Mes Univers

Quand le Mythe rejoint l'Histoire, il y a un Instant Magique où la Réalité n'existe plus que pour ètre emportée par le Souffle d'une Légendaire Epopée...

28 juillet 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 835 - 840

France_au_moyen_ageLes Constructeurs d’églises  sont depuis longtemps initiés à la géographie Sacrée du pays, mais aussi, en règle plus générale, à celle du Continent tout entier. Ils connaissent tous les lieux les plus propices à l’édification de monuments dédiés à la plus grande gloire de Dieu. Ils savent exactement où ils doivent placer leurs églises. De fait, comme leurs prédécesseurs païens, ils transforment donc leurs édifices en Centres particuliers. Et ils enseignent à leurs commanditaires les Messages que ceux-ci véhiculent, que leurs utilisateurs peuvent y voir et montrer – ou non – à leurs fidèles.

Généralement, les architectes choisissent des sites où une, deux, voire trois lignes symboliques qui reproduisent les lieux où certaines étoiles du Ciel, se rencontrent. Car ils savent que pour la france, la constellation du Bélier représente les lignes Telluriques qui traversent le Barn et la navarre ; le Taureau, celles des principaux pics des Pyrénées – Pic d’Aneto, Vigne Made, Mont Perdu - ; les Gémeaux, celles du Couseran, de Muret, et de Saint-Girons ; le Cancer, celles de Foix, de Montségur, et de Montserrat ; le Lion, celles du Lauregais, des Corbières, et du Golfe du Lion ; la vierge, celles de Minerve, de Béziers, de Marseille, et de Nice ; la balance, celles d’Arles, de Nîmes, et du Dauphiné ; le Scorpion, celles du Velay, et de la bourgogne ; le Sagittaire, celles de Clermont-Ferrand, et de Bourges ; le Capricorne, celles du Quercy, du Poitou, et du Périgord ; le Verseau, celles de l’Aquitaine, de Bordeaux, et de la rochelle ; et le Poisson, celles de la gascogne, et des Landes.  Et ils savent que les endroits où ces Constellations se croisent sont les plus propices à l’érection de leurs monuments.

Les Maitre Maçons établissent les proportions idéales des édifices de la même façon. Par l’intermédiaire du Nombre d’Or – car celui-ci permet en effet, symboliquement, à l’Homme d’atteindre ses dimensions réelles - ils pensent contribuer à maintenir le Monde en équilibre au Cœur de l’Univers. Ainsi, ils échafaudent leurs architectures à partir de formes géométriques. Et ils font en sorte, que, comme les plus majestueux monuments du passé, les leurs représentent pareillement la vie, l’Eternité, la santé ou l’Univers dans leur ensemble.

Or, comme ces Constructeurs d’Eglises sont Initiés à l’Hermétisme, ils intègrent également sur les murs de leurs édifices, des Symboles tels que le Grand Carré de la connaissance aux Angles Infinis ; mais dont la croix est le Signe Négatif : mettre une Croix sur quelque chose ou sur quelqu’un fait oublier ce qui a été vu ; par contre, une Croix à coté d’un Poignard, désigne la mort ; c’est l’Emblème qui empêche la vérité d’apparaître. Et le Cercle, le Triangle, et le Rectangle, au contraire, permettent à celle-ci de surgir.

Par ailleurs, parfois, ils y désignent également les Rites liés aux Mystères d’Eleusis. Ils y évoquent les Trois Portes Mystiques, ainsi que les Trois Passages qu’ont dû emprunter leurs Ancêtres, afin de devenir des Adeptes de ce culte. Et ils y signalent que la première ouverture est capable de transformer quelqu’un en Initié ; que la seconde lui donne accès aux Petits Mystères ; et que la troisième lui fait découvrir les Grands Mystères. 

L’un d’eux fait ainsi une liste des Allégories à ancrer sur les murs des églises qu’ils ont pour mission de bâtir : « Les deux Béliers que nous devons souvent tailler, doivent être dressés sur leurs pattes postérieures ; et, lorsqu’ils s’affrontent, ils désignent la lutte entre le Soufre et le Mercure. Mais, c’est également une représentation de la période dont le Signe Zodiacal est propice au commencement des travaux hermétiques. Quant à l’Ourse monstrueuse qui accompagne ces deux Béliers, elle doit être occupée à dévorer une feuille ; et elle doit porter deux Singes sur son dos. Et, l’un des deux Singes a pour obligation d’exhiber une baguette, tandis que l’autre doit emboucher une trompette.

Les deux Singes symbolisent donc les Alchimistes qui ont la capacité d’imiter la nature – Singerie. Et l’Ourse est la vierge minérale, le Mercure des Sages ; mais aussi, l’Etoile Polaire qui indique à l’Initié qu’il est sur la bonne voie.

L’Ane qui chante la messe, accroupi devant son pupitre, pour sa part, doit déchiffrer une partition en caractères de plainchant. Il désigne de fait la monture du Christ ; il incarne donc la matière Première de l’Œuvre qui porte la potentialité de l’Or. Un Cerf soumis se trouve non loin de lui. Celui-ci doit être étendu sur le ventre dans une attitude de soumission ; il désigne alors le Mercure des Philosophes, et il rappelle l’engagement hermétique des rois de France.

La fontaine Indécente doit être hexagonale, et au sommet, doit se discerner un Lion qui crache un liquide dans la bouche d’un homme nu. Il s’agit là d’une projection du Mercure appelée « Urine des Enfants » ou « Urine de la vierge ». Pourtant, elle désigne également le Sel de l’Harmonie ; ou, l’Ammoniac.    

Le combat de l’Aigle et du Lion doit évoquer un Aigle au corps de Serpent qui attaque un Lion. Ce dernier annonce donc le Soufre ; tandis que son adversaire figure le Mercure volatil. La jeune Fille et la tortue caudée, eux, doivent montrer une Jeune Fille qui tient une guirlande de fleurs, et qui chevauche une Tortue dotée d’une énorme queue. La tortue représente donc Saturne et dévoile l’existence de la matière Première ; la « Minière des Sages ». Et la jeune Fille indique la qualité volatile du sujet ; tandis que l’ensemble manifeste l’extraction du « Minerai des Sages » de son gîte. La laie Musicienne doit jouer de la cornemuse et doit faire danser trois Marcassins. La laie témoigne du « caaput mortum » ; et la totalité démontre que la science Alchimique est un Jeu d’Enfants et un Art Musical. Et les trois Marcassins affichent les trois Phases du Grand Œuvre. La sirène Noire et enceinte sur le point d’enfanter, doit tenir un Miroir dans sa main droite. Elle désigne la vierge parturiente, la terre Primitive qu’il faut choisir en tant que sujet du Grand Œuvre ; et le Miroir est celui dont parle le Cosmopolite : « En son Royaume, il y a un Miroir dans lequel ont voit tout le Monde. Quiconque regarde en ce Miroir peut voir et apprendre les trois parties de la sapience du Monde. ». Le Chariot à Voile et son Guide Féminin doivent révéler un Chariot dont la voile est gonflée par le Vent ; il doit être conduit par une Femme. La voile symbolise donc la voie Humide ; et le Chariot, la voie Sèche. Ceux-ci signalent en outre que l’Alchimie est un Art de Navigation : pour atteindre le port, la pureté – la jeune Fille – est indispensable. Le Phénix à la belle envergure, doit tenir un Coq sous sa patte. Il décrit la quintessence de la force Créatrice ; la réalisation du Grand Œuvre annoncée par le Coq. Les Deux Chiens doivent être, pour l’un, une énorme Levrette accroupie, et pour l’autre, un petit chien qui tente de lécher le museau de son aînée. La levrette signale le Mercure ; et son petit partenaire, le Soufre. Leur lien est celle qui proportionne le Soufre et le Mercure nécessaires à la réalisation du Grand Œuvre. L’Homme Lion doit être un individu au corps de Lion qui brandit une massue et se couvre d’un bouclier de fer. Il exprime l’union de la théorie et de la pratique ; le combat qu’il faut mener pour ouvrir la matière. L’Homme Anguiforme et la fileuse doivent faire apparaître un Homme dont le corps se termine par un Serpent, et qui étreint une Jeune Fille enceinte tenant une Grenouille entre ses jambes croisées. L’Homme Anguiforme incarne le Feu utile au développement de l’Embryon Métallique ; et l’ensemble figure la coction finale. L’Eléphant, le Singe, et les deux Bahuts, doivent laisser deviner un Singe assis sur l’un des deux Coffres que porte l’Eléphant. Le Singe dépeint donc l’Alchimiste. Et la licorne domptée doit être au repos sur le sol, les pattes repliées sous elle. Tandis qu’elle personnifie la pureté, ainsi que la lumière Naissante du Grand Œuvre. ».   

Ailleurs, cet Architecte décrit l’une des fresques murales qu’il a récemment composée, et qui s’appuie sur ces Symboles Hermétiques : « La reine est couronnée d’Etoiles qui brillent de toutes les couleurs de l’Arc en Ciel, et est coiffée d’un Turban. Sa figure a des traits placides, un teint olivâtre. Son nez a la courbure du bec de l’Epervier. Un collier de Perles roses entoure son cou, et, derrière ses épaules, s’arrondit un col en dentelles gaufrées. Sa robe à la couleur de l’Hyacinthe, et l’un de ses pieds est posée sur le pont ; l’autre s’appuie sur une roue. L’une de ses mains est posée sur le roc le plus élevé des montagnes de l’Herne ; et l’autre est dirigée vers le Ciel ; tandis qu’elle balance la fleur de l’Andoxa. Cette Reine est ainsi prête à sauver le Monde.

Par ailleurs, des Constellations l’environnent de leur clarté. Sur le pic le plus élevé des montagnes qui l’accompagnent, se distingue une cage dont le treillis se découpe dans le Ciel. Un oiseau merveilleux chante à ses cotés ; il est le Talisman des Ages Nouveaux. Tandis qu’un Serpent ouvre sa gueule pour se saisir de la reine. Mais c’est une Graine ornée d’une Aigrette Lumineuse qui s’engloutit dans le Gouffre ainsi ouvert ; et que le Signe du Bélier apparaît deux fois au dessus de lui. Comme un miroir, il réfléchit le visage de la reine, qui prend les traits de Sainte-Rosalie. ».

Un autre Architecte, de son coté, souligne, dans son compte rendu, que les hautes doctrines Mathématiques dont ils se servent pour bâtir leurs édifices, ont été ramenées d’Orient par les Templiers quelques dizaines d’années auparavant ; et que, pourtant, elles ne sont pas d’origine Arabe.

En effet, pour lui, comme pour ses Frères, elles ont été transmises à ces derniers au travers des Mystères Pythagoriciens liés au « Nombre d’Or ». Ils se disent que Pythagore a été un Initié Grec qui a appris les bases de sa Science Arithmétique en Egypte. Il se demande si, avant lui, ce n’est pas l’Egyptien Hermès Trimegiste qui a Enseigné cet Art à ses Adeptes ; d’où le nom « d’Hermétistes » qui sont donné à ses Serviteurs ? Il s’interroge de savoir si ce ne sont pas ses écrits qu’ont détenu les Alchimistes des premiers siècles de notre Ere, et qui, déjà étaient à la recherche de la fameuse Pierre Philosophale ? Ils supposent que lui et ses Frères sont les derniers détenteurs de cette Science qu’ils ancrent dans la pierre. Et ils lui donnent une nouvelle appellation par le terme « Art Gothique » ; ce qui, en langue Alchimique, veut dire : « Ce qui est caché, hermétique ». 

A partir de Saint Denis, ce mode de construction se répand vite, et les équipes de maçons, de verriers, de sculpteurs Initiés et Ecclésiastes, appelés par Suger, la diffusent partout en France du Nord.

Par ailleurs, en 1130, Eon de l’Etoile fonde sa propre secte alors qu’il est prieur du couvent de Moinet. Le cloître est situé près de Barenton – à proximité de la forêt de Brocéliande -, est bâti sur les ruines d’un ancien Sanctuaire Païen, et dépend de l’abbaye de Paimpont. Mais Eon de l’Etoile n’en n’a cure, et il entraîne bientôt nombre de Disciples de la région, non seulement dans ses divagations théologiques et liturgiques – en leur demandant de lui rester fidèles jusqu'à la mort, ainsi que déterminés et fanatiques dans leurs convictions -, mais aussi dans un véritable banditisme. Et, de fait, avec ses hommes, il se met à piller les églises, les monastères et les châteaux regorgeant de richesses. Puis, il distribue une partie des trésors accumulés aux paysans les plus défavorisés.

Pourtant, il est rapidement accusé de pratiquer la magie Druidique – ou, tout du moins, héritier de Traditions Celtes -, et d’être hypnotiseur. On dit un peu partout qu’il use de Sorcellerie sur les étrangers de passage, qu’il oblige ses Adeptes à l’appeler « Seigneur des Seigneurs ». Il est dénoncé comme ayant eu accès à des Secrets jalousement gardés, ou de jouer les prophètes d’une nouvelle Religion. Par ailleurs, certains cultivateurs affirment l’avoir parfois aperçu seul, sur la route, avec un bâton en forme de Y à la main ; ils pensent que ce dernier dissimule un grand Mystère. D’autres soutiennent l’avoir distingué fourbu, avec quelques singularités sur le haut du front. D’autres encore déclarent l’avoir entendu répéter dans les bois d’étranges formules : « Per eum qui venturus est judicare et mortuos et saeculum per ignem » - ou « Je suis celui qui viendra juger les Vivants, les Morts et le Siècle, par le Feu. ». Et en français : « Lorsque les deux branches de mon sceptre sont élevées vers le Ciel, cela signifie que les deux tiers du Monde appartiennent à Dieu le Père ; et quand les branches sont tournées vers le bas, cela veut dire que les deux tiers du Monde sont à Eon. ».

Progressivement, les idées d’Eon de l’Etoile se répandent bien au-delà de la forêt de Barenton/Brocéliande. Elles se propagent dans le diocèse de Saint-Malo, atteignent la gascogne. Dans divers lieux, des communautés éonistes apparaissent.

Mais l’aventure se termine brutalement. Eon de l’Etoile est pris, traîné devant un concile présidé par le pape, puis condamné à la prison ; où il meurt bientôt, pendu d’une étrange façon.

Dès 1135, les élèves bâtisseurs de l’Ecole de Chartres mettent en pratique leurs Connaissances – en partie issus de leurs Traditions Initiatiques – afin d’élaborer les fondations de la cathédrale de Chartres. Ils commencent donc par communiquer entre eux par l’intermédiaire d’un « argot » bien à eux. Ils cherchent ensuite l’endroit le plus propice à l’élévation de leur monument ; et, ils finissent par choisir le site – au cœur de la forêt des Carnutes - où, jadis, les Druides ont érigé leur Sanctuaire de « Carnute Is », et où ces derniers pensaient qu’un courant de fluide vital terrestre reliant Reims à la bretagne, existait. Et c’est pour cette raison que l’un d’eux écrit alors : « La cathédrale de Chartres sera le cinquième édifice Culturel bâti à cet endroit ; car, aujourd’hui encore, s’y distingue un dolmen qui a été dédié à Bélisama. Et, il ne faut pas oublier qu’autrefois, de telles pierres levées ont souvent caché l’entrée de grottes Druidiques destinées à cacher des Objets Sacrés au regard des mortels. ».   

Puis, contrairement aux ordres reçus, les Maîtres d’œuvre commencent par s’approprier le Symbolisme véhiculé par les lieux. Ainsi, Lalibéla et ses Maçons se rappellent des Légendes qu’ils ont déjà entendu à propos de ce genre de lieu ; l’une d’elles disant par exemple : « Le Transport et la mise en place des blocs qui forment cette chapelle remontent à la nuit des Temps. Et, ce sont ses Ingénieurs qui l’ont, par la suite, nommé « l’Autel des Idoles » - ou, « Carnutes Is ». Ou ene seconde évoquant le fait qu’elle était censée diffuser une Force Sexuelle considérable à ceux qui venaient y prier les dieux.

Ensuite ils recouvrent ceux-ci – les transformant ainsi en Crypte en partie murée - d’un dallage hermétique. Ils y percent un puits rectangulaire alimenté par la nappe phréatique. Ils font d’ailleurs en sorte que celui-ci aboutisse à 37 mètres de profondeur ; c’est à dire, au cœur des trois grottes superposées qui ont composé les principales salles de cet ancien Sanctuaire. Ils y apposent leurs marques personnelles, ainsi que la phrase : « La vérité sort du Puits. ». Ils poursuivent en creusant les fondations de la cathédrale tout autour de cette architecture primitive. Ils étendent la superficie de leur revêtement, y tracent des figures labyrinthiques leur permettant d’exercer un certain nombre de Rites Religieux. Ils montrent de cette manière que le « Parcours » qu’ils ont dessiné souligne l’idée selon laquelle le Sacré est plus important que le Profane. 

Ensuite, suivant leur plan bien ordonné, le Maître Maçon Lalibéla – qui a passé plusieurs dizaines d’années de sa vie à coudoyer les Chevaliers du Temple à Jérusalem-,  et ses ouvriers, élèvent le chœur de la cathédrale. Pour cela, ils utilisent l’Art de la « Gématria. Ils établissent donc tout d’abord la longueur du monument par rapport au double de sa largeur. Ils bâtissent un oratoire Symbolisant une Etoile à Sept Branches. Ils conçoivent certains des  murs de celle-ci en fonction de conceptions allégoriques très élaborées que seuls, désormais, des Initiés seront à même de comprendre. Par ailleurs, ils érigent des chapelles en s’appuyant sur un schéma en étoile dont les bases sont égales au centième du périmètre de la pyramide de Kheops ; en écrivant à ce propos : « Une fois de plus, on retrouve l’Egypte mêlé au culte Druidique. Or, c’est sur ces deux dogmes apparemment antagonistes, que s’appuiera désormais le pèlerinage de Chartres. ». Ils les orientent en direction du Nord vrai et en fonction de l’inclination géodésique de la planète. Par la même occasion, ils résolvent Esotériquement la quadrature du Cercle de la table d’Emeraude. Ils modèlent leurs sols afin de pouvoir y dessiner des Tables Rondes labyrinthiques composées de dalles noires et blanches. Par dessus celles-ci, par l’intermédiaire de ces mêmes notions Arithmétiques, ils coordonnent la surface de Tables de pierres Carrées. Puis, ils imposent à l’édifice des proportions particulières liées à l’Arche d’Alliance et au mystérieux royaume du Prêtre Jean.

Ils échafaudent donc chaque paroi, chaque poutre, chaque vitrail, chaque toiture, chaque peinture ou chaque sculpture selon des données extrêmement précises ; qui ne se révéleront qu’à ceux qui savent les voir. Ils retranscrivent en outre d’obscures phrases liturgiques au sein de multiples ornementations. Ils reproduisent les textes de documents Egyptiens et Hébraïques qu’ils ont en leur possession dans les lieux les plus silencieux du chœur de la cathédrale. Ils y marquent alors les passages qui se réfèrent à l’édification du Temple et de son Saint des Saints. Ils y ancrent les descriptions des Clefs Occultes de leur Savoir ; telles que « Archa Cederis » - ou « Par l’Arche tu œuvreras ». Ils sculptent d’étranges Symboles signifiant – pour celui qui sait les déchiffrer – qu’un morceau de l’Arche a quitté Israël au temps du roi Salomon ; et qu’il s’est éloigné de son pays en compagnie de Ménélik et de Zadok. Puis, finalement, ils installent non loin de là une table carrée, et érigent deux colonnes semblables à celles du Temple de Salomon.

Les Maîtres Initiés et les maçons de l’Ecole de Chartres sont désormais sollicités pour toutes sortes de chantiers : ils édifient l’église Sainte-Hildevert, à Gournay en Bray. Mais, contrairement à d’autres paroisses qu’ils ont déjà mises en chantier, ils lui ajoutent des arcades romanes et gothiques présentant des créneaux géométriques et des masques grimaçants. Ils sont à Noyon, et étendent sa voûte d’ogives sur sa nef, et la posent à 23 mètres de haut. A Laon, ils la montent à 24 mètres, et enchâssent dans ses façades les premières « roses ». A Bourges, ils l’érigent à 37,15 mètres ; à Reims, dont la façade est ajourée à l’extrême, 37,97 mètres. A Amiens, enfin, ils atteignent 42,50 mètres. Il ne reste plus, dans le chœur, que 20 mètres carrés de murs pour 800 mètres carrés de verrières.

Bientôt, les Initiés de l’Ecole de Chartres choisissent un endroit au Sud de l’Ile de la cité, près du bras le plus étroit de la seine, pour fonder Notre-Dame de Paris. Ils commencent donc à creuser pour établir ses fondations. Mais, un jour, ils déterrent un mégalithe très ancien, qu’ils examinent aussitôt. Ils reconnaissent ainsi rapidement les symboles qui y sont sculptés ; ce sont en effet les caractéristiques sacrées de la déesse Noire et Sacrificatoire Cernunnos. C’est pour cette raison qu’ils décident de laisser la roche taillée à l’endroit où ils l’ont trouvé

Dès lors, ils se mettent à bâtir l’édifice sacré en prenant bien garde de ne pas toucher au mégalithe. Au cours de son érection, ils déplacent même plusieurs fois son autel pour cette raison. Dans un premier temps, ils le fixent – comme cela se fait traditionnellement – sur le point central de l’église. Puis, au bout de quelques mois, ils l’ancrent face à sa nef christique.

A quelques temps de là, ils édifient sa façade Ouest. C’est aussi à cette date qu’ils ancrent sur son fronton une rosace constellée de vitraux. Pour les architectes, la rosace symbolise en effet le Soleil Divin ; ses douze pétales représentent autant les douze Apôtres du Christ que les douze signes du Zodiaque. Puis, ils sculptent deux représentations des Mystères dont ils sont les détenteurs : Saint-Michel terrassant de sa longue épée le dragon et la vierge foulant de ses pieds les serpents. Ces dernières rappellent aux Initiés que les Forces terrestres et cosmiques se rejoignent en ce lieu ; elles disent aussi qu’elles permettent, à celui qui sait les utiliser, d’accéder à des états de Conscience supérieurs. Enfin, ils taillent d’innombrables démons grimaçants un peu partout sur ses parois et à l’angle de ses toits.

Plus tard, lorsque ces mêmes Architectes entament la construction de la cathédrale de Strasbourg, ils calculent les proportions du bâtiment à l’aide du Nombre d’Or. Ils les élaborent en fonction de celles de la grande Pyramide de Guizèh, mais aussi, de celles du Temple de Karnak ou du Parthénon. Ils s’inspirent également de celles du propriatoire placé par Moïse sur l’Arche d’Alliance. Ils veulent ainsi faire comprendre à l’Initié, que l’Occident est toujours à la recherche de cette Relique censée être dissimulée au cœur du Royaume du Prêtre Jean. Puis, au centre de l’édifice, ils déposent une Table, sur laquelle ils marquent : « Celui qui voudra arriver aux endroits où les rythmes spatiaux protègent la clef des Temps, celui là devra trouver la troisième Mesure ; car les deux premières ont été perdues avec les Pyramides et le Temple de Salomon. ». Tandis que l’un d’eux écrit dans ses mémoires :

« La haute doctrine Mathématique issue du Nombre d’Or que nous avons utilisée, n’est pas d’origine Arabe, bien que cette Civilisation l’ait connue très tôt. Elle nous a été transmise depuis l’Antiquité au travers des Mystères Pythagoriciens. Or, ce Grand Initié la découvrit lui même par l’intermédiaire des Sciences Sacrées Egyptiennes. En outre, c’est lui qui se demanda si Thot – l’inventeur supposé du Nombre d’Or – n’était pas un des multiples aspects de l’Hermès Trimegiste Grec. Car c’est ce dernier qui donna le nom « d’Hermétisme » à cette Science convoitée par les Alchimistes et les Philosophes actuels qui sont à la recherche de la fameuse Pierre. ».

Et enfin, ils terminent la construction de l’abbaye de Plaimpied, au Sud de Bourges, qui a débutée près d’un siècle plus tôt. Et, comme pour la cathédrale de Chartres ou Notre Dame de Paris, ils placent à tous ses points stratégiques – et notamment à l’intérieur de son chœur – des chapiteaux figurant des monstres et des démons ; ceux-ci étant les attributs les plus représentatifs des forces telluriques souterraines sillonnant la france, puis l’Europe, de part en part.

16 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 450 - 455

celteEnsuite, les Carnutes développent encore leurs Mythes, en évoquant la légende d’un Souverain à la fois Humain, et à la fois Tuatha Dé Dannan. Ils racontent donc que celui-ci a vécu d’innombrables aventures à travers le Monde : « Blessé au combat, Herla fut enfermé sous une montagne durant trois siècles. Et, au cours de cette période, son royaume devint la proie de la désolation et de la famine.

Pourtant, un jour, Herla vit un étranger s’installer non loin de son lieu de détention. Ce dernier se mit alors à l’interroger. Puis, il expliqua à Herla qu’il avait le Pouvoir, si il le désirait, de prononcer des paroles qui lui permettraient de l’aider à remonter sur son trône. Mais, Herla déclina son offre, le pèlerin ne psalmodia pas les Phrases Magiques, et il demeura encore longtemps emprisonné. ».

Leur Conte rapporte malgré tout, qu’ensuite, « Herla fut transporté jusqu’au cœur de l’énigmatique Ile d’Avalon. Dès lors, il y vécut en attendant son retour triomphal à la tète de son pays. Et il y créa une Corporation de Sorciers soumis à de nombreux Rites Initiatiques, et possédant de solides Connaissances Symboliques et Religieuses. ».

Puis, les Carnutes enrichissent l’existence d’Herla à l’infini. Ainsi, un épisode de sa vie relate : « Un des amis d’Herla se nommait Bran. Celui-ci était un dieu, un Géant Musicien, ainsi que le protecteur attitré des Bardes. Il possédait un Chaudron Magique capable de ressusciter les Morts ; mais, il l’avait jadis caché aux Enfers.

Or, un jour, les Fils de Gwac’h voulurent le lui dérober. Pour les empêcher de commettre leur forfait, Bran dut donc les affronter. Il fut blessé par une flèche. Il demanda à ses adversaires de mettre fin à ses souffrances ; et il supplia qu’on lui tranche la tète. Avant que les Fils de Gwac’h accèdent à sa sollicitation, et l’enterrent.

Ce ne fut que beaucoup plus tard qu’Herla apprit ce qui était advenu de son compagnon, qu’il retrouva le tumulus sous lequel il avait été inhumé, et qu’il récupéra le corps du défunt. ».   

Ou : « Gwyon Bach était un autre camarade d’Herla. Et, après la mort de Bran, c’est lui qui fut désigné pour protéger le Chaudron de la connaissance. C’est alors qu’un jour, par inadvertance, celui-ci fit couler trois gouttes de son liquide Magique sur son doigt. Il les porta à sa bouche. Et il obtint un Savoir qui ne lui était pas destiné. ».

Vers 250 avant notre Ere également, les Carnutes se mettent par ailleurs à prier d’autres Déités que les Tuatha Dé Dannan. Ils en appellent au représentant de la force Attractive, à l’Entremetteur des Mondes et des Etres, au Symbole de l’Energie Créatrice, qu’est Esus ; parfois nommé « Grue » ou « Rigantonde ». Ils commencent à croire que tout ce qui jaillit avec vigueur vient de lui : l’Eau de la terre, le Sperme de l’Homme. Il devient ainsi l’Origine de toute Vie ; de la passion comme du Mouvement. Il désigne le trait d’union entre l’Univers Terrestre, l’Univers Céleste, et l’Univers Souterrain. Et, enfin, ils le personnifient sous la forme du Divin Bûcheron accompagné de cet Arbre qui est, tout à la fois, l’Axe du Monde et du Mystère.

Les Carnutes se réfèrent encore à Kerunnos. Ils le figurent la plupart du temps sous l’aspect d’une Créature à trois tètes surmontées de cornes de Taureau. Car, pour eux, ces dernières révèlent l’existence d’innombrables Cycles ; tant Spirituels que Matériels. Elles se rapportent à la puissance Fécondante du Cerf qui, Grand, Solitaire, incarne l’Individualisme, la noblesse, la fierté, et la sagesse. Tandis que parfois, ils font escorter Kerunnos par un Serpent à tète de Bélier.

De même, ils citent le dieu des Arts, de la création, des Echanges, et de la communication, qu’est Lug ; tout en le nommant de temps en temps « Teutatès » ou « Medusis ». Ils le considèrent alors comme le représentant du Devenir Social, de l’Inconscient Humain ; en fait, la partie cachée et sombre de celui-ci. Ils jugent qu’il est celui qui réalise l’union de la chair et de l’Ame, de l’Esprit et de la matière, de la vie et de la mort, de la pensée et de l’Action : il réconcilie les Contraires. Il possède en effet la lance Magique qui prolonge la main et le Bras, qui peut donner la mort à distance. Ils voient en lui le Père des multiples Peuples Celtes : c’est grâce à lui qu’ils possèdent un sentiment d’appartenance à une tribu, à une nation, à une patrie, ou à une matrie. C’est lui qui Symbolise le Citoyen Parfait, le Tribun, et le Premier Serviteur des Clercs ; mais aussi, le Protecteur, le Bâtisseur, et le Législateur présidant aux initiatives Industrieuses. C’est donc pour toutes ces raisons qu’ils dépeignent sous la forme d’un Sanglier – le Pouvoir Spirituel Inaccessible – se tenant aux cotés d’un Echiquier dont les pièces se déplacent de leur propre initiative – l’Univers au cœur duquel se meuvent les êtres entrant en relation les uns avec les autres.

Ils invoquent Taranis, qu’ils matérialisent grâce au Tonnerre, au Vent, aux Orages, et à la foudre. Ils font de la roue Cosmique son Attribut Principal, parce qu’elle rythme les Nuits et les Jours. Ils se disent que l’Aigle et le Serpent sont ses Animaux Familiers. Avant de l’associer de plus en plus régulièrement à un Taureau à trois Tètes évoquant l’alliance des Forces Telluriques et du Savoir Spirituel ; ou, « Tarvus Trigaramus ».   

Ils font ensuite graviter tout un tas d’autres dieux autour de ces Divinités Principales : il y a le dieu de la lumière, Bélénos ; et irrégulièrement baptisé « Levectius », ou, « Maponos ». Il y a le Croissant Solaire Etoilé, Sirona ; ou, « Stanna ». Il y a la déesse Blanche et Triomphante, Boidel Loth. Il y a la lune Brillante, Luaine. Il y a la déesse de la terre, Suchar. Il y a la déesse de l’Océan, Mannawyddan. Il y a le dieu de l’Initiation Erotique, et de l’Intensité Mystique qui en découle, Aerocura. Il y a la déesse de la fécondité de la nature, de la force Créatrice de toute Vie, et de la maternité, Matres. Il y a la déesse aux trois Seins qui lui permettent d’allaiter trois Enfants en même temps, Terbionn.

Il y a encore le Charretier qui ouvre le premier Sillon, qui est aussi le Maitre de l’Agriculture et des Céréales, Mac Cecht. Il y a le Multiple Artisan, dont le visage rayonne de toutes les couleurs de l’Arc en Ciel, Livatis. Il y a le Charpentier qui fournit le bois des Lances, Luchfe. Il y a le Forgeron Primordial qui utilise son Enclume, son Marteau, ses Poings, et ses Tenailles, pour façonner des Epées, Colonn. Il y a le Patron des Métallurgistes, celui qui fabrique des Haches Enchantées, Bolun. Il y a son Epouse, Vevetis. Il y a son Frère, le dieu au Maillet – le Bon Frappeur -, en relation avec l’Artisanat, Svecllos.

Il y a toujours la patronne des Cavaliers, des Conducteurs, et des Voyageurs, Esthna. Il y a le Protecteur des Carrefours – toujours accompagné de Serpents et de Vers -, Boruo. Il y a le dieu sans bouche, de l’Eloquence, et de la poésie, Morann. Il y a la déesse Guerrière, championne de la force Physique, Nemetona. Il y a l’Exterminateur des Ennemis Naturels de l’Espèce Humaine, Smestrios. Il y a la collectionneuse de Cranes, Brigit. 

Il y a le dieu Cornu, le Maitre de la forêt Finn. Il y a le dieu Pisteur des bois, tenant un arc dans ses mains, Voregus. Il y a la déesse aux Ours, la représentante des Animaux Sauvages, Andarta ; ou, « Matugenos ». Il y a le dieu des Chevaux, Ridiobus. Il y a le dieu des Porcs – il tient un Arc, une Serpe, un Epieu, un Couteau, une Hachette, et une Hôte, dans ses mains -, Mocus. Il y a la déesse du Bétail, Nebalennia. Il y a les deux dieux – des pécheurs en Eaux Douces, et des pécheurs en Mer -, souvent incarnés à l’intérieur de deux demi-sphères, Diascures et Luxorius. Il y a le dieu de l’Eau Chaude et Bienfaisante, Borvos. Il y a sa compagne – la protectrice des Sources -, Bricta. Il y a le dieu qui surveille les rapides, Ico Vellauna. Il y la gardienne des Eaux Thermales – lesquelles sont associées aux fonctions Mentales de l’Homme -, Dahud. Il y a l’Incarnation de l’Habilité Maritime, Brigantia. Il y a la déesse des Génies des Eaux, Nantosuelta.

Il y a le Père Infernal de la richesse Souterraine, Orgos. Il y les Lavandières Nocturnes – elles obligent les Hommes qu’elles rencontrent sur leur route, à tordre leurs futurs Suaires avec elles -, les Kannerzednoz. Il y a la déesse aux Oiseaux qui procurent un Eternel Sommeil, Cliodnu – parfois baptisée « Nechtann ». Il y a le Gardien de la porte ouvrant sur le Royaume Intermédiaire – entre celui des Morts et celui des Vivants -, qui est toujours accompagné de son Animal Fétiche – le Rat -, Labraid. Il y a la déesse qui appelle – grâce à sa Corne d’Abondance - les navires qui mènent les Ames vers l’Entrée de l’Autre Monde, Epona. Il y a les Crieurs Réprouvés – qui voguent sur les Barques de la nuit, et qui sont continuellement surveillés par des Chiens Géants -, les Krierhen. Il y a la déesse qui fait franchir le dernier gué aux Défunts, qui les oblige ensuite à subir de multiples Epreuves, qui les aide à passer d’un Monde à l’Autre, et qui les métamorphose enfin en Fantômes, Ritona. Il y a la souveraine des Revenants, Morrigann. Il y a la déesse qui prend en charge les Ames des Mortels qui arrivent dans le Royaume des Morts, et qui leur apporte la joie et l’Oubli durant sept ans, Rhiannon. Il y a la grande Dévoreuse d’Ames Impies, Romerta. Il y a le dieu des Morts – à la fois Cruel et Terrible -, Donn. Il y a son premier Frère, le dieu Violent de l’Au-Delà – sa Résidence Principale se trouve en Brig Leith -, Mider. Il y a son second Frère – celui qui chevauche dans les vertes prairies de Marban, à l’aide de son Char Etincelant et de ses Etalons Blancs -, Mannan Mac Cir. C’est d’ailleurs lui qui a le don d’Ubiquité et de Métamorphose, qui détient un Manteau qui rend Invisible, et qui construit et reconstruit sans cesse la demeure des Dieux. Et, enfin, il y a l’Organisateur des Festins d’Immortalité – au cours desquels est préparée la boisson d’Eternité -, Guibhniv.    

Dès lors, les Carnutes amorcent la constitution de Corporations Spirituelles. Ainsi, ils en créent une sur l’île d’Iona, sur l’île d’Héligoland, sur l’île de Tir Nan Beo. Ils en implantent à une à l’extrémité du territoire de Gwynedd – qui est l’autre nom du Pays de Galles -, et qu’ils désignent par le dénominatif : « Ynis Mon ». Ils s’enracinent également dans les environs de la forêt de Brocéliande, de Fontainebleau, et des Ardennes. Ils en établissent plusieurs autres à l’intérieur desquelles ils se transforment en ermites. Et, finalement, ils prennent contact avec d’autres Cultures ; mais, plus particulièrement, avec les Philosophes Grecs – avec lesquels, ils rivalisent bientôt sur des sujets totalement abstraits.

Puis, ils se mettent à répandre leurs Savoirs à travers toute l’Europe. Ils métamorphosent peu à peu les Sociétés Indigènes, en leur apprenant le mode de fonctionnement de la civilisation Celte. En même temps, ils révolutionnent la conception que les autochtones ont de la religion, en leur déclarant que le Sacré et le Profane ne sont jamais séparés ; que leur Communauté se doit d’être à l’image de ce que le Divin attend d’eux. Ils affirment également qu’ils se doivent d’être régis par les Lois Universelles édictées par le Créateur. Ils disent que, pourtant, que les Principes de ce dernier ne font pas une distinction nette et précise entre le Bien et le Mal ; et que, pour lui, la notion de péché est inexistante. Ils prétendent que les Univers Métaphysiques qu’il décrit, montrent que l’Autre Monde n’est ni un « en bas » ni un « en haut », mais un « à coté ». Ils soulignent qu’il leur a donné pour obligation d’honorer sa présence au sein de ce Pays le jour du « Samonios » - le 1er Novembre. Et, ils leur disent que c’est au cours de cette Cérémonie Sacrée – le « Nemeton » ; ou, « Nem » qui désigne le Ciel, et « Nemus » qui traduit le Bois Sacré - que le Monde des Morts et le Monde des Vivants, que le Monde des Dieux et le Monde des Héros, peuvent communiquer les uns avec les autres.

En effet, renchérissent-ils, « durant cette Commémoration, nous nous installons au milieu d’une Forêt. Tout autour du site que nous choisissons, nous creusons des fosses ; nous les relevons de monticules de terre, de lierre – il désigne l’Immortalité et la ténacité dans l’Initiation -, de branches d’If, de Saule, de Sorbier, et de ronces. Nous élevons un certain nombre de Mégalithes ; à moins qu’il y en ait qui soient déjà présents sur place. Afin de régénérer leur Vigueur Tellurique et Cosmique, nous y gravons de nombreux Symboles Mystiques. Nous y inscrivons donc des Roues Solaires, des Swastikas, ou des Runes Etoilées. A proximité d’eux, nous enflammons des montagnes de paille tressée. Et, dès lors, nous savons que tout est prêt pour que le lieu représente une projection idéale du Ciel sur la terre.

Puis, nous opérons la fusion entre les deux Mondes. Pour commencer, nous calculons le Calendrier Lunaire et Solaire ; car ces Astres nous servent de relais dans la captation des Puissances Cosmiques et Divines. En cueillant du Gui sur des chênes, à l’aide d’une faucille en or, nous faisons en sorte de ne pas abîmer la plante, sous peine que celle-ci perde immédiatement ses vertus Magiques. Ensuite, nous entamons des séances de fumigation. Parfois, pour que les Rites soient plus efficaces, nous immolons des Taureaux Blancs, des Cerfs, des Chevaux, parce que nous savons que ce sont les plus nobles des animaux – ou, lors des Solstices et des Equinoxes, des êtres Humains. Nous les rendons à la terre en les ensevelissant dans des Nécropoles proches préparées à cet effet. A l’intérieur de celles-ci, par leur intermédiaire, nous libérons un surcroît de Force nous permettant de communiquer avec des Déités, des Esprits, des Monstres. Nous obligeons ceux-ci à se soumettre à notre Volonté, à nous écouter, à nous entendre, à nous révéler des Secrets, à agir sur la réalité pour nous, ou à nous protéger des conséquences fâcheuses d’une rupture – ou d’une transgression – des Lois Divines, de notre part. Nous détaillons ensuite leurs sentences, nous proclamons leurs Oracles, nous interprétons leurs Présage. Nous énonçons leurs imprécations d’ordre moral et social. Nous mettons en garde ceux qui en sont les destinataires, car elles peuvent engendrer de graves conséquences ; de la simple honte, au bannissement de la tribu, ou à la mort. Et, enfin, à l’issue de la procession qui nous fait ressortir du caveau, il se peut que nous apercevions cette Lumière capable de repousser la plus sombre partie de nous même ; et nous comprenons ainsi que, parce qu’elle évoque l’alliance entre la force et la sagesse, nous n’avons aucune chance de perdre notre Ame quand nous nous aventurerons dans l’Au-delà. ». 

Les autochtones justifient donc peu à peu les Rites Carnutes, dans la pratique d’une Magie qui vise à exercer un Pouvoir direct sur les Divinités et leur Univers. Ils réalisent effectivement que les holocaustes animaliers ou humains ne sont en fait que des gestes techniques visant à capter les Energies Divines ; ou, les Forces qui se répandent au cœur des Univers Parallèles au leur. Ils admettent d’ailleurs très facilement que c’est la seule manière d’entendre les Paroles de la déité.            

Vers 250 avant J.C. encore, le monde Celtique se stabilise donc, et connaît une double évolution. A l’intérieur, la société se hiérarchise de plus en plus et les premières villes, appelées « oppida » apparaissent. A l’extérieur, la république Romaine prend peu à peu le contrôle de toutes les zones celtes, de la turquie à la grande-Bretagne. C’est d’ailleurs à cette époque que les oppida voient le jour dans la zone celtique originelle, qui va du Bassin Parisien à la bohème. Et ce sont des villes fortifiées pouvant s’étendre sur plusieurs centaines d’hectares, retranchées derrière des murailles de bois et de terre.

A l’intérieur, l’urbanisme est assez strict : les rues se coupent en angle droit et sont bordées de cours et de maisons rectangulaires d’une dizaine de mètres de coté. Une spécialisation des quartiers se met en place, avec des artisans travaillant le métal, les peaux ou le textile. La nourriture repose pour plus des deux tiers, sur le porc, et les salaisons gauloises sont réputées sur le bord de la méditerranée. Et c’est aussi au sein de cette vie économique déjà complexe, que se développe une économie monétaire ; et que les monnaies d’or, puis d’argent, et de bronze naissent.

Italie : Vème – IVème Siècle avant J.C. :

L’antique Etrurie correspond à la région comprise entre l’Arno au Nord, le Tibre à l’Est et au Sud, et la mer Tyrrhénienne à l’Ouest. Très vite, les Etrusques s’étendent au Sud jusqu’en Campanie, et au Nord jusqu'à la plaine du Pô, fleuve dont ils dominent l’embouchure à Spina et à Hadria. Arrivés d’Asie Mineure – de Lydie – à la suite d’une disette, les Etrusques sont le peuple Villanovien de cette région.

La société Etrusque atteint assez rapidement un grand niveau de richesse. Son développement repose surtout sur des ressources naturelles exceptionnelles, des techniques raffinées et des contacts avec d’autres peuples culturellement plus avancés, comme les Phéniciens et les Grecs. Installés en Etrurie dès la fin du VIIème siècle avant J.C., les artisans grecs contribuent puissamment au développement de l’artisanat local dans de nombreux domaines, la céramique en particulier.

Mais l’Etrurie tire d’abord sa force d’une fertilité agricole et de richesses minières remarquables. Grâce à ses céréales, la région vient même au secours de Rome, qui est menacée de famine à plusieurs reprises. En matière de viticulture, les Etrusques obtiennent aussi des résultats spectaculaires : à la fin du VIIème siècle avant notre Ere, certains sites de Provence et du Languedoc reçoivent par milliers les amphores à vin étrusques

Les Etrusques ne se contentent pas de recueillir sans peine les fruits d’une terre généreuse. Ils exploitent parfaitement le sol et, en particulier, drainent les sols imperméables, nombreux en Etrurie méridionale. C’est le cas de Véies, au Nord de Rome : le territoire est parcouru par un réseau de petits canaux, long de 25 kilomètres. C’est là aussi que se trouve une des réalisations les plus remarquables des ingénieurs Etrusques, le « Ponto Sodo », une galerie creusée dans le tuf sur 70 mètres de long.

Les forêts abondantes – souvent infranchissables pour l’ennemi – permettent aux Etrusques de construire une flotte importante, bateaux marchands ou navires de guerre. Grâce au bois, ils exploitent les ressources minières considérables, qui jouent un rôle de premier plan. Les métaux sont en effet présents partout en Etrurie ; au Nord-Ouest de Rome, dans les monts de la tolfa, entre Caere et Tarquinia, près des rives de la mer Tyrrhénienne. Plus au Nord encore, à hauteur de l’île d’Elbe, les collines métallifères proches de Vetulonia ; la région regorge de zinc, de cuivre et de plomb.

Mais le vrai nerf de la guerre, c’est le fer de l’île d’Elbe. Un fer fondu et travaillé juste en face du Continent, à Populonia. Utilisé dans plusieurs domaines, notamment militaire et agricole, le fer est un des éléments primordiaux des échanges avec les Grecs. De l’hématite de l’île d’Elbe, ce sont certainement les ressources minières qui attirent les colons grecs ; c’est à cette époque qu’ils poussent leurs navires le long des cotes de l’Italie, si loin vers le Nord, et si près, le plus près possible de l’Etrurie.

Entre le VIIème et le Vème siècle avant notre Ere, la civilisation Etrusque est à son apogée. Symboles de cette hégémonie étrusque, trois rois d’une dynastie étrusque – les Tarquins – occupent le trône de Rome de 615 à 509 avant J.C. Ils ont une influence importante sur l’architecture des temples et l’organisation des égouts. Mais, en fait, cette présence à Rome des Tarquins, ne sont pas les représentants d’un Empire qui s’étend progressivement, mais de plusieurs Cités-Etats. Ils se succèdent à mesure que leurs cités gagnent peu à peu en puissance économique et politique ; ils président à un groupe de douze cités évoluant au fil des siècles, comme Caere, Tarquinia, Vulci et Vétulonia.

En fait, jamais cette ligue « panétrusque »ne connaît de réelle unité politique. Son ciment principal est la religion. Chaque année, des délégués des cités se réunissent au sanctuaire de Voltumme, consacré à Tinia, le Jupiter Etrusque, pour une foire, des cérémonies, des jeux. Car, le peuple Etrusque est un peuple très religieux ; une religion du Livre : dans différents textes sacrés, les Etrusques consignent les Révélations des Dieux. Les hommes peuvent ainsi connaître la volonté de ces derniers, et leur offrir sacrifices et rites appropriés. L’ensemble des ces Livres forme un des points essentiels que les Etrusques vont transmettre aux Romains : notamment sont écrits dans leurs pages l’art de prévoir l’avenir, c’est à dire la volonté des Dieux, par l’examen des entrailles des victimes sacrifiées – et surtout de leur foie -, considérée comme un microcosme de l’Univers.

Sous l’influence de la grèce, les Etrusques donnent aussi figure humaine à leurs Dieux, qu’ils identifient à différentes divinités grecques. Les noms étrusques ont diversité d’origines et d’influences, par exemple : Aplu évoque Apollon.

Mais, au VIème siècle avant J.C., les rois Etrusques ne gouvernent plus les Cités-Etats. Le développement du commerce et de l’artisanat favorise en effet l’émergence de nouvelles classes sociales. Le pouvoir passe des mains d’un homme seul à celles d’un petit groupe : des régimes oligarchiques se mettent en place.

15 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 445 - 450

celteMais, en moins d’une dizaine d’années, ce sont les Carnutes qui, finalement, prennent le contrôle de l’île de Man et de l’île d’Iona. Evidemment, ils intègrent très vite les Clercs Biturges à leur propre hiérarchie ecclésiastique. Ils leur dévoilent leurs capacités à déterminer des Sites Sacrés. Ils leur montrent leurs Connaissances de la géographie Secrète du Continent Européen. Ils leur expliquent de quelle manière repérer des réseaux Telluriques plus ou moins denses. Ils leur avouent que ces îles sont effectivement des emplacements privilégiés pour la célébration de leurs Cultes ; et que c’est pour cette raison qu’il va falloir les Fortifier Magiquement. Puis, enfin, ils y effectuent de nombreux Rites destinés à réunir le Ciel et la terre, les Dieux et les Hommes, ainsi que la vie et la mort.

Ensuite, les Carnutes décident de suivre les Enseignements inscrits au cœur du « Livre des Invasions ». Dès lors, ils réutilisent la magie associée au décryptage de l’Ecriture Oghamique. Ils réapprennent à manipuler correctement chacune des Lettres de son Alphabet. Ils se souviennent qu’elles désignent des noms d’Arbres ; comme l’If ou le Noisetier. Et ils les mêlent les unes aux autres au cours de leurs Incantations, afin d’obtenir des phrases Symboliques à plusieurs Entrées.   

Par ailleurs, une fois le Livre des Invasions traduit, les Carnutes révèlent l’Origine de l’Humanité à leurs Fidèles : « A cette Epoque, existait un Age d’Or. Il s’agissait d’une Ere différente, au cours de laquelle les Connaissances – essentiellement Intuitives – étaient beaucoup plus importantes. Plusieurs Races de Géants – celle des Fomores, ou, « Géants à Tètes de Chèvre » ; celle des Parthdon ; celle des Goidels ; et celle de Grene, ou, « Fils de Mile et Filles de Mik » - se côtoyaient sur Terre. Et, à cotés de ces dernières, sur un Continent Polaire appelé « Thulé », apparaissait également la race des Tuatha Dé Dannan ; dont les principaux membres se nommaient Brian, Incharba, et Luchar

D’ailleurs, ne disait t’on pas parmi les peuples Fomore, Parthdon, Goidel, et Grene, que ces trois « Tuatha » descendaient de Dannan ; cet autre nom du Créateur « Dana », « Gwac’h », « Lyr », ou « Macha ».

Car, les Tuatha Dé Dannan qui vivaient en ce Pays de Thulé, évoquaient cette contrée en tant que « Gurias » - ou, « Terre de Feu » -, que « Eire de Moria » - ou, « Terre du Milieu » -. Mais, surtout, ils prétendaient régner sur cinq royaumes : le royaume de Vlad, le royaume de Connacht, le royaume de Mumu, le royaume de Lagin, et le royaume de Math. Ils affirmaient qu’il y existait également cinq grandes villes à l’intérieur desquelles ils Enseignaient leurs Connaissances Magiques. Ils déclaraient que la première se nommait Falias, et que c’est là que professait le Géant Morfesa ; que la seconde était Tara, que c’est à cet endroit qu’était déposée « la pierre du Destin » portant le patronyme de « Fal » parce que nul ne pouvait s’y asseoir sans être foudroyé par le Souverain légitime de Thulé. Ils avançaient que la troisième cité était baptisée Gorior, que ses Emblèmes étaient « l’Eclair » et la « Foudre », que le Titan Esras y disposait d’un Pouvoir Spirituel considérable, et que c’était en ce lieu qu’était dissimulée la « Lance Foudroyante » qui ne faisait perdre aucune bataille à celui qui l’empoignait. Ils soutenaient en outre qu’en prononçant le Mot « Ihor » avec cet Objet dans la main, celui-ci atteignait irrévocablement son but ; en qu’en disant « Athibar », il revenait à son point de départ. Ils revendiquaient encore que leur quatrième métropole avait pour nom Findias, qu’elle était le domaine du Géant Urscias, et que c’était lui qui y protégeait « l’Epée Invincible et Inexorable ». Et, ils présumaient que la cinquième était qualifiée de Marias, que le Titan Sermiar y siégeait, qu’il y défendait le Chaudron – ou, « Murios » - qui avait jadis été offert à Dagda par le roi Bathnait, après son retour de la « Terre des Ombres ».

La légende concernant le Chaudron de Dagda ne prétendait t’elle pas, rappellent dès lors  les Carnutes, que son contenu était capable de rassasier n’importe quelle quantité de guerriers. Car, répètent t’ils : « Il s’agit du Chaudron Perdu de la connaissance, de l’Abondance, et de l’Immortalité. Jamais il ne se vide. Il est inépuisable de sa nourriture ; tant Matérielle que Spirituelle. Dans le Chaudron de Dagda, ressuscitent les Héros ; des Armées entières se nourrissent ; et les Morts reviennent à la vie. ». ».

Puis, les Carnutes expliquent à leurs Adeptes : « Au terme de cet Age d’Or, les Fomores et les Tuatha Dé Dannan s’affrontèrent au cours d’une grande Bataille. Au Cœur de l’une des steppes du Pays de Thulé appelée « Plaine des Piliers », ils se combattirent. A la fin leur affrontement titanesque – bientôt nommé « Guerre de May Tured », ils déclenchèrent un Apocalypse Planétaire. Ils provoquèrent un raz de marée qui engloutit aussitôt leur Nation. Et, par la même occasion, ils furent bientôt métamorphosés en Monstres.

De fait, la race des Fomores vit son aspect se pervertir : ses membres dégénérèrent et se retirèrent au sein des Abysses. Ils se regroupèrent dans les alentours d’Eminences, d’îles, ou de régions situées au cœur de la mer du Nord. Ils s’y cachèrent, y bâtirent des demeures Magiques, et finirent par muer en Créatures Aquatiques. Jusqu’au jour où l’un d’eux nommé Ameryro, les convainquit de remonter vers la surface des Eaux, leur permit d’affronter les vagues, et de poser le pied en Irlande.

Parallèlement, les représentants de la race des Tuatha Dé Dannan, eux, se transformèrent en « Gwiroi » - ou, « Nains ». Dès lors, ils désignèrent l’un des leurs pour les conduire ; ce fut donc Titurel au bras d’Argent et au pied de Bronze qui devint leur chef. Et ce fut lui qui les emmena en Europe Occidentale, qui fit d’eux un peuple de Chasseurs ; mais, surtout, qui hérita du Livre des Invasions, de ses Connaissances Magiques et Druidiques, et apporta les Quatre Talismans de leurs Ancêtres : l’Epée Flamboyante, le Chaudron de Dagda, la lance merveilleuse, et la pierre du Destin ; avec lui.   

C’est ainsi que le noyau Civilisateur des Tuatha Dé Dannan vainquit rapidement les Fomores – ou, « Mordrun » - installés depuis peu en Irlande. En utilisant leurs Sciences Surnaturelles sauvegardées, ainsi que leurs Reliques Sacrées, Titurel et ses Gwirois concentrèrent leurs Forces à l’intérieur d’un Vase Enchanté. Ils le brandirent devant leurs ennemis, les écrasèrent, avant de les refouler dans les sous-sols de l’Ile. Ils virent Titurel être détruit par l’Energie qu’il avait dégagé autour de lui. Et il en résulta plusieurs guerres de succession pour savoir qui allait le remplacer à leur tète.

Ce fut Neimbeidh – ce qui veut dire « Céleste », « Antique », « Vénérable », ou « Sacré » - qui prit sa place. Issu des « Enfants de Milid » et du clan Tuatha Dé Dannan des « Ogmes », il dut immédiatement renverser une demi-douzaine d’insurrections successives. Il combattit le dernier Fils de Titurel : Fir Donhain. Il s’astreint à anéantir le parti d’Aithe Achtuatha, qui voulut profiter de ce conflit pour massacrer de nombreux nobles autrefois nommés par Titurel, et pour inciter quatre Grands Seigneurs à se révolter contre lui. Il dut affronter une seconde fois des hordes de Fomores qui s’étaient associés à des résidus dégénérescents d’anciens Hyperboréens : en effet, il défit leur Monarque Forboly ; il s’empara de leur étendard. Puis, le calme revenu, il restaura l’autorité déchue des Tuatha Dé Dannan de Thulé. Avec l’aide de la pierre du Destin, il se fit élire « Roi ». Il constitua une Société Féodale autour de lui. Jusqu’au jour où une de ses Prophétesses – nommée Morrigu – lui annonça que son rôle n’était pas terminé. Car, lui martela t’elle, « il va y avoir une autre bataille. Elle aura lieu au cœur de la plaine de Magtured. Et son dénouement engendrera la confusion, la décadence, la corruption, et le relâchement des mœurs des Tuatha Dé Dannan. Ce sera donc la fin de sa Civilisation. ». ».

Les Carnutes concluent donc : « Aussi, des centaines d’années plus tard, eut effectivement lieu la « Bataille de Magtured ». Et à l’issue de celle-ci, ce furent les Tuatha Dé Dannan qui furent contraint de quitter l’Europe. Dès lors, en compagnie du dernier des descendants de Neimbeidh – Eremon -, de son épouse – Blathnait ; parfois appelée Curoi Mac Darré -, et de leur Grand Clerc – Armogen -, ils décidèrent de s’enfoncer à leur tour dans les profondeurs de la terre. Au centre de cavernes et de montagnes inaccessibles aux Hommes, ils érigèrent de merveilleux palais ; qu’ils rendirent invisibles grâce aux Pouvoirs du Livre des Invasions. Ils refermèrent l’entrée Secrète – le « Yeun Ellez » - qui menaient directement un château de leur Souverain, aux vallées d’Anwyn – parfois baptisées « May Meld », ou « May Mell » -, aux champs environnés d’arbres dont les branches recelaient des fruits mûrs toute l’année, et aux vergers odoriférants accrochés aux pics d’Arrée. Ils bloquèrent tous les autres chemins qui conduisaient plus ou moins aisément à ce Monde Parallèle qui ne connaissait désormais plus ni maladie, ni faiblesse, ni chagrin, ni mort. Et ils ne se manifestèrent plus aux humains ; ou, uniquement lorsqu’ils désiraient guider un de leurs Elus vers leurs Résidences Mystérieuses.

Comme pour Finyth : « Plus j’avance à l’intérieur de l’Ile, plus je deviens autre. Puis, tout à coup, mon moi impondérable monte les escaliers d’une montagne au sommet de laquelle est fixé mon rendez-vous. J’ouvre bientôt la porte dessinée dans le rocher. J’entre dans le granit compact, hermétique. Derrière, je retrouve ceux qui m’attendent. ».

De fait, de temps en temps, plusieurs Clercs remontaient à la surface de la terre. Avant d’entreprendre leur voyage, ils prenaient conseil auprès d’Eremon. Et ils faisaient tous le même constat : « Nous, Morfessa, Gwyddyon, Mathgen, Tuathal Techtmar, Fochmare, Sagda Saerlabraid, Taksin, Rustre, Tuan, Camall, Gilla, et Fintan, réalisons qu’Eremon se montre à nous sous la forme d’un vieillard vêtu de gris, et chevauchant un Dragon. Il nous dit s’appeler Arawn. Et il nous explique que nous devons révéler aux Humains qu’il est le Maitre de l’Abime, du Royaume des Morts, mais qu’il est également le Seigneur des Chiens issus de l’Autre Monde. ».   

Peu après, les Clercs quittaient leur Continent. Ils suivaient la route où, le Soir, le dernier rayon du Soleil glissait en attendant le réveil de l’Astre Lumineux le lendemain matin. Et, quand ils sortaient de leurs Cavernes, qu’ils parcouraient le Monde, et qu’ils rencontraient des Hommes – tels ceux de la race Firboly, ou « Belges » ; de celle des Firgailoin, ou « Celtes » ; ou des Firdommain, ou « Bretons » -, ils leur apprenaient qu’ils venaient du Gwenved ; ce qui veut dire : « le lieu où les Ames Bienheureuses attendent, épuisées, leurs mérites, avant de descendre en Abred ».

Ainsi : « Fintan était un de ces Tuatha Dé Dannan qui, un jour, traversa la frontière séparant son Univers souterrain du Monde Extérieur. Bientôt, il franchit des rivières, des mers, des lacs, et des marécages. Il se métamorphosa en divers animaux. Il transmit ses Connaissances, ce qu’il savait de l’Histoire du Monde et des Choses, aux Humains qu’il croisait sur sa route. Et il entendit finalement parler de son confrère Gilla qui, lui aussi, parcourait la terre ; mais habillé d’habits multicolores, et agrippé à un cheval d’une extrême laideur. ». Ou : « Au cours de l’un de ses séjours sur l’Ile de Bretagne, Mathgen, lui, devint roi de Gayned. C’est à cette occasion qu’il brandit sa Baguette toute Puissante devant ses sujets ; et qu’il leur apprit l’Art de la magie. ». Ou encore : « Sagda Saerlabraid, séjourna aussi sur l’Ile de Bretagne. Et il y ouvrit une Porte donnant accès au Pays des Fées. ». Ou toujours : « Tuathal Techtmar s’aventura jusqu’en Ecosse, puis, il fonda le royaume de Myath. ». Ou enfin : « Taksin suivit donc Sagda Saerlabraid dans cette contrée ; il y visita la cité des Forgerons, et il y subit une Initiation Spécialisée. ».

Malgré tout, soulignent les Carnutes, « le roi Tuatha Dé Dannan Eremon, ainsi que son Grand Clerc Armogen, possédèrent toujours le Secret de la liqueur d’Immortalité. En effet, celui-ci appartenait aux Connaissances Ancestrales que leurs Parents avaient sauvegardés après la destruction de Thulé. Ils avaient lu sa Formule, mais aussi, la manière de l’élaborer, parmi les autres Mystères cachés par le Livre des Invasions. Ils apprirent que son Nom était « Greal ». Ils confièrent la mission à une de leurs Femmes – Corridwen -, à des assistants, et à un Nain baptisé Goyon, de la fabriquer. Tout en expliquant que seule Corridwen serait à même d’utiliser les six plantes destinées à cet effet, de les jeter dans le Chaudron Talismanique, et de recueillir dans un récipient cette Liqueur d’Immortalité désormais qualifiée de « Cervoise ». ».

D’autres Récits issus du Livre des Invasions évoquent des versions différentes de l’histoire des Tuatha Dé Dannan En effet, pour l’une d’elles, disent les Carnutes, « il s’agit d’une Race de Géants très antiques qui ont habité le Monde avant eux : « Ils sont nés sur le Continent Polaire de Thulé ; « Thu-al », ou « Thulé » signifiant « Nord ». Autour de lui a existé un océan figé, un endroit où le dernier rayon d’un Soleil qui s’est couché a attendu son retour. C’est la déesse Dana qui les a enfantés dans sa région centrale.

Mais, au moment où leur Civilisation a été la plus prospère, certains d’entre eux se sont rebellés contre l’autorité royale. Ils ont déclenché une guerre fratricide. Et les fidèles de cette dernière ont été impitoyablement traqués à travers la zone Atlantique.

Les fugitifs se sont alors subrepticement emparés des quatre Talismans Primordiaux – le glaive, la lance, le chaudron et la pierre du destin - désignant chaque Année Cosmique le nouveau souverain de leur peuple. Ils ont gagné les mers du Sud et atteints la mer Baltique. Ils ont débarqué en Europe, où, aussitôt, ils ont été divinisés par les autochtones.

Arrivés en Angleterre, puis en Irlande, se sont ensuite scindés en deux tribus : les Fomores et les Guenagog. Chacun des deux nouveaux groupes voulant garder pour lui seul la primauté sur les quatre Talismans, la solidarité de départ s’est vite transformée en animosité et suspicion, avant de devenir haine et provocation. Le conflit a rapidement dégénéré en guerre ouverte ; les Fomores assimilant désormais les Guenagog aux Géants Ténébreux et antédiluviens des Légendes d’autrefois ; incarnant les forces telluriques obscures et destructrices associées aux extrêmes profondeurs de la terre.

Les Fomores ont aussi bâti un Sanctuaire sur le site de Glastonbury ; ils ont fait en sorte que celui-ci soit le reflet exact de l’un des Grands Temples de leur Continent d’origine. Puis, ils y ont caché leurs Objets Mythiques ; leur Chaudron ne tardant pas à devenir la coupe d’où ils font jaillir l’Essence de Vie Eternelle dont le Créateur les a dotés.

Puis, les Fomores ont protégé le Temple en le ceignant d’une muraille monstrueuse. Ils ont fait en sorte que ce lieu béni entre tous leur soit inaccessible. Puis, ils se sont rassemblés aux abords de la plaine de Mag Tured dans l’intention de repousser les Guenagog au-delà des frontières de leur royaume. Ils les ont attendus longtemps. Et enfin, lorsque ceux-ci sont venus à leur rencontre, ils les ont combattus avec acharnement, frénésie, pendant des jours. La bataille s’est vite transformée en véritable carnage pour chacun des deux camps en présence : aucun des deux partis n’ayant de pitié pour son adversaire. Il y a eu beaucoup de morts et la plaine s’est imbibée pour jamais de flots de sang. D’innombrables cadavres ont jonché son sol tandis qu’un épais brouillard pestilentiel a envahi les lieux et s’est élevé jusqu’aux cieux. Mais, finalement, les Fomores ont rejetés les Guenagog loin du périmètre du Temple aux Objets Mythiques.

Après leur défaite, les Guenagog ont bientôt accepté – contraints et forcés – la paix que les Fomores leur ont proposée. Pour sceller celle-ci dans la durée, les Fomores et les Guenagog ont décidé de plusieurs mariages interclaniques. Puis, ils ont érigé ensemble un nouveau lieu de culte pour honorer leurs ancêtres communs ayant jadis vécu de l’autre coté de l’océan. Les Fomores ont ainsi appelé des pierres mystiques douées de vertus curatives depuis un pays lointain. Ils les ont érigés en cercle en compagnie des Guenagog au centre de la plaine de Mag Tured. Puis, ils y ont sculptés des symboles et des représentations issues de leur patrie originelle évoquant l’unité du peuple des Tuatha Dé Dannan retrouvée. ».

Une Tradition Ultérieure à ces événements, renchérissent les Carnutes, affirme : « Autrefois s’est trouvé en Irlande un formidable amas de pierres appelé « la danse des Géants ». Celui-ci a été nommé de cette manière parce que d’antiques Géants ont amené ces roches gigantesques depuis les régions les plus éloignées. Ils les ont ensuite entassés dans la plaine de Killarney. Et, pendant longtemps, on a pu admirer leur harmonieuse disposition au milieu de la lande sauvage. ».

Puis, peu à peu, ils se mettent à confondre le pays de naissance des Tuatha Dé Dannan avec le « Gwenved » - « le Monde Blanc » - ; là où les Ames Bienheureuses attendent, après leur mort, leur descente en « Abred » pour réaliser leur nouvelle Evolution. Ils y rattachent d’ailleurs la rune de l’Aigle, qui symbolise le Soleil autant que le feu originel.

Très rapidement, vers 250 avant J.C., les Carnutes élargissent leur champs Mythologique, et expliquent que les Druides Primordiaux qu’ont été Brian, Manabouch, Incharba, et Iuchac, ont débarqué en Occident en même temps que les Tuatha Dé Dannan : « A leur Arrivée, nos Ancêtres aidèrent les Tuatha Dé Dannan à découvrir les Forces Telluriques qui parcouraient le Continent. Ils les secondèrent pour amplifier celles-ci, puis, à focaliser les Energies Célestes sur elles. Et ils les appuyèrent lorsqu’ils commencèrent à ériger de nombreux Mégalithes aux endroits où leurs points de rencontre étaient les plus représentatifs ; comme à Carreskael, à New Grange, ou à Stonehenge. ». 

Puis, ils indiquent que, plus tard, « Manabouch fut irrité de voir les Initiés qu’il avait formé, se comporter en Guerrier. En effet, au cours des Guerres de Succession qui suivirent la mort de Titurel, ceux-ci prirent part aux affrontements qui ensanglantèrent les descendants de Tuatha Dé Dannan. Manabouch ne put le supporter. Un jour, il prit la décision de retourner en Thulé. Il traversa de nouveau le Grand Océan en direction de l’Ouest. Et il s’installa dans un pays Enchanté. ».

Les Carnutes déclarent encore qu’à l’issue de ces Guerres de Succession, « Neimbeidh leur offrit un exemplaire du Livre des Invasions. Dès lors, les Druides Primordiaux examinèrent en détail les ouvrages qu’ils avaient entre les doigts. Ils réalisèrent qu’il s’agissait de Grimoires Vivants rédigés de la main même des Tuatha Dé Dannan. Et ils comprirent que chacun des Recueils contenait leur signature imprimée en caractères de Feu.

Ainsi, les Druides Primordiaux purent commencer à manipuler les Secrets Magiques qui étaient inscrits au cœur du Livre des Invasions. Ils perçurent le procédé pour pénétrer sous l’Ecorce Planétaire, de se glisser à l’intérieur des Grottes au cœur desquelles s’étendent de vastes nappes d’eau. Ils décelèrent le moyen d’atteindre la côte Extrème-Occidentale du Monde ; là où se situe la frontière entre cet Univers et l’Autre, et où est bâti le Letavia Terminate. Ils s’aperçurent qu’ils avaient désormais la possibilité de franchir les Portes du « Sanctuaire aux Mille Colonnes » - qui se dresse actuellement à la jonction entre la terre et le Ciel, et là où le Soleil se couche le Soir -, d’emprunter le Grand Passage, puis, d’accompagner les Ames Défuntes au cours de leurs pérégrinations Mystiques. Ils apprirent que la pomme est un Symbole de l’Esprit Immortel. Ils saisirent qu’en l’utilisant au cours de certaines Cérémonies, elle pouvait leur servir de protection à l’encontre de Créatures surgies par inadvertance de Mondes Parallèles. Ils purent se rendre compte que le Cercle Symbolise une limite à connotation Céleste, infranchissable pour des Esprits de l’Au-delà. Et ils admirent que le Cerf est une représentation Animale du Renouvellement Cyclique des Ages – tous les 900 ans.

Les Druides Primordiaux remarquèrent encore qu’en déchiffrant régulièrement les Textes des différents volumes du Livre des Invasions, ils pouvaient avoir accès aux Mots et aux Sons qui ont la capacité de changer le Jour en Nuit. Ils y discernèrent le moyen de déchaîner des Orages, de faire tomber la neige, ou d’appeler la grêle au dessus des récoltes. Ils y dégagèrent les Phrases leur offrant la possibilité de manipuler la mer et ses hautes vagues, de matérialiser des Pluies de Feu sur des Ennemis, d’établir des Haies Magiques entre deux armées, de lever des brouillards qui rendent Invisibles. Ils se flattèrent d’y dégager une méthode pour lancer des Malédictions, des Incantations, et des Charmes ; au moyen de Danses Sacrées. Ils y reconnurent un procédé pour Invoquer des « Anaons » - ces Humains devenus Monstrueux qui retournent traditionnellement sur les lieux où ils ont vécu autrefois. Ils y identifièrent d’innombrables avertissements des Tuatha Dé Dannan qui s’étaient jadis aventurés dans l’Autre Monde. Et, enfin, ils y percèrent à jour ces herbes qui, si on marche dessus, égarent les gens, les font tourner en rond  jusqu'à l’aube suivante. ».

Les Carnutes indiquent finalement à leurs Initiés, qu’ils ne doivent pas oublier que les Druides Primordiaux peuvent toujours être sollicités par eux lors de certaines Cérémonies – telles que celle du Solstice d’Hiver, ou celle du Solstice d’Eté.         

14 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 440 - 445

celteVers 375 avant notre Ere, de leur coté, les populations Transylvaines doivent faire face à une nouvelle vague migratoire : les Scythes envahissent le pays. Mais, en même temps, les clans qui y vivent déjà, et qui les voient arriver, se rendent peu à peu compte que ceux-ci semblent porteurs d’une Civilisation plus évoluée que la leur. De fait, ils acceptent donc plus facilement de cohabiter avec les Scythes ; ils se « celtisent ». En leur compagnie, ils se mettent à exploiter les mines d’or présentes dans les Carpates. Ils apprennent à vénérer la déesse, à la fois Lunaire, Terrestre, et Chtonienne, qu’est Hécate. Ils fondent une capitale nommé « Droboudja ». Ils commencent à répandre leur culture mixte un peu partout en Europe Centrale ; tout en s’ouvrant aux spécificités des groupes ethniques qu’ils rencontrent sur leur route.

Dès lors, ils s’implantent en Germanie et en Italie du Nord. Sous le patronyme de « Vangiuns », ils s’installent à Morguntiacum pour y prier Mongun. Sous celui de « Iapudes », ils se fixent jusque dans les îles de Dalmatie Septentrionale. Tandis que sous celui de « Gaèles », ils se fixent un peu partout en Occident, poussent même en Afrique ; où ils entrent en contact avec les Libyens. Puis, en s’associant à ces derniers, ils en profitent pour mettre le pied en Egypte, et pour y menacer momentanément le Temple d’Amon.

En 375 avant notre Ere également, dans la péninsule Ibérique, l’Andalousie est dominée par la cité de Tartasus. En effet, ses habitants Celtes sont riches et puissants. Leur prospérité leur permet de contrôler de très nombreuses mines. Mais, elle leur donne aussi la possibilité de mettre en place un vaste réseau de commerce de métaux.

Vers 355 avant J.C., alors qu’il vient tout juste de monter sur le trône de Macédoine, Philippe II décide de conquérir la thrace. Pour cela, tout d’abord, il annexe la région frontalière de Thrace Sapéenne. Ensuite, il s’en prend au royaume des Odryses Orientaux. Puis, il s’attaque aux villes Grecques de la cote Dalmate. Et, enfin, avec l’aide des colons de Daros, il envoie Denys l’Ancien de Syracuse, intervenir à Issa et à Pharos.

De fait, à partir de 350 avant notre Ere, la cote Dalmate subit de nombreuses transformations : désormais en effet, certaines des cités qui sont installées tout le long de ses rivages se retrouvent en territoire Liburne. Ainsi, ses agglomérations de Zadar, d’Aenona, de Delca, et d’Asscria, croissent. En Mésie, l’ancien établissement de Sungidunum est rénové. Les métropoles d’Akudiu, de Stara Zagora, de Kabyle, et de Drongilon, sont fondées. La ville de Tader est construit ; son port se développe et acquiert une grande importance stratégique. Et ses habitants – qui sont d’excellents navigateurs – y donnent d’ailleurs souvent le patronyme de « Liburna » à leurs navires. Les îles proches d’Uglian, de Corictae, de Krespa, d’Arba, et de Cisa, sont investies. Et, enfin, à l’embouchure de la narentre – dont la vallée constitue une très importante voie de communication entre la méditerranée et l’intérieur de la péninsule Balkanique – surgissent la rade de Narone et la cité de Lyssos.   

Vers 350 avant notre Ere, une dizaine de clans Celtes quittent la gaule Belgique. Ils débarquent en Angleterre, puis, en Irlande. Et, dès lors, pour se différencier les uns des autres, et en se servant de traits horizontaux ou obliques, certains décident d’inventer un nouveau mode d’Ecriture. 

En 327 avant J.C., de nombreuses tribus Celtes s’avancent jusque dans le bassin moyen du Danube, puis, jusqu’en Hongrie. Ensuite, l’une d’elles se dirige vers la macédoine ; une autre vers la grèce. En 325 avant notre Ere, celle-ci traverse l’Asie Mineure. Et elle se présente à Alexandre lorsqu’il se rend à Babylone.

En 315 avant notre Ere, les Celtes de Hongrie sont informés de la mort d’Alexandre le Grand. Ils apprennent également qu’après son décès, de nouveaux Etats hellénistiques se sont formés sur les ruines de son Empire ; et que ceux-ci ont bouleversé l’ensemble de son économie. Dès lors, ils en profitent pour s’attaquer aux peuples Bulgares qui sont encore sous domination Macédonienne. Et ils n’y rencontrent aucune résistance, puisque le gouverneur qu’Alexandre y a installé quelques années plus tôt, ne peut plus leur opposer aucune armée régulière.

Or, bientôt, les envahisseurs des anciens territoires Thraces commencent à diviser leurs contrées en de petites entités autonomes. La dalmatie se retrouve ainsi soumise à des groupes Celtes – « Diadoques » - désunis. En Dacie, un homme baptisé Lubusthère proclame son indépendance, et fait en sorte de devenir de plus en plus influent dans les cités situées sur les frontières de sa contrée. Ce qui a pour conséquence que le Bosphore Cimmérien, lui – qui a été un temps le grenier à blé de la grèce -, est obligé de lui fermer ses ports commerciaux.

Malgré tout, en 305 avant J.C., un chef de tribu Celte du nom de Lusimaque s’octroie le titre de Souverain de Thrace. Puis, il tente d’annexer la valachie à son royaume ; en essayant d’y renverser son plus farouche adversaire : Seuthe III de la cité Odryse de Seuthopolis.

Mais, vers 290 avant J.C., le monde Celtique est secoué par des invasions Belges et leurs contrecoups. Pour éviter le pire, le Sénat Romain envisage l’installation de 60 000 citoyens pauvres sur les riches terres padanes, territoires du Nord conquis en 283 avant J.C., ce qui signifie l’expulsion pour les Gaulois ; ceux-ci appellent à la rescousse leurs congénères transalpins qui envoient une forte armée dans la plaine du Pô. Les Romains parviennent à les arrêter au lac Télamon et, après les avoir écrasés, occupent l’ensemble de la gaule Cisalpine où ils entreprennent de fonder aussitôt de nouvelles colonies, comme Crémone et Plaisance.

Puis, parallèlement, en 281 avant notre Ere, Lusimaque de Thrace pénètre une seconde fois en Valachie. Il y affronte ses Souverains autonomes. Mais, vers la fin de la bataille – dite, de Cyrodedion -, il décède soudainement. Et ses rêves de conquêtes aussitôt repris par son successeur, s’effondrent bientôt.

Car, à peine deux ans plus tard – en 279 avant J.C. -, des clans Celtes qui paraissent surgir de nulle part, et conduits par un autre Brennus, pénètrent à leur tour dans les Balkans. Ils les traversent, se dirigent rapidement vers la grèce. Ils envahissent le pays, s’emparent et pillent le Sanctuaire de Delphes. Ils s’approprient son Trésor ; tandis qu’ils transforment les habitants de la ville en esclaves.

Quelques jours plus tard, pourtant, ils sont repoussés hors des murs de Delphes. Et, c’est au cours de cette offensive que leur chef Brennus est gravement blessé, et qu’il est obligé de se suicider.

Pourtant, avant de mourir, Brennus décide de séparer son armée en deux. Il désigne un groupe de soldats pour retourner en Occident afin d’y cacher le Trésor de Delphes et d’y vendre les esclaves qu’il a fait prisonniers au cours de la bataille. L’autre doit poursuivre la lutte et s’enfoncer plus profondément encore dans le pays. Malheureusement, cette dernière, épuisée par les multiples marches forcées et les combats qu’elle a dû mener jusqu'à présent, est bientôt vaincue. Elle doit battre en retraite ; elle se replie dès lors en Asie Mineure. Arrivée là, elle renverse et anéantit les aristocraties locales du plateau d’Ankara. Elle oblige les populations à se soumettre à sa domination. Elle impose sa Civilisation, met ainsi fin à l’essor culturel de la thrace, et fondent un royaume qu’ils nomment « Tylis ; ou, « Galatie ».

La première partie de l’armée de Brennus – futurs Tectosages - fait donc demi-tour et revient en Gaule. Elle stoppe un moment sa marche au pied des Pyrénées. En effet, les Druides qui l’accompagnent désirent remercier les Dieux de leur victoire. Ils veulent les honorer dans un de leurs Temples dédié à la nature aux fins fonds de la montagne que la troupe qu’ils accompagnent s’apprête à franchir.

C’est à cet instant précis que l’Objet Mythique se réveille. Delmocène – qui est prêtre du Sanctuaire de Delphes – ayant le Trésor sous sa garde, c’est là qu’il a réussi à dissimuler l’Objet Mythique. Mais, une fois arrivé au centre du cercle Mégalithique, celui-ci se met à briller d’une lueur intense. Des éclairs surgissent autour de lui alors que le ciel paraît sans nuages. Des rais fluorescents courent sous la surface du sol, se concentrent. Puis, certains vont se perdre aux extrémités des pierres levées ; ils s’évanouissent finalement au milieu de mille étincelles éblouissantes. Les autres se précipitent parmi les herbes et les ronces des alentours, brûlant tout sur leur passage. Ils disparaissent ensuite à une vitesse fulgurante dans le lointain.

Delmocène, autant que les Druides venus prier leurs Dieux, sont terrorisés. Ils ne comprennent pas le phénomène qui vient de se produire sous leurs yeux. Delmocène imagine qu’il s’agit d’une réaction de l’Objet Mythique vis à vis des Forces Telluriques du lieu ; il a répondu à leur appel. Les Druides, eux, y voient u message des Dieux à leur encontre : Taranis approuve la victoire de Brennus à Delphes, et incite sa troupe revenues en Occident à reprendre sa marche vers sa destination finale.

L’armée de feu Brennus s’installe un moment dans le Languedoc. Elle prend d’assaut la ville de Toulouse, qu’elle conquiert rapidement. Puis, elle éclate en plusieurs bandes ; certaines veulent rester sur place tandis que d’autres veulent remonter encore plus au Nord. Ces dernières se séparent donc des tribus principales, qui ont décidé de faire de Toulouse leur capitale, et continuent leur marche jusqu’aux abords des îles Britanniques.

Une fois la région aux alentours de Toulouse soumise, Altius, le chef de la horde, décide de faire de la ville sa capitale. Pour ce faire, il fait établir au centre de la métropole un Temple dédié aux Dieux de son peuple. Il fait donc raser un certain nombre de maisons. Il ordonne de creuser la terre. Il fait ériger quatre Mégalithes ornés de sculptures divines au fond de la cavité. Puis il y place lui même le Trésor de Delphes. Enfin, il fait sacrifier un certain nombre de prisonniers qu’il a ramené avec lui d’Orient.

A ce moment là, Delmocène – qui est aux cotés du chef des Celtes de Toulouse – se rend compte que l’Objet Mythique se met à luire de nouveau : apparaît la même lueur étrange que sur le site du Sanctuaire pyrénéen. Son éclat est certes moins intense, ses autres manifestations – les éclairs et les rais flamboyants – ne s’extériorisent pas. Il songe alors que le nouveau Temple Mégalithique de Toulouse ne se trouve probablement pas au centre d’un Nœud Tellurique, mais qu’il n’en n’est pas loin. Il se dit qu’il faudra qu’il s’en préoccupe lorsqu’il sera sorti de la situation dans laquelle il se trouve actuellement. Tant qu’il sera prisonnier – et considéré comme esclave -, il ne pourra pas faire grand chose, ni pour récupérer l’Objet Mythique, ni utiliser celui-ci à son profit, et encore moins l’éloigner de tout lieu où il est extrêmement dangereux de le manipuler.

En 272 avant J.C., la position des Grecs dans l’Adriatique – déjà très précaire depuis une dizaine d’années à cause de la présence des Celtes dans la région – est de nouveau affaiblie. En effet, à cette date, c’est le royaume d’Epire – le plus Septentrional des royaumes Hellénistiques de la péninsule Balkanique – qui entre en éruption.

Car, cette année là, Pyrrhus le Grand décède. Alexandre II lui succède à la tète du pays. Mais, celui-ci s’avère très vite un monarque faible et très influençable ; ce qui permet à l’Illyrie d’Agron de s’affirmer comme nouvelle puissance régionale ; puis, d’édifier une série de forteresses sur le fleuve Drilo.

De fait, dès 271 avant notre Ere, l’Illyrie attaque soudainement l’Epire ; l’annexe. Elle s’empare ensuite rapidement des colonies Grecques de Corfou, d’Epidammus, et de Pharos. Elle permet pourtant aux colons Hellènes de l’île de Vis de fonder le port de Salone. Elle donne d’ailleurs l’occasion à celui-ci de très vite devenir un lieu d’échanges de première importance. Et, elle finit par intervenir contre les Etoliens qui assiègent les Arcananiens de Medion, lorsque les Macédoniens l’appellent à l’aide. 

En 265 avant J.C., lorsque les Celtes arrivent en Occident, une de leurs tribus – dite, des Parisii – décident d’installer un modeste habitat sur les rives de la seine. Là, elle donne au lieu le titre de « Lutétia Parisiiprum ». Elle commence à y invoquer régulièrement des Démons Drujes ; et le plus puissant d’entre eux, la mouche Noire Nasa. Elle y réveille aussi parfois des Ganes ; censés prendre possession des corps des défunts après leur Mort, afin de les emmener à l’intérieur du Mont Elbrouz. Mais, surtout, c’est là qu’elle se met à prier une Déesse Noire baptisée Cerunnos.

Un peu plus tard, le Clan des Parisii édifie deux autres lieux de culte : le premier, entre les deux bras de la saône ; et le second, près des confluents de la marne.

Le peuple Carnute – ou, des « Gardiens de la pierre » -, lui, s’enfonce plus profondément en « Gaule ». Tout en s’avançant, ses membres – qui ont été désignés il y a longtemps par les autres tribus Celtes pour pratiquer la religion de leurs Ancêtres - se servent des Connaissances du Livre des Invasions, mais aussi d’endroits isolés, afin de pratiquer leurs Sacrements. Ils érigent des menhirs ou des tumulus en l’honneur de leurs Divinités. Ils construisent de petits Temples de bois et percent des fosses destinées au sacrifice des animaux ; ceux-ci ne sont d’ailleurs pas les seuls à être immolés : des ennemis sont aussi égorgés. Ils creusent des galeries menant généralement à une pièce centrale, qu’ils recouvrent de roches, puis de terre. Ils sculptent leurs plafonds et leurs murs de courbes pour que se distinguent des traces d’empreintes digitales. Parfois, ils ornent leurs ouvertures de portiques en pierres, de crânes de guerriers cloutés. D’autres fois, ils y représentent des « Egypans » sous la forme de petits hommes très velus, portant des cals, et munis de pieds de chèvre. Parfois encore, ils les y montrent semblables à des Esprits accompagnant le Dieu Cornu dans ses fonctions ; ou, embarqués sur des Navires Enfers se mouvant sans arrêt, et accompagnés d’équipages composés de Damnés et de Chiens Monstrueux. Ou encore, continuellement entourés de créatures aquatiques qu’ils désignent par le terme « Dracs ». 

Ainsi, quelques mois plus tard, lorsque les Carnutes s’établissent sur le site d’Autricum, ils y creusent immédiatement trois grottes/cryptes superposées. Au centre de chacune d’elles, ils bâtissent un « Autel aux Idoles » qu’ils nomment « Carnutes Is ». Ils préparent une Assemblée Générale des Druides et des Druidesses destinée à être renouvelée à cet endroit à chaque Printemps. En compagnie « d’Eubuges » - ou, de « Prêtres des Sacrifices », ils y accueillent des foules de fidèles ; parfois venus d’Outre-Rhin. Puisqu’ils sont également considérés comme des Sages, des Philosophes, des Théologiens, des Mages, des Bardes, des Poètes, des Devins, des Musiciens, des Astronomes, des Médecins, des Historiens, et des Juges, ils y débattent avec elles de multiples sujets. Ils leur disent qu’une fois de plus, ils assument entièrement la pérennité de l’Equilibre Cosmique. Puis, pour chacun de leurs invités, ils pratiquent un Rituel Initiatique ressemblant à un baptême : en effet, ils installent chacun d’eux au centre d’un puits rectangulaire. Ils formulent des litanies consacrées à « la nouvelle Naissance ». Et, ils invoquent autour d’eux des Divinités Sylvestres telles que les « Egypans », pour que celles-ci accordent leur bénédiction aux nouveaux récipiendaires. 

Or, il n’y a pas que les Carnutes ou les Parisii qui s’enracinent en Gaule. Une troisième se fixe en Auxerrois, où elle se met à célébrer des Cérémonies liées à la vie et à la mort. Car, pour elle, leurs pulsions se manifestent lors des changements de Cycles, qu’ils soient Solaires, Saisonniers, ou Annuels. Une quatrième se pose à proximité de Cluny, au lieudit « la pierre de l’Ecorcherie ; et elle y multiplie les sacrifices humains. Une cinquième choisit de s’ancrer à Fonteneille – tout près de la « Pierre Branlante de Guépéan » ; qu’une simple poussée fait osciller – pour immoler des femmes. Une sixième pénètre dans la « Vallée des Merveilles », atteint le sommet du mont Bezu. Elle considère alors celui-ci comme un « Second Toit du Monde », et commence à y vénérer un dieu nommé Beigorix. Peu après, elle bâtit un village à 2,5 kilomètres de ce site, y élève le « Menhir du Cormier » ; tandis que plus au Nord, elle érige deux pierres bises en forme d’autels ; tout en mettant enfin en place une immense roche taillée de cupules décorées d’ossements à une centaine de mètres de là.

Une tribu Celte encore différente se dirige vers Dions. Elle rencontre dès lors un énorme Mégalithe laissant apercevoir des rainures transversales, ainsi que de nombreux signes Solaires, gravés sur la plupart de ses faces. Et ses membres décident, à leur tour, d’y dessiner des Swastikas, avant d’aménager dans ses alentours. Une huitième, elle, croise la route d’une roche taillée baptisée « la pierre aux Trésors » ; puis celle d’un alignement de blocs de quartz qualifié de « Cordon des Druides », lorsqu’elle s’aventure en direction de la forêt de Fougères. Une neuvième marque son territoire à cinq cents mètres de la fontaine et de la « Pierre de Kerlimmin ». Une dixième parvient aux abords du Menhir portant le titre de « Pierre Ancienne », et dont elle observe les sculptures représentant des rayons Solaires et des rigoles avec intérêt. Une onzième s’approche de la « Roche de Mourgo » - ou, « de Nonné », qu’elle aperçoit un jour au milieu d’hypogées. Une douzième se hisse sur les hauteurs qui dominent la vallée de Valbonne. Elle y rénove deux « Peulvens » - ou, « Pierres des Martyrs ». Et elle remarque finalement que ces dernières montrent, une tète coupée pour l’une, et un cheval pour l’autre. Une treizième désigne « Bois Parigny » comme l’endroit où elle désire s’installer. En son cœur, elle découvre rapidement un gigantesque Monolithe troué. Et elle décide d’y honorer Teutatès par son intermédiaire, en y apposant régulièrement des rainures environnées de caractères Runiques. Une quatorzième pousse vers Courtines et son roc élevé de « Mael Pestivien » ; et c’est là que ses Clercs jonchent le sol de cupules, afin d’y vénérer leur dieu Rudianus. Une quinzième s’approche du site de Fourvière, y fonde le hameau de Decinis. A quelques temps de là, elle y érige un Mégalithe portant le patronyme de « Pierre Forte » ; et destiné à faire office d’Oracle. Et, enfin, une seizième tribu Celte crée une petite agglomération juste à coté du Dolmen, dit, « de Quenequan » ; tandis que les membres du clan se demandent bientôt si ce dernier n’abrite pas des Korrigans. 

Mais, en 265 avant notre Ere, il n’y a pas qu’en Gaule Continentale que les Celtes s’installent. En effet, au cours de leur avancée, un autre de ses peuples pénètre en Galicie ; et s’installe sur le site de Saint-Jacques de Compostelle. Et, surtout, plusieurs traversent la manche ou la mer du Nord, puis posent le pied en Grande-Bretagne et en Irlande. Ainsi, l’une s’aventure en Pays de Galles, y emménage, et impose son blason – le Dragon – aux autochtones. Une autre, Biturge, explore les innombrables îles qui apparaissent entre l’Angleterre et l’Eire. Et sur l’île de Man et sur l’île d’Iona – ou, « Mona » -, celle-ci repère alors des dizaines de monuments Mégalithiques ; tandis que ses Clercs déclarent  ces dernières finalement Sacrées : exclusivement réservées à leur usage personnel.

Car, expliquent les Prêtres Biturges, « ces îles sont rattachées à l’Ile Mythique de Thulé. Nous devons les considérer comme le Centre de l’Ancien Monde ; ce Monde qui a jadis été gouverné par le Suprême Souverain des Cinq Royaumes. ». D’ailleurs, renchérissent t’ils, « n’oublions pas qu’un jour, ce Monarque sortira de son Refuge Souterrain, et qu’il nous libérera, nous, ses sujets opprimés. ».   

13 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 437 - 440

celteMalgré tout, à cette époque, les Celtes vouent un culte à de nombreuses autres Déités. Ils rendent un culte aux Arbres, aux Sources, ou aux Rochers. Ils pensent en effet que – comme le décrit le Livre des Invasions -, l’Arbre représente le Cosmos établi sur son pivot, l’Axe Primordial du Monde ; mais aussi, qu’il est le plus vieux des Instruments élaboré par le Créateur. Ils présument aussi qu’il est le trait d’union entre les Trois Univers Elémentaires – le Céleste, le Terrestre, et le Souterrain. Et ils croient qu’il est Symbolisé par l’If ; et que c’est pour cette raison que les Incantations Divinatrices de leurs Mages et de leurs Sages doivent toujours s’effectuer à proximité d’un If.

Or, soulignent les Celtes, il y a plusieurs sortes d’Ifs : il y a l’If du Saumon, qui est un Arbre aux feuilles persistantes, et qui produit des fruits merveilleux. C’est autour de lui que s’ordonne le Monde Terrestre. Et ce sont ses fruits qui tombent dans l’eau, puis, mangés par l’icône de l’Omniscience qu’est le Saumon. Il y a l’If de Rass, dont les baies sont assimilées à la sagesse. Il y a l’If aux Noisettes, qui représente la science. Il y a l’If Sorbier, qui fait surgir le Feu du sol. Et enfin, il y a l’If Saule, qui évoque les dieux par l’intermédiaire de son apparence chevelue.   

Par ailleurs, les Celtes invoquent souvent la puissance du dieu des Techniques et du Commerce, Lug. Ils en appellent à celle du Maitre du Ciel et du Tonnerre – dont le Symbole est l’Eclair -, Taranis. Ils prient la protectrice des Guerriers – dont les Attributs sont le Corbeau, le Griffon, et le Sanglier -, Teutatès. Ils se tournent parfois vers la déesse de la terre – désignée par un Serpent à tète de Bélier -, Trigaranus. Ils sollicitent la déesse de la richesse et de la fécondité, Romerta. Ils réclament l’aide du dieu des Travaux Manuels et de la guérison, Suellos. Ils adjurent le Souverain des Enfers – représenté par un Taureau à trois Cornes empoignant un Maillet -, Taruus. Ils s’en réfèrent à la maîtresse des Mondes Cruels, Esus. Ils cherchent à échapper à l’emprise de la pourvoyeuse des Ames, Smertrios. Ils se soumettent à la protectrice du Monde Animal, Cerunnos. Ils attirent l’attention de son Serviteur Chtonien doté de Cornes de Bélier, de trois visages – dont la mission est de dissimuler des Trésors -, Babba. Car ils savent que celui-ci est en contact permanent avec la terre, en relation étroite avec les Forces Souterraines, ainsi qu’avec le Cycle de Saisons. Mais, ils connaissent également sa capacité à tromper, à se mêler à l’Obscurité et à la lumière.

Ils révèrent encore la déesse du Feu Domestique, qui est aussi la patronne des Sources Thermales, et des Activités Féminines telles que le Tissage, Bélisama. Ils évoquent de temps en temps la mère des Dieux – qui est censée les nourrir -, Dana. Ils supposent d’ailleurs que c’est l’Energie qui se dégage d’elle qui apporte la fertilité aux champs et aux prés. Ils pressent irrégulièrement le Seigneur des Plans intermédiaires – son Epoux -, Bilé. Ils supplient la déesse de la poésie qu’est leur Fille Brigitt ; le Fabriquant de la liqueur d’Immortalité qu’est leur Fils Coibnic. Ils adorent le Père de toutes ces Déités – le Maitre de l’Univers, le Dieu Suprême, le Connaisseur des Secrets de la magie, le Gardien des Serments – qu’est Dagda. Ils s’en remettent de temps à autres à ses Attributs les pus efficaces que sont sa Massue, ou son Chaudron Alchimique. Ils adjurent toujours le premier Frère de Dagda, Omya, qui est le dieu des Forces Physiques et de l’Eloquence. Ils imaginent dès lors que ce dernier est enterré depuis longtemps à l’intérieur d’une Nécropole située au sommet d’une colline lointaine. Ils pressent le second Frère – Borgne et Fougueux - de Dagda, qu’est Midce. Ils adjurent son troisième Frère, Bélénos, parce qu’il est le dieu de l’Harmonie, de la beauté, des Beaux Arts, de la méditation, de l’Intuition, et du Raisonnement. Ils idolâtrent l’Apprenti de Bélénos, le Sorcier Manamah, qui a la réputation de détenir une Cuirasse Invulnérable et rendant Invisible. Et ils invoquent les Démons Gauydiva, Gevannon, Amethon, Nudd, Arianhod, qui conduisent des Armées Invincibles. 

Enfin, ils réclament exceptionnellement l’aide du Géant Maitre de la santé, Balor. Ils s’agenouillent humblement devant le Géant Protecteur des Bardes qu’est Bran. Car, les ragots expliquent que lui aussi possède un Chaudron Magique. Ceux-ci révèlent également que, contrairement à celui de Dagda, il ressuscite les Morts, qu’il est un puits de Science. Et ils disent enfin que le liquide qu’il contient est, à la fois, source d’Abondance, de Beauté, de Connaissance, et d’Inspiration Poétique.

Puis, peu à peu, les Celtes élaborent d’innombrables Mythes autour de leurs Déités et des Récits issus du Livre des Invasions. Ils forgent ainsi celui du dieu Soleil Hu Gardan, qui, « de tous Temps, et à travers ses Sommeils et ses Morts successives, a été reconnu Seigneur de l’Humanité. ». De fait : « Dans sa jeunesse, Hu Gardan porta en lui toutes les Forces qui devaient le conduire à créer un Monde Nouveau. Malheureusement, à l’instant où il allait les manipuler, les Puissances des Ténèbres l’assaillirent, le démembrèrent, et le brûlèrent. ». Ou : « A l’Aube des Ages, Hu Gardan dut affronter le Cavalier qui dérobe la lumière, qui conduit les Ames dans l’Autre Monde, et qui se prénomme Marc’h. ».

Ils inventent également l’histoire d’Ogmies : « Ogmies est le Père de la parole Sacrée, le Spécialiste de l’Ecriture qui a parcouru le Monde à l’Aube des Temps, et qui est le Frère de Hu Gardan. ». Ils expliquent cette Catastrophe qu’a été le Déluge de Feu : « A cette époque, sur l’Ile de Verre apparaissant au milieu de la mer, les pluies se firent rares ; les terres se desséchèrent ; l’herbe ne poussa plus ; et l’eau redevint le plus précieux des biens. Et, à la fin de cet Apocalypse, les hommes voulurent vite oublier l’effondrement de la civilisation des peuples antédiluviens. ». Ils évoquent cette autre version : « Orgos était le dieu Solaire dont le char est toujours environné de rayons lumineux. Dès lors, au cours du Déluge Universel, il intervint en attachant le monstre responsable du Cataclysme derrière son fardier. Puis, il fit avancer ses deux bœufs, et le traîna pendant longtemps. Tandis qu’au même moment, les eaux commencèrent à baisser ; et il put enfin fonder l’Humanité actuelle. ».

Ou encore celle-ci : « Au Commencement des Temps, Parthulon fit surgir du Chaos sept Lacs, ainsi que quatre Plaines. Ensuite, il forma les premiers Mages et les premiers Guerriers du Monde. Et il leur donna la vie.

Ce Temps dura 5000 ans. Mais, finalement, tout fut détruit par une épidémie en une semaine. Seul, un homme – nommé Tuan Mac Cairill – survécut à l’anéantissement. Et c’est lui qui engendra trois nouveaux lacs et neuf nouvelles rivières. ».   

Les Celtes décrivent bien sûr la mère Patrie engendrée par Tuan Mac Cairill. Ils parlent de son incroyable Tour du roi Connan. Ils retracent les péripéties de ces Races Humaines issues de lui. Ils expliquent de quelle manière elles se sont installées sur ce Continent Nordique appelé « Hiberie ». Ils soulignent que cette Hiberie était une île éloignée du Tumulte engendré par l’Ignorance ; mais surtout, un Centre Primordial Sacré, ainsi qu’un Refuge pour la science et la pensée. Ils détaillent le moment où, par la suite, ces Races ont occupé et dominé l’Occident. Ils représentent cet instant où elles y ont apporté d’immenses Pierres Mystiques douées de vertus curatives. Ils dévoilent leur rencontre avec ces Etres Elémentaires – des Géants Ténébreux, Monstrueux, et Antédiluviens - représentatifs des Forces Telluriques, et qu’elles ont aussitôt associé aux Profondeurs des Eaux. Ils parlent des combats qu’elles ont dû subir ; contre Balur, qui n’avait qu’un seul œil, et dont le regard était capable de foudroyer toute une armée. Ils font allusion aux quatre Héros – dont Athiope, la magicienne Be Danaann – qui ont tout obtenu par l’intermédiaire de leurs Pouvoirs Magiques et de leurs Incantations. Et, enfin, ils déclarent qu’à la fin de cet affrontement, ces Races ont vécu un Second Cataclysme ; et que seuls ces quatre Héros en ont été les seuls survivants. Alors que certains Celtes développent cette Légende en rappelant que c’est une femme appelée Bamba, accompagnée de trois hommes, qui en ont été les uniques rescapés.

D’un autre coté, les Celtes donnent naissance au Mythe de la cité Blanche. Mais, ils confondent bientôt celle-ci avec la cité de Verre de Tuan Mac Cairill. Dès lors, dans ce conte, ils font remarquer que cette ville a jadis été peuplée par des hommes qui sont issus de l’Autre Monde ; et non de celui des Mortels. Ils pérorent sur le fait que ses occupants y ont été dirigés par une « Reine » ou une « Dame » « Blanche ». Ils chantent parfois ses louanges en lui donnant le titre de « Bamdrui la druidesse » ou de « Banfaith la prophétesse ». Et ils signalent qu’aujourd’hui encore, cette dernière peut exceptionnellement apparaître dans des grottes, au bord de rivières, ou non loin de sources enchantées.

Et, enfin, les Celtes se mettent à évoquer ces Etres monstrueux et métamorphosés que sont les « Kurrigans ». Ils les appellent aussi « Luchrupain », « Lucharban », ou « Lupracan ». Ils déclarent qu’ils hantent toujours de nombreux territoires : « Ils se sont désormais réfugié à l’intérieur des tertres, des dolmens, des tunnels, et des allées couvertes. Et ils se présentent à nous sous la forme de Nains, de Femmes, d’Hommes, ou d’Oiseaux. ». Les Celtes détaillent également des Créatures Mystérieuses, telles que le Sanglier - qui Symbolise la force Universelle - ; le Ceroi Mac Daere – dont le domaine est protégé par les trois plaines de Breg entourées par sept murs au sommet desquels sont fichées sept tètes, ainsi que par trois Géants aux grands poings. Ils font allusion au Dragon à Sept Visages désigné par le terme « Calatin » ; aux Femmes Cygnes qui ont de nombreux contacts et d’innombrables aventures en compagnie des hommes de la terre. Ils décrivent les « Goburchinds » - laids et difformes, et de temps en temps baptisés « Tètes de Chèvres ». Ils signalent l’existence d’une lignée de Sorcières – les « Gurddu », qui demeurent dans un endroit portant le patronyme de « Pennant Govu » - ou, « Abords des Enfers ». Ils représentent leurs sœurs, des Femmes spécialisées dans les Incantations, dans l’Art de l’Amour et de la guerre. Ils développent la légende du Chien Noir, Kidu, qui accompagne les trépassés au cœur du Séjour des Ombres ; celle du Cavalier du Tumulte qu’est Gwallawy ; celle des Cavalières de la nuit – ou Furies -, qu’ils nomment Camulos et Cassi Bodua. Ils font référence à la saga des Fianna – ces Génies défendant l’entrée de l’Au-delà par l’intermédiaire de leurs Forces Spirituelles et de leurs Armes - enchaînées par le Roi Finn. Ils traduisent celle de la fée Mélusyn - qui la capacité de se métamorphoser en Femme Serpent aux yeux scintillants - ; celle de cet Etre mi-humain mi-animal foncièrement mauvais appelé Girq, parce qu’il est issu de l’union d’une Sirène et d’un Loup-garou. Ils se souviennent de cette Banshee qui voyage régulièrement en prenant l’apparence d’un Faucon, et qui est très instruite en matière d’Amour charnel. Ils se remémorent l’histoire de ce Cheval qui transporte les trépassés sur son dos, et qui leur fait traverser la frontière Interdite. Ils se rappellent que cet Animal est censé parcourir l’Autre Monde apparenté à une île née au centre du Grand Océan à la fin de l’Age des Ténèbres. Et que c’est pour cela qu’ils donnent le titre de « Ile du Pommier », de « Ile Bienheureuse », de « Ile Fortunée », de « Avallon » à cet endroit.

Car, dit le Conte : « C’est là que vivent les Divinités. Celles-ci sont accompagnées des Héros. C’est là que gouvernent les neuf Fées que sont Morgayn, Momonoe, Gliten, Glitenoa, Gliton, Tyronoe, Thiter, Creide, et Thiton. C’est sur cette terre d’Abondance que ces Femmes Surnaturelles protègent les Défunts qui y sont emmenés à bord d’une barque dénommée « Baz An Noz » ou « Imrama ». C’est encore là que ceux-ci sont rendu Immortels, qu’ils acquièrent une parcelle de la sagesse Véritable. Et enfin, c’est là qu’apparaît ensuite Gofannon, et qu’il leur offre un verre d’Hydromel ; le breuvage des Héros. ».

En 485 avant J.C., les courants commerciaux qui alimentent le Sud de la péninsule Scandinave en objets de Bronze, ralentit. En effet, l’élevage du bétail y devient de plus en plus important ; il y est même considéré comme un critère de richesse. Alors que parallèlement, de nouvelles techniques d’extraction du métal y sont expérimentées dans ses montagnes.   

Plus au Sud – en Allemagne et en France –, les membres de la tribu de Giguela élèvent creusent plusieurs Nécropoles monumentales. Les Britiges Cubes, eux, s’installent au confluent de quatre rivières, et nomment leur capitale Aviricum. Ils se rendent d’ailleurs vite compte que ce site a jadis déjà été occupé pendant plusieurs centaines d’années. Tandis que les Lemoviers fondent la métropole d’Augustoritum ; et que d’autres groupes de migrants traversent les Alpes en direction de l’Italie ; tout en élevant un Sanctuaire consacré à la divinité de la montagne près du pic de Saint-Gothand.    

En 400 avant notre Ere, la société, dite « de la tène » marque donc l’apogée de la civilisation Celte sur le Continent Européen. En effet, leurs peuplades signalent un peu partout leur présence dans ses forêts, ses montagnes et ses plaines. Certains de leurs voyageurs croient d’ailleurs voir dans les régions qu’ils habitent toutes sortes d’animaux légendaires, et  ces derniers les dépeignent d’ailleurs avec une précision ahurissante. Mais surtout, les Celtes poussent régulièrement des incursions depuis la gaule Cisalpine, allant même jusqu'à Rome, dont ils s’emparent vers 390 avant J.C.

Pourtant, à cette époque, la civilisation Celte n’a pas d’unité politique. Elle ne connaît pas d’organisation supérieure à celle du village ; il n’existe pas non plus de hiérarchie. Ce sont des communautés de plusieurs dizaines d’individus. Celles-ci vivent dans des hameaux regroupant des maisons rectangulaires, flanquées de greniers à blé montés sur pilotis afin d’être protégés des rongeurs. Il existe pourtant de vastes réseaux d’échanges et il y existe un grand dynamisme démographique.

Avec la croissance de la population, une forme d’inégalité réapparaît. Certains personnages importants possèdent des objets de prestige qui, de nouveau, proviennent des échanges avec le monde méditerranéen. Un artisanat local de luxe se redéveloppe. Les paysans, eux, restent pauvres et à la merci des seigneurs guerriers.

La réapparition de l’aristocratie guerrière, jointe à cette forte poussée démographique, joue un grand rôle dans les migrations Celtiques de cette époque. Du Bassin Parisien, de la bohème, de la suisse et l’Autriche, les Celtes poussent vers le centre, puis le Midi de la france et jusqu’en Espagne, mais aussi, dès 380 avant J.C., en Italie – Gaule Cisalpine -, en Yougoslavie, dans toute l’Europe Centrale, en Grèce et en Turquie.

En effet, dix ans à peine après le début de leur installation sur le sol italien, des envahisseurs Gaulois conduits par un chef de tribu nommé Brennus attaquent Rome. Les Gaulois exigent une rançon en or en échange de la libération de Rome, et, à l’occasion de la transaction, Brennus jette à la face des Romain : « Vae Victis ! », « Malheur aux vaincus ». Et après s’être retirés de Rome, les Gaulois s’installent en Gaule Cisalpine – autour de la plaine du Pô et jusqu'à l’Adriatique, surveillés de près par des colonies Romaines.

12 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 433 - 436

celteEurope, Vème – IIIème siècle avant J.C. :

Vers 495 avant J.C., après plusieurs siècles d’agonie, la civilisation du Hallstatt finit de s’éteindre. En effet, partout en Europe Septentrionale, ses villages sont désertés. Ses Tombes et ses Nécropoles sont abandonnées ou abattues. 

Désormais, ce sont les Celtes qui sont les seuls à habiter les régions septentrionales de l’Europe ; entre Rhin et Danube. Ce sont toujours des nomades, qui vivent toutefois dans des cités. Sans maisons fixes, ignorant par là même nombre d’institutions politiques et religieuses constitutives d’une vie civilisée, ils sont en perpétuelle migration.

Lorsque la plupart des peuples Celtes parviennent en Occident, ils s’installent en Autriche, en Slovaquie, en Hongrie, en Roumanie, en Yougoslavie, en Bulgarie, en Gaule, en Italie, et en Grande-Bretagne ; tandis que quelques autres s’avancent jusqu’en Asie Mineure et en la grèce. Là, ils y intègrent les insulaires, y incorporent des éléments fougueux ayant autrefois vécu en Scandinavie. Ceux-ci leur racontent alors d’étranges Récits ayant trait à la submersion de villes entières. Ils instaurent de nouvelles coutumes, transformant ainsi leurs Clercs en conseillers du roi, en détenteurs de la science Sacrée issue du « Livre des Invasions ». Ils commencent également à effectuer des Sacrifices. A la demande de leur Souverain – à titre personnel ou politique -, ils se fient aux Oracles prononcés par leurs ecclésiastiques. Ils désignent une première hiérarchie de Mystagogues en créant les titres de « Ollanb » - ou, « Celui qui possède la baguette d’Or » - ; de « Anroth » - ou, « Celui qui possède la baguette d’Argent » - ; et de « Fidil » - ou, « Celui qui possède la baguette de Bronze ». Ils élaborent un second Ordre composé de 17 Degrés Initiatiques, afin que leurs Clercs qui ne sont pas encore Fidil puissent atteindre ce rang. Ils en inventent donc un initial du nom de « Toyla », ou, « de la destruction » ; un deuxième, dit, de « Tania », ou « de la razzia du Bétail » ; un troisième, de « Tochmarca », ou « de Courtises » ; un quatrième, de « Catha », ou, « des Batailles » ; un cinquième, de « Vatha », ou, « des Cachettes » ; un sixième, de « Imrama », ou, « de la navigation » ; un septième, de « Orta », ou, « des Morts Violentes » ; un huitième, de « Flessa », ou, « des Festins » ; un neuvième, de « Forbosa », ou, « des Sièges » ; un dixième, de « Echtrai », ou, « des Aventures » ; un onzième, de « Atlud », ou, « des Enlèvements de Femmes » ; un douzième, de « Orynes », ou, « des Meurtres » ; un treizième, de « Tomdama », ou, « des Inondations » ; un quatorzième, de « Fisi », ou, « des Visions » ; un quinzième, de « Serca », ou, « des Amours », un seizième, de « Sluaigida », ou, « des Expéditions Militaires » ; et un dix-septième, de Tochomlada », ou, « des Emigrations ».

Ils conçoivent encore le qualificatif de « Vates », ou « Responsable de la divination ». Et, enfin, ils imaginent le terme de « Bardes » pour leurs chanteurs officiels.      

D’un autre coté, depuis leur arrivée en Occident, les Celtes se sont rendu compte que de gigantesques mégalithes ont été dressés un peu partout sur le Continent ; certains mesurant près de cent mètres de hauteur. A ce moment là, leurs Clercs leur ont révélé ce que leur ont dit leurs Pères à ce sujet : ce sont les Dieux qui les ont érigés à l’époque où ils habitaient encore le Monde. Et, en entendant cela, ils ont décidé d’utiliser ces grosses pierres – et d’en élever d’autres – pour révérer leur mémoire.

Les Celtes désignent un de leurs Clans – celui des « Carnutes », ou « des Gardiens de la pierre » - , afin de protéger ces monuments taillés, mais aussi de déterminer les lieux d’implantation de leurs futures cités. En outre, ils soulignent que ce sont ses membres qui, désormais, doivent désigner les Lieux Saints autour desquels ils vont perpétuer – au nom de toutes les tribus Celtes – les Sacrements et les Dogmes anciens inscrits dans le Livre des Invasions.

Tout en poursuivant leur marche avec leurs Frères, les Carnutes choisissent dès lors leurs sites en fonction d’une Tradition géographique secrète, qu’ils nomment « Magie Géocentrique », et qu’ils tiennent de leurs plus lointains Ancêtres. Ils cherchent des endroits où les vibrations telluriques se communiquent facilement à la terre. Ils s’efforcent de trouver leurs emplacements afin d’y capter leurs ondes régénératrices. Ils y auscultent le sol, et y parviennent à enregistrer l’intensité et la fréquence de ses fluides. Ils se rendent compte que ceux-ci, tels de grands serpents, sillonnent le pays et partent dans toutes les directions. Ils se disent que les menhirs jadis élevés par les Dieux jalonnent peut-être leurs itinéraires. Et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils creusent bientôt des Sanctuaires souterrains baptisés « Mumu », sur leurs emplacements, qu’ils les regardent comme des lieux de « Mystères et de Paradoxes » ; qu’ils y excavent des galeries communiquant entre elles ; mais rejoignant également à un bassin alimenté par un puits Sacré ; que sur leurs murs, ils y sculptent des Swastikas, ainsi que d’autres signes de bonne fortune ; et que plus loin, ils y aménagent des chambres mortuaires à peu près closes.

Mais, à chaque fois, non loin de leurs Sanctuaires, les Carnutes érigent aussi des tertres aux Fées qu’ils nomment « Sidh ». Ils fabriquent des tumulus artificiels, tout en voyant en eux des parties visibles de l’Autre Monde. Ils supposent que ces Sidh, par leur Nature, se trouvent en dehors du Temps et de l’Espace. Ils se demandent bientôt si, grâce à eux, ils ne pourraient pas en localiser des semblables au-delà de l’Océan ? Ils s’interrogent de savoir quelles sont les Formules qui seraient susceptibles de leur ouvrir les Portes du « Mag Meld » - ou, « la plaine du Plaisir » ; du « Mag Mur » - ou, « la grande Plaine » - ; du « Turnam Peo » - ou, « la terre des Vivants » - ; du « Tirnanbam » - ou, « la terre des Femmes » - ; du « Tirnanog » - ou, « la terre de la jeunesse » - ; ou du « Tirtaingire » - ou, « la terre de la promesse » la nuit de Samain ? 

D’un autre coté, les Carnutes Instruisent des Sorcières Fanatiques destinées à se retirer dans des localités isolées. Car, en tant que Philosophes, Sages, Théologiens, Sorciers, Musiciens, Astronomes, Médecins, Historiens, Conteurs, ou Juges, ils leur dispensent une Education Guerrière, Magique, et Sexuelle, que celles-ci ont maintenant pour obligation de transmettre aux Initiés qui, un jour, vont leur être confiés. Ils réintroduisent l’usage de l’Alphabet et du Calendrier Hiératiques. Grâce au Livre des Invasions, ils désignent leurs Consonnes en fonction des arbres qu’ils Connaissent : ainsi, ils choisissent l’If pour Symboliser les plus importantes d’entre elles, considérant en effet que celui-ci est le plus ancien des arbres. Puis, ils superposent leurs formes aux mois dont il a les caractéristiques. Ils s’inspirent aussi du Peuplier – et de ses feuilles qui tremblent au moindre souffle de Vent – pour en dessiner d’autres. Ils tracent leurs Voyelles par rapport aux différentes positions du Soleil. Ils utilisent le bois de Noisetier comme principal support de leurs idéogrammes ; car ils considèrent que la noisette représente le fruit de la science et de la sagesse. Puis, ils commencent à répandre leur nouvelle facon d’Ecrire ; tout en associant leurs hiéroglyphes aux Incantations qu’ils effectuent au cœur des forêts.   

Les Carnutes font ensuite en sorte de recruter leurs Apprentis dans toutes les tribus qu’ils accompagnent ; à condition, bien sûr, que ceux-ci acceptent de passer par des Ecoles vouées à leur Instruction. Ils les expédient dans un premier temps dans des îles – telles que celle de Sein, de Dumet, ou d’Anglesey – pour y acquérir une Initiation de base. Ensuite, Ils les envoient dans des endroits cachés au cœur des forêts. Là, ils font en sorte de leur Enseigner l’Histoire de l’Ancien Monde, le sens de la justice, la philosophie, la poésie, la connaissance des Etoiles, les Mathématiques, ou la magie. Ils leur font découvrir l’Essence même des Notions de Bien et de Mal. Par l’intermédiaire du Livre des Invasions, ils leur démontrent que les deux idées sont liées. Ils leur expliquent les différences qui existent entre : la vie, la mort, la culture du Sol, les Phases de la lune, l’Elevage des Bêtes à Cornes, l’Intelligence Humaine, ou celle de la matière Brute. Ils leur décrivent encore le Dragon Gardien des Richesses de l’Autre Monde. Ils leur annoncent que c’est de la mer Primordiale – qui est source d’Abondance et de Santé – que surgit toute Vie ; et que c’est pour cette raison que les Eaux Thermales sont toujours considérées comme un bienfait de la nature. Ils leur montrent de quelle manière utiliser les Pierres Levées afin de canaliser et de redistribuer l’Energie Tellurique et Cosmique qu’elles ont emmagasiné, à leur gré. Ils leur décrivent leurs procédés leur permettant d’activer la chaleur des flammes, jusqu'à vitrifier le granit. Et, enfin, ils les convertissent à ce goût du Secret, puis, leur font réaliser que cette aura de Mystère qui les entoure est nécessaire pour accroître l’efficacité de leur Magie.    

Parallèlement, le premier de leurs lieux de culte officiel, les Carnutes le découvrent lorsqu’ils stoppent leur marche sur les rives de la seine. En effet, une demi-douzaine d’îles apparaît au milieu du fleuve. Ils pensent alors qu’ils viennent de mettre au jour un Lieu Sacré d’une importance primordiale ; et ils se demandent si un Nœud Tellurique Vital n’existe pas au centre de l’une d’entre elles.

Dès lors, tandis que les tribus s’installent aux abords du fleuve en bâtissant les premières habitations de la future cité de Lugdunum, les Carnutes décident d’officialiser leur présence en ces lieux. Ils dressent donc bientôt plusieurs pierres mégalithiques semblables à celles qu’ils ont déjà croisé au cours de leur voyage. Et en fait, ils les érigent au cœur de l’île vis à vis de laquelle ils perçoivent l’influence de l’Energie terrestre se dégager. Puis, ils célèbrent leurs Rites ancestraux, en honorant leurs Dieux et leurs Morts.

A quelques années de là, certaines tribus Celtes se remettent en marche. Plusieurs avancent vers la bretagne, et atteignent les rives de l’océan Atlantique. Entre-temps, en Beauce, les Carnutes font d’une grotte enterrée sous une clairière un autre Sanctuaire ; comme celle-ci est perdue aux fins fonds de la forêt, ils l’appellent « Carnutes Is ». Ils en bâtissent un second un peu plus loin, qu’ils nomment « Temple du Dragon ». Ils y dressent un dolmen gravé de runes. Ensuite, ils aménagent les lieux afin d’en faire un tertre Mégalithique imposant. Ils décident d’honorer leur Déesse Mère Däna, dont les pouvoirs telluriques sont phénoménaux. Puis, par l’intermédiaire de Rituels et de Sacrements immémoriaux liés aux périodes d’Equinoxes et de Solstices, ils perpétuent leurs Traditions Ancestrales.   

D’autres Clans progressent vers les Alpes. Ceux-ci atteignent rapidement la région de Thunes, où ils croisent un ravin particulièrement impressionnant ; en effet, l’érosion y a découpée la roche pour la transformer en silhouettes fantastiques. Ils progressent de plus en plus loin vers l’intérieur des montagnes. Ils finissent ainsi par rencontrer deux monuments Mégalithiques très anciens et qui leur semblent abandonnés depuis longtemps.

Immédiatement, les Carnutes qui les suivent nomment la première enceinte de pierres levées « Rej Gailles », et la seconde, « Rej Murceint ». Puis, ils remettent debout un menhir renversé qu’ils baptisent « la pierre du Milieu du Monde ». Ce dernier leur paraît, tout à coup, être la matérialisation d’un axe tellurique sacré. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils lui font des offrandes.

Les Clans Celtes poussent alors au-delà des Alpes. Entre-temps, ils érigent de petits cercles monolithiques au col du Petit Saint-bernard et au pic de Salève. Ils y creusent aussi des Sanctuaires souterrains afin de perpétuer leurs Rites Initiatiques. Puis, bientôt, ils sortent des montagnes et atteignent l’Auvergne. Alors, pour fêter cet événement – et en accord avec leS Carnutes -, ils décident d’établir une ville au milieu des collines qu’ils aperçoivent en face d’eux ; ils la nomment Gergovie.

Mais, tandis que beaucoup de tribus Celtes souhaitent s’installer définitivement sur les territoires qu’ils sont en train de découvrir, d’autres ne veulent pas s’arrêter là. Elles avancent donc en direction de la bohème à l’Est. Et d’autres parviennent aux abords des sommets pyrénéens. C’est d’ailleurs en ce dernier endroit qu’ils mettent au jour un Sanctuaire beaucoup plus important en taille que ceux qu’ils ont déjà croisé - celui-ci se situe en effet au sommet du futur pic de Montségur – et c’est pour cette raison qu’ils en font un lieu voué au culte des Divinités Telluriques qui ont autrefois peuplées la terre.

28 février 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 235 - 240

105

Europe, IIIème millénaire avant J.C.

Vers 3000 avant J.C. environ, toute l’Europe côtière est touchée par le phénomène mégalithique. Les centres les plus anciens se trouvent en France de l’Ouest et au Portugal. Parfois, les tumulus recouvrent des chambres de pierre, voûtées en encorbellement, précédées d’un petit couloir. Des haches en pierres polies gravées sur les colonnes symbolisent souvent un pouvoir masculin fort. Ce sont des sépultures collectives, appelées « Maisons des Morts Anciens », et qui font référence à des lieux antiques où l’on faisait des offrandes aux Dieux défunts. Parfois, une longue bande de terre bordée de multiples fossés s’y distingue. Elle mène alors à une plate-forme herbeuse fermée par une porte de bois et supportée par de grands piliers de pierre. 

A cette époque, en France et en Angleterre, on édifie des tumulus géants. Le Mont Saint-michel de Carnac, le West Kennet, le Maiden Castle ou le Sillbury Hill dans le Yorkshire. Et les constructeurs utilisent des pierres de plus en plus importantes, pesant des dizaines de tonnes. D’Anterqua et Los Millares en Espagne, à Gavrinis en Bretagne, ils sont aussi désormais décorés de symboles Solaires. Toute l’Europe occidentale est alors atteinte par la révolution néolithique ; partout, des tumulus sont édifiés. De l’Allemagne au sud de la scandinavie, et à la hollande, apparaissent des dolmens. Au IIIème millénaire avant notre Ere, les monuments mégalithiques gagnent aussi le pourtour de la méditerranée et les îles de l’Afrique du Nord. Par ailleurs, les hommes ne cessent de réaménager les tumulus, qui deviennent de plus en plus complexes.

L’emplacement des tumulus, visibles de très loin, éloignés de tout endroit habité ne sont pas seulement des tombes, mais aussi des lieux de culte des Grands Ancêtres. Les corps qui y sont ensevelis subissent des actes de cannibalisme afin que – comme autrefois – l’âme du défunt se répande et se mêle à celle des vivants. Des rites étranges et immémoriaux sont pratiqués autour d’eux, en souvenir des « Géants » qui peuplaient jadis la terre. Par ailleurs, ils observent les Astres Célestes en mesurant les pierres levées face aux Etoiles. Ils creusent des petites fosses pour y déposer des os incinérés. Ils y érigent des Cadrans Solaires en se basant sur les Planètes du Système Solaire, sur la lune et sur le Soleil ; la précision de leurs calculs leur apporte des informations primordiales sur le décompte des années.

Vers 2800 avant J.C., le Temple de New Grange, par contre, est érigé d’une manière assez différente. En premier lieu, ses parois sont décorées de spirales, de chevrons, ainsi que d’autres motifs géométriques complexes – parfois emmêlés les uns aux autres -. Les menhirs qui l’entourent sont eux mêmes sculptés de cercles, d’ovales, et sont alignés très précisément, en fonction du lieu où ils sont élevés. Les pierres sont en effet placées de telle sorte que le jour du Solstice d’Hiver – au moment où le Soleil passe le minimum d’heures dans le ciel -, sa lumière se réfléchisse sur elles toutes en même temps ; le résultat est encore plus impressionnant au cours d’éclipses de Soleil et de Lune.

Cent ans plus tard – vers 2700 avant notre Ere -, la construction du nouveau Sanctuaire de Stonehenge est entreprise. Trois phases d’élévation sont décidées pour les siècles à venir. La première est terminée rapidement. La seconde est abandonnée au bout de quelques années et la partie Ouest de son double cercle de trente pierres bleues liées entre elles par des linteaux reste inachevée. La dernière, elle, est édifiée de manière à ce que le Soleil Levant soit visible à travers la lithite centrale à l’aube du 21 Juin ; le jour le plus long de l’année. Par ailleurs, de petits trous disposés près de son entrée, sont creusés afin de coïncider régulièrement avec la position de la lune au moment optimum de son cycle de levers et de couchers.

Enfin, au Nord de l’enceinte circulaire, un passage est dessiné parmi les collines environnantes. Celui-ci est mis en place afin de déboucher sur une longue et large bande de terrain bordé de fosses et de digues ; conduisant en pente douce et régulière vers l’Avon qui coule au fond du vallon. Le chemin mène ensuite à l’entrée d’une plate-forme rocheuse déposée à même le sol. Une porte de bois supportée par plusieurs piliers de granit est ouverte sur elle ; tandis que, juste à l’extérieur, un énorme menhir de six mètres de haut – pesant plus de vingt tonnes – est dressé au milieu d’un profond fossé.

Vers 2650 avant notre Ere, les hommes qui habitent l’Europe Septentrionale et qui connaissent l’usage du métal – dits, de la civilisation de « Horgen » - quittent leurs territoires. Cherchant à trouver de nouvelles contrées vierges, certains décident donc de détruire les vastes forêts qui couvrent une grande partie de la péninsule Scandinave. D’autres acceptent de pousser en direction de la suède, de la norvège, et des steppes de la transcaucasie et de l’Ukraine. Mais ils y préservent l’environnement ; tout en y chassant les animaux qui s’y cachent. D’autres encore, se dirigent vers la volkynie, la ruthénie, la basse vallée du Dniepr, ainsi que vers les steppes s’étendant au-delà du Don. Et d’autres enfin, se résignent à progresser vers la suisse, à s’y installer, et à y ériger des tombes, des nécropoles et des tumulus.

Mais, paradoxalement, bientôt, d’innombrables échanges commerciaux s’instaurent entre ces différentes aires géographiques. Des vases cunéiformes s’y négocient. Des peuplades qui leur sont apparentées s’y présentent pour vendre ou pour acheter des marchandises. Les rencontres qui s’y multiplient donnent naissance à une nouvelle culture, dite « d’Unetice ». Et, finalement, cette dernière parvient à étendre son influence jusqu’en Roumanie et en Anatolie.

Dès lors, les clans de la civilisation d’Unetice établis dans toute la région mettent en place une nouvelle aristocratie guerrière. Ils commencent à utiliser des armes de bronze. Ils comprennent que l’activité minière doit avoir une importance primordiale si ils veulent pouvoir fabriquer leurs instruments de combat. Ils réussissent à extraire du fer et de l’or de gisements souterrains situés à Aibunar ; ce qui leur donne l’occasion d’échanger un certain nombre de matières premières sur de longues distances. Et parallèlement, ils intensifient la pratique de l’agriculture, de l’élevage, ainsi que leur production de laine et de tissus.   

Puis, vers 2500 avant J.C., plusieurs tribus se mettent en mouvement ; elles tentent d’échapper à l’avancée dévastatrice d’envahisseurs – de la culture de Horgen - arrivant des plaines danubiennes. Elles débutent un long périple qui les mène, dans un premier temps vers le Nord-Est, aux abords des steppes russes. Elles longent les plaines fertiles et les douces vallées qu’elles rencontrent sur leur route, progressent jusqu'à leurs extrémités orientales.

Quand elles quittent l’Occident, elles sont peu nombreuses. Mais, comme leurs lointains ancêtres, leurs membres ont soif d’aventures ; ils sont impatients de découvrir des terres inconnues. Ils sont aussi avides de conquêtes et de batailles. Et, en fait, ils ne connaissent plus d’autres limites que celles de leur force ; bien que leur volonté d’entreprendre et d’innover dans tous les domaines reste inséparable de leur esprit dominateur.

Alors, des catégories particulières d’artisans apparaissent peu à peu. Au fur et à mesure de leur progression, charpentiers, tisserands, potiers, se distinguent des autres corps de métier. Ceux-ci commencent d’ailleurs déjà à travailler dans de véritables ateliers spécialisés. Mais ce sont surtout les maîtres en métallurgie qui sont les plus respectés.

Car, ces hommes sont surtout là pour se battre ; ils possèdent des armes de bronze, méprisent les arcs – équipement de lâches à leurs yeux -. Ils préfèrent défier l’ennemi au corps à corps, l’épée ou le poignard à la main. Ils montent aussi sur des chevaux, savent construire des navires capables de naviguer au milieu de l’océan sur de grandes distances. En outre, ils jalonnent les contrées qu’ils traversent de sépultures à l’intérieur desquelles ils enterrent leurs morts avec leurs bijoux d’or et leur matériel de guerre ; ils entourent leurs défunts de céramiques peintes avant de les ensevelir définitivement.

De fait, à leurs yeux, la péninsule Ibérique devient bientôt le pays du Bronze par excellence. Le métal qui y est découvert par les peuples qui sont restés sur place, trouve toujours preneur. Non seulement leurs métallurgistes en sont avides, mais ceux d’Egypte ou du Moyen-Orient aussi. Le Bronze contribue donc à animer les échanges méditerranéens ; et longtemps, ce sont les Crétois qui en assurent le transport. Car ces derniers font en sorte d’entretenir leurs relations, à la fois, avec l’Occident et avec l’Orient grâce à ce commerce. 

Après avoir atteint l’Oural, ces embryons de peuples inédits descendent ensuite vers le Sud, et atteignent bientôt les rivages de la mer Noire et de la méditerranée. Ils longent alors les territoires d’Asie Mineure, arrivent en vue, d’un coté, des frontières de la chine, d’un autre, des pics himalayens, et d’un troisième, des plaines du sous-Continent Indien.

Vers 2200 avant J.C., quelques siècles après la fin de l’érection de la dernière version du Temple Mégalithique de Stonehenge, les tribus restées aux abords des rivages de l’océan Atlantique rétablissent celui de Carnac dans ses fonctions. Sur plus de quatre kilomètres, les habitants de la contrée remettent au jour un certain nombre de menhirs et de tumulus. Puis, ils leur en associent bientôt d‘autres, ainsi que des dolmens et des cromlechs. Dès lors, en moins d’une centaine d’années, le site se retrouve divisé en trois vastes champs où se concentrent près de 3000 monuments ; ils sont précédés par un cromlech de 70 pièces.

Asie, IIIème millénaire avant J.C. :

Vers 2900 avant J.C., les montagnards Aryens du Béloutchistan et de l’Afghanistan n’ayant aucun lien entre eux, si ce n’est la religion,  commencent à s’établir dans la vallée de l’Indus. Celle-ci est couverte de forêts où abondent les bêtes sauvages. Les habitants défrichent des espaces cultivables, profitant d’un terrain fertile et bien irrigué. Très vite, les villages deviennent des cités, régies par un pouvoir solidement établi. Des confins de l’Iran jusqu'à la plaine du Gange et des premières pentes du Cachemire jusqu’au site de Lothal, son unité forme un Empire.

Dans le Sind, le long de l’Indus, sur le cours du Ravi – un affluent de l’Indus – se développent donc des cités dont les deux grands pôles sont : Mohenjo-Daro et Harappa. Bâties selon un plan en damier, dominées par un tertre artificiel, avec des blocs d’habitations rectangulaires, des rues larges se coupant en angle droit et des ruelles perpendiculaires dotées d’égouts très élaborés, elles sont plus d’ailleurs plus des forteresses qu’autre chose. En effet, elles sont surmontées de citadelles et entourées de murs très hauts. Elles abritent des silos à grain munis de système de séchage par ventilation et de piscines entourées d’appartements destinés aux prêtres. Les habitations particulières comportent une série de pièces encadrant un patio carré, une salle de bain fort bien aménagée et des cabinets d’aisance avec siège de brique.

Dans ces cités s’affairent des milliers de travailleurs. Des commerces prospères y existent. Mais, bien que le fleuve permette des échanges, l’eau n’en demeure pas moins le principal fléau. Un important système de digues est entretenu pour se protéger des crues. Les habitants tirent leur nourriture de la culture du froment, de l’orge et des fèves sauvages, comme le melon, les dattes et le sésame.

Les Aryens enseignent une nouvelle religion, panthéiste et agnostique. Des Dieux à trois visages, coiffés d’une tiare à cornes apparaissent dans leurs Temples tandis que leurs doctrines laissent entendre que de nombreux Savoirs Esotériques Antiques sont cachés un peu partout dans les entrailles de la planète ; et qu’il n’appartient qu’à l’Humanité actuelle de les redécouvrir et de faire progresser le Monde sur la voie du Grand Œuvre.

Leurs Prophètes se nomment eux mêmes : « Nacaals ». Hommes à la peau claire, aux yeux bleus et aux longs cheveux dorés, ce sont eux qui rédigent les Livres Fondamentaux des Puranas et des Védas. A l’intérieur de ceux-ci, grâce à des paraboles et à des formes symboliques simples, ils expliquent leur connaissance du système décimal, ainsi que celle d’un certain nombre d’autres Secrets. Ils disent aussi qu’ils n’en sont pas les inventeurs, mais uniquement les dépositaires.

Malheureusement, ils sont bientôt chassés des contrées où ils diffusent leurs Principes. Ils sont traqués jusque dans les neiges éternelles des plus hauts sommets de la chaîne montagneuse himalayenne ; où certains disparaissent un jour sans laisser de traces.

Les nacaals de la civilisation de l’Indus disparaît en effet brutalement. Détruites par d’autres Aryens venus de l’Ouest, leurs villes sont brûlées, les populations qu’ils dominent massacrées ; leurs cités s’effondrent les unes après des autres. Leur Empire s’écroule et ses restes sont assimilés par les barbares pour créer une nouvelle société.

Mais les Aryens de cette période introduisent en Inde du Nord des nouveautés dans bien des domaines. Ainsi, l’emploi du char illustre leur supériorité militaire. Eleveurs et nomades, ils se sédentarisent et se convertissent à l’agriculture, plutôt que d’uniquement chasser et pécher. De cette façon, ils deviennent peu à peu les embryons de peuples futurs qui vont bientôt se développer en Orient et en Occident.

Leurs successeurs de l’Ouest entreprennent d’établir une Société plus conforme à leur image. Ils s’épanouissent rapidement dans la vallée de l’Indus et dans ses alentours. Puis, ils étendent leur influence vers le bassin du Tarim et vers le Lob-Nor. Ils passent de l’autre coté des monts Karakorum, dont les hauteurs atteignent 7000 à 8600 mètres. Ils reprennent à leur compte la sagesse Nacaale des Livres Puranas et Védas. Et, en fait, ils s’en inspirent pour propager leur propre version des Enseignements qui y sont révélés.

D’un autre coté, vers 2850 avant J.C., la première migration de Canaques partis du Sud-Est asiatique atteint les îles de la nouvelle-Calédonie. Des Asiatiques établis au Japon forgent leurs premiers Mythes dans lesquels ils parlent de deux anciens Cataclysmes qui auraient été concomitants.

Vers 2700 avant notre Ere, le Turkménistan, puis, le Baloutchistan Méridional, sont désormais totalement occupés par les Suméro-Aryens. Ceux-ci établissent de fait plusieurs de leurs villages dans la région de Kulli. Toujours en quête de terrains fertiles, ils pénètrent ensuite dans des Vallées situées en dehors de la vallée de l’Indus  – comme celle de « Mergarh » -, atteignent les passes du Bolan, les Monts Suleiman, la rivière Nari, et le Nord de Nindowari. Là, ils édifient d’autres bourgs tels que Quetta ou Amri. Et ils permettent à une Civilisation différente de celle de Sind – la culture de « Nal » - de naître.   

Cette dernière se développe dès lors très vite. Elle se met à rayonner sur toute la région. Ses Cités acquièrent une importance stratégique primordiale. Elle améliore ses modes de fabrication métallurgiques. Elle envoie ses experts en ce domaine de village en village, ou ceux-ci proposent leurs services. Et, elle intensifie ses échanges Commerciaux avec de nombreuses Contrées proches.

D’un autre coté, ses insulaires commencent à creuser de nombreuses Sépultures monumentales dans les alentours de leurs agglomérations : ils y édifient des terre-pleins surélevés de Palais dominant les habitations environnantes. Et, ils les entourent de façades à colonnes. 

C’est la chine, au Sud de l’actuelle Shanghai, échappant à ces bouleversements parce que trop éloignée, qui, vers 2600  avant notre Ere, devient dès lors la plus ancienne Civilisation de l’Asie orientale.

De nombreux Mythes des Origines se réfèrent à la naissance de la chine et expliquent la marche du Monde. La légende de Pangu par exemple, raconte « qu’au début, un Œuf contenait un Homme-Dieu. Cet Œuf Originel se brisa, sa partie supérieure forma la voûte Céleste et sa partie inférieure devint la terre. Entre elles, l’Homme-Dieu se mit à grandir chaque jour de dix pieds, au même rythme que le Ciel et la terre. La croissance de ces trois Eléments Fondamentaux dura tout un Age, ne s’arrêtant qu’avec la mort de Pangu, devenu le « Géant Primordial ». Les hommes ne sont en fait que les parasites qui peuplaient son corps. ». Une autre Légende raconte aussi que « le Ciel rond couvre la terre, qui est carrée. A l’Origine, il y avait aux quatre coins de la terre quatre Piliers qui empêchaient le Ciel de tomber, mais un monstre appelé « Gonggong » ébrécha le mont Buzhou, le Pilier Nord-Est ; c’est pourquoi depuis les Astres marchent vers l’Ouest. ».

Les divinités chinoises des Anciens Temps sont d’abord représentées avec des attributs animaux ; au fur et à mesure que s’ancre l’Histoire de la chine, elles perdent ces caractéristiques et deviennent les « Premiers Augustes », les Géants Maîtres du Ciel et de la terre, dont le comportement lors de leur Age d’Or doit servir d’exemple aux humains de cette Ere.

« Le premier est Fuxi, qui a un corps de poisson, un torse humain et qui, selon la tradition Ancestrale, règne en compagnie de sa Soeur-Epouse Nugua. » C’est à lui que les Chinois doivent les règles du mariage, c’est lui qui leur enseigne la chasse et la pèche, lui encore qui invente les premiers caractères de leur écriture en regardant les traces laissées sur le sable par les oiseaux.

« Shennong, le « divin laboureur », a, lui, une tète de buffle. » Il a une connaissance approfondie des graminées et invente l’agriculture ainsi que la houe et la charrue, avec lesquelles il dessine le champ « tian », carré divisé en quatre cotés égaux. Les premiers chinois croient d’autant plus en lui que ceux-ci découvrent à leur arrivée dans le canton de Kiota, des puits d’une extrême profondeur dans lesquels sont enterrés des ossements colossaux ainsi que d’énormes houes.

Le Mythe explique par ailleurs qu’ils viennent d’une vallée d’une grande beauté, inaccessibles aux voyageurs sans guide. D’après lui, c’est dans cette vallée que réside Hsi Wang Mu, celui qui préside l’assemblée où se retrouvent régulièrement les génies les plus puissants du Monde ; des créatures surnaturelles se considérant comme les Gardiennes de la sagesse Antique et des Trésors des Ages passés.

Selon une autre Tradition, « après avoir structuré le Monde, Fuxi, Nugua et Shennong, les trois Augustes règnent tout l’Age d’Or l’un sur le Ciel, le deuxième sur la terre et les troisième sur les Hommes. Ce dernier a trois Fils – Huangdi, Yao, Shun -, qui deviennent les « Trois Souverains Primordiaux » de la chine. Et, avant de disparaître « Au-Delà de l’Horizon », il leur donne le Feu de la terre et sa maîtrise pour fabriquer des objets.

Ce sont ces trois Souverains qui doivent combattre le Déluge provoqué par l’ébranlement du mont Buzhou. Ils appellent ensuite aux affaires de l’Etat des hommes « venus de loin » réputés pour leur Sagesse – nommée Yin et Yang -, auxquels ils sont prêts, en cas de succès, à céder le pouvoir. Les principes de transmission de pouvoir de Sage en Sage sont ainsi posés. Le Yang devient dès cet instant le centre d’une énergie mâle, active, claire et impaire ; le Yin est considéré comme le principe femelle, en repos, sombre et pair. Ils sont représentés par les moitiés noire et blanche d’un cercle et constituent tous les aspects de la vie. Dans l’Univers, ces énergies peuvent être en expansion et se diluer, ou, au contraire, se resserrer et se concentrer. Elles sont symbolisées par deux traits : continu pour le Yang, discontinu pour le Yin.   

La sagesse a pour corollaire l’âge, synonyme d’enrichissement par l’expérience. Ainsi Shun, le dernier des Souverains Primordiaux règne pendant près de quatre-vingt ans. A la fin de sa vie, il charge le comte Yu, intendant des travaux publics, à organiser le territoire pour le bien de tous et fait même le don de sa personne en devenant hémiplégique à force d’efforts.

18 février 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 185 - 190

temple_baal02Europe, IVème millénaire avant J.C. :

Vers 3900 avant notre Ere, l’Europe du Nord-Ouest voit fleurir des sociétés de plus en plus diversifiées dans leur mode de fonctionnement. En effet, les groupes humains y deviennent de plus en plus nombreux. Ils se mettent à occuper des zones laissées en friche depuis longtemps. Ils se sédentarisent dans des lieux protégés par des défenses naturelles, s’adonnent à l’agriculture et à l’élevage. Ils s’organisent en communautés très structurées. Puis, dès que ces dernières atteignent une certaine taille, ils les renforcent par des ouvrages de fortification complexes, dont la construction est supervisée par un dispositif de distribution du travail collectif.

De fait, plusieurs de ces clans se fixent au Danemark. Ils y développent une culture appelée « de Bodrogkerestur ». Ils commencent à y cultiver la terre, à y nourrir leurs animaux, à y chasser, ou à y pratiquer la cueillette. Ils y entreprennent de modeler des objets en cuivre. Et, enfin, ils décident d’y ériger des sépultures monumentales recouvertes de tumulus et de dolmens.   

Vers 3500 avant J.C., la civilisation de « Baden » pénètre partout en Europe de l’Est. Ainsi, elle se développe dans le Nord de la yougoslavie, de l’Autriche, dans une grande partie de la tchécoslovaquie, et en Pologne. Celle de « Bocan », pour sa part, atteint la valachie et la bulgarie. Tandis que celle de Gumelnitza perce en Roumanie et en Albanie. 

D’un autre coté, nombre de tribus issues de la civilisation de Crikorus quittent le Nord de l’Europe. Elles se dirigent vers l’Occident, s’installent au bord des lacs et des rivières qu’elles rencontrent sur leur chemin – notamment dans le Razès. Quelques unes d’entre elles poursuivent leur route et fondent des établissements sur les rivages de l’Océan Atlantique. Et c’est là que celles-ci se mettent à cultiver des céréales telles que le froment et l’orge ; qu’elles élèvent du bétail – chèvres, brebis, cochons et bovins - ; ou pratiquent leur art de la chasse.

Or, vers 3200 avant notre Ere, plusieurs de ces clans décident de traverser la mer du Nord et la manche. Ils quittent l’extrême pointe de la bretagne, conquièrent progressivement toutes les îles de la grande-Bretagne et de l’Irlande. Ils y bâtissent des dizaines de villages, ainsi que de centaines de nécropoles collectives. Et ils y construisent également des tumulus dont les sommets possèdent une forme allongée ou circulaire – comme à New Grange, en Irlande ; à Maes Howe et à Rinago, dans les Orcades ; ou à Avebury, à Marden Castle, à Stonehenge, et à Skara Brae, en Angleterre.

Malheureusement, peu à peu, la richesse de ces peuples entame la convoitise. Les ethnies qui voisinent leurs territoires organisent de nombreux raids contre leurs populations. Et celles-ci se mettent à dévaster les régions où ils sont installés.      

Asie, IVème millénaire avant J.C. :

Vers 3970 avant notre Ere, Tëba-Shan, un Mage, disparaît avec toute sa tribu dans les environs du lac Nogam, en Mongolie. Il n’est plus jamais reparu à la surface de la terre.

Vers 3950 avant J.C. – à la fin de l’Ere Chalcolithique -, les habitants de la vallée de l’Indus ont réalisé d’importants progrès dans les domaines de la fusion des métaux et des méthodes d’irrigation. A Siak, ils élaborent également de nouveaux modes de fabrication, afin de créer une Céramique grise beaucoup plus solide. Ils font en sorte que ceux-ci deviennent des éléments caractéristiques des Vallées de l’Helmand et de Baloutchistan. Et grâce à eux, ils se mettent à alimenter des marchés de plus en plus éloignés de leurs lieux de production.

En même temps, le processus d’urbanisation des habitants de la vallée de l’Indus se modifie. En effet, afin de rénover leurs Cités, ils adoptent désormais des matériaux utilisés depuis longtemps dans les agglomérations Indo-Iraniennes. Et, ils copient leur manière de bâtir leurs Edifices.

Vers 3800 avant notre Ere, en Chine, plusieurs Communautés de protoagriculteurs habitent la région des Grands Lacs et les abords des Marais du Bas Yangzi. Celle-ci y développe une Economie basée sur la culture du riz et l’élevage du buffle. Elles y ornent leurs vases en céramique de signes gravés. Elles compliquent rapidement leurs pictogrammes, les font Evoluer vers un Système d’Ecriture rationnel composé d’une trentaine de Symboles. Et, finalement, elles adjoignent à ce dernier un procédé mnémotechnique utilisant des nœuds et des faisceaux de cordelettes.

Grâce à cette innovation, l’organisation Sociale et Politique des Peuples du Bas Yangzi se transforme. Celle-ci devient de plus en plus complexe. Elle érige des Temples monumentaux sur les murs desquels ses membres ont la possibilité de représenter des Créatures zoomorphes. Et, elle découvre le moyen de fabriquer des Objets Sacramentaux en Jade.

Mais, dès lors, ses métamorphoses favorisent l’émergence d’une Elite capable de mobiliser la communauté afin d’effectuer un certain nombre de tâches collectives. Celle-ci peut en effet lui demander d’ériger une enceinte fortifiée tout autour du village. Elle est capable de lui ordonner de créer des Objets Prestigieux. Elle est en mesure de lui commander d’aller piller les bourgs alentours. Et, surtout, elle lui donne la possibilité de réformer les Cultures de Longshan et, puis au Sud, de Xia, en profondeur.      

Vers 3500 avant J.C., l’Archipel du Japon voit sa température ambiante s’élever de 4 degrés. En de nombreux endroits, ses conditions naturelles s’améliorent encore. Ses Populations profitent de ces nouveaux modèles climatiques, et se fixent sur les flancs de ses Montagnes les plus élevées. Là, elles découvrent des variétés arboricoles – le chêne, le châtaigner - dont elles n’ont jamais entendu parler. Mais, elles décident également de se tourner vers la production de sarrasin ou de légumineuse.   

Vers 3300 avant notre Ere, les dernières Cultures Chalcolithiques de la vallée de l’Indus s’effondrent, et toute la région subit progressivement l’influence de la civilisation Aryenne, dite, de « Sind ». En effet, à cette Epoque, celle-ci s’implante dans le Turkménistan, dans la vallée de Sind, dans le Baloutchistan, et dans le Kandahar. Soumise aux influences de la société Sumérienne, elle y invente pourtant une forme inédite de céramique. Mais, en même temps, elle y adopte les techniques métallurgiques qui y sont employées.

De fait, lorsqu’elle se fixe dans la vallée du Gange, la civilisation de Sind fonde plusieurs villes. Ses membres décorent les murs extérieurs de celles-ci d’élégants motifs Géométriques noirs. Ils commencent à y fabriquer des statuettes de zébus en terre cuite, mais également, des bracelets en verre. Ils y créent des monnaies d’argent et de bronze – carrées ou rondes -, à la surface desquelles ils représentent des Symboles du Soleil et de la lune. Et, enfin, ils intensifient leurs trafics commerciaux avec les régions qui les environnent.

Asie Mineure, IIIème Millénaire avant J.C. :

Vers 2725 avant J.C., la cité-Etat de Gordion devient un nœud de communications essentiel entre les hautes terres d’Anatolie centrale, les cotes de la mer Egée, et la mer de Marmara. Par ailleurs, ses habitants commencent à croire que Teshyp – leur dieu de la mer – a abandonné ses fonctions chtoniennes. Certains de leurs scribes prétendent même que ce dernier les a légués à l’infernale Khepat lorsqu’ils se sont accouplés pour enfanter Sharuma.

Vers 2500 avant J.C., certains habitants d’Ebla fondent l’agglomération de Byblos. Ils transforment bientôt celle-ci en important centre du travail du Bronze. Ils édifient un Temple dédié à Baal, puis un second honorant El. Ils font en sorte que les rues qui les entourent soient considérées comme appartenant aux dieux ; elles sont d’ailleurs dès lors reconnues par des obélisques ornementés de façon particulière.

Peu à peu donc, les échanges commerciaux de Byblos avec l’Empire des Pharaons s’intensifient. A un moment donné, même, tandis que pour celui-ci, elle devient « la porte de la terre des Dieux », un dynaste local demande la protection des occupants de la vallée du Nil.

Vers 2485 avant J.C., l’activité commerciale entre l’Anatolie et la mésopotamie favorise l’extension de plusieurs Cités-Etats autonomes implantées dans la région. Troie, Malatya – à l’intérieur de la boucle de l’Euphrate -, Milid, Thermi – sur l’île de Mytilène -, Polichonni – sur l’île de Lemnos, Emorion – sur l’île de Théra – ou Beyccsultan se développent rapidement. Mais parmi elles, c’est Troie qui étend son influence et son rayonnement culturel le plus loin : jusqu’au Nord de la mer Egée ; et c’est dans ce but qu’elle met ses exceptionnels talents d’orfèvrerie au service des grandes agglomérations qui existent un peu partout en Syrie et en Mésopotamie. 

La cité-Etat d’Arimma, de son coté, acquiert le titre de ville sacrée, car elle se consacre toute entière au culte de la déesse Solaire Wourousemou. Celle-ci étant la compagne de la divinité Suprême – symbolisée par l’Orage – elle prend une importance considérable au sein du panthéon anatolien. Et la ville profite de cette affluence pour progressivement devenir une étape importante sur la route commerciale reliant le Proche-Orient à la méditerranée. 

Vers 2450 avant J.C. la cité-Etat autonome d’Ebla est fondée. Elle s’établit sur les ruines d’un établissement beaucoup plus ancien. Elle commence à commercer régulièrement avec les colonies sumériennes proches. Elle développe une société riche et structurée ; et devient vite un grand foyer de culture. Les Mages qui s’y fixent créent des Bibliothèques dans lesquelles ils rangent leurs Secrets Initiatiques. Mais surtout, ceux-ci font en sorte que la religion prenne une importance considérable dans la vie quotidienne des habitants de la ville.

En effet, rapidement, et grâce à leurs actions, Ebla vénère plus de 100 divinités. Elle se met à adorer Nidakul – qui est aussi Baal et Marduk -. Elle fait jouer un rôle important à Kura. Elle glorifie le dieu de la guerre et de la peste Rashap, la déesse de la santé qui rend parfois la vie aux morts Gula, le dieu des Médecins Nashku, le dieu de la fertilité et de l’accroissement du bétail Gibil, le dieu des Belles Lettres Nahu, la déesse mi-femme mi-poisson Atargartis, le dieu des Tempêtes Ada, le maître de la terre Iktar, ou le dieu dont la face est celle de deux Démons Tiamat.

Ebla accueille également des Mages qui utilisent souvent des conjurations afin de se protéger des serpents, des scorpions ou du mauvais œil. En outre, ces derniers usent le plus souvent possible de sortilèges de soutien. Ils considèrent tous les événements auxquels ils sont confrontés comme des paroles divines. Ils présentent donc le Monde comme un discours dont il suffit d’avoir la clef. Et ils pratiquent régulièrement le culte des Ancêtres Royaux en les ensevelissant dans des cryptes situées sous les édifices les plus importants de la cité.

Ebla acquiert ainsi en peu d’années une influence primordiale sur toute la syrie du Nord. Elle domine Ougarit, Laodicée et Militène. Ses habitants fondent non loin d’elle le bourg de Byblos – lequel se transforme alors en centre majeur pour le travail du bronze -. Ils érigent un Temple dédié à Baal à sa périphérie. Leurs échanges s’intensifient avec l’Empire des Pharaons ; tandis que leur territoire acquiert même le titre de Province Egyptienne gouvernée par un dynaste local. Et la cité est considérée comme « la porte de la terre des Dieux » par les occupants de la vallée du Nil. Un épisode du Mythe d’Osiris lui est d’ailleurs consacré :

« Après son assassinat, le corps d’Osiris est caché dans un tronc constituant l’une des colonnes du palais de Byblos. Et c’est Isis, grâce à son intuition divine, qui parvient à le découvrir, puis à le ramener dans sa patrie. ».

En outre, les Egyptiens appellent Hathor « Dame de Byblos » ; Ra a pour titre « Homme des Terres Etrangères » ; et Khaitau demeure, pour eux, à Negan – ou « Byblos ».

Mais, surtout, les Mages d’Ebla et de Byblos réinventent les origines du Monde en y intégrant les dieux de leurs cités et les Récits Esotériques enterrés dans leurs Bibliothèques privées. Et ils expliquent :

« A l’Aube des Ages, c’est le Néant ; toutes les choses qui n’ont pas de nom sont mélangées. Ciel et Terre sont – entre autres – unis dans un embrassement total. Puis, un jour, deux principes humides s’échappent de ce Chaos. L’un d’eux, mâle, s’appelle Apsu, et est poussé vers le haut ; le second, femelle, se nomme Tiamat, et est tiré vers le bas. Apsu engendre bientôt l’Océan aux eaux douces ; tandis que Tiamat donne naissance à la mer salée Tumultueuse. Puis qu’en même temps, un troisième principe – le seigneur des Vents, le pontife suprême des Grands Dieux, Enlil – se sépare des deux premiers. C’est donc de ce morcellement que sont ensuite issus Moummou, Namou, le Serpent à deux tètes, ainsi que tous les autres Dieux Primordiaux de la création. 

Puis, le Serpent à deux tètes s’enlace sur lui même. Il accouche d’Anshar, l’Univers Céleste, et de Kishar, l’Univers Terrestre. Sortent encore de lui Anu, Marduk et Ea. Ea devient aussitôt le roi des Dieux ; Marduk est considéré comme le roi du Ciel ; et Anu comme celui de la terre.

Pourtant, pour Tiamat, l’existence de ces dieux lui est vite insupportable. Ne parvenant pas à les faire plier à sa volonté, elle s’en prend à eux. Elle commet toutes sortes de crimes afin de leur porter préjudice. Elle se prépare à livrer une guerre contre eux en faisant surgir de son ventre de nouvelle créatures : Lahnou, « l’œil du Ciel » ; les « Usumyallu » protégés par sa splendeur divine ; les « Lamashus » fils des Ténèbres ; et Kingu, qu’elle choisit en tant qu’époux et que général de cette armée de monstres terribles. Elle leur commande alors de chasser les autres divinités de l’Univers.

Malgré tout, les préparatifs de Tiamat n’échappent pas à la vigilance d’Apsu. Et celui-ci parle avec Anshar pour mettre une riposte au point. Puis, ils chargent Marduk d’aller combattre Tiamat et ses Démons.

Marduk affronte les Serviteurs de Tiamat, les vainc après avoir été blessé plusieurs fois par eux. Il leur assigne le rôle de Gardiens des Espaces Sacrés en les transformant en onze Dragons Mystérieux. Il s’allie ensuite avec sept Vents Batailleurs, fabrique un char dont les destriers se nomment « Meurtrier », « Implacable », « Piétinneur » et « Véloce ». Il lutte avec Tiamat en enfournant ses alliés à l’intérieur du thorax de cette dernière. Il parvient finalement à la tuer. Il la découpe en deux morceaux. Il métamorphose l’un de ceux-ci en demeure d’Apsu, et l’autre en demeure d’Ea. Il change ses seins en montagnes. Avec sa salive, il conçoit des nuages. Et de ses yeux, il fait couler le Tigre et l’Euphrate.    

Marduk attribue alors une place particulière à Apsu et à Anshar. Il fixe en effet leurs stations et leurs phases à l’Aube, au Crépuscule, ainsi qu’aux Etoiles qui les désignent le mieux. Il crée peu après sept nouveaux groupes de dieux pour les seconder. Il rattache le premier d’entre eux à Anu, le second à Enlil, le troisième à Ea, le quatrième à lui même, le cinquième à Kingu – qui prend alors le nom de Nergal et fuit avec lui à l’intérieur des Abysses -, le sixième à la déesse de la lune Innana, et le dernier au dieu du Soleil Adad. Il répartit ces nouveaux groupes au sein du Cosmos. Il noue la queue de Tiamat afin de permettre à la voûte Céleste de ne pas déborder sur la terre. Il fait en sorte qu’Apsu, Ea, Anu et lui restent solidaires les uns des autres. Et, enfin, il est acclamé par ceux-ci comme souverain Divin.

Marduk sait malgré tout que sa tâche n’est pas terminée. Et c’est pour cette raison que sur Terre, il crée la ville de Sumer. Il donne à la ville le titre de « Cité des Grands Dieux ». Au cœur de celle-ci, il conçoit une habitation lui permettant d’établir son autorité sur le Monde. Et il érige le monument afin qu’il puisse servir de lieu de culte, ainsi que de reposoir pour ses Frères lorsqu’ils se rendent à l’Assemblée des Dieux ; avant de façonner les premiers Etres Humains.    

Pour cela, Marduk va chercher de l’argile dans la cave de l’Univers. Il en empoigne un peu. Il la mélange avec le sang de l’une des blessures qu’il a reçu lors de son combat avec Tiamat. Il modèle une vingtaine d’hommes et de femmes, leur insuffle la vie. Il leur apprend à construire et à entretenir le Temple de Sumer. Il leur enseigne la meilleure manière de servir les dieux. Il se rend compte que les hommes s’attachent automatiquement aux femmes – tel Enkidu qui, après qu’il se soit marié, devient l’ami de Gilgamesh -. Et il les abandonne à leur sort pour s’installer au sommet de son Sanctuaire. ».

Au travers de ce texte, les Mages d’Ebla et de Byblos démontrent ainsi aux habitants des deux cités que ceux-ci doivent croire que la naissance d’Apsu et de Tiamat inaugure l’Ere des Dieux. Ils leur font comprendre que ces derniers règnent sur eux ; que Tiamat est la force Chaotique de l’Univers ; que sa défaite signifie la fin du Monde Ancien, mais aussi l’apparition du leur. Ils leur expliquent que puisque les Démons liés à Tiamat ont été transformés en Dragons par Marduk, ils doivent adopter ce symbole pour représenter cette déesse. Et ils leur déclarent que lorsqu’ils sculpteront son effigie sur les parois de leurs futurs Temples, ils devront la figurer conduisant une farouche armée comprenant des serpents et des dragons ceints de couronnes enflammées ; qu’ils devront la dépeindre attaquant Marduk et les autres dieux défendant l’Ordre du Monde ; et qu’ils devront montrer Marduk sous la forme de Seigneur Céleste achevant le Cycle des Dieux pour le remplacer par celui de l’Humanité.

Cependant, les Mages leur spécifient bien qu’au Ciel, Tiamat reste une déesse – la plus puissante -, et que sur Terre, elle est le Dragon scrutant le Destin des Hommes. Ils soulignent en outre que, dans le Cosmos, Anu est toujours le maître le plus haut du Ciel, Enlil a acquis le statut de seigneur de la terre et des Airs, Ea, celui des Eaux Profondes, Marduk, celui des Vents et des Travaux des Champs, et Nergal, celui des Enfers.      

Ils leur content d’ailleurs dans un autre Mythe, de quelle manière Nergal a, à un moment donné, été dépossédé de son autorité sur une partie de son royaume souterrain :

« Ereskigal s’est taillée aux Enfers un Empire indépendant et redoutable. Innanu-Ishtarat est depuis longtemps sa prisonnière. Celle-ci ne participe donc qu’aux banquets infernaux présidés par Nergal que si ce dernier envoie un messager la conviant auprès d’Ereskigal. Or, un jour, la déesse s’en irrite. Nergal doit lui faire des excuses. Mais il s’en acquitte de curieuse façon : il séduit Ereskigal, puis l’abandonne. La divinité dépêche alors une ambassade auprès d’Anu, à qui elle fait entendre sa terrible colère. Nergal est encore une fois obligé de s’amender, et de reprendre le chemin des Abysses sans espoir de retour ; bien que désormais, il entende y régner en maître. ». 

Vers 2380 avant J.C., la cité d’Ebla renaît de ses cendres. Mais elle ne retrouve pas son rôle de capitale de la syrie du Nord. Elle devient l’un de ses principaux centres de commerce ; au même titre qu’Alep, Ourchou ou Alalah.

12 février 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 155 - 160

temple_baal02Europe, VIIème millénaire avant J.C. :

Vers 7000 avant notre Ere, au Jutland, après l’extinction de la civilisation « Hambourgienne », celle de « Klusterlund » achève de disparaître. Dès lors, naît celle de « Magnelose ; laquelle prend alors rapidement racine au Danemark, en Suède, en Allemagne, ainsi qu’au Nord et à l’Ouest de la pologne. En 6900 avant J.C., c’est au tour de la culture, dite « Chasséenne », de se diffuser. Celle-ci s’établit bientôt dans le Sud du Continent. Peu à peu, elle gagne le Septentrion, atteint le Bassin Parisien, puis les Pays Bas. Une troisième, dite « de Koros », surgit soudainement dans les Balkans et dans les Alpes ; se caractérise vite en se déployant sur les rives du Rhône, et en entretenant des contacts étroits avec les régions Méditerranéennes. Elle s’enrichit en diversifiant ses territoires d’implantation, en utilisant le Rhin et ses affluents pour atteindre le centre de l’Europe et l’Italie du Nord. Mais, surtout, elle commence à se démarquer de ses sœurs, en décidant de cultiver de petites parcelles de terre, en s’adonnant de moins en moins à la chasse à l’ours des cavernes, des cerfs, des chevreuils, et des oiseaux, ainsi qu’à la cueillette et à la pèche. 

Dès lors, vers 6800 avant J.C., de la bulgarie au Caucase, les établissements humains deviennent de plus en plus stables ; bien qu’ils soient encore dispersés sur des zones assez vastes. Et leur présence simultanée au centre de plaines traversées par des fleuves tels que le Bug ou le Dniestr leur permettent de diffuser leur mode de vie très loin vers l’Ouest.

Les communautés qui s’y développent y élaborent des sociétés relativement aisées. A l’intérieur de celles-ci, apparaissent pourtant vite des distinctions de caste basées sur les qualités personnelles de chacun, ou sur des liens de parenté. Elles laissent énormément de place à la production d’épeautre, de fève, d’orge, ou de lin. Et elles tentent de façonner des objets – essentiellement des poteries – ornementaux et artistiques. 

Vers 6100 avant notre Ere, les premiers Mégalithes de l’Age actuel sont érigés par les ultimes descendants du peuple Dänaen ; ils surgissent aux quatre coins du Continent Européen, et la plupart sont implantés sur des Nœuds Telluriques encore à peu près sensibles aux soubresauts de l’Essence Vitale de la planète. Les derniers Dänaens espèrent en effet toujours pouvoir s’en servir comme antennes. Ils rêvent – malgré leurs échecs - d’être encore capables de capter les Forces souterraines et cosmiques de la terre, et ainsi bouleverser la nature qui les environne à leur profit. Ils ont en mémoire les Enseignements que leurs Ancêtres Dänaens leur ont transmis, ils se rappellent de la gloire passée de leur peuple lorsqu’il vivait sur l’autre Continent. Et ils désirent par-dessus tout perpétuer leur Tradition, qu’ils savent être issus de l’Ere des Dieux et des Demi-Dieux.

L’un des sites qu’ils choisissent pour commencer leur Grand Œuvre se trouve sur l’île d’Iona – entre la grande-Bretagne et l’Irlande. Pour honorer leurs ancêtres Dänaens et ceux qui les ont précédé, ils enterrent un certain nombre d’objets auprès des Menhirs. Ils enfouissent à leurs pieds des pierres précieuses couleur vert de mer ; en souvenir du fait que les Divinités sont jadis venues d’au-delà de l’océan pour civiliser le Monde.

En explorant les montagnes des régions pyrénéennes, par contre, ils mettent au jour un immense et très ancien cercle mégalithique. Celui-ci est érigé au sommet de l’un de ses pics. Les Dänaens établis depuis peu dans les environs pensent tout de suite que ce sont les Dieux de l’Age précédent qui l’ont bâti. Ils aperçoivent d’ailleurs sur certaines pierres levées ce qu’ils pensent être leurs empreintes, des hiéroglyphes énigmatiques et indéchiffrables, des figures représentant le Soleil, la lune, ainsi que les autres Astres du Ciel. Ils y distinguent des visages et des corps filiformes surgissant de terre ou étant écrasés par elle. C’est aussi pour cette dernière raison qu’ils imaginent que ce Sanctuaire a été dédié aux Divinités Telluriques des Temps d’Avant. Et ils décident de ne pas le profaner ; mais, au contraire, d’y perpétuer leurs Traditions en y venant régulièrement prier les anciens Maîtres du Ciel et de la terre qui – selon la légende – ont aujourd’hui disparus dans les profondeurs du globe.

Dès lors, ces Dänaens franchissent les Alpes – où les derniers glaciers sont en train de se retirer. Tandis qu’ils s’avancent de plus en plus loin à l’intérieur du Continent, Ils rencontrent nombre d’autres sites du même genre. Ils croisent donc souvent des monolithes curieusement découpés par l’érosion ; certains atteignant plus d’une centaine de mètres de hauteur.

Ces hommes prennent par ailleurs davantage conscience de leur appartenance à une Race quasi-éteinte. Ils se rendent en outre compte que ces Sanctuaires Mégalithiques sont les ultimes vestiges d’une antique Civilisation qui a autrefois dominée la terre. Quand ils s’en approchent, ils sentent au plus profond d’eux mêmes qu’une puissante Magie a été manipulée en ces lieux. Ils se souviennent alors des Mythes que leur ont transmis leurs lointains Parents, et ils sont submergés d’effroi en songeant aux Pouvoirs phénoménaux qui ont jadis dû se dégager de ces endroits. Et ils aimeraient connaître les Mots appropriés pour être aptes à communiquer avec les Dieux d’Avant, voire pour les y invoquer. Ils savent pourtant bien que ceux-ci ont définitivement disparus de la surface du Monde au terme de l’Age précédent.

C’est pour honorer leur mémoire qu’au fur et à mesure qu’ils s’installent, les derniers Dänaens dressent des Mégalithes sur tous les Nœuds Telluriques – éteints ou non – d’Europe Occidentale. En Angleterre, à Aburg, ils en sculptent pour qu’ils portent en relief trois cercles concentriques. Ils fondent le Temple de Stonehenge, le tumulus de Cornouailles et des îles de Scilly. En Bretagne, ce sont ceux de Carnac, les dolmens gravés de Caur’ins. Dans les forêts de l’Ile de France, ils dressent des rochers représentant des tètes de serpents, ainsi que des blocs en forme d’animaux fabuleux. Dans les Alpes, ils montent sur le Mont Aiguille un immense Mégalithe qui leur sert d’horloge cosmique. Non loin de là, au col du petit Saint-bernard, ils bâtissent un gigantesque cercle rocheux avec une pierre plus grande que les autres en son milieu. Toujours dans les Alpes, au pic de Salève, ils mettent en place un alignement, ovale celui-ci.   

Ils instaurent ainsi un réseau tellurique très précis dans sa géométrie puisqu’il ceinture entièrement le Continent. Ensuite, ils le magnétisent au maximum, par l’intermédiaire de ses Nœuds encore assez vivaces pour cela, là où l’Energie Vitale du sol est la plus importante. Puis ils les utilisent comme lignes de visée les aidant à l’observation des corps célestes aux périodes cruciales de l’année. Ils s’en servent aussi pour prédire avec exactitude les éclipses du Soleil et de la lune.

Malheureusement, ils ne peuvent pas aller jusqu’au bout de leur tentative de réhabilitation de leurs Traditions et de leur espoir de régénération complète des Nœuds Telluriques qu’ils ont tenté de réveiller. Car, au gré des millénaires ayant suivis le Cataclysme qui a englouti l’Atlantyde, la stérilisation de ces derniers s’est accélérée. Leur Puissance s’est amoindrie, les Mots Divins que Däna a possédés ont été de moins en moins efficaces. Et aujourd’hui, les capacités des descendants des Dänaens, ont fini par disparaître presque complètement.

De plus, au cours de cette période, ne se souvenant plus des Rites et des Sacrements qui doivent y être appliqués, les Dänaens dénaturent progressivement leur Symbolisme ; génération après génération, ils modifient imperceptiblement les Dogmes afin de les activer. Et, de fait, au bout d’un moment, ils ne parviennent plus à réveiller les Forces souterraines et cosmiques qui auraient pu les aider à bâtir un Monde meilleur que le précédent ; en tout cas davantage sur le Voie du Grand Œuvre destinée à cette nouvelle Humanité.

Malgré tout, les derniers Dänaens tentent de continuer à transmettre la tradition Primordiale de leurs Ancêtres. Où qu’ils s’installent – que ce soit en Scandinavie ou dans la péninsule Ibérique -, ils offrent à leurs propres Enfants ce qu’ils savent du glorieux passé de leurs lointains Parents ; et surtout, ils leur lèguent les Connaissances et les Secrets dont ceux-ci ont été les détenteurs. Ils leur cèdent aussi les Livres à l’intérieur desquels tous ces Mystères sont expliqués, bien qu’ils aient perdu depuis longtemps le pouvoir de les lire. Mais ils leur disent de les conserver et de les protéger car, ailleurs, d’autres qu’eux peuvent peut-être, un jour, être capables de les décrypter et avoir accès à leurs Enigmes immémoriales.

Bientôt, l’utilisation cérémonielle des Mégalithes se transforme. De la vénération des Fils d’Elaüs décédés au cours de l’Age précédent, les hommes se servent désormais d’eux pour honorer leurs propres défunts. Ils deviennent ainsi la personnification principale du culte des Morts, les réceptacles des Esprits Anciens de la tribu rejoignant les Puissances Chtoniennes et les Forces surnaturelles du Ciel et de la terre. Et, de fait, ils se mettent parfois à tailler sur leurs parois des représentations du Dieu Soleil et de la déesse Lune.

Car, pour ces nouveaux peuples en gestation, à partir de ce moment là, la symbolique du Soleil, de la lune et des Etoiles se métamorphose aussi : les astres apparaissent comme les attributs de la création et du Savoir. Les Fils d’Elaüs et leurs Enfants, quant à eux, disparaissent dans les limbes de l’oubli ; ou, au mieux, sont l’objet de Mythes et de Légendes, elles mêmes déformées ou refondues avec le temps.

Peu à peu, les tribus riveraines des plages de l’Atlantique modifient en même temps les formes données aux menhirs. Et c’est à cette date qu’apparaissent les plus vieilles et les plus grandes tables de pierre recouvertes de terre ou de cailloux entassés ; lesquelles deviennent des tumulus servant presque toujours de sépultures collectives.

Asie, VIIème millénaire avant J.C. :

Dès 6900 avant J.C., de profonds changements climatiques se font jour dans le Baloutchistan et dans la vallée de l’Indus. De fait, des Civilisations Chalcolithiques s’y installent. Leurs membres se mettent à y ériger de petits villages provisoires, puis, des agglomérations plus ou moins permanentes. Et, ils finissent par édifier des capitales telles que Brahminabad, ainsi que plusieurs Cités proches du fleuve Ravi.

Ils se consacrent ensuite à des cultures saisonnières, à la pèche, et à la chasse. Ils y modifient leur milieu en y défrichant de nombreuses forêts, puis, en détruisant une partie du manteau végétal. Ils y provoquent ainsi la disparition de multiples espèces animales.

Or, vers 6850 avant notre Ere, une Communauté Etrangère débarque à son tour à la frontière du Delta de l’Indus et du Golfe Persique. Elle y crée une Société fondée sur la maîtrise des matériaux Industriels. Elle se met à partager ses Connaissances avec les Populations environnantes. Elle se mêle à celles-ci, ou effectue des échanges commerciaux de base avec elles. Et, de fait, elle leur permet de faire Evoluer leurs propres Civilisations.

A partir de 6500 avant J.C., la terre commence à être cultivée en Chine : au Nord, le blé et le millet ; au Sud le riz. Le tissage du chanvre et la sériciculture sont connus. Le porc et le chien sont domestiqués. Dans les vallées boisées du Nord, sur le bassin du Fleuve Jaune au Sud de l’actuelle Shanghai se développent les premières cultures. Ces régions deviennent déjà très avancées par rapport aux autres régions de l’Asie orientale.

Différentes cultures Aryennes se succèdent ou coexistent dans le bassin, et leur développement agricole est fulgurant. Des agriculteurs itinérants, défrichant par des incendies de forêts et se déplaçant quand la terre est épuisée, précèdent des chasseurs-pécheurs qui pratiquent un type d’agriculture rudimentaire. Mais, à mesure que les cultures permanentes prennent plus d’importance, les communautés villageoises se fixent peu à peu. C’est donc à ces deux types de populations qu’appartiennent les deux grands ensembles que connaît la chine du Nord à ce moment là.

C’est aussi à cette époque que le Roi du Monde apparaît pour la première fois aux Hommes. Ceux qui le voient en font tous la même description : « Il était assis sur un char magnifique traîné par des éléphants blancs. Ceux-ci étaient ornés d’or, de pierres précieuses et recouverts des plus fines étoffes. Quant à lui, il était vêtu d’un manteau blanc et portait sur la tète une tiare rouge d’où pendaient des rivières de diamants qui lui masquaient le visage. En avançant, il bénissait le peuple avec une pomme d’or surmontée d’un agneau. Et, après qu’il les ait oint, les aveugles retrouvaient la vue, les sourds pouvaient de nouveau entendre, les infirmes recommençaient à marcher, et les morts se dressaient de leurs tombes.

Toujours vers 6500 avant notre Ere, la montée des eaux dans l’Océan Indien entraîne la disparition de nouvelles terres. Les derniers ponts Continentaux disséminés un peu partout dans la région, sont engloutis. La péninsule Vietnamienne devient dès lors l’une des dernières passerelles permettant d’enjamber les mers en direction de l’Océan Pacifique et de l’Australie. Et c’est d’ailleurs en la longeant que des membres de la culture de hoa binh commencent à se fixer dans toute l’Océanie, puis, y à former toute une mosaïque d’ethnies.

De fait, en atteignant l’Archipel Indonésien, certaines Populations hoa binh apportent avec elles une Croyance disant que les Haches possèdent des Pouvoirs Magiques. En l’explorant, elles s’émerveillent devant ses Paysages, la diversité de ses reliefs. Elles s’extasient devant les sommets enneigés de Nouvelle-Guinée, devant les forêts des îles de la sonde, ou les bocages touffus côtières de celles-ci.   

Vers 6100 avant J.C., les membres de la civilisation de l’Indus bâtissent depuis longtemps leurs maisons en briques crues. A l’intérieur de celles-ci, ils créent des pièces de forme régulière. Non loin de leurs habitations, ils creusent des Caveaux décorés de motifs Géométriques et de figures Animales ressemblant à des Boucs. Ils y déposent également des offrandes destinées aux dieux. Puis, parallèlement, ils étendent leurs villages en direction du Sud, et plus particulièrement, des cours d’Eau avoisinants. Et, ils font en sorte que leurs Agglomérations ne soient jamais inondées en y excavant des conduites d’égouts.

Ils décident également de modifier leur organisation agricole en cultivant désormais alternativement, de l’orge, deux variétés de blé, et du coton. Pour les aider à travailler dans les champs, ou à moudre le grain, ils inventent de petites faux et des mortiers. Ils domestiquent des animaux tels que le buffle. Afin de diversifier leurs modes de revenus, ils commencent à effectuer des échanges Commerciaux avec la perse : ils y vendent leur céramique – qu’ils fabriquent dès lors de manière quasi-industrielle – et y achètent du lapi lazuli. Et, ils créent à cette intention des objets Rituels rappelant vaguement des formes humaines, dont la tète et les bras sont vaguement ébauchés.

Or, moins d’une centaine d’années plus tard, alors que l’Age du Fer débute un peu partout dans le reste du Monde, la civilisation de l’Indus disparaît subitement. Et, des tribus venues de Mésopotamie, arrivent dans la région, puis, prennent sa place.   

Amérique Centrale et du Sud, VIIème millénaire avant J.C. :

Lorsque les Indiens de cette région commencent à se sédentariser, autour d’eux existe des paysages très diversifiés. Au Mexique et au Pérou, il s’agit de steppes tempérées, arides, ou semi-arides ; parfois en haute altitude. Au Vénézuéla, des forêts claires ; à Cuba des forêts tropicales. L’Amazonie possède des forêts équatoriales denses et infranchissables.

Vers 6000 avant J.C., les Indiens agriculteurs se nourrissent essentiellement de curcubitacées, de fruits comme l’avocat, de piments ou de haricots. Ils complètent un régime fondé sur la chasse et la cueillette. Puis, un peu plus tard, le maïs apparaît au Mexique central. Encore plus tard, c’est au tour des tomates et des pommes de terre – qui ne réclament que peu de soins – d’être cultivés sur la cote péruvienne. Il faut leur rajouter le manioc, la patate douce et le cacaoyer dans les régions chaudes à quelques centaines d’années de là. En revanche, les Indiens sont peu tournés vers l’élevage, à l’exception de la dinde, du chien domestique et, au Pérou, du lama.

Afrique Noire, VIème millénaire avant J.C. :

Vers 5800 avant notre Ere, plusieurs peuples Noirs habitent les abords des Grands Lacs. Dans le même temps, d’autres, arabisants, quittent l’Inde. Ils arrivent en Arabie, traversent le Yémen, et passent la mer Rouge. Puis, enfin, ils débarquent sur la cote Africaine, et occupent progressivement la partie septentrionale des plateaux d’Abyssinie.   

Proche-Orient, VIème millénaire avant J.C. :

Vers 5500 avant notre Ere, plusieurs peuplades Aryennes s’installent au Nord de l’Asie Mineure ; tandis que d’autres s’implantent à l’Est du Tigre et de l’Euphrate. L’une érige alors l’agglomération de Siak ; une autre celle de Tepe ; une troisième celle de Gwara, de Suse, de Jéricho ou de Jammu. Et elles deviennent rapidement des établissements agricoles importants situées non loin de la côte méditerranéenne.

Ces bourgs sont bientôt entourés de vastes lieux d’inhumation. Le culte du feu acquiert une importance primordiale. Les totems – le veau est associé au dieu de la lune ; le faucon désigne celui de la guerre – représentent des attributs privilégiés. L’élevage, la culture des céréales et la pèche permettent aux communautés de tisser des vêtements, de travailler le cuir, de forger le métal, ou de créer des poteries originales. Celles-ci se mettent donc à prospérer alors que des hordes sémitiques s’infiltrent désormais pacifiquement sur leurs territoires.

Quelques centaines d’années plus tard, ces nouveaux venus fondent le village d’Halilar. Mais il est vite détruit par les Aryens. Ceux-ci réduisent sa population en esclavage, la déportent. Et les sémites sont obligés d’édifier une autre cité fortifiée par dessus ses ruines en lui donnant un nom différent : « Samesh ». 

Europe, VIème millénaire avant J.C. :

Vers 5500 avant notre Ere, les Carpates et la pannonie se transforment en zone de migration humaine intense : nombre de populations traversent fréquemment ces contrées afin de franchir le plateau Transylvanien, et de rejoindre les régions qui se trouvent à l’Est et au Sud de la valachie et de la moldavie. Tandis que certaines d’entre elles, une fois parvenues là, continuent leur chemin en direction du Danube, puis, de la mer Noire. C’est donc par l’intermédiaire de ces dernières que ce fleuve commence à être considéré, dès cette époque, comme une grande artère longeant, d’un coté, l’Europe, et de l’autre, l’Asie. 

De fait, beaucoup de communautés se développent à leurs abords. Elles font bientôt reposer leur économie sur l’élevage, l’agriculture, la chasse, et la cueillette. Elles décident de répandre leur manière de vivre jusqu’en Roumanie. Elles en profitent pour l’enrichir en introduisant par elles des groupes de chasseurs venus de la région du Don. Elles la métamorphosent encore en entrant en contact avec la société, dite, de « Starceus-Koros » ; qui fait pénétrer chez elles la pratique du tissage. Et finalement, elles la changent en « Civilisation d’Hamngia » ; tout en la développant jusque sur les rives de la mer Noire.




« Accueil  1