Mes Univers

Quand le Mythe rejoint l'Histoire, il y a un Instant Magique où la Réalité n'existe plus que pour ètre emportée par le Souffle d'une Légendaire Epopée...

27 octobre 2009

Modifications du 26/10/2009

134AHier matin, le facteur a sonné a ma porte pour me donner un colis que j’attendais avec un peu d’impatience depuis quelques jours. En fait, il s’agit du cadeau que je me suis offert pour mon anniversaire, puisque celui-ci tombe le 22 Octobre. Comme le montre donc la photo ci-jointe, il s’agit de l’un des décors de King and country, consacré au Moyen-Orient. Ce décor peut ètre intégré a de nombreux dioramas de cette marque : époque napoléonienne de la campagne d’Egypte, guerre du désert de la seconde guerre mondiale, Croisades. Personnellement, je vais l’intégrer a la période évoquant l’Egypte antique. En fait, il existe six décors destinés a représenter un village, mais les deux derniers ne seront édités qu’en début d’année 2010. Et moi, je n’achèterai que les cinq suivants, y compris ceux qui ne sont pas encore édités, qu’a partir du début de l’année 2010, lorsque j’en aurai terminé avec un certain nombre des collections Delprado, Hachette, etc. qui sont sur le point de s’achever. Mais j’aurai l’occasion d’en reparler d’ici la.

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19 mai 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 595 - 600

chineVers 55, l’Empereur décide de bâtir deux nouvelles Cités. Il nomme tout d’abord la première « Hao », et la seconde « Feng ». Il ordonne leur édification sur les rives du Feng, qui est lui même un affluent de la wei. Il demande à ses futurs habitants de se souvenir que si il les fait élever à cet endroit, c’est pour ne pas oublier que c’est de cette Contrée que les Zhou sont partis à la conquête de l’Empire Shang ; mais aussi, que c’est de là qu’ils ont conservé le Pouvoir d’une main de fer jusqu’en 771 avant notre Ere.

Puis, quelques mois plus tard, l’Empereur exige que deux Temples inédits soient créés dans la province du Shaanxi : l’un dans la cité de Chengdu, et nommé « Wanfo », et l’autre dans l’agglomération de Chionglaixain, et appelé « Dafo ».

En 60, la calligraphie se développe. les chinois inventent le pinceau souple, puis le papier. Rapidement, ils gravent des sceaux personnels et officiels et reproduisent des textes sur feuilles à partir de stèles de pierre, gravées en creux puis encrées. Cette invention amène par ailleurs les intellectuels du pays à créer une particulière qui dépasse la simple fonction de communication pour devenir un véritable art en soi. Et les amateurs voient bientôt en elle le plus noble des beaux-arts ; lequel est rangé en deux catégories : aux formes « régulières » ou « cursives ». 

Puis, dès 65, une communauté bouddhique s’établit à Pengcheng, un centre commerçant du Nord du Jiangsu. Et dès lors, la pénétration de cette philosophie religieuse d’origine Indienne emprunte les habituelles voies commerciales : la chaîne d’oasis reliant le bassin de l’Amou-Daria au Gansu, les routes maritimes de l’océan Indien et des mers de Chine du Sud. Mais la voie de terre est certainement la plus empruntée.

Dans le domaine chinois, le Bouddhisme doit s’adapter à une Civilisation très différente de la civilisation Indienne. Il est d’abord associé au Taoïsme pour diverses raisons : les traducteurs des premiers textes indiens arrivés en Chine utilisent la terminologie taoïste pour rendre les notions bouddhiques en chinois. Répondant à certaines aspirations de la société, le bouddhisme constitue donc l’un des piliers fondamentaux du monde Chinois. De plus, en 85, il est prêt à atteindre les oasis du Tarim, en Asie centrale.

En 89, à la mort de l’Empereur Chong Di, lui succède sur le trône Ho-Ti Mais, en 94, c’est Guangwu Di qui prend sa place. Celui-ci a aussitôt pour souci d’établir la paix intérieure ; et il est épaulé par des généraux valeureux, dont Ban Chao est le plus brillant.

Car, ce dernier sait allier génie militaire et science diplomatique pour rendre à la chine le contrôle des oasis du Tarim. Puis, il atteint Kachgar. Et devenu gouverneur général des Han en Asie centrale, il s’installe à Kucha. Il pénètre en Transoxiane et, encouragé par la faiblesse momentanée des Parthes, tente d’envoyer vers le Da Qin – l’Empire Romain – un ambassadeur qui est obligé de s’arrêter à la méditerranée.

En 100, le premier dictionnaire, le « Shuowen jiezi », est composé. Il comprend 9353 articles. Tandis que l’eunuque Cai Lun invente le papier, par le mélange de déchets de bourre de soie imbibés d’eau et de vieux chiffons de chanvre ou de pulpe de mûrier. 

Asie, Ier siècle :

En 40, au Vietnam, les sœurs Trung appellent au soulèvement du peuple contre la tyrannie du gouverneur chinois Su Ding. Car, depuis longtemps, les gouverneurs chinois sont incapables de se concilier la noblesse vietnamienne et d’assurer la bonne marche de l’économie.

Su Ding tente alors d’écraser la rébellion dans l’œuf et fait assassiner Thi-Sach, l’un des seigneurs les plus influents du pays. L’insurrection éclate avec violence. Les sœurs Trung, dont l’aînée est la veuve du noble assassiné pousse Su Ding à la fuite. L’aristocratie et le peuple se joignent aux deux sœurs qui se proclament reines. Mais l’occupation chinoise a miné les assises économiques, sociales et politiques du pays ; en 41, le général chinois Ma Yuan réduit l’insurrection. Les révoltés essuient deux défaites consécutives, et les deux sœurs se noient dans le Hat Giang en 43.

L’année 45 voit de profonds changements. L’Asie du Sud-Est commerce avec la chine et l’Inde, dont elle adopte les valeurs : le Bouddhisme et l’Hindouisme, la conception du pouvoir royal et des lois, certains principes architecturaux. Le Sud de la péninsule est marqué par l’Inde : le sanskrit s’y répand et exerce un rôle important dans l’élaboration des langues locales.

Vers 50 après J.C., un aventurier de Kaundinya, brahmane indien, réussit à s’imposer parmi les habitants du delta du Mékong. Il fonde la dynastie des « rois de la montagne » en souvenir du mont Mérou qui, pour les Hindous est le point de rencontre du Ciel et de la terre. Trois siècles plus tard, alors que les Indo-Scythes sont expulsés des rives du Gange, l’un de leurs chefs se fait reconnaître roi du « Funan », nom chinois de ce territoire, par l’Empereur de Chine. L’Indianisation du pays connaît alors son apogée.

Les cités commerçantes qu’il fait construire sont toutes reliées à un port. Les maisons sont érigées sur pilotis de bois et couvertes de tuiles. L’influence de ce territoire se fait alors bientôt ressentir jusqu’au Nord de l’Indochine et se trouve en concurrence avec celle de la chine. Les principautés locales doivent verser des tributs aux souverains chinois autant qu’aux rois du Funan.

Puis, quelques années plus tard, les armées Han pénètrent jusque dans le bassin du Fleuve Rouge et en annexent les territoires. Cependant, les populations se rebellent contre la tyrannie du gouverneur chinois Su Ding. Les insurgés, menés par deux femmes, les sœurs Trung, agissant au nom d’une noblesse indigène bafouée par le pouvoir chinois, soulèvent plusieurs provinces de l’ancien royaume du Nam-Viêt. Leur victoire oblige Su Ding à se réfugier en Chine. Avec l’appui du peuple et de l’aristocratie, les sœurs Trung se font proclamer Reines. Toutefois, les chinois ne tardent pas à réagir : le général Ma Yuan est envoyé pour soumettre à nouveau le pays. Cette fois, les révoltés sont défaits.

Afrique Noire, IIème siècle :

Les descendants des Noirs néolithiques sahariens laissent, autour du village de Nok, d’innombrables traces de l’art négro-africain : des centaines de figurines en terre cuite représentant des hommes ou des animaux. Particulièrement expressives, ces sculptures témoignent d’une maîtrise technique déjà très ancienne.

En étroite liaison avec ces figurines, se dessinent des foyers métallurgiques, dont la présence reste mystérieuse. De plus, à la technique particulièrement évoluée des statuettes répondent une expression artistique hautement sophistiquée, préfiguration des représentations plastiques des décennies suivantes.

Perse, IIème siècle :

En 130, à la mort du roi Osroès, son frère Vologèse II lui succède. Pacifique, il ouvre une ère de détente avec les Romains.

Puis, les Parthes s’efforcent d’helléniser leur pays. Ils infléchissent l’évolution de cette région où Grèce et Orient se font face. Il en résulte un art gréco-iranien florissant. Et avec la montée de dynasties de plus en plus conquérantes, l’art Parthe s’affirme :

Ainsi, l’Architecture : qu’il s’agisse du palais d’Assur ou de Hatra, chacun d’eux s’ordonne autour d’une grande cour, et les façades qui la bordent sont dotées, chacune d’un « iwan », déterminant un vaste espace libre voûté. En sculpture, la rupture est encore plus franche : les statues grandeur nature représentant des rois, des princesses ou des dignitaires en costume de parade, la main droite levée en signe d’accueil, sont totalement nouvelles.   

Palestine, IIème siècle :

Vers 115, Rabbi Siméon Bar Yé Dai renoue avec la chaîne Initiatique et Kabbalistique Hébraïque. Il s’impose dès lors vite comme le détenteur de l’ancienne Mystique Juive. On croit qu’il cache soigneusement les Objets Sacrés qui ont été ôtés du Temple en 70. Et il se bientôt appeler : « Prince des Kabbalistes ».

Au cours de ses recherches Esotériques, Siméon Bar Yé Dai écrit beaucoup. Il rédige plusieurs parchemins énigmatiques concernant l’existence d’un manteau Magique ; celui-ci serait utilisé lors de certaines cérémonies Kabbalistiques. Il y explique qu’il aurait été confectionné avec la peau d’un cerf sacrifié. Il y dit qu’il porterait des Mots issus de la torah, ainsi que plusieurs des noms de Dieu écrits avec de l’encre spéciale. Et il y révèle qu’il conférerait une puissance Occulte irrésistible à celui qui s’en coifferait.

En 132, c’est Hadrien qui doit faire face à un nouveau soulèvement général de la judée. Mais celui-ci ne lui laisse pas l’occasion de se développer. Rapidement, il écrase la contrée sous le poids de ses armées. Il rebaptise Jérusalem « Aclia Capitolina ». Il interdit aux Hébreux d’y pénétrer. Et il ne les autorise à s’y rendre – au Mur des Lamentations -, qu’à l’occasion du jour anniversaire de la destruction du Temple par Titus.

Mais, à la mort d’Hadrien, son successeur – Antonin le Pieux -, révise e jugement de l’Empire à l’égard des Juifs. Il accepte qu’ils puissent ouvrir de nouvelles écoles – des « geshiva – dans le Nord de la palestine. Il leur autorise la création d’un « sanhédrin » académique. Il leur offre l’opportunité de rassembler leurs Lois, leurs Enseignements, et leurs commentaires en ce qui concerne leurs Traditions Orales, dans un Livre nommé « Mishnah ». Et il espère en faire des instruments permettant désormais d’unifier tous les israélites du pays sous sa bannière.

C’est pour cette raison qu’à partir de cette date, une grande effervescence intellectuelle se propage partout : toutes les sectes Juives se mettent à étudier de plus en plus ouvertement la torah et le Mishnah.

Puis, à partir de 150, les Intellectuels et les Initiés Juifs commencent à s’intéresser aux grands courants Théosophiques et Gnostiques qui traversent l’Orient. Ils se mettent à les étudier activement à l’intérieur de leurs Ecoles Kabbalistiques. Ils réinterprètent les données de la torah. Ils s’ouvrent à des nouvelles voies Mystiques en tentant d’atteindre des Réalités différentes de la leur. Ils usent de la connaissance ou de la vision pour intensifier leurs expériences extatiques. Et ils découvrent d’innombrables concepts fondamentaux liés à Dieu sur lesquels baser leur foi.

C’est par l’intermédiaire de ces pratiques qu’ils sont à même de s’interroger sur la nature du Dieu Vivant. Ils comprennent en effet grâce à leurs manipulations que celui-ci se manifeste toujours à eux avec ses attributs divins. Ils se disent que ces derniers sont aussi intégrés aux multiples dimensions du Monde ; qu’ils transcendent l’Univers. Puis, ils réalisent qu’ils se situent à plusieurs niveaux de Réalité en même temps. 

« C’est pour cette raison, écrit alors l’un d’eux, que nous devons en permanence améliorer notre Connaissance. Celle-ci va, un jour, nous ouvrir les Portes du Monde Divin. De fait, les instruments qui vont nous permettre d’y parvenir sont des Livres comme la torah, mais aussi les symboles cachés au cœur des Lettres qui forment leurs textes. Il faut en effet savoir que la torah – ou d’autres -, ne sont pas uniquement des ouvrages composés de Mots et de Phrases, mais également des manifestations concrètes de la sagesse Divine. Dès lors, aucun langage humain ne peut exprimer intégralement leur sens. Les commandements qu’ils contiennent littéralement, sont des expressions adaptées à l’entendement humain. Et lorsque nous les auront comprises dans leur globalité, nous pourrons participer de façon effective à la réalisation de l’Harmonie Cosmique. 

Quant au langage Hébraïque qui en est le support, il reflète la spiritualité de l’Univers. Les Lettres qui l’assemblent sont les éléments de la création. La compréhension de leurs Lois internes permet l’interprétation analogique des Livres, de leur sainteté, ainsi que de leur Exotérisme. Et si l’on en excepte les deux ramifications Occultes qui s’en détournent, ils sont à la base de toutes leurs Vérités. ».

D’autres Initiés, eux, rédigent des manuscrits Kabbalistiques en s’appuyant sur le Mishra. Johannan ben Zakkai, Ben Zoma, R. Aqiba ou R. Meir rassemblent des fragments de Savoir Antique afin d’aller encore plus loin dans leur compréhension des Livres Sacrés. Ils les compilent à l’intérieur de recueils qu’ils nomment « Tosfta ». Ils en retranscrivent certains au cœur de libellés ayant pour sujet le « Monde du Trône ». Ils précisent que ce dernier lieu est une manifestation de la gloire Divine ; que c’est à cet endroit que se trouvent les différentes hiérarchies d’Anges et d’Archontes.

Mais la forme littéraire qu’ils emploient le plus souvent pour décrire les voyages de l’Ame lors de son parcours Céleste, ce sont les récits Apocalyptiques. Ils y développent des spéculations cosmologiques. Ils y marquent des formules issues du Mishra. Ils y exposent des thèses concernant la structure et le nombre réel de Cieux. Deux d’entre eux, « les Ecrits de Ma’ase Bereshit » - ou « l’œuvre de la création » - et le « Shi’ur Qoma » - ou « Mesure du Corps » - décrivent l’apparence corporelle que la divinité revêt lors de sa théophanie sur le Trône. Ils expliquent l’immensité de ses « mesures », l’expression symbolique de sa transcendance, ainsi que son ensemble de représentations numériques. Et ils déterminent, enfin, les figures du « Melatron », cet Ange Céleste ayant métamorphosé Hénoch après son enlèvement.   

En 156, le Chrétien Montan commence sa prédication. Annonçant le retour du Christ, prêchant l’ascétisme et le martyre, il conteste violemment les hiérarchies de l’Etat Romain et de l’Eglise Chrétienne, accusé de pactiser avec lui. Le « montanisme » constitue dès lors la première hérésie de la religion Chrétienne.

Vers 165, la palestine se peuple peu à peu de paysans Grecs. Les Juifs, eux, sont coupés du Temple. Les fidèles se replient alors sur la synagogue, lieu de rassemblement et de prière. S’appliquant à parfaire la loi, un nouveau Judaïsme se développe sous l’égide de l’Ecole Pharisienne. C’est de cette réflexion étroitement centrée sur les textes que naît une nouvelle interprétation et une nouvelle codification de la loi hébraïque.

Vers 180, la plupart des Initiés vivant en Palestine émigrent à Babylone ; et leurs Ecoles Kabbalistiques ferment les unes après les autres. De nouvelles sont inaugurées dans la cité mésopotamienne. Les thèmes qui y sont Enseignés à leurs élèves sont les mêmes. Certains Maîtres y professent d’ailleurs toujours le symbolisme issu de leurs Livres aux Mystères du Char Divin. Et la seule chose qu’ils changent, c’est la terminologie de quelques Mots : le voyage Céleste  étant désormais identifié comme la descente vers le « Merkaba ».

Leurs Maîtres rajoutent par ailleurs plusieurs idées néo-platoniciennes et néo-pythagoriciennes à la littérature Apocalyptique à laquelle ils se réfèrent. Ils le font apparaître dans leur symbolique des Nombres, et dans leurs prises en considération de critères physionomiques et moraux. Ils écrivent à leur sujet des traités comme le « Grand Heykhalot » et le « Petit Heykhalot ». Ils y décrivent des palais ou des demeures Célestes. Ils y inscrivent des techniques incantatoires qui se fondent sur les vertus extatiques de quelques formes liturgiques. Et, dans un chapitre appelé « Sefer Yesira », ils y consignent des indications cosmologiques considérant les 22 Lettres de l’Alphabet Hébraïque comme des éléments capables d’influencer la réalité en Bien ou en Mal.   

Egypte, IIème siècle :

Vers 120, l’art du portrait se manifeste principalement dans la région du Fayoum, à l’Ouest du Nil. Ces portraits servent à perpétuer le souvenir des défunts. Ces visages, tantôt réalistes, tantôt fortement stylisés, témoignent d’influences diverses. Et le traitement des yeux, auxquels la fixité des pupilles et le trait noir qui les cerne donnent une intensité particulière, se retrouve bientôt dans l’art Grec.

Vers 150, le cartographe Ptolémée fréquente longtemps la bibliothèque d’Alexandrie. En effet, il sait qu’elle contient la plus importante collection de manuscrits de l’Antiquité. Il se désole quand il apprend qu’une bonne partie de celles-ci ont pourtant été détruites dans un incendie, près de deux siècles plus tôt. Mais, en consultant plusieurs de leurs ouvrages archivés, il se rend compte que deux ou trois semblent avoir été écrit dans la nuit des Temps. Or, c’est grâce à ces derniers que, peu à peu, il établit son propre planisphère géographique.

24 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 485 - 489

1En 207 avant notre Ere, Nag Hammadi séjourne quelques mois dans la bibliothèque d’Alexandrie. Il y examine les hautes doctrines Mathématiques de l’Egypte de l’Ancien Empire. Il s’intéresse aux Mystères qui sont rattachés au Nombre d’Or. Il imagine qu’Hermès Trimegiste a jadis porté un autre nom : Thot. Il réalise que, quel que soit son patronyme, il a été le « Maitre des Anciens Rois du Monde », le « Gardien des Traditions, des Arts, et des Sciences ». Il suppose qu’il a fondé la doctrine Hermétique en marquant ses Connaissances sur la table d’Emeraude ; mais aussi, qu’il a écrit des textes qui sont à la base du Gnosticisme, de l’Alchimie, et de la conception de la « Pierre Philosophale ».   

Enfin, vers 204 avant J.C., Ptolémée IV s’éteint à son tour. Ensuite, c’est un enfant encadré par des ministres quasiment incompétents qui devient roi : Ptolémée V Epiphane. De fait, de nouveaux Dieux sont introduits et sont intégrés dans le panthéon traditionnel : Dionysos, dieu des Mystères orphiques, est assimilé à Amon ; Aphrodite à Isis. Mais, Sérapis est l’un des plus populaires :

Dieu originaire de Sinope, Sérapis, lui, apparaît en rêve à Ptolémée V Epiphane. Sur les conseils des savants Timothée et Manéthon, le roi décide qu’il s’agit du taureau Apis, vénéré à Memphis, et dans lequel s’est incarné Osiris, dieu des Morts et de la végétation renaissante. Sérapis est alors assimilé à Zeus, dieu créateur, à Asclépios, dieu guérisseur, et à Hadès, dieu des Séjours Infernaux. Il devient donc rapidement un dieu rédempteur, porteur d’une espérance de salut, à qui on associe aussi Dionysos, Isis et Anubis. Des temples lui sont consacrés dans les villes d’Alexandrie et de Memphis, où il voisine, entre autre, avec un portrait d’Homère, entouré de philosophes et de poètes.

En même temps, le culte d’Isis ne cesse de gagner en importance. Les dons de magicienne de la déesse la placent au-dessus des autres Dieux et lui ont permis de ressusciter son époux Osiris, comme de triompher du dieu Ra, dont elle parvient à deviner le nom secret. Les fidèles qui participent aux Mystères de son culte revivent sa quête passionnelle pour retrouver les morceaux du corps d’Osiris : ils participent ainsi à la résurrection de celui-ci. Durant les cérémonies, Isis consolatrice fait figure de mère universelle. C’est par elle que passe l’assurance du salut, de la survie de l’au-delà.

Les interdits anciens sont toujours respectés : un romain est lynché pour avoir tué un chat à Bubastis, ville de Bastet. Par ailleurs, de nombreux cultes traditionnels, dont celui du taureau sacré Bouchis, sont remis en vigueur.

Italie, IVème – IIIème siècle avant J.C. :

Les guerres se poursuivent entre les Romains et leurs voisins. Et la surprise est totale lorsqu’en 390 avant J.C., après avoir franchi les Apennins, des groupes de Gaulois, conduits par leur chef Brennus, atteignent Rome. Ils déjouent la ruse du tribun Silpicius venu à leur rencontre et mettent ses armées en déroute. A Rome, c’est la consternation : on décide d’abandonner la ville et de ne défendre que le Capitole. L’assaut est donné par les Gaulois qui s’emparent de la cité et l’incendient avant de mettre le siège devant la forteresse. Ils tentent de l’escalader de nuit, mais, alertés par la tapage des oies sacrées, les défenseurs repoussent les assaillants. C’est la faim qui oblige les Romains à accepter de payer une humiliante rançon.  Après s’être retirés de Rome, les Gaulois s’installent en Gaule Cisalpine – autour de la plaine du Pô et jusqu'à l’Adriatique, surveillés de près par des colonies Romaines.

Malgré tout, dès 340 avant J.C., par un subtil jeu d’alliances, Rome s’établit plus au Sud, en Campanie, à Capoue, la capitale. En fait, les Osques, des Samnites installés là depuis un siècle, menacés par leurs congénères de la montagne, demandent alliance et protection aux Romains. La première guerre Samnite débute et Rome en profite alors pour instaurer sa suprématie sur le Latium.

C’est le départ d’une symbiose politique entre Rome et la campanie, symbolisée vers 312 avant J.C. par la construction de la « via Appia », une route directe entre Rome et Brindes. Très vite, des Campaniens accèdent aux fonctions publiques romaines : certains sont même consuls, magistrats suprêmes de la république. La première guerre Samnite s’étant résumée à de brèves hostilités, pour venir à bout du Samnium et de ses terribles guerriers, il faut deux autres batailles, et presque un demi-siècle. De 327 à 290 avant notre Ere, Rome forge le fer de lance de sa puissance dans une lutte acharnée et confuse. A partir de 310 avant J.C., les Samnites ont l’appui des Gaulois, des Etrusques et des Ombriens. En face, Rome est aidée par les Latins et les Campaniens.

La deuxième guerre Samnite dure de 326 à 304 avant J.C. Rome y subit, en 321 avant notre Ere, un de ses plus cuisants échecs. Enfermés dans un défilé montagneux proche de Caudium, non loin de Capoue, deux légions romaines se voient contraintes de passer sous les lances des vainqueurs. L’humiliation des fourches Caudines est effacée au cours du troisième épisode de la guerre. Car, en 295 avant J.C., Rome et ses alliés finissent par emporter la victoire, à Sentinum, une ville d’Ombrie.

Tandis que Rome gagne en puissance, l’Etrurie est, quant à elle, en plein déclin. Déchirées, désunies, les cités Etrusques ont perdu la campanie, puis la plaine du Pô. Seules leur restent les cités de Toscane. De ce fait, en 351 avant J.C., après la chute de Caere, l’Etrurie a dû accorder à Rome une trêve de quarante ans. Trêve que, précisément, Rome met à profit pour vaincre les Samnites, puis se retourner contre les Etrusques. Ceux-ci réalisent bien tard que Rome est une ville de proie. En 310 avant J.C., l’Etrurie tente de rassembler ses forces contre Rome, puis de s’unir avec les Samnites et les Gaulois. L’une après l’autre, les cités Etrusques tombent dans l’orbite de Rome. En 265 avant J.C., un soulèvement d’esclaves secoue Volsinie, dernier bastion de l’indépendance étrusque. Affolés, les aristocrates font appel aux Romains, qui prennent la ville. Le sanctuaire fédéral est pillé : 2000 statues viennent orner Rome. Cette fois, l’Etrurie a vécu.

Rome regarde désormais plus au Sud encore, vers la « Grande Grèce ». De longue date, les Grecs ont colonisé les cotes de la calabre. Leurs cités excitent la convoitise des montagnards du Bruttium. Sur la mer Ionienne, Tarente, à l’abri du golfe qui porte son nom, est une des plus anciennes villes de la grande Grèce. Juste en face, à l’autre extrémité du golfe, Thurium. Les affrontements se multiplient entre les deux villes Tarente la démocratique et Thurium l’aristocratique. En 282 avant J.C., Rome, alliée de Thurium, finit par intervenir. De son coté, Tarente fait appel au Grec Pyrrhos, roi d’Epire.

Les victoires de Pyrrhos l’amènent vite aux portes de Capoue. Puis, la guerre traîne en longueur, jusqu’en 275 avant J.C., où deux victoires Romaines poussent Pyrrhos à rembarquer. Appuyée par les aristocrates de Tarente, Rome s’empare de la ville en 272 avant J.C. Voilà les Romains maîtres de la grande Grèce. Les voilà également ses protecteurs. Car Rome laisse leur autonomie aux cités grecques, tout en les mettant à l’abri des raids de montagnards du Bruttium.

Rome réalise donc l’unité politique des deux tiers de la péninsule. Elle étend son autorité du fleuve Rubicon, au Nord, au détroit de Messine, au Sud. Cette zone s’appelle désormais « Italia », « Italie ». La prise de Tarente a aussi de grandes conséquences culturelles. Rome découvre la culture grecque.   

Dès lors, Rome traverse une période de stabilité socio-politique ; en effet, des anciens affrontements entre la plèbe et le patriarcat sont né un système de gestion des affaires publiques qui est chargé de régler les tensions avant qu’elles ne dégénèrent en conflits aigus.

D’ailleurs, Rome profite de ces années de répit car le monde Celtique est alors secoué par des invasions Belges et leurs contrecoups. Pour éviter le pire, le Sénat envisage l’installation de 60 000 citoyens pauvres sur les riches terres padanes, territoires du Nord, ce qui signifie l’expulsion pour les Gaulois ; ceux-ci appellent à la rescousse leurs congénères transalpins qui envoient une forte armée dans la plaine du Pô. Les Romains parviennent à les arrêter au lac Télamon et, après les avoir écrasés, occupent l’ensemble de la gaule Cisalpine où ils entreprennent de fonder aussitôt de nouvelles colonies, comme Crémone et Plaisance.

Après 270 avant J.C., la religion romaine s’ancre peu à peu dans la vie de tous les jours en établissant un ensemble de sacerdoces qui sont autant de magistratures rituelles que des charges strictement religieuses. Un ordre de préséances est établi entre elles, où vient d’abord le « rex sacrorum », - roi du sacré -, patricien, héritier surtout honorifique des aspects religieux de l’ancienne fonction royale. Viennent ensuite les quinze « flamines », chacun spécialement affecté au culte d’une divinité, parmi lesquels se détachent les trois flamines majeurs, ceux de Jupiter, Mars et Quirinus.

Le « pontifex maximus » - grand pontife – est le véritable chef des cultes romains. Elu à vie par un collège de pontifes qu’il dirige, il fixe le calendrier et les fêtes, nomme les vestales et les flamines et veille au bon fonctionnement des cultes privés, en particulier celui des morts. Son importance en fait un sacerdoce très recherché.

Un autre collège joue un rôle majeur, celui des augures qui conseillent les magistrats pour l’interprétation des auspices, c’est à dire des présages fournis par les signes divins. Les augures sont obligatoirement consultés pour les actes publics.

En 270 avant notre Ere également, quelques Philosophes Romains profitent de l’influence croissante de la religion dans le quotidien des citoyens, pour rassembler les Mythes Ancestraux de leur peuple dans un seul ouvrage : « le Mytheus ». Dans leur premier chapitre, ils commencent alors par parler de la hiérarchie Divine avant l’apparition de la civilisation Romaine. Ils évoquent Jupiter Fidius, le dieu de la souveraineté Magique ; Mars, le dieu de la force Physique ; Quirinius, le dieu de la fécondité ; et Toran, la déesse aux Serpents. Ils y expliquent en outre que ce sont les seuls dieux qui étaient invoqués par les Clercs avant l’arrivée des Romains ; et qu’ils ont été les quatre Divinités Majeures qui ont incarné les Forces Structurées de l’Univers.

Puis, ils soulignent que, par le suite, sont apparus le Père des dieux et de la lumière Céleste, Jupiter ; son épouse, la protectrice des Matrones, Junon ; la déesse du Blé, Cérès ; le dieu des Vignes, Bacchus ; le dieu des Eaux, Neptune ; le dieu des Commères et du Gain, Mercure. Se sont également révélés la déesse du Hasard, à la fois fille et nourrice de Jupiter, Fos ; la déesse de l’Amour, Vénus ; la déesse du Feu Sacré, Vesta. Celle-ci est d’ailleurs désormais assistée par un Collège de Vierges – les Vestales – chargé à l’entretien de son Foyer. Ce dernier n’est composé que de femmes qui se sont vouées à la chasteté, et qui sont menacées d’être enterrées vivantes si elles négligent leur fonction principale.

Se sont encore manifestés, la déesse Tellus, qui désigne la terre Nourricière, et qui est le Principe de Fécondité par excellence ; la déesse de la chasse, Diane. Elle, elle a aujourd’hui la réputation de pouvoir arracher la lune de la voûte Céleste grâce à ses vociférations, de faire vivre des poupées de cire, d’exciter les morts, ou de fabriquer des philtres. Et, de plus, elle est censée patronner certaines Pratiques Magiques. Il y a eu Mars, qui est le fils de Junon et de Jupiter, et qui est le dieu de la force Génératrice, de la guerre, et du Renouveau ; Saturne, qui est le dieu de la vie Agricole, qui est un Laboureur et un Vigneron, et qui est friand de victimes humaines ; Vulcain, le dieu de la foudre, du Feu, et des Combats, et qui est le père du Géant à trois tètes Cocus. Mais, parfois, il est aussi associé à Junon.

Et, enfin, s’est présenté le dieu Pluton : un Temple qui se situe sur le promontoire du Ténare lui est dédié en Livonie ; il sert d’entrée caverneuse aux bouches de l’Enfer ; mais, il est aussi entouré d’un bois Sacré. D’un autre coté, Pluton est considéré comme l’opulent, celui qui est riche grâce aux trésors enfouis dans la terre. Il est donc invoqué par ses adorateurs, en frappant le sol avec des mains ou avec des verges. Il est reconnu comme l’époux de Perséphone, qui a pour attribut la corne d’Abondance. Il est secondé par les « Numinia », qui sont des Puissances Surnaturelles et des Génies ; par les « Sylvains » que sont les Esprits de la forêt ; par les Esprits Maléfiques que sont les « Larves », les « Lémures », ou les « Pourvoyeurs des Ames » ; et par les Esprits Bienfaisants que sont les « Mannes ».

Les auteurs du Mytheus insistent en outre sur le fait que les Esprits qui accompagnent Pluton et Perséphone sont des Principes Générateurs ou Conservateurs de Vie. Ce sont des divinités domestiques très honorées. Ils démontrent ainsi que chaque Etre Humain est protégé par un Génie qui l’assiste de la naissance à sa Mort ; mais que parmi ceux-ci, il y a de Bons et de Mauvais Génies ; et que le plus souvent, ils ont l’apparence d’un homme vêtu d’une toge, et tenant à la main une Corne d’Abondance. 

Puis, dans un autre chapitre, les auteurs du livre rappellent que chaque dieu ou déesse du Panthéon est associé à une Constellation Zodiacale : Minerve correspond au Bélier ; Vénus, au Taureau ; Apollon, aux Gémeaux ; Mercure, au Cancer. Jupiter, au Lion ; Cérès, à la vierge ; Vulcain, à la balance ; Mars, au Scorpion ; Diane, au Sagittaire ; Vesta, au Capricorne ; Junon, au Verseau ; et Neptune, au Poisson.

Dans un chapitre ultérieur, ils traitent des Origines du Monde, et marquent : « Minerve sortit du cerveau de Jupiter à l’âge mûr, ce qui lui permit de secourir son père au cours de la guerre des Géants. Parallèlement, Saturne fut chassé du Ciel par son fils Jupiter. Et celui-ci se cacha dans les contrées d’Italie, avant d’y exercer sa souveraineté et d’y faire régner l’Age d’Or. ».

Plus loin : « Il y avait jadis tant de méchanceté sur Terre, que la justice s’envola vers les Cieux, et que le Roi des Dieux se décida à exterminer la race des Hommes. La colère de Jupiter s’étendit alors au-delà du Royaume des Cieux : Neptune, son frère des Mers bleues, envoya des vagues à son aide. Il frappa la terre de son trident ; et la terre frissonna et trembla.

Ainsi, bientôt, il ne fut plus possible de distinguer la mer de la terre. Sous les Eaux, les Nymphes Néréides contemplaient, tout étonnées, les forêts, les maisons, et les villes. Car, presque tous les hommes périrent dans l’Eau, et ceux qui en réchappèrent, moururent de faim, faute de nourriture.

De fait, les rares survivants accostèrent finalement sur une île Légendaire située au Nord de l’Atlantique, et nommée « Thulé ». Et c’est elle qui marqua désormais les limites du Monde Connu. ».

Et plus loin : « Pour assurer la pérennité de Rome, le Héros Numa reçu du dieu un Bouclier Magique. Il l’avait créé à partir d’une pierre météoritique. Il l’avait plongé dans un bassin qui avait contenu de l’Ambroisie ; la nourriture des Dieux. Puis, il l’avait offert à Numa ; qui, lui même, le transmit à Faurus, l’un des premiers rois du Latium après Remus et Romulus.

En effet, Romulus est lui même le descendant d’Enée, de Numa, et est le fils du dieu Mars. Et c’est lui qui fonda la ville de Rome sur le mont Palatin, le 21 Avril 753 avant J.C. ; le jour de la fête de la déesse Palès. ».

Dans un chapitre encore différent, les auteurs démontrent l’existence du Royaume de l’Au-delà, ainsi que celle de ses Créatures : « Les Furies sont des divinités Infernales. Filles de la nuit et de l’Achéron, elles sont chargées de punir les crimes des hommes, aussi bien aux Enfers que sur Terre. Elles sont au nombre de trois, et elles se nomment Tisiphone, Alecto, et Meyrre. Elles ont des yeux flamboyants, des cheveux entrelacés de serpents, et elles tiennent, chacune, une torche dans une main, et dans l’autre, un poignard.

Et enfin, ils déclarent que chez les Romains, les Lettres de l’Alphabet ont des capacités particulières : « Chez nous, les cinq voyelles A, E, I, O, et U, avec le J et le V, sont associées aux sept Planètes du Système Solaire. Les consonnes B, C, D, F, G, L, M, N, P, R, S, et T, président aux douze Signes du Zodiaque. K, Q, X, et Z, évoquent les quatre Eléments. H symbolise l’Esprit du Monde. Et Y représente le Génie de la langue. ».

07 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 410 - 415

1Egypte, Vème – IVème  siècle avant J.C. :

Les Perses achèvent en 522 avant J.C. la conquête du Double-Pays. Désormais, l’Egypte ne connaît plus l’indépendance, sauf durant une brève période entre 404 et 341 avant J.C.

Les dynasties qui se succèdent sur le trône, de la 27ème  à la 29ème dynastie, n’ont à leur tète que des souverains fantoches, d’origine Perse, ou au service des Perses. Ils gouvernent le pays d’une main de fer, malgré les révoltes endémiques durement réprimées. Les égyptiens doivent payer 700 talents annuels de tribut à l’occupant, qui s’octroie, en outre, pour son entretien, le produit des pêcheries de Fayoum. Les égyptiens qui ne sont plus les sujets d’une province de l’Empire Achémide, chantent leur ancienne Civilisation. Et ils ne se résignent pas à la domination Perse.

Mais, si l’Egypte se replie sur elle même et considère toujours l’occupant comme un étranger, les contacts sont nombreux entre les deux Civilisations : fonctionnaires et soldats perses affluent en Egypte et des égyptiens quittent le pays pour combattre dans les rangs perses. Les médecins du Nil, très réputés, soignent de nobles malades à la cour Perse, les artistes égyptiens décorent les palais royaux. Et ainsi, la civilisation Egyptienne survit t’elle, malgré l’anéantissement de sa puissance impériale.

Or, au début de la 30ème dynastie, au cours du règne de Sheshonq III, des Magiciens, des Nécromanciens, des Astrologues, des Oracles, et des Chiromanciens, se réfugient dans les Temples érigés par leurs aïeux. Ils y guettent les dévots qui ont pris l’habitude de dormir, au moins une nuit, entre les murs de ces édifices Sacrés. Et ils conseillent ceux qui désirent être visités par les divinités durant leur sommeil.

Puis, en 397 avant J.C., au cours de ses nombreux voyages autour de la méditerranée, Platon vit 13 ans à Memphis. Il y rencontre plusieurs Mages qui l’Initient à certains de leurs Mystères. Il descend jusqu’à Thèbes – la ville du Soleil -, puis à Sais, où il séjourne plusieurs mois afin d’en apprendre davantage. Là, il découvre avec stupéfaction que les Prêtres de Neith qui y habitent ont jadis communiqué à Solon ce qu’ils savent sur l’Atlantide. Il apprend qu’ils lui ont révélé l’histoire de cette étrange île située au-delà des Colonnes d’Hercule. Il est informé de l’Empire qu’elle dominé 9000 ans auparavant. Il est informé du fait que Solon a lu quelques papyrus et quelques inscriptions énigmatiques à son propos. Il est mis au courant de la manière dont les Athéniens ont repoussé ses armées venues de l’Ouest. Puis, finalement, il les quitte, et revient en Grèce, ébloui par ce qui lui a été révélé à Sais.

De fait, aussitôt arrivé, il se met à écrire deux commentaires sur le sujet : la « Timée » et « Critias ». Dans la timée, il déclare que les Ames humaines sont des Etoiles qui retournent aux Etoiles quand elles ont terminé leur temps de Vie sur Terre. Il marque également : « Il y a plusieurs centaines d’années, Solon effectua un voyage en Egypte. A Saïs, la ville très antique du Delta du Nil, il rencontra de fin lettrés qui étaient des prêtres de la déesse Neith. Avec sa curiosité habituelle, il les questionna sur les choses de l’Ancien Temps. Et, un vieux clerc lui apprit les hauts faits de ses aïeux Athéniens, qui repoussèrent des envahisseurs venus de l’Ouest ; ainsi que de la tragique histoire de l’Atlantide :

Un jour, les dieux de l’Olympe décidèrent de se partager les terres habitées. Ils en firent des lots, petits ou grands. Et Poséidon reçut l’île de l’Atlantide en partage.

Celle-ci possédait alors une plaine située près de la mer ; et, vers son milieu, apparaissait la plus fertile des steppes. Cinquante stades plus loin, et toujours vers le milieu de l’île, se distinguait une montagne plus élevée. Et là demeurait, avec son épouse Leucippe, l’un des hommes que Terre avait autrefois engendré : Evenor. 

Ceux-ci n’avaient d’autre enfant qu’une fille nubile, nommée Clito. Poséidon s’en éprit aussitôt. Il commença par isoler et clore de toutes parts la colline qu’elle habitait. Il creusa alentours un triple fossé, qu’il remplit d’eau, et qu’il enserra de deux remparts ; rendant ainsi les lieux inaccessibles. Car, à l’époque, on ne connaissait, ni les vaisseaux, ni l’art de naviguer. Puis, en sa qualité de dieu, il embellit aisément l’île en y établissant des Temples et des Cérémonies Sacrificielles. Il y fit couler deux sources – l’une chaude, l’autre froide -, tira des aliments variés et abondants du sein de la terre. Et, finalement, il s’unit à elle.

Alors, bientôt, Clito donna naissance à dix jumeaux. Et Poséidon dut donc partager son territoire en dix portions. Il offrit la demeure de Clito, avec la riche et vaste campagne qui l’entourait, à son aîné : Atlas. C’est de lui que l’île entière, ainsi que la mer Atlantique qui l’entoure, ont tiré leur nom. Il établit Atlas souverain de tous ses frères. Et, au-dessous de lui, il fit chacun de ses autres enfants, monarque d’un grand pays et de nombreuses populations. C’est pour cette raison que le frère jumeau d’Atlas, Gadirique – ou, « Eumèle » en Grec -, hérita de l’extrémité de l’île ; celle qui était la plus proche des Colonnes d’Hercule. Et il lui légua le patronyme de « Gadire ».

Les dix rois, dans les provinces qui leur furent confiées, et dans les villes où étaient érigés leurs palais, possédaient tout pouvoir sur les hommes, ainsi que sur la plupart des lois. Et ils infligeaient des peines de mort au gré de leur volonté. Quant au gouvernement général et aux rapports des monarques entre eux, les ordres de Poséidon étaient leur règle.

Ces ordres leurs étaient transmis grâce à une loi Suprême. Ils étaient gravés sur une colonne d’orichalque élevée au milieu de l’île. Et les dix rois se réunissaient régulièrement autour de cette dernière, successivement la cinquième et la sixième année, afin de discuter entre eux des affaires publiques : ils recherchaient ainsi si quelque infraction à la loi avait été commise. Puis, ils portaient leurs jugements.

A la mort de Clito, les dix rois élevèrent un Sanctuaire en son honneur ; mais aussi, en l’honneur de Poséidon : le Temple lui même, eut un stade de longueur, trois arpents de largeur, et une hauteur proportionnée. Ses parois extérieures furent bâties en argent, sauf aux extrémités ; car celles-ci furent conçues en or, en argent, et en orichalque. Ils recouvrirent ses murs intérieurs, ses colonnes, et ses pavés, d’ivoire. Dans ses salles, ils installèrent des statues d’or offertes par des particuliers. Dans son vestibule, ils déposèrent une sculpture représentant Poséidon debout sur son char, conduisant six coursiers ailés ; elle était si grande qu’elle touchait sa voûte. Autour d’elle, ils disséminèrent cent Néréides assises sur des dauphins. Ils les encadrèrent de tranchées arrosées l’Hiver par les pluies de Zeus. Et, finalement, ils cernèrent le bâtiment de murailles d’or. 

Depuis lors, chaque année, c’est là qu’on venait des dix provinces de l’Empire, offrir à Clito et à Poséidon les prémices des fruits de la terre. Car, désormais, l’île recelait de fabuleuses richesses. Ses mines renfermaient de l’or, du cuivre, du fer, et de l’orichalque ; ce métal dont l’éclat rivalise avec celui du feu. Elle possédait des cités magnifiques, dotées de toutes les conquêtes de l’urbanisme. Et elle exerçait son pouvoir sur les îles de l’océan, ainsi que sur celles de la méditerranée ; de l’Egypte à la tyrrhénie. »

Et, plus loin, parlant par la bouche du prêtre qui s’était adressé à Solon : « Or, à un moment donné, ce vaste Empire, réunissant toutes ses forces, entreprit d’asservir notre pays, le votre, et tous les peuples habitant de ce coté du détroit. Malgré tout, votre ville, ô, Solon, fit éclater devant tous sa vaillance et sa puissance. A la tète des Hellènes et des Amazones de Myrina d’abord, puis seule après la défection de ses alliés, elle brava les plus grands périls. Elle triompha des envahisseurs. Elle dressa des trophées. Elle préserva de la servitude les peuples qui n’étaient pas encore asservis. Et, pour les autres, situés comme nous, en deçà des Colonnes d’Hercule, elle leur rendit à tous la liberté.

C’est ainsi que les Atlantes furent rejetés dans leur contrée, et que le Athéniens s’y installèrent pour l’occuper. Mais, voyant cela, les dieux laissèrent éclater leur courroux. Car Zeus, qui gouverne selon les lois de la justice, dont les regards discernent le Bien et le Mal, s’aperçut de la décadence morale, de la dépravation, de ces conquérants naguère si généreux. Il se rendit compte que l’avarice et l’égoïsme avaient pris le dessus. Et il décida de les châtier afin de les ramener sur le chemin de la vertu et de la sagesse. ».

Encore plus loin : « Une fois revenu à Athènes, Solon rédigea des notes, puis mourut. Or, Critias l’Ancien – le neveu de Solon – prit connaissance de cette histoire ; soit, grâce aux textes de son oncle, soit, de la bouche d’un intermédiaire. Lorsqu’il atteignit l’âge canonique de 90 ans, il raconta l’épopée de l’Atlantide à son petit fils – Critias le Jeune -, qui, à ce moment là, était un enfant d’une dizaine d’années. Et, finalement, quand ce dernier fut devenu adulte, il rassembla ses souvenirs et en fit profiter son propre neveu. ».

Et enfin, Platon révèle : « Ma Timée est un ouvrage mi Scientifique, mi Philosophique. Il traite de l’Origine du Monde. C’est d’ailleurs pour cette raison que mon dialogue débute avec le Mythe de l’Atlantide ; et qu’il se poursuit avec des textes historiques Egyptiens et Athéniens.

Par contre, lorsque j’écrirai le Critias, j’entrerai dans le vif du sujet : en effet, tout mon récit traitera en détail des Atlantes, de leur île, de leurs Colonies, de leur destruction ; mais aussi, des Grecs contemporains qui stoppèrent l’invasion de cet Empire Atlantique en Méditerranée. ».   

Plus tard, le Mage Appolonius de Tyne, lui aussi, part d’Egypte et voyage jusqu’au cœur de l’Inde : il veut y découvrir la chaîne d’or du célèbre Hearchas. Appolonius a en effet appris dans les documents qu’il a consulté avant son départ, que c’est grâce à elle qu’Hearchas pouvait Connaître les Arcanes de la nature et le mouvement des Cieux.

Puis, lorsqu’il revient en Orient, Appolonius de Tyne passe par Babylone, la chaldée, l’Assyrie, la phénicie, l’Arabie, et s’arrête quelques mois dans son pays. Il gagne ensuite l’Ethiopie où, là, il rencontre des « Gymnophystes » qui lui montrent une « Table du Soleil ».

En 360 avant notre Ere, c’est Nectanebo II qui monte sur le trône d’Egypte. Il règne sur le pays jusqu’en 343 avant J.C., année où Atarxerxès III Okhos de Perse envahit la contrée. Il y soumet ses cités les unes après les autres, et renverse Nectanebo II. Tandis qu’en 331 avant notre Ere, à son tour, Alexandre le Grand s’empare de l’Egypte, fonde sa capitale Alexandrie, et y fait ériger son tombeau.

Grèce, Vème siècle avant J.C. :

L’expansionnisme de l’Empire Perse Achéménide  met à bat le nouvel équilibre politique de la grèce. Bientôt, Cyrus tente de s’emparer des cités de Scythie au Nord ; il n’y parvient pas. Puis, vers 492 avant J.C., c’est au tour de Darios de s’en prendre à elles. Celui-ci achève de rétablir la puissance Perse en Thrace et en Macédoine. Contrôlant le détroit de l’Hellespont, où se rejoignent l’Asie et l’Europe, l’Empire Perse représente désormais une menace pour la liberté de tous les Grecs.

C’est à partir de Milet, cette cité grecque d’Asie Mineure sous domination Perse et gouvernée par le tyran Aristogas, que les événements se mettent à évoluer. Dès lors, des aristocrates de Naxos, chassés de leur cité par leurs adversaires, sollicitent l’aide de ce dernier afin de reconquérir leur pouvoir. Par l’intermédiaire de son oncle Histiée, proche du Grand Roi Perse, Aristagoras persuade Darios d’intervenir. L’expédition se solde par un cuisant échec, mettant Aristagoras dans une situation délicate face à Darios. Pour se protéger de la colère du Roi, Aristagoras appelle toutes les cités grecques d’Asie à entrer en révolte et se tourne vers la grèce d’Europe pour demander une aide militaire. Il n’obtient que celle d’Athènes, qui dépêche vingt trières, auxquelles se joignent cinq vaisseaux d’Erétrie. C’est peu, mais Athènes est alors elle même en guerre contre sa voisine, Egine. Les troupes grecques débarquent sur les cotes de l’Asie Mineure et marchent sur Sardes, qu’elles incendient. Mais elles sont bientôt contraintes par la cavalerie perse à un rembarquement précipité. La destruction de Sardes provoque un profond émoi parmi les populations, remettant en cause la puissance du Grand Roi. Darios réagit aussitôt : les Perses défont l’armée ennemie à Ladé et prennent les cités Ioniennes l’une après l’autre. Milet, foyer de l’insurrection est mise à sac, et sa population déportée en Mésopotamie. A part cette punition exemplaire, les Perses restent modérés dans leur répression contre les cités grecques d’Asie Mineure. Toutefois, Darios ne pardonne pas à Athènes d’avoir prêté main forte aux révoltés.

Pourtant, tous les Athéniens ne sont pas hostiles  à Darios. Certains faits et choix politiques témoignent d’une division fortement marquée entre les opposants et les partisans des Perses. Lorsque le tyran Hippias est contraint à l’exil, bien qu’il soit Athénien, Darios lui offre l’hospitalité. Les rapports entre Clisthène, qui succède au tyran, et le roi de Perse, ne sont pas belliqueux. D’autres grandes familles prennent position dans cette bataille politique. Les Pisistratides, favorables aux Perses, voient l’un des leurs, Hipparque, élu magistrat de la cité. En revanche, trois ans plus tard, cette fonction est occupée par Thémistocle, issu de la famille des Lycomides, hostile à Darios ; d’ailleurs comme pour marquer clairement son refus d’un rapprochement quelconque avec l’ennemi juré, Thémistocle fait consolider les fortifications qui protègent Athènes.

Peu à peu, chaque parti trouve son porte-parole. Revenant à Athènes après un long exil, haï aussi bien des Pisistrades que des Alcméonides, Miltiade rassemble autour de lui tous ceux qui refusent l’alliance avec les Perses. De son coté, l’ancien tyran Hippias, représente les espérances des Athéniens favorables à Darios. De nombreuses cités sont ainsi divisées. C’est pourquoi, en 490 avant J.C., l’amiral Perse Datis entreprend une expédition contre les Cyclades et en Eubée pour obtenir sous la menace l’alliance des cités grecques et installer des régimes vassaux.

Au début du mois de septembre 490 avant J.C., des soldats perses débarquent sur les plages de Marathon, à une quarantaine de kilomètres d’Athènes. Miltiade arrache alors à l’assemblée athénienne la décision de marcher au-devant des Perses et de demander de toute urgence l’aide de Sparte et de Platée. Les Spartiates étant retenus par des fêtes religieuses, ce sont les hoplites athéniens et platéens qui seuls, et avec courage, barrent la route aux Perses. Toutefois, la bataille n’éclate pas aussitôt, chacun restant sur la défensive. Pour provoquer les événements, Datis décide de faire rembarquer ses hommes, dans le but d’aborder Athènes directement par la mer. C’est alors que Miltiade, un des stratèges à la tète des troupes athéniennes, lance enfin l’ordre d’attaquer. La charge des hoplites a raison des archers perses, qui restent bloqués dans leurs bateaux. Heureux de leur victoire, les Grecs dépêchent alors à Athènes l’un des leurs, le fantassin Philippidès, pour annoncer la bonne nouvelle. Les hoplites se mettent eux mêmes en route rapidement, redoutant que les Perses n’exécutent leur projet de débarquement. Quand Datis arrive en vue d’Athènes, chacun est prêt à défendre la cité farouchement : jugeant inutile d’insister, l’amiral remet la voile. Si la bataille a été brève, la victoire n’en n’est pas moins éclatante pour les Athéniens : elle garantit leur liberté et les préserve à jamais d’Hippias. Commence alors pour Athènes une époque florissante.

La cité, désormais, n’a plus à craindre de voir régner un tyran : les Perses vont devoir attendre dix ans avant de renouveler leur attaque. De plus, d’abondants gisements de plomb et d’argent, découverts en Attique, dans les entrailles du mont Laurion, promettent un enrichissement rapide. Thémistocle convainc les athéniens de consacrer une part de ces revenus à la construction de 200 trières. Ce choix d’une défense maritime entraîne des conséquences sociales : pour mouvoir cette flotte, il faut de nombreux rameurs. On recrute ces hommes parmi les plus pauvres, qui, de ce fait, peuvent prétendre à jouer un rôle politique. Les hoplites, paysans propriétaires en armes, ne sont plus les seuls à se battre : dorénavant, ils partagent avec d’autres l’honneur de défendre l’Attique.

Lorsque Darios meurt, en 486 avant J.C., son fils Xerxès hérite d’un Empire en révolte. Après avoir rétabli la situation, Xerxès cède aux pressions de son entourage et entreprend une nouvelle expédition contre les Grecs à la fin des années 480 avant notre Ere.

Celle-ci est d’une toute autre ampleur que la première. Ce sont des dizaines de milliers de soldats qui s’apprêtent à écraser Athènes. Menés avec une aisance inégalable par des équipages composés tout à la fois des Perses, des Phéniciens et des Grecs d’Asie, 1200 bateaux transportent la formidable armée de l’autre coté de l’Hellespont. Aussitôt, la peur s’empare des cités et l’avance des ennemis ouvre une grave crise dans le monde Grec. Thessaliens et Béotiens, les premiers exposés, choisissent de s’incliner. Les Athéniens s’en remettent à la pythie de l’Oracle de Delphes, qui leur recommande de placer toute leur confiance en leur flotte de trières. C’est ce qu’ils font, fermement décidés de résister aux armées de Xerxès. Leur détermination implacable redonne du courage aux autres Grecs : à l’été 481 avant J.C., trente cités environs, résolues à se battre, se réunissent sur l’île de Corinthe et concluent une alliance. Même Sparte qui redoute autant une victoire d’Athènes qu’une victoire des Perses, adhère à la ligue : c’est à elle d’ailleurs qu’est confié le commandement des opérations.

Face à la puissance de l’armée ennemie, le meilleur atout des Grecs est une parfaite connaissance du relief accidenté de leur pays, de ses cotes déchiquetées cachant des baies étroites. Ils décident de se défendre au Sud de la thessalie, au défilé des Thermopyles. Tandis que Léonidas, un des rois de Sparte, s’y installe avec 7000 hommes, les trières bloquent le canal d’Oeros, au Nord de l’Eubée, pour protéger l’Attique. Pendant ce temps, les Perses cherchent à coordonner leur attaque sur terre et sur mer. Mais, ainsi que l’ont prévu les Grecs, leur flotte ne peut franchir le cap Artémision, où une terrible tempête endommage les bateaux. Sur terre, la situation est moins favorable aux Grecs : une trahison permet aux Perses de contourner le défilé des Thermopyles et de surprendre Léonidas par l’arrière. Celui-ci renvoie le gros de ses troupes et se sacrifie, avec ses 300 spartiates.

L’armée perse, commandée par le général Mardonios, progresse vers le Sud, pillant les cités, massacrant les populations, incendiant tout sur son passage, y compris les sanctuaires. Les Perses tiennent enfin leur revanche. Ivre de son triomphe, Mardonios fait raser l’Acropole, vengeant du même coup la ville de Sardes détruite par l’incendie de 498 avant J.C. Les Péloponnésiens se replient derrière l’isthme tandis que les Athéniens, qui ont abandonné l’Attique et se sont réfugiés sur leurs navires, s’apprêtent à résister. Ils obtiennent que le gros des forces navales soit concentré dans l’étroite baie de Salamine, où leur infériorité numérique ne peut leur nuire : en effet, le manque d’espace empêchera la flotte perse de se déployer dans sa totalité. Thémistocle attire alors les bateaux du Grand Roi à Salamine, en persuadant celui-ci que les Grecs, affaiblis, sont sur le point de se disperser.

Parvenus dans l’étroit goulet, les Perses comprennent, trop tard, le piège qui leur a été tendu : les Grecs sont là, sur des trières se touchant flanc à flanc, encerclant bientôt les bateaux ennemis. Pour les Perses, c’est un désastre, auquel Xerxès assiste, impuissant, depuis la colline qui domine le site. Cette fois, la victoire est navale : la pythie de Delphes avait vu juste.

Les Perses, sous la conduite de Mardonios, résistent cependant encore. Malgré leur victoire à Salamine, Spartiates et Athéniens restent sur leurs gardes. Après avoir construit un mur de défense sur l’isthme, 10000 hoplites spartiates rejoignent les athéniens à Eleusis : ensemble, ils marchent sur Platée, où les Perses les attendent. Les hoplites se défendent avec un courage et une parfaite connaissance de la guerre qui ont déjà fait leurs preuves. Aussi, malgré leur petit nombre – 40 000 Grecs contre 300 000 Perses -, remportent-ils la victoire en septembre 479 avant J.C. Dans le même temps, la flotte athénienne met à la voile vers Délos, puis vers Samos, pour atteindre enfin le cap Mycale, où elle détruit le reste des vaisseaux perses. Importantes par le nombre de combattants, les guerres médiques permettent aux Athéniens de constituer autour d’eux une alliance rassemblant de nombreuses cités grecques. De fait, elles assoient la puissance d’Athènes, ouvrant pour la cité un demi-siècle d’apogée.

Pour la défense commune, chaque cité, liée par serment dans la ligue de Délos, contribue à la sécurité commune, soit en versant de l’argent, soit en fournissant un effort de défense. Très rapidement, le péril ayant disparu, les cités se contentent de payer un tribut, et Athènes seule se charge de la défense en renforçant sa flotte : ainsi que constitue l’hégémonie athénienne en Mer Egée. Sparte, dont les forces terrestres ont été déterminantes, se replie, quant à elle, sur le Péloponnèse.

En 478 avant J.C., un Mythe des Origines fait soudainement son apparition en Grèce ; et il dit ceci :

« Eurynommée, la déesse de Toutes Choses, émerge du Chaos, puis se dirige vers le Midi en dansant sur les vagues. Elle sépare ensuite la mer et le Ciel. Elle s’empare du Vent du Nord, le frotte entre ses mains, et le pétrit de telle sorte qu’en surgisse le Serpent Ophion.

Or, une fois créé, celui-ci s’unit à la déesse. Un œuf est engendré. Sur la demande d’Eurynommée, Ophion s’enroule sept fois autour dudit œuf, qui finit par se briser. C’est alors que naissent la terre et les autres choses de l’Univers.

Les deux Créateurs s’installent alors sur le mont Olympe. Mais l’harmonie de leur ménage se détériore rapidement car chacun d’eux prétend qu’il est le seul inventeur du Monde. La déesse, devenue irascible, écrase donc la tète d’Ophion de son talon. Ce dernier en réchappe de justesse. Et c’est ainsi qu’il va se terrer en Enfer, où il se cache depuis lors. ».

26 mars 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 360 - 365

gr_ce_antiqueEn 585 avant notre Ere, un tremblement de terre effroyable ravage l’Egypte. Celui-ci détruit une grande partie de ses villes les plus pauvres. Tandis qu’au même moment, le peuple Peul commence à s’installer de façon plus ou moins anarchique au Sud du pays.

Au même moment, le Savant Pythagore séjourne quelques mois à Thèbes. Il y est instruit des Mystères détenus par les Egyptiens de l’Ancien Empire : ceux-ci ont possédé un Savoir Occulte très important, dont ils se sont servi pour dessiner des Pentagrammes Magiques désignant certaines Etoiles du Ciel.

Puis, de 571 à 561 avant J.C., le Sage Solon décide de visiter la contrée. Dans un premier temps, il rend visite au successeur d’Amasis – Psammétique II –, qui vient tout juste d’accéder au titre de Pharaon. Puis, il se rend aux abords de la grande Pyramide. Il constate que son angle septentrional se trouve à une distance de 15,75 kilomètres de la cité de Khem. Il visite ensuite la plupart des grands centres Religieux de la région. A Sais, il croise la route de plusieurs Prêtres de Neith, qu’il sait être la déesse de la lune, mais aussi, la protectrice des Sciences. Avec sa curiosité habituelle, il questionne leur Grand Clerc sur les choses de l’Ancien Temps. Ce dernier le conduit alors devant une statue de Neith, où il est écrit : « Je suis tout : le Présent, le Passé, et l’Avenir ». Il lui montre également une vieille colonne couverte de mystérieux signes. Il lui révèle que ce sont des Archives qui remontent à des milliers d’années. Il lui dit encore qu’elles évoquent l’existence d’un Continent englouti par les eaux il y a très longtemps, et qu’il s’est situé au-delà des Colonnes d’Hercule. Il lui répète certaines phrases de leurs textes : « Leurs villes furent englouties dans la mer » ; ou : « L’Ile sombra dans la mer, et disparut. ». Et il lui raconte que, depuis, le passage vers les Terres de l’Ouest, est coupé :

« Vous êtes tous jeunes par l’Esprit ; vous n’avez aucune Connaissance mûrie par l’âge. Mais nos Traditions sont les plus anciennes. Dans nos Temples, nous conservons depuis les Temps les plus reculés, une relation écrite de tous les Evénements importants, de toutes les réalisations magnifiques, qui sont venues à notre Connaissance, et de quelque pays qu’elle fut originaire. Alors que chez vous ou d’autres, l’Ecriture et les nécessités de la civilisation sont à peine florissantes, que le fléau périodique du Déluge s’abat, n’épargnant personne sauf les illettrés et les Barbares. De sorte que vous devez tout réapprendre, tels des enfants tant vous êtes dans l’ignorance de ce qui s’est passé dans notre partie du Monde, ou la votre, aux Temps Anciens. ».

Souchis déclare donc à Solon, que jadis, des hommes venus des Terres de l’Ouest ont envahi énormément de contrée autour du Bassin Méditerranéen. Ils ont pénétré jusqu’en Europe, en Asie, et en Afrique. Ils ont laissé le souvenir de leur passage en Egypte. Souchis lui décrit les hauts faits de ses aïeux Athéniens. En effet, ceux-ci ont fait face au danger que ces Etrangers aient représentés il y a 9000 ans. Il évoque leur descente jusqu’au Sahara, avant qu’il ne se transforme en désert. Il parle de ce territoire qui était administré par des Amazones – de redoutables femmes guerrières – avant que les Atlantes et les Athéniens ne s’affrontent sur leur sol. Il souligne que ce sont les Athéniens qui ont remporté la victoire finale. Avant de poursuivre :

« De cette époque lointaine, il nous reste des Formules Magiques inscrites dans la pierre ou sur des papyrus. Il nous reste aussi le Livre des Morts, qui décrit le voyage de l’Ame dans l’Au-delà, ainsi que ses rencontres avec les divinités, et les Rituels à employer devant elles. ».

A la suite de cette étrange entrevue avec les Prêtres de Sais, Solon marque : « J’ai consulté deux manuscrits qui déclarent qu’Osiris vivait en Atlantide il y a 20 000 ans. Il y était le Grand Maitre de la religion. Par la lecture de ces récits, j’ai donc pu emprunter les chemins de terre et d’eau qui mènent au Rostau. J’ai découvert que ce sont des voies importantes, qu’elles conduisent à la porte entre les Mondes, et qu’elles aboutissent finalement au Douat. ».   

Grèce, X – VIème siècle avant J.C. :

Au Xème siècle avant notre Ere, le Sanctuaire primitif de Delphes – où le dieu Apollon est censé pratiquer la divination par les Songes – dépend de la cité de Grisa. Et, à cette époque, la notoriété de cette divinité ne s’étend guère au-delà du centre de la péninsule Hellénique. 

Au VIIIème siècle avant J.C., les grands royaumes du monde Achéen – Mycènes, Tirynthe, etc. – ont disparus depuis près de trois cents ans. Les Grecs sont divisés en petites communautés qui occupent des territoires enserrés par un relief montagneux et toujours proche de la mer. C’est la « polis », Cité-Etat, dont les structures se mettent en place pendant cette période.

Les cités sont d’abord gouvernées par des rois qui sont à la fois chef de guerre et juge, et président aux sacrifices. La plupart des cités ont des dynasties royales, telles que les Erechtéides ou les Métondites. A Sparte, il y a conjointement deux dynasties royales, celle des Ajiades et celle des Eureypontides, à l’intérieur desquelles la royauté se transmet conjointement.

Les cités sont des communautés peu nombreuses, dominées par de grandes familles qui s’imposent par les liens du sang et le clientélisme. Les représentants de ces grandes familles se nomment eux mêmes « aristoi », « les meilleurs ». La puissance e cette catégorie sociale repose avant tout sur la possession du sol, unique source de richesse. Les aristoi font étalage de leur force guerrière, sont seuls à avoir le droit d’élever des chevaux sur leurs terres. Elle vie en totale autarcie car l’échange marchand n’existe pas. Comme dans la plupart des cités primitives, l’échange se fait selon la technique du don et du contre-don d’un bien – métaux, objets précieux, armures – suppose un don en retour. Les cadeaux doivent s’équilibrer, chaque aristocrate y est obligé, sous peine d’y perdre son prestige.

Aristocrates et paysans sont intégrés dans un système de tribus aux origines ethniques différentes. Il existe quatre tribus à Athènes : Géléontes, Aigicories, Argadeis, Hoplètes. Chaque tribu est elle même répartie en trois phratries placées sous la protection de Zeus et d’Athéna, communautés issues d’un Ancêtre commun, dieu ou héros, auquel la phratrie rend un culte privé. Ses membres se considèrent comme des Frères ; chaque année, lors de la fête des Apaturies, les nouveau-nés de la phratrie sont présentés à la communauté, qui les accepte par un vote.

Au sein des phratries, petits et grands propriétaires se retrouvent souvent ensemble, mais la cité reste dominée par les Eupatrides. Quant aux non propriétaires, aux artisans et aux commerçants, ils demeurent en marge de cette organisation.

La royauté des débuts de cette période cède donc vite le pas devant le gouvernement des « meilleurs », l’aristocratie. A Athènes, la cité est dirigée par trois magistrats, les « archontes », choisis parmi les Eupatrides. La première donne son nom à l’année en cours, la seconde conserve les fonctions religieuses, le troisième est le chef de l’armée. En quittant leur charge, les archontes rejoignent l’Aéropage, ou conseil, maître de la cité.

La cité est donc aux mains des grandes familles, mais les tensions sociales la font évoluer vers un partage plus démocratique du pouvoir. En effet, la société évolue et connaît une prospérité accrue. L’économie cesse d’être entièrement fondée sur le grand domaine ; le commerce et l’artisanat se développent et accroissent la population urbaine. Dans les campagnes, les tensions s’exacerbent entre les riches et les puissants propriétaires fonciers et les paysans pauvres. Mais la crise qui agite le monde paysan prend des formes diverses selon les cités : à Sparte, la solution est originale et donne une physionomie particulière à la cité.

Au VIIIème siècle avant J.C., également, dans les cités grecques qui bordent le rivage oriental de la mer Egée, à Milet en particulier, une vie intellectuelle intense se développe : mathématiciens, géomètres, philosophes, hommes de science et de sagesse enseignent et écrivent sur les Secrets de la nature, imposant une rationalité nouvelle.

En effet, Hésiode constate tout d’abord que la constellation des Pléiades disparaît tous les ans pendant 40 jours. Peu après, il écrit un grand poème théologique, la « Théogonie », où il raconte la généalogie des Dieux. Son autre œuvre majeure s’intitule « les Travaux et les Jours » : ce poème didactique lui est apparu grâce aux Muses, tandis qu’il faisait paître ses agneaux au pied de l’Hélicon. Elles lui ont inspiré des accents divins pour chanter la race des Bienheureux Immortels.

Ensuite, il recueille et couche par écrit certaines traditions orales de la grèce Antique. Pour elles, une Grande Année Divine s’étend sur 10 000 ans. Elle se décompose en quatre Eres. Quatre races d’hommes ont existées avant notre Age ; et chacune d’elles a été moins avancée que celle qui l’a précédée. Elles ont toutes été englouties par un Cataclysme géologique.

« La première période, dite « Age d’Or du Dieu de la lumière » débuta il y a 10200 ans. A cette époque, Orphée descendit aux Enfers pour tenter d’en soustraire sa femme, Eurydice. Ensuite, il instaura les Mystères de Dionysos et rétablit le temple du Dieu Suprême. Ce fut alors à ce moment là qu’apparut la « Race d’Or » des mortels vivant comme des Dieux. Ceux-ci habitaient une île magique située en face des terres extrêmes-occidentales, à cinq jours de navigation vers le Nord. Pourtant, personne ne l’atteignait par terre ou par mer. Et ce n’était qu’à des héros comme Orphée ou Hercule qu’il était donné d’en trouver la voie.

Leur contrée, au moins aussi grande que la sicile, se composait de trois ils distinctes, mais très proches les unes des autres. Elle était en outre protégée par d’épais brouillards et connaissait un climat modéré permettant à une végétation verdoyante de s’épanouir.

« L’Hyperborée », car tel était le nom de leur pays, possédait par ailleurs des cités fastueuses gouvernées par des princes issus du sang des Dieux. Sa capitale, Thulé, était la ville la plus prestigieuse du Monde.   

Les « Hyperboréens » échappaient aux atteintes du vent septentrional. Ils étaient libres, sans soucis, festoyant à leurs banquets perpétuels au milieu de chants et de danses. Leurs femmes étaient d’une beauté indicible. Quand ils mourraient, c’était comme si ils étaient gagnés par le sommeil. Cronos fut leur roi, celui qui s’assit au sommet de la pierre angulaire née avec la tradition Primordiale.

Avec le temps pourtant, et sur ordre de Zeus, le roi des Dieux, cette race d’hommes sombra dans les profondeurs de la terre. Cronos fut privé de sa virilité, puis pourfendu par Zeus. Ce dernier l’emprisonna en Hyperborée en y suspendant l’écoulement du temps. Cronos s’y endormit alors pour ne plus jamais se réveiller. Et ce fut le début d’un nouveau Cycle de l’Humanité.

Car, peu après, Borée, l’un des hommes chargés de surveiller le sommeil de Cronos, engendra douze cavales extraordinaires. Il donna naissance à des vierges hyperboréennes d’une nouvelle Race qui devinrent rapidement des femmes magiciennes, des prophétesses et des guérisseuses aux dons remarquables de clairvoyance. Borée les nomma « Boréades ». Et il leur donna pour tâche de garder le bois sacré de l’île. 

5200 ans plus tard, naquit l’Age d’Argent ; et fut engendrée la race humaine du même nom, dont l’intelligence était déjà moindre. 2000 ans après exista l’Age d’Airain, pendant lequel les hommes devinrent de forts guerriers se détruisant mutuellement. Après la fin de cette troisième race, à 1500 ans de là, survint l’Age de Bronze. Ce fut celui des Héros dont les aventures inspirèrent les poètes de l’Antiquité ; lesquels les décrivirent comme supérieurs à l’Humanité actuelle. Ils moururent, inondés et brûlés par la colère de Zeus. ».

L’Age de Fer – celui d’aujourd’hui – a débuté 1200 ans avant l’époque des Grecs actuels. C’est l’émergence de Mycènes qui en marque l’ascension. Les hommes de la race de Fer sont la création la plus récente des Dieux. Mais son déclin est déjà annoncé ; le courroux divin les frappera eux aussi.   

Les Grecs croient pendant longtemps que Latone est né en Hyperborée ; c’est pour cette raison qu’ils révèrent particulièrement son fils, Apollon. Pour eux, ce dernier est le « Protecteur des Portes de ce Monde ». Il est aussi le « Gardien des Terres Hyperboréennes » après que celles-ci aient subies le Cataclysme ayant englouti les ultimes membres de la civilisation Primordiale.

Un de leurs récits relate d’ailleurs qu’Apollon n’est arrivé en Grèce que très tardivement. La fable garde en effet le souvenir des obstacles qu’il rencontre pour s’installer à Délos et à Delphes. « Mais, une fois qu’il parvint à destination, les habitants des deux cités se mirent à chanter des hymnes en son honneur. Ils lui consacrèrent un grand terrain, au milieu duquel ils érigèrent un superbe temple de forme ronde. Ils remplirent ensuite l’édifice de riches offrandes ; des musiciens et des joueurs d’instruments y célébrèrent ses vertus et ses bienfaits. ».

Certains Grecs lui prêtent même toujours des relations mystérieuses avec le peuple hyperboréen. Selon eux, le dieu se rend encore régulièrement chez celui-ci en parcourant la terre sur une flèche d’or, sans prendre aucun repos au cours du voyage. Il y reste ensuite pendant les trois mois d’hiver, de l’Equinoxe au début des Pléiades ; au cours de cette période, il danse et joue de la lyre toutes les nuits en sa compagnie. Il se réjouit des honneurs que les gens lui rendent, puis revient finalement en Grèce en apportant avec lui un poème sur les Hyperboréens. Voici l’un d’entre eux :

« Il y a sur cette île un bois sacré de toute beauté, dédié au Soleil. Il y est aussi érigé un temple étrange de forme circulaire. Tous les ans, quand la lune et le Soleil retrouvent leurs positions d’antan, Apollon fait son entrée dans l’île. ». Ou : « Arrivé là, je vis un prodige grand et magnifique. Je distinguais les Portes du Ciel ouvertes, et il y en avait trois distinctes. ».

Lorsqu’il est à Délos, Apollon reçoit souvent d’énigmatiques offrandes. Elles sont acheminées via la scythie, Dodone, le golfe de Madiaque et l’Eubée ; et les textes les concernant déclarent qu’elles proviennent d’Hyperborée. Elles sont d’ailleurs toujours les prémices des fruits de ses habitants : « Au commencement, c’étaient deux ou trois vierges choisies, accompagnées par cent jeunes gens d’un courage et d’une vertu éprouvés. Mais, un jour, les lois de l’hospitalité ayant été violées dans la personne de ces pèlerines, on prit le parti de faire passer ces présents de main en main. Alors, par l’entremise des peuples qui se trouvaient sur le trajet qu’elles devaient suivre, on les amena depuis leur pays jusqu'à Délos. ».

C’est pour cette raison que, pendant des centaines d’années, les habitants de Délos, autant que ceux de Delphes, se présentent comme les descendants directs des Hyperboréens.

D’autres Grecs prétendent, quant à eux, que l’Hyperborée est la contrée où Prométhée est enchaîné à son rocher, et où séjournent Atlas et les vierges qui l’accompagnent dans son exil. Ils croient en outre qu’il s’agit là du pays de l’ambre – ce métal précieux qu’ils convoitent tant - ; et que l’orichalque que ses habitants y recueillent n’en n’est que sa forme la plus altérée.

D’autres encore pensent que le centre Atlantique d’Hyperborée n’est tout simplement que « l’Ile Blanche », plus connue sous le nom de « Leuké ». Pour ces derniers, c’est à cet endroit qu’est née l’antique Race Aryenne ; cette Race primitive qui est à la source de tous les peuples du Monde Connu. Dans les récits qu’ils écrivent à son sujet, ils racontent d’ailleurs comment elle s’est développée dans les régions heureuses de l’extrême Nord, au-delà du cercle polaire. « Mais, un jour, l’axe terrestre a brutalement dévié de sa position initiale, ce qui a entraîné un brusque changement de climat un peu partout sur la planète. Cette métamorphose subite de leur environnement a donc contraint les Aryens à émigrer vers le Sud. Ils se sont alors répandus sur les pourtours de la mer Méditerranée, et plus particulièrement en Grèce. ».

Au cours de cette période également, cérémonies religieuses avant d’être des épreuves sportives, les jeux panhelléniques concourent aussi à réunir les Grecs autour d’un même idéal. Héritiers d’une tradition minoenne, ils permettent l’expression des valeurs aristocratiques et exacerbent les sentiments individualistes. Les vainqueurs, récompensés par une simple couronne de feuillages, ne participent que pour l’honneur. Les jeux les plus célèbres sont ceux d’Olympie, commémorés tous les quatre ans au Nord-Ouest du Péloponnèse, en l’honneur de Zeus Olympien. D’autres jeux sont fondés sont fondés par la suite, ajoutant aux épreuves athlétiques des concours de musique et de poésie : jeux Isthmiques près de Corinthe en l’honneur de Poséidon, jeux Delphiques dédiés à Apollon. Il suffit pour y participer d’être Grec et non esclave. Pendant la période des Jeux, une trêve est proclamée, qui met fin aux guerres entre cités.

Au même moment, lorsqu’Homère rédige l’Iliade, cette épopée n’est pas encore fixée par l’écriture. Elle est récitée par des poètes, les « aèdes », qui puisent leurs thèmes et leurs formules dans le vieux fonds de Tradition Epique, pour composer leur chant, où l’improvisation joue un grand rôle. De fait, le choix des péripéties, le rôle des grands héros, le jeu des récits et de ses digressions sont autant de voies ouvertes à son imagination créatrice.

Homère commence son œuvre en décrivant la ceinture liquide qui entoure la terre. Pour lui, celle-ci a la forme d’un disque. Il la désigne d’ailleurs comme étant à l’Origine de Tout, même des dieux. Il déclare que cet Océan borde le pays fabuleux qui est caché aux confins du Monde : là où vivent les Hespérides – ces filles de la nuit, Gardiennes des Pommes d’Or - ; là où demeurent également les Noirs Ethiopicas, les minuscules Pygmées, et les Cimmériens privés de Soleil. Et il révèle enfin, qu’au-delà de cette contrée, se situe le Séjour des Morts.

Puis, il rédige ses textes proprement dit. Le premier, l’Iliade, est le poème de la guerre qui oppose les héros grecs et troyens devant les murs de Troie à cause d’une femme qu’ils se disputent : Hélène. Dans ce vaste cadre, l’Iliade raconte la colère d’Achille, le premier de tous les héros, offensé par Agamemnon, qui lui a volé sa captive, Briséis. Dans le camp Grec, des hommes, des combattants individualisés, venus de Troade pour guerroyer ; la plus grande figure de cette armée, c’est Achille, à la force et à la beauté irrésistibles. En face, les Troyens et leur champion, Hector. Comme chef de Troie, et surtout comme meurtrier de Patrocle, l’ami préféré entre tous. Hector est la cible d’Achille. D’ailleurs, toute l’Iliade prépare leur duel. Hector est le héros sans faille, le rempart de sa ville, le chef qui exhorte ses compagnons à se lancer contre les Grecs. S’il est humain, il est aussi héroïque : il est un guerrier qui accepte la mort. En ce sens, il peut être l’adversaire d’Achille. C’est parce qu’il a triomphé de Patrocle qu’Achille reprend les armes. Dès lors, sa seule raison de vivre est de tuer Hector. Et il s’y emploie.

Un épisode secondaire apparaît alors : à la mort d’Achille, les Grecs délibèrent pour savoir à qui ils vont remettre les armes du héros. Ils choisissent le plus rusé – Ulysse – contre le plus brave – Ajax -. Déçu et furieux, Ajax massacre le bétail de l’armée et se tue de sa propre épée.

Le second, l’Odyssée, lui, relate le retour des héros Grecs dans leurs foyers, et plus particulièrement le retour d’Ulysse. Pendant près de dix ans, Ulysse lutte pour quitter les contrées inhospitalières où sans cesse il échoue. En cherchant avec acharnement à fuit les Dieux ou des Déesses, monstres anthropophages, Ulysse veut retrouver les hommes. Car la mer est dangereuse, elle n’est pas faite pour l’homme : la traverser, c’est s’exposer aux tempêtes, aux monstres marins, à la désolation de l’immensité mouvante et stérile. Des mangeurs de lotus aux sirènes à la voix ensorcelante, des monstres cannibales comme le Cyclope, aux déesses amoureuses, telles Circé et Calypso, tout est inhumain. Ulysse perd tout, sauf le sens du retour. Athéna l’aide finalement et il retrouve Pénélope, et Ithaque, son royaume.

25 mars 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 356 - 360

1En 660 avant J.C., Psammétique, prince de la ville de Saïs, dans le Delta, fonde la 26ème dynastie. Il élimine tous les petits roitelets de Basse-Egypte, qui sont ses concurrents directs. En 643 avant notre Ere, il profite de la situation désastreuse à laquelle est confrontée l’Assyrie, pour libérer l’Egypte du joug d’Assurbanipal. Il combat les Libyens à l’Ouest, met fin aux tentatives des Koushites venus du Sud. En 640 avant J.C., après le renversement du monarque d’Israël Amon, il appuie les Prophètes Hébreux dans leur tentative de rébellion envers le Roi des Rois en voyant le mécontentement enfler à Jérusalem. Il fait de Tanis une zone de contacts privilégiés entre le Proche-Orient et l’Asie. Il la transforme donc en carrefour de pistes caravanières. Il y fonde des marchés de l’ivoire, du chêne, des épices, et des esclaves arrivés de Nubie. Il y réalise un réseau fluvial qui s’étend jusqu’aux limites du Delta du Nil. Il y érige un Temple dédié à la déesse Cananéenne Anta. Il y érige des obélisques honorant Ra, ainsi qu’une Table Esotérique. Il établit Thèbes, Héliopolis et Pi Ramsès en tant que nouveaux centres névralgiques du pays.  Et, au cours de son long règne de cinquante-quatre ans, la prospérité revient, l’autorité du Pharaon est reconnue dans l’Egypte toute entière.

Puis, ses deux premiers fils, Nekatamani et Akinadad se succèdent rapidement sur le trône. Mais ils ne modifient fondamentalement pas les frontières du pays. Nekatamani fait juste mesurer les hauteurs de la montagne Sacrée. Ses Sages constatent qu’elle s’élève comme un gigantesque autel de près de 160 mètres, et qu’elle se situe à la limite d’un désert plat et sablonneux. Ils se rendent compte qu’il y existe un grand Temple d’Amon qui a été construit au cours du règne de Ramsès II, et qu’il a jadis été considéré comme un important complexe Sacré. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils y creusent une nécropole destinée à Nekatamani, qu’ils décorent ses murs de scènes tirées du Livre des Morts où ils montrent des sacrifices humains. C’est encore pour cela qu’à l’instigation d’Akinadad, ils y installent ensuite des Temples vénérant Gebel Barkal, El Kourou, Nouri, et Zuma.

Le troisième fils de Psammétique Ier, Néchao II, lui, conduit des entreprises démesurées : il emploie 120 000 hommes à creuser un canal qui relie le Nil à la mer Rouge et équipe une flotte qui fait le tour de l’Afrique. Il assiste au déclin de plus en plus visible de l’hégémonie Assyrienne. Il suit les mouvements des successeurs d’Assurbanipal qui doivent affronter les Babyloniens et les Mèdes en Mésopotamie. En 614 avant J.C., il apprend que les Mèdes se sont emparés d’Assur. En 612 avant notre Ere, il est informé que Ninive vient de tomber, et que la puissance de Babylone ne cesse de croître en Mésopotamie. Il observe la renaissance d’Israël et l’avènement du roi Josias, avec intérêt. Il contemple un temps le rétablissement de l’autorité de Jérusalem sur l’ancien royaume de Judée, avant que pays tout entier ne doive reconnaître la suzeraineté de Babylone.

En 609 avant J.C., Néchao II se sent donc obligé de soutenir ce qui peut rester de l’unité Assyrienne, contre la babylonie. Il envoie une armée à la rencontre de Nabopolassar en train d’assiéger la cité d’Harrash. Celles-ci se heurtent alors aux troupes de Josias qui tentent de lui bloquer le passage. Elles les combattent, les vainquent, tuent Josias, et font passer le territoire de Juda sous le contrôle de Néchao II. Ce dernier dépose ensuite le fils de Josias – Joachaz – après trois mois de règne. Il met à la place de celui-ci son demi-frère Joiaquim. Aussitôt, Joiaquim réprime sévèrement une rébellion soulevée par sa tyrannie, et qui est dirigée par des Prophètes tels que Jérémie. Puis, en 605 avant J.C., la situation se retourne finalement à l’avantage des Babyloniens.

Car, à cette date, le prince héritier Babylonien Nabuchodonosor écrase l’armée Egyptienne à Karkemish ; c’est la fin des possessions Asiatiques des Pharaons. Peu après, il se fait couronner Roi des Rois. Il reprend la politique d’expansion vers l’Ouest Assyrienne à son compte. Et il accepte que Joiaquim conserve son trône si celui-ci se soumet définitivement à lui.

En 605 avant J.C., la religion est profondément marquée par les malheurs du temps. Les fidèles se tournent désormais vers des divinités plus rassurantes, susceptibles de répondre aux inquiétudes des hommes. Si le clergé d’Amon continue à dérouler les interminables rituels de la religion officielle, la ferveur des masses s’adresse à des Dieux plus réconfortants, Isis et Osiris. Le petit peuple, lui, recourt à leur Magie, qui permet d’agir sur les Forces de la nature et renouvelle le culte rendu, comme aux Temps les plus Anciens, à des preuves tangibles de la présence divine. Une autre forme de religiosité, plus élevée, se développe dans le même temps : des Livres Anciens font leur réapparition, marquent de leur influence et incitent le Sage à la prière et à la méditation.

Pour gouverner, Néchao II s’appuie en effet désormais souvent sur des mercenaires Grecs, noue des alliances avec les tyrans des cités grecques, ou a recours aux services de négociants grecs. Malgré l’hostilité que leur témoigne le peuple égyptien, Néchao II accorde aux Grecs une situation privilégiée dans le royaume, créant un corps d’interprètes et allant jusqu'à leur concéder une ville entière, Naucratis, dans le Delta. La ville devient un carrefour où les étrangers affluent de tout le bassin méditerranéen : marchands Phéniciens, Syriens, Juifs, qui deviennent fonctionnaires ou es soldats égyptiens. Par ailleurs, l’implantation d’une colonie juive à Eléphantine s’élargit à d’autres cités. Et les nouveaux venus apportent avec eux leur propre culture, mais exportent aussi les références de la civilisation Egyptienne, tandis que la sagesse juive et égyptienne s’influence l’une l’autre.

La religion résiste donc tant bien que mal aux pressions venues de l’extérieur du pays. En fait les prêtres se replient le plus souvent dans leurs sanctuaires. Ils ne s’aventurent plus qu’aux alentours immédiats des villes où se trouvent leurs domaines.

A Sais par exemple, l’assemblée des ecclésiastes voués au culte de la déesse Neith protègent fidèlement les archives de leurs temples. A partir de cette période, les serviteurs de la divinité cachent ses secrets dans des endroits secrets. Ils y érigent des colonnes et gravent des hiéroglyphes relatant l’histoire des Temps d’Avant ; l’époque des Demi-Dieux et de leurs ancêtres. Ils y dissimulent aussi les cartes et les manuscrits dans lesquels il est question d’un continent au-delà de l’océan Atlantique, autrefois englouti par les eaux. Certains de ces textes expliquent même que le passage vers les terres de l’Ouest a été coupé après la disparition de ce continent.

D’après ces derniers, le « Sa », l’énergie vitale des Demi-Dieux est en relation, d’une manière mystérieuse, avec les magnétismes de la terre et du Soleil. Ils croient qu’elle est influencée par leurs rayonnements ; et qu’elle s’est modifiée six fois au cours des Ages précédents. Le Soleil et les étoiles se sont mis en mouvement en un point qui n’est pas le leur : trois fois, ils se sont levés là où ils se couchent d’habitude ; trois fois, ils se sont couchés là où ils se lèvent tous les jours.

C’est pendant cette période que les prêtres égyptiens situent l’époque de l’Atlantide ; le « Premier Age de l’Humanité » ; elle a été marquée par la création du Monde tel qu’il existe aujourd’hui encore. Elle a vu la naissance d’Osiris, de ses frères et de ses sœurs. Leur continent d’origine apparaissait en face des Colonnes d’Hercule. Il se trouvait à de nombreux jours de navigation vers l’Ouest, et il était plus grand que la libye et l’Asie réunies.

Le « Livre des Morts », lui aussi, rappelle par de nombreuses allusions l’existence d’un lieu mythique nommé « Antes » ; ce terme signifiant : « une région inconnue ». Mais, plus communément appelé « Amentet » ou « Amenti », les textes décrivent son territoire comme abritant une tour de lumière où a vécue la divinité An, adorée et vénérée par ses habitants. Les Dieux y sont nés dans une ville au bord de la mer. Cette cité était entourée d’un chenal, et deux volcans actifs se situaient à sa proximité. Le jour de la naissance des Dieux, un événement extraordinaire s’est produit : le Soleil s’est obscurci et les Maîtres de l’Atlantide en ont été terrifiés parce que ce signe annonçait la venue d’un Age nouveau.

Plus tard, rappelle le récit, lorsqu’il est devenu adulte et Grand Prêtre, Osiris a en effet mis fin à un abominable outrage envers la religion Atlante. Des démons noirs, dont les âmes ne se sont jamais réincarnées depuis, y ont jaillies ; il les a combattus. Ensuite, il a dû faire face à son frère Seth, qui avait soulevé le peuple contre lui par de fallacieuses promesses. Seth est pourtant parvenu à diviser le royaume d’Amenti en deux parties : l’Est et l’Ouest ; l’Est restant résolument fidèle au sage Osiris ; l’Ouest suivant les méchantes manœuvres de son frère. 

Puis, le texte dit qu’après la fin de cette guerre civile, le vaste Empire a réuni toutes ses forces. Il s’est engagé sur la mer Atlantique grâce à une armada de navires redoutables. Et, entreprenant d’asservir l’Europe, l’Asie, le pays d’Egypte, la grèce, et tous les peuples habitant de l’autre coté des Colonnes d’Hercule, elle s’est jetée sur eux. En peu de temps, les Atlantes ont conquis la plus grande partie du bassin méditerranéen. Elle a déferlé sur les îles Egéennes, la crète, Chypre. Elle a attaqué l’Egypte en se décomposant en deux mouvements distincts. Le pays s’est alors trouvé menacé d’un véritable encerclement ; un groupe venant de la libye, et l’autre de la syrie. Mais, les lointains ancêtres des égyptiens ont repoussé les envahisseurs vers l’Ouest. Marchant vers eux, ils ont réussi à triompher de cette redoutable puissance au prix de terribles sacrifices. D’abord à la tète de guerriers – Grecs ou autres - venus de toutes les parties du monde, puis seule ensuite – après la défection de ses alliés -, l’Egypte a bravée tous les périls. Triomphante, elle a ainsi préservé du danger les peuples non asservis, et rendu leur liberté aux autres. Sa victoire n’a pourtant été définitive que lorsque l’Empire Atlante s’est effondré au cours du Cataclysme engloutissant le Continent Atlantique.

D’autres documents parlent dès lors du « Deuxième Temps ». La plupart de leurs récits sont marqués par la naissance d’Horus. Ils montrent aussi Thot, Osiris et Seth qui viennent d’un pays Occidental pour implanter la civilisation et la science dans la vallée du Nil. Fuyant leur terre d’origine juste avant que ses cités ne soient entièrement détruites par l’eau et par le feu, les textes expliquent qu’ils ont vu de grandes catastrophes naturelles les engloutir dans l’océan ; apercevant par exemple des explosions anormales du tellurisme. Ce sont elles qui, finalement ont précipité la destruction de leur Monde : « La terre et la mer avaient alors retenti d’un bruit affreux ; le Ciel, ébranlé, s’était mis à gémir. Ils avaient fini par se confondre, chacun tombant de leur hauteur. Puis, le sol fécond avait brûlé tandis que les vastes forêts avaient bouillonnées et avaient éclatées. »

Puis : « De grands peuples dont les noms sont à peine connus dans l’Histoire, ont disparu dans le sol qu’ils ont habités. Leurs langues, leurs cités même tout a été anéanti. Il ne reste des monuments de leur science et de leur industrie qu’une tradition confuse et quelques débris dont l’origine est incertaine. ». Ailleurs : « Leurs villes furent englouties dans la mer. L’île sombra et disparut. ».

Le livre poursuit en disant que certains hommes sont parvenus à fuir l’engloutissement final de leur Continent. Les plus hardis ayant déjà pris la route avant le Cataclysme, ils se sont réfugiés à temps en Egypte. Ils sont devenus les Grands Ancêtres des Egyptiens car c’est d’eux qu’est issue la légendaire dynastie des Demi-Dieux qui a régnée sur le pays avant les Pharaons. S’étendant sur 23 200 ans à partir de la mort d’Horus, - après que celui-ci se soit vengé de Seth, lequel avait tué son père Osiris – cette dernière a été suivie de sept autres dynasties. Puis, sont survenus Ménès et Alba, les unificateurs des Deux Terres ; tandis que leurs âmes défuntes sont devenues des étoiles dans le Ciel.      

Une page de l’ouvrage décrit ceci : « Les égyptiens étaient des étrangers qui, en une époque lointaine, s’établirent sur les rives du Nil. Ils amenèrent avec eux la civilisation de leur mère patrie. Ils apportèrent l’art de l’écriture et un langage évolué. Ils vinrent de la direction du soleil couchant et étaient les hommes les plus anciens. ». Un peu plus loin, le récit montre que cette renaissance de leur société a été possible grâce à un certain nombre d’archives. Ils ont en effet amené celles-ci en Egypte afin de les préserver de la destruction. Parmi ces textes, s’en sont trouvés qui relataient la façon de concevoir des navires. D’autres avaient le souci d’observer les étoiles. D’autres encore décrivaient les secrets de l’Alchimie, permettant de transformer les métaux vils en une matière riche et pure comme l’or ou l’argent. D’autres enfin, exposaient la manière dont les cités et les monuments grandioses d’autrefois avaient été bâtis. Ils révélaient que quelques uns avaient été érigés en Egypte afin d’être les dépositaires de leur Science si jamais cette dernière devait disparaître un jour de leur Continent d’origine.

C’est par ces multiples intermédiaires que les religieux égyptiens – tels ceux de Sais – conservent dans leurs sanctuaires les reliques de la mystérieuse île d’Atlantide. Parfois, ils font lire les récits antiques et mythiques qu’ils protègent à quelques voyageurs qui viennent les consulter pour des raisons bien précises. Ils leur montrent aussi certaines cartes issues de ces Ages obscurs. Malgré tout, ils leur dissimulent toujours la grande majorité des parchemins qu’ils détiennent. Et ils les cachent et les gardent dans des lieux interdits, sous haute surveillance, et défendus par toutes sortes de moyens.

A la mort de Néchao II, c’est Amasis qui prend la relève. Dès son arrivée au pouvoir, il commence par se faire construire un gigantesque nécropole – pour les Morts et pour les Vivants – au Sud d’ Hermopolis. Il est informé que Joiaquim a appris la récente défaite Babylonienne aux portes de l’Egypte. Il lui est dit que celui-ci a vu en elle le moment de se soustraire au joug e Nabuchodonosor. Malheureusement, il découvre aussi très vite que Nabuchodonosor s’apprête à user de représailles contre Jérusalem ; ce dernier vient d’envoyer des Araméens, des Moabites, et des Edomites, attaquer la judée. En 598 avant notre Ere, il lui est révélé que Nabuchodonosor, à son tour, s’est mis en marche, qu’il a fait disparaître Joiaquim, et qu’il l’a remplacé par son fils Joachim. Moins d’un an plus tard, il sait que Nabuchodonosor s’est emparé de Jérusalem, qu’il a emmené Joachim en captivité avec une partie de l’élite Judéenne, et qu’il a offert la royauté hébraïque à un autre fils de Josias : Mattaniah ; or, pour la circonstance, son nom a été transformé en « Sédécias ». Et, de fait, Amasis se sent alors tenu d’aider le parti antibabylonien et le Prophète Jérémie, qui tentent encore de tenir tète au Roi des Rois.

Il est encouragé dans cette voie parce qu’il est avisé du fait que Sédécias ne cesse d’hésiter sur la conduite à tenir en face de la puissance Babylonienne. Bien que personnellement disposé à écouter Jérémie, il serait incapable de tenir tète aux gens de sa cour, qui le pousseraient à la révolte. En outre, en 594 avant J.C., ceux-ci espéreraient profiter des troubles de Babylonie pour s’émanciper. Et le Prophète Hananiah proclamerait à qui veut l’entendre, que le joug de Babylone sera brisé avant deux ans, que Joachim reviendra, et que les Trésors du Temple confisqués par Nabuchodonosor seront restitués.

Finalement, en 588 avant J.C., Amasis se décide à intervenir. Comprenant que Nabuchodonosor est sur le point de mettre à nouveau le siège devant Jérusalem, il entre lui même en campagne. Afin de soulager les assiégés, il ordonne à ses troupes d’entrer en Israël. De son coté, Jérémie avertit Sédécias de ne pas se fier à l’armée de Pharaon. En vain : le parti de la résistance fait aussitôt incarcérer le Prophète, et presse le monarque de se rendre aux Egyptiens. Mais, en Juillet 587, il est déjà trop tard : Amasis est mis au courant de la prise de Jérusalem par les Babyloniens ; Sédécias y a été capturé, a eu les yeux crevés, une seconde déportation des Judéens y a été ordonnée, et Jérémie y a été tiré de prison. Et Amasis décide da faire demi-tour.   

09 mars 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 285 - 290

1Ensuite, Ramsès II mène diverses campagnes en Syrie-Palestine dont celle de 1284 avant J.C. où il attaque le roi Hattoulisi III, et tente de s’emparer de la ville Hittite de Qadesh. Il conclut finalement un traité d’alliance avec les Hittites, mais il aura guerroyé seize ans pour y parvenir. Malgré tout, sa politique extérieure est avant tout défensive : son alliance avec les Hittites vise à limiter les ambitions de l’Assyrie qui vient de s’emparer du royaume du Mitanni. Et il maintient difficilement sa tutelle sur la syrie-Palestine, bien que la syrie du Nord lui échappe au profit des Hittites.

Pour célébrer sa victoire de Qadesh, Ramsès II fait creuser le Temple d’Abou Simbel – ou « Montagne Sacrée » - en Basse Nubie. Ses Artisans mesurent donc ses proportions sur plus de 100 mètres de hauteur, à la limite d’un désert plat et sablonneux. Ils l’élaborent sous la forme d’un complexe rattaché aux agglomérations de Napata et de Méroé. Ils le dédient à la déesse Hathor. Ils y sculptent des récits qui décrivent la campagne de Ramsès II à Qadesh. Ils y détaillent un certain nombre de batailles qu’il a auparavant mené contre les Hittites et les Syriens. Ils les accompagnent de scènes Rituelles, de représentations du dieu Ptah, et d’images du Pharaon au milieu des divinités. Parmi ces dernières, ils figurent le dieu Atoum Khoppri de Memphis. Puis, ils font en sorte que, deux fois par an – du 10 Janvier au 30 Mars, et du 10 Septembre au 30 Novembre -, les premiers rayons du Soleil pénètrent jusqu’au fond du Sanctuaire et éclairent les statues d’Amon et de Ra, lorsque celui-ci se lève derrière la colline de la rive droite du Nil.

Enfin, pour fêter dignement l’exécution du Temple d’Abou Simbel, Ramsès II organise plusieurs Cérémonies « d’Apet » à Louxor : les Dieux y sont donc transportés en processions sur un bateau. Et, ils sont portés sur les épaules des prêtres au moyen de bâtons, avant d’y présider les Rituels.   

Comme ses treize fils aînés meurent au cours de son règne, Mineptah, le quatorzième, lui succède lorsqu’il disparaît en 1235 avant J.C. Celui-ci organise les funérailles de Ramsès II, « semblable aux Dieux ». Il le couche dans son horizon, accomplit tous les rites d’Osiris pour qu’il navigue jusqu'à la porte d’entre les Mondes en toute tranquillité. Et il l’installe dans sa « Demeure d’Eternité » à l’Ouest de Thèbes.

Lorsque Mineptah accède au pouvoir, le royaume est dans une paix parfaite. Dès lors, il désigne l’un des propres fils, Khamoun, comme Grand Prêtre du Temple de Ptah à Saqqarah. Celui-ci, en compagnie de son fidèle Tememtareb, décore le Sanctuaire dont il a la charge, d’une représentation de Mineptah en tant que Messager soumettant les Divinités étrangères au pays. Il permet au culte royal et Solaire dont le Sphinx de Guizèh a autrefois été l’objet, de renaître, en le rattachant au culte d’Harmakhis, de Khépri, de Ra, et d’Atoum. De son coté, le frère de Khamoun, Khanuas, est informé de la découverte de l’un des volumes perdus du Livre de Thot. En effet, un Mage appelé Nefet Ka Ptah lui dit que l’ouvrage serait enfermé dans un ancien Sanctuaire qu’il a exhumé il y a peu de temps. Il serait dissimulé au fond de récipients emboîtés les uns dans les autres. Mais il serait protégé par des scorpions, des serpents, ainsi qu’un reptile Immortel.

Khanuas se moque de ses avertissements. Il s’aventure à l’intérieur du Temple. Il s’approprie le précieux manuscrit. Il lit précautionneusement sa première, puis, sa seconde page. Sur la première, il apprend quels sont les pouvoirs de la terre, de l’Océan, des Corps Célestes, du Soleil qui luit dans le Soleil Nocturne, de l’Abîme, et des Montagnes. Et sur la seconde, il analyse la méthode pour ressusciter les Morts à distance, grâce aux 300 dieux gouvernant les Planètes, les Etoiles, le langage des Oiseaux, celui des Poissons, et celui des Bêtes.

Par la suite, Mineptah modifie quelque peu la physionomie de certains centres Religieux Egyptiens : en effet, il considère toujours Abydos comme la cité d’Osiris. Mais il fait changer d’aspect à l’un de ses Temples, qu’il consacre au dieu « Khnoum, libérateur des crues du Nil ». A Edfou, il fait construire un autre Sanctuaire destiné à honorer Horus sous la forme d’un faucon, Sobek sous la forme d’un Crocodile, et Hareolis sous la forme d’un oiseau de proie. A Esna, il en fait élever un voué à Thot en tant que dieu de la lune. A Thèbes, il fait ouvrir « la cité aux Cent Portes ». A Dendérah, il fait bâtir un lieu de culte dédié à Hathor ayant le faciès d’une déesse aux oreilles de vache. A Assiout, il déclare que l’agglomération est désormais la capitale de la moyenne Egypte. Et à Tell al Amarna, il prétend que les Ames Immortelles d’Akhenaton et de Néfertiti rodent dans les environs. Tandis que peu après son discours, la ville est vite nommée : « la cité des Morts, au cœur de laquelle un million de défunts passent leur ombre d’existence à l’ombre des Tombeaux. ». 

A la mort de Mineptah pourtant, surgissent des intrigues de palais – usurpations, assassinats, coups de force – dues aux jalousies entre les innombrables descendants de Ramsès. De fait, après vingt-cinq ans de troubles, en l’an 1198 avant J.C., c’est la fin de la 19ème dynastie : et un nouveau roi, Sethnakht, fonde la 20ème.

C’est Ramsès III qui lui succède. Or celui-ci rêve d’être un grand Pharaon. Dès lors, dans un premier temps, il se fait comparer à un « Baal dans les Cieux ». Il comprend pourtant progressivement que le monde méditerranéen est bouleversé par des vagues successives d’envahisseurs. Des peuples forts d’Europe centrale chassent les plus faibles de leurs territoires, lesquels cherchent à leur tour de nouvelles terres d’accueil. Il apprend que ces migrations suivent un axe Nord-Est Sud-Ouest. Il découvre qu’à Canaan et en Syrie, l’irruption des nouveaux groupes – des Sicules, des Achéens, des Philistins, des Tekkers, des Ouashasha et des Dananéens - démantèlent les Etats existants. Et ceux-ci envahissent le pays de Canaan, brûlent les grands ports Phéniciens comme Ugarit. 

A cette nouvelle, Ramsès III réalise que leurs attaques font courir un danger mortel à sa Civilisation. Il renforce donc ses troupes. Il met au point les premiers navires de guerre égyptiens. Il repousse leurs attaques par trois fois. Mais les attaques viennent de tous les cotés : « L’armée Orientale poursuivit sa route vers le Sud, jusqu'à atteindre les frontières de l’Egypte. La seconde armée, elle, passa en Afrique du Nord, et, s’alliant aux Libyens, viola la frontière occidentale de la vallée du Nil. Les combats qui s’ensuivirent furent terribles. Mais la victoire revint aux Egyptiens, qui refoulèrent leurs ennemis vers l’Ouest, puis, vers les régions Sahariennes. ».

Ramsès III engage donc toutes ses forces pour repousser les envahisseurs, et pour les dissuader de revenir dans le Delta du Nil. Il en profite pour capturer leur roi Kaper. Pour célébrer sa victoire, il fait ériger un Temple en l’honneur d’Amon à Medinet Habou. Sur les murs de celui-ci, il fait graver le récit de sa campagne héroïque : il y fait montrer de quelle manière l’océan a submergé les îles sur lesquelles se sont trouvé la capitale de ses ennemis ; il les fait nommer : « Pays de l’Obscurité ». Il y fait élever des chapelles, dédiées aux Pharaon Ai et Horemheb de la 18ème dynastie. Et, autour d’un lac proche, il fait creuser son propre caveau.

Après la mort de Ramsès III, en 1168 avant J.C. – assassiné par la reine Tiy et ses courtisans -, Méneptah renforce l’autorité des Prêtres d’Amon. Mais, lui aussi doit bientôt faire face à une coalition des Philistins, Tekkers, Sicules, Dananéens et Ouashasha ; dont les hordes font trembler l’Egypte. Il fait barrer les bouches du Nil par un mur de bateaux tandis que son infanterie effectue un raid en Palestine. Six ans plus tard, il subit une nouvelle attaque des Peuples de la mer.

Malgré tout, peu à peu, un nouvel équilibre s’instaure : les Phrygiens s’installent sur l’ancien Empire des Hittites ; les Philistins créent la palestine ; les Shardanes et les Ouashasha s’installent pacifiquement en Egypte ; Libous et Achéens restent en Libye. Tandis que les Etrusques s’implantent en Ombrie ; les Sicules en Sicile.

Puis, tout au long de la 20ème dynastie, une succession de Pharaons tels que Séti II, et les Ramsès, de IV à XI, prennent Ramsès II pour modèle. Malgré tout, l’autorité de cette dynastie s’effrite. Leur Empire se morcelle. Des scandales impliquant des prêtres d’Amon, éclatent. Des voleurs pillent les tombes royales. Et ils sont obligés de choisir des emplacements secrets pour édifier leurs nécropoles.

Par ailleurs, certains d’entre eux font transférer les momies de leurs ancêtres de la 18ème et de la 19ème dynastie, dans leurs caveaux. Et Ils confient la garde des corps de Skeneré, de Touua, d’Homosis, d’Aménophis Ier, de Thoutmosis III, de Séti Ier, de Ramsès II, et de Ramsès III, aux clercs qui leur sont restés fidèles. C’est la fin du Nouvel Empire.   

   

Iles de la méditerranée, IIème millénaire avant J.C. :

Vers 1950 avant notre Ere, la civilisation Minoenne s’est depuis longtemps développée sur l’île de Crète. Mais, à partir de cette date, elle se met à fleurir à Mycènes. Elle y établit en effet une féodalité guerrière qui entretient de nombreux rapports commerciaux avec sa patrie d’origine. Elles vénèrent les dieux Ancestraux qui y sont honorés. Tandis que, peu à peu, une déesse nue commence à les supplanter.

Car, désormais, les habitants de Mycènes imaginent que les cavernes doivent être respectées en tant que lieux de sacrifices qui sont sous sa tutelle. Ils les considèrent aussi comme des endroits où vivent des divinités infernales ou des divinités inférieures de la nature ; comme les Nymphes. Et c’est là que viennent souvent se recueillir leurs Confréries Sacrées.

D’un autre coté, pour eux, l’arbre devient l’objet d’un culte particulier. Il est vénéré à l’intérieur de Sanctuaires rustiques. Un dieu du nom de Zeus Velannes lui est associé. Des danses frénétiques lui rendent hommage à certaines dates de l’année. Et des immolations de taureaux symbolisant la foudre, sont exercées par des prêtresses – telle, la « dame du Labyrinthe » Epinye -, à l’aide de doubles haches.

1900 avant J.C., les « Mycéniens » se mettent à implanter les tombes de leurs défunts au cœur des palais et des habitations individuelles ; et traduisent ainsi une nouvelle conception du monde, du clan et de la famille. Et ils érigent des pierres sculptées afin de vénérer leurs Dieux ; les symboles qui y sont gravés représentent souvent des poulpes ou des animaux aquatiques aux formes étranges.

L’ancienne Déesse Mère des cultes crétois est associée à Déméter, déesse des moissons, et les dieux mâles sont désormais essentiels, alors qu’en Crète, ils étaient simplement associés aux divinités féminines de la fécondité. Cette évolution est issue des structures sociales où prédomine la force guerrière.

Les mycéniens vivent généralement à l’extérieur des forteresses érigées par et pour leurs princes. Dans la campagne, ils sont regroupés en communautés villageoises. Ils sont dès cette date légendaire pour leurs razzias et leurs rapines. Car leurs rois sont des dirigeants belliqueux et jaloux de leur indépendance. Ceux-ci sont en effet tout puissants et conduisent l’administration du palais et de l’armée, notamment les fonctionnaires et les scribes, qui font régner leur autorité sur le pays. Ils perçoivent des impôts et possèdent un vaste domaine sur lequel travaillent des paysans, esclaves ou libres.

Il n’existe pas d’unité mycénienne, pas de vraie capitale, même si Mycènes reste la cité la plus importante. A coté d’elle se trouvent Pylos, Tirynthe ou Athènes. C’est plutôt une communauté qui s’impose, partageant une langue, des modes de vie, des principes de pouvoir identiques, mais qui n’a pas d’unité politique.

Vers 1600 avant J.C., les populations d’origine Indo-Européennes, - les Achéens - infiltrées dans la péninsule Balkanique à la fin du IIIème millénaire avant J.C., détruisent les établissements de la civilisation Crétoise tout en intégrant une partie de sa culture. Ces nouveaux venus colonisent lentement la grèce ; ils édifient des forteresses, comme Mycènes, dans les plaines côtières, à quelque distance de la mer.

Les Achéens submergent finalement en totalité le monde égéen, où ils prennent partout la place de la crète, après la destruction de ses palais, et imposent leur langue, le grec, qu’ils transcrivent en adaptant les caractères crétois, inventant ainsi une nouvelle écriture linéaire. Ils édifient des labyrinthes à partir de grottes artificielles ou de carrières souterraines. A Gourma ou à Khazzadakis-Nivas, ils dissimulent des galeries secrètes sous certains de leurs palais, afin d’y perpétuer des Rites qui concernent une déesse aux serpents. Ils y créent également des centres économiques diffus. Et ils y transforment l’habitat, l’organisant autour d’une pièce dont le centre est occupé par un foyer, un orifice percé dans le toit à la verticale y faisant office de cheminée.

Vers 1550 avant J.C., le palais devient avant tout un foyer de vie économique et religieuse où sont stockés les denrées et les surplus de la production agricole, les impôts en nature. C’est également un lieu où travaillent les artisans. Peuplé e fonctionnaires, il est le centre à partir duquel est gouverné l’arrière-pays ; ce n’est donc pas uniquement une résidence princière.

Erigé autour d’une cour centrale, le palais s’élève sur deux ou trois étages. Il y existe des autels et des fosses pour les sacrifices, des appartements et des salles d’apparat, des bureaux et des quartiers secondaires où des cours souvent très petites se multiplient jusqu'à donner l’impression réelle d’un labyrinthe.

Les palais sont gouvernés par un personnage qui est à la fois monarque et chef religieux. Minos, le roi légendaire, est le plus connu d’entre eux. Le sceptre et la double hache sont ses symboles les plus souvent représentés.

En même temps, la femme tient une place importante dans la société crétoise et jouit d’une relative liberté. Les prêtresses ont d’ailleurs un rôle prépondérant puisque la religion minoenne voue un culte particulier à la fécondité et à la fertilité. La grande Déesse, la « potnia » est d’ailleurs une déesse de la nature, à laquelle sont associés divers animaux ou objets : serpent – animal souterrain par excellence dans la figuration religieuse -, oiseau, taureau, corne, double hache. En outre, des êtres composites à corps d’homme ou de femme et à tète d’animal, tels les Sphinx ailés, traduisent également une influence orientale. Faite de processions, de danses sacrées et de libations, de transes et de jeux, cette religion est une religion de plein air dont les rites se déroulent dans des sanctuaires naturels : grottes, bois sacrés, sommets des montagnes. Les temples sont rares ; ce ne sont que de petites salles situées au centre des palais.

Mais, sur cette île montagneuse où la période de sécheresse estivale est longue, la production de céréales – blé et orge – est insuffisante. En revanche, les arbres fruitiers, la vigne, l’olivier ainsi que les ruches produisent des surplus qui sont stockés. Les crétois vivent aussi des produits de la mer : la pèche est active, de même que la recherche de murex, coquillage dont on tire la pourpre. Les potiers fabriquent des céramiques très fines. Ils travaillent le bronze, connaissent la soudure et pratiquent l’orfèvrerie et l’incrustation. Le ravitaillement en métaux – qui sont importés – de cette industrie et l’exportation des surplus agricoles s’appuient sur une flotte importante qui domine les courants commerciaux en Mer Egée. Ces échanges permettent à Cnossos d’être déjà très urbaine et raffinée. Elle permet aussi d’étendre très vite son influence aux régions alentours.

Dès lors, vers 1530 avant notre Ere, le maître de Cnossos domine rapidement ses voisins de Malia et de Phaïstos. La crète n’est cependant pas un Etat unifié. Il s’agit surtout d’une prééminence religieuse drainant offrandes et richesses. Le rayonnement de la crète, à son apogée, atteint alors le sud de la grèce et le Péloponnèse. En effet, profitant du fait que ces régions sont régulièrement soumises à des bandes d’envahisseurs Indo-Européens, la crète y impose peu à peu son autorité économique et commerciale. Malgré tout, ce sont ces nouveaux venus qui fondent à ce moment là des établissements importants à Mycènes et à Thyrinte. Ces premiers « Grecs », les « Achéens », s’imprègnent dès lors de la culture minoenne dont ils sont dépendants.

Vers 1450 avant notre Ere, le volcan de l’île de Théra commence à se réveiller, et plusieurs éruptions secouent la région. Les habitants de l’île fuient, les palais sont détruits. Les escaliers se fracassent, les toitures s’effondrent.

Puis, quelques temps plus tard, la véritable catastrophe survient : une éruption d’une violence extrême se déclenche. La cavité du volcan explose, provoquant l’effondrement de la plus grande partie de l’île ; et ensevelissant le reste sous une énorme couche de matières volcaniques. Un immense trou de 400 mètres de profondeur se forme. La mer est aspirée, rejaillit soudain pour devenir une vague de 800 mètres de haut. Un raz de marée déferle sur la crète, distante de 110 kilomètres seulement. Et elle détruit la splendide Civilisation Crétoise en quelques instants seulement. Tandis que de nombreux séismes ravagent le bassin Oriental de la méditerranée, faisant des dizaines de milliers de victimes.

C’est vers 1430 avant notre Ere que plusieurs Mages ayant fui la mésopotamie posent le pied en Crète afin d’y trouver refuge. Dès lors, ils apprennent à quelques Mycéniens comment tailler, puis élever des pierres afin de vénérer les Dieux. Mais ils leur montrent surtout quels sont les lieux les plus propices à leur érection. Ils leur dévoilent enfin les Mots permettant à ces derniers de dégager le plus d’énergie possible.

Vers 1400 avant notre Ere, les Achéens connaissent une vaste expansion et sont présents sur tout le pourtour de la méditerranée. Ils prennent tout d’abord pied à Cnossos, ainsi que dans toutes les autres villes Crétoises. Ils détruisent leurs palais, et anéantissent les survivants du Cataclysme qui est survenu une cinquantaine d’années plus tôt. Ils introduisent une nouvelle forme d’Ecriture linéaire. Ils imposent ainsi leur dialecte indo-européen ; avant d’introniser leurs Souverains comme des Prètres-Rois et des Rois-Dieux.

Car, en s’implantant sur l’île, les Achéens ont découvert que les autochtones honorent une religion où les déesses prédominent ; et leurs tribus n’acceptent pas cette primauté féminine. Ils établissent alors un culte animiste, fétichiste, et totémiste, dédié au cheval, qu’ils ont apporté avec eux sur l’île, et auquel ils attribuent des pouvoirs surnaturels. Celui-ci devient alors bientôt le maître de la terre, l’Ebranleur du sol, le protecteur des Eaux Douces et des fonctions Agraires ; et ils le nomment Enosidos. Ils s’inspirent des Hittites pour apprendre à se servir des chars de guerre ; et ils le font rapidement devenir le dieu des Chars et de la classe militaire. Puis, ils le font entrer en relation avec d’autres divinités Chtoniennes, telles que Enalyos – autrement nommé, Engualios -, Trisberos, Pauanon, le Démon Infernal Erinys, les Génies des Vents appelés Tripopotores – qui président aux naissances et aux souffles de l’Air. Ils l’associent à la déesse de la fécondité Lycosoura, à la grand Mère des dieux, Dorpecia Khritewa, au dieu de l’Humidité et de la végétation, Aristée. Et, enfin, ils commencent à régulièrement lui sacrifier des taureaux.

En Sicile, en Italie du Sud, dans les Cyclades, sur la cote d’Asie Mineure, à Chypre ou en Phénicie, les Achéens s’implantent ensuite partout. L’étain d’Occident, qui sert à la fabrication des armes de bronze, le cuivre de Chypre et l’ambre de la baltique circulent en Méditerranée, où les Mycéniens prennent le relais du commerce minoen. Et la piraterie et la rapine participent à ces échanges dans une société où l’état de guerre est endémique.

08 mars 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 280 - 285

1A partir de 1385 avant J.C., le très jeune fils d’Aménophis III, Aménophis IV – dont le nom signifie « Amon est satisfait » -, s’intéresse de plus en plus aux dogmes du clergé de Khem. Pendant toute sa jeunesse, il est donc Initié à ses Connaissances Secrètes. Il apprend que les Etoiles ne sont pas des signes Divins qu’il faut vénérer. Il découvre que le Soleil ne doit pas être adoré en tant que figure Mythologique. Il comprend que la nature et la sensibilité aux expériences Mystiques sont essentielles. Et il réalise que l’Astre ne revêt aucun aspect humain ou animal, mais qu’il est une Force Divine appelée « Aton », et non « Ra ».

Or, un jour, alors qu’il s’est métamorphosé en jeune homme, Aménophis IV apprend que son père veut l’emmener avec lui à Thèbes. Mais, peu après son entrée dans la cité, Aménophis III décède. En 1372 avant J.C, l’adolescent lui succède. Il se marie avec Néfertiti ; ou « la belle est venue » au cours de Cérémonies Ancestrales somptueuses. Il fait de Thèbes une ville ouverte aux nouvelles idées théologiques évoquant la religion Solaire. Et, non loin d’elle, il fait bâtir un magnifique complexe de Temples.

Pourtant, en même temps, Aménophis IV s’oppose de plus en plus ouvertement à la suprématie du culte d’Amon-Ra sur l’Egypte. Lui aimerait imposer la vénération du dieu unique Aton. Et, de fait, en l’an 2 de son règne, et après bien des tergiversations, il décide d’abandonner définitivement le culte d’Amon, de se convertir à la religion épurée d’Aton, et de faire face aux Prêtres d’Amon qui réagissent vivement à ce nouvel état des choses.

Pour cela, dans un premier temps, il fait construire un grand ensemble de monuments en l’honneur d’Aton. Celui-ci y est partout représenté sous la forme d’un disque lumineux muni de rayons terminés par des mains. Il y fait sculpter des effigies le désignant en tant que dispensateur de Vie et de Puissance. Il y fait ériger des stèles le montrant ayant l’aspect de « Prophète de l’Horus des Deux Terres, adoré à l’horizon comme une Lumière qui donne sa clarté au disque. ». Deux ans plus tard, il change subitement de nom, pour adopter celui « d’Akhenaton » ; ou « Agréable à Aton ». Puis, se rendant compte qu’il ne peut demeurer à Thèbes – la ville d’Amon -, il décide de fonder une nouvelle capitale.

En l’an 5 de son gouvernement, le choix d’Akhenaton se porte sur une grande étendue désertique de Moyenne Egypte ; à 450 kilomètres de Thèbes. Il marque sa superficie cernée de falaises formant une muraille protectrice, de quatorze stèles. Il nomme sa métropole Akhet-Aton ; ou, « l’Horizon du Disque ». En quelques mois, il fait sortir du sol, de superbes palais, ainsi que des nécropoles royales. Il fait élever un immense Sanctuaire dédié à Aton orienté vers l’Ouest ; à l’intérieur duquel la lumière du Soleil pénètre à flots. Il y fait installer 365 tables d’offrandes se référant au culte Solaire. A ses cotés, surgissent des cours, des jardins, des statues royales, des demeures de prêtres et de dignitaires, un quartier destiné aux artisans, et même, des bâtiments pour la « police ». Il fait construire plusieurs chapelles sur une petite colline artificielle, ainsi qu’une rangée de bassins en forme de T imbriqués les uns dans les autres. Le cœur de l’Egypte s’y transfère donc progressivement. Toute la cour adopte cette ville parce qu’elle est bonne courtisane. Tandis qu’Akhenaton exige que le culte d’Amon-Ra – et de toutes les autres divinités du panthéon Egyptien - soit aboli, que tous ses Temples soient fermés, et qu’Aton soit considéré comme le seul Dieu de la nation parce qu’il est source de toute Vie.

Puis, Akhenaton entame un vaste programme d’édifications en Nubie. De fait, il se met à visiter nombre d’agglomérations de chapelles honorant Aton, à travers le pays. Il promulgue ensuite une loi qui déclare que seul le roi et sa famille sont autorisés à adorer ouvertement Aton ; ses autres fidèles devant le vénérer au travers du Pharaon. Il dit également qu’Aton est représenté par le Souverain des Deux Terres ; que le rôle de celui-ci est de garantir le respect et le maintien du Maat ; c’est à dire, de l’Ordre Universel. Mais, malgré tout, en cachette, les Egyptiens de chaque région, ville ou village, continuent à adorer leurs dieux Ancestraux comme autrefois.

Par ailleurs, il apporte son aide aux Cités-Etats de Syrie qui sont menacées par l’Empire Hittite en plein expansion. Il ne parvient toutefois pas à empêcher le roi Hittite Souppilouliouma, de conquérir la syrie septentrionale, puis, de vaincre le royaume du Mitanni. Il accorde malgré tout l’asile au monarque en fuite Touchratta, puisque ce dernier est également son beau père. Mais, il est incapable d’intervenir lorsque plusieurs princes sous sa tutelle le renient ouvertement ; et quand ceux-ci envahissent des villes comme Byblos afin d’élargir leur aire d’influence.

Hélas, tout à sa foi et à sa vie familiale, le roi ne s’intéresse guère à l’administration de ses conquêtes. Soldats, scribes-percepteurs, scribes-juges, princes des pays nouvellement conquis ne songent qu’à s’enrichir au plus vite. De plus, une rumeur commence à courir au sujet de la religion d’Aton : Akhenaton aurait l’intention de renforcer l’influence de ses dogmes auprès des populations, afin de faire face au colonialisme Arien du Mitanni. Il voudrait le répandre sur son territoire pour empêcher les Assyriens et les Hittites de se rapprocher trop près de l’Egypte. Et il désirerait leur opposer un dieu plus puissant que les leurs.

En apprenant cela, les Prêtres d’Amon-Ra proscrits ne tardent pas à réagir. Ils montent la population de Thèbes contre le Pharaon hérétique. Ils fondent une Société Secrète regroupant des Ecclésiastes et des Mages mécontents de la politique menée par le monarque. Ils accueillent parmi eux de grands praticiens issus de tout le Moyen-Orient. Ils forment des espions. Ils acceptent que des membres de l’armée – dont le Seigneur Heromheb – se joignent à eux. Celui-ci leur dit d’ailleurs qu’il est effrayé par les pratiques Initiatiques que le Fils des Dieux emploie au cours de ses Cérémonies Religieuses. Ils encouragent la cour à laisser libre cours à sa soif de décadence et de névrose. Et, ils profitent de la situation pour diviser le pays en deux clans.

Akhenaton se retrouve donc de plus en plus isolé ; il est même abandonné par son épouse Néfertiti.

Mais, il ne s’aperçoit pas de la dégradation de l’opinion : en effet, en l’an XIII de son gouvernement, dans le but de célébrer la fête du Tribut, il organise un jubilé. Il espère ainsi rappeler la prétention Egyptienne à dominer le Monde à tous ses sujets. Au cours de la représentation, tous les peuples qui lui sont soumis font acte de vassalité ; ses gouverneurs lui remettent des présents. Pourtant, peu après la fin des commémorations, Akhenaton décède brutalement, car il a été empoisonné par son médecin personnel.

A la mort d’Akhenaton en 1354 avant J.C., le clergé d’Amon reprend de son importance. Il fait en sorte de détruire les preuves les plus évidentes de l’existence de la religion d’Aton. Il rase les constructions qui s’y rattachent. Il efface des stèles les noms des Souverains antérieurs de la 18ème dynastie. Il quitte la capitale en laissant derrière lui une grande quantité de tombes inachevées. Et les vents de sable, la chaleur et le temps détruisent les murs de briques crues de l’éphémère capitale, tandis que les dignitaires et les généraux profitent de la jeunesse des gendres d’Akhenaton Semekharê, puis Toutankhamon, pour jouer leur propre jeu.

Ainsi, le maire du palais, Ay, dirige les affaires intérieures du pays. Il établit d’ailleurs son propre caveau au cœur de la vallée des Rois. Il remet en vigueur le Rite du ka ; qui est la célébration de l’âme oiseau à tète humaine symbolisant l’Esprit Immortel d’un défunt. En compagnie des Prêtres de Ptah et de Ra, il organise la dévastation et le pillage en règle de la grande Pyramide. Il fait croire à Toutankhamon qu’il incarne les Forces Divines destinées à sauver la tradition, qu’il est capable d’abattre les derniers Rites Solaires encore en vigueur dans les provinces les plus reculées du pays. Mais, une fois cette épuration terminée, il le fait assassiner par l’un de ses conseillers. Le général Horemheb, appuyé par les prêtres d’Amon, prend alors la situation en main : il balaye le rebelle et ses acolytes, il rénove les institutions monarchiques, et il restaure le pouvoir des Pharaons durant trente années.

Or, vers la fin de sa vie, Horemheb accepte que certains Enfants d’Israël s’installent en Egypte. L’un des fils de Joseph devient alors vite vice-roi de la vallée du Nil. A sa mort, il est momifié, puis, il est envoyé et inhumé en Canaan ; à l’intérieur de la grotte de Machelpa. 

Horemheb ne laissant aucun héritier mâle, c’est un de ses amis, Ramsès, qui lui succède, vers 1314 avant J.C. Il fonde immédiatement une nouvelle dynastie, la 19ème. Il change de politique en ce qui concerne les Hébreux, et les réduit en esclavage. Il les considère comme des étrangers errants que l’on peut engager comme main d’œuvre temporaire. Il les assimile à des déracinés qui ont dû fuir leurs terres afin d’échapper à l’asservissement pour dettes. Il les prend pour des brigands plus ou moins menaçants contraints d’errer aux frontières de l’Egypte. Et il les affrète à différents travaux d’intérêt général : aux mines, aux carrières, et aux constructions d’édifices royaux.   

Car, Originaire du Delta, le Pharaon est avant tout un militaire. Il gouverne avec l’appui de son fils, Seti, et s’installe à Memphis, dans la capitale de l’Ancien Empire, pour s’éloigner de Thèbes et du clergé d’Amon. Il demande à ses Mages d’ériger une nécropole, et que les murs de celles-ci soient constellés de scènes tirées du « Livre de l’Amadount » et du Livre des Morts. Ceux-ci y décrivent donc la course nocturne du Soleil à travers les douze régions de l’Au-delà. A son plafond, ils peignent la voûte Céleste, ainsi que la plupart de ses Constellations. Dans son mur du fond, ils creusent une « Chambre d’Isis » et une « Chambre des Mystères », qui pénètrent profondément dans la montagne. Ils les décorent de textes à caractère Solaire. Sur leurs parois, ils dessinent des corps fantastiques qui symbolisent des Etres nés dans l’Amenti. Ils y figurent également des Serpents dotés d’ailes et de pattes déroulant leurs ondulations. Et, enfin, ils excavent une dernière pièce à l’intérieur de laquelle ils taillent des écrits Mythologiques dérivés du « Livre de la vache du Ciel ». Car ceux-ci montrent comment Ra, pour punir les Hommes de leur méchanceté, a décidé de les détruire en envoyant vers eux la déesse lionne Sekhmet. Mais surtout, pourquoi Ra leur a finalement pardonné, avant de monter au Ciel sur le dos de Nout. 

A la mort de Ramsès Ier, Seti Ier monte sur le trône et instaure une politique d’équilibre, se faisant appeler tantôt « Aimé d’Amon », pour plaire aux prêtres de Thèbes, tantôt « Aimé de Ptah » pour plaire à ceux de Memphis, « Souverain aussi grand et terrible que Baal », tout en mettant en avant le dieu Seth, dont il porte le nom, le dieu de la guerre, des Terres Rouges et du Delta.

Pourtant, peu à peu, un titre qui lui est attribué prend plus d’importance que les autres : celui de « Mematep » ; qui est lié au Mythique roi Ethiopien Mempon ; dit « le Fils de l’Aurore ». Par ailleurs, Séti Ier mène une politique extérieure énergique pour rétablir l’influence égyptienne aux confins de l’Empire. Il combat les Hittites en Syrie-Palestine, allant jusqu'aux abords de Qadesh, sur l’Oronte, signe un traité de paix avec eux, rentre au pays et repart quelques mois plus tard combattre les Libyens, puis les Nubiens. Et, il fait retrouver leur animation aux  mines d’or et de turquoises, et aux carrières de granit et d’albâtre.

Dans le même temps, Séti Ier surveille étroitement le creusement de son immense tombe royale dans la vallée des Rois. Ses ouvriers édifient donc sur ses ordres une nécropole et une chapelle. Ils excavent un second passage souterrain dont ils recouvrent les murs de textes tirés du « Livre des Portes » et du « Livre d’Am-Durvat » - ou, « le Livre de ce qu’il y a dans l’Au-delà ». Ils y inscrivent également deux formules qui détaillent le chemin parcouru par le Soleil dans le Royaume des Morts. Au terme du corridor, ils préparent une salle sur les façades de laquelle ils évoquent des passages du Mythe d’Osiris ; notamment ceux expliquant comment Horus a obtenu sa consécration. Plus loin, ils édifient un corridor annexe menant à un « Sanctuaire à Mystères ». Ils l’ornent de Symboles issus du Livre des Morts. Et ils installent une plate-forme entourée d’une fosse remplie d’eau au centre du Sanctuaire à Mystères. Ils désirent en effet que cette dernière représente « l’Ile Originelle à peine émergée de l’Océan Primordial, et au sommet de laquelle œuvre le Dieu Créateur ». Ils aménagent un boyau secret qui se termine par un puits encerclé de monolithes. Et, enfin, ils consolident le tout par des piliers colossaux, avant d’y graver le nom de tous les dieux de leur panthéon.

Mais, alors que les ouvriers de Séti Ier ont terminé leur ouvrage, un Oracle révèle au monarque l’emplacement d’un édifice qu’il doit consacrer à Osiris. Il ordonne donc aussitôt à ses Artisans et à ses Architectes de bâtir un second Temple. Il en profite pour leur faire restaurer le plafond de la nécropole d’Abydos. Ses ouvriers l’y décorent d’une multitude d’Etoiles. Mais, surtout, ils y marquent les noms des 76 Pharaons qui ont régné sur l’Egypte depuis l’époque de Ménès. Ils y effectuent plusieurs sacrifices. Ils s’emparent des archives Ancestrales qui y sont cachées depuis des centaines d’années. Et, ils y élèvent un monument révérant le père de Séti Ier, Ramsès Ier.

Le culte d’Osiris s’amenuise pourtant au cours du règne de Séti Ier. Et c’est trois autres villes qui acquièrent le statut de demeures des principales divinités d’Egypte : Thèbes, pour Amon ; Horakthi, pour Ra ; et Memphis, pour Ptah, Nefertoum et Soyou. C’est aussi à ce moment là qu’une autre version de la tentative de destruction de l’Humanité est rédigée dans cette dernière cité. Or, ce n’est pas Ra qui en est le héros, mais Amon : « Lorsque le dieu Amon devint vieux, il s’aperçut que les hommes complotaient contre lui. Il prit donc conseil auprès des autres Dieux, et il envoya Hathor châtier ceux qui s’étaient rebellés contre lui.

Malheureusement, Hathor accompli sa tâche avec tant de zèle, qu’Amon finit par craindre qu’elle n’allât jusqu'à faire périr tous les mortels. De fait, pour modérer son ardeur meurtrière sans l’offenser, il eut recours à un stratagème : il fit répandre sur les lieux où la déesse se proposait de faire un carnage, une bière teintée de rouge imitant la couleur du sang. Hathor, en arrivant, se réjouit ainsi de voir ce liquide, et elle y goûta. Elle le trouva bon, en but jusqu'à s’enivrer ; si bien qu’elle ne reconnut plus les hommes. ».   

Parallèlement, Séti Ier est informé d’une Prophétie concernant les Hébreux : « La naissance de cet enfant remplira les Egyptiens d’une telle terreur, que ceux-ci exigeront la destruction de tous les enfants mâles d’Israël. Pourtant, il échappera à ceux qui voudront le détruire. Une fois devenu adulte, il abaissera la souveraineté des Egyptiens. Il surpassera tous les hommes en vertu. Il délivrera la race des Hébreux de son esclavage d’Egypte. Et sa mémoire se perpétuera aussi longtemps que durera l’Univers ; non seulement chez les Hébreux ; mais parmi toutes les nations étrangères. ».   

Alarmé, Séti Ier décide alors de suivre les conseils de la prédiction : il ordonne que tous les enfants mâles nés chez les Israélites soient jetés dans le fleuve. Malgré tout, un bébé nommé Moïse évite le massacre. Il est providentiellement recueilli par la sœur de Séti Ier, qui l’élève ainsi comme son fils adoptif. Et elle lui permet d’être Initié très tôt aux Arcanes Sacerdotales, ainsi qu’aux Mystères de la magie, les plus Occultes.

De fait, pendant toute son enfance, Moïse est éclairé en ce qui concerne les Traditions Ancestrales de l’Egypte. Il découvre les Arts Esotériques Solaires, Osiriens, Isiaques, Nécromantiques, Divinatoires, et Astronomiques. En compagnie de Mages d’Onou et de Khem, il étudie l’Arithmétique, la géométrie, la métrique, le Rythme, et l’Harmonie. Il est Enseigné de Philosophie Symbolique, telles que les expriment les Inscriptions Sacrées qui marquent de leur Sceau tous les monuments de la vallée du Nil. Il lit des traités évoquant la manière de neutraliser l’Energie Cosmo-Tellurique accumulée depuis des millénaires sur certains sites. Les membres des Guildes d’Architectes et d’Artisans lui décrivent la manière dont les Grandes Pyramides ont été élaborées ; de quelle façon leurs représentations Stellaires – telle, Neptune soutenue par un Croissant de Lune inversé – se rattachent, tantôt à la constellation de Sirius, tantôt à la constellation d’Orion, tantôt au « Point Alpha », ou, tantôt à la « Coudée Architecturale liée au Nombre d’Or ». Il est informé du fait que le rayonnement Magique des Pyramides est plus ou moins fort selon les points d’intersections telluriques sur lesquelles elles sont érigées. Il est parfois accompagné de Sages venus des pays voisins, qui lui apprennent les Lettres Assyriennes, ou les Sciences Chaldéennes des Corps Célestes. Il se fait révéler les matières Astrologiques que les Egyptiens connaissent depuis longtemps. Et, finalement, il lui est accordé le titre de « Grand Prêtre d’Amon » ; ou « kher heb ».

Moïse devient donc peu à peu un très habile exécutant des Rituels Magiques. Fort versé dans la manipulation des Incantations, des Formules Divinatoires en tous genres, il accomplit très facilement de nombreuses Evocations Surnaturelles. Et il accède à de plus en plus de Corpus de Sagesse Esotérique que les Confréries dissimulent à l’abri des regards indiscrets. 

Vers 1300 avant notre Ere, à la mort de Seti Ier, son fils Ramsès II, « l’élu de Ra, lui succède. Il régnera près de soixante ans, mourra presque centenaire, aura cinq reines, les « Grandes Epouses », et de nombreuses favorites. Il sera père d’une centaine d’enfants, créera des villes neuves, multipliera colonnes et obélisques gigantesques. Pharaon bâtisseur, Ramsès laisse à l’Egypte un grand nombre de temples, de chapelles et de villes. Il fait élever la cité de Tanis par dessus les restes de l’ancienne capitale des Hyksos, Avaris. Il y fait d’ailleurs construire des édifices Sacrés consacrés à Amon, Mout, Horus, et Khonsou. Il y fait excaver une nécropole. A partir des ruines d’un Sanctuaire bâti sous la 18ème dynastie par Thoutmosis Ier, il fait édifier le Ramasseum. Là encore, il fait tailler des inscriptions grâce auxquelles il se désigne par le titre « d’Horus Vivant ». Il y fait sculpter d’innombrables fresques représentant le Monde Humain voisinant le Monde des Dieux. Il y fait déposer des statues de Khnoum – le dieu Solaire à tète de Bélier -, de Ra, et d’Amon. Mais, surtout, il contraint le peuple d’Israël réduit en esclavage, à travailler sans repos à l’élaboration de tous ces monuments.

Or, un jour, Moïse décide de quitter l’Egypte. Il emporte avec lui quelques uns des Livres qu’il a étudiés durant sa jeunesse en tant que Grand Prêtre d’Amon. Au cours de son errance, il rencontre Dieu sur la montagne du Sinaï. Il retourne en Egypte pour délivrer son peuple de la servitude. Il déclenche les « Dix Plaies » sur l’Egypte : « Les petits disques métalliques se mirent à produire un curieux son discordant, irrésistible, comme si ils étaient venu d’un autre Monde plus ancien que les Pyramides. Je le sais parce que j’ai lu que l’Egypte Prédynastique avait utilisé des instruments analogues, et les avaient légué – par l’intermédiaire de Guildes Sacerdotales – à l’époque Pharaonique. ».

Dès lors, Ramsès II est effrayé par les pouvoirs du Dieu de Moïse. Il autorise donc les Hébreux à sortir d’Egypte. Pendant 40 ans, ceux-ci – qui sont composés de 600 000 personnes en état de faire campagne – demeurent dans le désert, et se dirigent vers la terre Promise. Au cours de cette période, Moïse transforme un certain nombre de concepts Religieux Egyptiens, afin d’élaborer des dogmes monothéistes. Il puise en effet à l’intérieur des textes Egyptiens traditionnels qu’il a en sa possession pour rédiger les Lois de son peuple. Dans un Livre qu’il nomme « Pentateuque », il révèle l’histoire d’un Monde englouti, puis de l’Alliance des Hommes avec une Intelligence Extérieure, qui a permis aux Hommes de vivre une nouvelle grande aventure Civilisatrice. Et, enfin, il décrit la raison pour laquelle les Enfants d’Israël sont issus d’une Ere des Géants.

07 mars 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 276 - 280

temple_baal02Egypte, IIème millénaire avant J.C. :

La 12ème dynastie s’achève définitivement avec le règne d’une femme vers 1785 avant J.C. L’Egypte entre alors pour la seconde fois dans une période obscure, appelée « Deuxième Période Intermédiaire » durant laquelle de nombreux rois se bousculent sur le trône. Les Pharaons ont non seulement des règnes brefs, mais parfois plusieurs gouvernent en même temps. Le royaume d’Egypte se morcelle et des Asiatiques s’infiltrant lentement au Nord-Est du pays arrivent très nombreux, surtout dans le Delta. Venus de Syrie-Palestine, ils sont appelés les « Hyksos » : les « Princes des pays étrangers ».

Vers 1780 avant notre Ere, soudainement, les habitants de la cité de Kahoum désertent leur ville. Derrière eux, ils laissent un peu partout des corps d’enfants sacrifiés à l’intention des Dieux. Ils abandonnent leur Tour Bibliothèque constituée de 70 salles. Et ils évacuent sans se préoccuper des documents et des parchemins qui y montrent les liens entre leur agglomération, leurs Temples, et le mastaba de Sésostris II. 

Vers 1770 avant J.C., une Loge Initiatique fait son apparition dans le Delta du Nil ; elle regroupe très vite de nombreux membres dans la plupart des grandes cités de la région. Et, dès lors, ceux-ci se rassemblent régulièrement à l’intérieur des Sanctuaires cachant l’ensemble des Connaissances connues par les Pharaons depuis l’Aube de la civilisation.

Pourtant, parfois, ils vont officier au cœur du décor grandiose qu’est le site de Guizèh. Ils s’y rendent plus particulièrement quand ils veulent honorer la totalité des Demi-Dieux qui ont créés l’Humanité, et qui sont aujourd’hui dans l’Autre Monde. De fait, ils commencent par transformer les lieux en y traçant un peu partout des signes Magiques. Grâce à des momies de Grands Prêtres ayant vécu à l’époque de Thot, ils concluent des pactes avec des Entités Surnaturelles. Ils usent de Magie Noire afin d’enchaîner ces Ombres à leur Volonté. Et ils leur offrent des êtres vivants dans le but de les maintenir au sein de cette Réalité.   

Le Mage issu de l’Ecole d’Ektäris, Sotkëris, lui, s’atèle à un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : la signification symbolique de l’écriture hiéroglyphique. En l’étudiant, il modifie légèrement le tracé de ses signes, ainsi que leur mode de prononciation. Il ôte de son vocabulaire les derniers Mots Divins qui y existaient encore. Il épure les autres de leur Puissance Magique. Il fait aussi en sorte que la force de leurs Lettres ne soit plus liée à la mystique de certains lieux. Au contraire même, il les transforme afin qu’elles soient uniquement rattachées au mental de la personne les prononçant. Bref, Hermès Trismégiste modernise l’idiome originel conçu par Thoÿt ; il lui donne sa forme définitive.

Par ailleurs, les savants entourant Sotkëris inventent bientôt leur propre code Mathématique, principalement à caractère utilitaire. Après chaque démonstration, intervient la formule : « c’est bien cela ». Le système de calcul est décimal et additif. Les mathématiques servent à la comptabilité des temples,  la géométrie à l’architecture et à l’arpentage des champs. Les cartes topographiques permettent de visualiser sur le papyrus des routes permettant de relier un point à un autre par l’abstraction de la projection plane. Des inscriptions en constituent les légendes grâce à différentes couleurs.   

Profitant de la grande faiblesse des Pharaons de la 13ème et XIVème dynasties - et plus particulièrement de Toutimaios -, des populations Hyksos de Syrie, de Palestine et d’Asie, pénètrent profondément en, Egypte. Redoutables guerrières, elles sont habiles au maniement des armes : elles utilisent la « happé », arc asiatique en forme de faucille, et introduisent les chars de combat tirés par des chevaux. Elles détruisent les infrastructures monarchiques qu’elles rencontrent sur leur route. Elles annexent la basse et la moyenne Egypte ; jusqu'à Hermopolis, Neferousi, Cynopolis, et l’oasis de Baharigeh. Elles s’emparent de la capitale Egyptienne, où un scribe qui assiste à leur entrée écrit : « Au cours du règne de Toutimaios, je ne sais pourquoi, la colère divine s’abattit sur nous et, à l’improviste, de l’Orient, un peuple obscur d’envahisseurs se mit en marche contre notre pays, sûr de sa victoire. Il se saisit des chefs, incendia sauvagement les villes. Il fit de l’un de ses six Maîtres, Salithis, le nouveau Pharaon. Et celui-ci s’établit à Memphis avec sa cour, puis leva des impôts en Haute et en Basse Egypte. ».

De fait, Salithis fonde la 15ème dynastie. Aussitôt après son installation, il profite de la richesse de l’Egypte et de sa brillante Civilisation : il assimile de nouveaux procédés permettant de fabriquer des armes : poignards harpés. Il améliore le travail du bronze et apprend aux Egyptiens l’utilisation du char tiré par un cheval. Il fait en sorte d’entretenir de bonnes relations commerciales avec la syrie, la palestine, Chypre, et la nubie. Il envoie des convois de marchandises en direction de Byblos, de Cnossos, puis, de là, dans tout le Proche-Orient. Il rétablit le réseau routier conduisant en Nubie. Il se dit « Fils de Ra et d’Osiris ». Il adopte des noms Egyptiens pour ses enfants. Il écrit avec des hiéroglyphes, qu’il fait inscrire sur des cartouches. Il fait sculpter des statues style Moyen Empire. Il choisit Seth comme dieu principal de sa dynastie ; il en fait même le Seigneur du Delta Oriental. Il associe certains des traits de la divinité à ceux du Baal Syrien. Il le désigne en tant qu’incarnation de la turbulence des Tempêtes, de l’Orage, et de la puissance hostile du désert. Il lui offre le titre de « Dieu des Ennemis de l’Ouest ». Et, enfin, il commence à ériger un peu partout des monuments funéraires semblables à ceux des Egyptiens de souche ; avant d’y effectuer de nombreux Rituels, des Sacrifices – humains ou animaux -, puis de les y enterrer dans des cavités aménagées. 

Dès lors, les populations supportent l’implantation Hyksos et cohabitent assez aisément avec leurs nouveaux maîtres. D’ailleurs, que le Pharaon soit un Hyksos installé à Avaris ou un égyptien trônant à Memphis ou à Thèbes, leur vie ne change pas : beaucoup de travail dans les champs, les marais et les chantiers.

Après Salithis, une fois monté sur le trône, son fils Kamusis fait élever une nécropole à Dja Abrou el Naggab. Il demande à ce que celle-ci soit entourée de Temples et de palais somptueux. Son successeur Ahmosis, lui, exige que son propre caveau soit bâti à proximité de là : sur ses murs, il y fait mettre des fresques le représentant sous la forme du dieu Mentou soumettant ses ennemis. Il y en encadre d’autres où il apparaît sous l’aspect de griffons et de vautours, d’images de la déesse Nekhbet et du dieu Geb. Il y fait marquer qu’il est capable de se transformer en sphinx ou en scarabée. Puis, il fait construire un mastaba où il fait accrocher des tablettes de pierre montrant une Egypte divinisée.

Ahmosis réorganise ensuite entièrement l’unité du royaume. Peu après, à l’Est, il envahit le territoire des Palestiniens, au Sud, il attaque le pays de Koush. Et il s’avance jusqu'à Sharouen. Il place les peuplades Noires de Nubie sous son autorité.

Vers 1630 avant J.C., c’est Kamosis qui lui succède. Celui-ci se fait alors immédiatement proclamer roi de Thèbes ; tandis qu’un Pharaon rival – Apopi – s’installe à Avaris. Or, Apopi Ier mène campagne contre lui, le vainc, et, par la même occasion, pousse jusqu’en Syrie. Il fait construire une nouvelle cité : Khemenou. Il mate une révolte fomentée à Neferousi. Il élève un Temple consacré à Horus à Edfou ; où il montre ce dernier sous l’aspect d’un « Seigneur du Ciel » : « La couronne d’Apopi est celle du dieu Horus. Elle réaffirme sa souveraineté depuis qu’Horus a disparu après la mort de son Père Osiris. Elle symbolise les Deux Terres, et ses routes qui conduisent vers l’Est et vers le Sud. Elle affirme que la tradition Primordiale est née en Egypte, la terre que le Nil baigne de ses eaux, et sur laquelle se dressent les monuments de ses Ancêtres. ». Et il fonde la 16ème dynastie. 

A la fin du règne d’Apopi Ier, pourtant, plusieurs princes égyptiens se réfugient à Thèbes, se rebellent, et se rendent indépendants : l’un d’eux, Rahotep fonde ensuite la 17ème dynastie, forme une armée bien entraînée et décide de reconquérir le Double-Pays. Les princes thébains sous sa tutelle entament leur reconquête de l’Egypte, chassent les Hyksos au Nord et soumettent la nubie au Sud. Et en une vingtaine d’années, de 1600 à 1580 avant notre Ere environ, Rahotep recrée le royaume d’Egypte et fonde la 18ème dynastie.

Aménophis Ier, fils de Rahotep, règne pendant un quart de siècle environ. Les princes d’Egypte lui sont dévoués grâce aux cadeaux qu’il distribue avec largesse. Il continue l’œuvre de son père, réorganise le pays et remet définitivement en route l’énorme bureaucratie égyptienne. Lui qui porte le nom de « Taureau qui subjugue le pays » ou « Celui qui inspire un grand effroi », mène en fait bien peu de campagnes militaires. Il dirige, en revanche, la construction e temples, en particulier son tombeau creusé dans la montagne désertique en face de Thèbes. Il meurt en laissant le trône d’Egypte à son fils, Thoutmosis Ier. Ce dernier élabore aussitôt un Mythe autour de la libération de l’Egypte. A cette occasion, il érige un monolithe de granit rose de 70 pieds de hauteur et de 140 tonnes à Karnak. Il en fait tailler un second surmonté d’un pyramidion non loin du lac destiné aux cérémonies de purification du ka. Il se lance résolument dans une grande politique d’expansion et mène de brillantes campagnes militaires de la nubie jusqu’aux rives de l’Euphrate. L’Egypte, comme au Moyen Empire, est redevenue un royaume riche et redouté par tous les peuples voisins.

La mort de Thoutmosis Ier, en 1520 avant J.C., pose un nouveau problème de succession. Déjà, ce dernier a dû légitimer son pouvoir en épousant sa tante Ahmès, l’héritière de sang ; de cette dernière, il n’a eu qu’une fille, Hatshepsout. La princesse a épousé son demi-frère illégitime, Thoutmosis II. Mais, quand, à la mort de celui-ci, en 1504 avant notre Ere, elle choisit pour mari son jeune neveu et beau-fils, Thoutmosis III, elle fait prévaloir ses droits et règne avec, officiellement, son mari comme corégent. En fait, la divine épouse Hatshepsout dirige les affaires du pays selon sa propre volonté et tient soigneusement écarté du pouvoir son époux. En outre, elle légitime son pouvoir en se proclamant fille « charnelle » d’Amon – le dieu ayant pris les traits de son père, se serait uni à sa mère -, se fait représenter la poitrine plate, revêtue des vêtements du Pharaon et portant la fausse barbe qui orne habituellement le visage des rois. C’est d’ailleurs par son intermédiaire que le culte d’Amon prend son essor à partir de cette date. Il se manifeste désormais dans tous les aspects de la création ; il est associé à Moût, sa femme, déesse du Ciel, mais aussi déesse vengeresse assimilée à Sekhmet. Leur fils, Montou, dieu-faucon, est un dieu guerrier.

Hatshepsout, « Celle qu’embrasse Amon, la première des femmes », mène une politique de grands travaux, organise des relations commerciales et économiques avec les pays étrangers. Son autorité à l’étranger est respectée, aucune des conquêtes de son père n’est perdue et la paix semble régner dans les territoires occupés par les Egyptiens. Chacun de ces pays lui livre quantité de tributs : ivoire, ébène, or, cuivre, pierres précieuses, fruits ou plantes comestibles. Mais, le « grand voyage » de son règne est l’expédition aux confins de la mer Rouge et de l’Afrique Noire. Son but étant d’en rapporter l’encens, les parfums et les aromates nécessaires au culte d’Amon.

Hatshepsout rouvre la nécropole de Thèbes. Elle transforme la montagne taillée en forme de Pyramide qui l’accompagne, en hypogée gigantesque. Elle y fait creuser d’interminables syringes destinées à servir de sépultures collectives. Elle y fait établir le caveau de Thoutmosis III, et y fait inscrire sur ses parois des passages du Livre des Morts. Elle rend ensuite le Sanctuaire Magiquement inviolable. Elle encourage les fidèles à rendre un culte au Sphinx de Guizèh. Elle demande à l’un de ses Scribes de rédiger un texte populaire évoquant la manière dont le dieu Ra a engendré les premiers Souverains de la 5ème dynastie. Et elle approuve un autre quand il explique que les panneaux du Temple d’Amon bâtis par Aménophis 1er commémorent l’expédition commerciale que celui-ci a jadis envoyée en Pays de Pount.

Hatshepsout fait également édifier une chapelle honorant Hathor en tant que vache Sacrée. En son centre, elle y fait installer un monolithe de granit rose de 97 pieds de hauteur, et pesant près de 320 tonnes. Elle y fait excaver des souterrains aux murs constellés d’œuvres architecturales. Non loin de là, elle fait construire un Temple déifiant Amon, un autre glorifiant Mout, et un troisième révérant leur fils Khonsou. Et elle les fait encercler de fosses à l’intérieur desquelles sont ensevelies des statues, des pierres tombales, et des bronzes.

Et, enfin, Hatshepsout fait creuser son propre mausolée. Au plafond de celui-ci, elle demande à ses Architectes, que soient dessinée une représentation de la voûte Céleste, avec ses décans et ses Constellations. Contre ses murs, elle veut qu’y soient déposées des statues du dieu Ra, afin que ce dernier lui accorde sa protection dans la mort. Et sur ses parois encore, elle fait tailler des effigies de l’Osiris Renaissant.

Par ailleurs, un texte funéraire y évoque l’anéantissement de l’Humanité pécheresse au cours d’un Déluge : « Ils ont livré bataille, ils se sont entredéchirés, ils ont répandu le mal. Ils ont semé la discorde, ils ont commis des massacres, ils se sont rendus coupables d’oppression. Pour cela, je vais faire disparaître tout ce que j’ai créé. La terre tombera dans le gouffre des eaux ; elle sera soumise à une formidable inondation ; elle redeviendra ce qu’elle était aux Temps Primordiaux. ».

Après la mort d’Hatshepsout, vers 1493 avant J.C., Thoutmosis III assouvit sa rancune et gouverne enfin. Il commence par se venger de celle qui l’avait maintenu si longtemps en tutelle, et efface autant qu’il peut tous les souvenirs de sa royale épouse. Doué d’une volonté et d’une ténacité rares, il reprend les opérations militaires en Nubie et atteint la quatrième cataracte, annexant pratiquement tout le pays. En Orient, il remporte une victoire à Megiddo, en Palestine, et, le terrain libéré, remonte peu à peu vers le Nord, occupe sur la cote Byblos et Simyra, pour se ravitailler par mer, puis franchit finalement l’Euphrate après dix-huit campagnes. Il organise ces pays en protectorats, laissant le pouvoir à ceux des habitants qui lui sont fidèles. Le butin enrichit le pays : esclaves, bois et métaux précieux sont utilisés pour les constructions royales.

Son fils aîné, Aménophis II, lui succède en 1450 avant notre Ere et maintient la tradition des Pharaons guerriers. L’armée prend de l’importance. Les officiers font partie des gens sur lesquels il faut compter dans le pays, surtout les officiers de la charrerie, devenue le corps d’élite de l’armée royale. La société se transforme : épuisée par deux siècles de guerre, la classe moyenne constituée pendant le Moyen Empire disparaît, alors que se fait jour celle des grands dignitaires, plus nombreux et plus riches chaque jour. Officiers des campagnes militaires et hauts fonctionnaires tirent profit des conquêtes, se partagent les esclaves et les terres que leur donnent le Pharaon. La cour mène à cette époque la vie la plus raffinée que connaît l’Egypte. Dans tout le pays, des chantiers de grands travaux s’ouvrent. Le clergé d’Amon profite de nombreux dons, qui font de lui une puissance dangereuse pour le Pharaon. Pour diriger le pays, celui-ci se fait aider de trois personnages : un premier vizir pour la basse-Egypte, un second pour la haute-Egypte et un vice-roi pour la nubie.

Le Pharaon suivant, Thoutmosis IV, continue d’employer la nécropole de Thèbes en tant que caveau funéraire. Sur les parois de sa Chambre mortuaire, ses Mages inscrivent des textes issus d’une ancienne version du Livre des Morts. Ils sculptent des statues du dieu Khnoum se tenant en face de la déesse Isis. Ils les accompagnent alors de phrases hiéroglyphiques telles que : « Tu seras roi d’Egypte, prince du désert. Toutes les terres seront à toi. Et les neuf Arès – ou, « Barbares » - seront sous tes sandales, tandis que le trône te reviendra. ». Et ils y en dressent d’autres dévoilant la déesse Neith sous la forme d’un serpent tenant devant lui des papyrus qui dissimulent des phrases interdites du Livre des Morts. 

Aux cotés de la chambre mortuaire, ils excavent des tombeaux pour l’ensemble de la famille de Thoutmosis IV. Ailleurs, ils fondent de vastes palais. Ils appuient le roi lorsque celui-ci propose de se rendre dans le Temple de Louxor une fois l’an – après être passé par celui de Karnak -, afin d’y rencontrer le dieu Amon. Lequel dit donc à Thoutmosis IV : « Viens en paix, fils de ma Race. Je t’ai donné le Savoir de Millions d’Années ; et tu brilleras comme le Soleil. ».

Ils dégagent encore le Sphinx de Guizèh, encerclé depuis longtemps par les sables du désert. Ils l’assimilent d’ailleurs immédiatement au Typhon qui est ordres de Seth. En le voyant dans son entier, l’un des Mages écrit alors à son sujet : « Le Pharaon Thoutmosis IV, alors qu’il chassait dans le désert, s’étendit à l’ombre du Sphinx, et s’y endormit. Durant son sommeil, le dieu Harmakhis lui demanda de le dégager du sable du désert qui l’enserrait. Thoutmosis IV obéit, déterra le dieu, et plaça une stèle entre ses pattes avant. ». Et sur cette dernière, les Mages indiquent que le monument, ainsi que plusieurs autres structures du plateau de Guizèh, existent depuis des millénaires.

Le Pharaon Horemheb, qui le remplace après son décès, pour sa part, fait élever sa nécropole à Saqqarah. Par la même occasion, il y fait construire un Temple consacré à son propre culte. Mais, à l’issue de son règne, Aménophis II, puis, très vite, Aménophis III, lui succèdent. Ils décident de revenir à la tradition selon laquelle c’est à Karnak que doivent être élaborés leurs mastabas. Aménophis III y épouse Tiy. Il y fait bâtir un gigantesque Sanctuaire consacré au dieu Apis – dit « Seraphum ». Au plafond de certaines pièces, il fait dessiner des Constellations Zodiacales. Il fait recouvrir ses murs de momies de Taureaux Sacrés. Il y fait élever douze statues représentant la divinité, mais aussi les douze mois de l’année. Et il les fait répartir en fonction des saisons : l’Ere de l’Inondation, l’Ere des Semailles, et l’Ere des Récoltes.

Dès lors, Apis y est considéré comme un héraut et un Serviteur de Ptah. Il y est associé à la puissance Créatrice d’Osiris. Puis, il y est uni à Bès, le Démon usant d’influences malignes.

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27 février 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 230 - 235

1De fait, une vie intellectuelle et brillante reparaît à la cour et dans l’aristocratie. En littérature, les contes et les romans sur les Ages Anciens et la vie terrestre des Dieux d’Autrefois fleurissent. Des cartes copiées par des voyageurs crétois se dessinent dans les temples ; la plupart concernent les alentours de la méditerranée et de la mer Noire. Pourtant, d’autres relevés montrent des régions du monde censées être inconnues : le continent américain et certaines îles du Pacifique y sont représentés. En architecture, dans la statuaire ou en orfèvrerie, les artistes atteignent un rare degré de perfection avec des instruments d’une grande simplicité.

Les Mages entourant Mentouhotep élaborent de nouvelles Légendes apocryphes issues du Livre des Morts. Ils disent donc que la cité d’Abydos est depuis toujours environnée de Tombes Rituelles, et qu’y sont cachées des Traditions d’Outre Temps ; puisqu’elle est la demeure du dieu Osiris :

« Des Générations disparaissent et s’en vont. D’autres demeurent, et cela dure depuis des Temps Immémoriaux. Les Dieux qui ont existé jadis reposent dans leurs Pyramides Célestes. Nobles et gens illustres sont enterrés dans leurs Tombeaux. Qu’est t’il advenu d’eux ? Leurs places n’apparaissent plus ; comme si elles n’avaient jamais été. ».

Ils évoquent encore le Mythe d’Osiris sauvé de la mort grâce à l’emploi des Mystères Isiaques. Ils rappellent les aventures de celui-ci l’ayant amené jusqu’au Seuil de l’Amenti, et au cours desquelles il a ressuscité avec une peau noire. Ils parlent des Royaumes Parallèles au cœur desquels habitent les dieux. Ils décrivent les difficiles situations qui s’établissent parfois entre eux. Ils expliquent – par allusions indirectes – qu’il existe une « Ile du Serpent nommée Pount » : « Lorsque vous quitterez mon île, vous ne la retrouverez plus, car cette dernière disparaîtra sous les eaux de la mer. En effet, une Etoile tombera bientôt des Cieux, et les flammes consumeront tout. Tous seront brûlés, et moi seul aura la vie sauve. Pourtant, quand je verrai la montagne de corps entassés, je mourrais à mon tour de chagrin. ». 

Ils marquent également que Pount est le Paradis Mythique des Neterous, le Séjour des Bienheureux où les Humains les plus en accord avec la sagesse Divine, sont emmenés après leur mort pour séjourner parmi les Dieux. Ils déclarent que son souverain est Osiris, et que ce dernier a jadis voyagé jusqu’en Egypte pour la civiliser, au cours du « Premier Temps ». Ils l’imaginent comme un territoire plus proche qu’il n’y paraît au premier abord : quelque part à la périphérie de la mer Rouge et des cotes de l’Afrique orientale ; peut-être même dans les parages de la somalie.

En tout cas, pour les Mages, une chose est désormais sûre : leurs Dieux sont venus longtemps auparavant dans leur pays pour échapper à un effroyable Cataclysme qui a englouti leur Civilisation. Ce sont eux qui ont donné à leurs ancêtres – des tribus alors barbares habitant les rivages du fleuve Nil – les moyens de faire naître la leur.

Puis, peu à peu, ils transforment, refondent, enrichissent, leurs récits. Ils le synthétisent pour qu’ils n’en forment plus qu’un seul. D’une extrême longueur, mettant en scène d’innombrables personnages devant faire face à des situations très variées, et élaboré à la manière d’un drame aux dimensions cosmiques, ils y expliquent les origines du Monde. Ils y racontent la genèse du pays de Pount, l’Histoire des Dieux – de leur apparition à leur Evolution mouvementée, de leur déclin à leur extinction – sur ce Continent englouti appelé Pount. Ils y décrivent aussi leur renaissance en Egypte ; et enfin, comment ceux-ci ont légué leur héritage Intellectuel, Spirituel et Mystique aux Enfants qu’ils ont engendrés sur cette nouvelle terre.

En guise de conclusion, voici ce qu’ils y marquent : « Pount se situait par-delà la première et la seconde cataracte du Nil. Les Romes – ou « Seigneurs Neterous » - vinrent de la terre des Dieux par cette route, et se soucièrent, dès qu’ils eurent achevé de dominer l’Egypte en compagnie de l’Homme Ménès, de préserver le trajet de la terre ancestrale en le dessinant sur une carte. En effet, une double catastrophe les en chassa jadis : l’exhaussement brutal des montagnes de la région des Grands Lacs, ainsi que d’autres calamités, leur fit fuir leur contrée. Mais, une fois sauvés, ils désirèrent conserver le moyen d’y retourner pour, un jour, y célébrer des rites en l’honneur de leurs Pères et de leur antique religion. ».

En se basant sur ces textes – parfois très contradictoires -, certains Egyptiens prennent la direction qui mène aux sources du Nil. D’autres longent les rives du fleuve Congo ; d’autres encore celles du Zambèze. Les explorateurs côtoyant les bords du Nil, eux, arrivent finalement en vue de ce qui leur semble être les reliquats d’une ancienne mer intérieure. D’après ces derniers, en continuant plus à l’Est, ils sont persuadés de parvenir en vue de l’océan Indien. Ils imaginent de ce fait que le pays de Pount existe quelque part au-delà de celui-ci.

Ainsi, lorsqu’ils reviennent sur leurs pas, les voyageurs entreprennent de dessiner une carte décrivant l’itinéraire qu’ils ont emprunté. Ils désirent le confondre avec les indications que les Légendes évoquent. Ils tracent alors les contours de cette mer intérieure en pleine décomposition. Ils montrent les rives de l’océan Indien à l’Est de celle-ci. Ils intègrent au centre de l’immense étendue d’eau l’Archipel de Pount tel qu’ils le conçoivent, en y rattachant l’île de Madagascar par la même occasion. Puis, quand ils reviennent en Egypte et qu’ils racontent leur parcours dans ces territoires inhospitaliers, beaucoup de gens fantasment aussitôt sur eux. Et de nouveau, des récits inédits se mettent à pulluler.

Des scribes spécialisés dans les livres relatant l’Histoire des Dieux, commencent donc à écrire des commentaires décrivant l’invasion de l’Egypte par des peuplades barbares venues du Sud au cours du règne de Thot. Ils exposent la manière dont ces tribus sauvages sont entrées en Afrique par le Sud-Est du Continent à la suite de la disparition de leur terroir primitif ; comment, ensuite, elles se sont avancées vers le Nord-Ouest en apportant avec elles leur brutalité. Quelques uns relatent même comment elles ont d’abord été refoulées par des Hottentots au teint jeune sombre, avant que les Egyptiens ne stoppent leur déferlement à la frontière de la seconde cataracte du Nil.

Un scribe raconte : « Les Africains Hottentots parquèrent ces hommes sanguinaires dans les jungles inhospitalières et dans le désert du Kalahari. Mais la mer qui formait la frontière de ce territoire se réduisit peu à peu aux dimensions d’un lac et de marécages. Les Barbares reprirent donc leur marche, remontèrent vers le Nord pour trouver de nouvelles contrées à conquérir. ».

A la mort de Mentouhotep, vers 2000 avant J.C., les troubles recommencent et la famine réapparaît. Amenemhat, son vizir, prend le pouvoir, soutenu par les puissants nomarques. Sa dynastie, la 12ème, celle des Amenemhat et des Sésostris, quitte Thèbes pour s’installer plus au Nord, à Licht. Là, ces nouveaux Pharaons poursuivent la politique entreprise par Mentouhotep : ils annexent la basse-Nubie, exploitent les mines du Sinaï et du désert oriental, renforcent leur influence en Syrie-Palestine, construisent des temples, des tombes et de puissantes fortifications, les « Murs du Prince », afin de protéger le Double-Pays d’envahisseurs éventuels. Grâce à ces énormes châteaux forts de briques, leurs soldats surveillent les frontières déjà bien protégées par l’aridité des déserts. Sésostris III, cinquième Pharaon de la 12ème dynastie, réorganise totalement d’administration de son royaume. Pour limiter les pouvoirs du vizir unique, il partage les responsabilités et créé trois ministères : un pour le Nord, un pour le Sud et un pour la « Tète du Sud », c’est à dire la nubie. Chaque ministère a un rapporteur, un rapporteur en second et un conseil. De ce fait, la noblesse perd son influence au profit d’une classe moyenne plus nombreuse et donc moins dangereuse pour le pouvoir royal.

Amenemhat Ier est le fondateur de la 12ème dynastie. Dès le moment où il monte sur le trône d’Egypte, il proclame qu’il désire se faire ériger un mastaba dans un lieu fort éloigné de Thèbes. Il demande aux Mages désignés à son élaboration, de l’orienter vers le Nord sur le site de Karnak. Et ceux-ci dirigent donc ses enceintes mortuaires vers les Etoiles Circumpolaires du Ciel.

Par ailleurs, sur les murs des salles souterraines du mastaba, ils sculptent nombre de Symboles qui se rattachent au dieu Heh ; qui est la personnification de l’Eternité. Ils y inscrivent aussi des hiéroglyphes désignant des formules propriatoires, comme « bonheur », « toute vie et protection », ou « les dieux Horus et Seth sont en paix ». Ils dessinent trois étoiles à huit branches au plafond de quelques corridors. Et ils sacrifient des esclaves portant des bijoux et des talismans aux fonctions augurales et protectrices, à l’issue de l’édification du monument.

Puis, Amenemhat Ier consacre Karnak comme Sanctuaire national. Ses Mages y basent donc des édifices et des aires sacrificielles honorant Thot, Anubis, Thoueris, la déesse serpent Renenoutet, le Seigneur de Paï Soknopaios, et Anehoès. Ils excavent des caveaux ornés de reliefs tracés en rouge. Ils y inscrivent d’ailleurs des formules appartenant au Texte des Sarcophages, attestant de leur lien avec la cité d’Abydos. Ils élèvent Amon au rang de divinité protectrice du lieu, avant de le désigner comme « Roi des Dieux » en remplacement de Ra. Et ils affirment que la sauvegarde et l’agrandissement de ces réalisations, vont permettre à la dynastie de se perpétuer. Ils insistent sur le fait que les monarques qui vont succéder à Amenemhat Ier vont devoir se réclamer du même projet religieux que lui ; et qu’ils devront s’efforcer de ne pas oublier sa valeur intrinsèque, pour pouvoir en tirer leur vigueur. Car, écrivent les Mages : « Ensevelir l’ancien, c’est ne pas communiquer sa Force au nouveau. ». 

Ensuite, Amenemhat Ier créé une nouvelle capitale au Sud de Thèbes ; dans le Fayoum. Il désire ainsi montrer à tous ses sujets qu’il domine les Deux Terres, et que nul ne peut s’opposer à ses décisions. Il veut aussi faire de sa métropole le siège d’une dynastie moderne et étincelante.

Dès lors, ses Artisans irriguent l’oasis qui le constitue. Ils dégorgent la plus grande partie de cette région marécageuse appelée depuis toujours « le pays du lac », et souvent inondée par le Nil proche. Ils élèvent une cité qu’ils nomment Shedit. Ils édifient un Sanctuaire dédié au dieu Sobek, accompagné d’un monolithe surmonté d’un pyramidion. Au Sud du lac Méoris, à Qars es Saghah, ils établissent un petit Temple consacré à Osiris, et où les hiéroglyphes qui sont ancrés sur ses murs expliquent que le dieu est assimilé à Horus, et que le Pharaon Amenemhat Ier est son descendant direct : « Qui a construit ce Temple Sacré ? Un homme, dit-on, a été engendré pour être le divin roi de l’Egypte. Il est apparu sur la terre en tant que Seigneur Universel, riche, et tout puissant. Quand les Egyptiens évoquent son nom, ils l’appellent : « le Grand Immortel ». Et les Dieux le saluent en tant que fondateur de la dynastie ; et lui garantissent la puissance, ainsi que la vie éternelle. ».

Dès lors, peu à peu, est considéré comme faisant parti du panthéon Divin. Les Egyptiens voient en lui le dieu de la mer et de la terre. Il acquiert la réputation de dominer les Eléments, de couvrir de sa grandeur tous les beaux fleuves qui coulent. Et son nom est synonyme de « souffle des vents » et de « lumière du Soleil ».

Après Amenemhat Ier, c’est Sésostris Ier qui monte sur le trône d’Egypte. Celui-ci fait construire sa nécropole et déposer son sarcophage au même endroit que son père. A l’intérieur de son mastaba, il fait creuser un puits au centre duquel il fait implanter un monolithe de quartzite. Il fait entourer son caveau par un Temple de Mout ; qu’il fait décorer par de nombreuses statuettes qui le représentent. Il fait placer un autel devant servir de support à la divinité. Il fait sacrifier des dizaines d’esclaves non loin de sa pyrée. Aux cotés du Sanctuaire, il fait élever une chapelle aux murs blancs, destinée au dieu Solaire Amondé. Et c’est ensuite là qu’il se rend régulièrement pour y rencontrer le dieu.

Par ailleurs, sur la frontière Nubienne, Sésostris Ier demande à ses Architectes de bâtir plusieurs forteresses. Ceux-ci se rendent donc sur le site où la barrière naturelle qu’est le « Ventre de Pierre », brise le cours impétueux du Nil. Ils établissent une citadelle à Bouhen, une autre à Kouban, et un dernière à Semna. Ils leur donnent pour fonction de protéger cette « Vallée de l’Or », ainsi que les mines que les ouvriers de Pharaon exploitent. Et, enfin, au Sud des remparts, ils creusent une nécropole composée de chambres souterraines accessibles par un escalier, à l’intention des soldats de Kouban. 

Le fils de Sésostris Ier, Sésostris II, lui, établit son propre caveau funéraire, non pas orienté vers le Nord de Karnak, mais vers l’Ouest, afin de s’assurer de son inviolabilité Magique. Il érige ensuite une nouvelle cité, Kahoum, ainsi qu’un nouveau Temple d’Amon. Il exige que les habitants de la ville se vouent exclusivement à l’entretien du Sanctuaire. Puis, il élargit l’enceinte de la forteresse de Kouban. Dans ses environs, il fait construire un lieu de culte dédié à sa propre personne divinisée. Il érige une autre place forte au sommet du Ventre de Pierre : Mergissa. A une centaine de mètres d’elle, il fait excaver une vaste nécropole à l’intérieur de laquelle il exige que soient inscrits « les Textes des Prescriptions ». Et, enfin, il y envoie quelques Mages ayant pour mission se purifier les lieux. Et ceux-ci y lancent des Sortilèges capables d’anéantir les Puissances destructrices des ennemis de l’Egypte.

Le successeur de Sésostris II, Amenemhat II, pour sa part, ne reste pas longtemps au pouvoir. Il décède au bout de quelques mois de règne, et il est aussitôt remplacé par Amenemhat III. Celui-ci fait alors en sorte que son mastaba de Karnak soit de nouveau orienté Nord-Sud. Il demande aux Mages – jadis Initiés par l’un des Adeptes d’Ektäris, Ismandes - qui l’échafaudent, de revenir à l’idéologie primitive des Pharaons, en ce qui concerne la symbolique funéraire. Et ceux-ci y effectuent de nombreux sacrifices humains afin d’y honorer les Dieux. Ils bâtissent encore un complexe funéraire labyrinthique à Howara : à l’intérieur, ils bâtissent ainsi, tout d’abord, une table sacrificielle. Ils l’accompagnent de deux colonnes recouvertes de hiéroglyphes. Et ils érigent une statue honorant Sobek, et une autre vénérant le lac Méoris.

Amenemhat III intensifie les liens culturels et commerciaux qui existent depuis longtemps entre l’Egypte et le Proche Orient. Ainsi, au cours des premières années de son gouvernement, il implante très facilement le culte d’Hathor dans les comptoirs Phéniciens de Byblos. Il répand un peu partout une Légende le concernant : le dieu thébain Mentou lui aurait offert les Deux Terres afin que son ka y vive pour l’Eternité. De plus, Mentou le considérerait désormais comme l’Initiateur d’une nouvelle Ere. Il offre à Amon-Ra le titre de « Maitre de la vallée du Nil », lui fait acquérir le titre de « Divinité Dynastique ». Et, enfin, il commence à s’identifier à lui en déifiant sa propre personne au cours d’une Cérémonie somptueuse.   

Un jour, Bakhtet, un explorateur de renom est chargé d’une mission secrète par le Pharaon Amenemhat III. Celui-ci a en effet entendu parler des récits des découvreurs de Pount au cours de son expédition aux frontières de son royaume ; il aimerait en avoir le cœur net. Il charge donc Bakhtet de se diriger vers les sources du Nil pour retrouver les traces de la terre des Dieux. Malheureusement, une fois parti, Bakhtet ne donne plus jamais signe de vie.

Un peu plus tard, Amenemhat III confie à son vizir Mémiré le même périple plein de risques vers Pount. Mémiré accomplit alors trois voyages, mais sans atteindre son but. Il en tente alors un dernier, beaucoup plus long, par la mer. A la tète d’une flotte de 3000 marins, sans repères, il longe l’Afrique occidentale, touche les cotes de Somalie, du Kenya. Il contourne l’Afrique du Sud et remonte le long de l’océan Indien, avant de débarquer sur l’île de Madagascar. Il revient finalement en Egypte en croyant avoir accompli sa mission.  Et, dès lors, pendant près d’une centaine d’années, des expéditions plus ou moins régulières empruntent le même itinéraire pour y commercer, avant de s’interrompre brutalement à la suite de bouleversements politiques en Egypte.

Par la suite, même si plus aucune expédition n’est entreprise en direction de l’ancien pays de Pount, les scribes reprennent régulièrement les informations des récits antérieurs à son sujet. Ils les embellissent et les augmentent encore davantage. Ils renouent aussi avec l’idée que Pount est un archipel disparu, une sorte de pont continental ayant existé dans le passé entre l’Afrique orientale et l’Inde. Quelques uns se réapproprient d’ailleurs l’idée que le dieu Thot y a vécue avant d’émigrer en Egypte. Pour ces derniers, c’est à la suite de l’engloutissement de son pays qu’il s’est établi dans le territoire Nord-Africain en compagnie d’une des deux parts parmi les plus antiques du peuple égyptien – de Race Rouge - ; son autre fraction – de Race Blanche -, se réclamant quant à elle d’un autre lieu primordial : « l’Amenti » - ou « îles d’Occident » -.

Pendant toute cette période, tous les contes populaires imaginent ainsi Pount comme un pays fantastique. D’après eux, le roi Osiris continue d’y régner en maître. Jadis Dieu de forme humaine, il est aujourd’hui un spectre se rattachant à une Humanité différente. Il est en effet désormais le prince des magiciens, possédant la capacité de prendre toutes les apparences qu’il désire. Parfois ressemblant à un serpent doué de parole, il se distingue à d’autres moments comme le membre d’une espèce marine ou amphibie appelée « hommes à la peau d’argent ».

Le dernier souverain de la 12ème dynastie se nomme Sésostris III. Celui-ci érige une stèle près de la première cataracte du Nil au moment où les premières grandes difficultés débutent pour l’Egypte. Il y inscrit une interdiction aux peuples Géants du Sud d’aller plus loin.

Cependant, un peu plus tard, le père du gouverneur d’Eléphantine est assassiné aux abords de la seconde cataracte. C’est lui qui, en effet, doit faire face pendant plusieurs années à une tentative d’invasion du Sud de l’Egypte par les Hottentots et les Bochimans ; aussi appelés « Nubiens ». Tandis que les successeurs immédiats de Sésostris III, Nebhepetre, Mékétré et Nefekou assistent, impuissants, à la désintégration accélérée de la monarchie Egyptienne.   

Iles de la méditerranée, 3ème millénaire avant J.C. :

Dès cette époque, des Civilisations s’épanouissent autour de la mer Egée, en Crète, à Chypre, dans les Cyclades, en Grèce continentale et en Asie Mineure. C’est la crète qui est la première à être peuplée par des populations faisant partie d’une première vague d’envahisseurs Indo-Européens. C’est elle qui va affirmer une Civilisation originale, dite Minoenne, dont le réel développement de situe vers 2000 avant J.C. C’est à cette date que sont construits les palais de Cnossos, de Phaïstos, de Zakros, de la canée ou de Malia. Et d’ailleurs, un mot de leur langue : « Aryanne » est porteur de l’idée que ces conquérants sont supérieurs aux autochtones ; il signifie « Race très pure ». Mais, en fait, il vient du terme sanskrit « Arya », qui veut dire : « noble ».

Durant la première période Minoenne, la crète est divisée en plusieurs petits royaumes vivant en paix les uns avec les autres. Ces royaumes développent la métallurgie du bronze, la céramique et l’orfèvrerie, ainsi que le commerce maritime avec les Cyclades, Rhodes, Chypre et l’Orient. Tandis qu’en Occident, des populations parties des régions danubiennes atteignent les bords de la mer Egée, entraînant troubles et destructions. Mais la crète s’en tient à l’écart du fait de son éloignement. Et cette situation se prolonge jusqu’aux alentours de 1700 avant notre Ere.

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