastreux financièrement et intellectuellement.

Japon, première moitié du Vème siècle :

Vers 440, pendant l’époque Yamato, la société Japonaise se met en place, avec des distinctions de rang très nettes.

De fait, trois groupes apparaissent : « Uji », « be » et « yatsuka ». La classe dirigeante Uji est constituée de familles reliées entre elles par des liens consanguins réels ou fictifs. Ils obéissent au chef de la maison principale. Le fait d’appartenir à ces familles est primordial et tous les hauts postes leur reviennent. Les travailleurs be, eux, en général organisés en communautés agricoles, produisent le riz pour eux, comme pour leurs maîtres. D’autres sont tisseurs, potiers, pécheurs. Le troisième groupe, enfin, « yatsuka », est constitué d’hommes attachés aux maisons de la classe dirigeante ; son statut est proche de celui des esclaves.

La religion, de type animiste, joue un rôle important. Les chefs religieux prétendent toujours descendre de la déesse du Soleil Amaterasu. Et les pratiques religieuses renforcent le sentiment d’appartenance à un groupe.

Amérique Centrale, première moitié du Vème siècle :

La culture Mochica se développe depuis longtemps et simultanément dans les régions arides de la cote Pacifique et sur le haut plateau Andin. Elle est constituée de clans souvent hostiles constructeurs de canaux, de routes et de forteresses. Elle se propage également dans les vallées, et s’étend sur environ 300 kilomètres. Et les vallées principales sont celles de Moche et de Chicana, au Sud de cette zone.

La vallée de Moche abrite deux Temples dédiés à la lune, première divinité Mochica : le Temple du Soleil, lui, mesure près de 45 mètres de haut, et sa construction a nécessité l’utilisation de cinquante millions d’adobes ; des briques d’argile crue. Peinte de sept couleurs, ses fresques reprennent en outre les motifs réalistes de la poterie Mochica.

Perse, seconde moitié du Vème siècle :

En 486, le 2ème Concile de Séleucie réunit les Chrétiens de Perse qui se sont ralliés à l’hérésie Nestorienne. Puis, en 500, sous le règne du roi Kubahd, un nouveau mouvement religieux et social apparaît : celui-ci combat la religion officielle iranienne – le Mazdéisme – et prône le partage des biens. Tandis qu’au même moment, Kubahd prend la ville d’Amida en Mésopotamie, et qu’en 505, il signe la paix avec l’Empereur Romain d’Orient Anastase.

Empire Romain d’Orient – Empire Byzantin, seconde moitié du Vème siècle :

Né vers 439 en Cappadoce, Saint-Sabas a longtemps parcouru la palestine en ermite. En 476, dans le désert de Judée, il fonde la grande-laure, un groupement de moines vivant dans des maisons distinctes. Et il termine donc une lente évolution.

En effet, grâce à lui, le monachisme acquiert des structures plus solides. En Egypte, en Syrie, en Palestine, en Asie Mineure, les modes de vie que suivent les gyrovagues reclus et stylites sont très variés. Le solitaire le plus célèbre est Saint-Siméon, qui a vécu seul, 37 ans, au sommet de sa colonne. Mais, par l’intermédiaire de Saint-Sabas, certains adoptent désormais la vie en communauté – cénobites – ou gagnent le désert Egyptien – anachorètes, ermites -. Et les monastères laures ou couvents qui rassemblent des centaines de moines vivant de leur travail, deviennent de très grands centres religieux et économiques.

En 477, le roi des Vandales Genséric meurt, et c’est son fils Hunéric – un chrétien Arien – qui lui succède. Or, dès sa montée sur le trône, il accentue la persécution des Catholiques. En 480, par contre, en Syrie, un couvent honorant Saint-Siméon le Stylite – un célèbre ermite thaumaturge qui a vécu sur une colonne – est construit. Et en 482, pour régler le violent conflit qui oppose toujours monophysites et orthodoxes chalcédoniens, Zénon et Acace – le Patriarche d’Alexandrie - promulgue un édit d’union : « l’Hénotique ».

Mais, le pape Félix III ne peut tolérer cette atteinte au dogme défini à Chalcédoine. Profitant de l’occasion, il prend alors sa revanche sur le Patriarche de Constantinople, convaincu d’hérésie et impopulaire dans sa ville. Et en 484, il lance contre lui un anathème, précipitant la scission entre les deux Eglises.

Puis, en 488, l’Empereur Zénon se débarrasse des Ostrogoths fédérés du roi Théodoric, en l’envoyant combattre Odoacre en Italie ; c’est la fin du problème Germanique en Orient. Il exécute l’usurpateur Léonce et le patrice Isaurien Illus, qui se sont souvent appuyé sur les catholiques pour le contrer. Le monophylétisme triomphe donc sous son égide. Or, en 491, il meurt ; sa veuve, l’Impératrice Ariadne choisit comme Empereur le vieil Anastase, un monophysite convaincu, qu’elle épouse peu après. Et celui-ci entreprend aussitôt le redressement des finances délabrées.

En 498, la pacification de l’Isaurie – Sud de l’Asie Mineure – s’achève, après de longs combats menés par les troupes d’Anastase dans toutes les parties de cette province.

Italie, seconde moitié du Vème siècle :

En 480, le dernier Empereur Romain officiel d’Occident – Julius Nepos – meurt à Salone, en Dalmatie. Et aussitôt, Odoacre conquiert la région. Puis, en 493, après une guerre difficile et le siège de Ravenne, Théodoric fait exécuter Odoacre. Celui-ci devient dès lors le maître de l’Italie et de la dalmatie. Peu après, en 495, de son coté, le pape Gélase Ier convoque un synode à Rome afin de ratifier son refus de céder devant l’Empereur d’Orient Anastase, qui veut établir le monophysisme. En 497, Anastase envoie au roi Théodoric les insignes Impériaux d’Occident et reconnaît ainsi l’autorité de celui-ci.   

Gaule, seconde moitié du Vème siècle :

En 476, après la destitution du dernier Empereur Romain d’Occident Romulus Augustule, les peuples germaniques installés en vainqueurs dans les provinces impériales de Gaule, assimilent rapidement dans bien des domaines les coutumes romaines, tout en gardant un certain nombre de leurs caractéristiques propres, qui, plus ou moins harmonieusement, s’intègrent aux habitudes des peuples de Gaule. Ils adoptent en outre la langue latine, mais celle-ci s’enrichit alors de nombreux termes germaniques. De même, les institutions municipales subsistent, mais le mode de vie des rois et de leurs guerriers prolonge les traditions ancestrales. Le droit barbare, fondé sur la notion de compensation pécuniaire des délits, se juxtapose au code Romain. Dans tous les aspects de la vie privée et publique, des associations, souvent boiteuses, se nouent entre les deux Civilisations. Les Gaulois acceptent pourtant sans trop de résistance ces nouveautés.

Un poème héroïque écrit à cette époque est l’un des exemples les plus flagrants de cette confrontation entre ces deux univers en pleine décomposition. Il s’agit de la légende de Siegfried, le héros vainqueur d’un dragon gardien de trésor. Cette histoire d’amour, de meurtres inspirés par la vengeance ou la convoitise et l’omniprésence du Rhin, sont les éléments essentiels de cette saga aux multiples rebondissements.            

D’un autre coté, pour les tribus Germaniques – comme les Francs – de 476, la « faida » - « vengeance » - est un devoir imprescriptible, et la loi a pour but de faire cesser cette succession de vengeances. Pour chaque délit, elle fixe une valeur de rachat, dont le versement apaise la faida de la victime ou e sa famille. Par conséquent, les lois des Francs sont des catalogues de délits et du « Wergeld » - « prix du sang » -correspondant. Celui-ci varie selon la nature de la faute et la qualité de la victime. Tout délit étant une atteinte à l’ordre et à l’autorité publique, le roi perçoit un tiers du Wergeld.

Dans le domaine religieux, l’harmonie entre les peuples Germains est la plus difficile à atteindre. Certains, comme les Francs, restent longtemps fidèles au paganisme ; d’autres, comme les Wisigoths et les Vandales, deviennent rapidement Chrétiens à partir de cette époque, mais choisissent l’Arianisme.

En 480, Gondebaud succède à son frère Chilpéric comme souverain des Burgondes. En 481, Childéric, le souverain des Francs Saliens meurt, et est remplacé par Clovis. Ce dernier codifie les droits de son peuple. Et il fait rédiger des articles qui mêlent questions publiques et privées ; alors que sa procédure reste encore entièrement orale.

En effet, l’accusé doit choisir des cojureurs prêts à témoigner en sa faveur. Lorsque le jury est indécis, on a recours à l’ordalie, épreuve par l’eau ou par le feu. Et pour briser le cycle des vengeances, les crimes sont sanctionnés par une compensation pécuniaire, le « wergeld ».

Comme son père Childéric, Clovis – qui a 15 ans - est un soldat, un chef de guerre. C’est un pilleur et collectionneur de concubines. Mais, si Childéric a défendu les Romains, Clovis les combat. A son avènement, en 482, il n’y a plus d’Empire d’Occident Seul, subsiste autour de Soissons, un dernier foyer d’autorité romaines, dirigé par le commandant Syagrius. En 486, Clovis attaque Syagrius, et s’installe Soissons, entre la somme et la loire ; mais n’occupe pas l’Armorique, détenue par les Bretons. Son intervention tient plus du coup d’Etat que de la conquête : un puissant chef de guerre s’empare du pouvoir civil dans une partie de l’ancien Empire.

Saint Rémi, archevêque de Reims, lui adresse alors une lettre de félicitations. De son coté, Clovis ménage les autorités ecclésiastiques, seule structure administrative encore en place. Après la prise de Soissons, il veut ainsi soustraire un magnifique vase d’église au butin que ses guerriers s’apprêtent à se partager. Furieux de cette entorse aux usages de la guerre, un des soldats préfère briser le vase plutôt que d’accepter de le restituer.

Puis, pendant dix ans, Clovis s’empare des dernières propriétés impériales, et s’efforce de redonner vie aux derniers vestiges des institutions romaines qui ont prouvé leur efficacité. Il poursuit son expansion territoriale : il atteint la loire, lance des raids en Aquitaine, entre en contact avec les Bretons d’Armorique. Il établit son protectorat sur de vastes régions. Soucieux d’imposer sa suprématie aux autres peuples germaniques, c’est vers l’Est qu’il porte son plus gros effort : en 491, il affronte les Thuringiens et, en 496, affronte les Alamans. C’est le moment où il épouse la nièce du roi Burgonde Gondebaud, la catholique Clotilde, qui, malgré tous ses efforts, ne parvient pas à l’amener à la foi Chrétienne.

Au cours de la bataille de Tolbiac qu’il livre alors aux Alamans, Clovis fait le vœu de se convertir au Christianisme si « Jésus Christ, que Clotilde proclame Fils du Dieu Vivant » lui accorde la victoire. Il les refoule alors au-delà de Mayence et des Vosges. Ayant été exaucé, il accepte de suivre l’enseignement de Saint Rémi. Dans un luxueux déploiement de pompe catholique et de militarisme païen, Son baptême est solennellement célébré à Reims à Noël 498. Et l’archevêque Rémi lance au nouveau chrétien un appel qui traduit l’importance de l’événement : « Dépose humblement tes colliers, ô Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. ».

Ce baptême, qui fait du roi Franc le champion de l’orthodoxie Chrétienne, lui assure l’appui de l’Eglise dans son royaume et dans les autres royaumes soumis à des souverains Ariens : Wisigoth, Burgonde et Ostrogoth. L’évêque Avit, de Vienne, sujet de royaume Burgonde, lui donne son soutien ; les autres évêques de Gaule le rejoignent dans sa démarche. La conversion du peuple Franc favorise la fusion entre les Gallo-Romains et les Barbares. Dès cette époque, le terme « franc » désigne tous les sujets du roi. Tandis que Clovis choisit une capitale bien située : Paris.

En 500, Clovis, momentanément allié au roi Burgonde Godegisèle, enfermé dans Avignon par son frère Gondebaud, répond à son appel et se porte à son secours. Toutefois, il ne réussit pas à le libérer, et doit se retirer. En 505, il refoule les Alamans au-delà du Rhin.

Grande-Bretagne, seconde moitié du Vème siècle :

En 477, les Saxons du chef Æelle débarquent sur l’il d’Angleterre ; et en 491, ils sont vainqueurs des Bretons du Sussex. En 500, les Bretons contre-attaquent alors. Ils vainquent les Saxons au mont Badon ; et, dès lors, la conquête des Angles et des Saxons piétine à l’Est du pays. 

Inde, seconde moitié du Vème siècle :

En 480, sont construits les premiers Temples Huns Hindous et Bouddhiques de dimension encore très modestes. D’un autre coté des reliefs Huns de la caverne Varaha à Udayyagiri montrent le dieu Vishnu mi-homme mi-sanglier ayant sauvé la déesse de la terre. Ailleurs, les cultes bouddhiques et brahmaniques atteignent leur apogée : Bouddha a été représenté jusque là par une iconographie sans grande recherche. Mais, désormais, elle se codifie en une série de gestes appelés «  mudra », en rapport avec les différents épisodes de sa vie. De plus, dès lors, il est représenté soit assis, en méditation ou enseignant, soit debout, le bras à demi replié dans le geste de la compassion. Sa silhouette majestueuse, « athlétique », aux épaules larges, aux jambes longues et fuselées, est typique. Le visage est bien dessiné, les lèvres ont un sourire énigmatique, et les yeux mi clos, légèrement globuleux, sont absorbés dans une profonde méditation.

A cette époque également, Mathura et Sarnath sont les deux grandes écoles de l’art Bouddhique. Or, c’est avec la seconde que l’équilibre parfait entre la beauté des formes et l’émotion spirituelle est atteint : le vêtement, entièrement lisse et transparent, laisse voir la pureté des lignes du corps, tandis que le visage, très doux, exprime une totale béatitude.   

En 496, l’Empire de Budhagupta, affaibli, en butte aux assauts répétés des Huns de Toramana, venus des steppes de l’Asie Centrale, s’émiette définitivement en petits royaumes qui se réclament encore de cette dynastie. L’Inde voit ainsi disparaître l’une de ses plus brillantes Civilisations.

De fait, les Huns s’enfoncent de plus en plus loin et s’installent au Malwa, après s’être emparé de Begram et avoir ruiné le royaume Kusana. Ils imposent un tribut aux Sassanides et placent deux fois sur le trône Iranien leur client Kubahd, le gendre de leur Khan. Leur domination s’étend bientôt de la bactriane à l’Indus. Ils pratiquent la polyandrie entre frères et adorent le Soleil, assimilé à Mithra et à Bouddha. Et leurs artistes iraniens et indiens édifient à Bâmyân des statues mêlant influences sassanides et bouddhiques. 

29 mars 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 375 - 380

chineChine, X – VIème siècle avant J.C. :

Vers 950 avant notre Ere, les Souverains Zhou décident de transférer leur Pouvoir Central à Luoyang ; dans la moyenne Vallée de Hang He. Parallélement, ils doivent faire face à l’apparition d’un nouveau type d’Artisanat : la spécialisation des métiers. Ils sont obligés de réprimer les contestations des Eleveurs Nomades du Sud et du Sud-ouest de la chine. Ils sont contraints de céder aux exigences d’un Etat désormais multirégional en gérant son Administration de manière différente selon les Provinces. Mais, de fait, ils ne parviennent pas à s’opposer à la formation de Clans de plus en plus influents politiquement ; tels, les Jin, les Qin, les Qi, ou les Chu.

C’est donc pour cela qu’à partir de 770 avant J.C., le Pouvoir de la dynastie Zhou se met à décliner. En effet, elle change pour la troisième fois en deux siècles, de lieu de résidence principal : elle choisit cette fois-ci de se fixer dans un lieu situé, à l’Est, entre les fleuves Qian et Chang, au Nord, par le Mont Mang, et au Sud, par le Luo – un affluent du Hang He. Elle relève une Cité jadis bâtie par un duc Zhou apparenté à Cheng Wang. Et, enfin, elle l’entoure d’un haut mur d’enceinte, et lui donne le nom de « Luoyi ».

Dès lors, d’un coté, c’est depuis la métropole dirigée par les Qin que l’unification Culturelle de la chine s’accélère : du Nord de la mandchourie Méridionale, à la basse Vallée du Yangzi, et à la cote Pacifique, ses élites se mettent à gérer leur territoire selon des méthodes différentes. Ses habitants urbanisent de plus en plus intensivement leur Cité. Ils érigent des fortifications à ses endroits les plus vulnérables. Dans les Régions qui les environnent – aux confluents du Qian et de la wei -, ils inaugurent une seconde localité. Ils y érigent des Sanctuaires et un Palais de 71 800 mètres carré. Ils y excavent de riches Nécropoles, dont ils enrichissent les murs de centaines d’Inscriptions. Une fois ces Sépultures terminées, ils y déposent d’innombrables vases fastueux. Et, finalement, ils réussissent à former une Société homogène qui commence à se propager au-delà de la région qu’ils contrôlent. 

   Puis, à partir de 722 avant notre Ere, alors que les Zhou s’enfoncent de plus en plus dans la médiocrité, la province du Shaanxi, qui est administrée par les Jin s’épanouit à son tour. Y débute la « Période des Printemps et des Automnes ». Sa Capitale, Baidian, s’enrichit, ce qui permet à ses Souverains d’étendre la superficie de celle-ci vers le Nord. Elle offre la possibilité à ses habitants, de développer une seconde Ville à quelques dizaines de kilomètres d’elle, puis, de lui donner le nom de « Xin Tian ». Elle leur donne accès à des matériaux les autorisant à édifier trois enceintes protectrices reliées les unes aux autres, autour d’elle. Et, elle leur concède, de la même manière, le droit d’élever de gigantesques plate-formes et de longues terrasses dotées de rampes d’accès, dans le centre ville de Xin Tian. 

Enfin, en 585 avant J.C., les Jin transfèrent leur Administration à Xin Tian. Ils y créent de nombreux centres résidentiels. Ils y fondent des dizaines de Temples, de Palais, ainsi que des installations Artisanales et Agricoles. Et, ils y creusent une immense Nécropole Royale destinée à leur usage personnel.   

Progressivement, à la fin du VIème siècle avant J.C., le roi des Zhou se voit déposséder de ses attributions, pour ne plus que disposer d’un pouvoir théorique et avant tout rituel. Mais même ce dernier finit par lui être contesté, et les rites royaux sont alors accomplis par les chefs les plus puissants des maisons seigneuriales. Ceux-ci, qui possèdent des terres et lèvent leur propre armée, soumettent tour à tour la chine à leur hégémonie. C’est durant cette période que naît le « Confucianisme ».

De fait, les Cinq Hégémons, installés dans la vallée du Fleuve Jaune, deviennent de plus en plus arrogants, et de véritables tyrans sévissent dans la région de l’embouchure du Fleuve Bleu. Les uns et les autres ne respectent plus les règles de conduite : la lignée est méprisée, les Ancêtres sont ignorés, les sacrifices ne sont plus accomplis.

Pour affirmer leur hégémonie, ils se livrent des guerres de plus en plus féroces, dont le nombre croissant accapare tout leur temps. Le pouvoir de leurs administrateurs, qui sont souvent les fils cadets des grandes familles, commence donc à se manifester. Devant les troubles incessants, ceux-ci cherchent une meilleure méthode de gouvernement. C’est ainsi que Guan Zhong, conseiller de l’Hégémon Huan de Qi, met en pratique les premiers éléments d’une école qui va devenir célèbre sous le nom « d’Ecole des Légistes ».

Cette situation politique se développe en même temps que la démographie évolue et que les villes croissent. La productivité agricole est sensiblement améliorée par l’utilisation d’un outillage en fonte de fer. Mais, en contrepartie, les paysans sont amenés à s’endetter lourdement pour faire face à leurs achats. De plus, les princes feudataires – c’est à dire principaux vassaux de la couronne – mènent une politique active, et souvent forcée, d’irrigation, de défrichement et de mise en culture de nouvelles surfaces, pour nourrir leurs armées. Finalement, l’augmentation de la production profite surtout aux fondeurs, aux artisans et aux commerçants, qui viennent grossir la population des cités.

Vers 555 avant J.C., la chine est le centre d’une intense fermentation intellectuelle. Elle connaît trois grandes figures. Kong Qiu, né vers 551 avant J.C., dans la principauté de Lu, est le premier d’entre eux. Confucius, son autre nom, commence sa carrière comme modeste précepteur de sa principauté natale. Il y perfectionne sa connaissance des rites et des cérémonies qui ont assuré le pouvoir des Shang et des premiers Zhou. Puis, ayant perdu son emploi au pays de Lu, il cherche à s’engager auprès d’un autre maître, et, pendant treize années, il pérégrine dans la chine en guerre. Mais il n’en trouve pas un qui le laisse mettre en pratique son idéal politique. Déçu, il rentre au pays pour y fonder sa propre école. Il y meurt vers 479 avant J.C., sans avoir joué un rôle politique déterminant.

Confucius est pourtant le premier « maître d’école » de la chine : c’est autour de lui que, pour la première fois, se regroupent des disciples afin de recevoir son enseignement. La source essentielle de celui-ci se trouve dans son commentaire sur les annales de son pays, appelées « Chunqiu », qui donne son nom à la période. Il est également le premier à transgresser la règle, sinon l’interdit, qui réserve l’étude de ces annales à l’éducation du prince : lui les utilise pour un enseignement public. Son exemple est rapidement imité, la diffusion et le commentaire oral des écrits deviennent courants et les écoles se multiplient.

L’enseignement à partir de Textes Anciens, reconnus, autorise le maître à dire : « Je transmets, je n’innove pas. ». Ses élèves consignent soigneusement ses propos dans le « Lunyu », « Paroles et Discours ». Ils y apprennent qu’il faut respecter les écrits et le passé en général.

Le Confucianisme n’est pas une religion. Confucius propose surtout une éthique sociale. En effet, les valeurs qui l’intéressent sont celles de l’homme comme membre de la société. Il met l’accent sur la connaissance et le respect des Rites qui interviennent à tout moment et fixent le comportement social de chaque individu.

La vertu principale est le « ren », celle qui tourne l’individu vers les autres et engage sa responsabilité envers la société toute entière. Bien sûr, l’homme, naturellement bon, pratique aussi la justice, la confiance, et surtout l’Etude pour acquérir plus de Sagesse au contact des Enseignements des Anciens. Ce perfectionnement personnel doit être tendu vers le bénéfice commun du groupe social. Le Sage doit par conséquent avoir un rôle politique. Le modèle du bon gouvernement est la famille et un bon prince commence donc par bien gouverner sa famille, une famille où chacun pense et agit selon sa place.

Même si certains des disciples de Confucius parviennent, grâce à lui, à occuper des postes administratifs où ils mettent son enseignement en pratique de manière fructueuse, et que lui même occupe, vers la fin de a vie, de hautes fonctions, ses théories ne sont pas reconnues sous la dynastie des Zhou. Elles sont  condamnées,  violemment  combattues et bannies pendant  la 1ère dynastie impériale des Qin, attachée à l’école des Légistes.

Un second courant naît avec le taôisme, qui s’oppose avec mépris à la doctrine confucéenne. L’auteur du Dao de Jing est l’ouvrage fondamental du taoïsme. Lao Tseu dicte ce recueil d’aphorismes en allant vers l’Ouest au gardien d’une passe montagneuse, avant de disparaître à jamais. Pour lui, la « Voie » est une entité primordiale et éternelle. Il est le rien dont naît le tout. Le taoïsme condamne la connaissance et prône la discipline des sens et des passions.

De fait, très vite, de nombreuses Légendes commencent à entourer Lao Tseu. L’une d’elle affirme bientôt qu’il a eu Connaissance de ce Texte : « Quelque part à l’Ouest de la chine, existe une Grande Montagne. A ses cotés, se trouve une Vallée inaccessible aux Voyageurs qui n’ont pas de Guide. Or, c’est au cœur de cette Vallée qu’habite Hsi Wang Mu, et que celle-ci préside une Assemblée où sont représentés les plus grands Savants du Monde. ».

Cette Légende dit ensuite que Lao Tseu décide alors de partir à la recherche de cette Vallée. En chemin, il réfléchit, et compare peu à peu Hsi Wang Mu à la déesse de l’Occident. Au cours de son trajet, il franchit un col séparant la chine du Monde Extérieur. Au Gardien de cette passe, il dicte deux recueils d’aphorismes qui prendront plus tard, le nom de « Tao To King » et de « Tchang Tseu ». Puis, poursuivant sa route, il se met à envisager l’existence de Concepts Métaphysiques définissant La naissance de l’Univers. Ainsi :

« Pour moi, le Tao est comparable à une Mère, à une Femelle Mystérieuse, Enigmatique. Elle est Source de toute Vie. A l’Aube des Ages, elle donna naissance à l’Un. Puis, elle engendra Deux. A son tour, Deux conçut Trois. A la suite de ce dernier, Trois enfanta Dix Milles Etres. Et, les Dix Milles Etres portèrent le Yin sur leur dos, embrassèrent le Yang, et ils nommèrent aussitôt ce dernier : « le Grand Commencement ».

Dès lors, le Yang produisit l’Espace-Temps, le Souffle Primordial. Parallélement, ses El2ments clairs et purs façonnèrent le Ciel et la terre. Ses Essences concentrées à l’intérieur du Yin et du Yang formèrent les Saisons, le Soleil, l’Eau, la lune, et les Etoiles. Et, finalement, la terre reçut l’Eau, le Sol, et la poussière, tandis que le Ciel obtenait le Soleil, la lune, et les Etoiles. ».

Ou : « Autrefois, le Ciel et la terre n’existaient pas. Seule une grande Brume sans formes évoluait au milieu des Ténèbres immobiles et silencieuses. Puis, deux Divinités naquirent de cette Confusion. Dès lors, l’une commença à régler la marche du Ciel, et l’autre, aménagea un espace pour la terre. Ensuite, elles scindèrent le Chaos en deux, et en firent émerger le Yin et le Yang. Elles créèrent les huit Pôles du Monde et les dix milles Etres. Elles transformèrent les Fluides les plus grossiers de ces derniers en Reptiles, et leurs Fluides les plus subtils en Hommes. Elles donnèrent le nom de « Kou » au Souverain de l’Océan Méridional, celui de « Hou » au Souverain de l’Océan Septentrional, et celui de « Chaos » au Souverain de l’Océan Elémentaire. Mais, après moult perfidies de sa part, Chaos fut banni du Monde, et fut changé en Monstre ressemblant à un sac.   

Une fois leurs Territoires respectifs définis, les dix milles Etres décidèrent de ne jamais manger de céréales. Ils se mirent à se nourrir de Vent, et à s’abreuver de Rosée. Ils voyagèrent en se faisant transporter dans les Airs sur les ailes de nuées de Dragons. Tout en parcourant le Monde de long en large, ils comprirent peu à peu que les Hommes étaient appelés à devenir des Surhommes, des Génies. Lorsqu’ils osèrent pénétrer à l’intérieur de Nécropoles « Tchoung Tseu » - ou, « Humaines » -, ils n’y découvrirent que des Epées, des Bâtons, ou des Sandales. Ils se dirent que les Ames des Mortels poursuivaient certainement leur Existence dans des Lieux Sacrés dissimulés au cœur des Montagnes de Kunlun. Et, ils imaginèrent que celles-ci s’y manifestaient une dernière fois, avant de s’envoler vers le Paradis Céleste. ».

De fait, après maintes péripéties aux abords des Pics de Kunlun, Lao Tseu arrive en vue de la vallée de Hsi Wang Mu. Il y pénètre, entre en contact avec la déesse. Il apprend de sa bouche que celle-ci est une Femme qui a vécu des milliers d’années. Elle lui avoue que durant tout ce temps, elle a développé des Capacités Divines. Et, tout en l’écoutant, il sort un Parchemin, sur lequel il écrit :

« J’affirme qu’il existe une Vallée de grande beauté, inaccessible aux Voyageurs qui n’ont pas de Guide. C’est dans cette Vallée que réside Hsi Wang Mu. Celle-ci y préside une Assemblée de Génies qui pourrait rassembler les Humains les plus inventifs du Monde. Et, elle leur fait côtoyer de nombreux Immortels. ».   

La grande rivale du confucianisme est pourtant l’école de Mo Ti. Celui-ci admire la simplicité de la vie au temps des anciennes dynasties et aspire à y revenir par une doctrine de l’amour universel.

Mais, à cette époque ce sont surtout les théoriciens de l’Ecole des Légistes qui prédominent. Ils élaborent une doctrine basée sur la toute puissance de la loi et sur les devoirs des sujets soumis au prince despote. Dans le « Shangjunshu », le « Livre du prince de Shang », la rupture avec les principes confucéens est exprimée avec vigueur.

Asie du Sud-Est, X – VIème siècle avant J.C. :

Vers 910 avant notre Ere, en Malaisie, les Chewong croient que le Monde – qu’ils appellent la septième Terre – se renverse à intervalles réguliers. Tout est alors noyé et détruit dans une inondation. Cependant, par la volonté du Dieu Créateur Tohan, la nouvelle surface plane constituée précédemment par la face inférieure de la septième Terre, est maintenant érigée en montagnes, en vallées et en plaines. De nouveaux arbres sont plantés, et de nouveaux humains sont nés.

Selon une Légende du Laos et du Nord de la thaïlande, des créatures nommées « Thens » ont vécues il y a très longtemps dans le Royaume Supérieur. Trois grands hommes – Pu Leng Seung, Khun K’an et Khun K’et – ont été les maîtres du Monde Inférieur. Un jour, les Thens annoncent qu’avant de prendre leur repas, les hommes doivent désormais leur donner une partie de leur nourriture. Evidemment, les hommes refusent. Et, dans leur rage, les Thens déclenchent une inondation qui dévaste la terre entière.

Pour survivre au Déluge, les trois chefs de l’Humanité géante construisent un radeau sur lequel ils bâtissent une maison. Ils embarquent avec femmes et enfants. C’est de cette façon qu’ils survivent au désastre et engendrent une nouvelle descendance.

Les Karens de Birmanie gardent eux aussi en mémoire un Déluge planétaire auquel deux frères ont réchappé à bord d’un radeau. Ce Déluge fait d’ailleurs aussi partie de la mythologie du Vietnam : un frère et une sœur y survivent dans un grand coffre de bois qui contient en outre deux représentants de chaque espèce animale.

Vers 750 avant J.C., les Populations du Sud de la corée se regroupent désormais au sein de villages. Chacun de leurs bourgs est administré par un Clan. La bonne entente entre ses membres – ou, « Ture » - devient dès lors essentielle pour la bonne marche de leurs activités, en particulier, Agricoles. Plusieurs Tures se réunissent parfois pour former un « Sijok ». Ces Sijoks se fédèrent pour donner naissance à une entité Politique Supérieure : le « Pujok ». Et, de la fusion de ces « Pujok », éclot de grandes formations Tribales ; telles celles de Puyo ou de Koguryo.

Or, chaque Ture adore ses propres Divinités. Elle s’identifie à celles-ci, et les prie par l’intermédiaire de Totems. Elle imagine que leurs Ancêtres Aristocratiques se sont incarné au cœur d’Arbres, de Rochers. Elle considère que leurs Esprits Bienveillants ou Malveillants vivent dans des Lieux Sacrés. Et c’est ainsi que, par exemple, la ture de Hyokkose voit en eux des Génies Chevalins, et celles d’Aljong et d’Aryong imagine que ce sont des Mannes ressemblant à des Poules, à des Poissons, ou à des Cochons.   

D’un autre coté, ces Tures commencent à construire un nouveau genre de Sépultures : des demeures Dolmeniques et des Tumulus de terre. Mais, elles les regroupent presque exclusivement au Nord-Ouest de la péninsule. Là, elles se mettent à excaver de nombreuses Alcôves Funéraires. Au dessous d’elles, elles creusent des Chambres honorant les Anciens Chefs de tribu.  Elles mettent en place une organisation rigoureuse au fur et à mesure de leur érection.  Et, de fait, elles exigent la participation d’un nombre considérable d’ouvriers.

Vers 700 avant notre Ere, en Thaïlande, la culture de Go Mun est sur le déclin. Mais elle garde de nombreux contacts avec les Populations Thraco-Cimériennes fixées au Sud de la vallée du Danube.

Malheureusement, bientôt, les Scythes franchissent les frontières de son Territoire. Ceux-ci obligent ses membres à fuir. Ils les forcent à traverser l’Asie Centrale, à pénétrer dans la vallée du Fleuve Jaune. Et, paradoxalement, ils les contraignent à attaquer l’Empire Zhou, à les renverser, et à prendre le Pouvoir dans cette partie de la chine. 

De leur coté, les tribus Thraco-Cimériennes envahissent la totalité de la thaïlande. Elles s’avancent jusqu'à la frontière Sud-ouest de la chine. En route, elles se mêlent aux autochtones qu’elles rencontrent. En même temps, elles créent deux nouvelles Civilisations : celle de « Dong Song », et celle de « Shizhaishan ». A partir de noyaux urbains souvent dispersés, elles commencent à construire de nombreuses Cités. Elles y élèvent des Monuments gigantesques. Elles les transforment en site Commerciaux capables de s’épanouir. Elles les métamorphosent en centres à l’Organisation Sociale – collective ou individuelle – très structurés. Et, elles permettent à leur Paysannerie, mais aussi, à leur Aristocratie, de redistribuer leurs richesses équitablement.

Cette situation nourrit de fait la soif de richesses et de Pouvoir des Elites Thraco-Cimériennes. Pour maintenir leur emprise, celles-ci mettent donc en place une Aristocratie de Cour. Elles créent un Ordre de Chevalerie supervisant les importations en provenance des Vallées du Fleuve Jaune et du Yangzi. Elles encouragent l’Agriculture, l’Elevage des Bovins et des Moutons sur les terres dont elles ont la charge. Elles favorisent le Commerce avec les autres Régions du Sud-Est Asiatique, avec les Iles de l’Océan Indien, et avec le Nord de la chine. Et, enfin, elles soutiennent l’extraction et l’échange de minerai de Cuivre avec la birmanie ; laquelle l’exporte ensuite vers les marchés d’Occident.   

Par ailleurs, ces Elites incitent leurs ouvriers à transformer un certain nombre de leurs ustensiles en Objets d’Art. De fait, ces derniers commencent à orner les couvercles de leurs outils, de personnages tenant des disques ou des tambours dans leurs mains. Ils les décorent parfois de scènes de batailles, de reliefs montrant des animaux en train de s’entretuer, de cadres évoquant des Rites Sacrificiels. Et, ils créent encore des accessoires surprenants : des Réceptacles Magiques destinés à Invoquer la pluie, des Cornes permettant aux hommes de se mobiliser en cas de danger, et des Tambours conviant tout le monde à la fête du village, ou, accompagnant les défunts vers leur dernière demeure.   

16 mars 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 316 - 320

temple_baal02A partir de 1200 avant J.C., les Chinois se mettent progressivement à croire en l’existence d’un Au-delà, qu’ils nomment « Terre des Saules ». Ils imaginent qu’il s’agit d’un endroit où les Dieux accueillent les Défunts après leur Mort. Et, de fait, certains de leurs Philosophes entreprennent bientôt de décrire le périlleux trajet que ces derniers doivent emprunter pour rejoindre ce Paradis :

« Pendant son Voyage, l’Ame sera obligée de traverser de nombreux lieux maudits. Mais, elle sera également condamnée à affronter d’innombrables dangers. Tout d’abord, elle devra traverser le Pays des Sables Fluants, et risquera de s’égarer dans l’Antre du Tonnerre. Si elle en réchappe, elle tentera ensuite de ne pas se perdre sur le Territoire des Fourmis-Eléphants et des Guêpes Géantes. Si elle réussit à franchir ce dernier, il faudra qu’elle prenne la direction de l’Est, et, elle ne devra pas oublier qu’il lui faudra croiser le terrain de chasse des Titans dévoreurs d’Ames. Elle devra pénétrer sur le site où les Dix Soleils naissent tous les matins, et y font fondre jusqu’aux métaux et aux pierres. Puis, elle devra obliquer vers le Sud. Elle devra progresser à l’intérieur d’une Région infestée de Nains aux fronts tatoués, aux dents noires, e se nourrissant de chair humaine. Et, elle devra s’aventurer sur un domaine foisonnant de Reptiles énormes, de Serpents à neuf tètes dont le plaisir est d’avaler les gens, et de Renards monstrueux.         

Après cela, l’Ame arrivera devant l’Entrée des Neuf Etages Célestes gardée par des Tigres et des Léopards. Elle devra éviter le Géant à cinq tètes qui s’amuse à perdre les imprudents n’ayant pas le droit d’aller au-delà de cette Porte en les balançant dans un Gouffre profond. Elle devra enjamber ce Seuil, descendre au cœur des Abysses Terrestres. Elle devra pénétrer dans la demeure Ténébreuse de T’oupo. Et, elle ne devra pas oublier de s’agenouiller devant ce Comte Maléfique qui barre la route à l’ultime accès au Séjour des Morts. ».

Alors que d’autres le décrivent de cette manière : « C’est au Centre de l’Univers, que l’Orbe  brille aux cotés de l’Etoile Polaire. Au dessous d’elle, se révèle le sommet de la montagne portant le nom de « Kouen Louen », et c’est là que le Fleuve Jaune prend sa source. Celui-ci y est protégé par neuf Gardiens, qui, en même temps, défendent l’accès aux neuf Etages Célestes. Il y est environné de Grottes Sacrées et Labyrinthiques éclairées par des Lumières qui ne doivent rien au Soleil. Il quitte ensuite cet endroit en franchissant neuf courbes gardées par chacune par neuf Cohortes Démoniaques. Il poursuit sa route en gravissant les neuf Gradins Extérieurs du Kouen Louen. Il continue en longeant les neuf murs de la résidence Divine au centre de laquelle apparaît une Colonne Magnifique. Et, enfin, il chemine de plus en plus loin en parvenant aux abords des huit Provinces Infernales. ». 

Malgré leurs divergences, les Philosophes Chinois parviennent à concilier leurs points de vue, et parviennent, ensemble, à dépeindre les Démons qui vivent à l’intérieur de cet Au-delà :

« Là-bas, se côtoient les Kouci, qui ont la capacité de prendre une apparence Humaine, et qui sont des Esprits des Vieilles Choses. A leurs cotés, se trouvent quatre Etres Réprouvés qui ont été expulsés du Paradis par le Père Ciel à l’Aube des Ages. Il y a le « Chaos Incarné » - ou, « Houen Touen ». Il y a les Spectres à visage humain, à bec d’oiseau, et aux ailes démesurées, nommés « Chan Hai King ». Il y a les Fantômes qui habitent les Montagnes et qui donnent la fièvre, désignés par le terme « Han Tchen You ». Il y a le Seigneur de la pestilence, Yang Tseu Kiang, celui qui hante les Résidences Populaires, Tchou An Yu. Il y a les neuf Revenants Wang Liang accompagnés de Chaudrons, et qui ont la possibilité de reconnaître le coté Divin et le coté Diabolique de chaque Homme. Il y a les dix Suzerains propriétaires d’une Forêt de Mûriers surnommée « Sang Lin ». Il y a les Démons des Eaux, Lo et Siang. Et, enfin, il y a la reine de la montagne de Jade, la souveraine Occidentale du Royaume des Morts, Siwang Mou. ».

D’un autre coté, les Chinois présentent des cadeaux aux Démons à un pied – les « Kao-Sin », afin de les apaiser. Ils tentent de calmer ceux qui répandent des Maladies, et qui infestent les Montagnes. Ils essayent de se protéger des Maléfices du Gardien de l’Ile de Makinmeang. Ils cherchent à s’immuniser contre les Pouvoirs du Grand Serpent Jaune, et contre les Charmes de la dame aux Cinq Eléments. Ils s’efforcent de pondérer la déesse du Feu ; ils la redoutent en effet particulièrement, parce qu’elle préside aux Incendies. Ils s’ingénient à persuader la maîtresse des Goules de ne pas les dévorer lorsqu’ils s’aventurent dans leurs Cimetières pendant des enterrements. Ils lui demandent même, parfois, d’intervenir auprès des Zombis qui hantent ceux-ci, et qui les y agressent régulièrement. Lorsqu‘ils réalisent qu’elle n’accédera pas à leur supplique, ils font alors l’impossible pour les repousser le plus loin possible de leurs Nécropoles : durant quinze Lunes, ils prononcent donc de terribles Incantations, dites, « de la hache », pour les tenir à distance. Et, enfin, ils ressassent sans cesse cette Légende à ceux qui seraient tentés de ne pas écouter leurs mises en garde :

« Quelquefois, il arrive que des Pilleurs de Sépultures tentent d’éventrer des Tombeaux récents. Or, il n’est pas rare qu’ils n’y récupèrent que des épées, des bâtons, ou des sandales. De fait, ils s’imaginent que les trépassés sont toujours vivants. Ils se disent qu’ils continuent à exister à l’intérieur de lieux Sacrés proches. Ils se mettent bientôt à supposer qu’ils surveillent si leurs Hypogées ne sont pas profanés. Et, ils se demandent s’ils ne se manifestent pas aux Mortels qui les souillent dans le but de les maudire, avant de s’envoler vers les Confins de l’Univers. ».

Et enfin, lorsque les Chinois ne réussissent pas eux mêmes à apaiser les Démons qui les environnent, c’est à des Sorciers Spécialisés qu’ils demandent de l’aide. Ils assistent dès lors à des Cérémonies au cours desquelles les Mages tentent de dompter les Esprits Errants. Ils les observent en train de se flageller, d’utiliser des Miroirs, de noyer ou de calciner des animaux. Ils les voient se tatouer, se dessiner des Symboles Tribaux sur la peau, se mutiler, ou s’allonger les lobes des oreilles. Ils les contemplent entrer en transe, et se mettre en rapport avec les Gardiens des Quatre Mondes – celui du Ciel, celui de la terre, celui de l’Eau, et celui des Enfin -, afin qu’ils les secourent. Et, enfin, ils les admirent quand ils se mettent à psalmodier des Hymnes, et qu’ils font appel aux Spectres des Quatre Directions – celui de l’Est, ou « Tai Song » ; celui de l’Ouest, ou « Saing Fou » ; celui du Sud, ou « Hou Kowang » ; et celui du Nord, ou « Shin Sin » - pour les soulager.       

Vers 1100 avant notre Ere, un Peuple de Cavaliers dont l’efficacité militaire réside dans ses combattants sur char, franchit soudainement les frontières de Chine du Nord. Celui-ci réussit très vite à enfoncer les défenses de la dynastie Shang, provoque son effondrement. Il désigne l’un de ses chefs les plus prestigieux, le Seigneur Cheng, pour fonder une nouvelle Race de Monarques. Il lui donne le titre de « Zhou ». Et, il récupère rapidement la plus grande partie du Système idéologique Shang à son profit.

Les premiers Souverains de la dynastie Zhou transforment progressivement leur Gouvernement. Ils créent des Lois stipulant que celui qui administre le Peuple a pour devoir d’ètre le Délégué Suprême de la nation. Ils ordonnent la construction d’une Capitale au cœur de la province de Zhangpiajo. Durant une quinzaine d’années, ils s’y établissent plus ou moins régulièrement afin de surveiller la progression des travaux. Ils demandent que de nombreux Temples Ancestraux soient élevés dans les alentours de la cité. Ils exigent que plusieurs de ceux-ci soient uniquement consacrés à la vénération du Roi-Dragon. Ils insistent pour que le centre de l’un de ces Sanctuaires soit dédié à une stèle montrant les 284 caractères d’un Texte évoquant l’Histoire des Zhou avant qu’ils ne s’installent en Chine. Et, ils réclament qu’à ses cotés, leur Scribe le plus actif – King Wen – déclame une série de 64 Oracles ; auxquels ce dernier donne immédiatement le titre de « Y King » - ou, « Livre des Changements Chinois ».   

Fixés à l’Ouest, les Monarques Zhou décident ensuite de s’emparer de l’Est de la chine. En très peu de temps, ils conquièrent donc le Nord de la plaine et de la vallée du Yangzi Jiang. Ils y installent des fractions de leur Maison et de leur Aristocratie. Ils colonisent les territoires vierges qui entourent cette Contrée, diffusant ainsi de plus en plus loin leur modèle Social. Ils y envoient bientôt une expédition commandée par le Général Nie afin qu’il mette un terme à la rébellion des derniers Princes Shang qui s’y rebellent. Une fois la révolte de ceux-ci écrasée, le Général Nie y proclame d’ailleurs la fin officielle de leur Dynastie. Ils profitent de l’occasion qui leur est donnée pour annexer les Provinces Extérieures rattachées à la cité de Yi, et autrefois alliées de la famille Shang. Ils célèbrent leur victoire à l’encontre de cette Agglomération en donnant le titre de « Marquis de Yi » au Général Nie, et en lui confiant l’Administration de la ville. Et, ils le sollicitent pour qu’il la transforme en centre commercial, artisanal, et agricole, de première importance.         

Vers 1080 avant J.C., les Souverains Zhou décident d’élever une seconde Capitale Impériale. Ils la font construire sur le site de Hao, dans le Henan. Dans ses faubourgs, ils font creuser des Nécropoles à l’intérieur desquelles sont sacrifiées de nombreuses victimes Humaines. Parfois, ils exigent qu’y soient emmurés jusqu'à trois chars et huit chevaux. Et, ils demandent à  leurs Prophètes de supplier les Dieux de protéger l’ensemble de la communauté qui va utiliser cette Crypte.

Puis, ils offrent le Gouvernement d’Hao à plusieurs Aristocrates plus ou moins apparentés à leur Famille. Et, enfin, ils acceptent que les élites locales administrent localement les fonctionnaires établis dans la vallée de Huang He et aux abords du fleuve Huai.                       

Asie du Sud-Est, IIème millénaire avant J.C. :

Vers 1950 avant J.C., les Populations Coréennes commencent à modifier leur mode d’alimentation. Evidemment, elles vivent encore principalement grâce à la chasse et à la pèche. Mais, désormais, elles consacrent un peu de leur temps au développement de l’Agriculture. C’est donc ainsi que le millet vient progressivement enrichir leurs repas.

Puis, à partir de 1800 avant notre Ere, le processus s’accélère : leur Culture se métamorphose radicalement ; jusqu'à prendre le nom de « Société de Cholum ». La production de céréales et de glands se répand. Les décorations murales représentant des lignes courbes pullulent. Et les sculptures en argile évoquant des tètes d’animaux, se vulgarisent.

D’un autre coté, cette Période voit apparaître de nouveaux concepts Métaphysiques au sein de la population. En effet, désormais, certains expliquent que les Eléments sont dotés de Pouvoirs qui ne peuvent se manifester qu’au travers de Phénomènes Naturels. Ils rajoutent que c’est pour cette raison qu’il est nécessaire de régulièrement prier les Esprits des Montagnes, les Esprits des Fleuves, les Esprits des Arbres, ou, les Esprits des Pierres. Ils poursuivent en disant que les Astres, et en particulier le Soleil, apportent le Bonheur et la prospérité. Ils continuent en démontrant que les Chefs – ou, « Chongun » - sont les uniques garants du maintien de l’Ordre et de l’Harmonie Cosmiques. Ils insistent sur le fait que c’est sacraliser leur fonction que ces derniers ont pour devoir de porter des vêtements et des insignes royaux ; des couronnes ornées de ramifications stylisées, des amulettes en argent, et des ceintures en bronze. Ils déclarent qu’ils sont obligés de déléguer quelques unes de leurs prérogatives – trop lourdes pour eux – à des Conseillers qu’ils auront soigneusement choisis. Et, enfin, ils annoncent que ceux qui les auront acceptées, auront pour obligation de demeurer dans leurs Temples – ou, « Sodo » - pour le restant de leurs jours.

Grâce à ces nouvelles directives, les affaires Religieuses se séparent dès lors nettement des affaires Politiques. En effet, ces dernières se retrouvent confiées aux Chongun – ou, « Gouverneurs ». Les questions Religieuses, elles, sont abandonnées à des « Mudang » - ou, « Sorciers » ; ou encore, « Prêtresses ». Lors de Cérémonies importantes, ceux-ci font en sorte que les Chongun soient coiffés de perruques tentaculaires Symbolisant l’Esprit Omniscient qui les anime. Eux s’installent à l’intérieur de zones Sacrées. Ils entrent en transe. Et, au bout d’un moment, ils parviennent à communiquer avec l’Au-delà. 

Mais ce n’est pas tout : à ce moment là, les Mudang se mettent également à raconter des histoires. Ils évoquent des Mythes relatant la vie de leurs Grands Ancêtres. Ils annoncent que leur Patriarche vit, à la fois, au Ciel et dans la terre. Ils disent : « Les Fondateurs des Légendaires Royaumes de Koguryo, de Silla, et de Kaya, sortirent d’œufs fécondés par le Soleil. ». Ils relient chacun d’eux à des Symboles Magiques, puis, les transforment en données Sacramentales. Ils les associent à un cortège de déités ; telles, « la splendeur Céleste Hananim ». Ils enrichissent leurs Pensées à l’aide Doctrines diverses et variées. Ils commémorent leur Existence en instituant des Liturgies compliquées. Ils sacralisent les Clans dont ils sont issus, en demandant à leurs descendants d’ensevelir leurs Chongun avec des ailes de volatiles rares. Et enfin, ils les divinisent en immolant leurs Serviteurs et leurs Esclaves afin qu’ils les veillent au cours de leurs voyages vers le Royaume des Morts. 

Vers 1500 avant J.C., la métallurgie est introduite en Corée. Dès lors, des Artisans commencent à sculpter des statuettes en fer d’une dizaine de centimètres. Et ceux-ci les font ressembler à des Etres Humains. D’un autre coté, de nouvelles pratiques Agricoles sont importées dans la région : des Populations Sibériennes et Chinoises y introduisent la riziculture. Et, enfin, la religion continue de s’y développer, de nouveaux Mythes y apparaissent, et des Légendes expliquant la création de l’Univers y sont révélées :

« Autrefois, l’Univers était Chaotique. Or, un jour, un frisson le parcourut. Et, le Ciel réussit à s’en séparer.

De fait, deux Soleils et deux Lunes l’éclairèrent. Jusqu’au moment où un de ces Soleils et une de ces Lunes furent dévorés par le Néant. ». Et, un peu plus loin : « Lorsque la terre mit l’Homme au Monde, la corée portait encore le nom de « Pays de l’Aurore ». Dès lors, l’Homme se fit appeler « Tangan ». Il fonda l’un des trois anciens Royaumes Coréens : « Kogugo ». Il s’installa dans une Métropole Orientale à laquelle il offrit le titre de : « Fougu ». Quelques temps plus tard, il y rencontra un inconnu prétendant surgir de nulle part, et se désignant sous le vocable de « Hamoju ». Devant lui, ce dernier se prétendit ètre le Fils de l’Empereur Céleste. Il lui dit qu’il avait été choisi pour créer un Puissant Etat. Il lui expliqua qu’il avait pour mission de rattacher le Pays de Kogugo aux territoires situés au Sud de celui-ci. Et, de fait, en moins d’une dizaine d’années, avec son aide, Tangan réussit à conquérir ces Contrées. Il fonda le Royaume de Silla, et il désigna l’un des membres du Clan Kin, Adji, pour lui succéder. ».    

Parallélement, une autre Tradition se répand un peu partout. Celle-ci déclare qu’un Arc Magique à le Pouvoir de faire pénétrer quiconque dans l’Au-delà de son vivant. Elle raconte que c’est possible parce que ses Trois Mondes Cosmiques sont reliés entre eux par une Frontière que ses projectiles réussissent à percer. Elle démontre que ce Monde Céleste, ce Monde Supra-Terrestre, et ce Monde Souterrain, abritent chacun une partie du « Tumong » ; cette Divinité qui a bâti les Piliers rattachant ces Contrées les unes aux autres. Elle rappelle que ce Tumong possède la capacité d’arpenter, en même temps, le Ciel, la terre, et le Monde Souterrain. Elle indique qu’il se sert d’un tambour afin de communiquer avec les Créatures de l’Au-delà, pour protéger les Esprits Ancestraux qui y sont emprisonnés, ou pour entrer en relation avec les Shamans qui le révèrent. Et, elle mentionne :

« Jadis, des Couronnes en Or étaient dissimulées au cœur du Royaume de Karak. Celles-ci étaient décorées d’Arbres à trois branches. Elles Symbolisaient le Pouvoir Religieux qui y était concentré, ainsi que sa faculté à réunir les Trois Mondes Cosmogoniques à l’intérieur d’un même lieu. Mais, un jour, un Individu né au Pays des Dragons et appelé T’allba, décida de gravir l’une des Montagnes apparaissant à l’Est du Royaume de Karak. Malheureusement, après avoir franchi de nombreuses épreuves et affronté d’innombrables Monstres, il mourut alors qu’il approchait de son sommet. Et c’est depuis que les gens se mirent à nommer T’allba : « le dieu de la montagne de l’Est. ».

15 mars 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 312 - 316

temple_baal02Entre 1766 avant notre Ere et 1025 avant J.C., trente souverains lui succèdent de père en fils, ou de frère aîné à frère cadet. La zone d’influence de la dynastie Shang s’étend du Shanxi, la basse vallée du Fleuve Jaune, jusqu’au bassin moyen du Fleuve Bleu. Au-delà, elle se heurte à des populations barbares que les guerriers Shang capturent, victimes de sacrifices humains.

Le trentième et dernier roi, Din Xin-Zhou Xin, périt dans les flammes de son palais, attaqué par le fils de l’un de ses vassaux, le comte de l’Ouest, qu’il a tué. Ce dernier devient alors, à titre posthume, le roi Wen, et son fils Wu Wang le premier roi d’une nouvelle dynastie.

Anciens vassaux des Shang, les Zhou  créent au XIIIème siècle avant J.C. à leur tour une nouvelle capitale royale, près de Xi’an, sur la rive sud du Wei. Prudents, ils prennent toutefois soin d’installer un membre de leur famille à Luoyang, dans la plaine orientale, pour y surveiller les partisans de l’ancienne dynastie. Le frère du roi Wu y réside ; le reste du territoire est partagé entre les membres de sa famille et ses alliés. La région couverte de lœss est fertile, surtout quand les pluies de printemps sont abondantes. Fermée au sud, elle est pourtant le point de passage obligé entre la chine du Fleuve Bleu et le Sichuan, autre plaine très riche et véritable grenier à céréales. La vallée s’ouvre en outre, par un défilé facile à contrôler, sur la grande plaine de l’Est.

La phase d’expansion des Zhou dure jusqu’en 770 avant J.C. à cause d’une catastrophe brusque. Xi’an est surprise et pillée par des barbares. A la suite de ce désastre, les Zhou installent leur nouvelle résidence à Luoyang. Ainsi commence la dynastie des Zhou orientaux, qui verra les princes féodaux contester l’autorité du roi et s’emparer peu à peu du pouvoir.

Pendant toute cette période, le roi est l’acteur principal et entretient un lien privilégié avec le monde des Dieux. C’est pourquoi son temps est rythmé par un calendrier liturgique très chargé. Il ordonne et proclame seul les ordres divins par un corps de scribes et de devins. Ces derniers ne sont cependant réduits qu’à un simple rôle technique et ne maîtrisent jamais l’ensemble de l’appareil d’Etat.

La religion est dominée par le culte des Grands Ancêtres et à l’importance accordée à la vie dans l’Au-delà. L’âme se compose de deux éléments. A la mort, le « hun », âme-souffle, rejoint le Souverain d’en Haut ; tandis que le « po », autre élément plus matériel, reste dans le corps jusqu'à sa décomposition. Il faut bien le nourrir pendant les trois ans du deuil, pour éviter qu’il ne se transforme en « gui », démon, menace possible pour sa descendance. Quant aux rites funéraires, ils permettent de s’assurer que le hun, quittant le corps, voyage dans de bonnes conditions dans l’Au-delà. Les rites sont accomplis dans les maisons aussi bien que dans les palais. Et on consulte des Anciens au moyen d’os oraculaires – os de dragons - : omoplates de bovin ou de buffle ou carapaces de tortues sont chauffées jusqu'à l’apparition de fêlures qui sont ensuite interprétées. Tout le processus - et vérifications éventuelles par les événements – est consignés par écrit sur l’os chauffé à blanc. L’ensemble des signes sur les os forme une écriture déjà très élaborée.

Selon les principes définis plus tard par Confucius, le bon roi doit réunir harmonieusement en une même personne les lettres « wen » et les armes « wu ». Fils du Ciel, il dispose du mandat Céleste et sa réplique divine est le « Souverain d’en Haut ». Devient « Fils du Ciel » celui qui, grâce aux mérites accumulés par les Ancêtres vertueux, obtient la victoire militaire et l’assentiment des hommes de culture. Il reçoit alors le mandat céleste pour lui même et sa descendance mâle appelée à régner. Mais ce mandat s’use, puis s’éteint pour renaître en une autre lignée. Cette rupture du mandat est une véritable révolution. Le « wangdao », voie ou vertu royale, est le moyen de gouverner et c’est cette vertu que dévoient les « mauvais souverains ». Car, lorsque règne un vrai Sage, point n’est besoin de recourir aux châtiments redoutables prévus par le code royal : marques de fer, ablation du nez, ablation des rotules, castration, peine capitale.

Dans l’exercice de son pouvoir, le roi est assisté par un chancelier et par des ministres. Celui de la multitude, chargé des paysans, celui des Chevaux, chargé de la guerre, celui des Travaux publics et ceux qui sont chargés de la gestion du palais et du domaine. Ces dignitaires reçoivent des terres à titre d’émoluments ; non héréditaires à l’origine, elles le deviennent petit à petit comme le deviennent aussi les grandes charges. Le souverain donne aussi des terres aux membres de sa famille, qui lui doivent en échange un tribut annuel. Une aristocratie puissante et privilégiée reçoit à titre héréditaire des « pays » ainsi que les revenus des paysans qui y travaillent. Elle peut y lever des troupes, y rendre la justice et est au centre d’un culte au dieu du sol.

Le culte des Grands Ancêtres s’élargit bientôt à l’ensemble de la classe féodale. Selon le degré de noblesse des lignées locales, le nombre des Ancêtres qui figurent dans le temple est plus ou moins important. Les Seigneurs, qui reçoivent une éducation spéciale, mènent entre eux des guerres. Mais ils n’hésitent pas, quand ils en ont l’occasion, à affirmer leur propre autorité face au pouvoir du roi.

Toujours vers 1450 avant J.C., en Chine, les Souverains Shang poussent leurs Scribes à inventer un Système d’Ecriture bien à eux. Dès lors, ceux-ci se mettent à tracer des trigrammes et des héxagrammes sur des tablettes de bois reliées entre elles par un lacet. A l’aide de quatre Signes Verticaux – ou, « Tablettes » - coupés par deux Signes Horizontaux – ou, « Cordelettes » -, ils parviennent à définir le Mot « Livre ». Parfois, ils recourent à des ossements oraculaires chauffés, et des carapaces de tortues fendues, afin d’y graver certains Textes Divinatoires. Ils se servent de ces derniers afin de connaître l’opinion de leurs Ancêtres sur l’issue d’Evénements importants à venir. Ils ordonnent qu’après la lecture de ces Oracles, doivent être inscrits dans les « Livres » tous leurs propos. Ils demandent à ce qu’y soient marqués toutes leurs questions, toutes les réponses qui leur ont été fournies, et, de temps en temps, de quelle manière leurs Augures ont été vérifiées. Ils exigent que les moindres rumeurs y soient consignées. Ils ordonnent que les on dit concernant des pays d’Outre Mer tels que Koucilin – dans le Nord de Koueio -, le territoire de Mido, et des Yao, soient décrits. Ils décrètent que les Connaissances qu’ils renferment soient exclusivement réservées aux Empereurs Shang, ainsi qu’à leur Aristocratie. Ils imposent que leurs énoncés soient conservés dans les Cryptes Palatiales de la capitale. Et, ils exigent que leur Nature ne soit jamais divulguée aux gens du Peuple, et que les Idéologies auxquels ils se rapportent soient inclus dans les Pratiques Religieuses de leurs Clercs.   

Au même moment, les Souverains Shang commencent à ériger une seconde capitale, Yin, sur les rives du fleuve Huang He. De part et d’autres de ce qu’ils estiment être son axe idéal, ils bâtissent de hautes plate-formes. Au sommet de celles-ci, ils élèvent de grandes constructions de bois. Ils fondent plusieurs Palais entourés de zones résidentielles et de Temples. Au-dessous d’elles, ils creusent de gigantesques souterrains, qu’ils divisent ensuite en « Galeries Occidentales » et « Galeries Orientales ». Ils aménagent des salles au cœur desquelles ils excavent des puits rectangulaires, de larges gradins bordés de niches. Ils échafaudent des Chambres Funéraires décorées de Piliers destinés à magnifier les Sarcophages qui y sont installés. Et, finalement, afin d’y affirmer leur droit de Vie et de Mort sur leurs sujets, ils y organisent une Cérémonie au cours de laquelle ils y immolent des centaines d’hommes et d’animaux.   

Puis, poursuivant dans la même direction, les Monarques Shang se mettent à construire des immeubles Administratifs. Tout autour d’eux, ils assemblent de spacieuses résidences très vite occupées par des Nobles. Et, enfin, ils installent des ateliers, tandis que les maîtres ouvriers associés à ceux-ci prennent une place de plus en plus privilégiée en tant que Puissance Economique.

Les Artisans se transforment dès lors en soutien Politique de l’Administration Shang. Ils acquièrent une influence diplomatique hégémonique en offrant certains de leurs plus beaux objets de Bronze à leurs protecteurs. Ils en redistribuent d’autres à des Clercs qui les chargent de valeurs Idéologiques et Religieuses. Dans le but d’accéder à de nouvelles Ressources, ils obtiennent le droit de mettre en chantier des zones Artisanales, ou de défricher des forêts entières, à leur profit. Et, enfin, ils achètent le privilège de construire des Nécropoles Familiales en dehors de la cité.   

Vers 1300 avant J.C., les Empereurs Shang franchissent les rives du lac Dianchi, et envahissent brutalement le Royaume de Dian. Ils occupent donc la plupart des villes de ce territoire. Et, ils y diffusent leur Culture, tout en s’y enrichissant de ses Traditions les plus extraordinaires.

Leurs Scribes rapportent ainsi une Légende Dian expliquant de quelle manière le Dragon est censé Symboliser le « Chef de la communauté ». Ils en évoquent une autre détaillant pourquoi les Neuf Chaudrons Sacrés désignent les Dieux et les Démons les plus importants de cette Contrée. Ils démontrent de fait que Niu Kouab incarne le Père de l’Humanité. Et ils indiquent que plusieurs Manuscrits les plus anciens, tels que le « Chan-hai-King » - ou, « Livre des Monts et des Mers » - décrivent l’Aube des Ages :

« Un jour, l’Œuf  Primordial surgit de nulle part et prit place au cœur du Néant. Il y acquit le nom de « Pankou ». Il s’ouvrit, matérialisa l’Univers : le Ciel et la terre se constituèrent, ses Eléments les plus purs engendrèrent le « Yin », et les plus grossiers enfantèrent le « Yang », et ses fragments inutilisés se mêlèrent à eux.       

Puis, pendant 18 000 ans, durant six mois, Pankou se transforma en dieu du Ciel, et durant six mois, il se métamorphosa en dieu de la terre. Ensuite, il se mit à grandir, éloignant de fait le Ciel de la terre. D’un coté, il atteignit bientôt l’extrême hauteur Céleste, et de l’autre, il plongea vers en direction des Profondeurs Terrestres. Il changea les diverses parties de son corps en Astres, en Montagnes, en Fleuves. Il modifia ses Capacités Intellectuelles, de telle sorte qu’elle ne put plus jamais se matérialiser. Et, finalement, il décida de présider l’Univers, et de s’octroyer le pseudonyme de « Y King ». ».

Mais, en feuilletant d’autres Manuscrits Dian, les Scribes des Souverains Shang découvrent que ceux-ci contiennent une autre version du Mythe des Origines de l’Humanité :

« Au Commencement des Temps, seuls les Dieux Anciens régnaient sur l’Univers. Parmi eux, il y avait le Père Ciel. Il habitait un magnifique Palais en compagnie de son Epouse Wang. Il avait en sa possession des Pèches qui leur conféraient l’Immortalité. A ses cotés, apparaissaient les Rois Dragons régnant sur les quatre Mers, ainsi que sur une multitude d’Animaux Aquatiques. Se manifestaient également des Divinités du Soleil, de la lune, du Vent, du Tonnerre, ou de la pensée. Et, se présentaient enfin le dieu qui vomissait sans cesse des marécages infects, Kong-Kong ; les Esprits des Vieilles Choses, Fouchi ; ceux ayant la capacité de se métamorphoser en Humains à volonté, Tché You ; le Poisson Chaos Chouen ; les Démons de la maladie, Kouci ; et les Génies aux visages de Femmes, aux becs d’oiseaux, et aux ailes déployées, Houan Teou.  

Pendant toute cette Période, ce fut la divinité de la pensée qui inventa le concept de « l’Alternance » - ou, « du Yin et du Yang ». Elle l’établit en tant que Principe Antagonique : le Masculin et le Féminin, la lumière et les Ténèbres, l’Humidité et la chaleur, etc. Elle le considéra aussitôt comme un moyen efficace offert aux dieux pour entrer en contact direct avec le Souverain de l’Univers. Et, elle imagina également que c’était un procédé radical pour diviser ceux-ci entre les Bons et les Méchants, les Purs et les Impurs.

Afin de faire face aux dissensions Divines qui s’annonçaient, le Père Ciel décida de créer les Hommes, et de leur offrir la terre comme Sanctuaire. Il y ajouta des Océans, y fixa des îles sur lesquelles Animaux et Barbares étaient indiscernables. Peu après, il apprit que ses Frères et ses Sœurs profitaient du fait que le Ciel et la terre étaient proches, pour descendre sur Terre, et se mêler aux Humains. Désappointé, il ordonna au Génie Tchong-Li de rompre définitivement la communication entre les deux Mondes. Il lui donna ensuite pour mission d’empêcher ses Créatures de s’adonner à la sorcellerie. Et, il exigea que soient éliminés leurs Mages désireux d’Invoquer, puis, d’Emprisonner à leur profit des Esprits Démoniaques.

Tchong-Li demanda dès lors à Kong-Kong de l’aider. Et aussitôt, celui-ci suivit le même chemin que ses Frères, attaquant les Piliers Célestes à coups des cornes, et parvenant à les faire basculer.

Le Père Ciel se rendit vite compte que les Astres étaient également en train de glisser vers l’Ouest, et que les Fleuves commençaient à se déverser vers l’Est. Il demanda à Niu Kouab d’intervenir immédiatement pour limiter les dégâts causés par Kong-Kong. Celui-ci fondit des pierres multicolores et consolida la voûte éthérée. Il utilisa les pattes d’une tortue géante pour dresser quatre nouveaux Piliers aux quatre Pôles Extrêmes du Monde. Il les scella avec des cendres de roseau, arrêtant ainsi les Eaux du Déluge qui continuaient à se déverser sur Terre. Et, finalement, il affronta Kong-Kong au corps à corps, et le tua. ».

Plus loin encore, ils mettent au jour une troisième Relation qui concerne le combat que se sont livrés Niu Kouab et Kong-Kong : « Niu Kouab évita Kong-Kong, et propulsé en avant, ce dernier défonça le Piliers du Monde appelé « Mont Pou Tcheou ». Aussitôt, la colonne se brisa, son armature disloquée, une partie du Ciel se mit à se pencher vers le Nord-Ouest. Le Soleil, la lune, et les Etoiles, s’inclinèrent à leur tour dans cette direction. Les cours d’eau prirent le chemin du Septentrion. Niu Kouab profita du fait que Kong-Kong soit à moitié assommé, pour le mettre définitivement hors d’état de nuire. Il s’empara de cinq pierres de couleurs différentes qui traînaient à ses pieds. Et, enfin, il parvint rapidement à réparer le Dôme Céleste, puis, à stopper les Eaux déchaînées. ».

Et, enfin, une dernière : « A l’Epoque où le Père Ciel régnait sur l’Univers, il y eut une grande Inondation. Mais, le Dieu des Dieux échoua à l’endiguer. Il demanda alors à son Fils d’y mettre fin. Ce dernier réussit bientôt à l’arrêter. Ensuite, il chassa les Serpents et les Dragons qui infestaient le Pays qui avait été submergé. Il combattit Kovin, qui avait dérobé une terre Magique et Inépuisable. Et, au terme d’un long affrontement, il le vainquit, et revint chez lui en Héros. ».

Puis, les Scribes des Empereurs Shang exhument des Textes Dian relatant des Episodes ayant eu lieu au cours des Ages suivants : « Un jour, au cours du règne de l’Empereur Jaune Houengti, le dieu de la guerre, Tehe You, se rebella contre son Souverain. Et lorsque ceux-ci s’affrontèrent, ce fut au cours d’une joute Magique pendant laquelle chacun des deux adversaires se fit aider par 72 Génies. ».

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